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Full text of "Cours d'astronomie de l'École polytechnique"

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COURS 


D'ASTRONOMIE 


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PARIS.  —  IMPRIMKRIE  DE  GAUTHIER-VILLARS, 

QUAI    DES  AUGUSTINS,  53. 


COURS 

D'ASTRONOMIE 

DE 

L'ÉCOLE  POLYTECHNIQUE, 

H.  FAYE, 


DEUXIÈME  PARTIE. 

A3TB0N0HIB  30UIBE.  —  THBOHIE  DE  LA  LVNB.  —  NAVIGATION. 


PARIS, 


GAUTHIER-VILLARS,  IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

r    BtlHEAU    DES    LONGITUDES,    DE    L'ÉGOLE   POLYTBCIIMQUE, 
SUCCESSEUR  DE  MALLET-BACHELIER, 
Quïi  des  Aucustini,  55. 

1883 


AVERTISSEMENT. 


■■••I 


Ce  Volume  comprend  la  théorie  du  Soleil,  celles  des  planètes  et 
des  comètes,  la  précession,  Tabcrration,  les  parallaxes,  la  théorie 
de  la  Lune,  l'application  de  l'Astronomie  à  la  Navigation  et  aux 
voyages  d'exploration  terrestre. 

La  partie  historique  se  réduit  à  l'Introduction,  à  un  exposé 
rapide  de  la  Géométrie  céleste  des  Anciens  et  à  un  chapitre  spécial 
sur  l'introduction  de  la  Mécanique  dans  l'Astronomie,  au  cours 
du  XVII*  siècle. 

L'Astronomie  physique  est  représentée  par  les  notions  les  plus 
essentielles  sur  la  constitution  du  Soleil  et  des  Comètes. 

On  s'est  borné  au  strict  nécessaire  pour  les  éclipses  et  les  occul- 
tations. En  revanche,  on  a  cru  devoir  développer,  un  peu  en 
dehors  du  programme,  l'importante  question  de  la  parallaxe  du 
Soleil,  et,  surtout  le  calcul  des  orbites  des  comètes  ou  des  planètes 
nouvellement  découvertes.  L'auteur  a  donné  la  méthode  générale 
de  Laplace,  et  celle  d'Olbers  pour  les  orbites  paraboliques,  avec 
un  exemple  numérique. 

Les  questions  relatives  aux  perturbations  sont  du  domaine 
exclusif  de  la  Mécanique  céleste;  elles  ne  pouvaient  être  qu'indi- 
quées ici.  Toutefois  on  n'a  pas  perdu  une  seule  occasion  de 
signaler  les  grands  résultats  auxquels  les  Géomètres  sont  par- 
venus.  On  a  même  tâché  de  donner  une  idée  de  la  découverte 


AVERTISSEMENT. 

théorique  de  Neptune  et  de  la  détermination  des  niasses  pertur- 
batrices par  le  calcul  des  inégalités  qu'elles  produisent,  en  prenant 
pour  type  Tin  égalité  mensuelle  de  la  Terre. 

Le  dernier  Livre  contient  les  notions  indispensables  au  Navi- 
gateur et  au  Géographe.  Si  l'on  rapproche  le  Livre  VII  de  ce 
Volume  des  Livres  IV  et  V  du  précédent,  l'ensemble  des  applica- 
tions paraîtra  assez  complet. 

On  a  placé,  à  la  fin  de  ce  Volume,  le  Tableau  du  système  solaire, 
comprenant  un  Catalogue  nouveau  de  toutes  les  comètes  qui  ont  été 
observées  jusqu'à  ce  jour,  et  les  Tables  numériques  nécessaires  au 
calcul  des  orbites  (  *  ).  On  trouverait  difficilement  ailleurs  la  réunion 
de  ces  documents.  L'auteur  ne  saurait  trop  recommander  aux 
débutants  de  s'essayer  à  ces  calculs  :  ils  ont  l'immense  avantage 
d'ofirir  une  application  facile  de  théories  élevées  et  de  récom- 
penser parfois  un  premier  effort  par  quelque  découverte  intéres- 
sante. Plus  d'un  Astronome  en  renom  a  débuté  par  là. 

JJerrala  des  tomes  I  et  II,  placé  à  la  fin  de  ce  Volume,  est  dû 
aux  bons  soins  de  M.  Rozé,  répétiteur  à  l'Ecole  Polytechnique. 


(*)  l/auteur  doit  ce  Catalogue,  qui  va  de  l'an—  373  à  Tan  188a,  à  Tobligeanco 
de  son  savant  confrère  M.  Lœwy. 


SYMBOLES  ET  CONVENTIONS. 


Mesure  du  temps, 

H,  heure  solaire  moyenne  du  lieu.  H*;,  heure  solaire  vraie. 

Hpj  heure  moyenne  de  Paris. 

«,  équation  du  temps. 

t,  date  ou  intervalle  de  temps  exprimé  en  années  ou  en  jours. 

Dans  le  l***  Volume,  H  désigne  constamment  l'heure  sidérale;  dans  le  second,  le 
même  symbole  désigne  constamment  l'heure  solaire  moyenne,  et  l'on  emploie  H^ 
pour  l'heure  sidérale,  dont  il  est  rarement  question. 

Coordonnées  écliptiques. 

Ci),  obliquité  de  l'écliptique. 

Y,  point  vernal,  origine  commune  des  jR  et  des  !.. 

L,  longitude  comptée  du  point  y,  dans  le  sens  direct,  de  o*  à  360". 

p,  distance  au  pôle  de  Técliptiquc,  de  o"  à  I8o^ 

O  et  R«  coordonnées  géocentriques  du  Soleil. 

6,  longitude  héliocentriqùe  de  la  Terre. 

Coordonnées  dans  V orbite  d^une  planète. 

•Ç^  r,  longitude  héliocentriqùe  et  rayon  vecteur. 
Vy  anomalie  vraie  comptée  du  périhélie. 
fi,  anomalie  excentrique  comptée  du  périhélie, 
m,  anomalie  moyenne  comptée  du  périhélie. 

Éléments  de  l'orbite  d'une  planète. 

a,  demi-grand  axe. 

e,  excentricité  exprimée  en  parties  du  demi-grand  axe. 

C7,  longitude  du  périhélie. 

4^0,  longitude  moyenne  de  l'époque. 

Q,  nœud  ascendant,  point  où  l'astre  traverse  l'écliptique  en  passant  de  Thémi- 

sphcre  sud  dans  l'hémisphère  nord. 

N,  longitude  du  nœud  ascendant  Û. 


VIII  SYMBOLES    ET    CONVENTIONS. 

I,  inclinaison  romplée  de  o"  à  90*  à  partir  de  l'écliptique. 
0,  date  du  dernier  passage  de  l'aslre  au  périhélie. 

Ces   longitudes   sont   comptées  dans  l'orbite,    à  partir  d'un  point  y'  tel   que 

n,  moyen  mourement  diurne, 
m,  masse  d'une  planète. 

•X,  constante  du  système  solaire  =/  M,  /  étant  l'attraction  de  l'unité  de  masse   à 
l'unité  de  distance  et  M  la  masse  du  Soleil. 

Dimensions  et  parallaxes, 

(p),  rayon  équatorial  de  la  Terre  en  mètres. 

p,  rayon  terrestre  à  la  station  de  l'observateur  exprimé  en  parties  de  {$>). 

V,  rayon  de  l'astre  considéré. 

A,  diamètre  angulaire. 

P,  parallaxe  horizontale  équatoriale  de  la  Lune. 

r,  paralla&e  horizontale  équatoriale  du  Soleil. 

Pf  parallaxe  de  hauteur. 

Miivi^fition, 

\\  angle  de  route  compté,  comme  les  azimuts,  du  point  S  dans  le  sens  S.-O.-N.-K. 

êj  arc  de  loxodromic. 

6,  déclinaison  de  l'aiguille  aimantée. 

D,  déviation  de  l'aiguille  duc  aux  fers  du  navire. 

M,  azimut  magnétique. 

Do  u  blés  emplo is. 

py  rayon  terrestre;  distance  d'un  astre  à  la  Terre  projetée  sur  l'écliptique. 
^,  équation  du  temps:  excentricité. 

6,  distance  angul&irc  d'un  astre  au  pùlc;  déclinaison  de  l'aiguille  aimantée. 
V,  vitesse  linéaire  d'un  astre;  angle  de  route. 

9f  >»  Ç»  ""i»  coordonnées  géocentriqucs  d'un  point  de  la  surface  de  la  Terre;  ç,  t„  coor- 
données géocen triques  du  S<»leil. 


■  •■•■ 


COURS 

D'ASTRONOMIE 


INTRODUCTION. 


Bien  que  ce  Livre  n'ait  nullement  pour  but  de  retracer  Thistoire 
de  l'Astronomie,  j'ai  cru  devoir  en  signaler  les  phases  principales. 
Ces  notions  succinctes  du  passé  font  mieux  comprendre  l'état  actuel 
de  la  Science.  D'ailleurs  les  évolutions  successives  de  l'Astronomie 
ont  été  en  rapport  intime,  chez  presque  tous  les  peuples,  avoc  celles 
de  l'esprit  humain.  L'idée  que  nous  nous  faisons  de  l'Univers 
réagit  en  effet  sur  l'ensemble  de  nos  conceptions  et  imprime  par 
là  un  cachet  spécial  à  chaque  âge  historique.  Lorsqu'on  réduisait 
rUnivers  à  ce  que  nos  sens  nous  en  montrent  immédiatement,  c'est- 
à-dire  à  un  disque  plat,  la  Terre,  recouvert  d'une  cloche  solide, 
le  Ciel,  l'activité  intellectuelle  de  l'homme,  étreint  dans  cette 
création  étroite,  coudoyé  par  toutes  les  forces  de  la  nature  dont  il 
se  faisait  des  génies  ou  des  divinités,  devait  être  singulièrement 
réduite.  C'était  l'âge  des  sorciers  et  des  magiciens.  L'homme  a  com- 
mencé à  respirer  plus  librement  lorsque  son  domaine  lui  est  apparu 
comme  un  globe  isolé,  réservé  à  lui  seul  pour  la  vie  terrestre.  Mais, 
comme  ce  globe  restait  encore  le  centre  du  monde  autour  duquel 
tout  le  reste  de  l'Univers  tournait  sous  la  direction  d'intelligences 
supérieures,  l'homme  a  pu  croire  que  les  phénomènes  célestes 
devaient  se  rapporter  à  lui.  Son  sort  lui  semblait  déterminé  d'a- 
vance; on  pouvait  le  calculer  d'après  les  aspects  des  planètes  dé- 
sormais hors  de  sa  portée.  Un  lourd  fatalisme  se  retrouvait  ainsi  au 
fond  des  choses  humaines  :  c'était  l'âge  de  l'Astrologie.  Aujour- 
d'hui ces  illusions  ont  disparu  :  la  Terre  n'est  plus  qu'une  planète, 
je  dirais  presque  un  projectile  comme  les  autres,  régi  par  les  lois 


INTRODUCTION. 


de  la  Mécanique  ordinaire.  Le  monde  solaire  dont  elle  fait  partie 
n'est  lui-même  qu'une  Iraclion  imperceptible  de  TUnivers.  Maiscel 
Univers,  si  démesurément  agrandi,  n'est  plus  qu'un  ensemble  de 
corps  inertes  régi  par  des  forces  inconscientes,  et  l'homme,  si  ra- 
baissé par  là  au  point  de  vue  matériel,  se  relève  dans  le  sentiment  de 
son  intelligence  et  de  sa  liberté  morale  :  il  doit  viser  bien  plus  haut. 

Ces  évolutions  astronomiques  devaient  d'ailleurs  commencer  dès 
la  première  ébauche  de  la  vie  sociale.  Les  premiers  groupes,  en  se 
civilisant,  avaient  besoin  de  régler  les  temps  etdeconnaître  les  lieux. 
L'institution  capitale  des  calendriers,  la  nécessité  continue  d'une 
orientation  exacte,  la  navigation  enfin  ont  sans  cesse  demandé  de 
nouveaux  progrès  à  l'Astronomie.  Celle-ci,  par  surcroît,  a  développé 
peu  à  peu  la  conception,  d'abord  rudimentaire,  de  l'Univers.  Nous 
plaçons  à  la  fin  de  cette  Introduction  le  Tableau  (p.  xv)  de  ces 
principales  phases,  avec  l'indication  des  noms  les  plus  illustres  et 
des  livres  qui  ont  fait  époque. 

Peut-être  trouvera-t-on  que  j'ai  trop  insisté  sur  l'Astronomie 
des  Anciens.  Le  fait  est  que  ces  développements  ne  seraient  guère 
de  mise  dans  un  Cours,  tel  que  celui  que  j'ai  l'honneur  de  faire  à 
l'École  Polytechnique  ;  mais  ce  que  l'auditeur  n'aurait  pas  le 
temps  de  suivre  peut  trouver  place  dans  un  livre  qu'on  prend  et 
qu'on  ferme  à  loisir.  L'Astronomie  des  Anciens  est  trop  souvent 
considérée  comme  ime  vieille  erreur  dont  Copernic  et  Galilée 
nous  ont  débarrassés.  A  titre  de  Géométrie  céleste,  elle  est  admi- 
rable en  bien  des  points  et  digne  assurément  des  grands  génies  de 
la  Grèce,  mère  des  sciences.  Rien  de  plus  intéressant  d'ailleurs  que 
de  voir  la  Mécani(|ue  s'y  introduire  vers  la  fin  du  xvn*'  siècle 
et  la  transformer.  Enfin,  au  point  de  vue  tout  philosophique  de  la 
méthode,  l'étude  de  ces  phases  nous  montre  comment  une  science, 
la  plus  parfaite  de  toutes,  parvient  à  se  dégager  de  la  recherche  des 
causes  premières  et  des  hypothèses  sur  la  nature  intime  des  choses. 

Il  y  a  pourtant,  dans  le  langage  même  de  cette  Science,  un 
sujet  de  méprise  qu'il  importe  d'écarter  :  je  veux  parler  du  mot 
d\ittraciion.  Bien  des  gens  pensent  encore  aujourd'hui  qu'en  se 
servant  de  ce  terme  les  Astronomes  attribuent  à  la  matière  une 
vertu  attractive  qui  lui  permet  d'agir,  sans  intermédiaire,  sur  les 
corps  les  plus  éloignés.  C'est  justement  là  ce  qui  a  nui  si  long- 
temps à  la  doctrine  nevvtonienne  auprès  des  plus  illustres  Géo- 


INTRODUCTION.  XI 

mètres  du  continent.  «  J'estime  fort,  disait  Huygens,  les  beaux 
travaux  de  M.  Newton  sur  les  mouvements  des  corps  célestes  et 
sur  la  force  qui  les  régit;  mais  je  regrette  qu'il  nous  parle  de  cette 
vertu  attractive  à  distance  dont  il  prétend  doter  chaque  parttcule 
de  matière.»  Il  fallut  que  Newton  protestât  hautement  contre  cette 
imputation;  il  Fa  fait  dans  des  ternies  qui  ne  laissent  place  à 
aucun  doute  : 

«  Que  la  gravité  soit  innée,  inhérente  et  essentielle  à  la  matière, 
de  sorte  qu'un  corps  puisse  agir  sur  un  autre  corps  à  distance,  à 
travers  le  vide  et  sans  aucun  intermédiaire  qui  transmette  cette 
action,  c'est  pour  moi  une  absurdité  si  grande  qu'il  me  semble 
impossible  qu'un  homme  capable  de  traiter  de  matières  philoso- 
phiques puisse  y  tomber.  » 

«  Mais  cet  intermédiaire  est-il  matériel  ou  immatériel?  C'est  ce 
que  je  laisse  aux  lecteurs  à  décider.  » 

Dans  l'admirable  scolie  qu'il  a  consacré  à  l'idée  de  Dieu,  à  la  fin 
du  Livre  des  Principes^  il  fait  la  déclaration  suivante  : 

a  Je  n'ai  pu  encore  parvenir  ù  déduire  des  phénomènes  la  raison 
de  ces  propriétés  de  la  gravité,  et  je  n'imagine  point  d'hypothèses; 
car  tout  ce  qui  ne  se  déduit  point  des  phénomènes  est  une  hypo- 
thèse, et  les  hypothèses,  soit  métaphysiques,  soit  physiques,  soit 
mécaniques,  soit  celles  des  qualités  occultes,   ne  doivent  pas  être 

reçues  dans  la  philosophie  expérimentale Il  suffit  que  la  gravité 

existe,  qu'elle  agisse  suivant  les  lois  que  nous  avons  exposées  et 
qu'elle  puisse  expliquer  tous  les  mouvements  des  corps  célestes 
et  ceux  de  la  mer.  » 

Et  il  termine  par  ces  lignes  bien  remarquables  : 

M  Ce  serait  ici  lieu  d'ajouter  quelque  chose  sur  cette  espèce 
d'esprit  très  subtil  qui  pénètre  à  travers  tous  les  corps  solides  et 
qui  est  caché  dans  leur  substance  :  c'est  par  la  force  et  l'action  de 
cet  esprit  que  les  particules  des  corps  s'attirent  mutuellement  aux 
plus  petites  distances,  et  qu'elles  cohérent  lorsqu'elles  sont  con- 
tiguës;  c'est  par  lui  que  les  corps  électriques  agissent  à  de  plus 
grandes  distances  tant  pour  attirer  que  pour  repousser  les  corpus- 
cules voisins,  et  c'est  encore  par  le  moyen  de  cet  esprit  que  la 
lumière  émane,  se  réfléchit,  s'infléchit,  se  réfracte  et  échauffe 
les  corps;  toutes  les  sensations  sont  excitées  et  les  membres  des 
animaux  sont  mus,  quand  leur  volonté  l'ordonne,  par  les  vibrations 


XII  INTRODUCTION. 


de  celle  subslancc  spirilueuse  qui  se  propage  des  organes  extérieurs 
des  sens,  par  les  filels  solides  des  nerfs,  jusqu'au  cerveau,  et  ensuite 
du  cerveau  dans  les  muscles.  Mais  ces  choses  ne  peuvent  s'expliquer 
en  pf  u  de  mots  ;  et  Ton  n'a  pas  fait  encore  un  nombre  suffisant 
d'expériences  pour  pouvoir  déterminer  exactement  les  lois  selon 
lesquelles  agit  cet  esprit  universel.  » 

Peut-élre  est-ce  dans  cette  voie  hypothétique  que  Newton  aura 
cherché  en  vain.  Il  est  donc  naturel  de  se  demander  aujourd'hui  si 
les  travaux  ultérieurs  des  physiciens  et  des  physiologistes  sur  l'éther 
ont  l'ait  connaître  ces  lois  et  ouvert  la  voie  à  une  explication  satis- 
faisante de  la  gravité.  On  se  représente  aujourd'hui  cet  élher  comme 
un  milieu  très  subtil,  éminemment  élastique,  impondérable,  ré- 
pandu dans  l'espace  infini  ;  ses  vibrations  se  propagent  rapidement 
en  produisant  sur  nos  yeux  l'impression  de  la  lumière,  de  même 
que  celles  de  l'air,  milieu  plus  grossier  et  pondérable,  produisent 
sur  l'ouïe  l'impression  du  son.  Mais,  de  quelque  manière  que  ces 
vibrations  s'exécutent,  qu'elles  procèdent  par  ondes  sphériques 
comme  dans  Tair,  ou  que  les  particules  éthérées  oscillent  dans  des 
plans  perpendiculaires  à  la  direction  où  se  propage  la  vibration, 
on  ne  voit  pas  comment  cette  hypothèse  s'appliquerait  à  la  gravi- 
tation. D'ailleurs  les  particules  de  cet  éther  doivent  être  tenues  à 
distance  par  des  forces  répulsives  dont  la  conception  est  tout  aussi 
difficile  que  celle  de  Tattraction  des  molécules  ordinaires. 

Dans  ces  derniers  temps,  l'hypothèse  de  Téther  a  perdu  du  ter- 
rain ;  on  a  émis  sur  la  constitution  intime  des  corps  une  hypothèsi* 
qui  semble  s'adapter  beaucoup  mieux  à  notre  problème.  Supposez 
que  la  matière  soit  formée  de  corpuscules  pesants,  parfaitemeni 
élastiques  et  animés  dans  tous  les  sens  de  mouvements  rectilignes, 
du  moins  en  dehors  de  leurs  sphères  d'attraction  mutuelle  :  on 
aura  constitué  ainsi  une  sorte  de  gaz.  Si  ces  corpuscules  sont 
renfermés,  par  exemple,  dans  une  enceinte  solide  et  fermée  dr 
toutes  parts,  ils  iront  en  choquer  les  parois  de  manière  à  produin» 
sur  eux  l'apparence  d'une  pression,  et  comme,  en  vertu  de  leur 
élasticité,  ils  rebondissent  aussitôt  sans  perle  de  vitesse,  leurs 
mouvements  dureront  toujours  avec  la  même  énergie,  les  pres- 
sions exercées  demeureront  constantes.  Cette  hypothèse  rt'iul 
compte  en  même  temps  des  phénomènes  de  la  chaleur,  si  Ton 
consent  à  identifier  le  calorique  avec  la  force  vive  des  molécules 


INTRODUCTION.  \lll 

gazeuses,  et  si  l^on  admet  que  leurs  trajectoires  rectilignes,  sans 
cesse  interrompues  et  entrecroisées  par  leurs  chocs  mutuels,  ne 
sauraient  disparaître  que  par  la  suppression  de  cette  même  force 
vive,  c'est-à-dire  par  la  réduction  de  la  température  au  zéro  absolu. 
Il  est  bien  évident  que  des  corps  quelconques,  plongés  dans  ce 
milieu  et  imperméables  à  ses  molécules,  éprouveraient  en  tous  sens 
la  même  pression  que  les  parois  et  ne  recevraient  aucune  impulsion 
les  uns  vers  les  autres  ;  mais  il  est  facile  de  modifier  Thypothèse 
de  manière  à  produire  cette  impulsion. 

Imaginez,  en  effet,  que  Tespacc  soit  rempli  d'une  sorte  parti- 
culière de  particules  matérielles  élastiques,  se  mouvant  en  tous 
sens,  en  ligne  droite,  avec  une  vitesse  très  grande,  et  qu'au  lieu 
d'être  arrêtées,  comme  celles  des  gaz,  à  la  surface  des  corps,  elles 
passent  entre  leurs  atomes  comme  à  travers  un  crible,  parce  qu'elles 
sont  incomparablement  plus  ténues  que  les  interstices  qui  séparent 
ceux-ci.  Un  corps  ordinaire,  étant  plongé  dans  un  tel  milieu,  re- 
cevra à  chaque  instant,  sur  chacun  de  ses  atomes  relativement 
grossiers,  des  impulsions  égales  dans  tous  les  sens  :  il  restera  donc 
immobile.  Mais,  si  l'on  place  un  autre  corps,  à  une  distance  quel- 
conque du  premier,  ces  deux  corps  se  feront  mutuellement  écran, 
non  parleurs  surfaces  extérieures,  mais  par  leurs  atomes.  Les  impul- 
sions du  milieu  cesseront  d'être  égales  en  tous  sens,  et  ces  deux  corps 
seront  sollicités  l'un  vers  l'autre  avec  une  énergie  proportionnelle, 
à  peu  près,  au  produit  des  nombres  respectifs  de  leurs  atomes,  c'est- 
à-dire  de  leurs  masses,  et  en  raison  inverse  du  carré  des  distances. 

A  la  vérité,  les  Astronomes,  dans  leurs  calculs,  admettent  que 
l'attraction  est  exactement  en  raison  des  masses  et  qu'elle  n'est 
affaiblie  par  l'interposition  d'aucune  épaisseur  de  matière.  Mais, 
au  fond,  la  contradiction  peut  être  levée,  car  cette  loi  n'est  qu'ap- 
proximativement  établie  parles  faits.  Laplace  a  montré  queTattrac- 
tion  d'un  point  central  de  la  Terre  s'exerçant  sur  un  point  exté- 
rieur, à  travers  1600  lieues  d'épaisseur  d'une  matière  5  à  6  fois  plus 
dense  que  l'eau,  pourrait  être  affaiblie  par  cet  écran  d'un  peu  moins 
d'un  millionième.  C'est  du  moins  la  marge  que  laisse  la  petite 
incertitude  des  observations. 

On  voit  avec  quelle  facilité  les  corpuscules  gravifîques  devraient 
traverser  cette  épaisseur  pour  que  l'action  qu'ils  produisent  sur 
une  molécule  ainsi  protégée  ne  fût  réduite  que  d'un  millionième. 


XIV  INTRODUCTION. 

De  même  cette  conception  s'écroulerait  si  l'attraction  était  in- 
stantanée, ainsi  que  les  Astronomes  l'admettent  dans  leurs  calculs, 
car  alors  il  faudrait  attribuer  aux  corpuscules  gravifiques  une  vi- 
tesse infinie.  Mais  Laplace,  ayant  examiné  à  fond  cette  question,  a 
fait  voir  que  les  observations  les  plus  délicates  et  les  plus  précises 
ne  seraient  pas  incompatibles  avec  une  vitesse  de  propagation  finie 
delà  gravité,  pourvu  que  cette  vitesse  dépassât  cent  millions  de  fois 
celle  de  la  lumière.  Il  suffira  donc,  pour  accommoder  l'hypothèse 
aux  faits,  d'admettre  que  les  corpuscules  de  l'éther  gravifique 
viennent  de  l'infini,  dans  toutes  les  directions,  avec  une  vitesse  un 
peu  supérieure  à  -jGooo  fois  cent  millions  de  lieues  par  seconde. 

Enfin,  comme  les  Astronomes  ont  prouvé  que  la  gravité  ou 
l'attraction  des  corps  est  indépendante  de  leur  état  phvsique  ou 
chimique,  il  faudra  admettre,  si  difficile  que  cela  soit,  que  le  grou- 
pement de  leurs  atomes,  l'élargissement  ou  le  rétrécissement  de 
leurs  intervalles  moléculaires  sont  sans  influence  appréciable  sur 
leur  perméabilité  pour  l'éther  gravifique. 

On  ne  saurait  attribuer  à  un  tel  milieu  la  faculté  de  transmettre 
les  vibrations  lumineuses.  Il  faudra  donc  que  les  Physiciens  con- 
servent leur  élher,  également  infini,  pénétrant  également  tous  les 
corps,  mais  immobile,  élastique  et  impondérable  malgré  l'action 
incessante  du  premi€*r. 

Voilà  de  quelle  manière  et  à  quel  prix  on  parvient  à  plier  l'hypo- 
thèse aux  faits.  Autant  vaut  dire  que,  en  dépit  du  grand  développe- 
ment des  sciences  de  tout  ordre,  la  question  ainsi  posée  n'a  pas 
fait  un  seul  pas.  Contenions-nous  donc,  avec  tous  les  Géomètres, 
tous  les  Astronomes  sans  exception,  de  la  notion  introduite  par 
Newton,  puisqu'elle  figure  seule  dans  les  é({uations  fondamentales 
de  la  Mécanique  céleste  et  qu'elle  suffît  à  notre  Science,  dont  elle 
résume  les  immenses  progrès,  tout  en  déclarant  que  par  ce  mot 
A^atlraction,  plus  commode  que  celui  de  gravitation^  nous  enten- 
dons seulement  la  force,  quelles  qu'en  soient  la  nature  intime  et  la 
cause  véritable  en  vertu  de  la(|uelle  les  corps  gravitent  les  uns  vers 
les  autres, aussi  bien  sur  notre  sol  que  dans  les  rspaces  célestes(*  ). 


(')  Si  le  l«M'l«Mir veut  approfondir  cos  discussions,  nous  le  renverrons  au  l»cl  Ou- 
vr.iRC  de  M.  Hirn  intitulé:  Conséquences  piiHoxophif/ucs  et  metaj)hyxiques  de  la 
Thermodynamique.  Analyse  élémentaire  de  VL'n'vcrs.  Paris.  iS'IS.  Gauthier- 
Villars. 


INTRODUCTION. 


\V 


COXOOtTB  DO  GLOBE. 


Vie  nomade.  Gran- 
des migrations  peu- 
plant la  Terre,  sans 
idée  de  retour  au  sol 
natal. 


Les  populations  se 
fixent  au  sol  :  Chinois, 
Chaldéens,  Égyptiens. 
De  petits  peuples  ou 
de  simples  tribus  pra- 
tiquent seuls  le  com- 
merce et  la  navigation 
côtiére. 


ÉTAT  DB   L'AmONOmE. 


iD<B  DE  l'u.^ITBRS. 


Période  antéhiitorique. 

Première  idée  du  mouvement 
diurne  des  astres. 

Orientation. 

Phases  hebdomadaires  et 
révolution  mensuelle  de  la 
Lune. 

Calendriers  lunaires. 


Navigation  hautu- 
riére  à  ses  débuts. 

L'Asie  et  l'Afrique 
sont  ouvertes  à  la  ci- 
vilisation par  les  expé- 
ditions des  Grecs,  puis 
des  Romains.  On  com- 
mence à  connaître  les 
180  premiers  degrés 
fie  longitude. 


A  partir  de  Tan  —  3000. 

Institution  officielle  des  ca- 
lendriers solaires. 

Collèges  à  la  fois  astrono- 
miques et  astrologiques  en 
Chine^  à  Babylone,  etc. 

Division  du  zodiaque  en 
constellations. 

Détermination  fréquente  de 
la  durée  de  l'année,  des  saisons. 

Première  éclipse  observée  en 
Chine  en  —  2607. 

Obliquité  cle  Técliptiquc 
mesurée  en  Chine  en  —  1 100. 

Éclipses  observées  avec  pré- 
cision à  Babylone  à  partir  de 
—  620.  Période  chaldéenne 
des  éclipses. 


Les  astres  s'éteignent  au 
Couchant  et  se  rallument 
à  l'Orient. 

La  Terre  est  un  disque 
plat  soutenant  la  voûte 
solide  du  ciel. 


De-400à-f-150. 

Mouvements  circulaires  el 
uniformes  des  astres. 

Premier  catalogue  d'étoiles 
d'Aristide      et     Timocharis, 

—  3oo. 

Observations  d'Alexandrie, 

—  280. 

Eratosthènes  mesure  exac- 
tement la  Terre,  —  220. 

Théorie  de  l'excentrique  et 
découverte  de  la  précession 
par  Hipparque,  —  i5o. 

Réforme  du  calendrier  par 
Jules  César,  —  46- 

Principales  inégalités  de  la 
Lune;  théorie  des  planètes, 
Ftolémée. 

Almageste  de  Ptolémée, 
-+■  i5o. 


La  voûte  céleste  s'agran- 
dit :  c'est  la  demeure  des 
astres  et  des  dieux. 

Les  astres,  conduits  par 
des  divinités  spéciales, 
parcourent  alternative- 
ment le  ciel  et  les  régions 
inférieures. 

{Hésiode,  Homère,  récit 
de  Her.  dans  la  Rép. 
de  Platon .  ) 


La  Terre  n'est  plus  un 
disque  plat  surmonte' 
d'une  cloche  transparente 
et  bleue,  mais  un  globe 
entièrement  isolé  danii 
l'espace. 

Il  y  a  plusieurs  cieu> 
sphériques  et  concentri- 
(fues,  un  pour  chaque  pla- 
nète. Au  centre  est  placée 
la  Terre  immobile. 

La  sphère  qui  porte  les 
('toiles  renferme  tout  l'u- 
nivers et  tourne  tout  d'une 
pièce,  avec  les  astres 
qu'elle  contient,  autour  de 
la  Terre. 

{Songe  de  Scipion.) 


XVI 


INTRODUCTION. 


CONQCtTE  DO  GLO»B. 


Invasion  des  Bar- 
bares. Suppression  des 
communications  avec 
rOrient  par  le  maho- 
métisme.  Les  notions 
géographiques  s'obli- 
tèrent. 


Grande  navigation 
hauturiére. 

Rétablissement  des 
communications  avec 
rextrèmc  Orient  par 
le  Gap,  1498. 

Découverte  de  l'A- 
mérique, 1492.  Pre- 
mier voyage  autour 
du  monde,  Magellan, 


ÉTAT   DE    l'aSTROROMIB. 


De  +  400  à  +  1500. 

Quelques  progrés  de  détail 
par  les  Arabes  sous  l'inspira- 
tion de  VAtmageste. 

Tables  Alphonsines,  i483. 


IDÉE  DB  l'cNITEM. 


Golonisation  des 
deux  Amériques.  Gon 
quête  des  Indes  orien- 
tales. Toutes  les  ré- 
gions du  globe  sont 
explorées,  sauf  les 
pôles  et  l'intérieur  de 
certains  continents. 


De  1500  à  1700. 

Gopernic,  De  revolutionibus, 
1543. 

Observations  de  Tyclio,  i58o. 

Lois  de  Kepler  et  Tables  Ru- 
dolphincs,  1009-1627. 

Galilée.  Lois  de  la  chute  des 
corps,  1603. 

Découverte  des  lunettes, 
1610. 

Les  lois  du  mouvement  cur- 
viligne, Huyeens.  1660. 

Gréation  de  l  Observatoire 
de  Paris,  1667,  et  de  la  Con- 
naissance des  temps,  1679. 

Découverte  de  la  gravitation 
universelle. 

Phil.  nat.principia  mathe- 
matica,  Newton,  1686. 


Mêmes  notions.  Vers  la 
fin  de  cette  période,  on 
commence  à  sentir  la  com- 
plication croissante  du 
système  des  anciens. 

{Mot  célèbre  du  roi  Al- 
phonse, ) 


Renversement  complet 
des  idées  précédentes. 
C'est  la  Terre  qui  tourne 
et  non  l'univers;  c'est  le 
Soleil  qui  occupe  le  centre 
du  monde. 

La  Terre,  comme  les 
planètes,  n'est  plus  qu'un 
satellite  du  Soleil. 

L'Astrologie  judiciaire 
disparaît. 

Les  étoiles  sont  des  so- 
leils comme  le  nôtre,  dis- 
séminés dans  l'espace. 

Distinction  entre  le 
monde  solaire  et  l'univers. 

{Pluralité  des  mondes 
deKontenelle). 


XVIII*  fiécle. 

Elaboration  de  la  doctrine 
newtonienne  par  Euler,  Glai- 
raut,  d'Alembert,  Lagrange, 
Laplace. 

Premières  Tables  de  la  Lune 

roprcs     à     la     navigation, 

.  Mayer,  1755. 

Mesure  de  la  Terre  par  les 
Académiciens  français,   1747. 

Mouvement  de  translation 
du  système  solaire,  Herschel, 
1783. 

Méccutique  céleste  de  La- 
place, >790. 


Ç 


L'Astronomie  solaire 
ramenée  à  un  simple  pro- 
blème de  Mécanique. 

Stabilité  du  système  so- 
laire, et  son  indépendance 
par  rapport  au  reste  de 
l'univers. 

Nébuleuses  considérées 
comme  des  mondes  en 
voie  de  formation. 

{Exposition  du  système 

du  monde,  de  Laplace.) 


INTRODUCTION. 


XVII 


COXQCÊTE  DU  CLOBB. 


Prise  de  possession 
du  globe  terrestre  par 
la  navigation  rapide 
à  vapeur.  les  chemins 
de  fer,  le  percement 
des  isthmes  et  la  télé- 
graphie électrique. 


ttkJ   DE  l'astronomie. 


IDIÎE   DE  L*UMVER8. 


XIX*  siècle. 

Tables  des  planètes  fondées 
sur  les  théories  de  Laplace  : 
Bouvard  et  Lindenau,  1810, 
Le  Verrier,  i8()o. 

Tables  de  la  Lune  fondées 
sur  la  seule  théorie  de  la  gra- 
vitation :  Damoiseau,  1830, 
Delaunay,  1860. 

Découverte  de  Neptune  :  Le 
Verrier,  Adams,  1840. 

Grandes  opérations  géodé- 
siques.  Dimensions  de  la  Terre 
déterminées  à  40*^  près. 

Thermodynamique,  R.  Mayer 
et  Joule,  1840. 

Analyse  spectrale,  KirchhofT, 
i86a. 


Incandescence  du  Soleil 
et  des  étoiles  enfin  expli- 
quée. 

Identité  chimique  des 
astres  et  des  éléments  ter- 
restres. 

'  Cosmogonie  du  système 
solaire  servant  de  pro- 
drome à  l'histoire  géolo- 
gique de  notre  globe. 


TBEORIE    DU    80LEIL. 


LIVRE  PREMIER. 


THEORIE  DU  SOLEIL. 


Le  jour  sidéral,  l'heure  sidérale,  la  pendule  sidérale  dont  nous 
avons  fait  constamment  usage  dans  le  premier  volume  pour  la 
mesure  du  temps,  ne  servent  quWx  observations  méridiennes;  les 
astronomes  eux-mêmes  ne  les  emploient  pas  dans  leurs  calculs.  Con- 
formément aux  usages  civils,  qui  doivent  se  plier  à  ralternative 
des  levers  et  des  couchers  du  Soleil,  ils  se  servent  du  jour  solaire. 
Mais  nous  avons  dû  éviter,  dans  la  première  Partie  de  ce  Cours, 
les  complications  qui  en  résulteraient.  C'est  qu'en  effet  la  rotation 
de  la  Terre,  rapportée  au  point  y?  est  une  constante  propre  à  servir 
de  mesure  pour  le  temps,  tandis  que  la  même  rotation  estimée 
par  rapport  au  Soleil,  c'est-à-dire  l'intervalle    de   deux  retours 
<!onsécutifs  du  Soleil  au  méridien,  n'est  pas  constante,  parce  que 
l'ascension  droite  du  Soleil  ne  varie  pas  d'une  manière  uniforme. 
Ce  sera  l'objet  d'un  Chapitre  spécial   d'exposer  les  moyens  par 
lesquels  les  astronomes  ont  réussi  à  remplacer  le  Soleil  vrai  par 
un  Soleil  Gctif  dont  le  mouvement  uniforme,  combiné  avec  la  rota- 
lion  terrestre,  constitue  un  jour  solaire  moyen  de  durée  constante. 
Tâchons  d'en  donner  dès  à  présent  une  idée.  Comme  le  Soleil 
fait  sa  révolution  en  sens  direct,  opposé  au  mouvement  diurne, 
et  revient  au  point  y  après  366, 24^^  jours  sidéraux,  il  a  dû,  dans 
ce  laps  de  temps,  faire  un  tour  de  moins  que  le  point  y  lui-même, 
c'est-à-dire  passer  une  fois  de  moins  au  méridien  (  *  ).  Par  consé- 
quent 

365,3433  jours  solaires  =:  866,2422  jours  sidéraux. 


(')  C'est  ce  qui  arrive  à  un  navigateur  faisant  le  tour  de  la  Terre  en  sens  opposé 
I.  1 


2  LIVRE    PREMIER. 

Le  jour  sidéral  est  donc  plus  court  que  la  moyenne  des  jours 
solaires  d'environ  j^,  c'est-à-dire  de  3" 56*. 

Les  astronomes  n'employaient  autrefois  dans  leurs  obserxa- 
toires  que  le  jour  et  Theure  solaire.  Mais  alors  Theure  marquée 
par  leur  pendule,  à  l'instant  où  ils  observaient  le  passage  d'un 
astre  au  méridien,  ne  donnait  pas  immédiatement  son  ascension 
droite.  Il  fallait,  pour  l'obtenir,  un  calcul  de  parties  proportion- 
nelles basé  sur  cette  différence  de  3"  56*  qu'on  nommait  assez 
improprement  accélération  des  fixes  ^  parce  qu'en  supposant  qu'à 
un  jour  donné  une  étoile  passât  au  méridien  en  même  temps  que 
le  Soleil,  le  lendemain  elle  y  passait  3" 56*  plus  tôt.  L'astronom<î 
français  Delisle  eut  Theureuse  idée  de  supprimer  ces  réductions 
continuelles  en  raccourcissant  le  pendule  de  son  liorloge  do 
manière  à  lui  faire  battre  3^56''  de  moins  par  jour.  De  cette  façon 
il  lui  suffisait  d'un  coup  d'œil  sur  le  cadran  pour  y  lire  l'ascension 
droite  (en  temps)  des  astres  qui  passaient  à  cet  instant  au  méri- 
dien. Telle  est  l'origine  de  l'institution  du  jour  ou  du  temps 
sidéral,  toujours  en  usage  depuis  cette  époque  dans  les  obscrxa- 
loires.  Il  n'en  est  pas  sorti,  parce  que  l'Iiorloge  ainsi  réglée  n'est 
plus  d'aucun  usage  dans  la  vie  ordinaire  qui  se  modèle  sur  la  marche 
diurne  du  Soleil.  Si  elle  est  d'accord  aujourd'hui  avec  riieure  so- 
laire (cela  arrive  une  fois  seulement  par  année,  >ers  le  ai  mars), 
demain  l'écart  sera  de  3"  56";  dans  un  mois  il  sera  de  a**  et  au  bout 
d'un  an  il  sera  de  ii^\  c'est-à-dire  d'un  jour  entier. 

Le  jour  solaire  vrai  en  un  lieu  quelconque  se  réglait,  malgré  ses 
petites  inégalités,  comme  le  jour  sidéral,  sauf  que  le  Soleil  rem- 
plaçait le  point  V  (*).  Sa  durée  était  partagée  en  if\  heures,  <lont 
la  durée  variait  imperceptiblement  d'un  jour  à  l'autre;  l'angle 
horaire  du  Soleil,  exprimé  en  temps,  n'est  autre  chose  que  l'heure 
solaire  vraie.  C'est  ce  jour  solaire  vrai,  celle  heure  solaire  vraie 


'A  >a  rotation,  c'est-à-dire  de  l'est  à  luuest.  Lorsqu'il  revient  à  son  |M)int  de  dép«irt, 
il  a  compté  un  jour  de  moins  que  ceux  qui  y  sont  restés;  son  li\re  de  bord  se  ln»u- 
verait  a  l'arrivée  en  relard  d'un  jour  entier,  s'il  n'avait  eu  la  pn'caution  d'augmenter 
SCS  dates  d'une  unité  en  passant  au  iHo"  degré  de  longitude  à  partir  de  M»n 
premier  méridien. 

(•)  Le  jour  ri>il  ne  diffère  du  jour  astronomique  qu'en  ce  que  le  premier  eom 
mrnce  à  minuit,  à  l'instant  où  le  Soleil  passe  au  méridien  inférieur,  tandis  que  le 
bccoad  commence  à  mi<li,  instant  du  passage  au  méridien  sui>érieur. 


THEORIE    DU    SOLEIL. 


que  nous  remplacerons  plus  tard  par  le  jour  et  Theurc  solaire 
moyens;  c'est-à-dire  ramenés  à  l'uniformité  par  la  substitution 
d'un  Soleil  fictif  au  Soleil  vrai. 

On  voit  que  nous  conserverons  ici  le  langage  des  apparences 
en  parlant  du  mouvef/ient  annuel  et  du  mouvement  diurne  du 
Soleil.  Comme  les  mouvements  apparents  sont  la  traduction 
géométrique  des  mouvements  réels,  il  n'y  a  là  aucun  inconvénient. 


*—* 


LITBB    PBBHIEB.     —    CB  iPITftE    I. 


CHAPITRE  ï. 


PREMIÈRE  IDÉE   DU   MOUVEMENT  ANNUEL  DU  SOLEIL, 


Quand  on  obser\e  le  Soleil  jour  par  jour  aux  instruments 
méridiens,  on  trouve  qu*au  bout  d*un  an  son  M  a  varié  de  o*  à  3(>o*; 
le  Soleil  a  fait  le  tour  entier  du  ciel  en  sens  opposé  du  mouvement 
diurne.  Pendant  ce  temps,  sa  distance  angulaire  o  au  pùle  a  varié 
entre  les  limites  90"*  —  aS^jel  go^'-r  a3*j,  et  en  suivant  ces  variations 
on  constate  que  le  Soleil  a  parcouru  sur  la  voûte  céleste  un  grand 
cercle,  Técliptique,  incliné  de  23"  j  sur  Téquateur.  Tous  les  ans  les 
mêmes  phénomènes  se  reproduisent. 

Il  y  a  ici  deux  questions  différentes  à  examiner  :  1®  le  mouvement 
annuel  du  Soleil  sur  Técliptique,  indépendamment  de  toute  con- 
sidération locale;  a**  les  effets  de  ce  mouvement  pour  un  obser- 
vateur placé  en  un  point  déterminé  du  globe  terrestre.  La  figure 
suivante  est  relative  à  la  première  question. 

Orbite  annuelle  du  Soleil. 

On  a  dessiné  sur  un  globe  céleste  (Jig.  i)  la  trajectoire  appa- 
rente du  Soleil.  Le  grand  cercle  de  lecliptique  est  déterminé  par 
sa  trace  vVet  son  inclinaison  «o  sur  Téquateur.  Des  deux  nœuds 
V  et  y,  l'ascendant  est  y  (^*  "7  P-  ^4)'  C'est  lui  qui  a  été  pris 
sur  la  sphère  céleste  pour  origine  des  My  et  pour  marquer  en 
un  lieu  donné,  par  son  passage  au  méridien  de  ce  lieu,  Forigine 
des  heures  sidérales.  Lorsque  le  Soleil,  parcourant  lentement  ce 
grand  cercle  Y  e  y' ^'  et  obéissant  en  même  temps  chaque  jour  à  la 
rotation  diurne  du  ciel,  se  trouve  au  point  v,  le  parallèle  qu'il 
décrit  sensiblement  ce  jour-là  autour  de  l'axe  PP'esl  Téquateur  EE'. 
Alors  le  jour  est  égal  à  la  nuit  sur  tous  les  horizons,  quel  que  soit  X. 


PREMIERE    IDEE    DIT   MOUVEMENT    ANNUEL    DU    SOLEIL.  5 

C'est  Téquînoxe  de  printemps  :  de  là  le  nom  de  point  vernal 
donné  au  point  y*  Même  phénomène  lorsque  le  Soleil  se  trouve, 
six  mois  après,  au  point  opposé  y  •  c^est  Téquinoxe   d'automne. 

Fig.  I. 


Le  Soleil  marche  ensuite  de  y  vers  e,  en  se  rapprochant  peu  à  peu 
du  pôle.  Les  parallèles  diurnes  se  rétrécissent.  En  e,  8  atteint  sa 
plus  petite  valeur;  sa  variation  d'un  jour  à  l'autre  est  insensible  : 
c'est  l'époque  du  premier  solstice,  ainsi  nommé  parce  que  le  So- 
leil s'arrête  là  dans  son  mouvement  ascensionnel  vers  le  nord.  A 
partir  de  e,  8  commence  à  croître,  le  Soleil  marche  vers  le  ciel  aus- 
tral; six  mois  après,  il  atteint  en  e'  la  limite  de  son  excursion  vers 
le  sud  :  c'est  le  deuxième  solstice.  Alors,  pour  la  seconde  fois  dans 
l'année,  8  reste  sensiblement  invariable  pendant  un  certain  laps  de 
temps,  et  le  Soleil  décrit  journellement  un  véritable  parallèle,  celui 
du  point  e.  Dans  les  positions  intermédiaires,  de  e  en  e'  ou  de  e'  en  e^ 
la  variation  de  8  en  un  jour  est  sensible;  ce  ne  sont  pas  de  vrais 
parallèles  que  le  Soleil  décrit,  mais  des  spires  sphériques  très 
serrées.  En  y  ou  en  y',  surtout,  cet  effet  est  marqué  pour  l'astronome, 
car  alors  8  varie  de  a3',4  par  jour. 

Pour  déterminer  l'obliquité  to,  cause  de  ces  changements,  il 
suffît  de  mesurer  le  8  du  Soleil  aux  époques  du  maximum  et  du 
minimum,  et  de  prendre  la  demi-différence  des  valeurs  extrêmes. 

Pour  déterminer  l'instant  où  le  Soleil  traverse  l'équateur  céleste 
en  Y>  c'est-à-dire  l'équinoxe  de  printemps,  il  faut  l'observer 
au  méridien  plusieurs  jours  de  suite,  vers  cette  époque,  et  déter- 
miner, par  interpolation  entre  les  8  observés,  l'instant  où  cette 
coordonnée  a  été  juste  de  90**. 


O  LIVRE    PREMIER    —    CHAPITRE    I. 

Enfin  on  détermine  la  durée  de  la  révolution  du  Soleil  par 
rînter\'alle  de  deux  retours  consécutifs  de  cet  astre  à  un  même 
point  de  son  orbite,  par  exemple  au  point  v. 

Vicissitudes  locales  des  saisons  et  des  jours. 
Quel  eflet   ce  lent  mouvement  annuel  du  Soleil  produit-il  sur 

Fig.  a. 


riiorizon  d'un  lieu  donné?  CVst  ce  que  nous  montre  la  fig.  i  et  la 
formule  de  la  page  5(),  tome  I, 

cosw  =  rosX  coso  -h  sinX  sino  cos  Jf, 

o  désignant  la  distance  polaire  du  Soleil  et  a  la  colatitude  du  lieu. 
Lorsqu'on  v  fait  2  =  yo**,  pour  exprimer  que  le  centre  du  Soleil 
efet  à  l'horizon,  elle  devient 

ros.Il  -  -  -  col  A  cote. 

Les  deux  valeurs  de  J!  sont  alors  les  angles  horaires  du  Soleil  àTinstant 
de  son  coucher  et  de  son  lever.  Ces  angles  horaires,  exprimés  en 
temps  à  raison  de  i*"  pour  i5",  font  connaître  le  temps  écoulé  entre 
le  lever  ou  le  coucher  de  l'astre  et  Tinstant  de  son  passage  au  mé- 
ridien. Les  heures  solaires  étant  comptées  de  midi  et  de  minuit, 
selon  l'usage  civil,  A\  et  AM  —  la*'  seront  les  heures  du  coucher  et 
du  lever,  pour  le  jour  où  la  distance  |K)laire  est  5.  Par  exemple, 
sur  le  parallèle  de  Paris,  par  4t**>o'  de  colatitude,  .11  —  4>>  quand 


PREMlàRE     IDÉE    DU    MOUVEMENT     ANNUEL    DU    SOLEIL.  7 

0  r=  po°  -h  w,  au  solstice  d'hiver,  en  sorte  que,  vers  le  20  décembre, 
le  Soleil  se  couche  à  4^  du  soir  et  se  lève  à  8**  du  matin;  la  durée 
du  jour  est  de  8^  et  celle  de  la  nuit  de  16**.  M  =  S^  quand 
8  =  90** —  ci>,  au  solstice  d'été,  en  sorte  que  le  jour  est  alors  de 
16**  et  la  nuit  de  8^. 

Il  est  aisé  de  suivre  ces  variations  de  climat  en  climat,  c*est-à- 
.dire  lorsqu'on  considère  différentes  valeurs  de  X.  A  l'équateur, 
X  =  go°;  la  formule  se  réduit  à  co^M  =  o,  quel  que  soit  0.  De  la 
.-H  z=  go°  ou  6**.  Le  jour  est  donc  constamment  de  1 2**  à  l'équateur, 
tandis  que,  dans  les  autres  climats,  cette  circonstance  ne  se  pré- 
sente que  deux  fois  dans  l'année,  lorsque  2  =  90°,  c'est-à  dire 
vers  le  21  mars  et  le  21  septembre. 

Si  X  =  o),  cos^îî  devient  1  lorsque  0  =  90° — w.  Ce  jour-là  le 
Soleil  rase  l'horizon  à  minuit.  C'est  ce  qui  arrive  au  cap  Nord,  le 
21  juin,  au  solstice  d'été.  Sur  des  parallèles  encore  plus  voisins 
du  pôle,  cosiH  devient  ]>  i ,  et  yïl  imaginaire  lorsque  0  <^  90**  —  ).. 
Alors  il  n'y  a,  pendant  quelque  temps,  ni  lever  ni  coucher  du 
Soleil.  Cet  astre  devient  momentanément  circompolaire.  Il  appa- 
raît ou  disparaît  sur  cet  horizon  suivant  les  variations  annuelles 
de  0,  et  non  suivant  les  lois  du  mouvement  diurne. 

En  réalité,  le  jour  qui  nous  éclaire  commence  au  lever  du  bord 
supérieur  du  Soleil  et  non  pas  du  centre.  Sa  durée  est  d'ailleurs 
augmentée  par  la  réfraction  qui  est  d'environ  34'  à  l'horizon.  Il 
faut  donc  faire  dans  la  formule  précédente  ^  =1  90°  +  1 6' -f- 34' 
pour  tenir  compte  de  ces  influences,  car  le  demi-diamètre  angulaire 
du  Soleil  est  de  16'  environ. 

Quant  au  crépuscule  qui  allonge  si  notablement  la  durée  de 
Téclairement  diurne  du  ciel  dans  les  climats  septentrionaux,  il 
cesse  lorsque  le  Soleil  est  abaissé  de  18**  au-dessous  de  l'horizon. 
Pour  obtenir  l'angle  horaire  correspondant,  il  faudrait  faire  z  =  1 08^ 
dans  la  formule  précédente. 

La  distance  zénithale  méridienne  Zm  exprime  l'angle  d'incidence 
(par  rapport  à  la  verticale)  des  rayons  solaires  à  midi;  elle  règle 
donc  l'intensité  de  la  chaleur  versée  à  cet  instant  sur  un  horizon 
donné,  et,  comme  elle  est  en  relation  directe  avec  l'angle  pré- 
cédent M,  c'est-à-dire  avec  la  durée  du  jour,  on  voit  que  ce  simple 
élément  Zm  règle  et  détermine  la  chaleur  versée  d'un  bout  à  l'autre 
de  la  journée.  La  température  du  jour  variera  d'une  époque  à 


s  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    I.  « 

Tautre  entre  des  limites  dépendantes  de  z^y  c^est-à-dire  de 

8  —  w  —  X     et     0  -h  w  —  X, 

qui  répondent  au  premier  et  au  deuxième  solstice. 

Cela  posé,  si  le  lieu  considéré  est  sur  Thémisphère  boréal,  X<^ go**  ; 
le  premier  angle  est  en  général  beaucoup  moindre  que  le  second,  car 
la  différence  210  est  de  47**-  Le  premier  solstice,  en  e,  époque  des 
plus  longues  journées  et  de  l'incidence  la  plus  favorable  à  Faction 
des  rayons  solaires,  sera  le  temps  de  la  plus  chaude  saison.  Le 
second,  en  e'y  marquera  la  saison  du  froid  et  des  longues  nuits.  Au\ 
époques  intermédiaires,  quand  le  Soleil  est  en  y  ou  y',  le  jour  a  sa 
valeur  moyenne,  ainsi  que  Tincidence  des  rayons  solaires  à  midi  : 
ce  seront,  à  six  mois  d*intervalle,  les  saisons  tempérées  du  printemps 
et  de  l'automne.  Tout  cela  est  renversé  pour  ).  >>  90";  sur  Tautre 
hémisphère  le  premier  solstice  e  répond  à  l'hiver  et  le  deuxième  c 
a  l'été. 

Période  des  saisons;  année  tropique.  Institution  du  calendrier. 

Quelle  est  la  période  qui  ramène  en  chaque  lieu  ces  phénomènes 
si  tranchés,  si  importants  pour  nous?  C'est  évidemment  l'année 
tropique  ci-dessus  définie,  non  pas  la  période  des  retours  du  Soleil 
à  un  même  point  fixe  du  ciel  tel  qu'une  étoile,  c'est-à-dire  la 
durée  de  sa  révolution  sidérale,  mais  celle  de  ses  retours  au  point  y 
ou  à  un  solstice,  bien  que  ces  points  se  déplacent  lentement,  comme 
nous  le  verrons  plus  tard,  dans  la  suite  des  siècles.  C'est  dont* 
aussi  l'année  tropique  qui  doit  régler  les  travaux  de  l'agriculture 
et  en  général  les  occupations  journalières  des  populations  fixées 
au  sol. 

Cette  liaison  de  la  température  moyenne  de  chaque  jour  de 
l'année  avec  les  mouvements  du  Soleil  est  si  intime,  qu'on  peut  la 
calculer  d'avance  par  la  formule 

6 -h  A*  ces 5, 

0  étant  la  distance  polaire  du  Soleil,  6  et  A' des  constantes  relatives 
à  la  localité,  à  la  seule  condition  de  prendre  pour  chaque  jour,  au 
lieu  du  S  actuel,  le  0  qui  répond  à  une  date  antérieure   d'un 


PREMIERE    IDEE    DU    MOUVEMENT    ANNUEL    DU     SOLEIL.  9 

moisy  à  cause  du  retard  qui  se  manifeste  toujours  dans  Teffet 
thermique  des  rayons  solaires.  A  Paris,  par  exemple,  60=  *o°>5, 
A*==:  ao^,8.  Formez  le  Tableau  suivant  pour  le  milieu  de  chaque  mois  : 

Températore  mojrenne 
20»,  8  cos  0  - — '    Il        '       ^1 

6  da  mois.     (S  dumoUpréeédenl).       calcalee.  observée. 


e 


W  ^»  ^r 

Janvier m. 11  —  ^»*  3,3  2,0 

Février ioa.47  "  7ï5  3,o  4|0 

Mars 91.52  —  4»6  5,9  7,0 

Avril 80.  o  -h  0,7  9,8  10,7 

Mai 70.59  -H  ^,5  14,0  i4ïO 

Juin 66.39  -*-  6,8  17,3  17,0 

Juillet 68.33  -h  8,2  18,7  18,7 

Août 76.8  -*-  7i6  18,1  18,2 

Septembre..  87.13  -^  5,o  i5,5  i5,8 

Octobre 98.45  —  '|0  îi|5  iIï5 

Novembre..  108.40  —  3,2  7,3  7,0 

Décembre..  113.19  —  6|7  3,8  3,9 

et  vous  verrez  jusqu^où  va  cette  concordance  entre  les  dates  d'un 
calendrier  bien  réglé  et  la  marche  annuelle  de  la  température.  Or 
tout  produit  de  la  végétation  dépend  de  la  chaleur  régnante  et  de  la 
somme  de  chaleur  reçue  par  le  sol  depuis  Tépoque  de  la  germina- 
tion. Il  y  a  donc  une  date  pour  semer,  une  autre  pour  récolter, 
et  cela  change  d'une  espèce  végétale  à  Tautre.  L'expérience  seule, 
accumulée  pendant  de  longues  années,  peut  faire  connaître  ces 
dates  qui  servent  de  règle  aux  cultivateurs,  et  qui  dirigent  toute 
l'économie  de  populations  forcées  de  demander  au  sol  leur 
subsistance,  tout  en  préparant  leurs  ressources  pour  les  époques  où 
le  sol  chôme.  De  là  les  dictons  qui  expriment  ces  règles  pour  les 
gens  simples,  tous  fondés  sur  l'usage  d'un  bon  calendrier. 

Mais  si  la  durée  de  l'année  solaire  a  été  mal  déterminée,  cette 
concordance  des  dates  d'un  calendrier  et  des  S  du  Soleil  ne  sau- 
rait se  maintenir  pendant  une  longue  suite  d'années.  L'histoire  nous 
apprend  que  les  premières  sociétés  agricoles  ont  commencé  par  le 
calendrier  lunaire  des  nomades,  basé  sur  la  lunaisons  de  354^. 
Il  a  fallu  bientôt  y  renoncer  et  consulter  de  plus  près  le  Soleil.  On  a 
ensuite  porté  l'année  à  36o  jours;  mais  Terreur  de  5  jours,  en 
s'accumulant  d'année  en  année,  devenait  de  3o  jours  ou  d'un  mois 
en  6  ans.  Alors  le  mois  de  mars,  par  exemple,  cessait  de  répondre, 


lO  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    I. 

dans  nos  climats,  à  la  température  printanière  de  lo**,  7  pour  tomber 
à  7"  en  moyenne.  Au  bout  de  18  ans,  on  se  trouvait  au  cœur  de 
rhivêr  lorsque  le  calendrier  annonçait  le  printemps.  Pour  cor- 
riger cet  état  de  choses  qui  a  duré  jusqu'en  Tan  —  1784  en 
Kgypte,  et  fixer  la  durée  de  Tannée  à  i  jour  près,  plus  lard  à 
oJ,oi  près,  comme  le  firent  les  Chinois  il  y  a  trois  mille  ans,  on 
ne  pouvait  se  contenter  de  noter  les  levers  ou  couchers  du  Soleil; 
il  fallut  instituer  un  ensemble  d^observations  astronomiques.  Nous 
en  dirons  quelques  mots,  car  les  procédés  anciens  étaient  de  tout 
point  comparables  aux  nôtres. 


CHAPITRE    11.   —  ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    ANCIENS.  Il: 


CHAPITRE  II. 


ASTRONOMIE  SOLAIRE  DES  ANCIENS. 


Elle  était  basée  sur  de  véritables  observations  méridiennes.  Le 
gnomon  {Jig-  3)  remplaçait  notre  lunette  méridienne  et  notre  cerclr 
mural;  la  clepsvdre  remplaçait  fort  bien  nos  horloges. 


Fig.  3. 


^ 


z 


X 


X 


1  ; 


Le  gnomon  est  un  style  de  hauteur  connue  A,  rendu  bien  ver- 
tical à  Taide  du  fil  à  plomb  ;  son  ombre,  portée  sur  un  plan  dressé 
horizontalement  à  Taide  de  rigoles  pleines  d'eau,  donne  à  tout 
instant,  par  sa  longueur  l,  la  distance  zénithale  du  Soleil  au  moyen 
de  la  relation 

  =  '^"«-' 

Si  l'on  trace  sur  le  sol  la  direction  de  la  méridienne  par  la  méthode 
des  ombres  égales  (y?^.  4),  identique  à  notre  méthode  des  hauteurs 
correspondantes  (t.  I,  p.  124),  on  aura  un  vrai  théodolite  donnant 
à  volonté,  par  l'observation  de  l'ombre,  le  :;  et  TA  du  Soleil. 
C'est  aussi  un  instrument  des  passages  donnantTinstant  oùle  Soleil 
passe  au  méridien.  A  ce  moment,  l'ombre  du  style  coïncide  avec 
la  méridienne  tracée  sur  le  sol  ;  sa  longueur  donne  z^  et  par  suite  5. 


là  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    II. 

Quant  à  la  mesure  du  temps,  la  clepsydre  y  pourvoyait  parfaile- 
nient.  C^était  un  réservoir  à  niveau  constant,  c*est-à-dire  muni 
d^un  trop-plein,  où  Ton  faisait  arriver  incessamment  de  Teau  ;  au 
bas  de  ce  réservoir,  par  un  orifîce  convenablement  ménagé, 
sortait  une  quantité  d'eau  un  peu  moindre  que  la  quantité  reçue  ; 

Fig.  4- 


elle  était  mesurée  par  une  jauge.  Pour  régler  l'appareil,  il  suflisait 
de  noter  Teau  ainsi  débitée,  sous  une  pression  constante,  dans 
rintervalle  de  deu\  retours  consécutifs  du  Soleil  au  méridien,  et 
de  la  subdiviser  en  24  parties  égales.  La  hauteur  de  Teau  dans  la 
jauge  donnait  riieure  à  tout  instant  du  jour  et  de  la  nuit. 

Ainsi  Tobscrvateur  était  en  étal  de  mesurer,  jour  par  jour,  le  odu 
Soleil  au  moyen  de  sa  distance  zénithale  méridienne  et,  en  ajoutant 
12  heures  à  Tinstant  de  sa  culmination,  de  noter  à  minuit  précis 
les  étoiles  écliptiques  qui  se  trouvaient  alors  au  méridien  à  i8o' 
d'ascension  droite  par  rapport  au  Soleil. 

L'obliquité  de  Técliptique  et  la  colatitude  du  lieu  s'obtiennent 
par  l'observation  des  deux  solstices  : 


Au  solstice  <rété ^m   '  9^"     ^«^    -  'm 

Au  solstice  <riiiver ^'/i  --  9^*   '   ^  —  ^» 


1t    « 
ou 


90"  -  ' -^  — -  —  ' 


-    _1   -'  -'  _-  - 

(li  11". 


A  'À 


Vers  Téquinoxe,  la  longueur  de  Tombre  méridienne  diffère  peu 
de  h  cotA;  les  distances  polaires  conclues  d'un  jour  à  l'autre  sont 


ASTEONOMIB    SOLAIRE    DES    ANCIENS.  l3 

voisines  de  90".  On  en  déduit  par  Interpolation  Tinslant  où  8  a  dû 
se  trouver  exactement  de  90**. 

Les  anciens.  Chinois,  Égyptiens,  Grecs,  Arabes,  et  les  modernes 
jusqu'au  xvii*  siècle  nous  ont  légué  des  observations  de  ce  genre 
qui  jouent,  encore  aujourd'hui,  un  rôle  intéressant  dans  la  Science. 

Mais,  pour  en  tirer  parti,  il  faut  leur  appliquer  une  correction 
fort  sensible.  SI  Ton  examine  l'ombre  portée  par  le  style  sur  le 
plan  horizontal,  on  verra  qu'elle  est  bordée  d'une  pénombre  due 
à  ce  que  le  disque  du  Soleil  a  des  dimensions  notables.  L'extré- 
mité noire  de  l'ombre,  celle  qu'on  observait,  répond  évidemment, 
non  pas  au  centre  du  Soleil,  mais  à  son  bord  supérieur,  tandis  que 
l'extrémité  de  la  pénombre,  s'il  était  possible  de  la  distinguer, 
répondrait  au  bord  Inférieur.  Il  faut  donc,  pour  avoir  les  distances 
zénithales  du  centre,  ajouter  à  celles  que  nous  venons  d'obtenir, 
c'est-à-dirç  z^  et  5'^,  le  deml-dlaraètre  angulaire  du  Soleil  ^A, 
environ  16'  (  *).  Les  équations  deviennent  alors 

-/«H-i^   =:90«— W—  >, 
-m-Hî^  --=i9O»+(0  — X. 

La  correction  porte  évidemment  sur  le  X  conclu,  mais  elle  dis- 
paraît dans  le  calcul  de  (o,  à  moins  que,  sous  le  .climat  de  l'obser- 
vateur, le  Soleil  ne  culmine  pas,  aux  deux  solstices,  du  même 
côté  de  la  verticale. 

L'ombre  de  l'extrémité  du  style  (il  avait  une  longueur  réglemen- 
taire de  8  pieds  chez  les  Chinois)  étant  mal  terminée,  les  Arabes  et 
les  modernes  ont  substitué,  à  cette  extrémité,  une  plaque  percée 
d'un  trou  par  lequel  les  rayons  du  Soleil  allaient  peindre  sur  le  sol 
une  Image  passable  de  cet  astre.  C'est  ainsi  qu'est  construit  le  gno- 
mon que  CassinI  établit  à  l'Observatoire  de  Paris,  car  cet  antique 
instrument  était  encore  en  usage  en  1667.  On  en  voit  un  pareil  à 
l'église  de  Saint-Sulpice. 

C'est  par  ces  procédés  d'observation  que  les  Chinois,  et  bien 
plus  lard  les  Egyptiens  et  les  Grecs,  ont  réussi  à  fixer  la  longueur 
de  l'année,  d'abord  à  365  jours,  puis  à  365^,  24. 


0)  Naturellement,  il  faut  aussi  les  corriger  de  la  refraction  dont  les  anciens  ne 
tenaient  pas  compte.  Voir  l'Obseryation  d'Eratosthènes,  t.  T,  p.  2^1. 


14  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    11. 


Calendriers. 

Le  second  calendrier  égyptien  comprenait  12  mois  de  3o  jours  cl 
5  jours  complémentaires  ou  épagomènes.  C'est  l'année  vague.  LVr- 
reur  d'un  quart  du  jour  produisait  une  erreur  de  6  mois,  c'est-à-dire 
un  renversement  complet  des  saisons  en  jSo  ans.  Le  calendrier  ro- 
main était  encore  plus  mal  conçu.  En  ran4ti  avant  J.-C,  Jules  César, 
alors  pontife  suprême,  entreprit  de  le  réformer.  Sosigènes , 
astronome  d'Alexandrie,  qu'il  chargea  de  cette  opération,  institua 
une  règle  simple  d'intercalation  pour  tenir  compte  de  la  fraction 
de  jour,  ou  du  moins  pour  corriger  Terreur  dès  qu'elle  tendrait  à 
s'élever  à  un  jour  entier.  Cette  règle  consiste  à  donner  365  jours 
à  trois  années  sur  quatre  et  à  faire  la  quatrième  de  366  jours  (•). 
Cela  suppose  que  l'année  est  de  365^,25.  Comme  elle  est  en  réa- 
lité de  36jJ,2422,  l'erreur  du  calendrier  était  de  0^,0078.  Celle 
erreur  ne  pouvant  atteindre  un  jour  qu'au  bout  de  128  ans,  elle  fui 
considérée  comme  négligeable. 

Le  calendrier  julien  a  été  adopté  par  Téglise  catholique  en  325. 
\  celte  époque,  Téquinoxe  du  printemps  tpmbait  le  21  mars,  et, 
dans  la  supposition  qu'il  en  serait  toujours  ainsi,  on  avait  réglé 
sur  celte  date  la  célébration  de  la  fête  de  Pâques.  En  1 582,  1 257  ans 
après,  Terreur  du  calendrier  julien  devait  être  de  iq  jours  environ;. 
Téquinaxe  de  printemps  répondait  eflectivemeiit  au  11  mars.  Pour 
corriger  celle  erreur  de  10  jours,  le  pape  Grégoii*e  XIll  décida  que 
le  5  octobre  1 582  compterait  pour  le  i5  octobre  :  c'est  ce  qu'on  a 
appelé  ]aL  suppression  des  10  jours.  Et  pour  parer  à  l'avenir,  c'est- 
à-dire  pour  que  Té(|uinoxe  de  printemps  tombât  toujours  du  ic)  au 
21  mars,  il  fut  décidé  qu'on  supprimerait  3  bissextiles  sur  100  (*•*). 
De  la  sorte,  notre  année  civile  a  pour  durée 

f\<>0  X  3()5  4-07  or-i       /    - 

400 


(*)  Tuute  annt^e  dont  le  millésime  c«it  divisible  par  ^  est  bissextile. 

(•)  Toute  annre  st'-rulaire  dont  le  millésime  n'est  pas  divisible  par  |»>o  reste  année 
ronimune.  Les  Husses  ont  maintenu  le  calendrier  julien.  La  discordance  avec  le 
nAtre  est  aujourd'liui  de  douze  jours.  Le  i5  mars  chez  eux  ré|>ond  à  notre  27  mars. 


ASTRONOMIE  SOLAIRE  DES  ANCIENS. 


i5 


L'erreur,  ainsi  réduite  à  o^,ooo3,  est  réellement  négligeable. 

Les  mois,  alternativement  de  3i  et  de  3o  jours,  sauf  février  qui 
en  a  28  ou  29,  n'ont  plus  aucun  rapport  avec  les  lunaisons. 

En  1793,  on  établit  un  nouveau  calendrier,  dit  calendrier  répu- 
blicain. L'année  se  composait  de  la  mois  de  3o  jours  divisés  en 
3  décades.  Il  y  avait  5  jours  complémentaires,  parfois  6.  Mais 
rintercalation  fut  supprimée  ;  on  décida  que  Tannée  commencerait 
par  le  jour  dans  le  cours  duquel  tomberait  Téquinoxe  d'automne. 
On  ajoutait  un  sixième  jour  complémentaire  quand  il  le  fallait 
pour  isuivre,  à  moins  d'un  jour  près,  les  mouvements  du  Soleil, 
en  sorte  que  l'intervalle  des  années  de  366  jours  n'était  pas 
toujours  dé  4  ans,  mais  parfois  de  5  (par  exemple,  de  la  quinzième 
à  la  vingtième  année  de  l'ère  nouvelle). 

\oici  la  concordance  des  deux  calendriers  pour  la  i^*'''^  année. 


Nouveaux  mois. 

Ancien  style. 

Konveaux  mois. 

Ancien  shie. 

1*    Vendém, . 

22  septembre 

:793. 

1*   Germinal. ... 

21  mars     1794 

i*^  Brumaire. 

22  octobre 

» 

1*    Floréal . .... 

20  avril          » 

!•    Frimaire  . 

21  novembre 

» 

!•   Prairial .... 

20  mai           » 

!"■  Nivôse. . . 

21  décembre 

» 

1*   Messidor  . . . . 

19  juin           )> 

I*'  Pluviôse  . 

20  janvier        1 

'794. 

■  •   Thermidor . 

19  juillet     '  M 

1*   Ventôse . . 

19  février 

M 

I*   Fructidor  .  . . 

18  août          » 

ioun  comp 

lémentalres. 

17 

septem 

bre  1794. 

18 

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1 

'      i 

21 

» 

» 

Ce  calendrier  si  simple  n'a  pas  eu  le  sort  de  la  réforme  des  poids 
et  mesures  qui  fut  entreprise  à  la  même  époque:  celle-ci  répondait 
â  un  besoin  sérieux  et  a  fini  par  être  universellement  adoptée.  On 
remarquera  d'ailleurs  que  les  noms  trop  significatifs  des  mois  étaient 
au  rebours  des  saisons  sur  l'autre  hémisphère. 

Cadrana  solaires. 


Il    restait  encore  à  donner    aux    populations    dépourvues    de 
■clepsydres  un  moyen  commode  d'avoir  l'heure.  Les  anciens  astro- 


|6  LIVRE   PREMIER.  —    CHAPITRE    II. 

• 

Domes  inventèrent  dans  ce  but  les  cadrans  solaires,  pareils  à  ceux 
qu^on  voit  encore  aujourd'hui  sur  quelques-uns  de  nos  monu- 
ments, mais  dont  personne  ne  fait  usage. 

Si  le  gnomon  à  style  vertical  est  un  véritable  théodolite  et  au 
besoin  une  lunette  méridienne,  les  cadrans  dont  le  style  est  incliné 
parallèlement  à  l'axe  de  rotation  du  ciel  sont  de  véritables  équa- 
toriaux. 

Les  anciens  virent  bien  que  l'intervalle  de  deux  passages  consé- 
cutifs du  Soleil  au  méridien  est  à  peu  près  constant.  Ils  divi- 
sèrent cet  intervalle  eu  deux  fois  douze  heures,  dont  la  numération 
devait  aller  d'un  midi  au  minuit  suivant  et  reprendre  de  ce  minuit 
au  midi  d'après.  Si  par  un  style  incliné  parallèlement  à  l'axe  de  la 
rotation  diurne  on  imagine  vingt-quatre  plans,  le  Soleil,  en 
vertu  de  cette  rotation,  passera  successivement  dans  chacun  de 
ces  plans  et,  lorsqu'il  sera  sur  l'horizon,  le  style  y  portera  son 
ombre.  Recevez  cette  ombre  sur  un  mur  quelconque  auquel  le 
style  aura  été  fî\é,  et  sur  lequel  vous  aurez  dessiné  d'avance  les 
traces  d'une  dizaine  de  ces  plans  horaires  espacés  de  i5^en  i5®  :  ce 
sera  un  cadran  sur  lequel  vous  lirez  l'heure  par  la  seule  position 
de  l'ombre  du  style  au  milieu  des  lignes  horaires. 

Cadran  équatorial. 

On  rencontre  encore  rà  ou  là  des  cadrans  de  ce  genre^  le  plus 
simple  de  tous.  Il  se  compose  d'une  feuille  circulaire  de  métal  di- 
visée sur  les  deux  faces  en  heures,  c'est-à-dire  de  iS^'en  i5**,  etd*un 
style  perpendiculaire  à  la  plaque.  Ce  style  étant  fixé  dans  la  direc- 
tion de  l'axe  du  monde,  on  fait  tourner  la  plaque  jusqu'à  ce  que  la 
division  de  o**  ou  de  XII**  se  trouve  dans  la  direction  du  méridien. 
L'ombre  portée  par  le  style  marque  les  heures  sur  la  face  supé- 
rieure pendant  la  période  de  mars  à  septembre,  et  sur  la  face  infé- 
rieure de  septembre  à  mars,  parce  qu'alors  le  Soleil  est  au-dessous 
de  l'équateur. 

Cadran  polaire. 

Le  plan  est  parallèle  à  Taxe  du  monde  ;  les  traces  des  plans  ho- 
raires sont  parallèles  au  style.  On  les  détermine  en  menant  au  st\le 


ASTHONOHIE   SOLAIRE    DEB   ANCIENS.  17 

un  plan  perpendiculaire  (parallèle  à  l'équateur)  el  en  marquant 
sur  ce  plan  les  lignes  horaires  dont  on  vient  de  parler.  Celles  du 
cadran  polaire  passeront  par  les  traces  de  ces  dernières  sur  le  plan 
du  cadran. 

Cadran  Tertical. 

Le  mur  étant  bien  perpendiculaire  au  méridien  du  lieu,  on  v 
trace  avec  soin  une  verticale  qui  sera  la  ligne  horaire  do  midi. 
Soient  \  le  point  où  le  stj'le  devra  être  implanté  dans  la  muraille, 
LTune  horizonlalequelconque  qu'on  prendra  pour  ligne  de  terre. 
On  tracera  l'épure  suivante: 


A",  rabattement  du  point  A  sur  le  plan  hori/.onlal,  eu  faisant 
tourner  \a  autour  du  point  a. 

A' A',  ligne  menée  par  A'  de  manière  à  faire  l'angle  î,  avec  LT; 
c'est  le  rabatiement  du  stvle  implanté  en  A  et  dirigé  dims  le  plan 
méridien  parallèlement  à  l'axe  du  monde. 

Pa,  perpendiculaire  à  A" A', rabatiement  de  la  trace  de  l'équa- 
teur sur  le  méridien  AaA',  l'équateur  passant  par  la  ligne  de 
terre  I.T. 


i8 


LIVRE    PREMIER.    —   CHAPITRE    II. 


P',  raballement  du  point  P  sur  le  plan  horizontal  quand  on  a  fait 
tourner  Téquateur  autour  de  sa  trace  LT. 

P'a,  P'ft,P'c,. ..,  lignes  horaires  du  cadran  équino\ial  rabattu  ; 
elles  sont  espacées  de  i5**  en  i5*»  à  partir  de  P'a. 

.\rt,  A 6,  Ac,  Arf,  lignes  horaires  du  cadran  vertical. 

Si  le  style  était  prolongé  jusqu'au  plan  horizontal,  A' a,  \'h, 
Vcj  . ..,  seraient  les  lignes  horaires  d^un  cadran  horizontal  ayant 
même  stvle. 

Cadran  vertical  déclinant. 


\a,  verticale  tracée  sur  le  mur. 

A,  point  d'insertion  du  style  parallèle  à  Taxe  du  monde. 

LT,  ligne  de  terre. 

aX'j  méridienne,  projection  horizontale  du  style. 

L'aï',  perpendiculaire  à  la  méridienne. 


Par  la  construction  précédente  on  obtient  les  lignes  horaires  ho 
riiontales,  c'est-à-dire  les  traces  A'a,  A'b,  A'c,  ...  des  plan: 
horaires,  et  on  les  prolonge  jusqu'à  la  ligne  de  terre  LT  qu'elle - 
coupent  en  a,  b\  c\  iW  .... 


ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    ANCIENS. 


»9 


\a,  Ab%  Ae,  Act,  ....  lignes  horaires  du  cadran  déclinant. 

Au  lieu  de  construire  les  épures,  il  est  tout  aussi  simple  de  re- 
courir aux  formules  de  Trigonométrie  sphérique  et  d'en  calculer 
les  éléments. 

Montre  des  bergers. 

Dans  le  Midi  p\Ténéen  on  voit  parfois,  entre  les  mains  des  ber- 
gers, un  petit  cadran  de  poche  basé  sur  des  principes  différents. 
C'est  un  cylindre  en  bois  sillonné  de  douze  génératrices  équidis- 
tantes  correspondant  aux  douze  mois  de  Tannée,  et  de  quatre  ou 
rinq  courbes  qui  coupent  ces  génératrices  aux  heures  XII,  I,  II, ... . 

Fig.  7. 


Pour  se  servir  de  ce  cadran,  on  en  fait  sortir,  comme  une  lame  de 
couteau,  une  languette  de  fer  qu'on  place,  normalement  au  cy- 
lindre, sur  la  ligne  du  mois  actuel.  Le  cylindre  étant  bien  verti- 
cal (il  est  suspendu  à  -un  fil),  on  le  fait  tourner  jusqu'à  ce  que  le 
couteau  se  place  dans  le  vertical  du  Soleil.  L'ombre  portée  par  le 
couteau  tombe  alors  sur  la  génératrice  correspondant  à  la  date 
actuelle, et  l'extrémitéde  celte  ombre  indique  l'heure  au  moyen  des 
courbes  horaires. 

Pour  tracer  ces  courbes,  on  calcule  de  mois  en  mois  les  z  cor- 
respondant  aux  diverses  heures  du  jour  par  la  formule 

cos-3  =:  cosX  coso  -|-  sin  X  sino  cosyH, 

(^ll'on   obtient  ensuite   la    graduation  d'une   génératrice  par  la 

formule 

longueur  du  couteau 


lange 


longueur  de  Tombre 


'20  LIVRE    PREMIER.    —   CHAPITRE    II. 

Avant  fait  le  même  calcul  pour  les  six  généralrices  d'une  demi-an- 
née, de  mois  en  mois,  on  fail  passer  des  courbes  par  les  points 
correspondant  à  chaque  heure  prise  en  particulier.  Ce  cadran 
transportable  ne  peut  servir  que  pour  une  colalitude  déterminée. 
Aujourd'hui  les  montres  sont  à  vil  prix;  on  trouve  aux  gares  et 
aux  horloges  publiques  l'occasion  de  les  régler  fréquemment; 
d'ailleurs  l'heure  solaire  vraie  que  les  cadrans  fournissent  a  été 
remplacée  par  l'heure  solaire  moyenne  ;  en  sorte  que  l'art  de  con- 
struire les  cadrans  est  presque  tombé  en  désuétude. 


Projection  gnomonique. 

Disons  ici  (juelques  mots  d'un  système  de  Cartes  dont  il  a  été 
à  peine  question  dans  le  premier  Volume.  Si  Ton  place  le  point  de 
vue  au  centre  de  la  sphère  et  qu'on  mette  les  détails  de  la  surface 
en  perspective  sur  un  plan  langent  en  un  lieu  quelconque,  c'est-à- 
dire  sur  l'horizon  de  ce  lieu,  on  aura  une  carte  gnomonique  où  les 
grands  cercles  de  la  sphère  seront  représentés  par  des  droites.  Par 
exemple,  les  méridiens  seront  des  droites  di\ergeant  du  point  de 
rencontre  de  la  ligne  des  pôles  avec  le  plan  du  tableau;  les  paral- 
lèles seront  des  sections  coni<iues. 

L'extrémité  de  l'ombre  portée  par  un  gnomon  sur  le  plan 
horizontal  décrit,  dans  le  cours  d'une  journée,  lu  trace  d'un 
cône  ayant  pour  axe  une  parallèle  à  l'axe  du  inonde  menée  par  le 
bout  du  style.  Les  plans  horaires  menés  par  cet  axe  auront  pour 
traces  des  droites  passant  par  son  point  de  rencontre  avec  le  plan 
horizontal.  L'ensemble  de  ces  parallèles  (ellipses  ou  hyperboles)  et 
de  ces  droites  concourantes  forme  précisément  le  canoas  d'une 
projection  gnomonique  sur  l'horizon  du  lieu  (voir  la  jig,   i5). 

L'intérêt  de  ces  Caries,  dont  les  astronomes  font  quelquefois 
usage,  est  dans  leur  propriété  de  représenter  par  des  droites  le> 
arcs  de  grand  cercle.  M.  E.  de  Beaumont,  a\ant  constaté  qu'un 
très  grand  nombre  d'accidents  géologiqut^s  sont  disposés  sur 
notre  globe  en  arcs  de  grand  cercle,  formant  certaines  confi- 
gurations géoinétri(|ues,  a  fail  usage  de  celte  projection.  Mai> 
comme  on  ne  peut  représenter  ainsi  sur  un  plan  <|u'uiie  portion 
limitée  de  la  sphère,  [)our  avoir  une   Mappemonde  gnomonique 


ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    ANCIENS.  21 

il  faut  projeter  la  sphère  sur  les  faces  d'un  polyèdre  circonscrit, 
puis  développer  ce  polyèdre,  ce  qui  donne  à  la  Mappemonde  une 
singulière  discontinuitt^. 


Mouvement  du  Soleil  dans  son  orbite. 

On  a  vu  comment  les  plus  anciens  astronomes  ont  su  détermi- 
ner fort  exactement  la  position  de  Técliptique  et  la  durée  de  l'an- 
née. Il  restait  à  étudier  le  mouvement  du  Soleil  sur  l'écliptiquc, 
mouvement  qu'on  supposait  uniforme.  Mais,  comme  cette  recherche 
étaitalors  sans  utilité  pratique,  ils  ne  s'en  occupèrent  pas.  Les  Grecs, 
le  seul  peuple  ancien  qui  ait  étudié  les  Sciences  pour  elles-mêmes, 
indépendamment  de  tout  intérêt  immédiat,  ont  donné  cet  indispen- 
sable complément  à  l'Astronomie  solaire.  Au  lieu  de  rapporter 
ces  mouvements  à  des  coordonnées  équatoriales,  comme  le  faisaient 
les  Chinois,  ce  qui  en  compliquait  singulièrement  l'étude,  ils 
adoptèrent  une  coordonnée  plus  simple,  à  savoir  Tare  même  de 
récliptique  compris  entre  le  point  y  et  la  position  actuelle  du  Soleil. 
Si  le  mouvement  du  Soleil  était  réellement  uniforme,  comme  on 
l'avait  cru  de  tout  temps,  sa  théorie  se  réduirait  à 

L  :=:  Lo  -  H  Ht, 

L  désignant  la  longitude  à  la  date  t,  Lq  la  longitude  à  l'origine  du 
temps  ty  n  la  vitesse  angulaire  diurne  donnée  par 

cît:  36o»  ^ 

T         360,242217  ^ 

Il  n'y  a  là  qu'une  inconnue  L©,  dite  longitude  de  V époque.  Sup- 
posez qu'en  une  certaine  année^  au  i'**  janvier,  l'observation  ait 

donné 

L--28o'»3o'; 

on  posera  Lo^=  ao8**3o',  et,  à  la  condition  de  prendre  le  i*""  jan- 
vier pour  l'origine  du  temps,  on  aura  la  longitude,  à  une  date 
quelconque,  par 

L:^28o'»3o'-4-(59'8%3i)^ 


-Tk  LfTBE  rtCaiCB.   —   CHJIPITBC    If. 

\jis  aâlronomes  i^tpcs  odI  comparé  cette  théorie  du  mouTement 
circulaire  uni  forme  a\ec  l'observa  tîon.  Voici  cette  comparaison 
^^9\ïT  le  coor<  d'une  année  : 

JanTirr           i 280.^  280. 3o  o.  o 

3i 3ii.   3  3io.    i  --  0.59 

Man               1 341.19  339.38  -    1.41 

3i 11.9  9-'^  ~"  ■  -^7 

Avril             3o 40.29  38-47  --   1-4^ 

Mai               3o 69.23  68.21  —   I.   2 

Juin              29 98.  2  97-^^  --  o.  7 

Juillet          29 126.40  IÎ7.29  —  o.  î9 

Aoûl            28 i55.3o  1S7.  3  —   1.33 

^eplcmbrc  27 184.41  186.37  "    "-^^ 

Octobre       27 21 1.21  216.11  —    I .  i3 

.Novembre  26 214.39  2iS.i6  -   1.   7 

Décembre    26 275.10  273.20  —  o.io 

l^s  Grecs  étaient  parvenus,  à  l'époque  d*Hipparque(  i5o  ans 
avant  J.-C.),  à  déterminer  ces  longitudes  à  |  de  degré  près.  Or  les 
écarts  précédents  dépassent  notablement  cette  limile  :  de  plus,  ils 
affectent  une  allure  systématique.  11  fallait  donc  renoncer  à  Tbypo- 
llièse  du  mouvement  uniforme  et  cbercher  la  loi  de  ces  écarts. 
Prenons  pour  abscisse  le  temps  ou,  ce  qui  revient  au  même,  la  lon- 
gitude calculée   qui  varie  proportionnellement  au    temps,  et    les 

Fig.  8. 


écarts  pour  ordonnées.  La  courbe  ainsi  tracée  est  une  sinusoïde 
bien  caractérisée.  En  relevant  au  compas  les  éléments  de  celle 
courbe,  on  obtient  pour  la  longitude  observée  l'expression 

L  =:  1^—  nt  -    i«50'sin(Lo—  nt    -  a8i«'J9'). 

(^omme  celle  loi  se  vérifiait  cha(|ue  année  avec  rexuctitude  même 
des  obser>'ations  de  l'époque,  on  dul  en  admettre  la  réalité  et  s'in- 
génier à  lui  trouver  une  explication  géométrique. 


ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    ANCIENS. 


23 


Nous  disons  géométrique  et  non  mécanique,  car  les  anciens, 
frappés  de  la  perpétuité  et  de  la  régularité  des  mouvements  cé- 
lestes, étaient  persuadés  qu'ils  étaient  d'une  tout  autre  nature  que 
les  mouvements  terrestres,  lesquels  ne  tardent  pas  à  s^épuiser.  Ils  en 
concluaient  que  les  astres  étaient  dirigés  par  des  intelligences  di- 
vines. Or,  à  de  tels  êtres,  on  ne  saurait  attribuer  des  mouvements 
imparfaits,  c'est-à-dire  autres  que  circulaires  et  uniformes  (  ^  ).  Hip- 
parque  parvint  à  tout  concilier  en  supposant  que  la  Terre  ne  se 
trouve  pas  exactement  au  centre  du  cercle  que  le  Soleil  doit 
parcourir  d'un  mouvement  parfaitement  uniforme. 


Hypothèse  de  l'excentrique. 
Soient 

C  le  centre  de  l'orbite  solaire  ; 

T  la  Terre  ; 

S  le  Soleil  à  la  date  t  ; 


Ty  ou  Cy  la  direction  initiale  (celle  du  point  vernal)  à  partir  de  la- 
quelle se  comptent  les  longitudes,  suivant  qu'on  les  calcule  pour 
le  centre  de  l'orbite  ou  pour  la  Terre. 

La  longitude  du  Soleil  vu  du  centre  C  sera  bien,  à  la  date  ^ 

yCS  =i:  Lo-f-  nt\ 


(')  «  Quoniam,  »  dit  Copernic  iui-nu^me,  «  ab  utroque  abhorret  intelieclus; 
cssetque  indigQum  talc  quiddam  in  illis  existimari.  »  {De  BevolutionibuSy  etc., 
p.  3.) 


aj  LIVRE    rtCaiER.  —   CBAriTRB    II. 

mais  la  longitude  ^'ue  de  la  Terre  sera 

7TS  =:  Lt —  nt  -*-p, 

p  étant  un  petit  angle  dépendant  de  rexcentrîcîté  TC.  Nommons 
19  la  longitude  du  ravon  CTP  sur  lequel  la  Terre  est  placée^  a  le 
rayon  CS,  r  le  rayon  vecteur  variable  TS,  d  Texcentricité  TC.  Les 
formules  de  transformation  des  coordonnées  pour  le  déplacement 
d*originc  de  C  en  T  donneront 

rsiD/9=:  </siD/7l. 

r  cosp  ^=a  —  dcosm. 

en  appelant  m  Tangle  PCS  ^:=  V^^  —  ®  =  Lt  -h  nt  —  W|  d'où,  en 

ri 
posant  e  --  ~j 

e  sin  m 

tangi>  — » 

I  —  e  cos  M 


r  — 


—  t=z  i  I  —  2crco>/#i     -  e^. 
a 


En  développant  en  série,  on  pourra  se  borner  au  premier  terme 
parce  que  e  est  petit,  et  écrire 


L  -—  L^—  /!/  —  e  sin  171, 

/• 

-  =r  1  —  e  cos l?l. 
a 


Dans  le  cas  précédent,  la  valeur  maximum  de  psin//i  est  de  i^56'. 
Telle  est  donc  aussi  la  valeur  de  e.  Si  on  Texprime  en  parties  du 


/• 


rayon  pour  la  faire  figurer  dans  Fexpression  de  —  «  on  devra  écrire 

1*56'  116  I     ,  ,       ï         r  1        j  J 

f'W  '~^  V'ÎH  ^^  ï^  *  P^"  près.  Les  iormules  du  mouvement  du 

Soleil  seront  donc 

(i)  L  -   L^r- /!/-*- 1*56' sin //i, 

(-»  )  -      --:  I  —  iVCOS/W. 


A8TR0N0UIE  SOLAIRE  DES  ANCIENS.  >.^ 

Détermination  de  l'excentricité  et  de  la  longitude  du  périgée. 

Le  point  P  le  plus  voisin  de  la  Terre  porte  le  nom  de  périgée; 

TC 
le  point  A  est  Tapogée;  le  rapport  pp  est  rcxcentricllé  e.  Ce  sont 

là  deux  nouveaux  éléments  introduits  par  la  théorie  de  rexccntrique. 
L'expression  de  la  longitude  dans  cette  hypothèse 

L  :rz  Lo  -+-  /i^  -+-  e  sin  (Lo  -\-  nt  —  m) 

contient  donc  quatre  constantes  : 

Lo,  longitude  moyenne  à  la  date  prise  pour  origine,  cVst-à-dirc  à 

la  date  t  —  o{^)\ 
/i,  moyen  mouvement  diurne,  si  t  est  exprimé  en  jours; 
^,  excentricité  de  l'orbite  solaire; 
T3T,  longitude  du  périgée  P. 

Toutes  ces  longitudes  se  comptent  à  partir  de  Ty  dans  le  sens 

direct. 

Nous  avons  déjà  vu  comment  on  détermine  la  durée  T  de  la  ré- 

36o* 
volution  par  rapport  au  point  y.  On  en  déduit  n  =  -rrr-'  H  ne  reste 

donc  plus  à  déterminer  que  les  trois  constantes  Lq,  e^  xa  qui  figurent 
dans  l'expression  de  la  longitude  du  Soleil. 

Cette  théorie  est  au  fond  identique  à  celle  que  nous  avons 
exposée  (t.  I,  p.  82),  pour  l'erreur  d'excentricité  dans  les  cercles 
•divisés  servant  à  la  mesure  des  angles.  En  suivant  les  indications 
de  ce  paragraphe,  il  est  facile  de  voir  qu'on  éliminerait  le  terme  en  e 
en  prenant  la  moyenne  de  deux  longitudes  L,  \J  à  deux  dates  /,  l' 
telles  que  n{t'  —  t)=^  180".  Cette  moyenne  est  en  effet 

et  elle  fera  connaître  L©.  On  obtiendra  m  en  cherchant  dans  une 
série  d'observations,  s'étendant  à  l'année  entière,  deux  longitudes 
L  et  L-i-i8o®,  dont  les  dates  t  et  t'  aient  pour  différence 
Y  T.  La  seule  droite  tirée  par  T,  qui  partage  en  parties  égales  l'or- 
bite sur  laquelle  le  Soleil  est  supposé  se  mouvoir  d'un  mouve- 
ment uniforme,  est  en  effet  la  droite  PA.  Alors  l'une  de  ces  deux 


(•)  La  longitude  Traie,  à  cette  époque  /  =  o,  serait  Lo-i-  ^sin  (  L,  —  n  ) 


'Jt6  LIVRE    PREMIER.    ~    CHAPITRE    11. 

longitudes  sera  celle  du  périgée,  l'autre  celle  de  l'apogée.  Enfin  les 

observations  faites  vers  l'époque  où  m, c'est-à-dire  Lo-+-/i^ —  weslpo* 
ou  270**,  seront  très  propres  à  faire  connaître  l'excentricité  ex primét^ 
en  arc. 

Il  est  préférable  de  déterminer  simultanément  ces  trois  constantes, 
en  formant,  avec  un  grand  nombre  de  longitudes  observées  à  des 
époques  quelconques  t,  t'y  t"^  . . . ,  des  équations  de  la  forme 

L  —  Lo  -H  nt  -i   a;  co% nt  -h  y  sin  ntj 
dans  lesquelles 

.r~esin(Lo  —  m),     y-    tfcos(Lo  —  w). 

Après  avoir  résolu  ces  équations  par  la  méthode  des  moindres 
carrés,  on  déduira  <?  et  Lq  —  rn  des  valeurs  obtenues  pour  a:  eij'. 

Nous  verrons  une  application  de  ce  genre  de  calculs  dans  la 
théorie  du  sextant. 

ilipparque  a  trouvé,  par  un  procédé  quelconque, 

T  --.  365i,:2l67,     w  —  245«3o',     e  --  2»a3'      ^. 

Les  vraies  valeurs  à  cette  époque  étaient 

T.  -365i,2423,     ro--^.  246^25',     e      2'»i', 

Ce  qui  précède  donne  une  idée  fort  exacte  des  habitudes  de  calcul 
des  astronomes.  Pour  représenter  une  variable  qui  ne  procède  pas 
tout  à  fait  proportionnellement  au  temps,  ils  la  décomposent  en 
deux  paris,  Tune  variant  uniformément,  l'autre  généralement  bien 
moindre,  mais  périodique.  Ainsi,  pour  égaler  la  partie  uniforme 
de  la  longitude,  c'est-à-dire  Lq  -h  "'>  «  la  coordonnée  réelle  L,  il 
faut  lui  ajouter  une  petite  quantité  périodique  e  sin//i,  qu*ils  ap- 
pellent éi/uation  du  centre;  elle  sVx|>rime  en  are,  à  la  condition 
convertir  en  arc  le  nombre  abstrait  e  (en  le  multipliant  par 
iko6'i6y  ou  3438').  Quand  m  ^  90°,  Téquation  ducentre  aUeinl 
son  maximum.  C'est  ainsi  que  i**5;V  était  et  est  encore  désigné 
sous  le  nom  de  plus  grande  équation  du  centre. 

Les  anciens  voyai<'iit  bien  que,  pour  démontrer  la  réalité  de  leur 
hypothèse,  il  ne  suffisait  pas  d'établir  que  les  longitudes  observées 
du  Soleil  étaient  très  approximativement  représentées  par  la  for- 


ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    ANCIENS.  ^7 

mule  (*);  il  aurait  fallu,  en  outre,  qu'il  en  fût  de  même  des  ravons 
vecteurs,  c'est-à-dire  que  les  variations  de  distance  du  Soleil  à  la 
Terre  répondissent  à  la  formule (2),  page  24.  Mais,  pour  effectuer  ce 
contrôle,  on  aurait  dû  mesurer  de  jour  en  jour  le  diamètre  apparent 
du  Soleil.  On  a,  en  effet,  en  représentant  part  le  rayon  du  Soleil, 


sin  1  A  nz:  -  » 


en  sorte  que  les  diamètres  observés  sont  sensiblement  réciproques 
aux  rayons  vecteurs  r;  mais  les  anciens  n'ont  jamais  pu  effectuer 
de  telles  mesures,  qui  exigent  l'application  des  lunettes  aux  instru- 
truments  de  mesure. 

Le  fait  est  que  celte  hypothèse  de  l'excentrique  satisfait  aux 
longitudes  du  Soleil.  Nous  verrons  bientôt  que  les  anciens  Tont 
étendue  à  toutes  les  planètes  et  même  à  la  Lune.  Admettre  cepen- 
dant une  excentricité  quelconque  dans  l'orbite,  c'était  déroger 
singulièrement  à  la  règle  qui  ne  permettait  d'attribuer  aux  astres 
que  des  mouvements  parfaits.  Pour  répondre  à  ceux  qui  auraient 
accepté  difficilement  ce  défaut  de  centrage  dans  les  mouvements 
célestes,  les  Grecs  faisaient  remarquer  que  leur  combinaison  reve- 
nait à  faire  circuler  le  Soleil  uniformément  et  en  seûs  rétrograde 
sur  un  petit  cercle  de  rayon  égal  à  TG,  nommé  épicycley  tandis  que 
le  centre  de  ce  petit  cercle  parcourrait  un  cercle  plus  grand  au- 
tour de  la  Terre,  dans  le  même  temps,  et  en  sens  direct.  L'épi- 
cycloïde  ainsi  engendrée  se  réduit  effectivement  à  un  cercle  avec 
une  excentricité  égale  au  rayon  de  l'épicvcle  ('). 


(')  Faisons  ici  udc  dislinctioa  imporlantc.  Les  cpicycloïdes  que  nous  avons  con. 
sidérées  dans  Tintroduction  du  tome  I  ont  une  autre  génération.  Le  mobile  se  meut 
sur  l'épicycle  avec  une  vitesse  angulaire  /?,  mais  ce  cercle  se  transporte  dans 
l'espace  sans  tourner^  de  manière  que  son  centre  parcourt  le  déférent  avec  la  vi- 
tesse angulaire  /i',  ces  deux  mouvements  étant  de  même  sens.  Dans  l'exposé  ci- 
dessus,  nous  avons  adopté  la  définition  des  anciens.  Ils  supposaient Tépicycle  fixé 
matériellement  à  un  rayon  du  déférent.  Alors  ce  rayon,  tournant  avec  la  vitesse  /i', 
imprimait  déjà  à  l'épicycle,  sur  lui-même,  une  rotation  de  même  sens  et  de  mcnic 
vitesse.  Mais  le  résultat  sera  le  même  si,  comme  le  faisaient  les  anciens,  on 
inrprime  au  mobile,  sur  son  épicycle,  une  vitesse  angulaire  égale  non  plus  à  /i, 
mais  à  n  — /i'.  Dans  le  cas  actuel,  les  anciens  donnaient  au  Soleil  une  vitesse 
—  /i',  égale  et  contraire  par  conséquent  à  celle  du  centre  de  son  épicycle  sur  la 
circonférence  du  déférent.  Nous  retrouverons  cette  distinction  dans  la  théorie  des 
planètes. 


98  LITRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    III. 


CHAPITRE  m. 


ÉTUDE    DU    MOUVEMENT   ANNUEL    DU    SOLEIL 

PAR    LES    MODERNES. 


On  observe  chaque  jour  le  Soleil  à  son  passage  au  méridien,  au 
moven  de  la  lunette  méridienne  et  du  cercle  mural,  absolument 
comme  une  étoile  ;  seulement,  comme  il  a  un  disque  très  considé- 
rable, on  n*observe  que  les  bords.  H  étant  Theure  sidérale  du  pas- 
sage du  premier  bord  au  méridien  (moyenne  des  cinq  iils)  et  H' 
celle  du  passage  du  second  bord,  il  est  évident  que 

ii-^ir 

.-Rcenli^e 

Pendant  que  le  centre  passe  au  méridien,  on  mesure  successive- 
ment, au  cercle  mural,  la  distance  zénithale  du  bord  supérieur  et 
celle  du  Bord  inférieur.  Celles-ci  étant  dûment  corrigées  de  laré- 
Iraction,  on  a 

d.,                      «f»»        ^«        •»-*.* 
isl.  zfn.  centre  -.  -      —,     o  -^  a  -: 

2  'à 


Diamètre  apparent  da  Soleil. 

Le  demi-diamètre  vertical  se  déduit  immédiatement  des  mesures 
précédentes;  il  est 

■      -  -  • 
Le  demi -diamètre  horizontal  se  déduit  de  la  différence  II' —  H 


ASTBONOMIE  SOLAIRE   DES   MODERNES. 


^9 


des  heures  sidérales  du  passage  de  chaque  bord  par  le  méridien. 
Soient  PZ  le  méridien  projeté  sur  Thorizon,  S  le  centre  du  So- 


Fig.  10. 


Z 


B   -S 


leily  BS  le  rayon  perpendiculaire  au  méridien,  PS  le  cercle  horaire 
du  point  S;  le  triangle  PSB,  rectangle  en  B,  donne 


ou  bien 


SI  11  SB 
— .— i^.-    ou 
sinF 


sinjA 


H— Il 


=-  sino 


Slll 


'A 


i^ 


II'— H 


•  (S 


Mais,  pour  réduire 


n  — H 


en  arc,  on  ne  devra  plus  le  multiplier 


par  i5,  car  le  Soleil  est  animé  d'un  mouvement  propre  de  sens  con- 
traire àccluiduciel;  il  ne  décrit  pas  i5"en  i*  de  temps  sidéral,  comme 
les  étoiles  fixes,  mais  i5" — dJ^^  dJR.  étant  la  petite  variation  de  son 
iR    pour   1*.    On  devra  donc  multiplier  le   temps   par    i5  —  OJ^ 

Il ^  j  pour  le  réduire  en  arc. 


ou  la    1 


Par  exemple,  le  i**"^  janvier  i88i ,  on  a  trouvé 


,  \V—U 


'A 


i"ii',oc); 


la  distance  polaire  était  de  1 13"3'.  Calculer  le  demi-diamètre  ho- 
rizontal qui  résulte  de  cette  observation. 


3o  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    Ili. 

Au  i*'' ]din\ier  y  kmidiyla  Connaissance  des  Temps  donne  i  i%o3(*  j 

I  1  *  02     "C  I  *ï 

pour  la  variation  horaire  de  ^;  à/R,  est  donc  égal  à — W~     ""» 

f)A\        3588.98 
1 5  36oo 

Iog7i*,o9 f,85i8i 

logsino 9,96887  —  10 

logi5' 1,17609 

log3589 3,55497 

C'Iog36oo 6,44370  —  10 

',9904 i 
lA  =  978',a3  =  i6'i8',5i3. 

On  trouve  sensiblement  le  même  nombre  pour  le  diamètre  ver- 
tical, et,  comme  celte  égalité  se  maintient  toute  Tannée,  on  en 
conclut  que  le  Soleil  est  spbérique. 

Le  demi-diamètre  apparent  est  lié  à  la  distance  D  du  Soleil  à  la 
Terre  et  au  rayon  v  du  Soleil  par 

sin }  A  r  :    -   ou   ^1  -   '^06  '^65"  =-; 

il  varie  donc  en  raison  inverse  de  la  distance.  Celle  variation  est 
périodique.  Fin  juin  on  trouve  A  i^i^  3 1 '  28"  ou  'ivt' — 32%  (io  dé- 
cembre Sa'-r  32";par  conséquent,  la  distance  U  varie  elle-même 
d'environ  z!z  ^*^,  à  peu  près  comme  les  nombres  i  —  jtô  ^^  *  "^  ¥«• 
Le  Soleil  est  donc  plus  voisin  de  nous  de  jjjà  peu  près  en  hiver 
qu'en  élé. 

Parallaxe  du  Soleil. 

Les  théories  astronomiques  se  rapportent  au  centre  de  la  Terre, 
tandis  que  les  observations  se  font  en  quelque  point  de  la  surface. 
Pour  passer  dp  l'un  à  Tautre  il  faut  opérer  ici  une  véritable  trans- 
formation de  coordonnées  par  changement   d\)rigine.  Quand  il 


(  '  )  La  Connaissance  des  Temps  donne  i  r,o5  pour  i  heure  ilc  temps  muyen.  Pour 

I  heure  de  temps  sidéral  ce  sera  ii%o5  a  .^jr,. — -, —    -  ii',o3. 
■^  3o6.'i|3i 


.iSTRONOXIE  80LAIRB  DES  MODERNES. 


3i 


s'agit  d'observations  méridiennes,  le  changement  d'origine  se  fait, 
de  A,  station  de  l'observateur,  en  C,  centre  de  la  Terre,  sur  la  verti- 
cale GAZ,  dans  le  plan  même  du  méridien.  Ce  déplacement  affec- 
tera donc  la  distance  zénithale,  mais  il  ne  modifiera  en  rien  l'heure 
du  passage  au  méridien,  puisque  ce  dernier  plan  contient  à  la  fois 


ig.  II. 


la  station  A  et  le  centre  C  de  la  Terre.  C'est  évidemment  le  cas  in- 
verse de  celui  qui  a  été  traité  à  la  page  5a.  Désignons  par  :;i  la 
distance  zénithale  observée  en  A,  par^  la  distance  zénithale  corres- 
pondante en  C,  par/?  la  différence  ou  la  parallaxe  de  ces  deux 
directions;  il  faudra  remplacer  l'équation  [(2)   de  la  page   53   du 

tome  I  par 

D  sin/?  ru;  p  sine,, 

D  étant  le  rayon  vecteur  exprimé  en  mètres;  on  en  conclut 

p  -—.  206265''  -■  sin-3,. 

Si  le  Soleil  était  à  l'horizon,  on  aurait  Zs  ^=  90**  et  la  parallaxe 
serait  horizontale.  En  la  désignant  par  tt,  on  aura 


sinTUii::^      ou       -ïl  r^  206  205"  ir  • 


D 


D 


La  parallaxe  [horizontale  du  Soleil  est  ainsi  l'angle  sous  lequel 
on  verrait,  du  Soleil,  le  demi-diamètre  de  la  Terre.  On  trouvera 
plus  tard  que  tt  =  S'', 8i3.  Par  suite, 

pz=^  8'',  81  sine,. 
On  est  donc  en  état  de  réduire  au  centre  de  la  Terre  la  distance 


Ji  LIVRE    PBEVIER.   ~    CHAPITRE   III. 

Zénithale  2,  observée  en  A,  car 


s,  étunt  ici  la  demi-somme  des  distances  zénithales  des  deux  Lords 
supérieur  et  inférieur  du  Soleil,  corrigées  chacune  de  la  réfraction. 
Dès  lors,  chaque  observation  méridienne  du  Soleil  fournira  les 
rh'ux  coordonnées  jR  et  2  du  centre  de  cet  astre  rapportées  au 
centre  delà  Terre,  à  savoir 


M 


11-^  |[' 


Nous  avons  considéré  ici  la  Terre  couune  une  sphère  ;  cela  suilîl 
pour  le  Soleil,  à  cause  de  sa  très  gnindc  distance  qui  rend  les  cor- 
rections de  parallaxe  fort  petites.  Nous  tiendrons  comptede  l'apla- 
tissement quand  il  s'agira  d'astres  plus  voisins  de  nous,  tels  que  la 
Lune,  Vénus  et  Mars;alors  (^)  désignera  le  rayon  équatorîal  dl- 
la  Terre  exprimé  en  mclrcs. 

GoordODDies  éclipUques. 

Puisque  le  Soleil  se  meut  dans  le  plan  de  l'éclipliquc,  il  est  na- 
turel de  le  rapporter  à  un  svstèmc  de  coordonnées  avant  pour  axe 
une  normale  à  ce  plan.  Sur  \a  Ji(^.   12,  I*  est  le  pûle  nord  de  l'é- 


qualt-ur,  li  le  pôlf  voisin  de  l'éi 
IVclipllquc  sur  l'Oquatcur  (poin 


ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    MODERNES.  3'i 

de  la  sphère  céleste  projetée  sur  le  plan  de  la  figure.  Les  coordon* 
nées  équatorîales  de  S  seront 

yPS=z/R, 
PS  u=  a. 

Les  coordonnées  écliptiques  que  nous  voulons  introduire  seront 
pareillement 

^ESt^L,     longitude, 
ES  1=  p,     distance  au  pôle  de  Técliptique. 

Les  longitudes  se  comptent,  comme  les  JR.,  de  o^  à  36o^  dans  h; 
sens  direct. 

L'angle  des  axes  de  ces  deux  systèmes  sera 

arc  PE  =:  0),     obliquité  de  récliplique. 

Les  formules  de  transformation  s'obtiendraient  en  changeant, 

dans  celles  du  t.  I,  page  58,  B,  a^  A,  b,  c  en  L,  ^,  iîV,  8,  oj,  si  les 

angles  dièdres  L  et  JR,  étaient  comptés  à  partir  du  plan  EP  des 

deux  axes;  mais, conformément  aux  usages  établis  parles  Grecs, 

on  les  compte  à  partir  des  plans  perpendiculaires  à  PE,  à  savoir 

Ey  et  Py,  et  cela  parce  qu'on  a  voulu  prendre  y  pour  origine  des 

JR  et  des  L  quand  on  remplace  ces  angles  dièdres  par  des  arcs  de 

l'ëquateur  ou  de  l'écliptique  qui  leur  servent  de  mesure.  11  faudra 

donc  mettre  L  —  90°  et  iîV  —  90°  à  la  place  de  B  et  de  A.  On  a 

ainsi 

cos^rz:  costocoso —  sino)  sin  0  sin  ^^, 

sin^sin  L  rzn  sincocoso  -i-  costo  sino  sin^îî, 
sin^cosL^i  sinocos-^. 

Pour  la  transformation  inverse,  il  suffît  de  permuter  les  lettres 
^  t,  de  remplacer  (o  par  —  co  : 

coso.^=  coso)  cosp -h  sinto  sin^  sinL, 
sin  8  sin  iR  r=  —  sin  lo  cos  p  -f-  cos  co  sin  ^  sin  L, 
sinocosiR=^  sin  ^  cos  L. 

Pour  le  Soleil  qui  se  meut  sur  l'écliptique,  [3  ==  90".  La  première 

II.  3 


34  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    III. 

relation  devient 

sin^  :—  cottocolo; 

les  deux  dernières  donnent 

lang.il    -costolangL 

et  la  quatrième  se  réduit  à 

coso  -   sinw  sinL. 

On  trouverait  directement  ces  trois  dernières  formules  en  consi- 
dérant le  triangle  ySS',  rectangle  en  S',  dans  lequel  vS  est  la  lon- 
gitude du  Soleil,  yS'  son  ascension  droite,  SS'  le  complément 
de  sa  distance  polaire  6. 

Détermination  de  l'obliquité  cj. 

Au  solstice  d'été,  la  distance  polaire  du  Soleil  atteint  son  mi- 
nimum 90"  —  (o;  elle  ne  varie  pas,  ce  jour-là,  d'une  demi-seconde 
en  vingt-quatre  heures.  Par  conséquent  une  observation  méridienne 
du  Soleil,  encore  bien  qu'elle  ne  soit  pas  faite,  ce  jour-là^  juste  à 
Tinstant  du  solstice,  donnera  pourtant  tu  avec  une  grande  exacti- 
tude. 

Au  solstice  d'hiver,  S  -—  90**  r  <*)  i  la  différence  de  ces  deux  dis- 
tances polaires  du  Soleil,  observées  Tune  vers  le  21  juin,  l'autre 
v<Ts  le  21  décembre,  donnera  donc  le  double  de  o).  De  plus,  toute 
erreur  constante  qui  affecterait  également  les  0  ou  les  5  (une  erreur 
sur  la  colatitude,  par  exemple)  se  trouverait  éliminée,  et  n'aurait 
aucune  influence  sur  l'co  conclu  des  observations  faites  aux  deux 
solstices  à  la  fois. 

(]ette  remarque  a  son  importance;  presque  tous  les  modes  d'ob- 
servation, la  plupart  des  instruments,  sont  exposés  à  des  erreurs 
de  cette  nature.  Tels  sont  surtout  les  instruments  répétiteurs 
(t.  I,  ]).  106).  Nous  venons  de  voir  qu'il  en  est  de  même  des  gno- 
mons qui  donnaient,  aux  anciens  observateurs,  des  z  trop  petits  de 
tout  le  demi-diamètre  du  Soleil,  c'est-à-dire  de  16',  Cette  erreur 
disparaît  dans  la  détermination  de  m, 

11  est  facile  d'v  faire  concourir  des  observations  voisines  de  Té- 


ASTRONOMIE     SOLAIRE    DES    MODERNES.  35 

poque  du  solstice  au  moven  de  la  formule 

si  n  iî^  --  cot  o)  rot  o  ; 

mais  les  JR  du  Soleil  interviennent  alors,  et  elles  ne  seront 
exactement  connues  que  lorsque  nous  aurons  déterminé  la  position 
du  point  y.  Heureusement,  près  des  solstices,  VM  du  Soleil  est 
voisinedego^oude  270®;  sin^Rvaricdonc  alors  fort  peu,  et  une  pelile 
erreur  sur  cette  coordonnée  sera  presque  sans  influence  sur  ci>. 

Si  Ton  détermine  ainsi  (o  pendant  une  suite  d'années,  on  con- 
state que  cet  élément  n*est  pas  tout  à  fait  constant.  Il  diminue  peu 
H  peu  à  raison  de  48''  par  siècle,  et  présente  en  outre  une  petite 
oscillation  de  zh  9'',  fort  lente  en  vérité  puisque  la  période  est 
de   18  ^  ans.  Cette  dernière  est  un  phénomène  de  nulation. 


Détermination  du  point  7. 

L'origine  des  JR  étant  inconnue,  on  en  est  réduit  à  régler  la 
pendule  sidérale  sur  les  passages  au  méridien  de  quelque  brlle 
étoile  visible  de  jour  et  de  nuit,  de  Procyon,  par  exemple,  de  sorle 
qu'à  cet  instant  la  pendule  marque  o^'o'^o*.  On  n'observe  ainsi 
que  des  ascensions  droites  provisoires,  comptées  à  partir  du  méri- 
dien célesle  de  Procyon.  Nous  les  désignerons  par  {M), 

Si  a  représente  l'ascension  droite  inconnue  de  Procyon  (comptée 
il  partir  du  point  y),  au  passage  de  Procyon  la  pendule  sidérale  de- 
vrait manjuer  aet  non  o**o"*o'.  Ainsi,  lorsque  nous  aurons  déter- 
miné une  fois  pour  toutes  celte  inconnue  a,  il  suffira  de  l'ajouter  à 
toutes  les  indications  de  la  pendule  pour  avoir  l'heure  sidérale,  ou 
il  toutes  les  (.R)  provisoir(;s  des  astres  observés  pour  en  avoir  h.'s 
-fi.  En  d'autres  termes, 

JR       (.f\)   i   a. 

Or  VM  du  Soleil  peut  s'obtenir,  indépendamment  de  la  lunette* 
méridienne,  de  la  pendule  sidérale  et  de  rinconnue  a,  par  la  simph» 
mesure  d'un  8  du  Soleil,  et  cela  au  moyen  de  l'équation 

(  I  )  slnM  r-  col  co  col  0, 


'i6  LIVAE    PREMIER.    —    CHAPITRE    III. 

dans  laquelle  co  est  désormais  connu.  Si  donc,  au  moment  où  on 
observe  le  passage  du  Soleil  à  la  lunette  méridienne  pour  en  dé- 
terminer y{M)f  on  mesure  son  3  au  cercle  mural,  on  aura  immé- 
diatement a  par 

vij  par  suite,  on  aura  les  ascensions  droites  absolues  de  tous  les 
astres  observés,  en  ajoutant  cet  a  à  leurs  ascensions  droites  provi- 
soires. 

Le  meilleur  moyen  de  déterminer  exactement  celle  importante 
valeur  de  a  c'est  de  choisir  une  époque  de  Tannée  où  une  erreur 
donnée  sur  o  aitle  moins  d'influence  surT^it  conclue  par  (i).  Celte 
relation  donne 

(tA\         -  cotto  -.-..^ ; 

îsin^o  cos.-H 

par  conséquent  Tépocjuc  la  plus  favorable  est  celle  des  équinoxes. 
Alors  en  effet  sino  -  i ,  cos/R  -  .±  i,  et  comme  cot  (o  --  :i,3,  une 
erreur  de  i"sur  o  n'en  produira  qu'une  de  a", 3  ou  deo^ijS  sur  a. 
Remarquez  que,sicelleerreureslpositiv«»à  ré({uino\edepriii temps, 
elle  sera  négative  à  réquinoxc  (rautonine,  à  cause  <lu  eliangemenl 
de  signe  de  cos  A\.  11  \  aui*a  donc  tout  avantage  à  combiner  des  ob- 
servations faites  à  deu\  écjuiiioxes  oppo>(''s  :  la  nio\eniie  des  valeurs 
ainsi  obtenues  pour  a  sera  exc^nple  de  toute  errrur  constante  com- 
mise sur  les  0. 

Ici  encore  on  étendra  les  observations»  au  delà  des  époques  le> 
plus  favorables,  parce  (pi'aux  écpiinoxes  /^/o  \arie  fort  peu  et  que  son 
dénominateur  diffère  assez  peu  de  sa  valiMir  maximum  pendant  un 
mois  entier. 

Si  Ton  détermine  ain>i  <rannre  en  année  la  position  du  point  "' 
en  le  comparant,  par  rinterniédiaire  du  Soleil,  à  une  même  étoile 
telle  que  IVocyon,  on  trouve  ipu*  a,  as<*ension  droite  absolue  de 
Proevon,  n'e^l  pas  invariable.  VA\e  îiugniente  progressivement  de 
.V,'ji  ou  de  48'' par  an.  iVocvon  étant  une  étoile  lixe,  il  faut  bien  ad- 
mettre que  c'est  le  point  y  qui  se  déplace  ainsi  d'anné<»  en  année. 
Nous  verrons  <'n  effel,  dans  le  chapitre  delà  |)récession,  (pie  la  ligne 
des  pôles  est  animée  d'un  très  lent  mouvement  conique  autour  de 
Taxe  de  Téclipticpie,  en  vertu  duquel  la  Iraee  de  Técpiateur  mobile 
surTécliplique  fixe  rétrograde  de  jo",2  [)ar  an;  mais  nous  n'en  par- 


ASTRONOMIE    SOLAIRE    DES    MODERNES.  37 

Ions  ici  que  dans  le  but  d'établir  tout  à  Theure  une  distinction  im- 
portante entre  la  révolution  du  Soleil  par  rapport  à  un  point  fixe 
tel  que  Procyon,  et  sa  révolution  par  rapport  au  point  mobile  y. 


Détermination   simultanée  de   Tobliquité  et  du   point  vernal. 

Le  plan  de  l'écliptique  n'est  pas  absolument  fixe.  La  théorie  des 
perturbations  planétaires  permet  d^en  calculer  les  très  lents  dépla- 
cements séculaires  et  de  rapporter  les  coordonnées  des  astres  à 
Técliptique  d'une  certaine  époque  considérée  comme  fixe.  Il  reste 
pourtant  à  examiner  si,  après  avoir  tenu  compte  de  toutes  les  in- 
fluences extérieures,  le  Soleil  se  meut  dans  le  plan  de  cette  éclip- 
lique  sans  en  dévier  nulle  part  d'une  manière  sensible.  Soient  w'et 
a'  les  données  qui  déterminent  ce  plan  d'après  les  observations  des 
solstices  et  des  équinoxes.  Dans  le  cas  où  le  Soleil  s'en  écarterait, 
dans  les  positions  intermédiaires,  les  petits  écarts,  vus  de  la  Terre, 
seront  mesurés perpendiculairementà  ce  plan  par  le  complément  de 
la  coordonnée  p.  On  les  calculera  donc  par  la  formule 

cos^-.sin  (90°  -  -  ?), 

ou  simplement  90®  —  ^3,  c'est-à-dire  par 

cosw'cosS  —  sinco'  sin  0  sin[(ifl)  —  a']. 

Si  la  totalité  de  ces  écarts  était  imputable  à  Terreur  des  éléments 
adoptés  iù'  et  a',  ils  auraient  pour  expression 

—  (sina)'cos8-i-  cosa)'sin8  sin^){^h>  -}-sinto'sin5  cos  JR  â%, 

dco  et  ()a  étant  les  corrections  des  éléments  adoptés  (o'eta'.  En 
comparant  ces  termes  à  ceux  des  formules  précédentes  de  transfor- 
mation, on  voit  que  les  équations  de  condition  auront  la  forme 

90®  —  34-  cosL(}tt)  —  sinii)  sinLc^x  ru-  o. 

On  formerait  un  grand  nombre  d'équations  de  condition  de  ce 
genre  au  moyen  d'observations  prises  dans  toutes  les  régions  de 


18  LITBE    rBESICB.    —    CHtPITBE    III. 

Torbite  solaire:  en  les  traitant  paria  méthode  de  Legendre  on  ob- 
tiendrait les  valeurs  les  plus  probables  d<rs  corrections  dta  et  àx^ 
celles  qui  rédui««nt  au  minimum  la  somme  des  carrés  des  écarts 
c'Stimés  perpendiculairement  au  plan  de  l'êcliptique;  puis,  par 
substitution  dans  ces  équations  mêmes,  on  aurait  des  résidus  dont 
Texamen  |>ermettrait  de  décider  la  question.  L'examen  attentif  de 
ces  résidus  fpra  voir  que.  sauf  une  légère  oscillation  mensuelle 
d*nne  seconde,  de  part  et  d'autre  de  Técliptique.  dont  la  théorie  de 
la  Lune  nous  donnera  la  raison  et  la  loi,  il  n\  a  que  reflet  ordi- 
naire des  erreurs  fortuites  d'observation.  Et  ici  la  méthode  des 
moindres  carrés  est  pleinement  applicable,  les  conclusions  qu'on 
en  tire  ont  leur  pleine  |>ortée.  parce  que  nous  aurons  tenu  compte 
de  toutes  les  actions  extérieures  accessibles  à  la  théorie  et  appré- 
ciables par  robser\'ation.  Rien  n'est  donc  mieux  établi  que  cett<' 
conclusion  que  nous  formulerons  dans  le  langage  de  la  réalité  : 
l'orbite  que  la  Terre  décrit  annuellement  est  plane  et  son  plan 
passe  par  le  centre  du  Soleil.  Nous  avons  du  insister  longuement 
sur  cette  question,  une  des  plus  importantes  et  des  plus  délicate> 
de  TAstronomie. 

Déterminatioii  d'an  éqitinoxe. 

Supposons  qu*on  ait  fait,  à  Paris,  en  i88a,  les  observations  sui- 
vantes du  passage  du  Soleil  au  méridien  : 

ll««r«  «Morale  Difcrgf  —         DHiwce» 

k      ■      •  •  • 

Mars  19...     23.5i.3'j         yo.jsK.4  i.a  ,,   • 

r  o     /  ~   ^3.41,0 

21...       o.  i,b'k        99.11.20.2  o   /     c  ®»9 


22...       «».  6.3o        ^J-^Z -^Sif' 


23.4<».5 


L'équinoxe  aura  eu  lieu  au  moment  où  le  o  du  Soleil  a  été  juste 
de  90^.  \je  20  mars,  il  ne  s'en  fallait  que  de  S'i^^S  ou  de  3oi*,8. 
On  obtiendra  cet  instant  par  interpolation.  Comme  les  difl'érencen 
secondes  sont  très  petites,  nous  nous  contenterons  d'interpoler 
par  une  simple  règle  de  trois  entre  les  observations  du  20  et  du  ui. 
L'intervalle  est  de  i^3"38*  ou  de  86618*.  Pendant  ce  temps 
8  a  varié  de  ^y/^i'^ô^  ou  de  i4ai',6.  Cela  donne  1' de  variation 


A8TB0N01IIE    SOLAIRE    DES    MODERNES.  S9 

pour  60% 860  de  temps  écoulé.  On  aura  donc  pour  3oi",8, 
SoiyS  X  60% 86  =  5**6"*29*  sidérales  ou  5**5™49*  de  temps  solaire 
moyen.  Or  on  verra  plus  tard  que  Tobservation  du  20  a  été  faite  à 
o'*7™34'  de  temps  moyen.  En  ajoutant  Tintervalle  ci-dessus,  on  a 
S^ii'^ai*  pour  l'époque  de  Téquinoxe. 

Avec  quel  degré  d'exactitude  peut-on  compter  sur  ce  résultat? 
L'erreur  probable  d'une  distance  zénithale  du  Soleil  observée  au 
méridien,  par  suite  celle  d'un  0  étant  d'environ  ±:  1",  l'erreur  pro- 
bable de  i'équinoxc  sera  de  ±:6o%86  ou  d'environ  1™.  A  l'époque 
d'Hipparque  ou  de  Ptoléniée,  les  observations  relativement  gros- 
sières ne  pouvaient  donner  la  date  d'un  équinoxe  qu'à  quelques 
heures  près. 

Année  tropique. 

Si  l'on  a  déterminé,  en  deux  années  consécutives,  les  dates  de 
l'équinoxe  de  printemps,  leur  différence  donnera  la  durée  de  la 
révolution  du  Soleil  par  rapport  au  point  y,  c'est-à-dire  la  durée 
de  l'année  tropique.  L'erreur  probable  étant  de  1™  pour  chacune 

decesdéterminations,celledeleurdilférenceserade  i°*x  ^2=  i",4 
ou  de  84*'  Du  temps  de  Ptolémée,  l'incertitude  devait  être  de  bien 
près  d'un  quart  de  jour. 

Il  existe  un  moyen,  analogue  à  la  répétition,  d'atténuer  considé- 
rablement l'erreur  qui  affecterait  la  durée  de  l'année  tropique  si 
on  la  déterminait  ainsi  par  deux  équinoxes  consécutifs  :  c'est  de 
comparer  des  équinoxes  séparés  par  un  grand  nombre  d'années. 
En  remontant  aux  observations  de  Lacaille  et  de  Bradley,  presque 
aussi  précises  que  les  nôtres,  on  a  i3o  ans.  L'erreur  sera  encore  ici 
de  84*  sur  cette  durée  totale,  puisque  les  termes  extrêiàes  en  sont 
seuls  affectés;  mais  pour  en  déduire  la  longueur  de  l'année  il 
faudra  diviser  cette  durée  totale  par  i3o;  l'erreur,  divisée  aussi 
par  i3o,  se  réduira  à  o%6.  On  obtient  encore  mieux  si  l'on  fait 
intervenir  dans  ce  calcul  les  équinoxes  de  deux  groupes  d'années. 
Le  tableau  suivant  montre  avec  quelle  précision  on  a  réussi,  à  di- 
verses époques,  à  déterminer  cet  élément  capital  pour  l'institution 
du  calendrier  et  pour  toutes  les  sciences. 


4o  LITftE    FftEaiKB.    —    CHAriTSK   III. 


I    k     ■     t 

De  temps  immémorial  en  Chine 365.6.  o.  o 

—  i5o    Hipparque 365.5.55. i4 

-  880    Albalêgnias  I  arabe  ; 363. 5. 46. 3o 

i23o    le  roi  Alphonse  (de  CastiUe  > 365.5. 49. 16 

160a    Tycho  Brahê 365.5.48.46 

1758    Lacaille 365.5.48.49 

i8a8     Bessel 365.5.48.48 

i853     Han5en 365.5.48.46,1 5 

i858    Le  Verrier 365. 5. 48. 46,04s 

Nous  adopterons  le  dernier  nombre,  lequel  donne  365^,24^217. 
L^incertîtude  ne  porte  que  sur  le  dernier  chiflre,  et  ne  dépasse  peut- 
être  pas  une  unité  de  cet  ordre.  Nous  verrons  plus  loin  qu'il  a  été 
obtenu  par  un  procédé  bien  préférable  à  celui  que  nous  venons 
d'indiquer 

Jours  solaires  yrais  et  moyens. 

On  vient  de  voir  que  Tintervalle  de  deux  retours  consécutifs  du 
Soleil  au  méridien  était,  en  mars,  de  si4^  3"* 38* sidérales.  Cette  durée 
n^est  pas  tout  à  fait  constante,  car,  en  répétant  les  mêmes obser\'ations 
en  décembre,  on  trouve  24''4'*27*.  Elle  varie  un  peu,  entre  ces  lî- 
mites-là,  d'une  année  à  Tautre.  Mais  ces  petites  variations, 
fort  importantes  d'ailleurs,  car  elles  tiennent  en  partie  au  défaut 
d'uniformité  du  mouvement  du  Soleil  dans  son  orbite,  sont  pério- 
diques :  elles  se  reproduisent  chaque  année.  Elles  n'en  rendent  pas 
moins  le  jour  solaire  vrai  impropre  à  la  mesure  exacte  du  temps.  Il 
v  a  donc  lieu  de  le  remplacer  par  un  jour  solaire  nio\en.  qui  serait 
la  moyenne  de  tous  les  jours  d'une  même  année.  I^  durée  exacte  du 
jour  solaire  moyen  que  nous  prendrons  pour  unité  sera  donnée, 
comme  on  Ta  dit  déjà,  par  la  relation 

3«»6,aiaai7  jours  sidéraux  -  365, xj 22 17  jours  solaires  moyens. 

Par  suite, 

li  sol.  moy.    -  ai*   3" 56*, 555  de  temps  sidéral, 

ij  sidéral       -    23*56*   VyOgi  de  temps  solaire  moyen. 

AinM,  quand  on  a  besoin  d'introduire  dans  un  calcul  la  durée  de 


ASTRONOMIB    SOLAIRB    DES    MODERNES.  4l 

la  rotation  de  la  Terre,  exprimée  avec  Tunité  courante,  c'est-à-dire 
en  secondes  de  temps  moj^en,  il  faut  prendre  86 1 64%  091. 

La  durée  de  Tannée  tropique  n^est  pas  absolument  constante. 
Elle  subit,  par  le  fait  des  perturbations  diverses,  de  petites  fluctua- 
tions dont  Tamplitude  varie  entre  les  limites  fort  étroites  de  ±:  5o*. 
Mais  quand  on  détermine  Tannée,  comme  nous  venons  de  le  dire, 
par  un  laps  de  temps  considérable,  ces  inégalités  périodiques  s^an- 
nulent  d^elles-mémes  en  passant  plusieurs  fois  du  positif  au  négatif; 
la  durée  ainsi  obtenue  est  donc  exempte  de  ces  irrégularités. 

Cependant,  comme  le  mouvement  lentement  rétrograde  du 
point  Y  est  de  la  forme  at  +  bt^^  b  étant  excessivement  petit,  mais 
non  pas  nul,  on  ne  peut  pas  le  considérer  comme  absolument 
uniforme. L'année  tropique  varie  donc  quelquepeu,  dans  la  suite  des 
siècles.  Nous  verrons,  au  chapitre  de  la  précession,  qu'elle  était,  au 
temps  d'Hipparque,  plus  longue  de  1 1"  que  de  nos  jours.  La  durée 
du  jour  solaire  moyen  pris  pour  unité  est  constante,  en  supposant 
du  moins  que  la  rotation  lerreslre  le  soit  elle-même. 


Année  sidérale. 

Si  Ton  défalque,  de  Tannée  tropique,  Teffetdu  petit  mouvement 
rétrograde  du  point  y,  on  aura  la  durée  véritable  de  la  révolution 
du  Soleil;  et  comme  c'est  celle  que  Ton  trouverait  si  Ton  prenait  une 
étoile  au  lieu  du  point  y  pour  origine  des  longitudes,  on  lui  donne 
le  nom  à!  année  stellaire  ou  sidérale  y  ce  qui  ne  veut  pas  dire  qu'elle 
soit  exprimée  en  jours  sidéraux. 

Un  des  plus  importants  caractères  de  noire  s}'stème,  c'est  assuré- 
ment la  constance,  Tinvariabilité  absolue  de  la  durée  des  révolu- 
lions  des  planètes  autour  du  Soleil  (').  L'année  sidérale,  durée  de 


(';  Cela  ne  veut  pas  dire  que  d'une  année  à  l'autre  il  n'y  ait  pas  de  petites  va- 
riations dans  cette  durée.  iMais  ces  variations  sont  purement  périodiques  et  ne 
contiennent  dans  leur  expression  aucun  terme  proportionnel  au  temps.  Elles  ne 
vont  donc  pas  en  s'accumulant  avec  le  temps;  elles  se  compensent  au  bout  d'un 
nombre  d'années  restreint,  en  sorte  que,  si  Ton  déterminait  cette  durée  par  quelques 
siècles  d'observations  faites  il  y  a  5ooo  ans,  on  trouverait  exactement  le  même  ré- 
sultat qu'aujourd'hui.  Autrement  dit,  l'année  sidérale  n'a  pas  d'inégalités  séculaires, 
mais  de  simples  inégalités  périodiques,  qui  alTectcnt  aussi  l'année  tropique. 


i'A  LIVBE    PBEUIER.    —    CHAPITRE    III. 

la  révolution  de  la  Terre,  participe  à  cette  invariabilité.  Si  Ton  dé- 
signe par  p  la  vitesse  diurne  (rétrograde)  du  pointy, pir      n  la 

vitesse  (directe)  du  Soleil  par  rapport  à  ce  point,  n  — p  sera    la 

36o* 

vitesse  réelle  de  cet  astre,  et sera  la  durée  de  sa  révolution 

n-p 


sidérale.  On  trouve  ainsi,  en  faisant />  -  -  :t- 


DO''  ,211 


36.") .  2  |2 

Hcvoluti(»n  sidérale       565^2 •>f)36X. 

Cette  durée  intentent  dans  la  troisième  loi  de  Kepler  dont  nou> 
aurons  à  nous  occuper  au  Livre  II.  Elle  n*a  aucun  rapport  avec  les 
saisons  dont  la  période  est  Tannée  tropique. 


»•••< 


LES    DEUX    PREMIÈRES    LOIS  DE    KEPLER.  43 


CHAPITRE  IV. 


LES  DEUX  PREMIÈRES  LOIS  DE  KEPLER. 


*—* 


Étude  du  mouvement  du  Soleil  dans  son  orbite. 

Il  est  aisé,  désormais,  de  transformer  les  coordonnéesifV  du  Soleil^ 
observées  au  méridien,  en  coordonnées  écliptiquesL,  et  de  comparer 
les  longitudes  ainsi  déterminées  avec  la  théorie  des  anciens.  On  re- 
connaît alors  que  leur  formule,  L  =  L©  H-/i/  -+- 1  °  36°sin  (Lo  -f-  nt — m), 
de  la  p.  24,  basée  sur  Thypothèse  de  Texcentrique,  s'accorde  assez 
bien  avec  Inobservation;  mais  il  n'en  est  plus  de  même  de  la 
seconde 

r  I         ,_  ,  r  I 

—  ^=1 — r-cos(Lo-f-ii^     -ro)      ou       -  -^  I  —  Tr-C0S//l. 

a  60        ^  a  60 

Les  passages  du  Soleil  au  méridien  nous  font  connaître  chaque 
jour  le  diamètre  apparent  de  cet  astre  et  nous  apprennent  qu'il 
varie,  dans  le  cours  de  chaque  année,  entre  les  extrêmes 

3i' 28"  fin  juin     et     82' Sa"  fin  décembre. 

La  distance  du  Soleil  à  la  Terre  ou  le  rayon  vecteur  variant,  à 
très  peu  près,  en  raison  inverse  de  ces  diamètres  apparents,  les 
rayons  vecteurs  restent  compris  entre  les  extrêmes 

I ^!_       Pf        I  -4  .  JL 

'  60        *^'         *  ^      60* 

Cette  variation  de  ^  n'est  que  la  moitié  de  celle  qu'exigerait  la 
théorie  des  anciens;  celle-ci  est  donc  fausse. 

On  concilierait  tout,  à  ce  qu'il  semble,  en  écrivant 

h— -ho -{-  nt  -\-  2e s'in m, 

r 

-  —\  —  ecos//? 

a 


44  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    IV. 

et  en  faisant  e  =  ^;  mais  alors  la  courbe  décrite  par  le  Soleil  ne 
serait  plus  un  cercle  :  ce  serait  une  sorte  d'ovale,  dans  lequel  la 
Terre  occuperait  une  position  excentrique  ('). 

Kepler,  après  une  étude  approfondie  de  ces  discordances  entre 
la  théorie  ancienne  et  les  meilleures  observations  de  son  temps, 
celles  du  célèbre  astronome  danois  Tvcho-Brahé,  pensa  que  cette 
courbe  pourrait  bien  être  une  ellipse  dont  la  Terre  occuperaîl  un 
foyer.  On  aurait  alors 

r  I  —  e' 

a        I  -i-  erosf 

a  étant  le  demi-grand  axe  (moyenne  distance  du  Soleil  à  la  Terre), 
e  Texcentricité,  ç  la  longitude  comptée  à  partir  du  périgée. 

Les  rayons  extrêmes  seraient  encore  i  —  e  ei  i  -\-  e,  et,  d'après 
ce  qui  précède,  e  serait  de  '^^,  L'angle  v  devant  être  nul  lorsque  le 
rayon  vecteur  est  i  —  e,  cet  angle  serait  L  —  tît,  m  désignant  ici, 
comme  dans  la  théorie  des  anciens,  la  longitude  du  point  de  For- 
bite  le  plus  voisin  de  la  Terre,  c'est-à-dire  du  périgée. 

Par  cette  seule  supposition  d'une  orbite  elliptique,  Kepler  rom- 
pait hardiment  avec  les  idées  des  Grecs,  des  Arabes,  des  Copcr- 
niciens  même,  car  tous  étaient  convaincus  qu'un  astre  ne  saurait 
se  mouvoir  autrement  que  sur  un  cercle  et  d'un  mouvement  uni- 
forme. 

Mais  cela  ne  suffisait  pas;  pour  être  en  étal  de  vérifier  cette 
conjecluie,  c'est-à-dire  de  suivre  le  Soleil  sur  celte  ellipse  et  d'v 
calculer  son  mouvement,  il  fallait  encore  une  relation  entre  le 
temps  et  l'une  des  coordonnées  v  ou  /*.  Cette  relation,  les  an- 
ciens la  trouvaient  dans  l'hypothèse  de  l'uniformité;  celle-ci 
donnait  immédiatement  la  longitude  moxenne  parLo-h/'^;  ils 
n'avaient  plus  qu'à  déduire  L  de  celte  longitude  moyenne  par  la 
formuhî  de  l'excentrique.  Kepler  chercha  donc  dans  le  mouve- 
ment elliptique  quelque  chose  (runifornie,  un  élément  qui  variât 
proportionnellement  au  temps.  Ce  n'était  certes  pas  l'angle  i*,  car 

aux  deux  époques  où      — ^  i     -  /'  et      .  ^  i    t-  e,  c'est-à-dire  au  pé- 


(•)  Ot  cxix)S«;  de  la  découvcrlo  <h*  la  première  loi  de  Kepler  n'est  que  provisoire. 
Nouh  le  rcrliricrons  dans  le  livre  II. 


LES    DEUX    PREMIÈRES    LOIS    DE    KEPLER.  4^ 

rigée  et  à  Tapogée,  Tobservalion  donne  : 

Anfl«  ptrconra 
en  un  Jour. 

Fin  décembre 6i'>  i4 

Fin  juin ^7',  i8 

Ce  n^étaît  pas  non  plus  la  vitesse  linéaire,  car,  en   la   calculant 

comme  dans  des  cercles  de  rayons  i  —  jô  ^*^  '  +  b^»  ^"  devrait 
avoir 

57,18  ""  I  — êV     ^9' 

ce  qui  est  faux,  car  le  premier  rapport  est  i  ,069;  lesecondest  i.o34. 
Mais  le  simple  aspect  de  ces  deux  nombres  montre  que  le  premier 
est  sensiblement  le  carré  du  second,  car  0,069  est  à  peu  près  le 
double  de  o,o34*  S'il  en  était  ainsi  partout,  r^à^*  ou  le  double  de 
l'aire  parcourue  dans  un  très  petit  intervalle  de  temps  (c'est  ici  un 
jour)  serait  constant;  autrement  dit,  les  aires  décrites  danslVllipse 
croitraientproportionnellement  au  temps.  Voyons  donc  si  cette  con- 
stance se  vérifie  ailleurs  qu'aux  deux  bouts  du  grand  axe.  Nous  pren- 
di'ons  pour  cela  les  longitudes  observées  de  jour  en  jour,  et  nous 
formerons  le  Tableau  de  leurs  variations  pour  un  jour,  d'un  bout  à 
Taulrc  de  Tannée;  puis  nous  mettrons  en  regard  les  rayons  vecteurs 

calculés  par  -  --= >  en  faisant  c  -^  r^  cl  i^  ^^h  —  w. 

^        a  I  -r-6'COSt^  "" 

AnKie  parruiiru 
Date*.  en  un  jour.  Ra}un  v(>cl«ur.         Aire  décrite. 

O  f  f 

Janvier           i i .   i .  1 1  0,9833  0,00860 

Mars             27. o.5g.27  0,9972  0,00860 

Juin              20 0.57.14  1,0164  0,00860 

Septembre  18 0.59.  o  1,0012  0,00860 

Octobre        18 0.59.  jo  0,9916  0,00860 

Novembre    18 i.  o.|9  0,9862  0,00860 

Ce  calcul  n'est  pas  tout  à  fait  rigoureux,  car  nous  avons  traité 
des  aires  elliptiques  finies  comme  des  secteurs  circulaires;  mais  il 
nnontre  que  dans  le  mouvement  elliptique  du  Soleil  on  doit  avoir 

^C  étant  une  constante  qui  exprime  la  surface  décrite  par  le  rayon 


46  LIVRE    PREMIER.    —   CHAPITRE    IV. 

vecteur  dans  l'unité  de  temps.  Sa  valeur  est  évidemment 


aire  totale  de  l'ellipse  T.à^\/i  —  e* 

T  ~  T  ' 

ou,  en  introduisant  Tantique  notation  -=-  =  ^h 

{r^(fv  -    irt*y  1  -     e^neit. 

Telle  est  l'équation  que  Kepler  a  eue  à  intégrer  à  une  époque  où 
le  Calcul  intégral  n'existait  pas. 

Voici  comment  on  le  ferait  aujourd'hui.  De  l'équation  de  IVUîpsc 
on  tire 


,         rrd  —  e^)  rir 
av  -  —     .      —  -    y 


et  comme 


Miii-T^i,  r' — I  —    - —      -Il         - —       -\o^e^ — {a       /•  r, 


Téquation  différcnlielle  se  réduit  à 


a^ndt. 


\  a^c- —  {a  —  /•)* 
i*our  faire  disparaître  le  radical ^  posons 

d'où 

/•  f/r       (  (t       (te  co<  //  )  ac  >i  n  //  du. 

L'équation  devient  alors 

(i       ecosu)du       ndty 
ne  sin//       /i/. 


dont  l'intégrale  e>t 


la  constante  étant  nulle  si  Ton  compte  le  temps  t  à  partir  de  Tépoquc 
où  le  Soleil  avait  a  —  ac  pour  rayon  vecteur  (passage  au  pé- 
rigée]. 

Kepler  a  obtenu  cette  intégrale  géométriquement  à  Taidc  des 
propriétés  drs  coniques  découvertes  et  démontrées  par  les  géomèlr<»s 
grecs. 


LES    DEUX    PREMIBRES    LOIS    DE    KEPLER. 


47 


Problème  de  Kepler. 

A  la  date  t,   comptée  du  passage  au  périgée,  troui^er  les 
coordonnées  du  Soleil. 


On  calcule  d'abonl  Faire  ^a'^^  i  ~  -  e'^nt  décrite  par  le  rayon  vec- 
teur pendant  le  temps  /,  et  le  problème  se  trouve  ramené  à 
celui-ci  : 

Étant  donnée,  dans  U ellipse  ci-jointe,  Caire  du  secteur  PTS, 
en  déduire  C angle  en  T  et  le  rayon  TS. 

Fig.  i3. 


Considérons  Tellipse  comme  la  projection  d'un  cercle  décrit  sur 
le  grand  axe  PA  comme  diamètre  et  ayant  pour  inclinaison  sur  le 

plan  de  la  figure  un  angle  ç  dont  le  cosinus  =     r-  y/ 1  —  e-  ;    puis 

rabattons  ce  cercle  sur  le  plan  de  la  figure.  En  menant  SS'  perpen- 
diculaire àPA,  S'  est  le  point  du  cercle  dont  la  projection  est  S,  cl 
le  secteur  elliptique  PTS,  projection  du  secteur  circulaire  PÏS', 

sera  égal  à  PTS'  y/i  —  e*-*.  Or,  en  menant  le  rayon  CS'  et  en  nom- 
mant u  TanglePCS',  on  a 

PTS' ^'^  PCS' -  TCS' -:z,  1  a^ u  --^{a^eûnu. 


Donc  le  secteur  elliptique  PTS^=(^rt*/^  —  \;a'^  e  s\n  u)  \/ \  —  e'^, 
Egalant  cette  expression  à  la  valeur  déjà  calculée  de  Taire,  il 
vient 


(\à^u  —  |a'esinw)y/i  —  e^  —  }«'v  '  — ^*^^» 


c'est-à-dire 


u  —  e  sin  u  r^  nt. 


48  LIVRE    PREMIER.    —   CHAPITRE    IV. 

On  en  tire  u,  puis  de  u  on  déduit  -  par 

r 

--  ^=  I  —  ecosi/, 

a 

et  enfin  de  -  on  déduit  v  par  Téquation  de  l'ellipse. 

Ce  dernier  calcul  se  fera  plus  sûrement  de  la  manière  suivante. 
Puisque 


I  — e' 


on  déduit  de  là 


a        i  -\-e  ces  (' 

e  -+-  cos  ( 


=:  I  —  ecosM, 


cos  u  ^=z 


I  -h  pcosr 


Formez  i  —  cosu,  i  -}-  cosw,  et  divisez  les  deux  expressions  membre 

il  membre,  il  vient 

I  —  c 
tanj:*!  //  =1 tanc*ir, 

«Toii  Ton  tirera  v,  La  longitude  s'en  dédiiil  par 

L  -=  r  H-  Ts. 

L'angle  v  porte  le  nom  iïanonuiNe  vraie. 
L'angle  u  est  Vanomalù*  excentrique.. 

L'angle  ni  ^=  ni  est  Wtnonialie  moyenne  (  '  ).  Mais  celle  dernière 
n'est  pas  représentée  sur  la  figure  par  un  angle.  Son  produit  par 

7i<i'^\  V  —  e'^  donne  la  surface  du   secteur  a>ant  r  pour  angle.   Il 
faut,  à  ce  point  de  vue,  exprimer  n  en  parties  du  rayon,  et,  dans  son 

expression  -7=-?   remplacer  o.t.   par  6,a8...    et   non  par  3^)0**  ou 

I  Q^fiooo". 

(^i<'sdeux  premières  lois  de  Kepler  sont  générales;  elles  doivent 
rire  énoncées  ainsi  : 

i"  Toute  planète  décrit  autour  du  Soleil  une  ellipse  dont  ic 
centre  du  Soleil  occupe  un  foyer, 

2"  Dans  cette  ellipse  les  aires  décrites  par  le  rayon  vecteur 
croissent  proportionnellement  aux  temps. 


(')  Si  le  lem|>»  t  est  romploà  partir  de  IVpoquc  du  passdge  du  Soleil  au  périgée; 
autrenient  il  faudrait  rrrirc  m    -  I.#   -  nt  -  a. 


LES   DEUX    PREMIERES    LOIS    DE    KEPLER. 


49 


Elles  ont  été  découvertes  expérimentalement  au  commencement 
du  xvii*^  siècle;  leur  démonstration  résulte  de  leur  accord  constant 
avec  les  observations  dans  toute  l'étendue  du  système  solaire.  Pour 
le  Soleil  en  particulier,  elles  représentent  non  seulement  les  lon- 
gitudes  observées,  mais  aussi  les  rayons  vecteurs  tels  qu'ils  résultent 
des  diamètres  apparents.  Il  ne  s'agit  plus  de  pures  hypothèses 
comme  l'excentrique  des  anciens  :  ce  sont  des  lois  de  la  nature. 
Mais,  pour  Kepler,  leur  sens  était  purement  géométrique;  leur 
interprétation  mécanique,  dont  nous  nous  occuperons  plus  loin, 
n'a  été  connue  que  bien  des  années  après  ce  grand  astronome. 

Voici  un  exemple  numérique  :  On  demande  les  coordonnées 
héliocentriques  ^  et  r  de  la  comète  de  ^^  ans^  9.00  jours  après 
son  passage  au  périhélie. 

Le  demi-grand  axe  est  3,854,  l'excentricité  0,549,  '^  longitude 
du  périhélie  5o°49'?  I21  durée  de  la  révolution  7, 566  années. 


Résolution  de  V équation 
w  —  esina  —  m. 


5-, 566 0,87887 

6365,25 2,56260 

«T hmî 

»|2r 6,11261 

*>Çn 2,67114 

Voçîoo 2,60206 

^Sw 5,27320 

* 187670' 


m  =  5a»  8' 


loK«-^ 9'7%57 

u  r-.  83» 

M  =  83»2l' 

log  206265"..    5,.3i^'|3 

logsini/.. . 

y'99^75 

9.997 'O 

loge  en  sec.    5,o5|Oo 

loge 

5,o5^oo 
5,05075 

5,05^00 

c-  113240" 

5,o5iio 

ou  environ  3i» 

Nombre. . . 

112400' 

* 

I 1 2490 

es\nu 

3i«»i3' 

3i»i5' 

Valeur  approchée 

m 

2"  val.  de  a. 

52.  8 

52.  8 

de  a...     52»-i-3i'»r_  83* 

83.21 

83.23 

val.déûnit. 

Calcul  de  r. 

logcosc/ 9,o6i55 

log^ 9  >  739^7 

8,80113 

Nombre o,  06326 

r 
a 


Calcul  de  vit  de  i^. 


log(i   '  e) 

log(i  —  e) 


o, 1900J 
0.65'|i8 
0,53587 


0,93674 


iog£ 


9»97»^2 

loga 0,58591 

logr 0,55753 

r 3, 610a 


II. 


^*^s^7^-  0,2679', 

loglanglii.  ..  9,94974 

logtang^i' 0,21768 

{^ 5847.5 

V  I I 7 . 35 

o 5o.49 

J^ 168. 2i 


4 


I 

1 


5o  LIVRE    PREMIER.    —    CHAPITRE    IV. 

Le  calcul  de  u  exige  un  tâtonnement.  Le  facteur  e  en  secondes 
étant  de  près  de  3 1°,  et  l'angle  m  —  e  sîn  w  devant  être  peu  éloigné 
de  90",  on  prendra  pour  première  valeur  approchée  5a**  -h  3 1**  =  83". 
Avec  cette  valeur  on  calcule  e  sin  u  ;  la  deuxième  approximation  est 

m  -\-eûi\Uy     ou     52<»8'-i- 3i"i3' —  83"ai'. 

Avec  cette  deuxième  valeur  bien  plus  approchée  on  recommence  le 
calcul  et  Ton  obtient  83®  23'.  Inutile  d'aller  plus  loin,  on  retom- 
berait sur  le  même  résultat. 

Il  est  aisé  de  se  rendre  compte  de  la  rapide  convergence  de  ces 
approximations.  En  différentiant  l'équation,  on  voit  que 

,               dm 
au  r—  , 


I  —  e  ros// 


ou  à  peu  près  du  -- -  dm  si  e  cos;/  est  très  petit,  comme  c'est  ici  Ir 
cas.  Faire,  dans  le  premier  essai,  //r-83",  c'est  attribuera  m  la  \^'' 
leur  83°  — Si'^iS'r-.  5i°47',  au  lieu  de  52"8'.  L'erreur  dm  éunl 
de  ai',  il  faut  faire  du^r^  ii'  et  essayer  83**  -^21'. 

Développement  en  série  de  la  longitude  et  du  rayon  vecteur. 

(^uand  rexceniricité  est  petilo,  comme  elle  Test  réellement  ilann 
tontes  les  orbites  planétaires,  il  est  utile  d'intégrer  Téquation  dif- 
férentielle relative  aux  aires  en  série  procédant  suivant  les  puis- 
sances croissante's  de  e,  Heniplaçons  /•  par  sa  valeur  dans  celle 
équation,  eu  écrivant  L  -  -  rj  pour  e  et  dL,  pour  ds^  : 

(1)       r/l. -.(1  — c')    *[i       Uf'cos(!.-   BT)  ^-t'»eos*(!.     -  nr)]/!^//. 

Si  l'on  néglige  Cy  elle  se  réduit  a  d\j  -  -  ndty  dont  l'intégrale  est 

L    -  Lo"i-  ^^^  Lo  désignant  une  constante  arbitraire.  C'est  la  for- 
mule des  premiers  astronomes. 

Pour  la  seconde  approximation,  portons  cette  valeur  de  L  dans 
(i),  en  tenant  compte  celte  fois  du  terme  en  e  : 

r/L  -[i  -i-  2ecos(Lo  —  ni  —  w)]  ndi, 


LES  DEUX  PREMIÈRES  LOIS  DE  KEPLER.  5l 

dont  rintégrale  est 

L  =::  Lq-H  «/  4-  ae  sin(Lo-i-  nt  —  m). 

C'est  la  formule  des  astronomes  grecs,  sauf  le  facteur  a.  Portons 

enfin  cette  deuxième  valeur  dans  (i),  développons  (i  —  e^)' '^  et 
effectuons  les  opérations  en  négligeant  les  ternies  qui  contien- 
draient des  puissances  de  ^supérieures  à  la  deuxième.  L*équation(i) 
deviendra  y  en  écrivant,  pour  abréger,  -(^o  -f-  ^^^  —  xs  =  m, 

f/L  r=  [i  -f-  |e*-i-  2ecos(/w  -\-  2esinm)  -\-  e*  ces* (m  -f-  2esïnm)]dm. 

On  peut  y  remplacer  cos(2esinm)  par  i  et  sin(ae  sinm)  par 
^esinm  sans  sortir  des  limites  d'approximation  ci-dessus  ('). 
En  outre,  sin^m  et  cos^m  devront  être  remplacés  par  ^  —  ^  cos  a//{ 
et  ^  -7-  ^cosam.  On  a  ainsi 

dL-—{i-\-2e  cos  m  -h  |  e'  ces  2  m  )  dm , 

dont  l'intégrale  est 

L  =:  Lo -i-  /i/  4-  2esinm  h-  f  e*  sin2//i. 

Les  calculs  deviennent  de  plus  en  plus  compliqués  lorsqu'on  tient 
compte  de  e',  puis  de  e*', ....  On  aurait  ainsi 

Lin  Lo-f-  w^  4-  Aisinm  -i-  As$iii2/72  -  -  AasinSm  -h  .  .  . , 

Voici  les  valeurs  de  ces  coefficients  : 


e\*  29,  / e^  ' 


2  ■ 


3  U 


m 


*•-  3o    Va/        ■■■* 


I03/£\» 

6    [2 


(»)  Car  3  e  COS  (aesin  m),  par  exemple,  est  égal  à  2c  (i—  }:  4«'  sio'  m  -4-  . . .);  le 
second  terme  du  développement  aurait  donc  pour  facteur  e*. 


5!2  LIVftE    PftEVIEft.    —    CHAPITBE    1T. 

Sous  cette  forme,  la  longitude  L  du  Soleil  se  compose  de  deux 
parties,  comme  chez  les  anciens  : 

La  Ion *!iiufle  moyenne  1^ — /i/ croissant  proportionnellement 
au  temps: 

VS équation  du  centre  A|sinm  . . .,  comprenant  les  termes  pé- 
riodiques. 

En   second   li«'u,   pour  le  dê>eloppement  de  -  =i  —  <*cos//,  u 

étant  donné  |>ar  u  =  m  —  e  sinf/,  nous  appliquerons  une  méthode 
due  à  Lagrange. 

Soit,  en  général, à  développer  une  fonction  F(#/  .,  a  étant  donné 
en  fonction  de  la  variable  indépendante  m  |>ar  #/  =:  m  -r-  cfi^u)  ;  on 
aura 

F 1 1/  ï  ^^  F ^^ //i ^  —  eV \  m  \/\  m  » 

f/\  Fi  ni  •  f^  ni  I    I  <**      //*|  F*  \ni^f\  m  \\ 


#-* 


I .» 


(Ini  \  ,'À.S  iini' 


Ici  c'est  co<#/  qu'il  s'agit  de  dévelop|H^r:  posons  donc 

F .  m  •  -—  cos  m,     V yni  \^r  —  sin  //i.     f\ m  \  -=  sin m, 

VdT  conséquent. 

.   ,         .     «*    ^/>in'//i  e'      r/^ sin* /Il 

co-^u  — -  t***<in  —  c  *iii-/M  — , i  — -z — - — 

1 . 2       dm  \  ,1.6      am* 

Or  on  sait   que 

2-iii'/?i—   —  co<2m  —-  I, 
,//Mn» /Il 

2-  z =:  —    3cos3/ll  —  OCOS/ll, 

ttm 


tP<in^m 
lim- 


f 


2COS4/II  —  3  CCS  3 /Il  y 


Par  ces  substitutions  on  obtiendra  finalement 


r  e' 


-  —  1- B.cos/ii  —  B,cosa/ii  —  ..., 

a  2 


en  posant 


LE9    DEUX    PREMIÈRES    LOIS    DE    KEPLER.  53 


u  3    «        4'^    - 


B.-:  iev 


•      • 


» 


B"—  -e^— 

I5i.2* 


Correction  des  éléments  de  Torbite  solaire. 

Ces  éléments  sont  connus  depuis  longtemps;  la  question  se  ré- 
duit à  déterminer  les  très  petites  corrections  dont  ils  auraient  besoin 
pour  représenter  le  mieux  possible  une  longue  suite  d'obser- 
vations récentes.  Diflerentions  l'expression  précédente  de  la 
longitude  par  rapport  à  /?,  L©,  e^  m,  en  remarquant  que 
/?ï  =  Lq-î-  w^  —  nj  : 

dLr=:z  (i  -h  2  6  cos/7i)(rfLo-f-  td/i)  -h  2  sîn  mde —  2ecosmdm, 

Nous  considérerons  rfL  comme  l'écart  entre  la  longitude  calculée 
et  la  longitude  observée,  et,  en  désignant  par  d  des  variations  très 
petites  dont  les  puissances  supérieures  sont  négligeables,  on  écrira, 
pour  chaque  observation  comparée  à  la  théorie,  une  équation  de 
condition  de  la  forme 

long.  obs.  —  long.  cale.  =  dL  1=  ( i  -f-  2 ^ ces ni){ ôLq -\-  tdn) 

-h  2esinnide  —  2e  cosmos. 

L'excentricité  étant  très  petite,  toutes  les  observations  auront  à 
peu  près  même  valeur  pour  déterminer  t^L©;  quant  à  dn,  il  faut 
employer  les  observations  les  plus  distantes,  celles  où  le  coeffi- 
cient t  aura  des  valeurs  très  différentes;  de  est  le  mieux  déterminé 
lorsque  m  =  90"  ou  270%  dm  quand  m  =  a**ou  180®. 


54  LlVftB    PftEVIEft.    —   CHAPITftB    IT. 

Voici  les  délerminalions  les  plus  récentes,  celles  de  Le  Verrier: 

Époque  :  i''  janvier  i85o,  à  midi,  temps  mojeD  de  Paris. 
Lo  -  a8o*  |6'  4  \\ 
w     -  280*21' 2a', 
e     -    0,0167701, 
n         >9'8'.3ii3. . .     d'où     T  —  Î6>i, 2422 166. 

Comme  les  données  employées  dans  ces  calculs  sont  comprises 
entre  1760  et  i858,  n  se  trouve  déterminé  par  un  laps  de  temps  de 
plus  d*un  siècle  et  par  près  de   10 000  observations  méridiennes 
du  Soleil.  C*est  de  ce  moven  mouvement,  et  non  de  robser\*ation 
de  deux  équinoxes,  que  Ton  déduit  Tannée  tropique  par  la  for- 
36o» 


mu 


le  T  z_- 


n 
En  comparant  la  valeur  de  ts  en  i85o  avec  celle  qu'Hipparque 
lui  assignait  2000  ans  auparavant,  c*e$t-à-dire  ^^i^Zo',  on  voit  que 
le  périgée  P  de  Torbite  solaire  n*est  pas  fixe;  il  a  marché  dans  le 
sens  direct  de  i^^^Si'.  La  théorie  de  l'attraction  et  les  obser\'ations 
modernes  montrent  que  ce  mouvement  est  uniforme,  et  qu*il  doit 
être  réduit  pouraoooansà  33^56'.  A  ce  compte  la  longitude  du 
périfrée  doit  être  écrite  ainsi,  pour  la  date  /, 

m  _  ^8o*2i  22'  -  6i '.080 (/— 1800) 

/  étant  exprimé  en  années. 


INSTITUTIO:<r    DU    TEMPS    MOYEN.  —  TABLES    DU    SOLEIL.  5S 


CHAPITRE  V. 


INSTITUTION  DU  TEMPS  MOYEN.  TABLES  DU  SOLEIL, 


11  s'a^t  de  substituer  au  Soleil,  dont  les  mouvements  manquent 
d*uniformitéy  un  soleil  fictif  qui  s'en  écarte  le  moins  possible  et  dont 
Tascension  droite  varie  proportionnellement  au  temps.  La  rotation 
du  globe  terrestre  étant  parfaitement  uniforme,  les  passages  suc- 
cessifs au  méridien  d'un  point  pareil,  débarrassé  de  toutes  les  pe- 
tites inégalités  de  l'ascension  droite  du  Soleil  \Tai,  s'opéreront  à 
des  intervalles  parfaitement  égaux;  ils  constitueront  donc  une  di- 
vision régulière  du  temps  différant  fort  peu  de  la  division  natu- 
relle, mais  inégale,  que  nous  offre  le  Soleil  vrai. 

L'ascension  droite  du  Soleil  a  pour  expression 

tangiR  r- coso)  tangL. 

La  différence  JR,  —  L,  développée  en  série  par  la  formule  de  la 
page  71  du  tome  I,  sera 

JR  —  L  "-  —  tang^^wsinsL  4-  Jtang^Jco  sin4L  — . . . . 

C'est  la  réduction  à  l'équateur.  D'autre  part, 

L  i^  Lq  -+-  Ht  H-  A,  sin  m  -h  Aj  sin  2  w  4- .  .  . , 

<*xpression  dont  les  termes  périodiques  constituent,  comme 
nous  venons  de  le  voir,  l'équation  du  centre;  Lq  +  nt  est  la  longi- 
tude moyenne.  Par  conséquent  (  '  ), 

M  =z  longitude  moyenne  4-  équation  du  centre  -f-  réd.  à  Téquateur. 

^^— ^  II—  I    ■■■■      ■        ■-  ■       ■  ■  — — • —  ■  -  —I  ■  a^^^.^»!       ■       M 

(')  Pour  compléter  cette  expression,  il  faudrait  y  joindre  les  très  petits  elTets 
de  la  nutation  et  des  perturbations  dont  nous  faisons  abstraction  pour  le  moment. 
Quant  à  la  précession,  elle  est  comprise  dans  la  valeur  de  n. 


56  LIVRE    PREMIER.  —   CHAPITRE    T. 

■ 

La  longilude  moyenne  varie  bien  proporlîonnellement  au  temps^ 
mais  non  les  deux  autres  parties  :  les  jours  solaires  vrais  ne  sau- 
raient donc  être  égaux  et  n'ont  pu  ser\'ir  de  mesure  au  temps  qu'à 
une  époque  où  Ton  sentait  peu  le  prix  de  l'exactitude. 

Mais,  comme  ces  termes  périodiques  restent  toujours  compris 
entre  d'étroites  limites,  il  n'y  a  qu'à  les  sacrifier,  à  réduire  TA  du 
Soleil  à  la  première  partie,  de  beaucoupla  plus  considérable,  L^  —  w/, 
pour  avoir  un  mobile  parfaitement  propre  à  la  mesure  du  temps. 

Les  termes  périodiques  élant  tantôt  positifs,  tantôt  négatifs  el 
repassant  chaque  année  par  les  mêmes  valeurs,  la  différence  va- 
riable entre  le  temps  solaire  vrai  et  le  temps  solaire  fictif  ou  moyen 
sera  toujours  très  petite;  elle  s'annulera  même  quatre  fois  dans  le 
cours  de  chaque  année. 

D'après  cela,  le  jour  moyen  sera  l'intervalle  constant  de  deux  re- 
tours consécutifs  au  méridien  d'un  Soleil  ayant  Lo  -h  nt  pour 
ascension  droite,  et  les  heures  moyennes  seront  les  angles  horaire» 
de  ce  Soleil  fictif  exprimés  en  temps,  à  raison  de  24^  pour  36o*. 

Ijà.  correspondance  entre  le  temps  moyen,  le  temps  vrai  et  le 
temps  sidéral  résultera  de  ce  que  la  pendule  sidérale  devra  marquer  : 

\u  passade  méri<l.  <hi  St»Ieil  moyen.. . .     Lu    -  w'. 

Au  passage  niêrid.  du  Soleil  vrai L©    -  /i/  -  -  êq.  centre  -  -  réd.  à  l'cq. 

De  même,  si  nous  prenons  une  pendule  réglée  sur  le  temps  solaire 
mo\en,  elle  devra  mar<|uer  : 

Au  passage  môridion  <lu  Soleil  mo\en....     o*'o"o% 

Au  pas>age  méridien  ilu  Soleil  vrai êq.  du  centre  -  -  réd.  à  féquat. 

La  somme  de  ces  deux  termes  est  donc  la  différence  des  deux 
heures,  l'une  vraie,  l'autre  moyenne.  On  la  nomme  équation  du 
temps,  parce  qu'elle  représente  la  partie  périodique  qu'il  faut 
retrancher  de  l'heure  moyenne  pour  l'égaler  à  l'heure  vraie. 

En  voici  les  >aleurs,  de  10  jours  en  10  jours,  pour  1882. 


INSTITUTION    DU    TEMPS    MOYEN.  —  TABLES    DU    SOLEIL.  5y 

Dftie«.  Éq.  du  temps.  Data».  Éq.  du  leibps. 


m     s 


m     ft 


Janvier      i 
II 
ai . 
3i. 

Février   lo, 
20 


Mars 


Avril 


Mai 


Juin 


2. 
12, 
22. 

] . 
Il . 
ai . 

1 
II 
21 . 
3] 
10 
70 
3o. 


3.53 

8.ii 

11.37 

13.43 

14.27 

13.56 

12.19 

9.52 

6.58 

3.5i 

I.   I 

1.22 

3.  3 

3.5o 

3.39 

2.36 

0.53 

1.14 
3.20 


Juillet 


Août 


Septembre 


Octobre 


Novembre 


Décembre 


10. 
20. 
3o. 

9- 

«9 

^9- 
8. 

18. 

28. 

8. 

18. 

28. 

7" 
'7 


27 


«7 


-  3. 

32 

6. 

.  5 

—  I. 

.  1 1 

5. 

17 

3. 

27 

0. 

17 

-  2. 

26 

:-        5. 

53 

9- 

22 

12. 

26 

14.47 

16. 

■  7 

-  16. 

II 

-  14. 

.52 

12. 

II 

-  8. 

"9 

-'-  3. 

.38 

-  I 

.21 

Ainsi  la  différence  entre  Theure  vraie  et  l'heure  moyenne  ne 

dépasse  guère  un  quart  d'heure  et  s'annule  quatre  fois  l'an.  Il  n'y 
a  donc  pas  d'inconvénient  appréciable,  dans  la  vie  civile,  à  substi- 
tuer le  temps  moyen  au  temps  vrai.  Cette  substitution  a  été  faite, 
en  vertu  d'une  ordonnance  royale,  en  1820  (*). 

La  différence  de  durée  du  jour  \Tai  et  du  jour  moyen  est  très 
faible;  c*est  la  variation  de  l'équation  du  temps  d'un  jour  à  l'autre. 
Cette  variation  est  à  son  maximum  du  8  au  1 8  septembre  ;  elle  va 
à  3"  29"  pour  loJ  ou  20%  9  par  jour.  A  cette  époque,  le  jour  vrai  est 
plus  long  de  20% 9  que  le  jour  moyen;  il  est  plus  court  de  29^,9 
du  17  au  27  décembre. 

Cette  différence  entre  le  jour  vrai  variable  et  le  jour  moyen  con- 
stant se  compose  de  termes  périodiques  dont  la  période  est  m,  a/??, 
3m  et  2L,  4L,  . . .,  c'est-à-dire  l'année,  la  moitié,  le  tiers,   .  .  . 


(')  Autrefois,  on  réglait  les  montres  ou  les  horloges  publiques  sur  les  indications 
(le  quelque  cadran,  et  il  fallait  y  retoucher  fréquemment  pour  leur  faire  suivre  la 
marche  irréguliére  du  Soleil  vrai.  Aujourd'hui,  on  les  règle  sur  les  passages  méri- 
diens du  Soleil  qui  donnent  le  midi  vrai,  mais  en  tenant  compte  de  l'équation  du 
temps,  dont  le  Bureau  des  Longitudes  publie  chaque  année  la  valeur  pour  chaque 
jour  de  Tannée. 


58  LIVBE    PREMIER.   —   CHAPITRE    V. 

de  l'année.  Gomme  la  somme  de  ces  termes,  prise  d'un  bout  à 
l'autre  de  Tannée,  est  nulle,  on  peut  dire  que  le  jour  moyen  est 
la  moyenne  des  jours  vrais  de  toute  une  année  (*). 

Nous  avons  vu  qu'on  appelle,  en  général,  équation  un  terme 
périodique  à  ajouter  à  une  partie  moyennCy  c'est-à-dire  propor- 
tionnelle au  temps,  pour  égaler  cette  partie  moyenne  à  la  quantité 
observée  ou  vraie.  Ainsi 

-^O  vraie  r=  J^Q  moyenne  4-  équation  du  temps. 

Mais,  quand  il  s'agit  de  l'heure,  c'est  l'inverse  : 

H  vraie  =i  H  moAenne  —  équation  du  temps. 

C'est  que  ces  heures,  comme  les  angles  horaires,  se  comptent  en 
sens  inverse  des  ascensions  droites.  Ainsi  l'on  a,  au  même  instant. 


Or 
donc 


IIj.  zn  JI^  angle  horaire  du  Soleil  vrai, 
II,„  -zi.  JI,„  angle  horaire  du  Soleil  moyen. 

if,  =  A\^  -h  iRj,  =  M,„  4-  M,^^  ; 
11^  =1  H,^  —  [M^,  —  J^f„)  --=1  U,„  —  équation  du  temps. 

Passage  de  l'heure  moyenne  à  l'heure  sidérale. 

On  demande  l  heure  sidéra  le  le  i  ^  février  \%ii  à  i8**45"*58*,  i3, 
temps  moyen.  On  trouve  dans  la  Connaissance  des  Temps,  sous 
le  titre  Temps  sidéral  à  midi  moveny  l'A  du  0  moyen  à  midi 
de  chaque  jour.  Par  interpolation  on  en  déduit  la  valeur  pour 
l'heure  indiquée  i4  février,  et  comme  II,  =  M^  -f- iRm?  il  est  aisé 
d'obtenir  l'heure  sidérale. 

Il       m       s 

JRfn  le  14  février  à  midi  moyen ai. 37. 35, 43 

Part.  prop.  pour  i8''45™58',  Table  VII 3.  4,97 

Mm  à  l'heure  dite ai .  {0.40,40 

Mm 18. 45. 58,  i3 

Mm  =  H< 40. a6. 38, 53 

Il  en  faudra  relraiichcr  >.{'',  ce  qui  donne  16^ 26" 38*, 53. 

(*)  Les  petites  perturbations  produites  par  les  planètes  exigeraient  une  légère 
modification  à  cet  énoncé. 


INSTITUTION    DU    TEMPS    MOYEN.   ^   TABLES    DU   SOLEIL.  Sq 


Tracé  d*ane  méridienne  de  temps  moyen  sur  an  cadran. 

Supposons  d'abord  que  le  cadran  soit  tracé  sur  un  mur  vertical, 
perpendiculaire  au  méridien.  Soient,  en  perspective  {fig*  i4)>  A.C  le 

Fig.  i4. 


I 

M 


Si  vie,  AM  la  trace  du  méridien  sur  le  mur.  AM  est  la  méridienne  de 
temps  vrai,  parce  que  l'ombre  du  style  se  projette  sur  cette  droite 
lorsque  le  Soleil  passe  au  méridien,  c'est-à-dire  à  midi  vrai.  Mais, 
à  midi  moyen,  l'ombre  AO  du  style  AC  se  projettera  un  peu  à  droite 
ou  à  gauche  de  AM  suivant  la  valeur  de  Téquation  du  temps  à  la 
date  considérée.  La  courbe  qu'il  s'agit  de  construire  est  le  lieu  de 
l'extrémité  C  de  l' ombre  du  style  à  midimoyen,  d'un  bout  à  l'autre 
de  l'année. 

Rapportons  cette  courbe  à  un  système  de  coordonnées  polaires  p 
et  to,  p  étant  la  longueur  AC  de  l'ombre  à  midi  moyen  le  jour  ou 
plutôt  les  deux  jours  où  la  distance  polaire  du  Soleil  est  S;  et  co 
l'angle  de  l'ombre  AC  avec  la  ligne  AM.  Si  l'on  considère,  pour  un 
jour  donné,  le  trièdre  rectangle  ayant  pour  arêtes  AC,  AM,  AC, 
ou  le  triangle  sphérique  CBD,  dans  lequel  l'angle  dièdre  C  est 
l'équation  du  temps  E  au  jour  dit,  on  aura  BC  ==  X,  BD  =  w, 
CD  =  a',  et  par  conséquent 

tangbi  =  sinX  tangE, 
tangX'  =z:  tangX  sécE. 

Soient  CS  le  rayon  solaire  qui  passe  par  l'extrémité  du  style,  8Ia dis- 
lance polaire  ACS  du  Soleil  au  jour  dit,  s  la  longueur  AC  du  style  : 

on  aura  ACC  =  o  —  V,  et 

sinS 
^  sin(o  —  A) 


6o 


LIVRE    PREMIER.   —   CHAPITRE    V. 


Il  sera  facile  de  calculer  ainsi  les  coordonnées  p  et  cj  pour  un  cer- 
tain nombre  do  jours.  On  trouvera  une  courbe  en  8  qui  cou- 
pera la  méridienne  de  temps  vrai  en  quatre  points.  Lorsque  la  pointe 
du  gnomon  portera  l'extrémité  de  son  ombre  sur  cette  courbe,  ce 
sera  Tinstant  du  midi  moven. 

Si  le  cadran  est  déclinant,  il  faudra  substituer,  aux  équations 
précédentes  d'un  triangle  sphérique  rectangle,  celles  d'un  triangle 
quelconque,  Tangle  dièdre  B  n'étant  plus  droit,  mais  égal  à  l'azimut 
du  mur.  hajîg.  1 5  représente  en  partie  un  cadran  du  premier  genre. 


Fig.  i5. 


<ur  lequel  on  a  marqué,  comme]  sur  une  carte  guomonique,  l«> 
i-iiurbe  des  ombres  portées  au  même  jour,  à  certaines  dates,  par  Ir* 
bout  du  style. 


Première  idée  des  Tables  du  Soleil. 

I^s  astronomes  et  les  marins  ont  à  chaque  instant  besoin  de 
connaître  le>  coordonnées  écliptiques  ou  équatoriales  L,  R,  ^il.o 
ilu  Soleil  et  Téquation  du  temps.  Ils  n*ont  pas  le  temps  de  recourir 
à  la  théorie,  el  d'e\écut«*r  eux-mêmes  ces  longs  calculs  :  il  faut  les 


INSTITUTION    DU   TEMPS    MOYEN.   —   TABLES    DU    SOLEIL.  6r 

leur  présenter  tout  faits,  sous  forme  d'éphéméride  contenant  ces 
coordonnées  calculées  d'avance  de  jour  en  jour,  à  une  heure 
déterminée,  de  manière  à  n'avoir  plus  à  faire  qu'une  interpolation 
simple  pour  obtenir  ces  mêmes  coordonnées  à  une  date  et  à  une 
heure  quelconques.  Le  Bureau  des  Longitudes  publie  ces  éphémé- 
rides  deux  ou  trois  années  d'avance  dans  la  Connaissance  des 
Temps,  pour  midi,  temps  moyen  de  Paris.  L'Amirauté  anglaise  en 
publie  de  pareilles  pour  midi,  temps  moyen  de  Greenwich. 

Afin  de  faciliter  le  calcul  de  ces  éphémérides,  les  astronomes 
construisent  pour  chaque  astre  des  Tables  servant  aussi  bien  pour 
le  passé  que  pour  l'avenir.  Nous  allons  en  donner  une  idée  en  né- 
gligeant actuellement  les  petites  corrections  dues  aux  perturba- 
tions. 

Dans  l'équation  du  centre 

Al  sinm  -h  A]Sin2m  -4-  . . . , 

on  forme  les  coefficients  A,,  Aj,  ...  par  les  formules  de  la 
page  3i,  et  avec  l'excentricité 

e^^  0,01677; 

puis  on  calcule  cette  équation  elle-même  pour  différentes  valeurs 
équidistantes  de  m.  On  construit  ainsi  les  deux  premières  co- 
lonnes de  la  Table  L 

Disons  ici,  pour  éviter  toute  méprise,  qu'on  désigne  liabituel- 
lement  le  rayon  vecteur  du  Soleil  par  R  et  non  par  r.  Quand  on 
applique  les  formules  précédentes  aux  planètes  ou  aux  comètes, 
la  longitude  dans  Vorbite  est  représentée  par  ^et  non  par  L, 
symbole  affecté  aux  longitudes  écliptiques. 


62 


LIVRE   PREMIER.   —   CHAPITRE    V. 


TABLE   I. 

TABLE 

IL 

£OCJkT10!l   DU   CE!fTRB   E   ET   RATON 

ASCENSION   DROITE   A   ST   DISTANCE 

VEC1KCR    B. 

POLAIRE 

S. 

M 

< 

Équation 
do  centre. 

U. 

e 

1* 

c 

G 

iJ 

A. 

90-- 0. 

• 
B    ; 

< 

< 

< 

A 

«>       / 

0 

0 

h      m 

0 

• 

o 

-ho.   0 — 

o«983u 

36o 

0 

0.  0(-T-  ri**) 

-hO.    0 — 

180 

'} 

O.IO 

0,9833 

355 

5 

0.18 

1.59 

i85 

lO 

o.ao 

0,9835 

35o 

10 

0.37 

3.58 

190 

1  > 

o.3o 

0,9838 

^•5 

0.55 

5.54 

195 

ao 

0.  je 

0,98 Î3 

340 

no 

1     14 

7.5o 

200 

U) 

o.5o 

0,9849 

335 

25 

1.33 

9-4i 

2o5 

3<) 

5.59 

0,9855 

33o 

3o 

1.52 

II. 28 

210   • 

35 

1-   7 

0,980 i 

3i) 

35 

2.11 

|3.I2 

2l5 

'»o 

1 . 1  > 

o,î)«73 

3'io 

40 

2.3o 

14. 5o 

220 

4» 

i.a3 

0,9883 

3i5 

45 

2.5o 

16.21 

225 

5(» 

1 .3o 

0,988 i 

3io 

5o 

3.10 

17.45 

23o 

'>r> 

1 .  36 

o,9<K>t*> 

3o5 

3.3i 

,     »9-  a 

235 

(hi 

1 .41 

»,99i^ 

3oo 

60 

3.5i 

20.10 

240 

!      (•»> 

i.i> 

«,W^» 

U95 

65 

4.12 

1     21.  9 

245 

70 

i.iî) 

*>»994> 

290 

70 

i.33 

21.58 

25o 

7» 

1 .5'i 

<»,99'>9 

•i85 

• 

7^ 

4.55 

22.37 

255 

80 

i.5i 

<M)97i 

u8o 

80 

5.16 

23.    5 

260 

85 

1  .  )  » 

o,«)«)88 

•i75 

85 

5.38 

23.22 

265 

1><> 

1  .5  > 

1  ,<Hm3 

•i7o 

iH> 

6.  0 

23.28 

270 

9* 

1 .  ;».5 

1,0017 

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9'> 

(» .  22 

23.22 

275 

1 

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100 

6.44 

23.     5 

1  280 

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1  ,(H).i() 

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10  5 

7.    5 

22.37 

285 

i     MO 

1. 18 

1  ,oo()o 

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1 10 

7. '^7 

21.58 

290 

11') 

1  ..)(> 

1  ,ot»"3 

■                      4 

♦  i» 

Il  5 

7.4« 

21.  9 

295 

i      l'JO 

i.3«> 

1    ,00  il» 

ijo 

liO 

8.  9 

20. 10 

3oo 

1 

1»» 

1 ,0098 

ÏW 

1  ô 

8.29 

i(|.  2 

1   3o5 

1      1  t(» 

1.17 

1 ,0109 

lîo 

i3o 

8.5o 

17.45 

3io 

1      >'^*» 

1  .'iO 

1  ,orio 

ri"> 

i35 

9.10 

16.21 

1   3i5 

1     1  jo 

i.i3 

I ,01 3o 

•iM> 

i|0 

9.3o 

I  {.  5o 

1     320 

Ij*. 

1 .    \ 

1 ,01 i8 

n5 

li^ 

9-49 

l3.12 

1   325 

,       1   Ht 

o."»; 

1  .oiiT) 

HO 

i>> 

10.   8 

11.28 

'   33o 

'       .  •  * 
1   >  1 

o.i8 

1 ,01  *ii 

io5 

i  >> 

10.27 

9- 41 

î   335 

|(h» 

0.  l»> 

1 ,01 58 

IIH» 

|(h) 

10.  iO 

7.5o 

:     3iO 

1    \i\S 

0.  kX) 

1  ,01  (Vi 

19*^ 

i65 

11.5 

5.54 

1   3i5 

l'O 

0 .  -il» 

1.01(0 

II)*» 

170 

«...3 

3.58 

'   35o 

'    n'. 

0. 10 

i.oHW 

iS"» 

1-5 

Il .  i J 

1.59 

355 

1    180 

0.   0 — 

i.oiGS 

iS«» 

iSo 

11.   0  .  —  12*' 

1 

—0.   o-^ 

1 

3tk> 

L»»rM|Uo  l'^iriîumcnt  m  ou  L  o>l  pri>  d^n*  U  colonne  dr  dn»ile.  il  faut  appli- 
t|u<*r  Ji  K  ou  Ji  %|it*—  6  W  ^içne  de  drx»ite.  V}u«nd  rarçurnent  L  e^t  pris  a  droite, 
il  ûut  aij»»uler  13^  à  r.K  obtenue. 


INSTITUTION    DU    TEMPS    MOYEN.  —  TABLES    DU    SOLEIL.  63 

On  opère  de  même  pour  le  rayon  vecteur,  dont  l'expression  est 


e» 


R  =:=  I  H Bi  cos m  —  B,  cos  2  /n  — .... 

2 

L'argument  de  cette  Table  est  m.  Nous  l'avons  fait  varier  de 
a"  en  5**  seulement,  pour  abréger. 

La  Table  II  donne  A  et  90°  —  0.  La  première  s'obtient  par 
le  calcul  de  la  réduction  à  l'équateur 

—  tang^^cusinaL  -f-^tang*^iosin4L  — . . .. 

Quant  à  5,  on  le  tire  de  la  formule  trigonométrique 

coso  =  sinw  siiiL. 

Ainsi  l'argument  de  la  seconde  Table  est  L. 

Formation  de  l'argument  m  pour  une  date  donnée  t,  La  for- 
mule 

m  —.\,^-\-  nt  —  T!T 

se  compose  de  deux  termes 

Lo 4-  nt  =:  28o<»46',7  h-  5cy, i385 (/  —  i85o)  (  ^ ), 

où  /  —  i85o  représente  un  nombre  de  jours,  et 

Ts  r=i  28o°2i'  4-  i',oi8(":  —  i85o), 

DUT  —  i85o  est  exprimé  en  années.  La  seule  précaution  à  prendre, 
c'est  de  tenir  compte  des  bissextiles  quand  on  transforme  les 
années  en  jours,  et  de  retrancher  de  ce  nombre  de  jours  le  plus 
grand  multiple  de  T  =  365i,2422  qui  y  soit  contenu,  car,  dans  le 
calcul  de  la  longitude  moyenne,  on  n'a  pas  à  tenir  compte  d'un 
nombre  entier  de  circonférences.  Voici  du  reste  un  exemple. 

Calculer  les  coordonnées  du  Soleil  pour  le  1 1  mai  1882  à  midi, 
lemps  moyen  de  Paris. 

]85o 
(il  y  a  ^ou  8  bissextiles) 32"-M3oi  =  32  x  365JH- 8J-~  i3o' 

(«)  n  =z  Sg'S'jSiiS  =  69',  i385. 


64  LIVRE    PREMIER.    —   CHAPITRE    V. 

Retranchons  32  révolutions  entières  ou  (365  -}-  0,2^^2)^2,  nous 
aurons  pour  reste 

t  —  i85o  =  i3oJ,25,  en  néî;[ligeanl  un  multiple  de  T  ; 

puis  on  aura 

nt  =  59  ,i38  X  1 3(^,25  -  7702',8  =--  i28".T2',8 

U~^-nt^-  \og^  9'»5=  i9"9'i5 
w  =  280*21'-+-  i',oi8  X  32,36  ::=  280.53 

argument  m  —  128 

Avec  cette  valeur  de  m,  la  Table  I  donne 

Équation  du  centre i*  29',  4 

d'où 

L  ^    5o"  39' 

La  nii^me  Table  donne 

R  —    ijOioS 

\vec  Targument  L,  la  Table  II  donne 

M-    3" 12™, 7 

0    ^  72*»  5' 

Éq.  du  temps  =  49*9',  'j  —  S'-ri"»,  7  =  3*'i6™,6  —  3''i2™, 7  -  -  -  3"',9. 

Mais  ce  n'est  là  qu'une  première  approximation  représentant  le 
lieu  du  Soleil  calculé,  à  la  minute  ronde,  dans  son  orbite  ellip- 
tique, non  troublée  par  les  perturbations.  En  calculant  avec  plus  de 
rigueur,  et  en  tenant  compte  de  ces  petites  mais  indispensables 
corrections,  on  aurait  trouvé,  pour  le  1 1  mai  1882, 

L    ■-■  5o«38'38',4, 
R   --    1,0106290, 
M  -^    3»^  12'»  48',  93, 
8    -72*»  4' 35',  7, 
Équation  du  temps  —  —  3"48'f  I4. 

Coordonnées  rectilignes  du  Soleil. 

On  a  besoin  souvent  des  coordonnées  du  Soleil  rapportées  à 
trois  axes  rectangulaires.  Prenons  le  plan  de  l'écliptique  pour  le 


INSTITUTION    DU    TEMPS    MOYEN.  —   TABLES    DU    SOLEIL.  56 

plan  des  xy^  dirigeons  l'axe  des  x  vers  le  point  y»  celui  desjK  vers 
le  point  situé  à  90°  de  là,  dans  le  sens  direct,  et  Taxe  des -3  perpen- 
diculairement à  l'écliptique,  vers  le  nord;  nous  aurons,  en  dési- 
gnant par  R  et  O  les  coordonnées  polaires  du  Soleil, 

5  3=  o, 

x^=.  RcosO» 
y  ==  RsinO» 

Quant  aux  variations  dx^  dy  que  subissent  les  coordonnées  en 
fonction  du  temps,  il  faut  partir  des  diflférentielles 

dx  =  dR  cos  O  —  R  sin  O  ^O» 
dy=zdR  sin  O  -H  R  cosQ^O. 

Les  lois  du  mouvement  elliptique  donneron  t  dK  et  dQ  en  fonction  de 
dt.  On  a  en  effet,  par  la  loi  des  aires,  en  désignant  par  aie  demi- 
axe  de  l'ellipse  solaire  ou  la  moyenne  des  valeurs  extrêmes  de  R, 


li^dç  =  Cdt  =  na*^i  —  ehll, 

et  par  0=  ^  4-  w> 

dQ  z=i  dv. 

Par  conséquent 


L'équation  de  l'ellipse 

I  4-  e  cos  ç 
donne 

,         ail  —  e^)  ^ 

d'où 

^n  —     ^s'"^'  / an 

~~  ad  — eM  '^^ V *  —  e^dt=z     e  sin  vdt, 

^  '  ^i  —  e^ 

Portons  ces  valeur,  dans  l'expression  de  dx  : 


dx  an 

e  sin  (^  cos 


Q-RsinQ^Vj-^^, 


dt  y/i  — e*  R» 

En  remplaçant  R  par  sa  valeur,  il  vient 
dx  an 


de       J 


I  —  e 


i 


[e  sin  (^  cos  3  —  (i-hecosi')sinO], 


66  LIVRE    PREMIER.    —  CHAPITRE    V. 

el  comme  G  —  v  =  xay 


de  même. 


djc  an      /  .    ^^  .      . 

-77  = T ^  (sinO-H  ^  smw)  ; 

ai  y/ 1  —  gt 

dy  an 

-^  =  -T- (cosQ  4-  e  cosm). 

ut  ^/  I ^î 


Coordonnées  héliocentriqnes  de  la  Terre. 

La  longitude  ô  de  la  Terre,  vue  du  Soleil,  diffère  de  180®  de  la 
longitude  ©  du  Soleil  vu  de  la  Terre.  Il  suffit  donc  d'ajouter  ±  i8o* 
à  celle  dernière  pour  avoir  celle  de  la  Terre,  ou  de  changer  le 
signe  des  coordonnées  rectilignes  du  Soleil  dont  nous  venons  de 
donner  l'expression.  Ainsi  les  coordonnées  héliocentriques  Ç  el  7, 
de  la  Terre  seront 

Ç  =  R  ces  ô  =  —  R  cos  O, 
T,  =:  R  sin  ô  =  —  R  sin  ©. 

De  même,  pour  passer  des  éléments  de  l'orbite  apparente  do 
Soleil  à  ceux  de  Torbite  réelle  que  la  Terre  décrit  autour  de  cel 
astre,  il  faut  ajouter  ±  180®  aux  longitudes  géocentriques  L«  elo. 
On  a  ainsi 

Lo^  100- 46' 44  ).  ... 

\  héliocentriques, 

ro    -:  100^21' 22    ) 

les  autres  éléments  restant  les  mêmes. 

Si  on  veut  représenter  Torbite  terrestre  par  une  Ggure,  on  adop- 
tera une  disposition  inverse  de  celle  Acs  fig.  9  et  i3.  On  mettra  S 
au  foyer  au  lieu  de  T,  T  au  lieu  de  S,  el,  laissant  Sv  comme 
origine  des  longitudes,  on  devra  intervertir  les  lettres  P  cl  A. 
Mais,  comme  les  éphémérides  donnent  ©  et  non  Ô  ,  les  astro- 
nomes ont  riiabitude  d\  adapter  toutes  leurs  formules. 


LES    PLANÈTES.  67 


LIVRE    II. 


LES    PLANÈTES 


•  mm> 


Ce  Livre  comprend  Tétude  géométrique  des  planètes  et  des 
satellites.  Il  s'arrête  à  la  découverte  de  la  troisième  loi  de  Kepler, 
qui  a  si  heureusement  complété  la  théorie  du  mouvement  elliptique. 
On  s'est  efforcé  d'y  donner  une  idée  nette  du  système  des  anciens, 
delà  révolution  que  Copernic  a  opérée  dans  la  Science  par  l'adop- 
tion des  belles  idées  pythagoriciennes,  et  surtout  de  la  part  qui 
revient  à  Kepler  dans  les  conceptions  modernes.  Ce  Livre  est  donc, 
comme  le  précédent,  consacré  à  la  Géométrie  céleste  de  Ptolémée, 
de  Copernic  et  de  Kepler;  le  Livre  suivant  le  sera  à  la  Méca- 
nique céleste  de  Newton. 


C8  LIVRE    II.    —    CHAPITRE    VI. 


CHAPITUE  VI. 


MOUVEMENT   DES   PLANÈTES   AUTOUR   DU   SOLEIL. 


Nous  avons  vu,  dans  l'introduction  au  Tome  I,  que  les  pla- 
nètes se  meuvent,  comme  la  Terre,  autour  du  Soleil  dans  des 
orbites  peu  excentriques,  presque  circulaires,  dont  les  plans  n^onl 
qu'une  inclinaison  très  faible  sur  Técliptique.  En  outre,  les  inter- 
valles qui  séparent  ces  orbites  Tune  de  l'autre  sont  considérables. 
Ce  sont  là  des  circonstances  qui  se  prêtent  merveilleusement  à 
l'emploi  d'une  méthode  d'approximation  successive,  en  négligeant 
d'abord  les  excentricités  et  les  inclinaisons  pour  déterminer  d'autres 
éléments  plus  caractérisés. 

Si  nous  étions  placés  sur  le  Soleil  autour  duquel  les  planètes 
circulent,   l'étude  de  leurs  mouvements  ne  différerait  en  rien  de 
celle  de  l'orbite  apparente  du  Soleil,  et  l'on  y  emploie  elFectixemenl 
les  mêmes   formules  pour  exprimer  la  longitude  et  le  rayon  vec- 
teur en  fonction  du  temps,  dans  le  plan  de  l'orbite.     Mais  l'ob- 
servateur étant  placé  sur  la  Terre,  pour  passer  des  coordonnées  L, 
et  p^  qu'il  y  observe  aux  coordonnées  liéliocen triques  L   et  ^3,  ou 
réciprocpiement,  il  faut  effectuer  une  transformation  de  coordon- 
nées par  cliangement  d'origine,  ou  opérer  une  réduction  au  centre 
de  la  station,  comme  on  dit  en  Géodésie,  c'esl-à-dire  résoudre  uik 
triangle  STV {Jiff.  i6)  dont  le  Soleil,  la  Terre  et  la  |)lanèle  considén'e 
forment  les  sommets,  et  dans  lequel  on  ne  connaît  a  priori  qu 
deux  éléments,  à  savoir  le  rayon  vecteur  ST  =  R  de  la  Terre,  donn 
par  les  Tables  du  Soleil  pour  l'instant  de  l'observation,  et  Tangle  e 
T,  compris  entre  le  Soleil  et  la  planète. 

Cet  angle,  on  peut  toujours  le  déterminer,  car,  en  désignant  pa 
L,  la  longitude  géocentri([ue  vTP  de  la  planète  et  par  O  la  longi 


MOUVEMENT    DES    PLANETES     AUTOUR    DU    SOLEIL.  69 

tude  yTS  du  Soleil,  on  a  T  =  Q  —  L,*  Alors  la  réduction  P  au 
centre  de  la  station  sera  donnée  par 

sinP  =  sin(L^  —  L)=:  —  sin(0  —  L,), 

L  étant  la  longitude  héliocentrique  ySP  de  la  planète.  L'angle  P 
porte  le  nom  àe parallaxe  annuelle. 

Ces  deux  données  R  et  T  ne  suffisent  pas  pour  résoudre  ce 

Fî(j.    16. 


/ 

/ 


/     //— r;  V --     ..."  ^ 


\ 


/ 


\ 


/ 

/ 


triangle  et  obtenir  les  longitudes  héliocentriques.  Il  y  a  donc  là  un 
cercle  vicieux;  on  en  est  sorti  par  la  remarque  suivante. 

Oppositions  et  conjonctions. 

Les  vitesses  angulaires  des  planètes  étant  en  raison  inverse  de 
leurs  distances  au  Soleil,  il  arrivera  de  temps  en  temps,  comme  pour 
les  aiguilles  d'une  montre,  que  les  deux  mobiles  T  et  P,  circulant 
autour  de  S,  se  trouveront  en  ligne  droite  avec  ce  dernier,  c'est- 
à-dire  en  conjonction  ou  en  opposition  avec  le  Soleil.  Dans  l'un  et 
l'autre  cas,  la  réduction  au  centre  de  la  station  est  o  ou  i8c®,  et 
l'observateur  terrestre  obtient  immédiatement  la  longitude  hélio- 
centrique de  la  planète,  comme  s'il  était  placé  sur  le  Soleil. 

Ily  a  lieu  de  distinguer  ici  entre  les  planètes  intérieures  à  l'orbite 
terrestre  et  les  planètes  extérieures.  La  planète  extérieure  Mars,  dont 
l'orbite  est  tracée  sur  la  Jiff,  17,  est  en  opposition  en  M  et  en 
conjonction  en  M',  tandis  que  la  planète  intérieure  Vénus,  qui 
ne  peut  être  vue  en  opposition,  présente  deux  sortes  de  conjonc- 
tions, interne  en  V,  externe  en  V. 


LIVRE    II.    —    CHAPITRE    VI. 


Le  rayon  STM  est  évidemment  Taxe  de  Thémisphère  céleste  qui, 
pour  l'observateur  terrestre,  est  actuellement  plongé  dans  ht  nuit; 
c'est  donc  vers  minuit,  à  peu  près,  qu'une  planète  passe  au  méri- 
dien de  Tobservateurlorsqu'elleesten  opposition.  Réciproquement, 
si  la  planète  avait  des  habitants,  ils  verraient  à  ce  moment  la  Terre 
se  projeter  comme  un  point  noir  sur  le  disque  du  Soleil. 


C'est  aussi  là  le  phénomène  que  les  planètes  intérieures  nous 
présenteraient  à  chacune  de  leurs  conjonctions  internes,  si  leurs 
orbites  étaient  réellement  couchées  sur  le  plan  de  l'écliptique, 
comme  nous  l'avons  supposé  jusqu'ici. 

Quand  on  tient  compte  de  leur  inclinaison,  il  faut  une  défini- 
tion plus  générale  des  aspects  dont  nous  venons  de  parler.  Une 
planète  est  en  opposition  ou  en  conjonction  lorsqu'elle  se  trouve, 
avec  le  Soleil  et  la  Terre,  dans  un  même  plan  perpendiculaire  à 
celui  de  l'écliptique.  Sa  longitude  héliocentrique  est  alors  égale  à 
celle  de  la  Terre  (opposition,  conjonction  interne),  ou  à  cette 
même  longitude  augmentée  de  i8o"  (conjonction  externe). 

Les  planètes  extérieui^es  ont  un  trop  faible  éclat  pour  être  visibles 
près  du  Soleil,  même  avec  les  plus  puissantes  lunettes.  Il  ne  faut 
donc  compter  que  sur  leurs  oppositions,  mais  celles-là  suffisent.  En 
effet,  les  vitesses  angulaires  des  différentes  planètes  étant,  de  fait, 
incommensurables  entre  elles,  leurs  oppositions  se  répartissent  assez 
régulièrement  sur  toute  l'orbite,  en  sorte  qu'en  suivant  ainsi  une 
planète,  d'opposition  en  opposition,  on  obtient  une  série  de  lon- 
gitudes héliocentriques  parfaitement  disposées  pour  l'étude  de  ses 
mouvements. 


MOI^yEMENT    DES    PLANETES    AUTOUR    OU    SOLEIL.  71 

Voici  des  observations  méridiennes  de  Jupiter  supposées  faites 
vers  l'opposition  de  1882,  à  Paris  : 

M.  «• 

h      m       s  o      f       if 

Décembre  16 5.44.55,33  66.57.33,3 

'7 44.19,94  37,6 

18 43.44,56  4^,4 

On  en  déduit  les  coordonnées  écliptiques  L,,  p,  et[^on  place  en  re- 
gard les  valeurs  correspondantes  de  O  —  180**. 

Temps  moyen.  L^.  p,.  O  —  i8o«. 

•  hms  o      ,      „  0,9  o     ,      „ 

Décembre  16..    ..     12.  2.52        86.3i.4i,8        90.21.58,6        84.59.58,0 

17 11.58.21  23.33,7  5o,2        86.  o.5i,8 

18 ii.53.5o  i5.25,4  4i,7        87»   i'45,7 

Une  simple  interpolation  montre  que  le  phénomène 

L,  =  G— 180* 

a  eu  lieu  le   17,  à  19*^50"  19*.   Par  conséquent,  décembre  17,  à 
i9**5o™i9*,  opposition  de  Jupiter  : 

Longitude  hélioc.  L  =  86*»  20'  53^6. 
Quant  à  la  distance  au  pôle  E,  on  trouve  au  même  instant 

P,  =  9o<»2i'47%4. 

Nous  verrons  plus  loin  comment  on  obtient  la  valeur  correspon- 
dante de  p,  c'est-à-dire  de  l'autre  coordonnée  héliocentrique. 

On  vient  de  voir,  par  ces  observations,  que  Jupiter  en  opposi- 
tion était  animé,  pour  nous,  d'un  mouvement  rétrograde  de  8' 10'' 
par  jour.  Si  on  avait  pu  l'observer,  cette  année,  à  l'époque  de  la 
conjonction,  vers  le  3o  mai,  on  aurait  constaté  que  son  mouve- 
ment apparent  était  alors  direct  et  de  i4'o"  par  jour  (*). 

Révolutions  synodiques. 

Il  importe  donc  de  connaître  d'avance  les  périodes  qui  ramènent 
les  oppositions  des  planètes  extérieures  ou  les  conjonctions  in- 

(')  Du  10  mars  au  17  août,  Jupiter,  noyé  dans  la  lumière  du  jour,  a  été  inobser- 
Table. 


72  LIVRE    II.    —   CHAPITRE    VI. 

ternes  des  planètes  intérieures.  T  et  T'  étant  les  durées  en  jours 
des  révolutions  de  la  planète  et  de  la  Terre,  n  et  n'  leurs  movcDS 
mouvements  diurnes,  si  on  néglige  les  excentricités  des  deux 
orbites,  les  mouvements  de  la  planète  et  du  Soleil  seront  uniformes 

et  leur  vitesse  relative  constante  sera  //'  —  n.  L'intervalle  d'une  oppo- 

35qo  tt' 

sition  à  l'autre  sera  donc  ^7——=:=— -=7.  C'est  la  durée  de  la  révo- 
lution synodique  de  la  planète.  On  a  calculé  ainsi  les  nombres  du 
tableau  suivant  : 

Koms  RéTolntlons 

et  symbole*.  syoodlqaes. 

7  Mercure 1 1 5 ,  8775 

9  Vénus 583, 9214 

o*  Mars 779,9365 

2r  Jupiter 398,8006 

ï)   Saturne 378,0921 

Mais,  à  cause  des  excentricités,  ces  périodes  ne  peuvent  être  con- 
sidérées que  comme  des  valeurs  moyennes  autour  desquelles  les 
vraies  périodes  oscillent. 

Révolutions  sidérales. 

Néanmoins  ces  périodes  moyennes  avaient  autrefois  une  gr?.nde 
importance;  on  les  observait  directement  et  on  en  déduisait  immé 
diatemcnt  la  durée  T  de  la  révolution  de  chaque  planète.  Pour 
les  obtenir,  on  comparait  deux  oppositions  de  dates  très  éloignées, 
dans  lesquelles  la  planète   était  revenue   à    peu  près  à  la  même 
longitude,  en  sorte  qu'elle  avait  fait  dans  l'intervalle  plusieurs  fois 
le  tour  du  ciel.  Ces  deux  dates  comprenant  un  nombre  entier  de 
révolutions  synodiqucs,  affectées  de  petites  inégalités,  tantôt  en 
plus,  tantôt    en    moins,    il    suffisait   de    diviser    l'intervalle   par 
ce  nombre  entier  pour  avoir,  avec  une  grande  précision,  la  révo- 
lution synodique  moyenne,  par  suite  n  et  T.  C'est  ainsi  que  ces 
éléments  ont  été  connus  des  anciens  avec  une  très  grande  exac- 
titude.  Aujourd'hui  on  y  pourrait  employer  2000  ans  d'obser\'a-' 
lions. 

Toutes  ces  révolutions  se  nomment  tropiques  et  se  rapportenC- 
au  |)oint  vernal  y»  origine  des  longitudes.  Ce  point  n'est  pas  abso-' 


MOUVEMENT    DES    PLANÈTES    AUTOUR    DU    SOLEIL.  78 

liiment  fixe;  il  rétrograde  sur  récliptique  de  do"  par  an  (préces- 
sion). Les  durées  obtenues  comme  nous  venons  de  le  dire  ne  me- 
surent donc  pas  les  révolutions  véritables,  celles  qu'on  trouverait 
en  rapportant  les  longitudes  à  un  point  réellement  fixe,  à  une 
étoile  par  exemple.  De  là  le  nom  de  révolution  sidérale  qu'on 
applique  à  ces  dernières  (*).  Voici  le  tableau  de  ces  durées  pour 
les  anciennes  planètes,  toutes  exprimées  en  jours  solaires  moyens 
ou  en  années. 

RÉVOLUTIONS  SIDÉRALES 
eo  Joars  solaires  moyens.  en  années. 

Mercure 87,969258  0,2408 

Vénus 224,700787  o,6i52 

La  Terre 365,25637»  (')  i 

Mars 686,979646  1,881 

Jupiter 4332,588171  11,863 

Saturne 10759,236360  27,457 

Il  y  a  une  autre  manière  de  déterminer  ces  durées,  en  dehors 
des  oppositions  :  c'est  de  comparer  deux  dates,  aussi  éloignées  que 
possible,  auxquelles  la  planète  aura  été  vue  dans  l'écliplique. 
Quelle  que  soit  la  position  de  la  Terre,  et,  par  suite,  de  l'ob- 
servateur, si  une  planète  est  vue  traversant  l'écliptique,  c'est 
qu'elle  passe  réellement  par  ce  plan.  Ce  procédé  est  d'ailleurs 
celui  que  nous  avons  employé  déjà  dans  la  théorie  du  Soleil,  pour 
déterminer  la  durée  de  l'année  tropique,  en  déduisant  des  obser- 
vations ies  instants  où  le  Soleil  traverse  Téquateur, 

Étude  du  mouvement  héliocentrique. 

Comme  la  planète  Jupiter  revient  presque  chaque  année  à  l'op- 
position, on  obtient  ainsi,  pendant  une  révolution  entière  de  la 
planète,  une  dizaine  de  longitudes  héliocentriques  assez  régulière- 
ment distribuées  sur  toute  Torbite.  En  les  comparant  avec  Tex- 


(')  Ce  nom  a  le  tort  de  donner  à  croire  aux  coinincnçants  que  ces  durées  sont 
exprimées  en  jours  sidéraux. 
(*)  Rappelons  que  la  durée  de  Tannée  tropique  est  de  365^2^2217. 


;4  LIVRB    II.    —   CHAPITRE    VI. 

pression  de  la  longitude 

h  ^=z  Lfi -h  ni  -h  éq.  du  centre  (*), 

dans  laquelle  n  est  déjà  parfaitement  connu,  on  déterminera  aisé* 
ment  les  constantes  Lo,  e,  m.  Dans  Tantiquité  et,  à  Tépoque  mo- 
derne, de  Copernic  à  Kepler,  Téquation  du  centre,  déduite  de  la 
théorie  de  l'excentrique,  s'écrivait 

esin(Lo-h  ni  —  TiT)4-^e*sin2(Lo-+-  ni  —  m)-|-  . . . . 

Depuis  Kepler  la  théorie  du  mouvement  elliptique  a  prévalu,  et 
on  écrit  ainsi  Téquation  du  centre,  en  négligeant  les  puissances 
de  e  supérieures  à  la  deuxième  : 

2esin(Lo+  ni  —  ro)-h  je*sîn2(Lo  4- /i^  —  ro). 

Ce  qui  nous  importe  actuellement,  c'est  de  faire  remarquer  que 
la  connaissance  des  éléments  ai,  Lq,  ^,  nj  donne  le  moyen  de  cal- 
culer, pour  une  date  quelconque  l,  la  longitude  héliocentrique  L 
de  la  planète.  Nous  serons  donc  en  état  de  calculer  aussi  la  paral- 
laxe annuelle  P,  applicable  à  une  observation  faite  en  dehors  des 
oppositions,  par 

sinP  =  sin(L^  —  L)=  -  sin(0  —  L,), 

formule  dans  laquelle  nous  ne  connaissions  jusqu'ici  que  les  deux 
éléments  O  —  L^  et  R.  On  en  tire 

R  _  sin(L,  — L) 
/•  ~  sin(0  — IV) * 

La  circonstance  la  plus  avantageuse  pour  l'exacte  détermination 
de  ce  rapport  est  celle  où  ©  —  L^  =  90"  ou  270®.  Alors  la  planète, 
vue  de  la  Terre,  se  trouve  à  90°  du  Soleil  à  droite  ou  à  gauche; 
elle  est  dite  en  qua  frafure.  Ces  observations-là  se  font  le  matin 
ou  le  soir,  non  loin  de  G*'. 

Ainsi  on  observe  la  planète  dans  ses  oppositions  pour  étudie^ 
son  mouvement  autour  du  Soleil  et  déterminer  les  constantes  d^ 
son  orbite.  On  l'observe  dans  ses  quadratures  pour  en  déduire  le-'  ^ 


(' j  L^  est  la  longitude  moyenne  à  l'époque  <  =  o,  et  non  une  valeur  particulier**"^ 
de  la  longitude  vraie  désignée  par  L. 


MOUVEMENT    DBS    PLANETES    AUTOUR    DU    SOLEIL. 


75 


rayons  vecteurs  en  parties  du  demi-grand  axe  de  Torbite  terrestre 
pris  pour  unité.  Il  y  a  donc  là,  je  veux  dire  dans  les  observa- 
tions de  quadrature,  un  contrôle  pour  la  théorie  du  mouvement 
héliocentrique  fondée  sur  les  oppositions,  et,  en  même  temps,  un 
moyen  de  déterminer  les  dimensions  de  Torbite. 


Position  du  plan  de  Torbite. 

Jusqu^ici  nous  avons  négligé  Tinclinaison  du  plan  de  Torbite 
sur  l'écliptique.  Les  distances  polaires  P,  observées  de  la  Terre  ne 
répondent  pas  aux  distances  ^  vues  du  Soleil,  mais,  à  chaque  oppo- 


Fig.    18. 


sition,  les  trois  points  S,  T  et  Q,  projection  de  la  planète  P  sur 
Técliptique,  étant  en  ligne  droite,  on  a,  entre  ces  angles  {fig*  18), 
la  relation 

sin(p,-p)=5si„p,. 

L'expression  du  rayon  vecttur,  en  fonction  de  ^0»  ^>  ^>  fait  con- 
naître les  variations  que  subit  r  entre  une  quadrature  et  l'oppo- 


sition. En  appliquant  cette  formule,  on  déterminera  ainsi  autant 
de  valeurs  de  r  que  de  L. 

Soient  donc  en  perspective  sur  la  sphère  céleste  {Jig»  19),  dont 


76  LIVRE    II.   ~    CHAPICRB    VI. 

le  Soleil  occupe  le  centre,  yûP'l'éclîplique,  y'ûP  Torbite  de  la  pla- 
nète, û  le  nœud  ascendant,  N  sa  longitude  yû  et  i  rinclînaison. 
Convenons,  de  plus,  de  compter  les  longitudes  dans  Torbîte  à  partir 
d'un  point  y' tel  que  0^=  ûy  =  N.  La  longitude  de  la  planète  dans 
l'orbite  étant  désignée  par  ^,  on  aura,  pour  passer  des  coordon- 
nées dans  Torbite  aux  coordonnées  éclipliques,  en  prenant  pour 
axes  SE,  Su,  Sû  -h  90°, 

snzrcosp  =:rsinisin(^ — N), 

-5=irsinpcos(L  —  N)=rcos(^—  N), 
jmr  sin3  sin(L  —  N)=:  r  cos«sin(^ —  N), 

ou  tout  simplement,  par  le  triangle  rectangle  de  la  fig.  ao, 

Fig.  20. 


cos^  =:sin«  sin  (^ —  N), 
tang(L--N)  =  cos£tang(4^  —  N), 

équations  déjà  employées  dans  la  théorie  du  Soleil.  La  dernière» 
réduite  en  série,  donne 

L  — ^=:  — iang*iisinQ(^  — N)h- 

C'est  la  réduction  à  Técliplique. 


LES    PLANETES    VUES    DE    LA    TERRE.  77 


CHAPITRE  VII. 


LES  PLANÈTES  VUES  DE  LA  TERRE. 


Parallaxe  annuelle  en  tenant  compte  de  Tinclinaison. 

l\evenons  maîntenanl  en  arrière  et  complétons  l'expression  de 
la  parallaxe  annuelle  où  nous  avions  d'abord  négligé  l'inclinaison 
de  l'orbite  sur  Fécliptique.  Rapportons  la  planète  et  la  Terre  à 
trois  axes  Sy  ou  SX,  SY,  dirigés  à  90°  de  là  dans  le  sens  direct, 

Fig.  21. 

t 


s^ 


/     .1  "-^y  y 


<>     / 


'   ''  I 


perpendiculaire  au  plan  de  IVcliptlque  vers  le  nord  [Jig>  21). 
*^nt  z^  Xj  J^,  Si  \y  \  les  coordonnées  héliocentriques  de  la  pla- 
^  I^  et  de  la  Terre  T.  Il  s'agit  de  transporter  l'origine  de  S  en  T. 
Coordonnées  de  P  rapportées  à  ces  nouveaux  axes  étant  5, 


•^j^-' 


Y  on  aura 

z  -=i  z  —  Ç, 

x'  ^=z  X  —  Ç, 


78  LIVBE    II.    —   CIIAPITBE  VII. 

et  comme  on  a,  en  désignant  par  Ô    la  longitude  héliocentrique 
de  la  Terre, 

7)  =1 R  sin  6  =  —  R  sinQ» 
Ç  z=  R  cos  Ô  =  —  R  cosQ, 

ces  formules  exprimées  en  coordonnées  sphériques  seront,  en 
désignant  SP  par  r,  TP  par  r,, 

/  r^cosp,  1=  r  cosp, 

(i)  ■  r,sinp,  cosL,  ^=  r  sin^cosL -4-RcosOj 

(  r  sin  ^f  sin  Lf^mr  sin  p  sîn  L  -f-  R  sin  O- 

Elles  ne  supposent  pas  connus  les  rayons  r  et  r ,  maïs  seulement 
leurs  rapports  à  R.  Pour  avoir  la  parallaxe  annuelle  L, —  L,  il  faut 
considérer  que  l'origine  des  angles  a  été  prise  arbitrairement  à  Sy; 
rien  ne  nous  empêche  donc  de  choisir  une  autre  origine  telle 
que  SP'  projection  de  SP,  ce  qui  revient  à  retrancher  L  de  tous 
les  angles  L,  L«  et  ©•  O*^  ^  alors 

Ir,  cosp,  ==  r  cosp, 
r,  sinp,cos(L,  —  L)=:  rsinp  4-  Rcos(0  —  L), 
'  r, sinp^sin(L,  —  L)  =i  Rsin(0  —  L)» 

d*oii,  en  éliminant  r, 

-  sin(0  — L)cosécp 

(3)  tang(L,-L)=— ^Ij^ 

1  H cos(0  —  L)cosécp 

C'est,  comme  on  le  voit,  une  formule  de  parallaxe;  elle  s'ap- 
plique indistinctement  aux  planètes  extérieures  ou  intérieures. 

Il  y  a  là  néanmoins  une  distinction  à  faire  entre  les  deux  cas. 
Si  Ton  suit  sur  la  Jig,  i6  les  variations  de  l'angle  P  pour  une 
planète  extérieure  (R<^r),  on  voit  qu'il  atteint  un  maximum 
pour  T  ou  O  —  L,=  9o®.  L'angle  T,- au  contraire,  prend  toutes 
les  valeurs  possibles  dans  le  cours  d'une  révolution  synodique. 
Celle  valeur  maximum  de  la  parallaxe  annuelle  est  la  moitié  de 
l'angle  sous  lequel  on  verrait,  de  la  planète  extérieure,  l'orbite 
de  la  Terre. 

S'il  s'agit  d'une  planète  intérieure,  l'angle  à  la  planète,  c'est-à-dire 


LES    PLANETES    VUES    DE    LA   TERRE.  79 

P  =  L,  —  L,  prend  toutes  les  valeurs  possibles  de  o  à  36o*»,  tandis 
que  l'angle  à  la  Terre  T  =  O  —  L,  ne  peut  dépasser  la  moitié  de 
l'angle  sous  lequel  on  verrait,  de  la  Terre,  l'orbite  de  la  planète 
intérieure.  Il  en  résulte  qu'une  planète  de  ce  genre  ne  peut  s'écar- 

R 

ter  du  Soleil  au  delà  de  l'angle  dont  le  sinus  est  —  •  Cet  angle  se 

nomme  Vélon galion  de  la  planète.  Comme  r  et  R  varient  légère- 
ment par  suite  des  excentricités  des  orbites,  la  plus  grande  élon- 
gation  de  Vénus  varie  entre  4^^°  et  45°;  celle  de  Mercure  entre 
16  et  29°  (Texcentricité  de  l'orbile  de  cette  planète  est  très  forte). 

Il  résulte  de  là  qu'un  astre  quelconque,  une  comète  par 
exemple,  qu'on  voit  àmoins  dego^du  Soleil,  peut  être  en  ce  moment 
à  l'intérieur  ou  à  l'extérieur  d'une  sphère  décrite  sur  l'orbite  ter- 
restre. Mais  si  on  le  voit  à  90°  ou  à  plus  de  90°,  il  est  nécessaire- 
ment plus  loin  du  Soleil  que  la  Terre  (  *  ).  C'est  ainsi  que,  la  pointe  de 
la  lumière  zodiacale  s'élevant  à  plus  de  90®  du  Soleil  disparu  sous 
l'horizon,  on  en  conclut  que  la  nébulosité  quelconque  qui  pro- 
duit cette  apparence  déborde  l'orbite  terrestre. 

On  parviendrait  aux  mêmes  résultats  en  discutant  la  formule 

(4)  o=:r  sinpsin(L  — L,)4-Rsin(0  —  L,), 

<ju'on  obtiendra  en  retranchant  L,  des  angles  du  groupe  (i). 

Phases  des  Planètes. 

\udi  Jig,  11  montre  que  les  planètes  doivent  présenter  des  phases 
et  que  celles-ci  dépendent  de  l'angle  SPT  ou  P  =  L, — L. 
Négligeant  ici  l'inclinaison  des  orbites,  on  voit  que  l'angle 
SPT  est  égal  à  l'angle  dièdre  formé  par  deux  plans  passant 
par  P,  et  respectivement  perpendiculaires  aux  lignes  SP  et 
TP.  Le  premier  coupe  la  planète  supposée  sphérique  suivant  le 
cercle  de  séparation  d'ombre  et  de  lumière  ;  le  second  suivant  le 
cercle  de  contour  apparent.  La  figure  donne  le  rabattement  du 
disque  vu  de  la  Terre  et  la  projection,  sur  ce  disque,  du  demi- 
cercle  d'illumination.  Celle-ci  est  une  ellipse  qui  limite  à  droite 
la  partie  éclairée  de  la  planète.  La  figure  montre  que  la  planète 

(')  Car  la  perpendiculaire  est  plus  courle  que  toute  oblique. 


8o 


LIVRE    II.    —    CHAPITRE    VII. 


vue  en  quadrature  atteint  la  phase  maximum.  La  partie  manquante 
est  proportionnelle  au  sinus  verse  de  l'angle  L,  —  L.  Cela  n'est 
sensible  que  pour  Mars,  qui  paraît  en  effet gibbeux  en  quadrature. 

Alors  sinP==  — ^,d'oii  P==4i%  angle  dont  le  sinus  verse  est  de 

i  du  rayon.  C'est  ce  qu'indique  la  figure.  Pour  Jupiter,  la  partie 


Fii:.    22. 


'    \r' 


i  ■ 
8 


nian({uanle  se  n'duit  à  0,02  du  rayon  du  disque  apparent  de  la 
planète.  A  la  quadrature  du  22  septembre  1882,  le  demi-dianiètrc 
angulaire  t'tait  de  k/';  la  phase  n'duisait  donc  ce  demi-diamùtre 
d'un  tiers  de  seconde  du  coté  opposé  au  Soleil.  Pour  Saturne,  et  k 
plus  forte  raison  pour  Uranus  et  Neptune,  les  phases  sont  abso- 
lument insensibles. 

Il  en  est  tout  autrement  des  planètes  intérieures.  Pour  celles-là 
l'angle  Pn'a  pas  de  limite  et  varie  de  o**  à  36o°.  Les  phases  vont 
donc  de  la  complète  illumination  du  disque  à  la  complète  invisi- 
bilité. Vénus,  par  exemple,  en  conjonction  interne,  tourne  vers 
nous  sa  face  obscure  et  devient  invisible,  ou,  si  elle  se  projette  sur 
le  Soleil,  Vénus  nous  apparaît  comme  une  tache  noire  parfaitement 


LES    PLANETES   VUES    DE    LA    TERRE.  8l 

ronde.  Alors  sa  distance  à  la  Terre  est  R  —  r  =;  o,a8.  En  conjonc- 
tion externe,  elle  est  au  delà  du  Soleil  à  la  distance  R  +  r  =  i  ,79  ; 
son  disque  est  plein,  entièrement  éclairé,  mais  six  fois  plus  petit 
{fis-   ^^}'  ^  ^^  p'<'3  grande  élongation  elle  ressemble  à  la  Lune 


^' 


4|ijand  celle-ci  est  au  premier  ou  au  deuxième  quartier.  Dans  le» 
positions  intermédiaires  elle  est  gibbeuse  et  très  petite,  ou  en 
«croissant  délié  et  très  grande.  Dans  ce  dernier  cas,  c'est  un  des  plus 
L>eaux  objets  que  les  lunettes  nous  aient  faire  voir  dans  le  ciel, 
IVfémes  phénomènes,  moins  frappants,  pour  Mercure, 

Distances  des  Planètes  au  Soleil. 


Les  formules  (3)  ou  (4  )  des  pages  78  el  79,  dans  lesquelles  L  et 
m^me  ^  sont  désormais  connus,  peruiellent  de  calculer  le  rap- 

JX^rt  variable  —  des    rayons  vecteurs,  et    par  suite    a,    distance 

moyenne  du  Soleil  à  la  planète. 

Une  observation  de  Jupiter  en  quadrature,  du  22  septembre  1SS2 
à       i'j''53"ai',  a  donné  pour  la  longitude  gtocentrique 

Les  éléments  de  l'orbite  obtenus  prc^cédemment  par  les  opposi- 
*-  ■  «DUS  fournissent  les  coordonnées  hé  li  oc  en  tri  que  s 

L  =  78'>55'i7*,i,     ^  — go" -if  21', G. 


8jt  LIVRE    II.    —     CHAPITRE    VII. 

Collos  du  Soleil  soiil  au  nu^nie  moment 

v_'       So^o'-i-.!*",!  j     lo{;R  —  0,001241 4- 

\  oioi  le  calcul  de  /*par  la  formule  (4)  • 

It^îï  sin  1  1-      1 9.a9iCi6o7 

I«»^'  sin  'i 9 .9999^13 

<'/Ioj;vin,0       !..     o.oooCKia6 

1'^?  -j. 9»29^*'49> 

loijU..  o.ooiajW 

!•>};/' 0,7005919 

Lc>  éléments  de  Torhite  donnent  à  cet  instant 

l'»i;  -^ 9»9<)o5-i 

\o'^  n ' G, 716*2 i 

On  aura  (h>ne  .^aooS  pt>ur  la  distance  moyenne  de  Jupili-r  i- 
SoltMl,  en  parties  d<*  la  tlistanci*  mo>enne  du  Soleil  à  la  Terre*  Jrmî- 
grand  a\<'  tle  l\>rl)it<*  terrestre^  prise  pour  unité. 

Ainsi  rol>s(M'vali<Mi  «Pun»'  planète  «extérieure  en  quadratun*.  <«i. 
celle  d'une   planète  intérieure    à  sa    plus  grande  élon^alion,  n«»u? 

iail  connaît  H',  pour  chacune  d\'lK»s,  la  valeur  du  rapport  —  qm 

fij^ure  dans  l'expression  dt*  la  parallaxe  annuelle,  et  par  suite  loul»> 
les  distances  des  planètes  au  St>leil. 

Il  importe  d<*  noter  ici  (pie  ces  tliét)ries  et  ces  formules  élaitMil 
|)arfaitrin<'nt  connu(*s  des   \n(  icns,  ainsi  (pie  la  valeur  numériqur 

du  rapport  -    pour  clia<pie  planète,  ('.es  formules  restent  en  elTrî 

les  mêmes  si  on  prend  les  mouxenuMits  apparents  pour  de 
mouvements  réeK,  et  si,  plaçant  la  Terre  au  centre  du  svsténie. 
on  fait  man^lier  les  planètes  dans  des  é|>icvcles  de  ra\on  II,  porter 
par  de*i  cendes  déf'rents  de  ra\on  /*.  Seulenu'iit,  pour  les  Ancien*. 
|a  TcrnM'tait  réell(*ment  immobile;  iln\  avait  donc  aucune  raison 
(Pattrihuer  aux  épicvcles  le  même  ravon.  Il  dexenait  arbitrain»:  il 

en  était  de  même  diT,  car,  seulje  i*apporl       est  délini  par  les  tibser- 
vations. 


'« 


« 


LES    PLANÈTES    VUES    DE    LA    TERRE.  83 

Montrons  d'abord  que  les  apparences  ne  sont  nullement  chan- 
gées quand  on  donne  à  ces  rayons  R  et  r  des  valeurs  arbitraires, 
pourvu  qu'on  conserve  leur  rapport. 

Soient  (y7^.  a4)  «/^Torbite  de  la  planète,  R  lerayondeTorbite  delà 
Terre  et  aussi  de  Tépicycle  véritable  de  la  planète,  S  le  Soleil;  p  la 

Fig.  24. 


p'V    '    '  ' 


>     I 


I 


/ 

'  't         ' 


position  actuelle  du  centre  de  Tépicycle  sur  le  déférent  ap.  Pour 
avoir  le  lieu  P  de  la  planète  vue  de  la  Terre,  on  mènera />P  parallèle  à 
TS.  Il  est  évident  que  la  direction  TPne  sera  pas  changée  si  Ton 
prend   pour   rayon  du   déférent  la   ligne  T/?',  à  la   condition   de 

prendre  pour  le  rayon  de  Tépicycle  P'/?'  tel  que  ~-r  =  ?fr-  =t  (*)• 

Les  Anciens  avaient  trouvé,  pour  le  rapport  — >  les  fractions  sui- 
vantes, que  j'ai  réduites  au  même  numérateur  loo  : 

100 

Mercure -rrrr 

00 

,r,                                                                               100 
Venus 

100 


l5'2 


Mars 

,     .  100 

Jupiter - — 

Saturne — 

(')  Cependant  l'angle  à  la  planète  SPT  qui  règle  les  phases  ne  restera  plus  le 


84  LIVRE    II.   —    CHAPITRE    Vil. 

C^est  avec  ces  valeurs  qu'ils  calculaient  la  formule 

sin(L, —  L)m  —  sin(0  —  L,  )cosécp 

pour  suivre  la  planète  sur  son  épicycloïde. 

Copernic,  en  adoptant  les  idées  des  Pythagoriciens,  de  Philolaiis 
(  —  45o),  d'AristarquedeSamos  ( —  280),  etc.,  n'a  eu  qu'à  prendre 
l'inverse  de  ces  rapports  pour  obtenir  les  distances  des  planètes  au 
Soleil.  Voici  les  distances  de  Copernic  : 

Mercure o ,  36 

Vénus 0,72 

La  Terre i 

Mars I ,  Sa 

Jupiter 5,aa 

Saturne 9, ai 

Cette  dernière  est  un  peu  trop  pelite;  elle  doit  être  9,54-  Pour 
tout  le  reste,  Copernic  conserva  les  artifices  des  anciens  Astro- 
nomes; il  faisait  circuler  les  planètes  d'un  mouvement  uniforme 
dans  des  cercles  dont  le  centre  était  écarté  du  Soleil,  et  il  adopta 
les  valeurs  que  l'on  avait  appliquées  à  ces  diverses  excentricités. 


• 


Sur  les  stations  et  rétrogradations  des  planètes. 

En  calculant,  avec  les  distances  et  les  durées  des  révolutions,  les 
\itesses  linéaires  des  planètes  dans  leurs  orbites,  on  trouve  que  les 
vitesses  linéaires  sont  d'autant  plus  petites  que  la  planète  considérée 
est  plus  loin  du  Soleil.  De  là  le  phénomène  de  la  rétrogradation 
des  planètes  extérieures  en  opposition,  ou  des  planètes  intérieures 
en  conjonction  interne.  Une  simple  figure,  sur  laquelle  les  inter- 
valles V<  Va,  V2V3  (^fig*  20),  parcourus  en  temps  égaux  par  une 
planète  intérieure,  sont  plus  grands  que  les  espaces  T,T2,TjTj 
parcourus  par  la  Terre  dans  le  même  temps,  et  ces  derniers  plus 
grands  que  les  espaces  J4  J2,  J2J3  parcourus  par  une  planète  exté- 


même;  il  devient  SP'T,  en  sorte  que  le  système  des  Anciens,  qui  représente  pas- 
sablement les  mouvements  des  planètes,  est  complètement  en  erreur  pour  leurs 
phases. 


LES    PLANÈTES    VUES    DE    LA    TERRE.  85 

rîeure,  met  la  chose  en  évidence,  car  il  suffit  de  transporter  les 
lignes  visuelles  T^JoTaJa,...  parallèlement  à  elles-mêmes  en  un 

Fig.  25. 

JiiîJi  .  Jï. 


I 

\ 


jT 

I 


V, 


S 


même  point  quelconque  T,'pour  voir  que  les  planètes  V  et  J  paraî- 
tront, en  T,  se  mouvoir  dans  le  sens  rétrograde.  C'est  ce  que  donne 
aussi  la  formule  de  la  parallaxe  annuelle.  On  a  en  effet  [groupe  (i)] 

rsinL-f-Rsin© 

tang  L,  =   = rr , 

^    '       rcosL-hRcosO 

en  négligeant  Tinclinaison  de  l'orbite.  Si  on  néglige  aussi  les 
excentricités,  on  aura 

V  V 

dhz^ndt  —  -dt,     dQ—^dt—-r'dty 

71,  N  étant  les  moyens  mouvements,  i'  et  V  les  vitesses  linéaires. 
Différentions  l'expression  précédente,  il  viendra,  toutes  réductions 
iaites,  et  en  remarquant  (p.  yS)  que  r,cosL^=  rcosL  -f-  R  cosQ, 

dL,        rp  4-  RV  -4-(R  (^  -f-  Vr)cos(0  —  ^^ 


dt  r 


t 


A  l'opposition  ('),  O — L^iSo**;  le  numérateur  se  réduit  à 
^r  —  R)  (^'  —  V).  Cette  dérivée  est  négative,  puisque  r — R  et 
«»  —  V  sont  de  signes  contraires  pour  les  planètes  extérieures 
comme  pour  les  intérieures  ;  par  conséquent,  L,  va  en  décroissant 
SI  cette  époque,  autrement  dit  la  planète  rétrograde. 


(*)  Ou  à  la  conjonction  interne  pour  les  planètes  intérieures. 


86  LIVRE    II.     —    CHAPITRE    VII. 

^  La  planète  est  stationnaîrc  quand  cette  dérivée  est  nulle,  c'est- 
à-dire  lorsque 

cos(G  — L)— — -. 

La  condition  de  réalité 

(R  — /Oi'XR  — r)V 

est  évidemment  satisfaite  dans  les  deux  cas  que  nous  examinons. 
Pour  Mars,  par  exemple,  les  époques  des  stations  seront  déter- 
minées par 

ces ( 3— L)  — —  0,9575,     d'où     Q— L  — i63°i5'  et  iqG^/iS'. 

L'arc  compris,  égal  à  (N  —  n)  tj  donne  t  -r-  j^J  pour  la  durée  de 
la  rétrogradation.  En  portant  les  valeurs  de  (j  — LdansTexpression 
de  tang  (L,  —  L),  on  aura  Tare  de  rétrogradation  vu  de  la  Terre, 
lequel  est  d'une  quinzaine  de  degrés  pour  Mars,  de  10®  pour 
Jupiter,  de  7"  pour  Saturne.  Pour  la  solution  complète  de  ques- 
tions de  ce  genre,  il  faudrait  tenir  compte  de  l'excenlricilé,  mais 
ce  que  nous  venons  d'en  dire  suffit  amplement. 

Nous   verrons   un  peu  plus   loin   qu'il  résulte  du  tableau  des 

vitesses  et  des  durées  des  révolutions  que  V^r  =  const.  dans  le 

système  solaire.  Si  au  lieu  de  cela  on  avait  V  =  const.  il  n'y  aurait 

pas  de  rétrogradation,  mais  seulement  station  au  moment  de  Top- 

.  .  .    .  .    \ 

position.  Si  Ton  avait  —  ^^  const.,  une  planète  vue  de  la  Terre  en 

op|>osition  y  resterait  perpétuellement,  etc. 


THÉORIE  ET  TABLES  DU  MOUVEMENT  ELLIPTIQUE.  87 


CHAPITRE  VIII. 


THÉORIE  ET  TABLES  DU  MOUVEMENT  ELLIPTIQUE. 


>—* 


Véritable  marche  suivie  par  Kepler. 

Maintenant  nous  sommes  en  étal  de  corriger  ce  qui  a  été  dit, 
dans  la  théorie  du  Soleil,  au  sujet  des  deux  premières  lois  de 
Kepler.  Il  y  avait  intérêt,  pour  la  suite  des  idées  et  pour  n'être  pas 
obligé  de  scinder  en  deux  parts  la  théorie  du  Soleil,  à  y  ratta- 
cher cette  découverte.  Mais  il  nous  a  falhi  en  cela  commettre  deux 
inexactitudes  historiques. 

En  prenàier  lieu,  Kepler  aurait  eu  besoin  des  rayons  vecteurs  pour 
reconnaître  la  vraie  forme  de  l'orbite  du  Soleil.  Nous  avons 
supposé  qu'il  les  avait  déduits  de  la  mesure  des  diamètres  appa- 
rents du  Soleil,  chose  impossible  sans  le  secours  des  lunettes  et 
qui,  en  fait,  n'a  été  réalisée  qu'un  demi-siècle  après  Kepler.  Au- 
jourd'hui encore,  ce  serait  un  procédé  fort  insuffisant.  En  second 
lieu,  l'orbite  apparente  du  Soleil  est  trop  peu  excentrique  pour 
faire  apprécier  Terreur  que  les  Anciens  commettaient  dans  le  calcul 
de  Téquation  du  centre  que  l'on  peut  écrire,  dans  l'hypothèse  des 
Anciens  (p.  24)>  en  faisant  TC  =  s, 

'i  sin  m  -+-  iz'  sin  2  m  h-  .  .  .  , 

tandis  qu'elle  doit  être,  par  la  théorie  elliptique  (p.  5i  ), 

2  es'inm  -+-  je-  sin  2  m 


En  effet,  si  l'on  s'en  tient  au  premier  terme  et  qu'on  détermine 
£  par  des  observations  convenables,  vers  m  =  90**,  et  m  =  270°,  on 
trouve  £  r=  o,o33d.  Or,  e  n'est  que  la  moitié  de  cette  valeur.  La 
différence  de  ces  deux  théories,  en  posant  £  =  2e*,  a  pour  exprès- 


88  LIVRE  II.    —   CHAPITRE  VIII. 

sîon  jC^sin^im.  L'écart  maximum  a  donc  lieu  pour  les  valeurs 
45*^,135",...  de  m,  et  se  réduit,  dans  la  théorie  du  Soleil, 
à  43'',5,  c'est-à-dire  à  une  quantité  presque  insensible  à  l'œil  nu. 

Ainsi,  pour  éprouver  la  théorie  de  l'excentrique  des  Anciens, 
il  fallait  choisir  une  planète  dont  l'orbite  fût  beaucoup  plus 
excentrique  que  celle  de  la  Terre.  Ce  fut  à  Mars  que  Kepler 
s'adressa;  mais,  de  quelque  manière  qu'il  tentât  d'accommoder 
l'hypothèse  des  Anciens  aux  belles  observations  de  Tycho  sur  les- 
quelles il  travaillait,  en  faisant  varier  les  constantes  e,  ^o  et  m 
(p.  24))  il  ne  parvint  pas  à  réduire  les  écarts  du  calcul  au-dessous 
de  8',  erreur  incompatible  avec  la  précision  bien  connue  de  ces 
observations.  Il  en  conclut  que  l'orbite  de  Mars  ne  pouvait  être 
un  cercle  excentrique. 

Quelle  était  donc  la  nature  de  cette  orbite  ?  Pour  l'étudier,  il 
fallait  en  déterminer  les  rayons  vecteurs  au  moyen  de  la  formule 
de  la  parallaxe  annuelle  (p.  79) 

r  sin?  sin(L,  —  L)  =  Rsin  (©  —  L,), 

appliquée  aux  quadratures  observées,  et  c'est  môme  pour  Mars  que 
ces  rayons  vecteurs  seront  le  mieux  déterminés  par  Tobservation. 
Kepler  calcula  donc  ces  rayons  en  corrigeant  autant  que  possible 
les  L,  obtenues  à  l'aide  de  la  théorie  de  l'excentrique,  des  erreurs 
désormais  connues  de  celle  théorie,  et  se  trouva  ainsi  en  pos- 
session des  coordonnées  complètes  L  et  r  sin^,  et  par  suite  ^ 
et  r(p.  76),  de  points  régulièrement  répartis  sur  toute  l'orbite. 
Cette  seconde  épreuve  montra,  comme  la  première,  que  Torbite 
n'était  nullement  circulaire.  Elle  apprit  en  outre  qu'elle  était 
légèrement  aplatie  dans  le  sens  perpendiculaire  à  la  ligne  des 
apsides,  sur  laquelle  les  Anciens  plaçaient  la  Terre  et  le  centre  de 
rexcenlricjue  :  c'était  une  sorte  dovale.  Kepler  essaya  la  plus 
simple  de  ces  courbes,  rdlipse.  Mais  ses  tonlalives  seraient  rest^'^es 
vaines  s'il  n'avait,  en  même  temps,  cherché  et  trouvé  une  relation 
entre  le  temps  et  les  coordonnées  du  mobile.  C'est  surtout  dans 
cette  complication  d'un  problème  ou  il  faut  à  la  fois  chercher 
la  forme  de  la  fonction  de  r  et  de  -C,  qui  re|)résente  l'orbite,  et 
celle  de  la  fonction  de  r,  ^  et  /  qui  la  relie  au  temps,  que  con- 
sistait la  difficulté.  Ce  grand  astronome  Ta  résolue  par  ces  deux 
lois,  que  rien  ne  faisait  sou  ronner   avant  lui  :  Les  aires  par^ 


THÉORIE    ET    TABLES    DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  89 

■ 

courues  par  le  rayon  vecteur  sont  proportionnelles  aux  temps; 
la  trajectoire  est  une  ellipse  dont  le  Soleil  occupe  un  foyer. 


Troisième  loi  de  Kepler. 

Nous  verrons  bientôt  que  les  planètes  peuvent  être  assimilées  à 
des  projectiles  qui  auraient  été  amenés  à  diverses-  distances  du 
Soleil,  à  peu  près  dans  le  même  plan,  et  qu'on  aurait  lancés  ensuite 
avec  des  vitesses  déterminées  par  les  distances,  de  manière  à  leur 
laîre  décrire  autour  du  Soleil  des  orbites  presque  circulaires.  Ainsi 
**  peut,  il  doit  même  exister  une  relation  entre  ces  distances  et  ces 
vitesses,  autrement  dit  entre  ces  distances  et  les  durées  des  révolu- 
tions. Mais  le  choix  des  distances  elles-mêmes  reste  arbitraire,  du 
***oins  c'est  là  une  question  d'origine  qui  tient  au  mode  de  forma- 
^*on  du  système  solaire.  Elle  était  bien  prématurée  au  temps  de 
■^^pler  :  elle  est  aujourd'hui  encore  peu  accessible,  malgré  la  con- 
^^ption  cosmogonique  de  Laplace. 

I3c  là  deux  voies,  l'une  stérile,  l'autre  scientifique.  La  première 
Consiste  à  chercher  une  loi  entre  les  distances  des  planètes  et  les 
^^rnbres  entiers  qui  expriment  leurs  rangs  à  partir  du  Soleil;  la 
^^Uxième,  à  chercher  une  relation  entre  ces  mêmes  distances  et 
^^   vitesses  ou  les  durées  des  révolutions. 

K^epler  passa  une  partie  de  sa  vie  à  chercher  la  première.  Frappé 

^'«^*^s  sa  jeunesse  de  la  perfection  des  cieux,  idée  antique    alors 

^^^i»iinantc,  et  de  la  perfection  analogue  des  cinq  corps  réguliers 

^*^  I3  Géométrie,  il  avait  cherché  là  une  loi.  Il  trouva,  en  employant 

^s   distances  de  Copernic, 

0,39,      0,72,       I,       1,52,       5,20,      9,22, 

^^    entre  les  sphères  idéales,  autrefois  cristallines,  de  Mercure  etde 

^  ^rtus  on  pouvait  placer  un  octaèdre  circonscrit  à  la  première  et  in- 

^o m  dans  laseconde.  Il  plaça  de  même  l'icosaèdre  entre  les  sphères 

^  ^énus  et  de  la  Terre,  le  dodécaèdre  entre  la  Terre  et  Mars,  la 

Py^mide  entre  les  sphères  démesurément  distantes  de  Mars  et  de 

^Pïler,   enfin    le    cube  entre  Jupiter  et   Saturne.  Et  comme  la 

^^^'ïïétrie  ne  fournit  que  cinq  corps  réguliers,  il   était  naturel, 

'sait^il^  qu'on  ne  trouvât  au  ciel  que  six  planètes. 


90  LIVBE    II.    —   CBAPITRE    VIII. 

Les  modernes  ont  aussi  suivi  cette  voie  stérile,  témoin  la  loi  de 
Bode  qui  a  joué  un  certain  rôle  dans  la  découverte  de  Neptune 
en  fournissant  une  mauvaise  hypothèse  à  MM.  Adains  et  Le  Ver- 
rier. Désignant  par  D  la  distance  d'une  planète  au  Soleil  et  par  n 
son  rang  d'ordre  à  partir  du  Soleil,  on  aurait  par  cette  loi 

D  -10,4  -H 0,3  X  -i"   *. 

Si  Ton  admet  que  les  planéticules  qui  circulent  entre  les  orbites  de 
Mars  et  de  Jupiter  tiennent  lieu  d'une  planète  ayant  le  cinquième 
rang,  cette  prétendue  loi  donnait  38,8  pour  la  distance  de  la 
planète  cherchée  par  ces  deux  habiles  astronomes.  La  découverte 
une  fois  faite  en  dépit  de  la  loi,  il  se  trouva  que  la  planète  n'était  qu'à 
la  distance  3o.  L'erreur  allait  à  8  ou  9  fois  la  distance  de  la  Terre 
au  Soleil. 

Lorsque  Kepler  eut  découvert  les  deux,  premières  lois,  il  comprit 
enfin,  bien  vaguement  il  est  vrai,  qu'il  y  avait  là  une  question  de 
Mécanique;  que  le  Soleil  devait  exercer  une  force  s'étendant  jus- 
qu'aux j)lanètes  les  plus  éloignées  pour  en  régler  les  mouvements. 
La  seconde  voie  se  présenta  alors  à  son  esprit  et  il  se  mit  à  chercher 
une  relation  entre  les  périodes  et  les  dislances.  Après  bien  de-^ 
tâtonnements,  il  s'avisa  de  comparer  les  temps  des  révolutions  aux 
puissances  successives  des  distances.  Les  [)remières  puissances 
simples  ne  réussirent  pas  : 

Plan^ick.  T.  a.  n}. 


a 


Mercure 0,241         0,89         0,1 5 

Vénus o,0i3         0,7^         o,52 

La  Terre i  i  1 

Mars 1,881  1,32         2,3a 

Jupiter n,8G{         3, 20       27,07 

Salurnr '^9,457  \),'i\       U<>,<J9 

Il  essaya  donc  yne  puissance  intermédiaire  entre  1  et  2,  c'est-à-ilire 
I  ^  ou  jj  et  il  trouva  : 

PlanfiM.  T.  a*. 

Mercure 0,2  ji  0,241 

Vénus o,Gi3  o,Gi3 

La  Terre i  1 

Mars 1,881  1,874 

Jupilei 11,863  11,86 

Saturne '^î),457  '29,46 


• 


Ainsi  T  =r  !■/  > ,  (jnand 
'e  de  mi -grand  asr  dr  r«lHk' 

l'nt)a(l*i|Uc  di 


rVsl-4-dire  les  carrés  àe» 

comme  lex  cultes  dfj 

cation  iiiùcani(|af  dr 
mais  non  la  cODcJuâJuD  ■sb 
celte  loi  est  vniie,  ^Vr  di 
temcnt  connus,  un 
parfait  que  la 
durres    dps    r^voIutitBj»    * 

une  pri.-cîsîon   loajn 

donnent  les  dîstanen.  d^ 

y\wti,  le  sont  mnia* 

Saturne, 


9^  LIVRE    II.    —   CHAPITRE    VIII. 

Par  conséquent, 

a!  -=  5,2oi2  (*). 

C'est  ainsi  que  Kepler  a  opéré;  les  nombres  contenus  dans  le 
tableau  suivant  et  tirés  des  Tables  toutes  récentes  de  Le  Verrier 
ont  été  obtenus  de  la  même  manière. 

Nom^s  Durées  DUttnret 

des  des  rnTolulions  moyennes 

planètes.  sidérales.  au  Soleil. 

Mercure 87,969^58             0,3870987 

Vénus 2a4j7oo787            o,7a333aa 

La  Terre 365,256474             >  ,0000000 

Mars 686,979646             1,5^36913 

Jupiter 4^32,588171             5,202400 

Saturne 10759,236360  9,53886i 

Uranus 3o688, 39036  19,18329 

Neptune 60181,1  i3i6  3o,o55o3 

Tables  et  éphémérides  des  planètes. 

Les  Tables  de  chaque  planète  sont  de  même  forme  que  celles  du 
Soleil,  dont  nous  avons  déjà  donné  une  idée  au  Chapitre  V. 

Elles  comprennent  uneTable  destinée  à  faciliterle  calcul  de  la  longi- 
tude moyenne  K^çi-\-nt  pour  les  siècles  passés  et  futurs  ;  une  Tablede 
l'équation  du  centre  dont  l'argument  est  m  =:=  ^0  -+-  ^^  —  ^î  ""^ 
Table  des  rayons  vecteurs  ayant  même  argument  :  ces  deux  dernières 
répondent  aux  développements 

K^'~  -d'»  "-  ''^  ^  ^1  sinm  -H  A,sin2//i  -h  .  .  . , 

r 

—  -:  .\  -\-\é^  —  B.  CCS  ni  —  B,  ces  2  m  —  ...  ; 
a 

puis  la  Table  de  la  réduction  à  Técliptique,  déduite  de  la  formule 

tang(L—  N)=:cosi  tang(^—  N) 

et  mise  sous  la  forme 

L  ir.^^— lang«lisin2(4;^-N)4-;tang*JisinN..(^— N)..., 

dont  l'argument  est  !^ — N;  enfin  uneTable  pour  la  coordonnée 
écliplique  p.  Par  ces  Tables,  qui  réduisent  le  calcul  à  de  simples 


(*)  Nous   reviendrons  plus  tard  sur  ce  résultat,   qui  a   besoin  d'une  correctioo 
d'environ  âTy-J^,,- 


THÉORIE    ET    TABLES    DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  93 

additions,  on  obtient,  pour  une  date^,  les  coordonnées  écliptiques 
de  la  planète  L,  p,  r.  Quant  aux  coordonnées  géocentriques,  on 
les  calcule  par  les  formules  de  la  page  78. 

Lorsqu'il  s'agit  d'une  éphémeride,  comme  celles*de  la  Connais^ 
sancedes  Temps,  donnant  les  coordonnées  L,  p,  r,  L,,  p„  r,  pour 
tous  les  jours  de  l'année  à  midi  moyen,  on  calcule  ces  positions  de 
10  jours  en  10  jours  à  l'aide  des  Tables,  puis  on  interpole  pour  les 
jours  intermédiaires,  en  tenant  compte  des  différences  premières, 
deuxièmes,  etc. 

Quant  aux  planètes  nouvellement  découvertes  et  aux  comètes, 
on  ne  saurait  recourir  à  des  Tables  pour  le  calcul  des  coordonnées 
héliocentriques.  On  applique  alors  les  formules  de  Kepler,  qui 
n'exigent  que  la  connaissance  des  six  éléments  de  l'orbite  : 


m 

—— ■ 

Ks 

~h  nt  —  cj, 

u 

— 

esmu      m, 

r 
a 

:  1  - 

-  ecosw, 

tangi(^— iîj)  =  i/-j---^  tang-jM 

Correction  des  éléments  elliptiques. 

En  comparant  ces  éphémérides  avec  les  observations  journa- 
lières des  grands  observatoires,  on  détermine  les  erreurs  des  Tables 
qui  résultent  de  celles  des  éléments  adoptés.  Lorsqu'elles  de- 
viennent trop  sensibles,  il  faut  corriger  ces  éléments  et  procéder 
à  la  construction  de  Tables  nouvelles.  Celles-ci  vont  ainsi  en  se 
perfectionnant  d'âge  en  âge. 

L'observation  donne  aux  dates  ^,  t\  i' ^ ...  les  iR  et  8  de  la  pla- 
nète considérée.  On  en  déduit  les  coordonnées  écliptiques  géocen- 
triques L,et  p,,  puis  on  passe  de  celles-ci  aux  coordonnées  hélio- 
centriques L  et  ^  par  les  formules  de  parallaxe  annuelle  de  la 
page  78.  Désignons  par  dL  et  d^  les  écarts  entre  ces  coordonnées 
observées  et  les  coordonnées  tabulaires.  Pour  les  faire  disparaître, 
il  faudra  appliquer  aux  éléments  adoptés  des  corrections  d/i,  d^j^, 
3e j  àra^  di^  <îN.  En  différentiant  l'équation 

cos  p  =  sin  (41^ —  N  )  sin  i 


94  LIVRE    II.    —    CHAPITRE    VIII. 

par  rapport  à   ^^,  on  a 

lang  ?  d?  =:  —  col  (4^—  N  )  dN  -}-  col  idL 
D'autre  pari,  la  page  53  nous  fournit  Téquatlon  différentielle 
(  I  -h  2  e  CCS  m  )  (  di^  -h  tdn)-\-  2de  sin  m  —  2  e  dw  ces  m  m  c^L. 

On  formera  donc,  à  Taidc  des  écarts  constates  d^^  (^L,  deux  stTies 
d'équations  de  condition  qu'on  traitera  parla  méthode  des  moindres 
carrés  (*),  de  manière  à  obtenir  les  valeurs  les  plus  probables  de> 
corrections  cherchées.  Il  n'y  a  pas  lieu  de  s'occuper  du  demi-grand 

axe  a,  car  cet  élément  est  lié  à  T  ou  an  par  la  relation  —  r=  K. 

On  procède  ainsi,  depuis  2000  ans,  par  des  approximations^ 
successives.  Mais  la  théorie  elliptique  de  Kepler  a  porté  subite- 
ment les  Tables  des  mouvements  célestes  à  un  haut  degré  de  per- 
fection qui  ne  s'est  pas  démenti,  même  lorsque,  dans  le  cours  du 
xvii*'  siècle,  Tapplicalion  des  lunettes  aux  instruments  de  nnesure 
est  venue  augmenter  tout  à  coup  l'exactitude  des  observations 
d'une  manière  extraordinaire. 

Cependant  on  a  dil  noter,  peu  de  temps  après  la  découverte  de 
ces  lois  fondamentales  qui  ont  renouvelé  toute  l'Astronomie,  des 
circonstances  qui  devaient  faire  comprendre  que  tout  n'était  pas 
dit.  La  première  est  la  variation  que  les  éléments  des  planètes  su- 
bissent dans  la  suite  des  siècles.  Tel  est  le  mouvement  du  périht'*- 
lie  de  l'orbite  terrestre,  dont  la  lonj^itude  augmente  de  1100^  par 
siècle.  Les  astronomes  arabes  avaient  découvert  ce  phénomène  en 
comparant  leurs  observations  à  celles  de  rAlmag<?ste.  Pour  la  Lune, 
ces  mêmes  variations,  portant  sur  presque  tous  les  éléments,  sont 
bien  plus  grandes  et  ont  été  reconnues  dès  les  débuts  de  l'Astrono- 
mie exacte.  Les  unes  et  les  autres  seraient  inexplicables  si  Ton 
s'en  tenait  aux  luis  de  Kej)ler.  En  second  lieu,  la  théorie  elliptique, 
bien  qu'elle  satisfasse  de  très  près  à  toutes  les  observations  d'un 
même  siècle,  laisse  néanmoins  subsister  de  petits  écarts  de  nature 
périodique.  Or  il  n'est  pas  possible  de  les  faire  disparaître,  quelques 


(')  L'emploi  de  relie  nicthotlc  ne  sera  léjïilime  que  lorsqu'on  aura  tenu  compte 
des  perlurbatious  dans  la  comparaison  des  observations  avec  les  Tables. 


THÉORIE    ET    TABLES    DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  Q^ 

corrections  que  l'on  applique  aux  éléments  des  orbites.  La  théorie 
elliptique  que  nous  venons  d'exposer  et  les  Tables  qu'on  en  déduit, 
si  supérieures  à  celles  des  Anciens,  ne  sont  donc  elles-mêmes  qu'une 
seconde  approximation.  La  troisième  et  dernière  est  celle  que 
fournit  la  Mécanique  céleste. 


Variations  séculaires  des  orbites  des  planètes. 

Pour  en  donner  une  idée,  nous  nous  bornerons  à  deux  éléments 
de  l'orbite  de  la  Terre,  la  longitude  du  périhélie  et  l'inclinaison  de 
l'écliptique  sur  l'équateur.  Le  premier  élément  a  été  déterminé  à 
diverses  époques,  par  les  Grecs  d'abord,  puis  par  les  Arabes, 
enfin  par  les  Modernes.  Lorsqu'on  en  défalque  l'elfet  du  mouve- 
ment rétrograde  du  point  y  (précession),  pour  ramener  les  longi- 
tudes à  une  même  époque,  celle  d'Hipparque,  on  trouve  : 

Longitude 
Dates.  Observateurs.  du  périhélie. 


o 


—  127     Hipparque G5.3o 

833     Albategnius 68.59 

1231     Aboul-Hassan 69.21 

1858     Le  Verrier 72.46 

Ainsi  la  longitude  du  périhélie  va  en  augmentant  d'un  tiers 
de  degré  par  siècle.  Bien  que  cet  élément  ait  dû  être  très  dif- 
ficile à  déterminer  avec  précision,  par  des  observations  faites  à 
l'œil  nu  (on  a  vu  que  la  correction  dxn  ne  figure  dans  les  équa- 
tions de  condition  qu'avec  le  très  faible  facteur  e),  les  astronomes 
arabes  n'ont  pas  manqué  de  remarquer  le  déplacement  subi  par 
le  périhélie  entre  leur  époque  et  celle  d'Hipparque.  C'est  à  eux 
qu'est  due  cette  importante  découverte. 

Quanta  l'obliquité  de  l'écliptique,  sa  variation  a  été  déterminée, 
au  dernier  siècle,  par  des  observations  faites  au  gnomon  avec  une 
précision  suffisante  pour  mettre  en  évidence  des  changements 
24  fois  moindres  que  ceux  du  périhélie.  Voici  quelques-unes  de 
ces  mesures,  que  Laplace  a  fait  recalculer  avec  soin  : 


96  LIVKE  II.    —    CHAPITKB    VIII. 

Obliquité 

Dates.  Obsenratears.  observée.  calculée. 

—  1100  Tcbéou-Kong.  en  Chine a3.5a  a3.5i.  8 

iOOO  Ben>JouniSy  en  ɫnirpte a3. 34.36  !t3.34.ao 

1280  Cochéou-king.  en  Chine a3.3ti.  !i  a3.32.   6 

i437  Ouloug-Beg,  à  Samarcande a3.3i.4d  a3.3o.5o 

1750  Bra«llev,  à  Greenwich a3.'28. 18  a3.!i8.ao 

m 

1850    Observatoire  de  Paris a3.-27.3a        a3.a7.3a 

La  dernière  colonne  a  été  calculée  en  prenant  pour  point  de 
départ  Tobliquité  mesurée  en  i85o  et  en  supposant  la  variation 
de  —  48''  par  siècle.  On  voit  avec  quelle  précision  les  observations 
les  plus  anciennes  sont  représentées.  Il  v  a  ici  deux  conséquences 
à  tirer  :  i^  les  observations  faites  au  gnomon  avaient  un  caractère 
bien  remarquable  d*exactitude;  2**  Tobliquité  de  l'écliptique  décroît 
bien  réellement  de  48"  par  siècle,  à  très  peu  près. 

Ces  faits  ne  sont  pas  particuliers  à  Torbite  terrestre;  on  en  re- 
trouve Téquivaient  pour  les  autres  planètes  (').  Les  éléments  de 
leurs  orbites  subissent  aussi  des  >ariations  séculaires.  Il  n^y  a 
d'evception  que  pour  les  dur^l'es  des  révolutions  sidérales,  que  Ton 
retrouve  toujours  les  mêmes,  aujourd'hui  ou  au  temps  d'Hip- 
parque  ou  des  plus  anciens  observateurs  chinois.  Comme  ces 
durées  sont  liées  aux  grands  axes  par  la  troisième  loi  de  Kepler, 
il  faut  conclure  de  ce  qui  précède  que  les  grands  axes  sont  eux- 
mêmes  invariables.  C'est  là  évidemment  un  élément  de  stabilité 
pour  le  système  solaire,  et  c'est  le  triomphe  de  la  Mécanique  céleste 
d'avoir,  à  la  fois,  prouvé  théoriquement  cette  invariabilité  et 
ex[)liquc  les  variations  progressives  des  autres  éléments. 

Satellites. 

Les  satellites  de  Jupiter  ont  été  découverts  en  1610  par  Galilée. 
Ça  été  le  premier  résultat  astronomique  de  Tinvention  des  lu- 
nettes. Une  simple  lorgnette  d'opéra  les  fait  voir.  Il  n'en  est  plus 
de  même  des  satrllitcs  des  autres  planètes,  qui  tous  exigent  des 


(')  La  théorie  elliptique  est  incapable  de  reudrc  compte  de  ces  variations.  Il 
fallait  néanmoins  en  tenir  compte  après  les  avoir  déterminées  comme  nous  venoDS 
de  le  faire.  C'étaient  des  éléments  empiriques  qu'on  était  bien  forcé  d'introduire,  du 
temps  df!  Kepler  ju>4|u'a  .Newton,  dans  les  Tables  des  planètes,  comme  on  l'a  vu 
au  Chapitre  V. 


THEORIE    £T   TABLES    DU    MOUVEMEiXT    ELLIPTIQU2.  97 

lunettes  puissantes.  On  n'a  môme  jamais  observé  en  France  ceux 
de  Neptune,  d'Uranus  et  l'un  des  satellites  de  Mars. 

Les  quatre  satellites  de  Jupiter  se  meuvent  dans  des  plans 
peu  inclinés  sur  l'orbite  de  leur  planète.  Ils  passent  donc,  presque  à 
chaque  opposition,  dans  le  cône  d'ombre  qu'elle  projette  derrière 
elle  et  y  sont  éclipsés.  L'observation  de  ce  phénomène  est  facile 
et  comporte  une  certaine  précision.  On  en  déduit  les  périodes  sy- 
nodiques  moyennes  : 

i"  satellite i  ,7698605 

1*        »»    3,55^094-2 

3*    ..    7,1663872 

4*   "    16,7535524 

De  celles-ci  on  déduit  les  révolutions  sidérales. 

On  a  construit  pour  ces  satellites  de  véritables  Tables  par  les- 
quelles on  calcule  les  dates  des  éclipses  qui  ont  lieu  chaque  année. 
Celles-ci  sont  publiées  dans  la  Connaissance  des  Temps.  jNous 
verrons  plus  tard  le  parti  que  l'on  a  tiré  de  ces  éclipses  pour  la 
détermination  des  longitudes  géographiques  et  pour  mesurer  la 
vitesse  de  la  lumière. 

Les  rayons  de  ces  orbites  presque  circulaires  s'obtiennent  à  l'équa- 
torial.  L'observateur,  placé  en  T(Jig.  26),  mesure  micrométriquc- 
mentla  distance  angulaire  du  satellite  t  au  centre  J  de  la  planète,  au 

Fi  g.  26. 


\ 


.a* 


\\ 


Ai 


s« 


moment  de  la  plus  grande  élongation  ;  il  obtient  ainsi  un  angle 
<tTJ  =  a  d'où  l'on  tire  le  rayon  o-J  par  le  triangle  tJÏ,  rectangle 
en  0".  On  a  en  effet,  à  cet  instant, 

ff  J  =:  a'  in  TJ  sina. 
U.  7 


98 


LIVRE    II.    —    CHAPITRE    VIII. 


Or  TJ  est  donné  par  les  éphémérides  en  parties  de  Tunité  astrono- 
mique, c'est-à-dire  du  demi-grand  axe  de  l'orbite  terrestre.  Pour 
le  premier  satellite,  par  exemple,  on  trouve 

<jj  ou  a' =:  0,00188,  T'=ii,  76913-8. 


a 


1% 


On  en  déduit  pour  la  constante  K''  =  =7^,  relative  à  Jupiter  et  à 

son  système,  la  valeur  0,0000000071 563. 

C'est  à  peu  près  la  millième  partie  de  la  constante  K  du  système 

solaire.  Pour  avoir  le  rayon  a!'  de  l'orbite  d'un  autre  satellite  de 

Jupiter,  il  sufTira  dès  lors  de  déterminer  la  durée  T"  de  sa  révolu- 

■» 
lion  et  d'appliquer  la  formule  o!'  =^  y  K^T''^*. 

La  Terre  a  aussi  un  satellite,  la  Lune,  mais  sa  distance  ne  sau- 
rait être  obtenue  ainsi  en  parties  de  l'unité  astronomique,  parce  que 
nous  faisons  partie  de  ce  petit  système.  Par  d'autres  procédés  dont 
il  sera  question  plus  loin,  on  trouve  pour  cette  distance  o,oo25j48. 
Voici  le  tableau  de  ces  divers  systèmes  avec  les  constantes  qui  s'v 
rapportent;  nous  en  verrons  bientôt  l'importante  signification 
mécanique. 


Soleil. . . . 
La  Terre. 


Mars 


\  2' 


Jupiter... . 


Saturne 


4* 

!• 

3* 

/r 
■I 

5" 

f 
8" 


DisUnces 
de»  Miel  II  te*. 

I , 000000 

0,009.5748 

0,00006281 

0,0001 5686 

o , 0028 I 88 
0,0044846 
0,0071  ')37 
o,oi2584o 

0,0012422 
0,001^937 
0,0019691 
u, 002 3362 
o, 0035228 
0,0081839 

0,009909^ 
0,0238210 


burée« 
des  réTolullons. 

365,256 
27,321660 
o,3i892Î  j 


Contlantet 
keplérienoe». 


K 


IV 


0,0000074958 

K 

328000 

K 


(  '  » 


1 ,26243 

1,769138 

1 ,55 1 181 

7,154553 

16,689019 

0,942424 
I , 3702 I 7 
1,887904 
2,736916 
4,5i73o3 
i5,9453 
26,3ii3 
79,32936 


\ 


K^ 


3078000 


K 


1047 


K'«   = 


3474 


471 


^'j  Ce  nSultal  nV>l  <iuc  provisoire  et  sera  rectifié  plus  loin,  p.  143, 


THEORIE    ET    TABLES    DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  <)<) 

DUtanceB  Durées  Constanleit 

des  Mtelliles.  des  réTolulions.  keplérlennes. 

J 

i*""  0,0012810      2,52o383 

>/  0,0017854     4,i44i8i  .    ,.,,, 


3"  0,0029320      8,705897  l        ~  226 >o 

I^  i*  0,0039159  13,463269  ) 

\>plunr...  0,0023717       8,876000  K**"  —  — ,,- 

'  >    /  /        )  y  j               i9Î5o 


lOO  LIVRE    II.   —    CHAPITRE    IX. 


CHAPITRE  IX. 


DERMEK  MOT  SUR  LK  SYSTÈME  DU  MONDE  DES  ANCIENS. 


Tout  y  était  conçu  en  vue  de  sauvegarder  l'idée  d'une  Terre  im- 
mobile et  placée  au  centre  de  Tunivers. 

Ce  système  n'est  plus  bien  compris  aujourd'hui;  du  moins  per- 
sonne n'a  expliqué  pourquoi  les  Anciens  ont  adopté  un  mode  de 
circulation,  pour  les  planètes  Mars,  Jupiter  et  Saturne,  consistant 
dans  un  épicycle  se  mouvant  sur  un  déférent,  et  un  autre  mode, 
pour  les  planètes  Mercure  et  \\''iuis,  consistant  dans  un  épicycle 
dont  le  centre  est  fixé  sur  un  rayon  mobile  allant  de  la  Terre  au 
Soleil.  On  ne  sait  plus  trop  pourquoi  les  Anciens  ont  placé  Mars. 
en  opposition,  à  une  dislance  supérieure  à  celle  du  Soleil,  et 
pourquoi  ils  ont  privé  Vénus  et  Mercure  de  leurs  phases  princi- 
pales en  les  faisant  passer  en  derii  du  Soleil  à  leurs  deux  con- 
jonctions, en  sorte  qu'on  devrait  observer  aujourd'hui,  avec  nos  lu- 
nettes, deux  genres  différents  de  passages  sur  le  Soleil.  C'est  qu'on 
oublie  le  mouvement  diurne  au(piel  participent  tous  les  astres  sans 
exception,  et  auquel  toute  théorie  doit  satisfaire  aussi  bien  qu'au 
mouvement  de  circulation  autour  du  Soleil.  Les  Anciens  n'ont 
jamais  perdu  de  vue  la  ni'cessilé  de  représenter  ces  deux  ordres  de 
mouvements  à  la  fois.  S'ils  avaient  fait  abstraction  du  premier, 
comme  Tvcho  dans  son  malheureux  essai,  il  leur  aurait  été  facile 
d'obtenir  une  représenUition  géométriquement  parfaite  du  monde 
solaire  en  appliquant,  à  toutes  les  planètes,  une  des  deux  solutions 
que  nous  offre  la  théorie  du  mouvement  apparent.  Voici  les  deux 
solutions. 

Soient  P  une  planère,  A  la  Terre,  Ble  Soleil  dans  leurs  positions 
réelles  {fii:.  27).  Si  nous  transportons  la  Terre  de  A  au  centre,  en  B, 
et  le  Soleil  [>ar  conséquent  de  H  en  C,  on  n'alti-rera  pas  les  directions 
observées  AB,  AP  (les  seules   choses  que  nos  sens  nous  fassent 


DERNIER    MOT    SUR    LE    SYSTEME    DU    MONDE    DES    ANCIENS.        ICI 

apprécier),  pourvu  que  nous  transporlions  aussi  la  planète  de  P  en  P' 
sur  la  droite  PP'  égaie  et  parallèle  aux  déplacements  AB  de  l'ob- 
servateur et  BC  du  Soleil.  Pour  tenir  compte  des  deux  mouvements 
de  révolution,  il  suffira  donc  de  faire  marcher  la  planète  P'  autour 
du  centre  mobile  P,  dans  un  épicyclc  de  rayon  PP'  dont  le  centre  P 
parcourra  uii  cercle  déférent  décrit,  autour  de  B,  avec  le  rayon  BP. 


Fig.  !!;. 


P 


C'est  la  solution  que  les  Anciens  ont  appliquée  aux  planères  e\lc- 
ii'ieures,  sauf  qu'ils  ont  laissé  indéterminés  les  rayons  BPetPP'dont 
le  rapport  seul  est  fixé  par  les  observations  ;  de  plus  ils  ont  profité  de 
oetle  indétermination  pour  satisfaire  à  une  condition  que  nous  allons 
faire  connaître.  Mais,  à  cause  de  cette  condition  même,  cette  solu- 
t^îon  était  inapplicable  aux  planètes  intérieures. 

On  peut  aussi  transporter  BP  parallèlement  à  lui-même  en  CP',et, 
CîOiTime  BP  est  constant,  cela  revient,  pour  Tobservateur  transporté 
Cîn  B,  à  faire  circuler  la  planète  autour  du  point  mobile  C  dans  un 
^pîcycle  de  rayon  CP'  égal  à  celui  de  son  orbite  réelle.  C'est  le 
système  que  les  Anciens  ont  appliqué  aux  planètes  intérieures  en 
{)rofitant  de  l'indétermination  des  rayons  BC  et  CP',  dont  le  rapport 
seul  est  fixé  par  les  observations,  pour  satisfaire  à  la  condition  sus- 
dite. A  cause  decette  condition  même,  cette  seconde  solution  n'était 
j)as  applicable  aux  planètes  extérieures.  D*ailleurs  Tune  et  l'autre 
c^onduisent,  pour  la  parallaxe  annuelle,  aux  formules  dontnousnous 
servons. 

Cette  condition  impérieuse,  c'est  qu'il  n'y  a  pas  d'autre  moyen 
^e  communiquer  à  tout  le  système  planétaire  et  aux  étoiles  le  mou- 
vement de  rotation  diurne,  en  laissant  la  Terre  immobile,  que  d'at- 
l^acher  tous  ces  astres  à  diverses  sphères  transparentes  concentriques. 


loi 


LIVRE    II.    —    CHAPITRE    IX. 


cmboilécs  Tune  dans  l'autre,  loiirnanl  autour  du  même  axe  cl  re- 
cevant de  la  dernière,  celle  qui  porte  les  étoiles  fixées  comme  des 
clous  dans  sa  concavité,  un  mouvement  de  rotation  parfaitement 
imilbrme.  11  faut  se  représenter  Tépicvcle  de  chaque  planète  comme 
un  cercle  monté  sur  une  tige  qui  glisserait  dans  une  rainure  de  sa 

Kig.  a8. 


sphère  propre.  Il  y  avait  ainsi  une  sphère  ou  un  ciel  de  cristal  par 
planèle,  et  une  sphère  particulière  pour  les  étoiles  :  c'est  ce  que  j'ai 
taché  de  représenter  par  \di  fig,  28.  Mais  il  fallait  avant  tout  que 
chaque  planète  put  se  mouvoir  sur  son  épicycle  sans  heurter  et 
briser  la  sphère  suivante. 

Cette  condition  impérieuse  de  ne  pas  laisser  pénétrer  une  planète 
dans  le  ciel  qui  la  suit  sera  satisfaite,  pour  les  planètes  extérieures, 
par  le  premier  système  de  déférents  et  d'épicycle.  Chose  curieuse, 
elle  conduit,  pour  Mars(yî«^.  29),  à  une  construction  démentie  par 

les  observations  modernes.  Ici  —  =:  -^.  Ptolémée  a  donc  dû  mettre 

r         iD 

Mars  en  opposition  plus  loin  de  nous  que  le  Soleil,  tandis  qu'il  en 
est  deux  fois  plus  près  ('). 


(')  Cette  erreur  a  clé  signalée  parTycho,  mais  on  n'a  jamais  su  comment  le  cé- 
Irbre  Astronome  a  pu  constater,  par  des  observations  faites  à  l'œil  nu,  que  Mars 
vu  opposition  est  plus  près  de  nous  que  le  Soleil. 


DERNIER    MOT    SUR    LE    SYSTÈME    DU    MOXDE    DES    ANCIENS.       Io3 

Mais,  pour  les  planètes  intérieures,  Tobligation  de  ne  pas  les  lais- 
ser pénétrer  d'une  sphère  dans  l'autre  a  conduit  les  Anciens  à  adop- 

Fig.  29. 


.^<  «2» 


\% 


\  -. 

1 


i't 


:v.^L'-?i^4, 


fer  le  second  système,  et  même  à  reporter  le  centre  de  l'épi  cycle  de 
chacune  de  ces  planètes  sur  le  rayon  BC,  entre  C  et  B,  tout  en  con- 

servant,  bien  entendu,  le  rapport  —  (yî«^.  3o). 

Fig.  3o. 


B   K    V  ' 
M 


X 


\ 


4     - 


\-^ 


"n     V      ^  "*' 


HC 


Or  c'est  cela  qui  supprime  presque  toutes  les  phases  de  ces  planètes. 

On  sait  combien  Galilée,  en  les  observant  pour  la  première  fois 

*ivec  sa  lunette,  resta  surpris  devant  ce  phénomène  imprévu  (').  Il 


(')  On  prétend  pourtant  qu'un  auditeur  de  Copernic  lui  avait  posé  cette  diffi- 


loi  LIVRE    II.  ~   CHAPITRE    IX. 

n'osa  publier  sa  découverte  que  sous  le  voile  d'un  anagramme  : 
Hœc  immatura  a  me  j anx  frustra  leguntur,  o,y. 

« 

«  C'est  en  vain  que  je  contemple  ces  phénomènes  :  la  question  n'est 

pas  encore  mûre  pour  moi.  »  Il  en  lit  connaître  plus  tard  le  sens  par 

ce  joli  vers,  lorsqu'il  se  fut  bien  assuré   de  l'interprétation   des 

faits  : 

Cynthiœ  figuras  emulatur  Mater  amorum. 

Les  Anciens  auraient  bien  facilement  rendu  à  Mars  en  opposition 
sa  vraie  place  et  à  Vénus  toutes  ses  phases,  s'ils  n'avaient  pas  craint 
de  casser  leurs  cieux  cristallins  (  *  ). 

Certes  ce  n'est  pas  la  complication  des  excentriques  ou  des  épi- 
cycles  qui  a  dû  effrayer  les  modernes  novateurs.  Copernic  lui-même 
et  ses  successeurs  avaient  pieusement  conservé  les  excentriques. 
Tout  cet  échafaudage  géométrique,  y  compris  les  épicycles  de  la  pa- 
rallaxe annuelle,  se  réduit,  en  analyse,  à  quelques  termes  périodiques 
exprimés  par  des  sinus  ou  des  cosinus  :  or,  sous  ce  rapport,  nos 
théories  modernes  sont  bien  autrement  compliquées.  Ce  qui  a  fini 
par  choquer  réellement  quelques  bons  esprits,  c'est  l'absurdité  in- 
hérente au  mécanisme  imaginé  pour  reproduire  l'universel  mouve- 
ment diurne,  mécanisme  indispensable  quand  on  pose  en  principe 
rimmobilité  de  la  Terre;  ce  sont  ces  cieux  de  cristal  emboîtés,  rece- 
vant la  rotation  nécessaire  d'un  premier  mobile,  à  peu  près  comme  les 
rouages  d'une  horloge,  et  fort  exposés  à  être  cassés  par  une  planèle 
mal  placée  ou  par  une  comète  vagabonde,  alors  qu'il  suffisait  d'at- 


cuhô  :  «  Si  votre  systi'iiie  était  vrai,  Nt'nus  devrait  présenter  la  même*  surrc^sion 
de  phases  que  la  Lune.  »  (Copernic,  aurait  répondu  :  «  Si  jamais  on  parvient  à  dis- 
tinguer la  fifîure  de  Vénus,  je  erois  qu'on  y  rceonnaitra  eflfeelivement  toutes  ces 
phases»».  D'ajirès  le  systènicMle'*  \nriens,  Vénus  devait  oseiller  seulement  entre  Tin- 
visibilité  et  la  phase  du  premier  ou  du  dernier  quartier. 

(*)  Enfm  il  ne  faut  pas  oublier  que  dans  ee  système,  qui  a  été  celui,  non  de 
Ptolémcc  seul,  mais  de  toute  l'antiquité,  et  qui  était  adopté  universellement  par 
les  moilernes  il  n'y  a  pas  trois  siècles,  un  épirycle  n'était  pas  censé  se  mouvoir 
parallèlement  à  lui-même  pendant  que  son  centre  décrivait  le  déférent.  Pour  les 
Anciens,  les  choses  se  pa^^saient  comme  si  Tépicycle  était  porté  par  un  rayon  en 
forme  de  bras,  glissant  dans  une  rainure  de. la  sphère.  Dès  lors  cet  épicyclc  tour- 
nait autour  d'une  normale  au  plan  de  cette  rainure,  et  la  planète  ne  devait  plus 
se  mouNoir  sur  cet  épic>cle  avec  la  vitesse  du  Soleil  sur  son  orbite,  mais  avec 
M  vitesse  synodique  par  rapport  au  Soleil. 


DERNIER    NOT    SUR    LE    SYSTÈME    DU    MONDE    DES  ANCIENS.        lo5 

Irîbuer  le  mouvement  de  rotation  diurne  à  la  Terre  pour  faire  dis- 
paraître cet  étonnant  artifice. 

Des  géomètres  aussi  profonds  que  l'étaient  les  Anciens,  depuis 
Platon,  Archimède,  jusqu'à  Euclide  et  Apollonius  de  Perge,  etc., 
auraient  certes  reconnu  bien  vite  le  vrai  système  du  monde  dont 
tous  les  éléments  étaient  dans  leurs  mains,  et  que  proclamaient 
d'ailleurs  quelques  dissidents,  s'ils  n'avaient  dû  avant  tout  assurer 
ù  la  Terre  son  immobilité,  sorte  de  dogme  naïf,  solidement  ancré 
dans  le  sentiment  de  tous  par  la  tradition  et  le  témoignage  de  nos 
sens.  Ilafallu,  vers  l'époque  de  la  Renaissance,  un  siècle  de  grande 
navigation   tout  autour  de  notre  globe  pour  dissiper  ces  antiques 
rêveries  et  bien  faire  sentir  que  la  Terre,  loin  d'avoir  toute  l'immen- 
sité et  l'importance  qu'on  lui  attribuait,  était  au  fond  bien  petite, 
comme  l'écrivait  Christophe  Colomb  à  la  reine  d'Espagne. 


INTRODUCTION    DE    LA    MÉC.VMQl'E    DANS    l'aSTRONOU  I E.         I07 


LIVRE   III. 

INTRODUCTION   DE   LA  MÉCANIQUE  DANS  L'ASTRONOMIE. 


Jusqu'ici   rAstronomJe    a  été   purement  géométrique.    On   ne 
croyait  guère  avant  le  xvii*^  siècle  que  les  mouvements  célestes,  si 
P^faits,  absolument  perpétuels,  pussent  rentrer  dans  le  domaine 
"c  la  Mécanique  des  corps  terrestres.  Mais  les  lois  expérimentales 
^^   Kepler  vinrent  montrer  que    ces  mouvements    n'étaient  rien 
'^oins  que   parfaits  :  il  leur  manquait  à   la  fols  l'uniformité  et  la 
^Tcularilé.  Quant  à  la  perpétuité,   qui  restait  seule  pour  les  dif- 
•érencier  des    mouvements  terrestres,  les  expériences  de  Galilée 
siir  la  chute  des  corps,  et  surtout  celles  d'Huygens,  plus  délicates 
encore,  sur  le  pendule  oscillant,  avaient  fait  comprendre  que  si  les 
Mouvements  terrestres  finissent  par  s'épuiser,  c'est  la  suite,  non 
d'une  infériorité   de  nature,  mais  des  résistances  que  nos  méca- 
nismes et  nos  mobiles  éprouvent  ici-bas.  Plus  on  atténue  ces  ré- 
sistances et  plus  les  mouvements,  une  fois  imprimés,  durent.  Ils 
persisteraient  donc  indéfiniment  si  l'on  pouvait  réaliser,  sur  notre 
globe,  les  conditions  dans  lesquelles  les  mobiles  se  trouvent  dans  les 
espaces  célestes,  c'est-à-dire  un  vide  absolu,  indéfini,  et  l'absence 
<le  tout  choc,  de  tout  frottement.  Cette  dernière  différence  entre  les 
astres  et  les  corps  terrestres  s'évanouissait  à  son  tour  pour  faire  place 
^  l'dée  de  l'inertie  de  tous  les  corps  de  la  nature,  lesquels  sont  par 
^"'^-mêmes  incapables  de  modifier  leur  état  de  repos  ou  de  mou- 
^'^nicnt  et  qui  ayant  à  un  certain  moment,  en  vertu  d'une  cause 
9«eJconque,  reçu    une   vitesse   dans   une   direction    donnée,     se 
'''^^uveiit  indéfiniment  dans  cette  direction  et  avec  cette  vitesse,  à 
^''is  qu'une  cause  étrangère,  une  force,  n'intervienne  pour  iii- 
^'"*rpeuà  peu  cette  direction  et  altérer  cette  vitesse.  Le  mou- 


Io8  LIVRE    III.     —    CHAPITRE    X. 

vement  curviligne  des  planèles  ne  prouve  donc  qu'une  chose, 
c'est  qu'ayant  été  primitivement  mises  en  mouvement  par  une 
cause  quelconque  dont  nous  n'avons  pas  à  nous  préoccuper,  elles 
sont,  sous  nos  yeux,  sollicitées  par  des  forces  dont  il  faut  lâcher  de 
connaître,  non  pas  l'intime  nature,  mais  la  direction  et  l'intensité. 


IXTI£RPRET.\T10N    MECANlQUi:    DES    LOIS    DE    KEPLER.  10() 


CHAPITRE  X. 

nTEHPRÉTATION  MÉCAMQUE  DES  LOIS  EXPÉHIMENTALES 
DE  KEPLER.  —  PARTIE  SYNTHÉTIQUE. 


-  ■—>»>» 


Loi  de  la  force  attractive  du  SoleiL 

1a  première  loi  expérimentale,  celle  d'après  laquelle  les  aires 
^t^crilcs  par  le  rayon  vecteur  d'une  planète,  comptées  y  comme  le 
iont  les  Astronomes,  autour  du  centre  du  Soleil,  croissent  pro- 
portionnellement au  temps,  montre  que  cette  force  est  constam- 
iiKMii  dirigée,  non  pas  vers  un  point  idéal  comme  le  centre  des 
<^'pic\cles  ou  des  excentriques  des  Anciens,  mais  vers  le  centre  d'un 
<^orps  matériel,  le  plus  grand  de  tout  notre  système. 

La  troisième  loi,  combinée  avec  le  plus  simple  théorème  d'Huy- 
r^ens  sur  la  force  centrifuge,  nous  apprend  que  la  force  qui  pousse 
^''s  planètes  vers  le  Soleil,  ou  en  vertu  de  laquelle  le  Soleil  attire 
'^*î>  planètes,  varie  eu  raison  inverse  du  carré  des  distances.  En 
•'^fet,  les  orbites  des  planètes  étant  à  peu  près  circulaires,  la 
'orce  qui  retient  dans  son  orbite  une  planète  de  distance  r  et  de 
Vitesse  \^  aura  pour  expression, 'en  négligeant  l'excentricité, 

F—  ^  _  4^ 
/    "~    T^    ■ 

^^'ï*  une  autre  planète  on  aura  de  même 

'    ^^après  la  troisième  loi  (p.  91), 

/__  —  —  —  K  • 

Fr»  =  F'/'==  4i:'K  =  consl. 


1  lO  LIVRE    III.    —    CHAPITRE    \. 


Signification  mécanique  des  constantes  de  Kepler. 

Cela  nous  donne  immédiatement  le  sens  mécanique  de  la  con- 
stante keplcrienne  K  quand  elle  est  multipliée  par  4'^^-  En  cQet  F, 
relatif  à  la  distance  r,  est  l'accélération  produite  par  Faction  so- 
laire, c'est-à-dire  la  vitesse  imprimée  à  la  planète  vers  le  Soleil  au 

bout  de  chaque  unité  de  temps.  Puisque  F  =:  — -^  >  cette  vili^^si» 

ne  dépend  pas  du  mobile  lui-même,  petit  ou  grand,  mais  seule- 
ment de  sa  distance  /*,  en  sorte  que,  si  toutes  les  planètes  étaient 
ramenées  à  une  même  dislance  i  du  Soleil,  sans  vitesse  acquise* 
elles   marcheraient  vers  lui  avec  une  même  accélération  égale  à 

4t:2  K.  Or,  en  prenant  le  jour  pour  unité  de  temps  et  la  distance 
de  la  Terre  au  Soleil  pour  unité  de  distance,  nous  avons  trouvé 

logK 1,87480—10 

Ajoutons 

Iog4~- I ,  V^SÔ 

Ioj;47:*K 6,47116—10 

nous  aurons  4*^*1^  =  0,0002959.  Cela  veut  dire  que  si  une  forw 
constante,  de  cette  énergie-là,  agissait  un  jour  entier  sur  un  mo- 
bile quelconque,  elle  lui  communiquerait,  au  bout  de  ce  laps  do 
temps,  une  vitesse  de  0,0009.959  par  jour  (*  ). 

Si  on  veut  prendre  le  mètre  et  la  seconde  pour  unités,  il  l'au* 
multiplier  ce  nombre  par  celui  qui  exprime  la  dislance  de  la  Terreau 
Soleil, à  savoir  234o5  x  6378393™, etiediviserparlecarréde 86400*. 
On  trouve  o^jOoG.  Ainsi  Tespace  parcouru,  au  bout  de  la  pre- 
mière seconde,  par  Tune  quelconque  dos  planètes  placées  san> 
vitesse  initiale  à  la  distance  i  du  Soleil,  ne  serait  que  de  S"". 

L* attraction  agit  sur  toutes  les  parties  du  corps  attiré. 

Mais  voici  ce  qui  relève  singulièrement  le  rôle  mécanique  de 
cette    force.     Puisque    toutes    les    planètes     grosses    ou    petites 


(•)  Ko  ri^aliuS  un  corps  lonibiint  vers  le  S<»IcmI,  de  la  flislanre  i,  serait  «^oumi»  à 
une  force  progressivement  croissanle,  et  acquerrait,  au  bout  d'un  jour,  une  viîc«« 
plus  grande  que  0,000 •.»().')(). 


INTERPRETATION    MECANIQUE    DES    LOIS    DE    KEPLER.  111 

l'éprouvent  de  la  même  manière,  quelle  que  soit  leur  masse,  il  faut 
qu'elle  agisse  sur  chaque  parcelle  de  matière  avec  la  même  inten- 
sité. La  quantité  de  mouvement  produite  vers  le  Soleil  est  donc, 
pour  chaque  planète,  proportionnelle  à  sa  masse,  et  il  en  serait  de 
même  de  la  pression  que  chaque  planète  exercerait  sur  un  obstacle 
qui  l'empêcherait  de  se  mouvoir  vers  le  Soleil.  La  mesure  de  cet 
effort  énorme  est  le  produit  de  l'accélération  par  la  masse,  c'est-à- 
dire  itz^Km, 

La  nature  terrestre  ne  nous  offre  qu'un  exemple  d'une  force 
pareille.  C'est  la  pesanteur,  en  vertu  de  laquelle  un  roc  ou  un 
grain  de  poussière,  une  pièce  d'or  ou  une  plume  tombant  dans  le 
iHcle,  acquièrent  au  bout  d'une  seconde  la  même  vitesse 
G  =  9", 7981  (à  l'équateur),  en  sorte  qu'on  est  conduit  à  exprimer 
par  m  G  la  pression  P  exercée  par  un  corps  de  masse  m  contre 
l'obstacle  qui  l'empêche  de  tomber  vers  le  centre  de  la  Terre. 

■ 

L'attraction  est  proportionnelle  à  la  masse  du  corps  attirant. 

La  troisième  loi  de  Kepler  s'applique  aussi  aux  systèmes  secon- 
daires formés  autour  de  chaque  planète  par  ses  satellites.  Ces 
planètes  sont  donc  elles-mêmes  des  centres  de  force,  et  l'accélé- 
ration  due  à  l'une  quelconque  d'entre  elles,  ayant  K'  pour  con- 
stante keplérienne,  aura  pour  valeur  ^t^'^YJ  à  la  distance  i.  Or  la 
force  que  Jupiter,  par  exemple,  exerce  autour  de  lui  sur  ses 
satellites  doit  s'étendre  au  Soleil  lui-même  et  bien  au  delà.  Si 
donc  le  Soleil  et  Jupiter  étaient  abandonnés  à  eux-mêmes,  à  la 
distance  i,  sans  autre  mouvement  que  celui  qui  naîtra  de  leur 
action  réciproque,  ils  marcheraient  l'un  vers  l'autre,  Jupiter  avec 
l'accélération  4 Tc'"^K  due  à  l'action  du  Soleil,  le  Soleil  avec  l'accé- 
lération 4  t^^  K' due  à  celle  de  Jupiter.  Et  si  on  plarait  entre  eux 
un  obstacle  capable  de  les  empêcher  de  se  mouvoir  l'un  vers 
l'autre,  cet  obstacle  éprouverait  deux  pressions  opposées,  l'une 
égale  à  /^tz^YJM.  de  la  part  du  Soleil  dont  la  masse  M  est  sollicitée 
par  la  force  4"'^^^.'  due  à  la  présence  de  Jupiter,  l'autre  égale  à 
411^ KM'  de  la  part  de  Jupiter  dont  la  masse  M'  est  sollicitée  par 
l'attraction  solaire  4'ï^'K.- 

On  admet  généralement  en  Mécanique,  du  moins  pour  les  corps 
nis  par  des  liens  matériels,  que  l'action  est  égale  à  la  réaction.  S'il 


112  LIVRE   III.    —    CHAPITRE    X. 

en  est  ainsi  on  aura 

en  sorle  que  les  forces  allraclives  des  deux  astres  seront  propor- 

K'       M' 
tionnelles  à  leurs  masses  respectives.  En  d'autres  termes  -^  =  ^; 

par  conséquent,  les  rapports  des  constantes  képlérieunes  de  la 
page  98  ne  sont  autre  chose  que  ceux  des  masses  des  planètes  k  la 
masse  du  Soleil.  Celle  de  la  Terre  est  donc  ajgooô  ^^  ^'^^  prend  la 
masse  du  Soleil  pour  unilc;  celle  de  Jupiter  est  j^,  et  ainsi  de 
suite. 

Attraction  des  sphères  homogènes. 

Il  se  présente  ici  une  vérification  remarquable.  Les  corps  célestes 
sont  sensiblement  spliériques,  et  c'est  à  partir  de  leur  centre  que 
les  astronomes  comptent  les  distances.  Puisque  l'attraction  du  Soleil 
ou  dune  planète  sur  un  point  extérieur  est  proportionnelle  à  sa 
masse  et  en  raison  inverse  du  carré  de  la  distance  de  ce  point  à 
son  centre,  les  déductions  précédentes  montrent  <jue  cette  force 
agit  comme  si  la  masse  entière  était  condensée  en  ce  centre.  Il  faut 
donc  examiner  dans  quel  cas,  pour  quel   genre  d^attraction  un^ 
masse  spliérique  homogène,  ou  composée  de  couches  homogènes^ 
agit  de  celte  façon  sur  un  point  extérieur.  On  démontre,  en  Mé — ' 
canique,  que  cela  ne   peut  avoir  lieu  (jue  si  la  loi  de  rattracliot"^ 
exercée  par  les  diverses  parties  de  cette  masîse  est  de  la  forme  \^^ 

ou  de  la  forme  —  >  A  et  B  étant  des  constantes  quelconques.  11  nt^ 

saurailétrequeslion  ici  de  la  première,  car,  dans  le  s>stème  solaire, 
les  forces  centrales  diminuent  au  lieu  d'augmenter  avec  la  distance. 
Reste  donc  la  seconde,  qui  est  justement  celle  que  nous  révèlenl 
d'autre  part  les  mouvements  de  notre  système.  On  voit  la  porté^s==^ 
decette  concordance.  Si  Ton  trouvait  que  l'attraction  d'une  sphère, 
résultant  de  l'attraction  de  ses  particules,  ne  doit  pas  être  estimée 
à  partir  de  son  centre,  et  c'est  ce  qui  aurait  lieu  pour  une  attrac- 
tion —  par  exemple,  il  faudrait  douter  que  les  forces  célestes  qu( 

nous  étudions  résultassent  de  l'action  combinée  de  toutes  les  mi 
lécules  des  globes  qui  les  exercent. 


INTERPRÉTATION    MÉCANIQUE    DES    LOIS    DE    KEPLER.  1l3 


Énoncé  nouveau  de  la  troisième  loi  de  Kepler. 

Ces  notions  nous  permeltent  d'exprimer  les  forces  d'une 
manière  commode.  Si  on  désigne  par  /  l'attraction  de  Tunilé  de 
masse  à  l'unité  de  distance,  celle  d'un  corps  de  masse  M  sera  /M, 
en  sorte  que,  pour  le  Soleil  et  les  planètes,  au  lieu  d'user  des 
expressions  /^tz'-K.,  4^"^^  •  •  •  »  nous  écrirons yM,  //?/,/>/?/,  .  .  . ,  en 
désignant  par  M  la  masse  du  Soleil,  par  m,  m',  m",  ...  celles  des 
planètes.  On  remarquera  du  reste  que  nous  ne  connaissons  jus- 
qu'ici que  les  rapports  yï'  tt  >  •  •  •  de  ces  masses  (p.  98). 

La  conclusion  à  laquelle  nous  venons  d'arriver  montre  que 
l'énoncé  de  la  troisième  loi  expérimentale  doit  être  légèrement 
modifié.  En  effet,  si  les  masses  des  planètes  sont  lort  petites  par 
rapport  à  celle  du  Soleil,  elles  ne  sont  pourtant  pas  négligeables,  et 
il  convient  d'en  tenir  compte.  Considérons  le  couple  en  mouve- 
ment formé  par  le  Soleil  et  une  planète,  et  supposons  qu'aucune 
autre  force  que  leurs  attractions  mutuelles  n'intervienne.  Celle  du 

Soleil  sur  la  planète  sera  ^^^;  celle  de  la  planète  sur  le  Soleil  sera 

—  •— T  •  LeSoleilétantlui-méme  en  mouvement,  onfaitaisément  voir 

que  ces  deux  astres  décrivent  des  ellipses  semblables  autour  de  leur 
centre  de  gravité  commun.  Pour  réduire  le  Soleil  à  l'immobilité 
et  le  prendre,  comme  le  font  les  astronomes,  pour  origine  des  dis- 
lances mesurées,  il  faut  lui  appliquer  une  force  égale  et  contraire 

à  —  î~-*  Mais  aussi,  pour  ne  pas  troubler  les  mouvements  relatifs, 

il  faudra  appliquer  la  même  force  à  la  planète.  Celle-ci  étant  donc 
sollicitée  vers  un  centre  fixe  par  la  résultante  /(M  -|-  m),  on  aura 
dans  le  cas  de  laTerre 


/(M  4- m) 


dans  le  cas  de  Jupiter, 

II.  8 


Il4  LIVRE    III.   —    CHAPITRE    X. 

et  ainsi  de  suîle.  Dès  lors  ce  n'est  pas 


a^        a" 


qu'il  faut  écrire,  mais  bien 


a»  a" 


et  Ton  aura  pour  la  constante  du  système  solaire,  en  faisant  a  =  i 
et  T  =  365^,256, 


m' 


1^1 -S) 


M, 


m 


Puisque  ^  est  égal  à  7,_v,i7ni»  il  faudra  retrancher,  de  la  constante 

que  nous  avions  d'abord  adoptée,  sa  328000*  partie,  ce  qui  fera 
sur  le  logarithme  une  diminution  de  i4  unités  du  septième  ordre: 

'«g  -jï  =^  6,471  iC5i-    ïo 

-14 


log/M  -   (),{7ii()38-   10 
/M  —  0,000295913 

(i'esl  cette  constante  que  les  Français  désignent  le  plus  souvent 
par  [JL  et  les  Allemands  par  A"^. 

Loi  de  la  force  déduite  de  la  nature  géométrique  de  l'orbite. 

Il  n'y  a  qu'un  point  faible  dans  cette  théorie.  Nous  avons  sup^ 
posé  les  orbites  circulaires,  tandis  que  ce  sont  en  réalité  des  ellipses 
dont  le  Soleil  occupe  un  foyer;  mais  il  est  facile  de  montrer  que, 
dans  une  telle  orbite,  la  force  centrale  varie  en  raison  inverse  du 
carré  des  distances. 

Le  théorème  d'iluygens,  dans  toute  sa  généralité,  a  pour  expres- 
sion 

Frosy  ---  -     > 


INTERPRETATION    MECANIQUE  DES    LOIS    DE    KEPLER.  IID 

F  n^étant  plus  une  force  centrale ,  mais  la  résultante  des  forces  quel- 
conques qui  agissent  sur  le  mobile,  ^  Tangle  de  cette  résultante  (  ^  ) 
avec  la  partie  MN  de  la  normale  à  la  courbe,  au  point  considéré, 
sur  laquelle  se  compte  le  rayon  de  courbure  R  en  ce  point,  et  V 
la  vitesse  {jig-  3i). 

Fig.  3i. 


Appliquons-le  au  cas  du  système  solaire  où  la  force  F  est  dirigée 
suivant  le  rayon  vecteur  SM  — :  r,  puisque  les  aires  comptées  autour 
du  point  S  sont  proportionnelles  au  temps.  Soit  t  l'élément  MM' 
de  la  trajectoire  décrite  dans  l'élément  de  temps  6,  en  sorte  que 

V  =  r>  et  C  le  double  de  Taire  décrite  par  rdans  l'unité  de  temps? 

L'aire  élémentaire  SMM'  aura  ainsi  deux  expressions  égales 

Jr<JCost^--=ilCô. 
Par  conséquent,  pour  le  cas  d'une  force  centrale,  on  aura 

~  z^y  zzi d  ou       Vn=:i 


ô  rcos4'  Kcos'4' 

Cette  relation  fera  connaître  la  force  quand  on  donnera  la  nature 
de  la  trajectoire  (par  R  et  ijy),  ou  bien  la  nature  de  la  trajectoire 
quand  la  force  sera  donnée.  Ici  la  courbe  est  une  ellipse  dont  le 
Soleil  occupe  un  foyer.  Or,  dans  une  telle  courbe,  Rcos'^[»=/? 
demi-paramètre.  Donc 

¥r^  :=-  —  :=:  const. 
P 

Ainsi  F  varie  bien  réellement  en  raison  inverse  du  carré  de  la 


(')  C'est  le  complément  de  l'angle  I,  p.  ii5,  t.  I. 


iG 


LIVRE    III.    —    CHAPITRE    X. 


distance,  et  tout  ce  qui  précède  se  trouve  justifié.  Nous  nous  Irou- 
Aons  encore  ici  en  présence  d'un  cas  où  la  théorie,  déduite  de  lois 
expérimentales,  en  élargit  singulièrement  la  portée.  Rcos''ir=y> 
n'appartient  pas  seulement  à  l'ellipse,  mais  aussi  aux  paraboles 
rapportées  au  fover,  et  aux  branches  d'hyperbole  tournant  leur 
concavité  vers  ledit  foyer.  Ainsi  toutes  ces  courbes  sont  des  tra- 
jectoires possibles  dans  le  système  solaire.  On  sait  en  effet  que  ie> 
comètes  décrivent  des  paraboles,  ou  du  moins  des  ellipses  leliement 
<*\ccntriques  qu'il  est  impossible  aux  observateurs  de  les  dis- 
tinguer d'une  parabole. 

Arrêtons-nous  ici  pour  démontrer,  à  l'aide  des  formules  du  t.  I 
(p.  328),  la  proposition  Rcos^'i^^/?. 


Fi  g.  3i. 


Dans  la//^.  32,  où  MX  est  la  grande  normale  faisant  Fangle  i 
a\ec  le  rayon  FM  ---  /*,  on  a,  par  le  triangle  MDF, 


sin<!/ 


COSA 


DF 
MF 


ne  —  N  r'  sin  X  _   a  —  \  f  siii  À 
ex  a  —  \c  î>inÀ 


c  ---  e. 


a 


Desin'i-— ^cosA  on  tirecos'i=:y  1 — e^cos^A  =  ^r  «Or  onavu  que 


H  --  -;(i    -6> M; 
a- 


lonc 


H  cos'^  --_ 
I\  ces'  it  -. 


\2 

\{l  —  6'-)—-  /i, 


O 


C)  n  esl  ici  la  pclite  uoriuulo. 


INTERPRÉTATION    MÉCANIQUE    DES    LOIS    DE    KEPLER.  II7 

II  est  bon  d'examiner  l'expression  de  R  cos'i.  Puisque 
r^=:a  —  exj     r'  ^=  a  -h  ejc     et    x  ::zi  N  sin  )., 


on  aura 
donc 


R  cos'>  =  —  —r-l 

a  \r       a 


et,  comme 


il  vient 


H  ces  4/ 


\ r       al  W*        a  ! 


en  désignant  ici  par  [jl  la  constante  (M  -\-  ni)/. 

Étant  données  la  vitesse  et  la  direction  du  mobile,  déterminer 

sa  trajectoire. 

Déterminer  l'orbite  parcourue  par  un  mobile  de  masse  m,  actuel- 
lement placé  à  la  distance  r  du  Soleil,  et  animé  d'une  vitesse  V 
dans  une  direction  inclinée  de  l'angle  ^  sur  le  rayon  vecteur. 

La  force   centrale  est  (M  -|-  ni)/.   Désignons-la  ici  par  [x.  La 

dernière  formule  donne  déjà  le  demi-grand  axe  a  par-,  puisque  V, 
/•  et  [X  sont  connus. 

Si  V- <  --->   -  sera  positif,  la  courbe  sera  une  ellipse. 
a      a  ^  ' 

Si  \-  —  -— ,       —  X  ,  la  courbe  sera  une  parabole. 


a      a 


Si  V*  >  —  >  -est  néffatif  et  on  a  une  hyperbole. 


Il  est  facile  d'obtenir  R  {/ig.  Sa  )  par  la  formule 


yj  ,.2 

Kcos'J^       ' 


) 


puisque  r,  V  et  ij  sont  donnés.  On  portera  R  sur  la  normale  en  MC  ; 
en  le  projetant  sur  MF,  en  MC,  on  auraR  cos'i.  En  projetant  MC 
sur  la  normale,  on  aura,  en  MD,  Rcos^ij^^:  /i.  Ainsi  le  point  D 


Il8  LIVRK    III.    —    CHAPITRE    X. 

sera  sur  Taxe,  et  la  droite  DF  en  donnera  la  direction.  Si  on  con- 
struit le  second  foyer  F',  on  aura  Pexcenlricilé,  que  l'on  déduirait 
d'ailleurs  de  la  projection  de  MD  sur  MF,  ce  qui  donnerait  />. 
L'orhite  sera  donc  entièrement  connue. 

Remarquez  ici  que  l'espèce  de  section  conique  que  doit  décrire 
le  projectile  est  indépendante  de  l'angle  <J^,  c'est-à-dire  de  la  direc- 
tion où  on  le  lance.  Elle  ne  dépend  que  de  la  vitesse  qu'on  lui 
imprime. 

Pourrhyperbole,  il  ne  peut  être  question  ici  que  de  la  branche  pour 
laquelle  R  cos^'i  est  positif,  c'est-à-dire  pour  laquelle  ^  est  un  angle 
aigu.  C'est  celle  qui  présente  sa  concavité  au  foyer  où  le  Soleil  est 
placé.  Pour  l'autre  branche,  Rcos'^  est  négatif. 

Enfin,  dans  le  cas  de  ces  orbites  à  branches  infinies,  il  n'y  a  pas 
de  temps  de  révolution.  La  troisième  loi  de  Kepler  subsiste  encore, 
mais  sous  une  autre  forme.  Nous  avons  vu  que 


4Va'  C- 

T- 


—  [A 


> 


de  là  l'énonct'  applicable  à  tous  les  cas  :  les  aires  décrites  par  le 
rayon  vecteur  dans  le  même  temps,  pour  tous  les  mobiles  qui  se 
meuvent  autour  du  Soleil,  sont  en  raison  des  racines  carrées  des 
paramètres  de  leurs  orbites. 


Autres  orbites. 

1°  Si  l'ellipse  décrite  par  un  mobile  autour  du  Soleil  avait  son 
centre  et  non  son  fover  au  Soleil,  la  loi  d'attraction  serait  toute  dif- 
férenle.  Les  symboles  adoptrs  en  Géodésie  (  1. 1,  p.  3 27) donneraient 

roos^*  -f-  ON  cosX     -  N, 

et,  comme  ON  =  Ne^cos).,  on  aurait 


Par  suite, 


/•cos'}/       \(i    -  e-cos-X  ) -^  -^• 

IN 


n  cos^o  — 


INTERPRÉTATION  MÉCANIQUE  DES  LOIS  DE  KEPLER.     ll(> 

La  formule  d'Huygens  pour  les  forces  centrales  deviendrait 


a'^ii  —  e-) 
Ainsi  Tattraclion  serait  proportionnelle  à  la  distance.  Posons 

-,—li,     d'où     C'  —  [La*{i  —  e-). 

Comme,  d'autre  part, 

L«  —  ^ ? 

il  en  résulte  que 

211  /  — 

La  durée  de  la  révolution  serait  la  même  pour  toutes  les  pla- 
nètes. Si  les  orbites  étaient  circulaires  et  couchées  sur  le  même 
plan,  le  mouvement  du  système  se  réduirait  à  une  simple  rotation 

avec  une  vitesse  angulaire  égale  à  y/jji.  Les  vitesses  linéaires  seraient 

^/jx.r,  tandis  que  dans  notre  système  elles  sont  i/^ 5  ce  qui  dif- 
fère beaucoup  d'une  rotation. 

L'attraction  newtonienne  prend  cette  forme  remarquable  à 
rintérieur  d'une  sphère  homogène  (').  Si  la  densilé  de  cette  sphère 
était  celle  d'un  gaz  ou  d'une  simple  nébulosité  excessivement 
rare,  des  corpuscules  très  denses  qui  se  mouvraient  à  l'intérieur 
décriraient  sensiblement  des  ellipses  concentriques  à  la  sphère, 
avec  une  même  durée  de  révolution. 

2°  Si  l'orbite  était  une  spirale  logarithmique,  A,  complément  de 
l'angle  constant  I  sous  lequel  cette  courbe  est  coupée  par  le  rayon 
vecteur,  serait  constant  lui-même.  Or  on  a,  pour  toutes  les  courbes 
(t.  I,  p.  ii5), 

j         dr         j        dr       ^        ,  .,         ,       r^       ds 

dS:=:-. — -y       dv  =:  C0t6,       dp  —  —  d^ -^  dVy       R  =z: ->-j 

sm^  ^  T7         r  T  ^ 


(*  )  En  effet,  pour  un  point  placé  à  l'inléricur,  à  la  distancer  du  centre,  l'altrac- 
tion  des  couches  sphériques  de  rayon  >  r  est  nulle  ;  seule  celle  de   la  sphère  de 

rayon  r,  proportionnelle  à  sa  masse  -~  r*  et  en  raison  inverse  de  r',  subsiste.  On 

ô 

voit  que  cette  attraction  est/  ^  irr. 


lao  LIVRE    III.    —    CHAPITRE    X. 

et  comme  ici  dij  =  o,  on  aura 

R=     '• 


COSiJ' 


C* 

L'équation  Fr^=  rr rr  devient  donc 

*  n  ces'  ^ 

F=       ^ 


r^cos-i}'' 


par  suite,  la  force  centrale  est  inversement  proportionnelle  an  cube 
de  la  distance.  Bien  que  le  mobile  décrive  une  infinité  de  révo- 
lutions autour  du  centre,  le  temps  au  bout  duquel  il  l'atteindra  est 
fini,  puisque  Taire  totale  décrite  par  le  rayon  vecteur,  c'est-à-dire 
rintégrale,   de  /•  à   o,  de   ^r^rfi^  =  ^/v/rcot»}  est  finie   cl    égale 

à  jT^^cot'}.  En  désignant  Fr'  par  [x,  ce  temps  serait   ^ — - 


I  y  jA  siny 

3°  Supposons  enfin  qu'un  mobile  parcoure  une  branche  d'hyper- 
bole et  que  le  contre  de  force  soit  au  foyer  extérieur.  Dans  ce 
cas  ♦}  serait  obtus,  cos»]^  négatif  et  Ton  aurait 


ri    •  ^* 

~     p 


La  force  centrale  serait  bien  inversement  proportionnelle  au 
carré  de  la  distance,  mais  répulsive.  Nous  en  trouverons  une 
application  dans  la  théorie  de  la  figure  (le»s  comètes. 


INTEGRATION    DES    EQUATIONS    DU     MOUVEMENT.  Z2l 


CHAPITRE  XL 


INTEGRATION  DES  P:QUATI0NS  DIFFÉRENTIELLES 

DU  MOUVEMENT. 


On  adoptera  ici,    pour  poser  les   éqiialions  dinerentielles   du 

'^ouvemejit,  la  décomposition  de  la  force  centrale  indiquée  par 

"aclaurin  suivant  trois  axes  rectangulaires.  Prenons  le  centre  du 

^oioil  pour  origine  et  désignons  par  jr,   >*,   z  les  coordonnées  du 

'Mobile,  par  r  son  rayon  vecteur,  de  sorte  que 

n  :=.  JC^ -^  y^  -^  Z\ 

doù 

/•  dr  :—  X  dx  +-  Y  dv  -^  z  dz, 

J-os  composantes  de  la  vitesse  V  suivant  les  trois  axes  seront 

dx       dv       dz 
^^  CfXMi  donne 


cU  '      dt  '     dt  ' 


\  y  :  .  \ 

'-■*^s  cosinus  des  angles  du  ravon  vecteur  avec  les  trois  axes 


X  y  z 
—  >  —  ï  — 
/•        /•        /• 


-  la  posé,  désignons  par  [jl  la  force  centrale  /{^l  -i-  ni)  à  la  dis- 

^^~^  I  ;  cette  force  sera,  à  la  distance  r,  ' ,  »  et  ses  composantes  sui- 
^      les  trois  axes  seront 


lix       |xr       \i.z 

""a  '        — T  '        ~1 


112  LIVRE    III.   —    CHAPITRE   XI. 

Comme  celle  force,  dirigée  vers  l'origine,  lend  à  diminuer  les 
coordonnées  du  point  altiré,  on  aura,  pour  les  équations  différen- 
tielles du  mouvement, 

d'x  jir 


dt'' 

i-' 

d'-v 

^y 

dt' 

-  7.Ï  ' 

d-z 

a^ 

dt^ 

dont  rintégratîon  complète  introduira  six  constantes  arbitraires. 
Elle  s'eflectue  aisément  en  termes  finis. 

Ajoutons  les  équations  après  les  avoir  multipliées  respectivement 
par  'idXy  idj\  idz.  L'intégration  donnera,  en  tenant  compte  de 
l'expression  précédente  de  rdr. 


bi< 


^di)  ~^  \  'di  )  '^\~di^   "  ~~J       r» 


ou  Dien 


r 


Il  étant  une  première  constante  arbitraire.  Nous  avons  déjà  obtenu 
cette  importante  relation  par  la  voie  synthétique,  car  nous  verrons 


(iiie  h  .—  —  -• 
'  a 


Retranchons  la  première  équation  de  la  deuxième  après  les 
avoir  multipliées  respectivement  par  x  et  >',  de  manière  à  éliminer 
les  seconds  membres;  on  aura 

X  d^v   -  Yft^r 

—^n? —  ^  °' 

dont  l'intégrale  est 

xdy  —  ydx 

-  _•    -    _* —  c 

dt 

c  étant  une  nouvelle  constante.  On  aura  pareillement,  en  allant 
de  Taxe  des  v  à  celui  des  :;,  puis  des  z  aux  x, 

y dz       z  dy 

z  dx     -  X  dz 
dt 


INTEGRATION    DES    ÉQUATIONS    DU    MOUVEMENT.  123 

On  élimine  les  différentielles  en  ajoutant  ces  trois  équations  après 
les  avoir  multipliées  respectivement  par  z^  x^  y^ 

c'est  l'une  des  intégrales  cherchées.  Elle  représenta   le    plan  de 

l'orbite  passant  par  l'origine.  Si  l'on  désigne  par  N  la  longitude  du 

nœud  ascendant  comptée  dans  le  sens  xy  à  partir  de  l'axe  des  x, 

et  par  i  Tinclinaison,  les  formules  du  tome  I,  p.  55,  donneront, 

en  posant 

C-  izz  c-  -f-  c'-  -t-  c"-, 

c         .    .  ,  d         .    ,  d 

ces  i  =z  — ,      sin  i  sin  N  ::=  ^  >      sin  i  ces  N  :=  —  ^-  • 
1-*  Cl  Cl 

Les  formules  de  la  page  56,  t.  I.  montrent  que  xy  — yjd  ou,  en 
rétablissant  le  rayon  pris  pour  unité,  résiné  sin  6' sin  (A'  —  A)  est 
le  double  de  la  projection  du  triangle  aboutissant  aux  sommets  C,  (7. 
Il  en  sera  de  même  dea:(>^ — y')  —  y(^x'  —  x\  Par  conséquent,  en 
passant  aux  différences  infinitésimales,  xdy — ydx-.:=  cdt  est  la 
projection  du  double  de  l'aire  décrite  dans  le  temps  dt  par  fe 
rayon  vecteur.  De  même,  c' dt  et  d' dt  représentent  les  projections 
sur  les  ïleux  autres  plans  coordonnés  du  double  do  cette  même 
aire. 

Ces  projections  étant  des  constantes,  ilen  sera  de  même  du  double 
de  l'aire  elle-même,  qu'on  peut  désigner  par  C  dt.  On  voit  que  ce 
résultat  n^pond  à  la  première  loi  de  Kepler. 

En  désignant  par  ^la  longitude  dans  l'orbite,  nous  aurons  comme 
intégrale  première  la  relation 

(i)  r-dj^—Cdt, 

dont  nous  avons  déjà  fait  usage. 

Effectuons  les  carrés  des  expressions  de  c,  c',  d'  en  la  forme  in- 
diquée, et  en  même  temps  ajoutons  et  retranchons 

x^dx^^y^'dy'^-z'^dz- 

dt'  ^ 

on  aura 

'kxydxdY  --  ixzdxdz  -^  lyzdzdy  -^  x^dx^  -^y^dy^  -f-  z^dz^  _  ^ 


î'*4  LITBE    III.    —    CHAPITRE   XI. 

c'esl-à-dîre 

^  dl  ' 

Cette  équation  devient,  avec  la  valeur  de  dt  tirée  de  la  relation  ( 
pt  en  mettant  -^  -^  h  pour  \  -. 


Irfp)  ^ci'^  -ih^-'^^ 


relation  où   Ton  reconnaît   aussitôt  Téquation    diflerentielle   d 
roniques  rapportées  à  leur  fover  et  à  leur  grand  axe  (M 


(  —  I    — r'  - —  r^  —  /-  ; 


ridentification  s'obtient  en  posant  /i  =  —  —  et  C-  =i  p\x,  L'int 
ji^rale  sera  donc,  avec  la  constante  nt. 


3) 


I  —  f  c*OM  j   —  ro 


-L 


C'est  la  seconde  loi  de  Kepler. 

L'intégrale  de  r'd^^=Gdi  étendue  aune  révolution  entière 
diirJ'e  T  comprend  le  double  de  Taire  de  l'ellipse  et  devient 


3ra-\  I  —  e-  -=CT. 
IJevons  au  carré  et  remplaçons  C-  par/>uL,  on  aura 

n  étant  le  moven  mouvement   -'^  exprimé   en   parties  du  rayo 

C'est  la  troisième  loi  de  Kepler. 

L'équation  différenlielle  (9.)  en  r  et  /,  quand  on  v  met  pour  /t 


(*  )  On  robtient  en  éliminant  v  entre  l'équation  tics  coniques  ecos  i'       -  —  i 


sa  (Jiiïérentielle  «  sin  v  =  ^  -;-  - 


INTEGRATION    DES    EQUATIONS    DU     MOUVEMENT.  IVI) 

O  leurs  valeurs,  prend  la  forme  (nous  reproduisons  ici  le  calcul 
»W  la  p.  4t>) 

-y-T]   ~—'iar  —  r'  —  ap^=^a'e*  —  [a  —  r). 

Pour  extraire  la  racine  carrée,  posons 
«5j  a  —  /•  :=:  aef  ces // ; 

nous  aurons 

a    dr 

^r  (5)  donne 

rclr^=^a{i  —  e  ces  //  )  ae  sin  u  du  ; 

piii'  conséquent  Téquation  précédente  devient 


rt  i  /  -  1 1  —  e  ces  u  )du=z  dt^ 

V  1^ 


*^  ^"Li,  en  remplaçant  i  / —  par  - 


^*laiii   une  constante  dont  nous  verrons  la  signification  tout  à 


'  neui-e.  C'est  r intégrale  que  Kepler  a 
^'de  du  même  angrle  auxiliaire  //. 


obtenue  géométriquement  à 


Lorsqu'on  fait  ii  =  o,  Téquation  (6)  se  réduit  à  ^  ::=  0;  comme 

^  ^^===  a^i  —  ^cosw)  devient  alors  r  =  a  —  ae^  rayon  vecteur  du  pé- 

**'"élîe,  on  voit  que  0  est  la  date  du  passage  de  la  planète  en  ce 

^^^-^'nt  de  Torbile.   Si  d'ailleurs  on  désigne  par  ^q   la   longitude 

^^^Venne  à  l'origine  du  temps  t,  par  m  l'anomalie  moyenne,  on 

Slji-\- nt  —  m  =L //i  r= /i  (^  ^ — 0),     d'où     J^^  —  m  r^  —  wO. 

'^ïs  six  constantes  arbitraires  se  ramènent  donc  aux  six  éléments  de 
^'^l^ite  adoptés  par  les  astronomes,  à  savoir 

iiy  e,  lu,  ^oj  '\  N- 

*  ^->  ur  exprimer,  en  fonction  du  temps  et  de  ces  constantes  arbi- 
^**"c?s,  les  coordonnées  du  mobile,  prenons  d'abord  pour  axe  des 


120  LIVRE    III.  —    CHAPITRE    XI. 

od  la  trace  du  plan  de  Torbîte  sur  le  plan  primitif  des  x,  y.  Nous 
aurons,  par  les  formules  de  la  page  76, 

or'  :=rcos(4^— N), 
y  nz  rcosi  sin(^ —  N), 
z  izi  rsinisin(4^ — N). 

Faisons  tourner  maintenant  d'un  angle  N  les  axes  des  x'  et  desy 
autour  de  l'axe  des  z^  de  manière  à  leur  rendre  leur  première 
position;  il  viendra 

X  ..  r[cos(4;^—  N)cosN  —  sin(^ —  NjsinNcosi], 
y  :  r[cos(^—  N)sinN  4-  sin(^—  N)cosNcosi], 
z  -   r  sin(4^ —  N)sini, 

Les  coordonnées  polaires  r  et  41.se  calculent  par  les  formules  sui- 
vantes : 

o}nr  —  [A, 

//  -   esioM  =:  /i(^  —  0), 
/•  -:_  a(i  —  ecosw), 


/i  -t-  e 


4^::^  t'4-Tii; 

elles  sont  donc  fonctions  du  temps  et  des  constantes  a,  e^  m,  8.  L^s 
six  constantes  «,  e,  m,  0,  /  et  N  étant  impliquées  dans  les  expres- 
sions de  x^  y^  Zj  celles-ci  peuvent  être  considérées  comme  le> 
intégrales  des  équations  différentielles  proposées;  de  fait,  en  les 
différentiant  deux  fois  par  rapport  à  t^  on  retombera  sur  ces 
équations. 


■  »)»»« 


PERTURBATIONS    DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  I27 


CHAPITRE  XII. 


PERTURBATIONS  DU  MOUVEMENT  ELLIPTIQUE. 


Si  les  planètes  n^avaient  que  des  masses  insignifiantes,  comme 
les  comètes  ou  les  planéticules  qui  circulent  entre  les  orbites  de 
Mars  et  de  Jupiter,  les  équations  du  Chapitre  précédent  suffiraient; 
les  mouvements  autour  du  Soleil  s'accompliraient  dans  de  véri- 
tables ellipses  et  les  éléments  de  ces  ellipses  seraient  de  véritables 
constantes.  Nous  avons  vu  que  tel  n'est  pas  le  cas  de  la  nature  ;  les 
éléments  des  orbites  varient  tous  progressivement  avec  le  temps  sauf 
les  grands  axes.  Tl  y  a  plus,  lorsqu'on  a  déterminé  ces  variations 
comme  nous  l'avons  fait,  à  l'aide  des  plus  anciennes  observations, 
et  qu'on  en  tient  compte  dans  le  calcul  des  positions  d'une  pla- 
nète quelconque  sur  l'ellipse  qu'elle  est  censée  parcourir  actuelle- 
ment, on  trouve,  entre  l'observation  et  le  calcul,  de  petits  écarts, 
périodiques  il  est  vrai,  mais  nullement  négligeables.  Et,  comme  les 
masses  que  nous  venons  de  déterminer  pour  les  planètes  pourvues 
de  satellites  ne  sont  pas  excessivement  faibles,  celles  de  Jupiter  et 
de  Saturne  surtout,  il  faut  en  conclure  que  les  variations  susdites 
des  constantes,  ainsi  que  les  écarts  périodiques  entre  la  théorie  ellip- 
tique et  les  observations,  sont  le  résultat  des  attractions  planétaires 
que  nous  avons  jusqu'ici  négligées.  Newton,  le  premier,  en  a  tenu 
compted'une  manière  toute  géométrique.  Il  décomposait  l'attraction 
du  corps /n' sur  le  mobile  étudié  m  suivant  deux  droites,  l'unedirigée 
de  /n  en  S,  l'autre  mP  parallèle  à  m' S.  La  première  composante 
s'ajoute  à  la  force  centrale  qui  sollicite  ce  mobile  m,  et  en  altère 
légèrement  la  loi  sans  troubler  néanmoins  l'uniforme  description 
des  aires  par  le  rayon  S  m;  la  deuxième  ne    troublerait    pas  le 
mouvement  de  la  planète  autour  du  Soleil  si  elle  était  égale  à  l'at- 
traction de  m'  sur  S.  La  différence  variable  de  ces  attractions  est 
donc  la  seconde  composante  de  l'action  perturbatrice.  Cette  der- 
nière doit  être  à  son  tour  estimée  suivant  certaines  directions  telles 


l'JlS  LIVRE    III.    —     CHAPITRE    XII. 

que  la  tangente,  la  normale  à  la  courbe  décrite,  et  la  perpendiculaire 
au  plan  de  Torblte,  de  manière  à  permettre  d'apprécier  isolément 
les  effets  de  ses  composantes.  C'est  aussi  de  cette  manière  que  nous 
chercherons  à  donner  une  idée  des  déviations  si  considérables  que 
la  Lune  nous  présente  par  rapport  aux  lois  du  mouvement  ellip- 
li(jue.  Mais  cette  voie  toute  synthétique  ne  peut  être  suivie  bien 
loin.  Les  savants  géomètres  du  continent  n'ont  pas  tardé  à  Taban- 
donner  pour  celle  de  l'Analyse  pure;  ils  ont  complété  les  équation» 
générales  du  mouvement  par  des  termes  exprimant  les  attractions 
planétaires,  puis  ils  ont  procédé  directement  à  l'intégration  de  ce< 
équations  au  moyen  de  développements  en  série  poussés  jusqu'aux 
termes  qui  cessent  d'être  appréciables  aux  observations.  Nous  de- 
vons nous  borner  ici  à  poser  ces  équations  et  à  indiquer  quelques- 
uns  des  résultats  de  ces  immenses  recherches  dont  l'ensemble  con- 
stitue la  Mécanique  céleste. 

Équations  différentielles  du  mouvement  troublé. 

Désignons  par  ///,  /*,  x^  r,  z  la  masse^  le  rayon  vecteur  et  les 
coordonnées  de  la  planète  étudiée:  par  m',  /•',  jc\y^  z'  les  mêmes 
données  pour  la  planète  perturbatrice;  par  o'  leur  distance  mu- 
tuelle. Mous  n'avons  à  tenir  compte  que  de  la  différence  des  accé- 
lérations imprimées  par  m'  à  S  et  à  m,  lorsqu'on  les  a  décompo- 
sées suivant  les  trois  axes. 

La  première  est  *— ^  et  sa  composante  suivant  Taxe  des  x  est 
^,, ,'  La  deuxième  est  — < -  >  dont  la  comj)osante  analogue  sera 

/>;|'   ./.'  _-    r  . 

^^^rr  ' — >7 On  aurait  de  même  les  composantes  suivant  les  deux 

0  -  0  * 

autres  axes.  Introduisons  les  différences  de  ces  forces  dans  les 
équations  diff»''rentielles  du  mouNement,  en  prenant  pour  unité  d^ 
masse  celle  du  Soleil  : 


rt\r 

f{  I    -   m  \.r         fm' [  .r'  —  ,r\         fm' .r' 

lit'  " 

/»                                0^                          /'•»      ' 

d'Y 

f{  I  —  m  »  >          fm'y  v'        y^          fm'  y' 

dr- 

fr-z 

f'i-m\z         fm'\z'--z)           fm' z' 

dt^ 

,J                '                0'3                           ,.» 

PERTURBATIONS   D  L'    HOl'VEaiENT    ELLIPTIQUE.  ISQ 

Les  trois  couples  de  termes  complémentaires  peuvent  être  expri- 
més simplement  par  les  dérivées  partielles  d'une  même  fonction 
de  ces  forces,  prises  par  rapport  à  a:,  ^et  z.  Celte  fonction  P, 
dite  fonclion  perturbatrice,  est  évidemment 

yW  _  /m' (,r' X -h  y  y -h  z' z)  ^ 
car  la  dérivée  de  P  par  rapport  à  x,  par  exemple,  est 


/m'  dV        fm'x' 
8'*    dx           r''     ' 

eu  comme 

S'-  —  (  x' 

^xy^(y-yy'-^(z'~ 

^)% 

on  a 

r/o'             ./•'  —  X 

dx                 8' 

La  symétrie  de  la  fonction  P  permet  même  de  Tétendre  à  Tac- 
lion  perturbatrice  de  plusieurs  planètes  à  la  fois,  m',  m", ...  en 

'•crivant 

f-i-z'z) 


t>ès  lors,  les  équations  diflerentielles  prennent  la  forme 


d'X 

f{\-\.m)x       dV 

dr  ' 

'    dx' 

di- 

/(  1  4-  m  )  y  dV 
/•»                 dy  ' 

d-'Z 

dl'   ~ 

f(\-k-ni)z  dP 
/•=»               dz 

Ces  équations,  qui  ne  sont  pas  intégrables  en  lernies  finis 
^^'^me  les  précédentes,  ne  répondent  plus,  en  toute  rigueur,  à 
^'*^  orbite  elliptique  ni  même  à  une  courbe  fermée;  mais,  par  uno 
'^^lon  à  laquelle  se  prête  l'analyse  à  cause  de  la  pelitcsse  des  per- 
^"^bations,  on  peut  les  considérer  comme  représontanl  le  inouvr- 
*^^lld*un  corps  dans  une  ellipse  légèrement  variable  de  forme  el 
.  ^-*  position.Pour  nous  contenter  d'un  simple  à  peu  près,  appliquons 
^*    les  procédés  d'intégration  dont  nous  avons    fait  usage  :   on 


U. 


l3o  MVRB    III.    —    CIIAPITilE     XII. 

aura,  par  exemple,  pour  les  aires 

xd^Y—  yci^x  dV  dV 

dt'  '    dy       *    dx 

de 

et,  en  représenlani  ficlivennenl  le  second  membre  par  -j->  on  aurait. 

en  înl*'*p:rant, 

rdy  —  yd.r  -=r.  cdt.  .  . 

La  combinaison  des  trois  intégrales  premières  de  ce  genre  donne- 
rait, pour  Tune  des  intégrales  définitives, 

cz  -\-  c  X  -\-  c"  y  —  o, 

de  même  forme  que  celle  du  mouvement  elliptique  et  représenlani 
encore  un  plan,  mais  un  plan  incessamment  variable  avec  les  quan- 
tités r,  c'y  r",  qui  ne  sont  plus  ici  des  constantes.  De  uiême,  on 
poursuivant  cette  marche,  on  obtiendrait  pour  la  trajectoire  une 
ellipse,  mais  une  ellipse  variable  de  forme  et  de  position  avec  le 
temps. 

L'intégration  eflective  fournit  deux  sortes  de  termes  profondé- 
ment distincts  :  les  uns  contenant  le  temps  explicitement  à  ses 
diverses  puissances,  les  autres  ne  le  contenant  que  sous  les  signes 
sinus  ou  cosinus.  Les  premiers  sont  les  variations  séculaires  df> 
éléments;  les  autres  sont  des  inégalités  purement  périodiques  dont 
les  effets  ne  s'accumulent  pas,  et  qui  repassent  par  les  mêmes 
valeurs,  tantôt  positives,  tantôt  négatives,  au  bout  de  périodes  plus 
ou  moins  courtes. 

Un  fait  capital  est  que  les  grands  axes  ne  présentent  que  des 
inégalités  de  seconde  espèce,  c'est-à-dire  périodiques  :  leur* 
expressions  ne  contiennent  aucun  terme  proportionnel  au  temps. 
Cesl  ce  qui  explique  Tinvariabilité  des  durées  moyennes  des  révo- 
lutions planétaires  que  nous  avons  signalée  plus  haut  comme  un 
résultat  de  plus  de  2000  ans  d'observation. 

Influence  d'un  milieu  résistant. 

Si  pourtant  Tespace  céleste  était  occupé  par  un  milieu   résis- 
tant  (•),  sa  résistance,  proportionnelle  au  carré  de    la   vitesse. 


(•;  II  faudrait  qu'il  échappât  à  la  loi  géoérale  de  rallraclion  newtonienne,  m- 


PERTURBATIONS  DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  l3l 

serait  exprimée  par  Q  (  -î;  )  i  Q  étant  une  constante  relative  à  la 

figure    et    à  la  densité  du  mobile.    Sa  composante  suivant  Taxe 

1  •    r^  f  ds\^ dx        ^-^da  dx        ,  .,  , 

des  X  serait  v  (  ;/"  )    ~7"  ^"  ^<  ;7"  tt"  '  ^^  1^  première,  par  exemple, 

de  ces  équations  deviendrait 

d^x /(i  -+-  r}\)x        dP       ^  ds  dx 

lî^  ~~  ''        7^  ^  dr~^dt7ri' 

L'intégration  donnerait  alors  des  termes  séculaires  pour  les  grands 

axes  ;  ceux-ci  diminueraient  progressivement,  et  les  révolutions 

iraient  en  s'accélérant  par   reflet    de  la  résistance  du  milieu.  Le 

terme  final  de  ces  variations  serait  la  réunion  de  toutes  les  planètes 

au  Soleil  et,  par  suite,  la  destruction  du  système. 

La  stabilité   du    système   solaire   repose   sur  Tin  variabilité  des 

grands  axes  ou  des  révolutions  sidérales.  Comme  celle-ci  existe  en 

fait,  il  faut  en  conclure  qu'il  n'y  a  pas  de  milieu  résistant,  ou  que, 

si  les  physiciens  ont  besoin  d'un  étlier  universel  pour  expliquer 

les  phénomènes  de  la  lumière,  cet  éther  est  trop  rare  pour  exercer, 

même  en  2000  ans,  une  action  appréciable  sur  un  système  aussi 

sensible  à  l'action  des  moindres  forces  que  l'est  le  système  solaire. 

Les  astronomes  suppriment  donc  ce  dernier  terme  quand  il  s'agit 

des  mouvements  célestes.  Il  faudrait  au  contraire  le  conserver  pour 

avoir  les  équations  du  mouvement  de  nos  projectiles  dans  l'air, 

dP 
et  supprimer  les  termes  -y- y  . . . ,  parce  que  les  actions  mutuelles 

de  ces  projectiles  ou  celles  des  corps  voisins  ne  sauraient  entrer  en 
ligne  de  compte. 

Variations  séculaires  des  éléments. 

Nous  nous  bornerons  à  réunir  ici  dans  un  même  Tableau  les  va- 
riations séculaires  des  éléments  des  orbites  des  planètes  à  partir 
de  1^50  :  elles  ont  été  déduites  de  la  théorie  et  sont  ainsi  mieux 
déterminées  qu'elles  ne  le  seraient  par  les  observations. 


trement  ses  diverses  parties  circuleraient  isolément,  comme  les  planètes,  autour  du 
Soleil,  et  ne  constitueraient  pas  un  milieu  proprement  dit  :  de  là  la  notion 
d*un  éther  impondérable. 


i3i 


LIVBE    III.    —    CHAPITBE    3LII. 


Qnmé» 


CxeMtricilé*. 


-:-0, 0000199 
— 9.0000540 

— 0,00004^4 
— 0.0000350 
— O.OOOlSlG 

— o,oooa4aa 
—0,0000269 
-T-o,ooooo56 


4b  périkelie. 

—  9.28' 

—  i-"7 

—  19-     ' 
— 26.40 

—  10.45 

—27.58 

-  4.49 
-   1.18 


ém 


larliMliM 

t 


-^12 

—  *8 


—  9 

-r3 

72 

—  il 

—  >2 

—  17 


-^  6 
-4 

—  2 
— w 

-  *) 
-^  3 

-34 


Mercure. o 

Vénus o 

La  Terre ....  o 

.Mars o 

Jupiter o 

Saturne o 

Iranus o 

Neptune o 

Pour  éviter  toute  méprise,  il  faut  aller  un  peu  plus  avant  dans 
cetle  question.  On  est  fondé  à  représenter  l'excentricité  de  Jupiter, 
par  exemple,  par  o,o483835  —  o,oooi3i6  (t),  t  représentant 
des  siècles,  mais  c'est  à  la  condition  de  ne  pas  pousser  trop  loin 
l'emploi  de  celle  formule  dans  le  passé  et  dans  l'avenir.  Elle 
ne  s'appliquerait  plus  en  dehors  de  la  période  historique.  S'il  s'agis- 
sait des  périodes  géologiques,  où  l'on  compte  par  m  illions  d'années, 
ces  formules  assigneraient  aux  excentricilés  des  variations  telles  que 
les  orbites  des  planètes  s'enchevêlreraient  les  unes  dans  les  aulres. 
(le  serait  un  inconvénient  analogue  à  celui  dont  les  Anciens  se 
préoccupaient  tant  lorsqu'ils  choisissaient,  pour  l'éviter,  certaines 
combinaisons  dVpicvclesel  de  déférenlsqui  nous  paraissent  aujoa^ 
dliui  singulières.  La  stabilité  du  svstème  solaire  serait  compro- 
mise. Mais,  lorsqu'on  envisage  de  telles  durées,  où  l'histoire  de 
notre  globe  nous  montre  si  clairement  que  les  conditions  astrono- 
miques de  la  vie  (excenlricilés  cl  inclinaisons  des  orbites)  étaient 
à  |>eu  près  les  mêmes  qu'aujourd'hui,  il  faut  pousser  beaucoup 
plus  loin  les  développements  de  l'Analvse.  Lagrange  a  montré  que 
c<-s  varialions  séculaires  de  l'excenlricilé  et  de  l'inclinaison  ne  sont 
pas  indéliniment  progressives;  elles  onl  un  caractère  oscillaloin* 
v.l  restent  enfermées,  dans  la  suite  des  millions  d'années,  entre  des 
limites  assez  étroites.  Laplace  a  fait  voir  que  les  sommes  suivanl«*5 


t  * 


m  \  ae-  -h  ni  \  a  i 


.'»  __ 


t*l 


m\  a  laiii;*/ -T-  m'\  fï'tanîr-r-^  m'  \  «'lanç-T  — 


resteront  toujours  constantes  tant  que  le  svstème  solaire  ne  sera 
soumis  qu'aux  forces  intérieures  qui  résultent  des  attractions  mu- 
tuelles des  corps  qui  le  composent.  Or  ces  sommes  sont  actuelle- 


PEETVRBATIONS    DU    MOUVEMENT    ELLIPTIQUE.  l33 

menl  très  petites  :  elles  Tont  donc  été  et  le  resteront  toujours.  Cela 
lient  aux  conditions  que  nous  avons  signalées  dans  l'Introduction 
du  I*"^  Volume  :  i°  Tisolcment  du  système  solaire  au  sein  de  l'uni- 
vers; a°  les  orbites  des  planètes  sont  à  peu  près  circulaires, 
très  peu  inclinées  l'une  sur  l'autre,  très  éloignées  les  unes  des 
autres  et,  circonstance  essentielle,  3"  les  mouvements  s'y  opèrent 
dans  le  même  sens.  Nous  pouvons  même  préciser  davantage  et  as- 
signer les  limites  entre  lesquelles  l'excentricité  de  l'orbite  terrestre 
restera  toujours  comprise,  ainsi  que  les  limites  analogues  de  l'obli- 
quité de  Técliptique.  Ces  nombres-là  ne  doivent  pas  être  perdus 
de  vue  par  les  géologues  qui  cherchent,  dans  les  conditions  astro- 
nomiques de  notre  globe,  Pexplication  des  phases  géologiques 
qu'il  a  traversées  (Chap.  XXVII). 

Inégalités  périodiques. 

La  théorie  permet  d'en  calculer  les  moindres  termes.  Pour  en 
donner  une  idée,  nous  consignons  ici  les  principales  inégalités  de 
la  Terre,  dues  à  l'action  de  la  Lune,  de  Vénus  et  de  Jupiter. 
Lorsqu'il  s'agit  d'obtenir  la  position  de  la  Terre  pour  une  date 
donnée,  on  calcule  à  l'aide  des  Tables  les  coordonnées  elliptiques 
^  et  r  pour  cette  date,  en  tenant  compte,  bien  entendu,  des  va- 
riations séculaires  qui  affectent  les  éléments.  Puis  on  forme  les 
arguments  suivants  :  longitude  de  la  Lune  —  longitude  du  So- 
leil; longitude  moyenne  de  la  Terre —  longitude  moyenne  de 
Vénus,  c'est-à-dire  4j)4-/i'^  —  -G — n" t\  longitude  moyenne  d*^ 
la  Terre  — longitude  moyenne  de  Jupiter,  etc.  ;  on  prend  ensuite 
dans  les  Tables  la  valeur  correspondante  des  termes  suivants  : 


Ëquat.  lun...        -4-6',5s 

/  -4-  5,0  s 

Inégalités  pro-  \  —5,7  s 

duites parvenus,  i  — 0,7  s 

'  —3,5  s 


Inégalités  pro-  i 
«fuites  par  Jupi-  '| 
ter 


-f-7%1  s 

s 

—  0,1  s 


—  2,0  s 


n   (C-0) 


n  [3(4^0 


1^4  LIVBE    III.    —    CHAPITBE   SU. 

et  on  en  ajoute  la  somme  à  la  longitude  elliptique.  De  même,  au 
rayon  vecteur  elliptique  R,  on  ajoute  les  termes  suivants  : 

0,0<XX>2G3  C05  2  (  ^0  -r-  /!/       —  J^  —  w'/  M  I  —  [Xi 

-T-  u  ,CK  ooi  6i  cos     {  ^';  -T-  n*^t  —  '^i  —  n't  )  il  —  jx"  )  —  . . . , 

formules  dans  lesquelles  [x"  et  rx'  désignent  de  |>etites  corrections 
dont  les  niasses  adoptées  pour  Vénus  et  Jupiter  pourraient  avoir 
besoin. 

Ces  mêmes  termes  nous  montrent  comment  on  parvient  à  déter- 
miner les  masses  des  planètes  Mercure  et  Vénus,  qui  n'ont  pas  de 
satellites.  L'argument  de  la  première  inégalité  due  à  Vénus  indiqu»* 
que  la  période  de  celte  inégalité  est  la  révolution  synodique  de 
Vénus,  c'est-à-dire  de  584  j*>urs;  il  suffit  donc  de  déterminer  la 
position  de  la  Terre  (ou  du  Soleil)  pendant  cette  période  pour 
sui\re  complètement  la  marche  de  celte  inégalité,  qui  passera,  à 
291  jours  d'intervalle,  de  —  b^yO  à  -f-  j',o.  Si  les  observations 
montrent  que  ce  coefficient  5"  doit  être  un  peu  augmenté  ou  di- 
minué, on  en  conclura  la  valeur  de  la  petite  correction  p-'qui  devra 
être  appliquée  à  la  masse  supposée  de  Vénus.  Mais  c'est  surtout 
dans  les  inégalités  séculaires  de  l'obliquité  de  l'écliptique,  du  péri- 
hélie, etc.,  de  l'orbite  terrestre  que  se  révèle  le  mieux  l'influence 
d'une  erreur  sur  la  masse  de  Vénus,  et  c'est  par  elles  qu'on  en  dé- 
termine le  plus  exactement  la  valeur,  parce  qu'ici  les  effets  de  celle 
pelite  force  ^rallraction  de  Vénus  sur  la  Terre)  vont  en  s'accumu- 
lant  de  siècle  en  siècle. 

Quant  à  l'inégalité  lunaire,  dont  la  période  est  d'un  moi$, 
nous  la  déterminerons  plus  loin.  C'est  la  seule  qui  puisse  être 
traitée  à  part  dans  cet  Ouvrage;  elle  nous  fera  connaître  la  niasse 
de  l'astre  perturbateur,  la  Lune. 


CARACTÈRES    DE   l'aTTRACTIOX    NE  WTON  I  ENN  E.  i35 


CHAPITRE  XIIÎ. 


CARACTKUKS  DK  L'ATTUACTION  NKWTOMKNNK. 


La  loi  de  rattraction  n'est  pas  susceptible  de  modification. 

Nous  avons  vu  que  cette  force  agit  sur  toutes  les  particules  du 
corps  attiré,  qu'elle  est  proportionnelle  à  la  masse  du  corps  atti- 
rant, et  que  son  intensité  varie  en  raison  inverse  du  carré  des  di- 
stances. La  démonstration  de  cette  dernière  loi  est  fondée  sur  la 
supposition  du  mouvement  elliptique  des  planètes.  Mais,  en  toute 
rigueur,  les  planètes  ne  se  meuvent  pas  dans  des  ellipses  fixes  et 
fermées;  on  pouvait  donc,  dans  les  premiers  temps,  et  avant  que 
les  observations  fussent  venues,  comme  aujourd'hui,  confirmer 
les  déductions  les  plus  éloignées,  les  plus  délicates  de  la  théorie 

de  l'attraction,  se  demander  si  la  forme  -^  est  bien  l'expression 

exacte  d'une  loi  de  la  nature.  L'exposant  2  ne  serait-il  pas  une 
simple  approximation?  Newton  se  posa  à  lui-même  l'objection  et 
y  fit  une  réponse  péremptoire.  Dans  les  orbites  planétaires  l'obser- 
vation constate  que  le  rayon  vecteur  le  plus  long  suit,  à  180"  de 
distance  angulaire,  le  ra^on  vecteur  le  plus  court,  ou  du  moins  à 
180®  plus  un  très  petit  nombre  de  secondes  (4  ^^"^  ^  pour  la 
Terre).  C'est  le  phénomène  de  la  variation  de  la  longitude  du  péri- 
hélie. Eh  bien.  Newton  démontra  que,  si  l'on  voulait  augmenter  de 

^seulement  l'exposant  2  du  dénominateur  de  ^y  il  en  résulterait 

que  l'aphélie  de  la  Terre,  au  lieud'ètre  sensiblement  opposé  au  péri- 
hélie, dans  la  môme  révolution,  serait  plus  avancé  en  longitude 
d'au  moins  i8i®,3o.  En  d'autres  termes,  le  mouvement  du  péri- 
hélie serait  de  plus  de  3*  à  chaque  révolution;  cela  ferait  3oo" 
par  siècle,  tandis  que  cette  variation  n'est,  d'après  les  observations, 
que  de  19'. 


l36  LITBE    III.    —     CBAPITBE    XIII. 

Il  y  a  plus.  Newton  ayant  calculé  la  part  qui  doit,  dans  cet  im- 
perceptible mouvement  des  périhélies,  être  attribuée  aux  attractions 
planétaires,  trouva  à  très  peu  près  ce  chiffre  de  i^.  en  sorte  qu*il 
ne  reste  rien,  dans  ce  phénomène  délicat,  qui  fasse  soupçonner 
une  erreur,  si  petite  qu'on  le  >oudra,  dans  la  loi  assignée  à 
l'attraction. 

Les  géomètres  ont  r  ncontré  plus  d'un  mécompte  et  n*0Dt  pa$ 
toujours  réussi  du  premier  coup  à  rattacher,  à  cette  loi,  certains 
détails  délicats  du  mouvement  des  cor{>s  célestes.  Ils  ont  été  plus 
d'une  fois  tentés  d'attribuer  leurs  insuccès  à  b  loi  elle-même,  et 
cherché  en  conséquence  à  la  modifier  par  de  petits  termes  addi- 
tionnels; mais  ils  ont  toujours  fini  par  reconnaître  que  le  mécomple 
tenait  à  l'imperfection  de  leur  anaivse.  Eln  b  rectifiant  ou  en  pous- 
sant plus  loin  leurs  développements,  ils   arrivaient  au    but   sans 

a%'oir  rien  à  changer  à  la  loi  -4  •  C'est  ainsi  que  Newton  lui-même 

ne  put  trouver  dans  ses  calculs,  pour  le  périgée  de  l'orbite  lunairet 
que  la  moitié  du  mouvement  obser\é.  Mais  Clairaut  réussit,  par 
une  analyse  plus  complète,  à  lever  la  difficulté,  en  montrant  que  le 
terme  auquel  s'était  arrêté  Newton  n'était  que  le  commencement 
d'une  série  dont  les  termes  négligés  doublaient  la  valeur  du  premier. 
De  même,  lorsque  les  géomètres  eurent  prouvé  rinvariabilitédes 
moyens  mouvements,  ils  se  trouvèrent  en  face  d'un   phénomène 
qui  semblait  en  contradiction  absolue  avec  cette  conclusion  :  noQS 
voulons  parler  de  la  grande   inégalité  de  Saturne  et  de  Jupiter. 
Les  obser\ations  des  Grecs  et  des  Arabes,  comparées  à  celles  du 
x%i*  siècle,  avaient  établi  que  le  mouvement  de  la  première  pla- 
nète allait  peu  à  peu  en  s'accélérant,  tandis  que  celui  delà  seconde 
présentait  l'effet  contraire.  Lagrange  lui-même  échoua   dans  ses 
efforts  pour  lever  cette  contradiction  frap[*ante.  On  accusait  déjà 
la  loi  de  l'attraction  lorsque  Laplace  découvrit  la  cause,  si  long- 
temps clierchte.  dans  ce  fait  <|ue  les  moyens  mouvements  de  Jupiter 
et   de  Saturne,  tout   incommensurables  qu'ils   soient   en  réalité, 
approchent   néanmoins  d'une  commensurabilité   grossière,  en  ce 
sens  que  deux  révolutions  de  Saturne  en  valent  cinq  de  Jupiter  à 
143  jours  près,  c'est-à-dire  à  -^  près  de  la  dernière.  Il  résulte  effec- 
tivement de  cette  circonstance  singulière  une  inégalité  à  longue 
période,  procédant   suivant    le    sinus    de   cinq    fois  la  longitude 


CARACTÈRES   DE   l'ATTRACTION   XEWTONIENNE.  187 

moyenne  de  Jupiter  moins  deux  fois  celle  de  Saturne,  qu'on  n'au- 
rait certes  pas  soupçonnée  dans  les  mouvements  des  deux  pla- 
nètes. L'introduction  de  cette  inégalité  mit  d'accord  les  observa- 
tions des  Anciens  et  celles  des  Modernes. 

L'attraction  est  indépendante   de  l'état  physique  ou  chimique 

des  corps. 

L'attraction  est  indépendante  de  l'état  physique  ou  chimique  des 
corps.  Ainsi  la  masse  incandescente  et  presque  entièrement  fluide 
du  Soleil  et  les  masses  relativement  froides  et  denses  des  planètes 
présentent  à  cet  égard  les  plus  grandes  difi*érences,  et  cependant 
rien,  dans  les  phénomènes  astronomiques  les  plus  délicats,  n'in- 
dique que  leurs  attractions  mutuelles  soient  réglées  par  autre  chose 
que  leur  quantité  de  matière. 

La  propagation  de  l'attraction  est  instantanée. 

Elle  ne  se  propage  pas  successivement  dans  l'espace  comme  la 
lumière  ou  la  chaleur,  mais  instantanément.  Laplace  a  démontré 
que,  si  l'attraction  a  une  vitesse,  celle-ci  est  au  moins  cent  mil- 
lions de  fois  plus  grande  que  celle  de  la  lumière. 

L'attraction  des  corps  célestes  est  identique  avec  la  pesanteur. 

Voilà  donc  une  force  que  tous  les  corps  du  système  solaire  exercent 
à  toute  distance  dans  l'espace  céleste,  et  qui  ne  ressemble  àaucune  de 
celles  que  nous  mettons  en  jeu,  sauf  la  pesanteur  à  laquelle  nous  l'avons 
déjà  comparée.  Celle-ci,  en  efi'et,  agit  sur  tous  les  corps,  molécule  à 
molécule;  le  poids  qu'elle  leur  communique  ne  dépend  que  de  leur 
masse;  la  vitesse  de  chute  qu'elle  leur  imprime,  du  moins  dans  le 
vide,  en  est  absolument  indépendante.  Elle  n'est  interceptée  par 
aucun  écran;  elle  règne  à  l'intérieur  de  la  Terre  aussi  loin  que 
nous  y  ayons  pénétré,  et  à  l'extérieur  aussi  haut  que  nous  nous 
soyons  élevés,  sans  qu'on  ait  pu,  il  est  vrai,  s'écarter  assez  du 
centre  de  la  Terre  pour  y  remarquer  une  variation  dépendante  de 
la  distance.  A  la  vérité,  ce  n'est  pas  un  phénomène  entièrement 
simple,  à  cause  de  la  rotation  diurne  de  notre  globe,  mais  il  est 
aisé  d'en  défalquer,   comme  nous  l'avons  fait  au  Chapitre  XXIII 


l38  LIVRE     III.    —     CHAPITRE    XllI. 

du  Tome  V',  la   composaDte    verticale  de  la    force   centrifuge. 
Comparons    donc    ces   deux  forces.  11   suffirait   pour  cela   de 

ramener  l'attraction  de  la  Terre  tt-k à  la  distance  (  o  )  du  centre. 

3^8000  ^»  ^ 

(  3)  désignant  le  rayon,  et  d*}  introduire  les  unités  courantes,  le 

mètre  et  la  seconde,  au  lieu  de  la  distance  du  Soleil  à  la  Terre  et 

du  jour  mo}en.    Mais  comme  cette  attraction  a  été  déduite  des 

mouvements  de  la  Lune,,  il  sera  mieux  de  reprendre  entièrement 

If  calcul,  comme  Newton   l'a  fait,  avec    toute   Texactitude  que 

Ton  V  peut  mettre  aujourd'hui.  Soient  m,  m'  les  masses  des  deux 

iistres,  (l  leur  distance,  T  la  durée  de  la  réNolution  sidérale  de  la 

Lune  :  on  aura 

.  4 ..  ff 

Jim  -r-m  )—  -yT"* 

Si  d  est  exprimé  en  rayons  terrestres  (p)  (à  Téquateur),  l'attrac- 
tion ainsi  calculée  sera  relative  à  la  distance  (p)  et  exprimée  en 
parties  de  cette  unité.  Pour  Tavoir  en  mètres,  il  suffira  de  multiplier 
le  résultat  parla  valeur  de  (p)  en  mètres,  c'est-à-dire  par  63-8393". 
Nous  verrons  plus  loin  que  la  mesuredirecte  de  rf(  distance  de  la  Lune) 

adonnérfr^ 60, 264(0)=^  —, et  que  T  --  i':J,32i66o  x  864oo*. 

'       ^^»  l'jOOO        ^  '  ^ 

D'ailleurs,  l'action  perturbatrice  du  Soleil  a  pour  effet  de  réduire  de 

:7V-  reflet  de  l'attraction  de  la  Terre  sur  la  Lune  :  enfin  nous  verrons 
3.)- 


ni 


ciue  m  =^  s Il  faudra  donc  multiplier  le  second  membre  par 

*  00,7-^  '  ^ 

I --  TTT- et  le  diviser  par    i -i-  -^ Voici  le  calcul  de  l'attrac- 

lion  de  la   Terre  ramenée  à  la  distance  i  p)  de  son  centre  : 

log27.3:iir>6. . . .       1,1 3051  I<»g4-' 1,59636 

Iog864oo 4. «Ho"»»  log(H>,2Gi. . .      5,34018 

I*»î;T 6,3:3oji  ClogTs 7.15396— io 

logT* i9,74G<>4  hij»  JLlz 9,99465     i«» 

81  ,7>. 

358 

l<»g    ^^ 0,0411'H 

logis» 6.80471 


<»,99««7 


CARACTÈRES    DE  l'aTTRACTION    NEWTONIENNE.  iBq 

Ainsi  Fattractioti  céleste  de  la  Terre  à  sa  surface  est. .     9,7965 
L'intensité  G  de  la  pesanteur  (t.  I,  p.  332) 9» 7981 


Différence 0,0016 

L'écart  est  au-dessous  de  Terreur  à  craindre  par  suite  de  Tincer- 

tiliide  de  cL  c'est-à-dire  de±:  3.     /^ —  =  o™,oo2. 

14000 

Il  y  a  donc  identité  complète  entre  l'attraction  des  corps  célesles, 
telle  que  celle  de  la  Terrç  sur  la  Lune,  et  la  pesanteur.  Celte 
attraction  n'est  pas  une  force  fictive,  imaginée  par  les  astro- 
nomes pour  rendre  compte  de  leurs  observations  :  c'est  une  réalité 
que  nous  retrouvons  autour  de  nous  dans  les  phénomènes  familiers 
du  poids  des  corps  et  de  leur  chute. 

Les  vérifications  ne  manqueront  pas.  Nous  conclurons,  par 
exemple,  que  les  corps  terrestres  doivent  s'attirer  les  uns  les  autres, 
chose  qu'on  n'eilt  jamais  soupçonnée  auparavant.  Soit  une  petite 
sphère  de  rayon  /•  et  de  densité  3.  Son  attraction  sera,  à  la  surface, 

Si  elle  est  de  môme  densité  que  la  Terre,  on  voit  que  son  allrac- 
lion  sera  à  celle  de  notre  globe,  sur  un  point  de  la  surface, 
dans  le  rapport  de  leurs  rayons.  Si  elle  a  i"*  de  rayon,  par 
exemple,  son  attraction  sur  un  corps  placé  à  la  surface  sera 
6378393  fois  moindre  que  celle  de  la  Terre.  Les  balances  ordi- 
naires ne  seraient  pas  capables  de  mettre  en  évidence  des  ac- 
tions si  faibles;  mais  on  est  parvenu  à  les  mesurer  à  l'aide  de  la 
torsion  d'un  long  fil  métallique,  qu'on  peut  proportionner  aux 
plus  faibles  forces.  On  a  même  déduit  de  ces  belles  et  délicates 
expériences  (Cavendish,  Reich,  Baily,  Cornu)  la  densité  du  globe 
terrestre.  Nous  avons  vu,  en  Géodésie,  qu'on  a  mesuré  aussi, 
par  des  procédés  bien  différents,  l'attraction  de  certaines  mon- 
tagnes. Enfin  l'observation  du  pendule  au  niveau  de  la  mer  et  sur 
des  plateaux  très  élevés  a  montré  que  la  pesanteur  diminue,  comme 
l'attraction  céleste,  à  mesure  que  Ton  s'écarte  du  centre  de  la 
ferre. 


l4o  LIVRE    III.    —    CHAPITRE    XIII. 

Critique  du  mot  attraction. 

Celte  identification  nous  apprend  que  le  poids  d'un  corps  ne 
dépend  pas  seulement  de  sa  masse  :  il  est  relatif  à  la  planète  sor 
laquelle  il  est  placé.  Ce  poids  serait  28  fois  plus  grand  sur  le  Soleil 
que  sur  la  Terre,  et  se  réduirait  à  bien  peu  de  chose  si  le  corps 
appartenait  à  une  de  ces  planéticules  qui  circulent  entre  Mars  et 
Jupiter.  Elle  nous  permet  de  transporter  à  la  pesanteur  tous  les 
attributs  que  nous  avons  reconnus  à  l'attraction  newtonienne. 
Mais  elle  nous  laisse  dans  la  même  ignorance  sur  la  cause  première 
decetle  force.  Il  faut  donc  avouer  que  le  mot  commode  à'attraction 
est  fort  malimaginéy  en  ce  qu'il  semble  mettre,  dans  chaque  corps, 
un  effort  semblable  à  celui  que  nous  faisons  pour  tirer  un  fardeau 
avec  une  corde.  Mais  l'essentiel  est  de  connaître  les  caractères  de 
cette  force,  de  cette  tendance  qui  sollicite  les  molécules  de  matière 
les  unes  vers  les  autres  à  toute  distance;  ils  figurent  seuls  dans 
nos  équations.  Savoir  que  cette  force  céleste,  dont  nous  ne  con- 
naissons que  les  effets,  n*est  autre  que  la  pesanteur  familière,  c'est 
s'expliquer  l'une  par  l'autre  autant  que  ces  choses-là  peuvent  être 
comprises. 

Aujourd'hui  ces  considérations  paraissent  bien  simples.  Il  ne 
faudrait  pas  croire  qu'elles  le  fussent  aux  débuts  de  la  science  nou- 
velle. Lorsque  Newton  essaya  pour  la  première  fois,  en  1 665,  de 
comparer  Taltraction  céleste  de  la  Terre  à  la  pesanteur,  par  un 
calcul  identique  à  celui  qu'on  vient  de  voir,  il  employa  une  fausM» 
valeur  du  rayon  delà  Terrcqu'il  déduisit  de  Tévalualion  en  usage,  de 
son  temps,  chez  les  géographes  et  les  marinsde  son  pays.  On  croyait 
en  Angleterre  que  le  mile^  de  1760  yards  ou  de  1609™,  valait 
l' terrestre  ou  la  soixantième  partie  du  degré.  Dès  lors 

(S)-- 1609™  X  3 ',38, 

puisque  Tare  de  i'  est  contenu  3438  fois  dans  le  rayon.  Or  la  mi- 
nute de  grand  cercle  sur  la  Terre  est  de  iSSa™  et  non  de  1609". 
L'erreur  était  de  près  de  ^.  Au  lieu  de  9™,  80  Newton  trouva  pour 
Tattraction  de  la  Terre,  par  le  calcul  précédent,  8™,  4^-  ï'  crut  dès 
lors  que,  dans  la  pesanteur  G,  il  y  avait  autre  chose  encore  que 


CARACTÈRES    DE    l'aTTRACTION    NEWTONIENNE.  i4i 

l'attraction  des  astres,  et  abandonna  son  idée  pendant  seize  années. 
Si  l'identification  des  deux  forces  eût  été  chose  aussi  naturelle 
qu'elle  nous  le  paraît  aujourd'hui,  Newton  n'aurait  pas  manqué 
de  soupçonner  quelque  faute  dans  Tun  de  ses  nombres,  et  il  aurait 
bien  vite  appris,  en  recherchant  les  mesures  antérieurement  connues 
de  Fernel  et  de  Norwood,  que  c'était  en  effet  le  cas.  Ce  n'est  que 
seize  années  plus  tard  qu'il  entendit  dire,  dans  une  séance  de  la 
Société  royale  de  Londres,  que  Picard  avait  trouvé  67060  toises 
pour  la  longueur  de  Tare  de  1°.  Il  reprit  son  ancien  calcul  avec 
cette  donnée  nouvelle  et,  obtenant  enfin  la  vérification  cherchée, 
il  sentit  qu'il  était  sur  la  voie  des  plus  grandes  découvertes. 


Calcul  définitif  de  la  masse  de  la  Terre. 

Nous  pouvons  désormais  considérer  un  pendule  qu'on  fait  os- 
ciller à  la  surface  de  la  Terre  comme  un  satellite,  car  la  durée  de 
5CS  oscillations  dépend  de  la  masse  de  notre  globe  tout  comme  les 
^'éna  en  Is  de  l'orbite  lunaire.  On  a  vu  (t.  I*"",  p.  332)  que  la  pesanteur 
^»  ou  plutôt  l'attraction  de  la  Terre  à  la  dislance  (p),  est  9",  7981 . 
^^  a  donc 

/ni  =zG(p)' 

^  'a  distance   i™,  la  masse  de  la  Terre  étant  réunie  en  son  centre. 
•"-■  Cre  part,  l'orbite  de  la  Terre  autour  du  Soleil  nous  donne 

/        a        "È 

/(  M -^ //i  4- /;«  )=:  -i-.p^ 

•*  '^     distance  arbitrairement  prise  pour  unité,  i"',  pourvu  que  a  soit 
^'^P^^îmé  en  mètres  et  T  en  secondes;  par  conséquent, 


Fft 


-h  m  4-  m 


.,,  m       GT^(p)*  GT^     (p)^ 

7     ou  sensiblement     vf  =    .    ^    ,—  =  ,    ^,  -  -^-  • 

M  .\Tra^  W-(p)     Ci^ 


^^  ""^ —  ^Tsin":!',!:' étant  la  parallaxe  du  Soleil  donllavaleurest8",8i3 
^'^ici  le  calcul  : 


l42  LIVRE    III.    —    CHAPITRE    Xlll. 

îogG 0,99114 

logT* 14,998^2 

O  log4Tc» 8,4o364— 10 

O  log  (p) 3, 19530—10 

log  sin»ic' 6,89210 — ao 

log  1^ 4, 48040—10 

log  dcnom 6,51960 

Ainsi  la  masse  de  la  Terre  est  3,o*geo^  avec  une  incertitude  de 7;^, 
due  à  celle  de  la  parallaxe  du  Soleil,  qui  est  de  ±:  j^n  ^^  ^*  ^'' 
leur  (  *  ). 

Les  astronomes  donnent  souvent,  sous  le  nom  de  masse  de  la 
Terre, la  somme  des  masses  du  couple  Terre-Lune.  On  aura  m  4-  w' 
ou  m  (  1  4-  j^pj^)  en  multipliant  le  résultat  précédent  par 


on  trouve  ainsi  m  -h  m'  =  jj^goô. 


(•)  V Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  donne  — ?- — ;  la  différence  lient  î 

celle  des  éléments  de  ce  calcul,  tel  que  la  parallaxe  du  Soleil.  Quant  au  résultat 
provisoire  de  la  p.  98,  le  calcul  détaillé  de  la  p.  i38  montre  qu'il  doit  être  aug- 
menté de  jjj  de  sa  valeur.  On  retrouve  alors,  à  très  peu  près,  le  résultat  ci- 
dessus,  non  pour  m,  mais  pour  m  ■+-  m'. 


Cl 


PESANTEUR   A   LA   SURFACE    DES    ASTRES.  I4> 


CHAPITRE  XIV. 


PESANTEUR  A  LA  SURFACE  DES  ASTRES;  ORIGINE  DE  LEUR 

CHALEUR  ET  DE  LEUR  LUMIÈRE. 


Pesanteur  à  la  surface  du  Soleil  et  des  planètes. 

L'attraction  du  Soleil  à  la  distance  i"',  sa  masse  élant  réunie  en 

son  centre,  est  *    ^    ?  a  étant  exprimé  en  mètres  et  T  en  secondes. 

On  aura  l'attraction  à  la  distance  du  ravon  t,  c'est-à-dire  à  la  sur- 
face,  par    . 

T-v-  * 

Le  rayon  v  du  Soleil  s'obtient,  en  mètres,  en  divisant  membn»  à 
membre 

-  1=  sini6',     —  =1  sin8*,8i3,  ce  qui  donne  v  ==  108,985  (p), 

et  en  faisant  (p)  =  6378393™.  Le  calcul  donne  ajS'",^.  Ainsi  la  pe- 
santeur, qui  devrait  être  108,93  fois  celle  de  la  Terre  si  le  Soleil 
avait  môme  densité  moyenne  que  notre  globe,  n'est  que  28  fois  plus 
grande.  Sa  densité  moyenne  n'est  donc  que  le  quart  de  la  nôtre,  ou 
de  1,4  par  rapport  à  l'eau. 

On  calculerait  de  même  la  pesanteur  à  la  surface  d'une  planète 
dont  la  masse  et  les  dimensions  sont  connues.  (Voir  Table  des 
éléments  du  système  solaire,  à  la  fin  de  ce  Volume). 

Limites  de  l'aplatissement. 

La  rotation  étant  donnée,  il  est  aisé  d'en  conclure  la  force  cen- 
trifuge à  l'équateur  et  son  rapport  à  la  pesanteur  équatoriale  G. 


i4l 


LIVRE    III.     —    CHAPITRE    XIV. 


Ce  rapport,  qu^on  désigne  par  la  lellre  q^  a  pour  expression 


'Y  étant  la  durée  de  la  rotation  en  secondes.  Clairaut  a  montré  que. 
pour  un  sphéroïde,  l'aplatissement  est  compris  entre  ^q  et  {q,  la 
première  valeur  ayant  lieu  si  la  densité  des  couches  croît  à  l'infini 
\ers  le  centre,  c'est-à-dire  si  la  masse  y  est  presque  loule  con- 
densée, et  la  seconde  étant  relative  au  cas  de  Thomogénéité.  Voici 
les  éléments  de  ce  calcul  pour  le  Soleil  et  quelques  planètes  : 

Rayon 
en  parties  de  (p). 

Soleil 108,935 

Mars 0,535 

Jupiter Il  ,o65 

Saturne 9,3(>5 

Rappelons  que  (p)  =  GSjSSpS""  et  G  =  9'", 7981 . 
Lu  formule  précédente  donne  : 


Pesanteur 

Rotation. 
J       h      m     ft 

25 .   4  •  '^9 

on  parties  de  G 
518 

1.    0.37.13 

o,38 

9.55.37 

7.^l5 

1 0 .  1 4  •  '>\ 

0,89 

Valeurs 
de  q. 


Limites 
df>  rapl.itissemont. 


Aplatiss<*menl      Densité 
obscrv<^.       nioyennf. 


Soleil. . . 
La  Terre 
Mars.. . . 
Jupiter. . 
Saturne . 


insensible 


8UOO 

38UU0 

1  t 

i»  6  0  0  0 

iiisijii:; 

1 

2  88 

1 
230 

et 

1 
57  S 

1 
292 

1 
î»  5 

1 

172 

et 

1 

1 
17V 

1 
1  1.3 

1 

n 

1 
23 

1 
1  7 

1 

• 
* 

et 

1 

10 

1 
9 

1,4 
0.7 


Ainsi  la  Terre  et  Mars,  c'est-à-dire  les  planètes  très  denses, 
doivent  avoir  un  accroissemeiil  de  densité  vers  leur  centre  beaucoup 
plus  rapide  que  Jupiteretsurtont  Saturne,  dont  lesdensitésmovennes 
sont  relativement  faibles. 


Chute  des  corps  sur  le  Soleil. 

On  vient  de  voir  qu'un  corps,  en  tombant  d'une  très  petite  hau- 
teur à  la  surface  du  Soleil,  accjuiert,  dans  la  première  seconde  de 
sa  chute,  une  vitesse  de  27!V",'>.,  à  peu  près  celle  d'une  balle  de 
(iisil. 

Si  le  corps  part  d'une  distance  quelconque  5,  comptée  à  partir 


ORIGINE    DE    LA    GHALEL'R    DES    ASTRES.  l45 

du  centre  du  Soleil,  en  sorte  qu'il  faille  tenir  compte  de  la  varia- 
lion  de  la  pesanteur  avec  la  distance,  Tcquation  différentielle 
sera,  en  désignant  par  G'  la  pesanteur  solaire  à  la  distance  t  du 
centre, 

'i!i  — _  GV 

Intégrons  après  avoir  multiplié  par  2-^>  il  vient 

\*— h  h. 


Supposons   la  vitesse  initiale  nulle    et    la   distance    initiale    si 
g^^nde  que  la  constante  h  puisse  être  négligée  :  on  aura  pour  ^  =  t 


m 


V  =z  y/2G'v, 

^  ^tant  toujours  exprimé  en  mètres.  Le  calcul  donne  V  =  616000 
^^  '^4  lieues  pair  seconde.  La  force  vive  ^//iV^  d'un  corps  de  masse /7i 
^^bantderinfini  sur  le  Soleil  cstfacileàévaluer.  Supposons-ledc  i''* 

^"'"'3  Terre:  sa  masse  sera -p-  =  yf»  •  On  trouve  ainsi,  pour  la  force 

^ive  îaljsorbée  dans  le  choc,  18700000000*^6»». 

^^    clestruction  de  cette  force  vive  engendrera,  à  raison  de  i*"*^ 
pour    ^25^"\  ...  -14  millions  de  calories. 

Origine  de  la  chaleur  et  de  la  lumière  du  Soleil. 

^'    ^onc  le  Soleil  a  été  formé  par  la  concentration  d'une  quantité 
I  ....  .  . 

"^"^^t.^riaux  primitivement  disséminés  sur  un  grand  espace,  et  tom- 
bant j^çu  à  p(»^,  vers  un  centre  d'attraction  quelconque,  sa  for- 
matic^j^  aura  dû  être  accompagnée  d'un  énorme  développement 
de  cix^içyj.^  Lçg  astres  ainsi  formés  (le  Soleil,  les  étoiles)  restent 
encoï-^  incandescents  malgré  leur  radiation  incessante,  qui  dure 
tlepttt^  Tépoque  de  leur  formation,  tandis  que  les  corps  à  masse 
relativement  très  faible,  la  Terre,  les  planètes,  sonl  d/'jà  éteints, 
au  n^oins  à  la  surface. 

^^tic  conception  répond  à  l'un  des  plus  grands  problèmes  de  la 
nalur^^  problème  dont  les  Anciens  se  sont  préoccupés  et  que  les 
II.  10 


l46  LlVRt:     III.    —     CHAPITRE     \  IV. 

• 

Modernes  ont  tout  bonnement  écarté  (')  :  Pourquoi  le  Soleil  et  les 
étoiles  brillent-ils  au  ciel?D'oiivlennentcetéclal,cettechaleur,  cette 
perpétuelle  et  constante  incandescence?  La  solution  ne  pouvait 
venir  que  de  la  Thermodynamique  ;  elle  est  due  au  créateur  de  cette 
science  nouvelle,  le  médecin  II.  Mayer.  Mais  il  ne  faudrait  pas 
croire,  avec  cet  auteur  et  quelques  autres,  que  Ténormc  radiation 
solaire  soit  entretenue  par  une  chute  incessante  de  maiériaux  cos- 
miques sur  le  Soleil.  On  a  calculé,  il  est  vrai,  qu'à  raison  de 
44  millions  de  calories  par  kilogramme  de  matière  il  suffirait 
([u'il  tombât,  par  heure,  un  de  ces  kilogrammes  sur  chaque  mètre 
carré  de  la  surface  du  Soleil,  ce  qui  de  prime  abord  n*a  rien  de 
choquant.  Mais,  à  ce  compte,  la  masse  du  Soleil  s'accroîtrait  chaque 
année  de^^^^Jj^ôô»  ^^  ''  ^^  résulterait  une  accélération  constante 
du  mouvement  des  planètes  qui  ne  serait  nullement  insensible.  Si 
la  masse  Mq  du  Soleil,  à  l'origine  du  temps/,  devient  au  bout  de 
/  années  Mo(i  4-  7/),  il  en  sera  de  même  pour  ;jlo  =/Mo  qui  devien- 
dra aussi  [jLo(i  -^  <//).  Les  aires  décrites  par  les  rayons  vecteurs  des 
planètes  resteront  invariables,  et  on  aura  par  conséquent 


ou  ^(iz^  l^^o^'o,  en  négligeant  le  carré  de  rexconlricité,  qui  reste 
toujours  petite  (p.  iSa).  Par  conséquent 

(I  - 


I   +-  7/  ' 


mais,  (raulre  part,  (i^  n- =-.  ^x  — *j,^^\  i -^  qt^    -  alf^lii -\- qt)\ 
donc 

//   ~  //y  (  I  ~\-  (fi  r  -    //„  -r-  HJ/l^t, 

en  négligeant  le  carré  de  7. 

La  longitude  uio\enne  /'//  dt  devitMit 

l'o  —  'tyJ  -r-  fioif-; 

elle  sera  donc  afiectéc  de  rinégalitéséculairr  — /^o^.  Voyons  si  cel*» 
rst  roniirnié  par  les  observations.   Kn  prenant  Tannée  pour  unité. 


«'    Sauf  Newton,  qui  sVn  |>ri'orni|>a  un  iiiniiinl. 


ORIGINE    DE    LA    CHALEUR    DES   ASTRES.  l^J 

ce  qui  répond  à /lo  =  36o°,  avec  q  =  jTrôôWôïï'  l'altération  de  la  lon- 
gitude moyenne  au  bout  de  2000  ans  serait 


36o»  X  2ôToVoir(ï  X  2000  =  72°. 

Or,  en  comparant  les  observations  d'IIipparque  avec  celles  des  Mo- 
dernes,   on    représente  les   premières  à  20'  près  sans  employer 
de  terme  séculaire.  Il  y  a  loin,  comme  on  le  voit,  de  ce  petit 
écart  de  20',  parfaitement  explicable  par  le  degré   d'exactitude 
des  Anciens,  à  un  écart  de  72"  que  nous  devrions  trouver  si  l'hypo- 
thèse dont  nous  nous  occupons  était  fondée.  Ainsi  le  Soleil  n'est 
pas  alimenté  par  la  chute  continuelle  de  matériaux  cosmiques  sur  sa 
surface  ;  la  chaleur  énorme  qu'il  perd  par  radiation  dans  l'espace,  et 
qui  équivaut  au  travail  de  78  000  chevaux-vapeur  par  mètre  carré  de 
surface  (*),  est  de  la  chaleur  d'origine,  dont  une  partie  seulement 
est  restituée  par  celle  qui  naît  de  la  lente  contraction  progres- 
sive de  la  masse  solaire. 

Quant  à  la  constance  séculaire  de  cette  radiation,  elle  tient  sans 

aucun  douteauxéchangescontinuels  qui  s'opèrentverticalementdans 

^e  globe  solaire  entre  la  superficie  et  la  région  centrale.  Il  en  résulte 

<jviela  masse  entière  participe  au  refroidissement,  car  les  produits 

solides  incandescents  qui  se  forment  à  la  surface  et  constituent  la 

photosphère  retombent  dans  les  couchés  internes  en  vertu  de  leur 

^^cès  de  densité,  s'y  transforment  en,  vapeurs  par  voie  de  volati- 

'■Sîilioii  ou  de  dissociation,  et  déterminent  l'ascension  de  courants 

S"^2eux  qui  viennent  à  leur  tour  renouveler  la  photosphère,  en  sorte 

^^^e  la  surface  se  maintiendra  dans  le  même  état  physique  tant  que 

^^"s  mouvements  intestins  pourront  s'opérer  librement. 

Origine  de  la  chaleur  centrale  de  la  Terre. 

Si  l'on  fait  abstraction  de  la  résistance  de  l'air,  un  corps  lancé 
^^^rizontalementàlasurfacede  la  Terre,  avec  une  vitesse  suffisante, 

C)  D'après  Pouillet,  la  chaleur  versée  par  le  Soleil  sur  i""i,  à  la  distance  de  la 
^■re,  serait  de  0^*^,3  par  seconde.  La  radiation  superficielle  de  cet  astre  serait  donc 

^  0*^,3  X  2i5   =  i38oo«**  par  seconde  et  par  métré  carré,  énergie  équivalente 
*  *38oox-*;y'/  =  78000  chevaux-vapeur.  D'après  MM.  Violle  et  Crova,  il  faudrait 
^gmenter  ces  nombres  d'un  quart. 
II. 


l48  LIVRE   III.  —  CHAPITRE   XIV. 

décrira  une  orbite  circulaire  de  rayon  (p)  dans  un  temps  T  donné 
par  la  relation 

— ji —  =^(P)  • 

On  en  tire  ï=2TCi/^-  C'est  la  durée  de  Foscillation  double 
d'un  pendule  de  ra von  (p).  On  trou veT  =  i*»  23™ 4o*- La  vitesse  dans 

ce  cercle  serait  \/-r^  ==y/G(p)=  7905"*  par  seconde;  elle  est 

seize  fois  plus  grande  que  celle  d'un  boulet  de  canon  au  sortir  de  la 
pièce.  Sur  la  plupart  des  planéticules  qui  circulent  entre  Mars  et 
Jupiter,  une  pierre  lancée  à  la  main  deviendrait  un  satellite. 

Un  corps  tombant  de  Tinfini  (une  distance  extrêmement  grande) 
sur  la  Terre,  sans  vitesse  initiale,  la  frapperait  avec  une  vilcssi* 
de  79o5"y^  =  1 1000"*  par  second^.  La  chaleur  engendrée  par  le 
choc  d'un  kilogramme  de  matière  dans  ces  conditions  serait  de 
§4000*^**.  Si  donc  la  Terre  a  été  formée,  comme  les  autres  astres, 
par  l'agglomération  successive  de  matériaux  venus  de  très  loin, 
cette  formation  a  dû  être  accompagnée  d'une  très  grande  chaleur. 
La  Terre  a  sans  doute  été  entièrement  (luidc  à  une  époque  re- 
culée; elle  a  pu  prendre  ainsi  la  figure  qui  convenait  à  l'équilibre 
des  forces  intérieures.  Le  refroidissement  a  été  bien  plus  rapide 
que  pour  le  Soleil,  dont  la  masse  et  la  chaleur  d'origine  sont  incom- 
parablement plus  grandes,  et,  lorsque  la  viscosité  progressive  dcîi 
couches  a  gêné  les  mouvements  intérieurs,  il  a  dû  se  former  une 
croûte  solide  dont  l'épaisseur,  très  lentement  croissante,  protège 
aujourd'hui  les  régions  centrales  contre  le  refroidissement.  Là  est 
la  justification  de  l'hypothèse  de  la  fluidité  primitive  du  globe, 
qui  a  servi  de  base  aux  travaux  de  Newton  et  de  ses  successeurs 
sur  la  figure  de  la  Terre,  et  de  celle  de  la  chaleur  centrale,  qui  joue 
un  si  grand  rôle  en  Géologie. 

Étoiles  filantes  et  aérolithes* 

La  Terre  rencontre  continuellement,  dans  son  mouvement  an- 
nuel, des  corpuscules  qui  circulent  eux-mêmes,  isolément  ou 
par  essaims,  autour  du  Soleil,  avec  des  vitesses  presque  parabo- 
liques, dont  le  maximum  s'élève  à  y\4  ^  =  10  lieues  par  seconde 


ORIGINE     DE     LA     CHALEUR    DES     ASTRES.  l49 

(celle  de  la  Terre  est  de  7',  4)»  I-^c  choc  aura  donc  lieu,  en  cer- 
tains cas,  avec  une  vitesse  relative  de  17  lieues.  Ces  corpuscules,  en 
pénétrant  dans  Tatmosphère  avec  cette  grande  vitesse,  y  rencon- 
trent une  résistance  qui  détruit  leur  force  vive.  Il  en  résulte  une 
rapide  production  de  chaleur,  une  vive  incandescence.  Telle  est 
Texplication  du  phénomène  des  étoiles  filantes  qui  brillent  un  in- 
stant et  s'éteignent  en  se  dissipant  avant  d'avoir  atteint  le  sol.  Les 
météorites  pierreuses  ou  ferrugineuses  nous  arrivent  pareille- 
ment des  espaces  célestes,  mais  avec  des  vitesses  moins  grandes 
d'ordinaire  :  leur  incandescence  est  moins  prononcée;  ils  parvien- 
nent jusqu'au  sol  et  s'y  enfoncent  plus  ou  moins  profondément. 
Ces  phénomènes  intéressants  reproduisent  sous  nos  yeux,  à  très 
petite  échelle,  ce  qui  a  dû  se  passer  autrefois,  en  grand,  lorsque  le 
Soleil  et  les  planètes  se  sont  formés  par  l'agglomération  de  maté- 
riaux épars  dans  l'espace. 


ORBITE   d'une    planète   OU    u'uNE   OO^klÈTE.  l5l 


LIVRE  IV. 


CALCUL  DE  LOHBITK  D'INK  PLANETE  OU  DINE  COMETE 

NOUVELLEMENT  DÉCOUVERTE. 


Chaque  année  on  découvre  cinq  ou  six  petites  planètes  de 
Tessaiin  qui  circule  entre  les  orbites  de  Mars  et  de  Jupiter,  et  à 
peu  pr^s  le  même  nombre  de  comètes.  Drs  que  Ton  a  réuni  les  ob- 
servations nécessaires,  on  s'empresse  de  déterminer  Torbilc  de 
Tastre  nouveau,  afin  de  n'être  pas  exposé  à  le  perdre  s'il  survenait 
une  série  de  jours  couverts,  et  aussi  pour  satisfaire  une  curiosité 
bien  naturelle,  car  c'est  là,  en  Astronomie,  le  domaine  de  l'imprévu, 
des  surprises,  des  découvertes  intéressantes.  Ces  calculs,  qui  ne 
sont  ni  bien  longs,  ni  bien  difficiles,  ])euvent  donc  être  recom- 
mandés aux  commençants  comme  une  excellente  occasion  d^essaver 
leurs  forces,  et  peut-être  de  faire  une  découverte  intéressante.  Plu- 
sieurs méthodes  ont  été  proposées  pour  résoudre  ce  problème. 
Elles  se  rapportent  à  deux  manières  difi'érentes  déposer  la  ques- 
tion. Puisqu'il  y  a  six  éléments  à  déterminer,  a,  e^  m,  i,  N  et  ï, 
il  faut  six  données  que  fourniront  trois  observations  com[)lètes,  à 
savoir  L|  et  ^i  pour  la  première,  L',  et  ^\  pour  la  seconde,  L",  et 
^\  pour  la  troisième,  bien  entendu  avec  les  dates  /,  t\  t",  La  plu- 
part des  géomètres  qui  se  sont  occupés  de  ce  beau  problème  ont 
cherché  l'orbite  qui  satisfait  exactement  à  trois  positions  observées 
de  l'astre  nouveau,  en  admettant  que  les  observations  ne  soient 
pas  trop  éloignées  les  unes  des  autres.  Une  seconde  manière 
d'envisager  la  question  consiste  à  déduire  très  approximativement 
de  ces  trois  observations  géocentriques,  ou  mieux  d'un  nombre 
plus  considérable  d'observations  assez  rapprochées,  la  position 
héliocen trique  de  l'astre  à  un  moment  donné,  sa  vitesse   et   sa 


IXà  LITftE    IT. 

direction,  ce  qui  àuflil,  comme  nous  l'avons  vu*  p.  1 17)  pour  déter- 
miner tous  les  éléments  de  Forbile.  Dans  les  deux  cas,  on  ignore 
d'avance  â  quelle  section  conique  on  aboutira:  on  ne  fait  pas  de 
supposition  préalable  à  ce  sujet. 

Cette  généralité  est  nécessaire,  car  si  la  plupart  des  comètes 
parconrentdes  orbites  assez  peu  différentes  d'une  parabole  pourquoi! 
soit  le  plus  souvent  permis  et  même  nécessaire  de  s'en  tenir  à  l'bv- 
potfaêse  paralKjlique.  on  a  quelquefois  affaire  à  une  comète  nette- 
ment elliptique  (  '  •.  et  alors  il  est  essentiel  que  la  méthode  employée 
n'induise  pas  le  calculateur  en  erreur  à  ce  sujet.  Nous  donnerons 
donc  deux  méthodes,  celle  de  Laplace  qui  résout  le  problème  dans 
toute  sa  généralité,  de  la  manière  la  plus  simple  et  la  plus  élégante, 
et  la  méthode  d'Olbers  pour  les  comètes  paraboliques. 


f  *  )  Sous  ne  parlons  pas  d'orbites  hjperboliqaes,.  parce  qu'on  n'en  a  pas  encon 
rencontré  de  bien  caraclérisées. 


•  • 


METHODE    GENERALE     DE     LAPLACE.  1 53 


CHAPITRE  XV. 


METHODE   DE   LAPLACE 


I^es  coordonnées  géocentrîques  de  Taslre  nouveau  étant,  à  la 
^ï*to  f,  L|  et  ^1,  si  nous  désignons  par  /•,  sa  distance  inconnue  à 
'^     lierre,  les  coordonnées  héliocentriques  auront  pour  expression 

:r  =  ;  -H  /'i  sin  pj  ces  L, , 
ii=T,  -h  /'isinpisinLi, 
z=z  /-iCOsPi, 

*ian s  lesquelles  les  coordonnées  héliocentriques  de  la  Terre,  Ç  et  tj, 
^  ^kliennent  par 

^  ^ .  {  $  =  K  ces  Ô  , 

(  T,  =z  R  sin  Ô  . 

I^our  simplifier  un  peu,  remplaçons  Ti  sin^i  par  p,  projection  de 
''«    s\ir  l'écliplique.  C'est  ce  que  les  astronomes  nomment  dis iance 

ia:=i  ;  -h  p  cosL,, 
v^T, -hpsinL,, 
^  zz:  pCOtp,. 


^i 


en  déduit  r,  rayon  vecteur  de  Tastre, 


^  ^  >  r«  =  a*-+-r'-h3*=R«-h2Rpcos(L,— ô)-4-  ^^^î^. 

^*^  posé,  en  difTérentiant  une  première  fois  les  équations  (a)  par 
t^port  au  temps,  on  fait  apparaître-^»  777'  7^'  c'est-à-dire  les 
^^^posantes  de  la  vitesse  suivant  les  trois  axes.  Seulement  ces 


l64  LIVRE     IV.     —    CHAPITRE     XV. 

dp       ^ 
équations  contiendront  p  et  sa  dérivée -—•  En  différenlîanl  une 

seconde  fois,  on  aura  trois  équations  dans  lesquelles  on  remplaceni 
les  dérivées  secondes  de  jr,  j',  z,  ;  et  r,  par  leurs  valeurs  tirées 
<les  équations  générales  du  mouvement  (*)  : 


d\r            ,r 

d'  '              f 

dt^             /•'»  ' 

dt^          \v' 

d^  V             y 
dl'             /•»' 

d'y            r, 
d.'    ~        U* 

d*  z           /•' 

dl*            z 

do    d^  o 
<^es  trois  équations   finales    feront   connaître  p,  "zn^  ~~f7i'  ^'    ^"^ 

facile  dès  lors,  eu  remontant  aux  équations  (2)  et  à  leurs  dérivées, 
de  calculer  les  coordonnées  x^  )',  z  et  leurs  vitesses,  ce  qui  conduit 
à  la  solution  du  prohième. 

Mais  ces  différenlialions  feront  apparaître  les  dérivées  pre- 
mières et  deuxièmes  des  coordonnées  observées  L|  et  ^i.  11  faul 
donc,  avant  tout,  obtenir  ces  quantités  ù  Taide  des  observations 
éocentriques.  Voici  les  trois  phases  de  cette  méthode  :  i**  calcul 

les   (lenvees  -  .    >     ,  ^  ?  —7-»  — rV  »  a  l  aide  des  observations:  a"  for- 

dl       dl'       de      dl* 


tr 


(')  Pour  éviter  rintrnduction,  dans  res  raiciils,  <le  lactnirs  aussi  petits  qor  u 
<!t  {x*,  on  rciiiplare  ;x  par  l'unitr,  rc  (pii  cnlraini*  un  rhanpMiieiit  d'unité  p«>ar  k 
temps.  C'est  re  (|ui  arriverait  si,  dans  les  <  aïeuls  de  .Mérani<|ue  terrestre,  on  avait 
besoin  de  reniplaeer  g  par  1,  tout  en  ronser\ant  le  mètre  pour  unité  de  longaear. 
M  faudrait  prendre,  pour  exprimer  le  temps  /,  non  plus  la  seconde,  mais  une  aatr.* 
unité  6  telle  que 

ee  qui  entraîne  0  -  — -•  lei,  |x  est  une  aeeéïêration  toute  pareille  à  g\  il  faudra 
<lon<*  poM'r 

ou,  ce  qui  revient  au  même,  multiplier  les  iiiler\alles  de  temps  exprimés  en  jo«n 
et  en  fractions  de  jour  par  le  facteur  \  jj..  dont  le  loj^aritlime  est  8,a3ô38i3  —10. 
Nous  emploierons  la  notation  t  à  la  pla<e  de  /  |M)ur  indiquer  que  la  durée  f,  ca 
ji»urs,  a  été  exprimée  avec  la  nouvelle  unilc,  ou  multipliée  par  \  jï. 


MÉTHODB  GéNÉRALB  DB  LAPLACE.  l55 

mation  et  résolution  de  l'équation  en  p;  3"  calcul  de  x^  y\i  z, 

TiT  »  rii»  -t:'  d'où  Ton  déduit  les  éléments  de  l'orbite. 
dt     dt    dt 


Calculs  préparatoires. 
Les  données  de  l'observation  sont 

Coordonnées  Coordonnéet 

Dates.                                  équttorltles.  éclipUqaes. 

/' 1^        V\  /Lp"^ 

t' M"      5'  f   ^            ,        ,  l;       ^\ 

^    [    On  eo  conclut ',  ,^ 


«  • 


/  \      •  • 


Prenonsunedateintermédiaire^etdésignonsparLi,  ^4;  -^>  -~y  ••• 

les  coordonnées  correspondantes  et  leurs  dérivées,  par  t  —  x',  t — t*^ 
les  intervalles  /  —  ^,  /  —  f  multipliés  par  ^[jl,  on  aura 

L'-i    ^,.      .,/L.      (T-T')'rf'L.      (.-T')»rf»L. 

L,  _L, -f-(.-0-^-l-         ^  W'^^Tf  ~dti"*'-' 


•      •      • 


> 


On  écrira  autant  d'équations  linéaires  de  ce  genre  qu'on  a  de  longi- 
tudes observées,  et  l'on  en  déduira,  par  la  méthode  la  plus  commode, 

L,,  -7**)  -~  •  Parles  dislances  polaires  observées  p',,  p%  p^', . . . 

on  obtiendra  ^j,  -4^>  -;y^'  pour  la  même  date  t. 

Si  l'on  n'employait  que  trois  observations,  on  aurait  tout  avan- 
tage à  partir  de  l'observation  intermédiaire,  et,  en  désignant  les 
dates  transformées  par  t,  t',  t",  on  aurait 

A.  _  (x'-t')«(L'.-L.)+(V-t)'(L-,-L'.)      I  _  rf'L, 


•     •     •     t 


rff      —  (T*  —  t')(t''  — X)(-w'  —  T)  6'  '^  '     dt^ 

D*où  Ton  voit  qu'en  se  bornant  au  premier  terme,  le  seul  qu'on 
II.  10* 


:  a 


ULUIL  -  ta? 


■ri     rn- 


^I.!-.'    IIHtt. 


*ianK      n  -«lo- 


1«J! 


■t   . 


~.ÏSa*.^»A< 


a 


rm 


il-  •. 


Il 


ac 'v^i 


L 


*>.      J.'>1^      i  'OLil 


">•  -'•       •  •  *>"     III  l 


.■ .   -       1 


L.b 


METHODE    GENEBALE    DE    LAPLACB.  167 

deuxième  par  cot^i  sInLf,  la  troisième  par  —  i  ;  mais  nous  remar- 
querons d*abord  qu'en  opérant  de  même  sur  les  équations  (i) 
et  (2)  on  a 

j?cotpi  cosL,  -+-^cotPisinLi  —  z  :=:5cotPt  cosLi-i-TicotPi  sinLi 

=  —  R  cot  pi  cos(Li  -—  Ô  ). 

La  somme  susdite  devient  alors 

(  -Rcot?,cos(L,-Ô)(^-j{^) 
(9)    I 

\       sm'Pi    ^    ^'      ^       ni        sin'p,      *^'       sifi'p,      *^ 

Il  est  aisé  d'éliminer  dp  entre  les  équations  linéaires  (8)  et  (9). 
On  a  ainsi 


(•0)  P^'"(^-Rî)' 

en  désignant  par  m  le  coeflicient  suivant,  qui  ne  contient  que  des 
quantités  connues, 

^  P        sinPi  cosPj  cos(L|  —  Ô  )dLi  -+-  sin(L|  —  Ô  )d^i 

^~   ~^Lie/«p,  — û^pjt^L,— a^L^^pîcotpi  — sinpiCospi^Lî' 

Il  faut  joindre  à  (10)  la  valeur  de  r,  donnée  par  Téquation  (3). 
L'élimination  de  r  entre  ces  deux  relations  conduirait  à  une 
équation  en  p  du  huitième  degré, 

m«=:[R»  +  .Rpco3(L.-ô)+.|L-J(p+^y, 

s'abaissant  au  septième,  parce  que  le  terme  tout  connu  est  nul  ;  mais 

il  est  plus  simple  d'opérer  sur  les  deux  équations  (10)  et  (3)  par 

approximations  successives,  à  l'aide  d'une  première  valeur  de  p 

obtenue  graphiquement  ou  par  une  première  hypothèse. 

Dès  que  p  sera  déterminé  avec  une  exactitude  suffisante,  une  des 

dû^    dy   dz 
équations  (6)  donnera  rfp,  les  équations  (4)  donneront  ^'  ;j^  '  ^> 

et  les  équations  (a)  feront  connaître  les   coordonnées  héliocen- 
triques  x^y^  z. 


l58  LiVfcE    IV.    —    CHAPITRE    XV. 

Calcul  des  éléments  de  Torbite. 

OnauraV*par(^)v(^y+(§y;p«îsaparV«  ^^^-^     - 

S'il  s'agît  d'une  petite  planète,  on  estceruin  d'avance  que  a  serass— a 
compris  entre  2  et  4.  S'il  s'agit  d'une  comète,  très  probablemen»  .^t 

on  trouvera  -  très  petit,  d'un  ordre  de  grandeur  imputable  au: 

erreurs  d'obsen^ation,  et  l'on  en  conclura  provisoirement  que  l  or- 
bite est  parabolique. 

Supposons  qu'il  s'agisse  d'une  orbite  elliptique.  On  calculera  le 


aires 


puis  on  aura  C  par 


dy  dx 

dz  dy 

dx  dz 

""   -"  dt  ""  dt' 


dn  c*  4-  C'«  -h  C'S 


et,  comme  C^  =  a  (i  —  e*),  cette  relation  donnera  e. 

L'équation  de  l'ellipse,  dans  laquelle  r,  a,  e  sont  déjà  connus^ 
donnera  v  ou  ^ —  ra  pour  la  date  /. 

D'autre  part,  a'/i^  =  [x(*);  on  en  lire  la  durée  de  la  révolution 


1T. 


T  —  —  .  Quant  aux  éléments  /et  N,  on  les  obtient  par 

c-    Ccosi,     c' =:  C  sini  sinN,     c'' ^^  —  CsînicosN. 

Il  reste  à   trouver  w,  car  nous   n'avons  encore  que  l'anomali 
vraie  j(^ —  nj.  Il  est  facile  de  voir  que  la  longitude  héliocenlrique 

est  donnée  par  tangL  ~^  ->  et  la  longitude  4^dans  Torbite  par 

laiig(L  -   N)  r  cos/laiig(^-    N); 
nous  aurons  donc  m  par  i»  —  i\ 


(';  Kii  réUblis>;«iil  iri  ;j.,  nous  reproiidnius  |M»ur  uuilc  de  temps  le  jt>ur. 


MÉTHODE    UKNÉUALK     DK    LAPLACK.  I ->9 

Enfin  H  s'obtiendra  par 

r  -rzL  a(i  —  e  cos // ) , 
^*  où  //  qui  figure  dans 

//  —  e  siiw/  :zz  fl(l  —  0)('). 

^^  pat*  suite  Ô,  date*  du  passage  au  périhélie.  Pour  une  planète,  les 
•^'^es  sont  décrites  d^in  mouvement  direct,  et 

^i-i >'  -r-  =:  r 

(/.r       ^     (It 

^sl  jzïositif.  Dans  le  cas  d'une  comète,  il  y  a  autant  de  chances 
poi«  ï-  que  Taire  c  soit  négative;  on  sera  averti,  dans  ce  cas,  que  le 
mo«a.A'ement  est  rétrograde.  S'il  en  est  ainsi,  il  faudra  ajouter  180" 
à  la  longitude  précédente  du  nœud  pour  avoir  celle  du  nœud  as- 
cendant. 


^     >    Ici  /  et  6  sonl  exprimes  en  jours  coiiiiiie  d'ordinaire. 


l6o  LIVRE     IV.     —     CUAPITRE    XV|. 


CHAPITRE  XVI. 


DU   MOUVEMENT  DANS  LA  PARABOLE. 


Avant  d'exposer  la  jTK'lhode  d'Olbcrs,  nous  réunirons  ici  les  for- 
mules nécessaires  au  calcul  des  mouvements  d'une  conicte  paralj 
lique. 

Problème  de  Kepler  dans  la  parabole. 

L'équation  polaire  de  la  courbe  est,  en  introduisant  la  distance* 
focale  au  périhélie  q  =^  ^/>, 

/•  = —  — TT—  -=  7  M  H-  tanff*  -  «'    • 

i-î-cosr       ros^^f  v  î     / 

Si  Ton  porte  celle  valeur  de  /•  et  celld  d<» 

<lans  l'équation  des  aires 

on  a,  en  divisanl  les  deux  membres  par<jr-, 

—  7-7  -  --  x  — -  —14-  lanfî'  -  i-      -k     -*-  iU, 
cos*  \  i'  ros^  \  i'  \  'X      ^         V    7 

dont  rintégrale  est,  de  i  :  :  o  à  w 


r  •» 


laiifî  -  r   r-  77  lani;*  -  i'  -  :  -  i/  -'-  (/  — 0), 
0  étant  la  date  à  laquelle  v'  --  -.  o  (<late  du  passage  au  périhélie). 


DU     MOUVEMENT    DJ^^«    LA     PARABOLE.  l6l 

De  cette  équation  on  tirera  ^,  i^  étant  connu,  ou  réciproque- 
ment. Dans  ce  dernier  cas,  il  y  aurait  à  résoudre  une  équation  du 
Iroisième  degré  ayant  une  seule  racine  réelle. 


Table  de  Barker. 

Nous  donnons,  à  la  fin  de  ce  Volume,  une  Table  destinée  à  faci- 
liter le  calcul  de  cette  équation.  Elle  est  fondée  sur  la  transforma- 
tion suivante.  Posons 

75  tang-i^H-25  tang^lr-  oit  — 75  i/— %  (^  —  0). 

Le   facteur  7^  4  /  -étant  constant,  représentons-le  '  par  k\   on 

trouvera  aisément  logA*  =  9,9601278. 

On  donne  le  nom  de  moyen  mouvement  diurne  dans  la  parabole  à 

k  X  q  *   =z  m, 

Par  suite,  on  écrira  i>K  =  m{l  —  8).  La  Table  de  Barker  donne 
**  valeur  de  3ÏL  pour  tous  les  degrés  de  ç  et  pour  y  =  i.  S'il  s'agit 
^^  calculer  le  v  correspondant  à  la  date  i,  dans  une  parabole 
^yanipour  éléments  ^et  9,  on  commencera  par  calculer  le  moyen 
'^^ouvement  diurne  m  en  retranchant  ^logy  du  logarithme  constant 
9>96oi278,  puis  on  aura  OR/  par  m{t  —  6),  et  enfin  la  Table  don- 
^^ra  le  ç  correspondant  à  cette  valeur  de  011 . 

Inversement,  s'il  s'agit  d'obtenir  le  ^  —  8  qui  répond  à  une 
^'ïomalie  vraie  Vf  on  cherchera  dans  la  Table  le  .OÏL  correspondant 
^^  On  aura  immédiatement  t  par  OÏL  =  m  (t  —  0). 

^^t  donnés  deux  points  et  le  foyer  d'nne  parabole,  calcnler 

les  éléments  de  cette  trajectoire. 

Soient  r,   r"  [les  rayons  vecteurs,  c  la  corde   qui    en   unit  les 
^**émités,  q  la  distance  périhélie  inconnue,  r,  v"  les  anomalies 
''•^espondantes  aux  rayons  vecteurs.  Il  s'agit  de  calculer  q,  k>  et 
»  ^l  même  0  si  les  dates  sont  données. 


II.  Il 


«6^  LIVRE    IV.    —    CHAPITRE    XVI. 

Désignons  (^"-f-  ç  par  5  et  /  —  v'  par  rf.  On  aura  la  relation 

c'  =  r'  -h  r"*  —  2  rr'  cosd, 

d'où 

.  ,  1    ,       c-*  — (/•"—/•  V 

sin'  -  rt  =: 7^ — = ; 

2  ^rr  ' 

puis,  comme 

2^  2 

COS  -T{s  —  d)^=:^  ^j       COS7  (5  4-a)=  ^7=:* 

En  éliminant  ^  entre  ces  deu!L  dernières  par  addition  et  sou 
traction,  il  vient 

I            I   ,      v^ — V^'              f" — /• 
tang75tangy6r=z  ^-—^ — ^  =  n? r=^  • 

Si  r,  r",  c  sont  donnés,  ces  relations  feront  connaître  d^s^v^v^yq  9 
et  si  de  plus  on  donne  les  dates  ^  et  ^  relatives  aux  deux  rayons 
vecteurs,  on  calculera  aisément  0,  date  du  passage  au  périhé^ 
lie. 

Formule  de  Lambert. 

Ainsi  tout  est  déterminé  par  r,  z-^,  c.  Lambert  a  fait  connaître 
une  autre  relation  plus  directe  entre  Lî  temps  t'  —  /et  ces  quan- 
tités. Elle  joue  un  rôle  important  dans  le  calcul  des  orbites  pa 
boliques. 

On  a  évidemment,  parla  page  précédente. 


rS     _    ^ 

2 


(''-' V^'  "  ^'*"^''^''  -tang-i^-i-  -tangî- V  -  -lang'  - 

=  (  langr  p  —  tang-t' If  1  -+-  -  tang»-p  -h-  tang  -  p  lang  -i>h-  -  Uiig'-f|' 

Ajoutons    et    retranchons    au    deuxième    facteur   la   quantité 
^  tang^i^"  tang^p,  le  second  membre  deviendra 

Uang  ^  v'—  tang  ^  ^j  I  '  "^  lang%' langui'  -h  ^  Uang  ^i»'—  Ung ^vj   |. 


DU    MOUVEMENT    DANS    Lk    PARABOLE.  l63 

Introduisons  les  rayons  vecteurs, 

1  -      ,        I  sifii(('''  —  r)        s'inUv^  —  if)  \/rr^ 

2  °  2         cos  J  v  ces  J  V  q 


I     .        I    -       cos|((>'^ — v)        cosKc" — {AJn-^ 
1  -+-  tang-(»  tang-(;''=i  — \-^ j-^  r=  ^- '-^ 

2  ^2  COSj-Ç'^COS^  t'  q 

L'équation  (i)  devient  par  là 

V    2^'  2  ^  '2  '   q^ 

3  2  ^  '       q^ 

««.pression  où  il  n'y  a  plus  que  l'angle  ^(t^'  —  v). 

Or,  de 

c*  m  r*  -h  r"*  —  2 rr"  cos (  t^'^  —  r) 
ou  tire 

4/t'cos' J ( (^  —  ^)  —  (/•* -h  r)«  —  c«  =  (r^ -h  r -h  c)(/'' 4- r  —  c). 
Désignons  ces  deux  derniers  facteurs  par  x'^  et^^,  et  écrivons 

(3)  isJrP i^ù^\{s/'  —  (')=  ±xy^     /•  4- /*"  =  -} (x* 4-7*). 

Quant  à  sin^((^ —  t'),  en  élevant  au  carré  son  développement,  on 
obtient 

sin'i((^*  —  t^)i=r  cos*^i^*  4-  cos'ji'  —  2  cos  J(r" —  r)cos}i''^cos^(^, 
d'où,  en  remplaçant  les  cosinus  de  ^v>"  et  de  ^v>  par  leurs  valeurs 


i"?  "  \/?' 


sin« -ii/  —v)—^  4-  ~  —iq ^= • 

A  l'aide  des  équations  (3),  on  trouve 

0>  2sin^(i''' — v)\frP  z=i{^x-:^  y)\j2q. 

^^  l'on   porte   ces  valeurs   de    sin^(i^  —  v)  et  de  cos  ^{v" — v) 
^^s  l'équation  (2),  on  aura  finalement  la  formule  de  Lambert 

2sJ^{C'-^t)z=z{xzfy)xy-\'\{x::i;LyY=i\x^zj;:{y\ 


l64  LIVRE    IV.    —   CHAPITRE   XVI. 

OU 

6  y/ii(r  -  0  =  ('•  -^  '•'  -^  C)"*  ip  (/•  4-  r'  -  C)% 


le  signe  —  répondant  au  cas  où  ^{v" —  v)  est  plus  petit  que  90*. 

Table  de  Encke. 

Avec  cette  formule,  r,  r"  et  la  corde  c  suffisent  pour  calculer  le 
temps  compris  l"  —  ty  sans  avoir  à  calculer  i/',  i'  et  ^r  comme  nous 
l'avons  fait  dans  Talinéa  précédent. 

Il  est  même  facile  d  y  employer  des  séries  en  développant  les 

puissances  -  de  i  ± -;•  Posons 7  =  p,  nous  aurons 

2v/iI(T''-T)_  I  1 

Représentons  le  premier  membre  par  t^  et  renversons  la  série  : 

?  ou  — ^—„  =  ^1  (  1  -+-  -7  ^é'  -+-  0777  T<*  H ^  ^1*  -+-...  J  • 

^         r-\-r  \        24  384  9216  / 

M.  Encke  a  calculé  là-dessus  une  petite  Table  d'un  emploi  très 
commode,  que  nous  donnons  avec  celle  de  Barker.  Elle  a  pour 
argument 

^'— ï~' 

et  donne,  sous  a  rubrique  loge,  le  logarithme  de  la  valeur  de  la 
série  comprise  ci-dessus  entre  parenthèses;  on  obtient  ainsi  bien 
facilement,  quand  les  rayons  vecteurs  r  et  f^  ont  été  calculés,  b 
corde  c  par 


1 


On  en  verra  Tapplicalion  au  Chapitre  suivant. 


MÉTHODE    D'oLBERS.  l6/î 


CHAPITRE  XVII. 


MÉTHODE  D'OLBERS. 


Géométriquement,  le  problème  général  revient  à  ceci  :  Étant 
donnéeslesdroites  indéfinies  Te,  T'c',T"c"(/?^.  33)  dans  la  direction 
desquelles  la  comète  a  été  vue  aux  dates  ^,  t ^  f  ^  quand  la  Terre  se 
trouvait  en  T,  T',  T",  couper  ces  trois  droites  par  un  plan  passant 
par  le  Soleil,  en  des  points  C,  C,  C"  tels,  que  les  secteurs  de  la 
courbe  du  second  degré  passant  par  ces  trois  points,  avec  un  foyer 


Fig.  33. 


c"    ^- 

^<":-. 7T 

. -r—       X 

T 


au  Soleil,  aient  pour  surfaces  des  aires  égales  à  celles  qu'on 
calculerait  avec  les  éléments  de  cette  courbe  et  les  intervalles  t!  —  /, 
f  —  ^.  La  solution  algébrique  de  ce  problème,  même  en  le  res- 
treignant au  cas  simple  d'une  parabole,  conduirait  à  une  équation 
d'un  degré  très  élevé  ;  le  seul  moyen  de  l'éviter  est  de  procéder  par 
tâtonnements. 

Équations  relatives  au  plan  de  l'orbite. 

La  méthode  s^applique  à  trois  observations  séparées  par  un  petit 
nombre  de  jours.  Désignons  par  C,  C,  C"  les  positions  de  la  comète 
aux  dates  t^  l\  t";  par  or^^,  z^  ^S  JK'>  ^S  ^"j  y" 't  s"  les  coordonnées 


l66  LIVRE    IV.    —    CHAPITRE   XVII. 

héliocentriques  correspondantes.  Si  i  et  N  sont  rinclinaison  de 
Torbite  et  la  longitude  héliocentrique  de  son  nœud  ascendant,  les 
coordonnées  des  trois  points  devront  satisfaire  à  Téquation  du  plan 
de  cette  orbite,  plan  qui  passe  par  l'origine  des  coordonnées,  le 
Soleil;  de  là  les  relations 

z  -h  tangisinNo?  — tangicosN/  =o, 
z'  -h  tangisinNj:'  — tangtcosNy  :=o, 
z"  -\-  tang/sinNa?" —  tangtcosNj^zz:  o. 

On  peut  éliminer  i  et  N  de  trois  manières  différentes  entre  les 
trois  équations  ;  on  obtient  ainsi  d'abord 

{x' y  ^ y x')z  ■^{xy''  - yx")z' -v-{œy  -- yx')z'' z=zo. 

Or  x'y — yaf  est  le  double  de  la  projection  du  triangle  SC'Cf 
sur  le  plan  des  xy,,  xf'y  — yx'^  est  le  double  de  la  projection  du. 
triangle  SCC"  sur  le  même  plan  ;  de  même  xy — ya^  est  le  doabW 
de  la  projection  de  SCC.  On  aura  djonc,  en  représentant  par  ^ 
a',  a?  les  aires  de  ces  triangles, 

dx  —  a' a:'  4-  a"  j?"  =  o, 


(i)  {  a  V  —  «y  4- «V'' =  o» 


OLZ  —  aJz'  -h  cl' z"  =  o. 


En  désignant  par  p,  p',  p"  les  projections  sur  l'écliptique  des  d 
tances  TC,  T'C,  T'CJ'  de  la  comète  à  la  Terre,  nous  avons  vu  q 

/  z  =pcotpi, 
{ibis)  I  a:ri=  pcosL, -H  RcosÔ  , 

(  j  z=  p  sin  Lj  -h  R  sin  Ô  . 

Portons  ces  expressions  et  leurs  analogues  pour  les   six  autr^ 
coordonnées  dans  les  équations  (i),  il  viendra 

-îpcol?,— -;p'col?;-f-p'coi?';=  o, 

( 2 )     {  -î  p  cosLi ip'cosL',  -f-p'cosL';  = j  Rcos  ô  -^-  -^  R'cos  t  '— R'cos i 

-i  p sinLi ; p'sinL'i  -4-p'sin  L'j  =  —  -,  Rsin  t  *-  -.  R'sin  A  '  —  R'sin  t  ^ 


MÉTHODE    d'OLBERS.  167 


Sabstitation  du  rapport  des  temps  à  celui  des  aires 

triangulaires. 

Les  aires  triangulaires  a,  a',  a"  sont  inconnues,  mais  leurs  rap- 
ports sont  à  peu  près  égaux  à  ceux  des  secteurs  paraboliques  cor- 
respondants, ou  à  ceux  des  temps  i' —  /',  f  —  t^t! —  t  employés 
par  le  rayon  vecteur  à  parcourir  ces  derniers.  Examinons  d^abord 
jusqu'à  quel  point  il  nous  sera  permis  de  substituer  les  seconds 
'■apports  aux  premiers.  La  série  de  Taylor  permet  d'écrire 

Eliminons  la  première  dérivée  et  remplaçons  -^  par  —  ^  , 

^    t  —  t'^t'^t''     ■      1.2       7'»"^  1.2.3  dt^       "" 

On  aurait  deux  équations  pareilles  pour  les  coordonnées  x  eij\ 
^i  les  intervalles  f  —  t'  cl  t'  —  t  sont  égaux,  le  dernier  terme  dis- 
P^i*aît;  en  négligeantles  termes  suivants, qui  sont  du  troisième  ordre 
^^  petitesse  par  rapport  aux  intervalles  considérés,  les  deux  équa- 
^*c>iis  analogues  en  a:  et  enj^  seront 


X  — 

a:' 

4- 

x" 

— 

x' 

t'- 

-t 

t" 

t' 

• 

r' 

t 

4- 

y" 

— 

V.(f-t)  x' 
I  .a       r 


(3) 


/s' 


I  .  2  /•" 


Éliminons  entre  les  deuxdernières  le  facteur ;r)il  vient 

1 . 2       r  * 


xy'  —  vx'       x'  y"  —  y'  x" 
Vibien 


lG8  LIVRE    IV.    —   CHAPITRE    XVII. 

Quand  les  intervalles  sont  égaux,  cette  relation  est  exacte 
jusqu'aux  termes  du  second  ordre  inclusivement.  Elle  a  encore  à 
peu  près  le  même  degré  d'exactitudes!  les  intervalles  sont  très  pea 
diflerents.  Nous  supposerons  qu'on  aura  choisi  des  observations  sa- 
tisfaisant à  la  condition  que  /" —  t'  diffère  peu  de  /'  —  t.  Dès  lors 

on  sera  endroit  de  remplacer,  dans  les  équations  (a),  —  par  -7 

Il  n'en  est  plus  de  même  de   l'autre  rapport  — ;  il  n'est   assimi- 

lable  à qu'aux  quantités  du  premier  ordre  près,  et,  comme 

nous  le  verrions  figurer  dans  cette  anal^'se  avec  un  diviseur  fort 
petit  (ainsi  du  reste  que  le  premier  rapport),  l'erreur  passerait 
du  premier  ordre  de  petitesse  à  un  ordre  supérieur,  c'est-à-dire  à 
l'ordre  des  quantités  mesurées,  et  les  résultats  du  calcul  en  pour- 

raient  être  profondément  viciés.  Nous  devrons  donc  considérer -5 

comme  une  inconnue  à  éliminer  entre  les  équations  (a).  Multi  — 
plions  la  deuxième  par  sin  Ô'  et  retranchons-en  la  troisième  mult»  - 
pliée  par  cosô  '  : 


a' 


-^psin(L,-  ô')--,p'sin(L;-  Ô') 

-}-p''sin(L;  -  Ô')^-  ^RsinÔ  -  ô'  -^R'sinCÔ'—  ô') 

En  1.1  combinant  avec  la  première  des  équations  (2),  -^  0' dis 
paraîl  : 

i  ^  p[col3,  sin(I.,  —  6')— cot?isin(L,  -   Ô')] 
(1)         '         :-o"[col?;sin(l/,  -  Ô')-cot?;siii(L;-  Ô')] 

-^^UsiiUÔ  -  Ô')-irsin(Ô"-  Ô')]cot?;. 


Formules  finales  et  tâtonnements. 

Si  l'on  introduit  le  fadeur  IV  dans  le  deuxième  membre,  les  pro- 
duits IUVsin(  ô  —  ô'),irR'sin(ô"—  ô')  seront  les  doubles  aires 
triangulaires  STT,  S'PT  n^lalives  à  la  Terre,  aires  dont  le  rap- 
port est  sensiblement  égal  à  celui  des  temps,  avec  plus  d'exactitude 


MÉTHODE    D*OLBERS.  169 

même  que  le  rapport  des  aires  triangulaires  relatives  à  la  comète. 
Si  donc  nous  remplaçons  -^  par  —, ^>  le  second  membre   peut 

^tre  remplacé  par  zéro,  et  Téquation  (4)  nous  donnera  le  rapport  —  » 
^ue  nous  désignerons  par  M  ;  elle  s'écrira 

<^)  ^' Zlt  cotp;sin(L,  ^6^)  — cotptsin(L;—  Ô^) 

(  "*""V  — r    cotp^sinCL'i-  5')  — cot|i;sin(L';--  ô')  ' 

Dès  lors,   nous  remplacerons  f  par  Mp  dans  les  expressions 
"^  ^^,  /^*,  c^,  que  l'on  déduit  des  relations  (i  his)y  et  nous  écrirons 


(C)  ,.î-  _^      pî_^2Rpcos(L,  —  Ô)-hR% 

sm-pi 

(7)  r-'^=:-J!L^p2_-2MR''pcos(L;-  Ô^)-^R''^ 

/  c'  —  /•*  -+-  r'i  —  2RR'cos(  ô "  —  ô  ) 
(^>  I  —  2Mp»[cos(L';— L,)-hcotp,  cotp;] 

1  —  aRVcosCLi—  ô'')  — 2MRpcos(L';—  ô). 

^    i'on  joint  à  ces  relations  celle  de  Lambert, 
^ ^  )  6v/il(r  -  0  ^(r  -h  /•"  -+-  cY  - (/•  -H  /•"  -  c)'*', 

*^i  doit  être  satisfaite  rigoureusement,  le  problème  se   trouvera 

^^^ïïplètement  résolu,  puisque  l'élimination  de  r,  z'^',  c  donnera 

.    ^e  équation  en  p  seul.  Cette  équation  étant  d'un  degré  très  élevé, 

^st  beaucoup  plus  simple  de  procéder  par  tâtonnement.  Donnant 

I      P  une  première  valeur  arbitraire,  on  calcule  r,  /^',  c  et  on  porte 

^i*s  valeurs  dans  la  dernière.  Si  celle-ci  n'est  pas  exactement  sa- 

^    ^^ite,  on  poursuit  les  tâtonnements  et,  après  quelques  essais, 

**^qu'on  s'est  approché  du  but,  on  interpole  entre  les   valeurs 

'^ignées  à  p  de  manière  à  faire  disparaître  le  dernier  résidu. 

^ais   il   est  bien  plus   simple   de   recourir  à  la   petite    table, 

^ncke.   On    commence    par    faire    une    hypothèse,    non    pas 

^^t*  p,  mais  sur  r  4-  r".  Quand  il  n'y  a  pas  de  circonstance  par- 


\ 


170  LIVRE    IV.    —  CHAPITRE   XVII. 

ticulière  sur  laquelle  on  puisse  se  guider,  on  fera  à  tout  hasard 
r  -f-  /•''=  a.  Avec  cette  valeur  et  Tintervalle  t"  —  t,  on  calculera  ri, 
puis,  par  la  Table  d'Encke,  loge  et  enfin  c  Avec  cette  valeur  de  c, 
Téquation  (8)  donnera  p,  par  suite  r  et  r^ ,  Si  on  retombe  ainsi 
sur  r  4-  /-"=  2,  le  tâtonnement  est  terminé.  Il  n'en  sera  sans  doate 
pas  ainsi,  et  alors  on  recommencera  les  calculs  en  prenant  celte 
fois,  pour  r  -f- 1^ ^  la  valeur  que  Ton  vient  d'obtenir.  Deux  ou  trois 
essais  suffisent  d'ordinaire  pour  fournir  une  valeur  de  c  qui  satis- 
fasse exactement  à  la  condition  fondamentale  de  faire  parcourir  le 
secteur  compris  entre  r  et  r"  dans  le  laps  de  temps  observé  f  —  L 

Calcul  des  éléments  de  rorbite. 

La  question  se  réduit  désormais  à  calculer  les  éléments  de  Tor- 
bite  d'après  les  deux  positions  extrêmes. 

1**  On  obtiendra  la  distance  périhélie  y,  les  anomalies  r  et /cl 
la  date  0  du  passage  au  périhélie  par  les  formules  de  la  page  i6a- 

2**  On  aura  les  coordonnées  hélioccntriqucs  L  et  ^  par  les  for- 
mules de  la  page  i53  : 

z^=^rco%^  --=pcot3i, 

X  ~-.r  sin  p  cosL  =:  p  cosL,  -\-  R  cos  Ô  , 

r  -:=^-  r  sin  p  sin  L  ::=::  p  sin  L,  -f-  H  sin  ô  . 

auxquelles  on  peut  donner  la  forme  (en  retranchant  Ô  de  tousl^ 

angles) 

rcosp=i  pcotp,, 

rsinpcos(L  —  Ô  )  "  pcos(L,  —  ô  )  -H  R, 
r  sin  3  sin  (  L  —  Ô  )  —  p  sin  (  Li  —  ô  ) . 

On  calculera  de  même  P'',  L"  pour  l'époque  de  la  troisième  obse- 
vation.  La  comète  sera  directe  ou  rétrograde  suivant  que  L*  scu 
plus  grand  ou  plus  petit  que  L. 

3**  On  calculera  N  et  i  par  les  relations 

tang£  sin  (L  —  N)  =  ±:  cet 3, 
tangicos(L-N)^-dz  ^,^^1.  ^^^ 


MÉTHODE    D  OLBERS.  I7I 

On  prendra  le  signe  -h  si  la  comète  est  directe,  le  signe  —  si 
elle  est  rétrograde;  tangi  doit  être  positif  et  i  <  90°. 
4°  On  aura  les  longitudes  dans  Torbite  ^et  4^''  par  la  formule 

tang(L  — N)  =zicositang(4^—  N). 
5°  On  obtiendra  la  longitude  du  périhélie  par 

6^  On  calculera  l'époque  6  du  passage  de  la  comète  au  périhélie 
en  cherchant  dans  la  Table  de  Barker  la  valeur  de  ^IL  qui  répond 
à  l'anomalie  v  : 

m  m 

*^  Signe  —  s'appliquant  aux  comètes  directes  et  le  signe  -f-  aux 
'"^ti^ogrades. 

-A.  titre  de  vérification  indispensable,  on  calculera  par  ces  élé- 
'^ents,  pour  l'époque  moyenne  t',  les  coordonnées  géocentriques  L', 
^^  ^p  et  on  les  comparera  aux  coordonnées  observées. 

Portée  des  résultats. 

dépendant  on  ne  doit  pas  s'attendre  à  un  accord  parfait  pour 
■^s  deux  coordonnées  à  la  fois.  Cet  accord  peut  être  exigé  quand 
'*  s'agit  d'une  orbite  elliptique,  parce  qu'alors  on  a  six  éléments  à 
^^duire  de  six  données.  Ici  le  nombre  des  éléments  n'est  plus  que 
^^  cinq.Ily  aunedonnéede  trop,et,  bien  qu'on  ait  employé  à  la  fois 
*^f  P'j  dans  les  calculs,  ce  n'est  que  dans  le  rapport  M  que  ces  deux 
S'Jantités  figurent,  et  encore  par  une  combinaison  qui  les  réduit 
povir  ainsi  dire  à  une  seule  donnée.  Elles  ne  servent  qu'à  déter- 
**^*Oer  la  direction  du  rayon  vecteur  SC  par  l'intersection  du  plan 
^GO  avec  le  plan  ST'C  de  la  fig.  33  (*).  La  seule  chose  que 

1  *  )  Si  les  données  sont  telles  que  ces  deux  plans  se  confondent  exactement  ou  à 

I    '^  près,  la  méthode  d'Olbers  se  trouve  en  défaut.  C'est  ce  dont  on  est  averti  par 

^orme  que  prend  alors  le  rapport  M,  dont  les  deux  termes  sont  alors  évanouis- 

^•^tsou  du  moins  très  petits,  en  sorte  que  la  moindre  erreur  d'observation  a  une 

^^^tide  influence  sur  sa  détermination.  Cette  défaillance  de  la  méthode  d'Olbers  se 

■^^««nte  quand  les  trois  positions  observées  de  la  comète  se  trouvent,  à  peu  de 

^^^^se  près,  sur  un  même  grand  cercle  passant  par  le  lieu  du  Soleil  à  la  date  t'. 


171  LIVRE    IV.    —    CHAPITRE    XVII. 

puisse  faire  la  méthode  d^Olbers,  c'est  de  placer  la  comète  dans  ce 
dernier  plan,  ou,  en  d'autres  termes,  sur  le  grand  cercle  qu'il 
détermine  sur  la  sphère  céleste.  Pour  obtenir  un  accord  complet 
entre  les  L',,  ^\  calculés  et  les  L',,  ^\  observés,  on  devra  faire  va- 
rier quelque  peu  le  rapport  M,  dont  la  valeur  n'est  qu 'approxima- 
tivement déterminée  par  la  formule  (5). 

Il  peut  arriver  cependant  que  les  écarts  soient  notables  et  qu'au- 
cun procédé  de  correction  ne  puisse  les  faire  disparaître.  C'est 
qu'alors  le  rayon  vecteur  sera  en  réalité  un  peu  plus  petit  ou  un 
peu  plus  grand  que  ne  le  comporte  la  courbure  d'une  parabole 
appelée  à  satisfaire  aux  données.  Au  lieu  d'une  orbite  paraboUquCf 
on  aura  affaire  aune  ellipse  fortement  caractérisée.  Il  faudra  abau- 
donner  la  méthode  d'Olbers  pour  recourir  à  celle  de  Laplace,  et  on 
aura  la  satisfaction  d'obtenir,  en  fin  de  compte,  la  durée  de  la  révo- 
lution d'une  nouvelle  comète  périodique.  Mais  il  faut  des  obser- 
vations bien  précises  et  une  ellipticité  bien  prononcée  pour  que  la 
déviation  de  la  forme  parabolique  devienne  sensible  dans  le  petit 
arc  qu'une  comète  décrit  en  une  semaine  ou  deux. 

Emploi  du  catalogue  des  comètes. 

Après  cette  indispensable  vérification,  on  ouvrira  la  Table  des 
comètes  (  '  )  et  l'on  comparera  les  éléments  nouveaux  à  ceux  des 
comètes  antérieures.  Peut-être  aura-t-on  la  chance  d*y  retrouver 
des  éléments  analogues  pour  y,  /,  N  et  m.  Alors  l'identité  des 
deux  astres  serait  bien  probable,  et  il  resterait  à  déterminer  la 
durée  de  la  révolution,  à  rechercher  si,  dans  l'intervalle  des  deux 
passages  au  périhélie,  la  comète  a  fait  quelque  apparition  intermé- 
diaire. Ce  sont  là  les  bonnes  fortunes  du  calculateur.  La  décou- 
verte d'une  comète  périodique  ajoute  un  élément  nouveau  au 
système  solaire  et  conduit  souvent  à  des  résultats  du  plus  haut 
intérêt.  C'est  par  des  comparaisons  de  ce  genre  que  Halley 
a  découvert  la  périodicité  de  la  célèbre  comète  qui  porte  son 
nom. 


(*)  Cette  Table  y  la  plus  complète  de  celles  qui  existent  actuellement,  m'a  été 
fournie  par  M.  Lœwy.  On  la  trouvera  à  la  fin  de  ce  Volume. 


MÉTHODE    d'OLBERS.  178 

Exemple  numérique. 

Désireux  de  faciliter  ces  calculs  aux  débutants,  je  donnerai 
ici  un  exemple  complet  en  choisissant  la  comète  de  1769,  sur 
laquelle  Olbers  a  fait  lui-même  la  première  application  de  sa 
méthode. 


•74 


LIVBB    IV.    —    CHAPITRE    XVIII. 


CHAPITRE  XVIII. 


CALCUL  DE  L'ORBITE  DE  LA  COMÈTE  DE  1769. 


Datei.  T.  m.  de  Paris. 

Il    m 

Sept.   4 '4-0 

8 14.0 

12 14.0 


Observations. 

LongUudos. 
Li  —     80.56.1  1 

L',  =  101 .  0.54 
I/i  =  ri4. 19.22 


I>i»i.  an  pôle  de  récllpiiqur. 

O         ,        m 

Pi  -  107.51 .39 
3',  —  iist.    5.    2 

^\   r-  113.43.55 


Lieux  de  la  Terre  (Connaissance  des  Temps), 


Ô 342.4*2.   5 

l' 346.35.3i 

'    Ô' 350.29.20 


logR. 
logR' 
log  R' 


o , oo3 i 32 
0,002665 
0,002184 


Calcul  de  M. 


log  cot  ?; 

logsin(L''4  —  c). 


9 ,6082  î  n 
9» 99875 

9, 60699  Al 


log  cot  ?', 
logsin(L'j 


-f; 


I*' terme — o,  îo4565 


2"  terme. 


log  cot  ^\ 

Iogsin(L',  — Ô') 


3'  terme 


i**"  terme 
2'  terme. 


Num 


9,643o9n 
9»9^9^9 

9, 6023 8  71 

— 0,400295 

— o,4o4565 
-0,293402 

—0,11  ii63 


log  cot  P' 

logsin(L'|— Ô') 


4*  terme. 

3*  terme. 
4'  terme. 

Dén.... 


9,50817/1 
9  >  9^9*^9 
9,46746/2 

— 0,293(02 

9,60824/1 
9)8^777 

9,43600/1 

— 0,272900 

--0,400295 
--0,272900 

—0,127395 


log  \um 9 ,04596/1 

log  Dén 9,io5]5/i 

log  M 9)9Îo8i 


CALCUL    DE    l'orbite    DE    LA    COMÈTE  DE  1769. 


175 


CALCUL  DES  RATONS  VECTEURS. 


log  R* 0,006264 

Iog2 o,3oio3 

log  R o,oo3i3 

logcos(Lt— 6).  9,i56o4 


9,46021 


Nombre 0,28854 

log  séc  ^1 0,02145 

log  séc*  Pi 0,04290 


log  R'* 0,00437 

log  2 o,3oio3 

log  R" 0,00218 

logcos(L''i  — g';  9,84048 

logM 9»94o8i 

o, 08450 

Nombre 1,21478 

log  sec*  ^"1 0,07674 

log  M» 9,88162 

9,95836 
Nombre 0,90857 


r»=  1,01453- [9, 46o2i]p-f-[o,o429o]p«    (») 
r'«=  1,01011  — [o,o845o]p-f-[9,95836]p« 


CALCUL  DE  LA  CORDE. 


'-«> 


o,3oio3 
o,oo3i3 
0,00218 

9 > 99598 

0,30232 

2,00596 


log  2 

logR' 

logcos(Li— 6'). 


Nombre. 


log2 o,3oio3 

log  R o,oo3i3 

logcos(i;;  — Ôi)  9,89427  n 

logM 9.94081 

0,13924  n 

Nombre — 1»37799 


—2,00596 

r^-\'r^* -+-2,02464 

c*= 0,01868 


o,3oio3 
0,00218 
7,89267  n 

8,19588  n 
■0,01570 


Iog2 


log  2 

log  M 

logcos(L''j— Li). 


Nombre. 


o,3oio3 
9,94081 
9,86i38 

0,I0322 

1,26828 


o,3oio3 

logcotjii 9,50817/1 

logcot?'; 9,64309/1 

logM 9»94o8i 

9,39310 
Nombre 0,24723 


-+-0,01570 
I , 37799 


1,39368 
— I ,5o332 


—  1,26828 
—0,24723 

— i,5i55i 
2,01240 


— 0,1 0964 p         o, 49689 pî 


('}  Les  nombres  entre  crochets  sont  des  logarithmes. 


176  LIVRE    IV.   —    CHAPITRE    XVIII. 

Les  équations  numériques  à  résoudre  sont  donc 
(0  r»=  1,01453  — [9,46o2i]p  -+- [0,04290] p«, 

(2)  /•'*=  1,01011  — [o,o845o]p-f-[9,95836]p', 

(3)  c«  =  0,01868 -[9, o3997]p-^[9,69626]p^ 

auxquelles  il  faut  joindre  Téquation  de  Lambert. 
Pour  le  calcul  de  celle  dernière  nous  aurons 

log2  /{Â 8,5366i  19  —  10 

log(/'~0 0,90309 

Ioga/iI(^'— 0 9,43970    — ><> 

et  nous  nous  servirons  de  la  petite  Table  de  Encke  pour  calculer  c 
au  moyen  d'une  valeur  attribuée  à  r  -f-  z*^. 

Tâtonnements. 

La  somme  r  ^-  /•"  doit  être  notablement  moindre  que  2,  à  cause 
des  termes  négatifs  qui  entrent  dans  les  expressions  de  r  et  de  r'. 
Nous  ferons  d'abord  r-^-r^  =^  i,8.  Avec  celte  valeur,  nous  calcu- 
lerons 7;,  puis  la  Table  de  Encke  nous  donnera  £  et,  par  suite,  c,  de 
manière  à  satisfaire  exactement  à  la  condition  t'^  —  /  =  8^. 

i"*  supposition  :  r-.-  t^  ^  1,8 

Iog(rH-/'') o,'255'i7  logé o,ooo236 

^logCr-t-r*) 0,12764  log2/iI(r  — 0-.     9i4397o 

3  

Iog(rH   r')* 0,38291  9>4399( 

log2v^(/'— O".     9,43970  log(r-hr')* 0,12764 

logT) 9,05679  loge 9,3i23o 

r^ 0,11397  loge» 8,62460 

d'où  log  e o,ooo236        c» o,o42i3i 

Avec  cette  valeur  de  c^,  Téquation  (3)  devient 

o --:  0,023453— [9, o3997]p -i-[9,69626]p«. 
On  en  tire  log  f  :  -  9 ,  54899. 


CALCUL    DE    l'orbite    DE    LA    COMÂTE    DE  1769.  1 77 

Avec  celle  valeur  de  p,  on  calculer  et /^parles  équations  (i)  et  (2). 

On  obtient  ainsi 

r i,o25o4 

r" o,833o7 

r-r-r" i,858ii 

C'est  cette  valeur  de  r  -f-  r''  que  iious  allons  adopter  pour  la  se- 
conde approximation. 

a'  supposition  :  r-h  r'  =  i ,  858 1 1 . 

En  recommençant,  avec  cette  seconde  valeur,  les  calculs  précé- 
dents, on  trouve 

r 1,02373 

r" o, 83494 

r—r^ 1,85867 

Si  Ton  procédait  à  un  troisième  calcul  en  partant  de  cette 
dernière  valeur,  on  retomberait  identiquement  sur  la  môme  somme. 
Une  simple  interpolation  suffit  et  donne  logp  =  9,54210,  puis 

r 1,023716 

r^ 0,83496 

c 0,201983 


^ 


Avec  ces  nombres  on  procède  immédiatement  au  calcul  des 
cinq  éléments  de  l'orbite.  Mais  nous  allons  d*abord  vérifier  le 
iogvé  d'exactitude  de  Thypothèse  sur  laquelle  repose  cette  mé- 

bode,  à  savoir -7,  = -7 -•  D'ailleurs  ce  calcul  nous  donnera  la 

oc  t   t 

tstsince  périhélie  et  les  deux  anomalies  Çy  v" . 
I^ 'abord  la  formule  de  la  page  162 

2  txrr' 


icf=i(r'—  ^)=:2•I3'4l^ 


S 


Ûe  Téquation 


I     -         I    .  r^  —  r 


tang^5langy£f=  _^ 

4  4  r  H- /-^  H- 2  y/rr* 


178 
donne 


LIVRE    IV.   —    CHAPITRE    XVIII. 


o      ,       m 

\  S 110.54.1G 

\  S 221.48.32 

\d 2 . 1 3 . 4 1 

l' 219.34.51 

v" 22  J.    2.  l3 

La  relation  r  cos*{r  =  y  ou  r^cos-^r"  =  q  fait  connaître 

Iog^  =  9,06951. 
Enfin  on  a  0,  date  du  passage  au  périhélie,  par 

.Œ  -      .       ■ 

V  27 

et  l'on  trouve  ainsi 


-  (  /  -  6 )  =  tang  -  r  -+-  -  lang»  -  r, 


/  — 0 —  32J.83i5 

/ î. 5833  septembre. 


d'où 


6, 


7,4148  octobre. 


ou  bien  octobre  7  à  10  heures. 

Cela  posé,  calculons  r   et  i''  pour  la  date  du  8  septembre.  Le 
logarithme  de  la  constante  k  de  la  Table  de  Barker  est  9,9601278. 


logX. 

log  </ 
log/w 


9,96013 

s. 60426 
I ,35586 

1 .45987/1 
2, 8 1 563/1 


logcos*  J  i-' 
log  y 

logr   .  . 

lo<:  r 

logsint  i''  —  i'  • 
i**  triangle. . . 


9,ioo38 
9,06951 

9,96913 
0,01018 

8,5i324 

8,52255 


La  Table  donne  pour  celte  valeur  de  ^K.  : 

!*>?'■• 9,9^1 3 

logr* 9>92>^ 

logfinr' — r  ».      8,63i6i 

2'triansle 


22i*3i  59' 
iio*47'3o* 


!•*  triangle 


8,52240 
8,52255 


log  rapport 9i99985 

Nombre 0,99969 


CALCUL  DE  L.'ORBITB  DE  LA  COMÈTE  DE  1769. 


«79 


Œ  /"  —  /' 

Ainsi  s  =  0,99969,  tandis  que  le  rapport  —, =  i .  L'erreur 

est  que  de  o,ooo3i.  Si  les  intervalles  étaient  très  inégaux,  cette 
Teur  serait  plus  forte  ^  mais  on  vient  de  voir  le  moyen  de  la  cor- 
ger  :  c'est  de  porter  cette  valeur  plus  exacte  dans  l'expression 
B  M  (p.  169)  et  de  recommencer  le  calcul. 

Calcul   des   éléments   (p.  170). 
i""  Coordonnées  nÉLiocENTRiQUES. 


logp 9,54210 

logr 0,01018 

9,53192 

logcot^; 9,50817/1 

logcos^ 9,04009/1 

P 96''i7'47 


log^.. 


Iogsin(L]  —  t  ) 
CMogsin^ 

logsin(L —  ô    . 


9,53192 

9,99550 
0,00263 

9,53oo5 


logp' 9,48291 

logr* 9i9'*«66 

9, 56124 

logcotp; 9,64309/» 

logcosp' 9,20433/1 

P' 99°i^'4i' 

log^ 9,56i24 

logsin(L;'— J")..  9,858i5 

CMogsinp" o,oo564 

logsin(L''   -  5"). .  9,4i5o3 


L 

l. 

L 
L 


L"  — L 


19.48.31 
342.42.   5 

2 . 3o . 36 
5.55.14 

3.24.38 


L*  —  ô    .....       i5 .25*54 
t"  350.29.20 

L"    5.55.14 

Mouvement  direct. 


2°  Calcul  de  N. 


logcotp 

Iogcos(L''—  L). 

9,04272/1 

9 > 999^3 

9,04195/1 
— 0, 110142 

log  cot^  .  .  . 
— Iogsin(L''- 

losnum  . . . 

•   •   •  •   • 

9,04272/1 
8,77445 

7,81717/1 
8,71623/1 

Nombre . . . 

logdén  . . . . 

.... 

cotp' 

—0,162169 

logtang(L- 

-N). 

9,10094 

)én.cotP'— nom., 
log  défi 

— 0, 052027 
8,71623/1 

L  — N 

L 

N 

•      •      •      • 
»     •      •      •     • 

0         /         » 
187. II .27 

2.30.36 

175. IQ.    0 

i8o 


LITftl    !▼.   —   CHAPlTftl    XVIII. 


Calcul  de  i  et  de  w. 


logcot^ 

logsin(L  —  N). 

9,0427211 
9,09751/1 

C-N 

N 

189.32.48 
175.19.  9 

log  tang  1 

9t9452I 

C 

4.51.47 

t 

4 1*23' 4  2' 

p  =  J^ —  m  . . 
w 

219.34.59 

Iogtang(L— N). 
log  cos  i 

*t    ^'    ^ 

9»>oo94 
9,87516 

145.16.48 

logtang(^-N). 

9,22578 

Voîci  donc  les  éléments  approchés  de  Torbile  de  la  comèie 
de  1769  : 


•^ 

ÉlèaeoU  d«  L«ff«»4r« 

Passage  au  périhélie. 

7  ocl.  à  lo*" 

7  oct.  à  i2^44"38* 

Distance  périhélie.. 

0,11736 

o,i23o4oi 

Long,  du  périhélie. . 

0     , 
145.17 

144.11.32 

Long,  du  nœud  asc. 

175.19 

175.    3.40 

Inclinaison 

41.24 

40.47.56 

Sens  du  mouvement. 

Direct 

Direct. 

Les  éléments  de  Legendre  ont  été  calculés  sur  l'ensemble  des 
observations.  Je  les  mets  en  regard  des  premiers  pour  faire  ap- 
précier le  degré  d'apj5roximation  auquel  on  peut  prétendre  pardes 
calculs  fondés  sur  un  intervalle  de  huit  jours.  On  obtiendrait  beau- 
coup mieux  aujourd'hui,  parce  que  les  observations  actuelles  de 
comètes  sont  incomparablement  plus  exactes  qu*au  siècle  der- 
nier. 

Utilité  des  éphémérides  des  comètes  nonvelles. 

Ces  premiers  calculs  ser\'ent  d*abord  à  comparer  la  nouvelk 
comète  à  celles  qui  ont  paru  autrefois.  Ils  indiquent  en  outre  très 
approximativement  la  marche  que  la  comète  va  suivre.  Pour  cela, 
on  construit  une  èphéméride;  en  d'autres  termes,  on  calcule 
d'avance,  de  quatre  jours  en  quatre  jours  par  exemple,  les  ci>or- 
données  géocentriques  et  la  distance  à  la  Terre.  On  juge  aiosi 
d'avance  de  Tépoque  à  laquelle  la  comète,  d'abord  tétescopique, 
peut  devenir  visible  à  Tœil  nu,  de  celle  où  se  développer»  sa  qufoe, 
de  la  durée  totale  de  son  apparition  pour  Tun  ou  ilautre  hémi- 
sphère, etc. 


CALCUL    DB    l'orbite   DE    LA    COMÈTE    DE    1769.  l8l 

On  admet,  pour  les  petites  planètes  dont  le  diamètre  est  insen- 
sible, que  leur  éclat  varie  en  raison  inverse  du  produit  r*r], 
c'est-à-dire  du  carré  de  la  distance  au  Soleil  multiplié  par  le  carré 
de  la  distance  à  la  Terre.  Si  donc  on  a  remarqué,  à  Pépoque  de 
la  découverte,  l'éclat  que  l'astre  présentait  alors,  on  sera  en  état 
d'apprécier  plus  ou  moins  celui  qu'il  aura  à  d'autres  époques.  Cette 
notion  est  importante  pour  l'astronome  qui  doit  se  préparer  à  l'ob- 
servation. Mais,  pour  ce  qui  concerne  les  comètes  dont  la  tête 
a  des  dimensions  considérables  et  dont  la  figure  change  du  tout 
au  tout,  cette  évaluation  ne  doit  guère  s'appliquer  qu'au  petit 
point  brillant,  central,  qu'on  nomme  le  noyau  et  dont  les  astro- 
nomes déterminent  la  position. 


|>W< 


l82  LIVRE   IV.    —    CHAPITRE    XIX. 


CHAPITRE  XIX. 


CORRECTION  DES  PREMIERS  ÉLÉMENTS. 


Ces  premiers  éléments  fournissent  d'abord  le  moyen  d'appli- 
quer aux  obser\'alions  des  comèles  les  corrections  nécessaires  At 
parallaxe  et  d'aberration  qu'on  a  dû  d'abord  omettre,  faute  de  con- 
naître la  distance  de  Tastre  à  la  Terre. 

On  observe  presque  toujours  une  comète  à  IVquatorial,  en  la 
comparant  à  une  étoile  connue,  choisie  à  peu  près  sur  son  paral- 
lèle. L'instrument  étant  fixé,  pendant  que  la  comète  traverse 
le  champ  on  mesure,  à  l'aide  du  fil  mobile  du  réticule  et  de  la 
vis  du  micromètre,  la  différence  de  déclinaison  entre  Taxe  optique 
et  le  noyau  de  la  comète;  puis  on  note  à  la  pendule  sidérale  les 
instants  du  passage  de  la  comète  aux  fils  horaires  du  réticule. 
Quelques  instants  après,  apparaît  l'étoile  de  comparaison  qu'on 
observe  exactement  de  la  même  manière.  Si  dans  l'intervalle  de 
ces  ob$er\'ations  la  lunette  ne  s'est  pas  déplacée,  on  obtient  ainsi 
les  différences  d\R  et  de  o  entre  l'étoile  et  la  comète.  Les  coordon- 
nées de  l'étoile  étant  calculées  pour  ce  jour-là,  on  aura  celles  de  la 
comète  en  y  ajoutant  les  différences  observées. 

Corrections  de  parallaxe  et  d'aberration. 

La  différence  de  distance  polaire  doit  être  très  petite:  on  évite 
d^uilleurs  d'observer  trop  près  de  l'horizon  :  l'effet  de  la  réfraction 
sera  donc  généralement  négligeable.  11  n'en  est  |>as  de  même  de  la 
parallaxe.  Soit  r,  la  distance  de  la  comète  à  la  Terre;  la  parai- 

laxe  horiïontale  />  sera  donnée  par  —  =  sin/>,  p  désignant   ici  k 

ra\on  liH^al  de  Ki  Terre.  Son  effet  est  de  faire  voir  l'astre  un  peo 
plus  Ivàs  que  si  l'observateur  était  au  centre  de  la  Terre.  Considères 


CORRECTION    DES    PREMIERS    ÉLÉMENTS.  l83 

maintenant  le  triangle  PZE;  E  étant  la  position  de  Tasïre  vu  du 
centre  de  la  Terre;  E|,  placé  sur  le  vertical  ZE,  la  position  appa- 


rente, c'est-à-dire  vue  par  l'observateur;  PEZ  l'angle  de  posi- 
tion; on  aura  EE|  =/>  sin^i  sensiblement,  et 

Ôi  —  8  •=  p  sin  5i  sinE  =/?  sinX  sin  AI, 
{I^i  —  iR;  sin  8  —  — p  sin  Z\  cos  E  =  — />(cosX  cos8  h-  sinX  sin  8  cos^fl). 

Quant  à  l'aberration,  on  verra,  au  Livre  suivant,  que  la  lumière 
met  à  venir,  de  la  comète  à  nous,  un  temps  égal  à  v^>  W  étant  la 

vitesse  de  la  lumière.  Or  W  ::=  7-7:  >  a  étant  la  distance  moyenne 

de  la  Terre  au  Soleil.  Comme  r\  est  exprimé  en  parties  de  cette 
unité-là,  le  temps  en  question  est  de  r^  X  498*.  Soit  t  la  date  à 
laquelle  l'observateur  a  déterminé  la  position  de  la  comète; 
ses  coordonnées  répondent  réellement  à  une  époque  antérieure 
de  Ti  X  498*.  11  suffira  donc  de  retrancher  cette  quantité  de  la  date 
t  pour  tenir  compte  de  l'aberration. 

On  pourrait  encore  conserver  la  date  t  et  retrancher,  des  coor- 
données de  la  comète,  les  corrections 

dJR  ,  ^      d^  , 

—  X  r,  X  498,     3i  X  '1  X  ^198, 

--j->     -y-  étant  les  variations  des  coordonnées  pour  1*  de  temps. 

Ces  corrections,  négligées  dans  une  première  ébauche  des  élé- 
ments, sont  indispensables  pour  les  calculs  ultérieurs  plus  précis, 
car  les  forces   agissantes   sont  relatives  aux  directions  réelles   et 


l84  LIVRE    IV.    —   CHAPITRE    XIX. 

non  à  celles  dans  lesquelles  l'observateur  voit  Tastre  dont  il  s*agit 
d'étudier  les  mouvements.  Après  les  avoir  appliquées  aux  coor- 
données équatoriales  M  et  o,  on  transformera  celles-ci  en  coor- 
données écliptiques  Lf  et  ^f,en  employant  chaque  fois  l'obliquité 
apparente  «o,  donnée  de  loJ  en  loJ  parla  Connaissance  des  Temps. 

Ces  longitudes  se  trouvent  ainsi  comptées  du  point  vemal  ac- 
tuel. Nous  verrons,  au  Livre  suivant,  que  ce  point  se  déplace  ico- 
temenl,  en  vertu  de  la  précession  et  de  la  nutation.  Il  en  résulte, 
dans  ces  coordonnées,  de  petites  variations  qui  n'ont  rien  de  comman 
avec  les  mouvements  réels  de  l'astre  obser\'é;  il  faut  donc  lesco^ 
riger  de  ces  deux  eOets  avant  de  les  introduire  dans  les  formules 
précédentes;  en  d'autres  termes,  il  faut  les  rapporter  à  une  méoie 
origine  v  parfaitement  fixe,  et  relative  à  une  date  d*ailleurs  arbi- 
traire. C*est  ce  qu*on  fait  en  retranchant,  de  chaque  longitude  ap- 
parente, la  nutation  (prise  à  ^-ue  dans  la  Connaissance  des  Temps) 
et  Tcffet  de  la  précession  pour  le  temps  écoulé  entre  la  date  de 
robser>*ation  et  Tinstant  pris  pour  époque,  à  raison  de  50*^,2  par 
an,  ou  de  o',  i4  par  jour. 

On  agira  de  même  pour  les  longitudes  Q  du  Soleil,  ou  celles 
de  la  Terre  ô  =  C  —  «  8o*,  prises  dans  la  Connaissance  des  Temps; 
on  en  retranchera  raberralion  d*environ  ao',4,  la  nutation  et  b 
précossion,  afin  d^avoir,  pour  le  Soleil  aussi,  les  directions  mies 
et  rapportées  au  même  point  ^^i*,  ou,  comme  le  disent  les  astronomes, 
les  longitudes  vraies  comptées  de  TêquiDoxe  moven  d^une  époque 
détermimH*. 

IV  iVt  enscmblede  corrections,  les  «eules  qu*on  ne  puisse  appli- 
quer dtV  le  début  sont  è\idemment  celles  qui  exigent  la  connaissance 
de  U  dîslJinoo  do  Tistr^  4  U  Terr^.  On  les  néglige  tout  d  abord. 
M4iis,  dès  qu\^n  po^Nie  los  èièmenls  approchés  de  Forbite,  on  est 
en  ètAl  do  lo<  jippHqMor  aux  observations,  et  c'est  des  coordonnées 
I«t  ot  i|*  4Jn>i  \N>rrigtv<vio  U  panalUxe  et  de  raberration,  puisrap- 
|KMrio<sÀ  l\\}uînoxo  iiio\en  d'une  onri^ÎDe  date  fixe,  que  nous  allons 
UvHis  \Kvu|>er . 

iMi  d«s  prtmers  éléments  de  Forbite. 


L<s  ixn^^mKiTS  olo«ift<H!it>  sk>ai»etit  !e  a»c^Tvti  de  calculer  jour  pi^ 
jv^r  U  |KVsîtKV)i  Je  lAstrv  ciiainr.  i>«  a  ^tasi  «ne  série  de  valeur* 


CORRECTION    DES    PREMIERS    ÉLÉMENTS.  l85 

de  ses  coordonnées  éciiptiques  pour  des  dates  équidistantes,  coor- 
données rapportées  naturellement  à  Téquinoxe  moyen  de  Tépoque 
adoptée  pour  ces  éléments.  On  en  déduit,  par  interpolation,  les 
coordonnées  géocen triques  L|  et  ^i  pour  les  dates  des  observa- 
lions  que  Ton  aura  recueillies.  En  les  comparant  aux  coordonnées 
observées,  on  aura  les  écarts  ou  erreurs  de  la  première  orbite.  La 
seconde  approximation  aura  pour  but  de  modifier  les  éléments  de 
manière  à  faire  disparaître  ces  erreurs. 

Ici  Ton  pourrait  suivre  la  marche  que  nous  avons  indiquée  pour 
les  planètes  anciennes.  Elle  consiste  à  former  des  équations  de 
condition  linéaires  entre  ces  écarts  et  les  six  corrections  da,  de^ 
d^o,  dwj  di^  dN  des  éléments,  puis  a  traiter  ces  équations  par  la 
méthode  des  moindres  carrés.  Mais  cela  suppose  que  les  corrections 
cherchées  sont  assez  petites  pour  que  leurs  puissances  supérieures 
à  la  première  soient  négligeables.  Il  n'en  est  pas  ainsi  d'ordinaire 
lorsqu'on  ne  possède  encore  qu'une  simple  ébauche  de  Torbite, 
calculée  sur  des  observations  très  rapprochées.  Il  faut  donc  pro- 
céder autrement. 

Le  moyen  le  plus  simple  consiste  à  porter  les  écarts,  entre  les  L| 
observés  et  les  L|  tirés  de  l'éphéméride,  sur  une  feuille  de  papier 
quadrillé,  et  à  construire  la  courbe  de  ces  écarts  en  prenant  le  temps 
pour  abscisse.  Avec  un  peu  de  soin,  en  s'at tachant  à  faire  passer 
une  courbe  à  courbure  bien  continue  aussi  exactement  que  pos- 
sible par  les  points  marqués  sur  l'épure,  de  manière  que  les  dévia- 
tions en  plus  équivalent  à  peu  près  aux  déviations  en  moins,  on 
compensera  de  très  près  les  erreurs  accidentelles  de  l'observation. 
On  opérera  de  même  pour  les  écarts  en  P|. 

Il  ne  restera  plus  qu'à  choisir,  dans  les  parties  les  mieux  déter- 
minées de  ces  courbes,  trois  dates  aussi  éloignées  que  possible  pour 
lesquelles  on  aura  calculé  les  coordonnées  de  la  comète  ;  les  deux 
apures  en  feront  connaître  les  corrections.  Avec  ces  trois  positions 
^^ormales,  c'est  le  terme  consacré,  on  procède  à  un  nouveau  calcul 
^es  éléments  de  l'orbite. 

S'il  s'agit  d'une  comète  parabolique,  on  emploiera  encore  la 
Kmélhoded'Olbers,  avec  cette  seule  différence  qu'on  substituera,  au 

ï^pport  des  intervalles  de  temps  -; 9  le  rapport  -^  des  aires  des 

triangles  rV,  r^r  calculées  par  les  premiers  éléments.  S'il  s'agit 


■  86  LIVBB    IV.   —    CHAPITBB    XIX. 

d'une  orbite  plus  ou  moins  elliptique,  on  déduira  de  Tépure 
plusieurs  positions  normales  espacées  aussi  régulièrement  qae 
possible,  et  on  leur  appliquera  la  méthode  de  Laplace.  Trois  posi- 
lions  sudfiraient  si  Ton  avait  recours  à  la  belle  méthode  de 
GausSy  à  l'aide  de  laquelle  on  obtiendrait  des  éléments  qui  satis- 
feraient rigoureusement  à  ces  trois  positions;  mais  les  limites  de 
cet  Ouvrage  ne  nous  permettent  pas  de  Texposer  ici. 


FIGURE    DES    COMÈTES.    —    FORCE    RÉPULSIVE.  187 


CHAPITRE  XX. 


FIGURE  DES  COMÈTES.  —  FORCE   RÉPULSIVE. 


Bien  que  ]a  chaleur  solaire  joue  un  rôle  considérable  dans  la 
production  de  ces  phénomènes,  ils  rentrent  néanmoins  dans  le  do- 
'ïiaîne  de  la  Mécanique,  et  leur  intérêt  principal  consiste  en  ce 
qu'ils  nous  révèlent,  dans  les  espaces  célestes,  l'action  d'une 
force  complètement  différente  de  l'attraction  newtonienne. 

A^oicî,  en  peu  de  mots,  la  succession  des  phénomènes.  Lorsqu'on 
découvre  une  comète  encore  fort  éloignée  du  Soleil  (à  la  distance  3 
^u  4),  elle  apparaît  comme  une  tache  ronde,  d'un  très  faible  éclat, 
^'^  tout  semblable  à  ces  nombreuses  nébuleuses  télescopiques  dont 
■^  ciel  est  parsemé.  La  figure  ronde  indique  que  les  matériaux  très 
^^res  dont  l'atmosphère  de  la  comète  est  constituée  n'obéissent 
^u'^à  l'action  du  noyau  ;  les  couches  de  niveau  dont  l'astre  est  formé 
'^  Ont  pas  encore  été  déformées  par  l'action  des  forces  extérieures.  Il 
y  a^  deux  points  à  noter  ici  :  i"  les  plus  petites  étoiles  se  voient  à 
^ï^aTcrs  cette  nébulosité  presque  sans  affaiblissement,  malgré  son 
^^orme  épaisseur;  2**  elles  n'y  subissent  aucune  réfraction  appré- 
^îiible. 

On  vient  d'assimiler  celte  nébulosité  sphérique  à  une  atmo- 
^plière  :  c'est  qu'au  bout  de  quelques  jours  on  voit  poindre  en  son 
^^nlre  un  noyau  brillant,  lequel  possède  une  masse  et  une  den- 
^*  •-€  énormément  supérieuresàcellesde  l'enveloppe  nébuleuse.  Mais, 
^  ïuesure  que  la  comète  se  rapproche  du  Soleil,  des  signes  de 
^^ formation  commencent  à  se  montrer.  Le  noyau  prend  une 
ï^^^sition  de  plus  en  plus  excentrique,  en  même  temps  que  la 
^•g^ure  de  l'atmosphère  s'allonge  dans  la  direction  du  rayon  vecteur. 
*^*ïfin  la  comète  se  met  à  fuser;  une  queue  se  dessine  à  l'oppo- 
^^t^  du  Soleil.  Quand  on  parvient  à  mieux  distinguer  ce  qui  se 
ï^^sse  autour  du  noyau,  on   voit  que  la    comète  fuse   aux   deux 


l88  LIVBK    IV.    —  CHAPITRE    XX. 

bouls  »  la  fois,  par  la  formation  d'une  queue  à  l'opposé  du  Solril. 
et,  du  côté  de-cet  astre,  par  l'upparition  d'aigrettes  brillanies  doM 
la  matière  marche  d'abord  vers  le.  Soleil,  puis  s'arrête  et  finit  jHt 


rebrousser  chemin  pour  aller  en  arrière   rejoii 


idre  les  raatéiù» 
de  la  queue.  Les  deux,  figures  suivantes  de  la  tête  de  la  comète  de 
i86a  représentent  cette  aigrette  le  aa  et  le  a3  août  (d'après  It 
P.  Secchi). 


(^es  pliéiioiiiénes  se  [Missent  sur  une  ùchdlc  gigantesque;  il  ^  » 
des  queues  de  ^o,  3o.  4<><  (^'*  millions  de  lîcucs  de  longueur  et 
plus,  qui  se  forment  ainsi  à  l'opposite  du  Soleil.  Ces  queues,  Un- 
gcntes  à  l'origine  au  ravon  vecteur  du  no^au,  sont  recourbée*  en 


rrière.  du  coté  d'où  vient  la  c 


uète.  [..eui 


■clal,  assez  vil 


presU 


novan,  va  en  diminuant  vers  l'extrémité;  là  il  se  perd  pour  ainiii 
dire  dans  le  fond  noir  du  ciel,  La  largeur  de  ces  queues  va  aus^i 
en  augmentant  vers  l'exlrémilé.  Knfin  elles  sont  phites  el  contenu» 
tout  enlières  (sauf  Tépaisseur)  dans  le  plan  de  l'orbite,  en  sorte 
que,  pour  un  observateur  placé  dans  ce  plan,  ou  à  peu  près,  ces 
queues  paraissent  droites  el  minces. 

Voici  une  figure  de  hi  grande  comète  de  i8JS  avec  ses  deui. 
queues  (comèle  de  Donati). 

Quant  au  novau,  seul  point  que  les  astninomcs  observent,  il 
obéit  à  la  loi  de  l'HlIraction  newtonicnne  et  décrit  son  orbite  su» 


190  LIVRE    IV.    —    CHAPITBB    XX. 

lui,  OU  du  moins  à  rinlérJeur  de  sa  sphère  d'attraction,  en  sorte 
que  les  matériaux  qui  sont  soumis  à  ces  deux  forces  ne  sont  plus 
retenus  par  le  coqps  considéré. 

Le  phénomène  des  marées  est  un  cas  très  particulier  de  celle 
question.  L'attraction  du  Soleil  ou  de  la  Lune  tend  à  déformer,  à 
allonger  la  surface  des  fluides  qui  recouvrent  la  Terre,  dans  le  sens 
de  la  droite  qui  unit  les  deux  astres.  Si  Ton  diminuait  progressive- 
ment, par  la  pensée,  la  masse  de  la  Terre,  cette  déformation  se 
prononcerait  de  plus  en  plus;  la  surface  limite,  en  se  rétrécissant, 
finirait  par  laisser  en  dehors  d'elle  une  partie  de  Tenveloppe  fluide, 
qui  cesserait  dès  lors  d'appartenir  à  la  Terre. 

On  comprend  donc  que  l'action  d'une  masse  puissante,  comme 
celle  du  Soleil,  tende  à  décomposer  les  corps  d'une  masse  très 
faible  qui  s'approchent  de  lui,  surtout  si  ces  corps  occupent  un 
volume  considérable,  sans  cesse  accru  d'ailleurs  par  la  chaleur  crois- 
sante qu'ils  reçoivent  du  Soleil. 

Considérons  maintenant  une  comète  décrivant  autour  du  Soleil 
une  orbite  parabolique.  Tant  qu'elle  sera  très  loin  du  Soleil,  la 
sphère  d*altraction  sera  très  étendue.  L'action  perturbatrice  du 
Soleil  n'étant  que  la  diflerence  de  ses  attractions  sur  la  masse 
entière  qu'on  peut  supposer  réunie  au  centre  du  noyau, -et  sur  les 
parties  plus  ou  moins  éloignées,  cette  force  sera  inversement  pro- 
portionnelle au  cube  de  la  distance  de  Tastre  et  en  raison  dir.'Cte  du 
rayon  de  Taslrc  considéré.  Elle  augmentera  donc  très  rapicjfmenl 
à  mesure  que  ce  dernier  se  rapprochera  du  Soleil.  Alors  certaines 
parties  de  cette  comète,  en  avant  et  en  arrière  du  novau,  cesseront 
de  lui  appartenir  et  s'en  écarteront  peu  à  peu  sous  forme  d'aigrettes 
ou  de  secteurs  luinineiiv;  mais  comme  ces  matériaux  participaient 
à  sa  \itesse  de  translation,  ils  poursuivront  leur  marche  dans  la 
même  orbite,  à  peu  près,  aNcc  des  vitesses  peu  dillérentes;  leur 
écartement  ira  en  augmentant;  ils  tendront  à  se  disséminer  tout 
du  long  de  celte  courbe.  C'est  là  le  phénomène  auquel  on  attribue 
la  dissolution  progressive  de  certaines  comètes  et  leur  transforma- 
tion en  un  essaim  de  plus  en  plus  allongé  de  corpuscules.  Quelques- 
uns  de  ces  essaims  coupent  Torbite  de  la  Terre,  viennent  la  heurter 
et  s'enflamment  dans  son  atmosphère. 


FIGURE    DES    COMÈTES.    —    FORCE    RÉPULSIVE.  igi 

Impossibilité  d'expliquer  les  queues  par  la  seule  attraction. 

Il  n'entre  là  que  le  jeu  ordinaire  de  raltractlon  et  il  a  été  étudié 
aussi  coniplctement  que  possible  par  M.  Roche  (voir  les  Eléments 
de  Mécanique  céleste  de  M.  Resal,  p.  203  et  suiv.).  Mais  les  co- 
mètes présentent  en  outre  un  phénomène  entièrement  différent,  à 
savoir  la  formation  de  la  queue  qui  se  prolonge,  non  pas  sur  Torbite, 
mais  au  dehors,  dans  le  sens  du  rayon  vecteur  et  à  Topposite  du  So- 
leil. Ily  a  là  rindlcatlon  d'une  force  bien  différente  de  Taltractlon, 
car,  on  vient  de  le  voir,  les  attractions  combinées  du  Soleil  et  de  la 
comète  ne  sauraient  donner  naissance  à  de  tels  phénomènes.  Cette 
force,  nécessairement  émanée  du  Soleil,  est  répulsive. 

Caractères  de  la  force  répulsive. 

Quelle  différence  y  a-t-11  entre  ce  noyau  qui  tombe  paraboll- 
quemenl  vers  le  Soleil,  et  ces  nébulosités  qui  fuient  au  contraire 
le  Soleil  avec  une  rapidité  si  frappante?  La  voici  :  ces  nébulosités 
sont  d'une  ténuité,  d'une  rareté  Inimaginables;  le  noyau,  au  con- 
traire, est  relativement  très  dense  et  renferme  à  lui  seul  presque 
toute  la  masse  de  la  comète.  La  force  répulsive  que  le  Soleil  exerce 
visiblement  sur  ces  nébulosités  n'est  donc  pas  proportionnelle  aux 
masses,  mais  aux  surfaces.  C'est  une  foroe  analogue  aux  forces 
physiques  de  l'électricité  et  de  la  clialeur,  aux  actions  mécaniques 
que  lèvent,  l'eau,  etc.,  produisent  sur  nous  par  Impulsion.  Elle  ne 
s'exercera  donc  pas  à  travers  toute  matière,  comme  l'attraction, 
mais  elle  sera  arrêtée  par  l'interposition  d'un  écran  matériel  quel- 
conque. Elle  ne  se  propagera  pas  Instantanément  comme  l'attrac- 
tion, mais  successivement  comme  le  vent,  la  lumière,  l'électricité, 
la  chaleur.  Enfin  elle  n'imprimera  pas  la  même  accélération  à 
toutes  les  particules  de  matière,  comme  l'attraction;  son  effet 
variera  avec  leur  densité.  Au  lieu  de  faire  mouvoir  du  même 
mouvement  les  corps  massifs  et  les  corps  légers,  elle  les  triera 
par  ordre  de  densités  et  chassera  plus  loin  les  moins  denses.  Si, 
comme  il  est  naturel  de  le  penser,  l'action  de  cette  force  varie  en 
raison  inverse  du  carré  de  la  distance,  son  effet  sur  un  corps 
sera  dû  à  la  simple  différence  entre  elle  et  l'attraction,  différence 
qui  sera  tantôt  positive,  vers  le  Soleil,  ou  négative  à  l'opposite. 


■  9^  LIVBE    IV.    —    C^APITME    XX. 

suivant  qu^elle  sera  moindre  ou  plus  forte.  L'orbite  décrite 
sera  donc  une  branche  d^hN-perbole  tournant  sa  concavité  vers  le 
Soleil  dans  le  premier  cas,  et  sa  convexité  dans  le  second  (p.  120). 
Dans  les  deux  cas,  le  Soleil  sera  au  fover. 

Examinons  maintenant  les  conséquences  et  voyons  si  elles 
s'accordent  avec  les  faits.  Soient  A,  B,  C,  D,  E  (^fig*  3")  les  posi- 
tions successives  du  noyau  sur  sa  trajectoire  autour  du  Soleil  S. Une 
molécule,  cessant  en  A  de  faire  corps  avec  le  noyau  et  placée  en  de- 
hors de  la  sphère  d'attraction  est  repoussée  par  le  Soleil  avec  one 
force  HO —  [jl,  H  étant  un  coeflicient  relatif  à  la  densité  et  à  U 
figure  des  particules  cométaires.  En  vertu  de  sa  vitesse  actuelle, 
égale  à  celle  de  la  comète,  et  de  cette  force  répulsive,  elle 
décrira  une  trajectoire  hyperbolique  (nous  négligeons  l'attraction 

C 
du  noyau)  Aa.  La  relation  V  =  -; (p.  1  i5),qui  s*appliqueaai 

forces  centrales  quelconques,  montre  que  Taire  décrite  en  un  temps 


r 


donné  par  le  rayon  vecteur  de  celle  molécule  sera  la  même  que 
Taire  décrite  par  le  rayon  vecteur  SA  du  noyau,  car  V,  r  et  i  sont 
les  mêmes  à  Torigine,  en  A.  Lorsque  le  noyau  sçra  parvenu 
en  E,  la  molécule  considérée  sera  venue  en  a  de  manière  que  le 
secteur  hyperbolique  AS^  soit  équivalent  au  secteur  parabolique 
ASE,  et  comme  le  point  a  se  meut  en  dehors  de  la  courbe  AD,  il 
se  trouvera,  à  Tiuslant  considéré,  en  arrière  du  ravon  vecteur  SE.  U 
en  sera  de  même  des  molécules  abandonnées  par  la  comète  en 
B,  C,  D,  pourvu  qu'on  les  prenne  dans  les  mêmes  circonstances  de 
situation  que  la  molécule  a.  Au  moment  où  la  comète  sera  en  E,  ces 
molécules  se  trouveront  en  b,  c^d,  .,,  toutes  en  arrière  du  ravon  vec- 
teur,el  leurensemble,  à  cet  instant,  dessinera  une  ligne  Et/c  6a dont 


FIGURE    DBS    COMETES.    —    FORCE  REPULSIVE. 


193 


la  convexité  fera  face  à  la  région  vers  laquelle  se  meut  la  comète. 
Si  le  point  D  était  infîniment  rapproché  du  point  E,  les  aires 
triangulaires  SDd,  SDË  étant  égales,  l'élément  de  courbe  £^ 
devra  être  parallèle  à  SD,  et,  comme  Tangle  DSE  est  supposé 
ifiGniment  petit,  la  courbe  de  la  queue  sera  tangente,  à  Torigine,  au 
ravon  vecteur  SE. 

Si,  au  lieu  d'une  molécule,  on  considère  l'ensemble  de  celles  qui 
cf  uittent  le  novau  en  A,  cet  ensemble  voyagera  sur  des  trajectoires 
très  voisines  de  Aa,  les  premières  se  séparant  de  plus  en  plus  de 
celles  qui  sont  en  arrière;  cette  sorte  de  bouffée  de  nébulosités 
s^allongera  de  plus  en  plus  et  viendra  occuper  en   a  un  espace 
beaucoup  plus  grand  qu'en  A,  surtout  dans  le  sens  de  la  marche. 
Celte  bouffée  ira  donc  en  se  raréfiant,  en  diminuant  d'éclat,  et 
finira  bientôt  par  disparaître  à  nos  yeux.  Ainsi  la  queue  d'une 
comète,  enveloppe  des  positions  de  toutes  ces  bouffées  successive- 
ment enlevées  de  la  tête,  doit  aller  en  s'élargissant  et  en  s'affaiblis- 
sant  à  partir  du  noyau. 

Si  parmi  les  molécules  émises  en  A,  B,  C,  D, ...,  il  s'en  trouve  de 
densités  différentes,  les  plus  légères,  plus  vivement  repoussées  que 
les  autres,  décriront  des  hyperboles  plus  caractérisées  avec  une 
accélération    plus   rapide.   Un    triage  aura    donc   lieu  ;    les  plus 


Fig.  38. 


légères,  les  moins  lumineuses  par  conséquent,  puisqu'elles  ne  se 

voient  que  par  la  lumière  qu'elles  réfléchissent,  iront  former,  entre 

]e  rayon  vecteur  SEE'  et  la  première  queue,  une  seconde  queue 

II.  i3 


194  LIVRE    IV.    —    CHAPITEB    XX. 

E  rfV  moins  recourbée  et  moins  brillante  que  la  première  hdcba. 
Celle-ci  sera  également  tangente  à  l'origine  au  rayon  vecteur.  On 
retrouve  sur  le  dessin  de  la  comète  de  Donati  (p.  189)  toutes  les 
circonstances  que  nous  venons  de  décrire. 

Explication  proposée  par  Newton. 

Newlon  a  donné,  dans  le  livre  des  Principes,  une  théorie  ana- 
logue; mais  il  y  a  mêlé  une  hypothèse  dont  il  importe  de  signaler 
le  défaut.  Considérant  sans  doute  comme  anti-philosophique  de  faire 
intervenir  dans  les  phénomènes  célestes  une  autre  force  que  fat- 
traction,  il  attribue  la  répulsion  que  subissent  les  matériaux  des 
comètes  à  Faction  d'une  vaste  atmosphère  dont  le  Soleil  serait  en- 
touré. Les  nébulosités  cométaires  s'v  élèveraient  sous  Tinfluence  de 
la  chaleur  solaire,  comme  la  fumée  qui  monte  dans  notre  air,  non 
par  une  répulsion  réelle,  mais  en  vertu  de  la  poussée  produite  par 
Tair  plus  pesant  qui  se  trouve  déplacé.  Il  y  a  là  une  erreur  presque 
évidente  que  Laplace  a  signalée.  L'atmosphère  du  Soleil  tourne 
nécessairement  avec  cet  astre,  de  même  que  Tatmosphère  terrestre 
tourne  avec  la  Terre;  dès  lors  elle  ne  saurait  dépasser  le  point  où 
la  force  centrifuge,  née  de  la  rotation,  ferait  équilibre  à  Tattraction. 
Cette  limite  est  bien  plus  rapprochée  du  Soleil  que  Torbite  de 
Mercure.  Quant  à  Téther  des  physiciens,  il  est  impondérable;  par 
conséquent  il  ne  pèse  pas  sur  le  Soleil  et  ne  pourrait  donner  lieu 
par  son  propre  poids,  puisqu'il  n'en  a  pas,  à  l'ascension  de  maté- 
riaux moins  denses  que  lui.  S'il  était  pondérable,  ses  diverses  par- 
ties devraient  circuler,  d'une  manière  ou  d'une  autre,  suivant  les  lois 
de  Kepler:  elles  ne  presseraient  donc  pas  davantage  sur  le  Soleil. 

Introdaction  de  la  force  répolsiye  dans  les  équations 

différentielles  dn  monyement. 

11  s'agit  ici  de  la  trtijectoire  de  la  comète  :  dans  ce  cas  la  répul- 
sion est  excessivement  faible  et  ne  saurait  exercer  qu'une  simpk 
action  perturbatrice,  à  cause  de  la  densité  relativement  forte  du 
novau. 

Voici  la  comparaison  des  caractères  des  deux  forces  visiblemeot 
exercée^  par  le  Soleil. 


FIGURE    DES    COMETES.   —    FORCE    REPULSIVE. 

RÉPULSION. 


195 


ATTRACTION. 

Elle  est  proportionnelle  aux  masses, 
die  agit   à  travers    toute    matière 

sans  extinction. 
Elle  se  propage  instantanément. 


Ile  varie  en  raison  inverse  du  carre 
des  distances. 


Elle  est  proportionnelle  aux  surfaces. 

Elle  est  affaiblie  ou  interceptée  par 
toute  matière  interposée. 

Elle  se  propage  successivement , 
comme  les  autres  forces  physiques. 

Elle  varie  très  probablement  en 
raison  inverse  du  carre  des  dis- 
tances. 


Soit  W  sa  vitesse  de  propagation  ;  si  elle  marche  aussi  vite  que  la 
c^iialeur  et  la  lumière,  ou  aura 

W=:ioo9iv^     (p.  265). 

Représentons  par  H  un  coefficient  dépendant  de  la  figure  et  de 

la  densité  du  mobile  (comme  dans  la  théorie  de  la  résistance  d'un 

itîilieu),  par  V  la  vitesse  tangentielle  de  ce  dernier  à  la  dislance  /*. 

UW    HV  ,  ,  .  .... 

— 1-9  — j-  seront  les  composantes  do  cette  force  estimée  suivant  le 

ï^yon  vecteur  et  la  tangente  àTorbite.  On  aura  donc 


dTx 


(X       \\\\\x  \\V  dx 

,.2    y  ,.  ,.2     ^g 

1IW\  V  \l\dy 

/•*  /  r  /•*    ds 


^•3 


ds 


OU  bien,  en  posant  [/.'=[/.  —  HW,     V  =  -^  > 


de 


d^x ]i! X       11  dx 

m? 

d^y 
dt^ 


_    ^y 


/•*  dt  ' 

H  dy 
r*  'dt  ' 


Si  Ton  intègre  ces  équations,  comme  Ta  fait  M.  Plana,  par  la 
théorie  de  la  variation  des  constantes  arbitraires,  en  y  appliquant 
les  formules  du  Chapitre  VII  de  la  Mécanique  céleste  ('),  on 
trouve,  pour  les    variations   séculaires   et    périodiques    des    élé- 


(  *  )  Mémoires  de  V Académie  de  Turin,  série  II,  t.  XXJ.  Évidemment  celle  ana- 
lyse ne  s'applique  pas  aux  trajectoires  hyperboliques  des  matériaux  de  la 
qutfuc. 


196  LI^BE    IV.    —    CHAPITEE    XX. 

ments,  les  expressions  suivantes,  où  H'=  -7=: 

V> 

da=: ^  '  r sin(f  —  fp), 

(}e=: ^  4L ,  sin(4^— m  , 

eCTGJ  =:  H ==    <^OS(^ —  fs). 

Comme  /i*a'  =  [x',  on  aura 

()/i=i  H -Ch .  sm(^—  m). 

On  voit  que  tous  les  éléments,  sauf  i  et  N,  sont  alTectés  d'iné- 
galités dont  la  période  est  la  durée  de  la  révolution.  Seuls  le  grand 
axe  et  l'excentricité  présentent  en  outre  des  inégalités  séculaires. 
L'accélération  du  moyen  mouvement  doit  être,  toutes  choses  égales 
d'ailleurs,  bien  plus  marquée  que  dans  la  théorie  des  milieux  résis- 
tants pour  les   comètes  dont   Torbitc  est   très  excentrique.  Par 

exemple,  le  seul  facteur  (i  —  e^)  *  commun  aux  deux  théories  est 
465o  fois  plus  grand  pour  la  comète  de  i843  et  de  1880  que  pour 
celle  d'Encke.  La  cause  dont  il  s'agit  pourrait  parfaitement  produire 
l'accélération  exceptionnelle  que  quelques  Astronomes  soupçonnent 
dans  le  mouvement  de  la  première  comète. 


La  répulsion  paraît  être  due  à  F  incandescence  da  Soleil. 

«  J'ai  expliqué  jusqu'ici,  dit  Newton  à  la  fin  du  livre  des  Prin- 
cipes, les  phénomènes  célestes  et  ceux  de  la  mer  par  la  force  de  U 
gravitation,  mais  je  n^cn  ai  assigné  nulle  part  la  cause.  Celte  force 
vient  de  quelque  cause  qui  pénètre  jusqu'au  centre  du  Soleil  et  àei 
planètes  sans  rien  perdre  de  son  activité  ;  elle  n'agit  pas  selon  1« 
grandeur  des  superficies,  comme  les  causes  mécaniques,  mais  selon 
la  quantité  de  matière,  et  son  action  s'étend  de  toute  part  à  des  es- 
paces immenses,  en  décroissant  toujours  dans  la  raison  doubléedes 
distances.  »  Ici,  au  contraire, il  s'agit  d'une  de  ces  causes  mécaniques 
qui  agissent  selon  la  grandeur  des  superficies.  Est-ce  rélectricilé? 


FIGURE    DES    COMÈTES.   —   FORCE    RÉPULSIVE.  I97 

Olbers  etBessel  ont  adopté  cette  hypothèse  parce  qu'ils  ont  cru  voir, 
dans  la  formation  des  aigrettes  de  la  tête  {^fig*  35),  l'indice  d'une 
répulsion  électrique  propre  au  noyau.  Il  est  facile  de  voir  que  c'est 
une  simple  conséquence  delà  force  décomposante  exercée  par  l'at- 
traction solaire  sur  les  matériaux  du  noyau  dilatés  par  la  chaleur. 

D'ailleurs  l'étal  électrique  ou  magnétique  de  ces  astres  nous 
est  inconnu.  Mais  ce  que  nous  savons,  c'est,  d'une  part,  que  le 
Soleil  est  dans  un  état  de  vive  incandescence,  d'autre  part  que  la 
chaleur  n'est  pas  une  force  polaire,  mais  une  force  simple  se  ma- 
nifestant uniquement  par  des  répulsions  de  molécule  à  molécule 
dans  l'intérieur  des  corps.  Si  donc  ces  répulsions,  que  tout  écran 
matériel  doit  affaiblir  ou  intercepter,  ne  s'annulent  pas  à  toute 
distance  finie  (proposition  difficilementcontestable),rimmense  pho- 
tosphère incandescente  du. Soleil  peut  fort  bien  agir  d'une  ma- 
nière sensible,  malgré  la  distance,  sur  les  corps  à  grande  super- 
ficie et  presque  sans  masse,  tels  que  les  nébulosités  cométaires. 
J'ai  fait  à  ce  sujet  des  expériences  qui  m'ont  paru  confirmer  cette 
manière  de  voir,  mais  ce  n'est  pas  ici  le  lieu  de  les  exposer. 

Quant  au  rôle  astronomique  de  cette  force  répulsive  qui  doit 
s'exercer  aussi  bien  sur  les  planètes  que  sur  les  comètes,  les  équa- 
tions de  la  page  194  montrent  qu'il  se  réduit  à  produire  (comme 
la  résistance  d'un  milieu  immobile)  une  petite  accélération  des 
movens  mouvements  et  une  faible  diminution  des  excentricités.  Il 
a  été  jusqu'ici  complètement  inappréciable  en  dehors  des  comètes, 
et  cela  s'explique  par  l'énormité  de  la  densité  des  planètes  et  de 
leurs  satellites,  vis-à-vis  de  celle  des  nébulosités  cométaires. 

En  résumé,  une  comète  subit,  à  la  fois,  deux  genres  de  décom- 
position mécanique  lorsqu'elle  vient  à  passer  au  périhélie.  Le  pre- 
mier, par  la  seule  influence  de  l'attraction  solaire,  dissémine  sur 
l'orbite  du  noyau  des  matériaux  de  toute  densité,  et  donne  ainsi 
lieu,  pour  les  comètes  qui  passent  près  de  l'orbite  de  la  Terre,  au 
phénomène  des  étoiles  filantes,  des  bolides  et  des  aérolithes.  Le 
second,  par  l'action  répulsive  du  Soleil,  chasse  bien  loin  de  l'orbite 
les  matériaux  les  plus  légers  et  forme  les  queues  opposées  au  Soleil. 

C'est  d'ailleurs  la  chaleur  solaire  qui,  sous  des  pressions  exces- 
nvement  faibles  ou  nulles,  réduit  progressivement  les  matériaux 
5vaporables  à  l'état  de  nébulosités  impalpables  donnant  prise  à  la 
force  répulsive  du  Soleil. 


198  LIVRE    IV.   —    CHAPITRE    XXI. 


CHAPITRE  XXI. 


RECHERCHE  D'ASTRES  INCONNUS. 


Procédés  de  recherche  pour  les  comètes. 

La  recherche  des  comètes  est  une  occupation  attachante  el souvent 
fructueuse.  Il  faut  se  familiariser  avec  les  constellations  et  lesprin- 
cipales  étoiles.  Tout  Tattirail  instrumental  consiste  en  une  carte 
du  ciel  et  une  lunette  de  nuit  qu'on  tient  à  la  main.Celie-cinediflire 
des  lunettes  ordinaires  que  par  un  oculaire  négatif  destiné  à  agran- 
dir le  champ  et  à  donner  beaucoup  de  lumière.  Quant  à  la  pelilf 
carte  du  ciel,  il  faut  y  marquer  soi-même  les  principales  nébuleuses, 
visibles  dans  ce  chercheur,  car  on  risque  de  les  prendre  pour  des 
comètes  lointaines.  Si  Ton  vient  à  rencontrer  dans  le  champ  du 
chercheur  une  tache  nébuleuse  non  inscrite  sur  la  carte,  on  en  fixe 
immédiatement  la  position  par  des  alignements,  puis  à  réquatorial. 
et,  après  avoir  constaté  que  l'astre  se  déplace  par  rapport  aux 
étoiles,  on  annonce  la  découverte  par  la  voiedes  journaux.  Toul  If 
monde  ne  dispose  pas  d'un  observatoire,  mais  chacun  peut  faire 
monter  une  lunette  sur  un  pied  en  bois,  placer  à  son  fover  un 
micromètre  circulaire,  c'est-à-dire  une  plaque  de  verre  sur  laquelle 
on  fait  tracer  au  diamant  des  cercles  concentriques.  Avec  cel 
instrument,  qui  n'a  pas  besoin  de  monture  parallactique,  une  montre 
de  poche  à  secondes  et  un  catalogue  d'étoiles,  on  est  en  état  de  faire 
des  observations  bien  préférables  à  de  simples  alignements.  Plu* 
d'un  astronome  célèbre  a  commencé  ainsi. 

Petites  planètes  entre  Mars  et  Jupiter. 

La  recherche  des  petites  planètes  est  plus  minutieuse.  li  faut  uu 
équatorial  et  (les  caries  célestes  contenant  toutes  les  étoiles  jusqu'à 


BECHERCHE    D  ASTRES    INCONNUS.  IQp 

la  10*  grandeur.  On  passe  en  revue  successivement  les  étoiles  con- 
tenues dans  la  zone  zodiacale  (quant  aux  comètes,  elles  peuvent  se 
présenter  partout),  et  Ton  s'arrête  lorsqu'on  rencontre,  dans  les 
groupes  examinés,  une  étoile  non  inscrite  sur  les  cartes.  Elle  a  été 
jusqu'ici  bien  fructueuse,  car  on  a  trouvé  227  petites  planètes  entre 
'es  orbites  de  Mars  et  de  Jupiter,  et  rien  n'annonce  que  la  série  de 
ces  intéressantes  découvertes  soit  épuisée. 

La  première  trouvée  a  été  Cérès,  découverte  par  Piazzi  le  i**"  jan- 
vier 1801. 

Quel  que  soit  l'intérêt  de  ces  petits  astres  dont  on  commence  à 
tirer  parti  pour  la  détermination  de  la  parallaxe  du  Soleil,  la  dé- 
couverte d'une  grande  planète  comme  Uranus  est  bien  autrement 
importante.  W.  Herschella  découvrit,  en  1781,  en  faisant  une  revue 
des  étoiles  de  toutes  les  grandeurs  jusqu'à  la  8®,  à  l'aide  d'un  té- 
lescope assez  puissant.  Il  s'agissait  de  faire  un  dénombrement  exact 
<les  étoiles  doubles.  Son  attention  se  fixa  sur  cette  planète  loin- 
laine,  à  cause  de  son  aspect  fort  différent  de  celui  d'une  étoile. 
Uranus  se  montre  en  effet  comme  un  très  petit  disque  de  lumière 
pâle,  et  non  comme  un  point  de  lumière  vive.  On  s'attendait  peu,  à 
cette  époque,  à  voir  le  système  solaire  s'enrichir  d'une  planète  de 
plus;  aussi  la  prit-on  d'abord  pour  une  comète. 

Planètes  intra-mercurielles. 

Certaines  taches  d'aspect  planétaire  qu'on  a  vues,  à  diverses 

époques,  sur  le  Soleil  ont  fait  penser  qu'il  pourrait  bien  exister 

une  ou  plusieurs  planètes  entre  cet  astre  et  l'orbite  de  Mercure. 

*-^  Verrier   a  donné  de  l'importance  à  ce  genre  de   recherches 

ca  aflGrmant  que  la  théorie  ne  rendait  pas  un  compte  rigoureux 

"^  Certaines  inégalités  observées  dans  les  mouvements  de  Mer- 

^Te.    Mais,  pour  chercher  les  planètes  intra-mercurielles,  on  en 

est  réduji,  à  attendre  leurs  problématiques  passages  sur  le  Soleil, 

^  l^îen  les  éclipses  totales  pendant  la  courte  durée  desquelles  l'at- 

^^phère  cesse  de  jeter  sur  les  environs  de  Soleil  un  voile  lumi- 

^^X  fort  gênant.   Jusqu'ici  ces  deux  moyens  de  recherche  n'ont 

11.    ^^*  à  aucun   résultat.   Le   second   va   être   appliqué   pendant 

^^lipse  totale  de  mai  i883,  par  ordre  du  Bureau  des  Longitudes. 


200  LIVRE    IV.  —    CHAPITRE    XXI. 

Satellite  de  Sirius. 

Ily  a  une  dernière  manière  de  chercher  un  astre  inconnu  lorsque 
son  existence  s'est  décelée  par  quelque  irrégiilarilé  qu'il  aura  causée 
dans  la  marche  d'un  astre  connu  :  c'est  le  calcul.  Besscl,  ayanl  dé- 
couvert une  certaine  loi  dans  les  faibles  écarts  du  mouvement 
propre  de  Sirius,  nliésita  pas  à  les  attribuer  à  Taction  d'un  satel- 
lite non  encore  observé,  d'une  petite  étoile  voisine,  jusqu'alors  ef- 
facée dans  le  rayonnement  intense  de  l'étoile  principale.  Les  pré- 
visions du  célèbre  astronome  de  Kœnigsberg  se  sont  pleine- 
ment vérifiées.  Sur  ces  petites  inégalités,  MM.  Pcters  et  Auwcrs 
calculèrent  l'orbite  du  satellite  qui  devait  les  causer.  Longtemps 
après,  un  habile  opticien  des  États-Unis,  en  essayant  une  lunette 
de  i5  pouces  d'ouverture  à  l'objectif,  découvrît  du  premier  coup, 
en  1862,  l'astre  perturbateur,  le  compagnon  de  Sirius  annoncé  par 
Bessel  et  calculé  par  ses  élèves,  mais  resté  invisible  pour  leurs  trop 
faibles  lunettes.  Il  se  trouvait  juste  dans  la  diiH^ction  donnée  par 
les  éléments  de  son  orbite. 

Découverte  de  Neptune. 

L'exemple  le  plus  brillant  d'une  découverte  de  ce  genre  c*l 
celle  de  Neptune.  En  compulsant  les  anciennes  observations,  on 
avait  reconnu  que  la  planète  Uranus,  découverte  en  1781  par 
Hersclu'l,  avait  clc  observée  plusieurs  fois  à  partir  de  i()o,o  par 
des  astronomes  qui  l'avaient  prise  pour  une  simple  étoile  Je 
6*  grandeur.  On  possédait  donc,  au  commencement  de  ce 
siècle,  plus  de  cent  années  d'obser\'ations  de  celte  planète, 
dont  la  révolution  est  de  quatre-vingt-quatre  ans.  Laplacc  en 
fit  la  théorie.  Bouvard  en  calcula  les  Tables;  mais  il  rencontra 
ici  un  obstacle  qu'aucune  autre  planète  ne  lui  avait  opposé.  I-W 
observations  du  wiii**  siècle  ne  cadraient  pas  avec  celles  du  xi^'î 
impossible  de  les  représenter  toutes  par  une  même  orbite.  Bouvan' 
attribua  cette  diUîculté,  non  à  quelque  défaut  de  la  loi  d'attraction 
qui  deviendrait  sensible  à  une  grande  distance  du  Soleil,  mais  a 
l'action  d'une  planète  inconnue  qui  circulerait  bien  au  delà  Je 
l'orbite  d'Lranus.  En  attendant  une  recherche  alors  impossible^ 
faute  de  données  sullisantes,  il  se  résigna  à  sacrifier  les  anciennes 


RBCHERCHB    d'ASTRES    INCONNUS.  201 

observations  et  à  baser  ses  Tables  sur  les  plus  récentes.  Maïs  la 
planète  ne  se  plia  pas  à  ses  calculs  ;  les  Tables  de  Bouvard,  publiées 
en  1821,  se  trouvèrent  bientôt  en  désaccord  avec  les  positions 
observées  d'Uranus;  l'erreur  était  déjà  de  128"  en  iS^o. 

Était-il  possible  de  découvrir  par  le  calcul  la  position  de  Tastre 
perturbateur?  Les  écarts  ne  tenaient  pas  seulement  à  son  action, 
mais  aussi  aux  erreurs  des  éléments  assignés  à  Uranus,  éléments 
calculés  sur  des  observations  nécessairement  viciées  par  des  per- 
turbations dont  on  n'avait  pu  tenir  compte.  La  question  était 
donc  de  déduire  de  ces  écarts,  de  nature  si  complexe  :  i'*  les  cor- 
rections des  six  éléments  de  l'orbite  d'Uranus,  2°  les  six  éléments 
de  la  planète  inconnue  et  sa  masse. 

Cette  question  serait  même  insoluble  si  Ton  ne  se  donnait  pas, 
a  priori,  par  une  sorte  de  divination,  la  distance  de  la  planète 
cherchée  au  Soleil.  Par  la  loi  de  Bodc  (p.  gS)  on  trouvait  Sg,  à  peu 
près  le  double  de  la  distance  d'Uranus;  de  plus  tout  portait  à  croire 
que  l'inclinaison  de  son  orbite  su  réelle  d'Uranus  était  négligeable. 
Cherchons  à  nous  rendre  cormpte  de  ce  singulier  problème,  dont  le 
caractère,  si  mal  déterminé,  était  bien  peu  encourageant. 


Première  idée  du  problème. 

Uranusne  se  rapprochp  évidemment  de  la  planète  inconnue  qu'à 
de  très  longs  intervalles;  à  en  juger  par  la  distance  hypothé- 
tique 38  ou  39,  la  période  de  leurs  conjonctions  devait  embrasser  au 
moins  un  siècle  et  demi.  Or  Faction  perturbatrice  n'étant  un  peu 
marquée  que  pendant  un  demi-siècle  au  plus,  vers  Tépoque  d'une 
conjonction,  elle  est  négligeable  partout  ailleurs,  pendant  un  siècle 
au  moins,  à  cause  des  énormes  distances,  39  et  58,  qui  séparent 
alors  la  planète  inconnue  du  Soleil  et  d'Uranus.  Il  aurait  donc  fallu, 
en  1840,  faire  deux  parts  des  observations  existantes  et  chercher 
à  les  représenter  isolément.  On  aurait  trouvé  ainsi  qu'une  même 
orbite  satisferait  à  toutes  les  observations  anciennes,  de  ib'go  à 
1800,  tandis  qu'elle  n'aurait  même  pas  pu  représenter  passablement 
les  suivantes.  Par  conséquent  la  planète  cherchée  devait  se  trouver, 
pendantla  première  période,  trop  éloignée  pour  exercer  une  action 
bien  sensible.  Or,  en  comparant  la  première  orbite,  satisfaisant  à 


10^  LIVRE    IV.     —    CBAPITKE    X3LI. 

près  d'un  siècle  d'observations,  avec  les  obscni'alions  nouvelles 
(celles  du  xix*  siècle),  on  aurait  eu  sous  les  yeux,  par  les  écarts 
obtenus,  la  marche  des  perturbations  spéciales  d'Uranus,  et  cooslalé 
un  maximum  vers  182a.  Il  est  facile  de  voir  que  ce  maximum  doit 
correspondre  à  l'époque  de  la  conjonction  des  deux  planètes  vues 
du  Soleil. 

En  effet,  si  on  décompose  Taction  perturbatrice  (différence  des 
attractions  exercées  sur  Uranus  et  le  Soleil)  suivant  la  tangente  et 
le  rayon  vecteur,  on  voit  que  la  première  composante  agit  dans 
un  sens  avant  la  conjonction,  et  dans  le  sens  opposé,  avec  la  mêrae 
intensité,  après  celte  époque.  Ses  effets  finissent  donc  par  se 
détruire  après  avoir  produit  un  maximum  d'écart  en  i8aa.  Quant 
à  l'autre  composante,  celle  du  rayon  vecteur,  elle  ne  s^annule  pas, 
mais  elle  n'affecte  point  la  vitesse  aréolaire;  elle  n'altère  que  le 
demi-paramètre  de  Forbited'Uranus,  car  dans  la  relation  (l*z=pik^ 
où  le  facteur  [x  se  trouve  altéré,  le  produit  p^  doit  rester  constant. 
Cette  action,  d'abord  peu  sensible,  s'étendra  à  la  révolution  sui- 
vante d'Uranus,  laquelle  s'accomplira  avec  des  éléments  elliptiques 
sensiblement  modiliés. 

Cela  posé,  si  la  conjonction  des  deux  planètes  a  eu  lieu  en  i8a3. 
comme  Uranus  avait  alors  275°  de  longitude  héliocentrîque,  It 
planète  inconnue  devait  se  trouver  aussi  par  a~5®  de  longitude.  En 
ajoutant  48**  pour  le  chemin  parcouru  par  cette  dernière,  de  1822 
à  184^*  on  avait  323**  au  moment  où  Ton  s'est  mis  à  la  chercher. 
On  l'a  trouvée  par  327°. 

Travaux  de  H.  Adams. 

Ce  n'est  pas  par  de  semblables  tâtonnements  que  le  problème 
fut  abordé  pour  la  première  fois,  en  1 843,  par  M.  Adams,  mais  d'une 
manière  bien  plus  scientilique  et  plus  ellicace.  Si  l'on  désigne  par 
c>^o.  On,  di\  dm  les  corrections  à  ajouter  aux  éléments  elliptiques 
*les  Tables  de  Bouvard  pour  Uranus,  on  a  (p.  c>4) 

<^^,  —  ton  —  2cos(^»-r-  nt  —  w)eOfa  -^  'à  s'in(^^  ^  ni  ^  m)de 

|>our  rt^prêsenler   les  écarts  des   observations,  en   tant  qu'ils   ne 
dépendent  que  des  erreurs  des  éléments. 


RECHERCIIB    D'aSTRES    INCONNUS.  20J 

D'autre  part,  les  perturbations  causées  par  une  planète  deux  (bis 

e' 
plus  éloignée  qu'Uran  us,  et  ayant  pour  éléments^^,/i',rt', — jiij'etunc 

masse  ^- —  exprimée  au  moyen  de  l'indéterminée  m\  s'obtiennent 

aisément  par  la  marche  habituelle,  si  bien  tracée  dans  la  Mécanique 
céleste,  M.  Adams  a  trouvé  ainsi  (*)  : 

59  m! sin  2  (^0  -H  /i^  —  4^'o  -~  '*'  0> 

3i   m' sin  [4^0 -+- '«^  —  2(^0 -h  w'/)-H  w], 

—  93  m'sin[2(4^o"»-''0— 3(4^'„  -h/i'/)-i-ny], 


Il  a  ajouté  ces  termes  aux  différentielles  précédentes,  égalé  leur 
somme  aux  écarts  constatés  et  formé  des  équations  de  condition 
entre  les  neuf  inconnues.  En  profitant  habilement  d'une  cir- 
constance qui  permettait  de  traiter  à  part  les  corrections  de  l'orbite 
d'Uranus,  M.  Adams  a  obtenu,  en  i845,  les  éléments  de  la  planète 
perturbatrice  :  avec  l'hypothèse  «'=  aa  =  89, 

Époque ' G  octobre  1846, 

Longitude  moyenne  de  l'époque . .  -Ci  =  325"7' 

Longitude  du  périhélie xs'  =  SiÔ'^Sj' 

Excentricité c'    =    0,161 

Masse * 


6000 


=:  0 , 0000 1 , 


et  pour  les  corrections  des  Tables  de  Bouvard  : 

()^o  =  —  5o% 
da 
a 

e  drn  •=:  127". 

A  titre  de  vérification  indispensable,  le  jeune  géomètre  s'était 
assuré  qu'en  appliquant  ces  corrections  aux  Tables,  le  désaccord 


(')  Comparer  avec  les  perturbations  de  la  Terre,  p.  i33. 


aoj  LIVRE    IV.   —   CHAPITRE   XXI. 

entre  ces  Tables  et  les  observations  d'Uranus  dîsparaîssaît  à  peu 
près  complètement. 

M.  Adams  communiqua  ces  résultats  à  quelques  astronomes 
anglais.  L'un  d'eux  consentit  bien  à  chercher  la  planète  annoncée, 
mais,  par  défiance  sans  doute,  on  ajourna  la  publication  du 
Mémoire  de  M.  Adams  à  Tépoque  où  Ton  aurait  trouvé  la  planèle 
d'après  ses  indications,  et  Ton  se  crut  obligé  d'étendre  ces  recher- 
ches bien  au  delà  du  point  assigné  par  le  calcul,  ce  qui  devait  en 
retarder  beaucoup  le  succès. 


Travaux  de  Le  Verrier. 

Heureusement  Le  Verrier,  sur  le  conseil  d'Arago,  entreprit 
de  son  côté  la  même  recherche,  sans  connaître  les  résultats  obtenu* 
en  Angleterre,  et  publia  les  siens,  en  juin  1846,  avec  une  confiance 
qui  produisit  une  impression  profonde.  M.  Galle,  à  Berlin,  était  de- 
puis quelque  temps  en  possession  d'une  carte  très  détaillée  de  la 
région  céleste  où  devait  se  trouver  Neptune.  Invité  par  Le  Verrier 
à  la  chercher  par  3a6"  de  longitude,  il  la  trouva  immédiatement 
par  326**53'.  L'erreur  du  calcul  n'atteignait  pas  1**.  Les  élément 
publiés  d'avance  par  Le  Verrier  étaient  les  suivants. 

En  supposant  a' =  36, 1 54  ' 


H 


0 

Epoque i**"  janvier  1847 

Lonj;ilu»lc  niovcnnc ^I,  =  218'  {7', 4 

Lonj^iluilc  <lu  périhélie m'   =  284**  iV,8 

Excentricité e'    =o,io7ru 

•^>«^^c ,3»^^ 

Durée  de  la  révolution -217*"*,  ^87 

Celle  niagni(i(|ue  dccouvcrtc  amena  les  astronomes  anglais  à  dc- 
rlarer  (prils  avaient  entre  les  mains,  depuis  une  année  enlièro, 
les  éléments  calculés  par  M.  Aduins,  assignant  la  même  longitude 
à  peu  près  a  l'astre  inconnu. 

Il  y  eut  cc|)C!i(lant  une  sorte  de  désappointement  lorsqu'on 
connut  la  véritable  orbite  do  la  planète  nouvelle.  En  voici  les  élé- 
ments, d'après  M.  IVirce  : 


hechercue  d'astres  inconnus.  205 

Époque i'*"  janvier  1847 

Demi-grand  axe 80,067 

Longitude  de  Tépoque 328°  82'  44' 

Longitude  du  périhélie 47°» '^'7' 

Excentricité 0,00872 

Masse ïToôô 

Durée  de  la  révolution 1 64""*,  62 

Ils  différaient  tellement  de  ceux  de  M.  Adams  ou  de  Le  Verrier 
qu'il  sembla  que  M.  Galle  avait  découvert  un  astre  tout  dilTérent 
de  celui  dont  on  avait  cru  pouvoir  assigner  Torbite  par  le  calcul. 
Ces  doutes  n'étaient  pas  fondés;  mais  il  faut  reconnaître  que  les 
deux  savants  géomètres  s'étaient  un  peu  exagéré  la  portée  de  leur 
analyse.  Procédant  par  des  hypothèses  tout  à  fait  gratuites  sur  la 
distance,  ils  ne  devaient  réellement  aboutir  qu'à  assigner  à  peu 
près  la  longitude  de  la  planète  cherchée,  vers  l'époque  de  sa  plus 
grande  action  sur  la  marche  d'Uranus,  et  non  ses  véritables  élé- 
ments. Au  fond,  c'était  tout  ce  qu'il  fallait  pour  la  découvrir. 

Conséquences  de  cette  découverte. 

Elle  a  fait  disparaître  les  seuls  écarts  notables  que  la  théorie 
rencontrât  alors  avec  l'observation.  Elle  a  presque  doublé  l'étendue 
du  système  solaire  déjà  si  élargi  par  la  découverte  d'Uranus.  Par 
la  découverte  du  satellite  de  Neptune  (due  à  M.  Lassell),  nous  avons 
appris  que  le  monde  solaire  se  divise  en  deux  parts.  Dans  la  pre- 
mière, la  plus  voisine  du  Soleil,  les  rotations  des  planètes  et  les 
circulations  des  satellites  sont  toutes  directes.  Dans  la  deuxième, 
elles  sont  toutes  rétrogrades. 


LIVRE    V.  207 


LIVRE  V. 


PARALLAXE  DU  SOLEIL,  PRECESSION,  NUTATION 

ET  ABERRATION. 


Ce  Livre  comprend  la  mesure  de  la  distance  de  la  Terre  au  Soleil, 
d'oùTon conclullesdimensionsabsolues  du  système  solaire,  eirétude 
des  variations  que  subissent  avec  le  temps  les  coordonnées  des 
astres,  parle  seul  effet  des  déplacements  progressifs  ou  périodiques 
auxquels  sont  soumis  les  axes  des  coordonnées.  Comme  la  lumière 
ne  se  propage  pas  instantanément,  il  en  résulte  encore  qu^aucun 
point  de  l'univers  n'est  vu  à  sa  vraie  place  par  un  observateur  en 
mouvement.  De  là  des  variations,  purement  apparentes,  qu'il  faut 
défalquer  des  observations.  Nous  aboutissons  ainsi  au  système  com- 
plet des  corrections  qu'il  faut  appliquer  aux  positions  apparentes 
des  astres  avant  d'en  pouvoir  tirer  parti  pour  l'étude  de  leurs 
mouvements  propres. 


208  LIVRE    V.    —    CHAPITRE    XXII. 


CHAPITRE  XXIÏ. 


DIMENSIONS  ABSOLUES  DU  SYSTÈME  SOLAIRE.  PARALLAXE 

DU  SOLEIL. 


>—— 


Nous  connaissons  les  dimensions  et  la  masse  m  de  la  Terre;  les 
opérations  géodésiques  nous  ont  donné  les  éléments  des  formules 

P 

P=ir(p)Mo»(i~îx)D, 

P  étant  exprimé  en  kilogrammes. 

Ces' éléments  sont  (l.  I,  p.  298  et  33^,  t.  II,  p.  aSg) 

(p)  =  6378393-, 
D=i5,6, 

Mais,  en  Astronomie,  nous  avons  pris  pour  unités  le  derai-graod 
axe  a  de  l'orbite  terrestre  et  la  masse  M  du  Soleil.  Pour  exprimer  les 
distances  célestes  et  les  masses  en  unités  courantes,  il  faut  donc 
déterminer  les  quantilés  qui  entrent  dans  les  formules 

a 

Tï  =  -nr—,  5»n\-^^  (^•«"-  p.  141^* 

et,  comme  (p^.  G,  T  sont  parfaitement  connus,  il  ne  reste  plus  qu'à 
s'occuper  dei-),  parallaxe  du  Soleil.  On  voit  que  Terreur  relative 
qui  |K)urra  aflecler  (t:^  se  reportera  en  entier  sur  Tunité  a  et  sur 
toutes  les  dimensions  linéaires  de  notre  système;  elle  sera  triplée 
pour  toutes  les  masses,  parce  que  in')  v  figure  au  cul>e. 


DIMENSIONS   ABSOLUES    DU    SYSTEME    SOLAIRE.  209 

Mesure  directe  de  la  parallaxe  du  Soleil. 

Pour  déterminer  la  distance  d'un  point  inaccessible  M,  les  arpen- 
teurs mesurent  une  base  AB  et  les  angles  à  la  base  du  triangle  ABM. 
On  obtient  l'angle  en  M  par  i8o" — (A  +  B);  la  distance  AM  se 
calcule  ensuite  par 

sinB 


AM=:AB 


sinM 


L'erreur  probable  a  pour  expression 


AM 


V  V  AB  y   "^UangBy   "^V^aDgMJ 


Le  triangle  est  donc  défavorable  quand  l'angle  M  est  trop  petit. 
Cest  le  cas  où  se  trouvent  toujours  les  Astronomes.  Comme,  dans 
leurs  opérations,  la  base  est  parfaitement  connue  et  les  angles  A  et  B 
presque  droits^  la  formule  ci-dessus  se  réduit  à 


^AM  _  âM 
AM   ~~1Â" 

La  plus  grande  base  que  nous  fournisse  le  globe  terrestre  est  2  (p). 
Même  avec  cette  base,  le  triangle  ayant  le  Soleil  à  son  sommet 
donnerait  M  =  1 7"  environ .  Les  angles  A  et  B  ne  pourraient,  certes, 
pas  être  mesurés  à  la  seconde  ;  la  valeur  de  M  conclue  serait  donc 

aflectée  d'une  erreur  absolue  de  plus  de  i"^'2=  i",4'  L'erreur 
relative  de  la  distance  serait  supérieure  àY^,ou  de  ^.  Les  distances 
absolues  seraient  donc  connues  à  ^j  près  tout  au  plus,  et  les  masses 
^4-  On  sait,  au  contraire,  avec  quelle  précision  ces  distances  et  ces 
'basses  sont  déterminées  quand  on  les  exprime  en  unités  astrono- 
'tiques. 

Ainsi  Tangle  en  M  est  trop  petit;  la  distance  du  Soleil  est  trop 

^'^de   pour   pouvoir    être    mesurée    ainsi.    Mais,    précisément 

P^rce  que  les  rapports  de  toutes  les  distances  è  celle-ci  sont  parfai- 

^'^ent   connus,  on  n'aura  qu'à  substituer,  à  celle  du  Soleil,  celle 

^Ue  planète  très  rapprochée  de  nous. 

II.  14 


aïO  LIVRE    V.    —    CHAP1TRI-:    XXII. 

Parallaxe  de  Mars. 

Le  demi-grand  axe  de  l'orbite  de  cette  planète  est  i,5!>.;  son 
excentricité  est  de  0,098;  la  plus  grande  distance  du  Soleil  à  It 
Terre  est  de  1,017.  Par  conséquent,  si  Ton  observe  Mars  on 
opposition  lorsqu'il  est  au  périhélie  et  la  Terre  à  son  aphélie, 
sa  dislance  à  la  Terre  sera  0,862,  en  sorte  que  l'angle  en  M  sera 
trois  l'ois  plus  grand  que  dans  le  triangle  précédent. 

Il  y  a  plus,  par  un  artifice  particulier  aux  astronomes,  on  mesure 
cet  angle  directement,  tout  comme  si  robservateur  se  trouvait 
en  M,  et  cela  avec  une  précision  décuple.  On  peut  ainsi  espérer 
obtenir  la  parallaxe  du  Soleil,  par  l'observation  de  Mars,  a\ec 
une  certaine  exaclitude. 

Choisissons,  sur  un  même  méridien  terrestre,  deux  stations  A.  A 
aussi  éloignées  que  possible  Tune  de  l'autre,  et  plaçons-v  deux 
observateurs.  Au  moment  où  la  planète  Mars  passera  par  le  méri- 
dien  céleste  des  deux  stations,  chaque  observateur  mesurera  mi- 
crométriqucmenl,  dans  le  champ  même  de  sa  lunette,  la  diflerence 

Fig.  37. 


de  distance  polaire  entre  Mars  et  quelque  petite  étoile  très  voisinf 
dont  le  choix  aura  été  convenu  d'avance.  Désignons  par^i,rj 
les  distances  zénilhales  (non  alFectées  de  la  réfraction)  de  la 
planète,  distances  qu'on  n'aura  même  pas  besoin  d'observer  c\ 
qu'on  tirera  d'une  éphéméridc;  par  ^  ou  A'  Tangle  compris,  on 
chaque  station,  entre  le  rayon  terrestre  TA  et  la  verticale  AZ.  Les 
corrections  de  parallaxe  />,  />',  c'est-à-dire  les  angles  AMT,  A' MX, 
seront 


OIUENSIONS    ABSOLUES    UU    SYSTEME    SOLAIRE.  211 

formules  où  nous  omettons  d'écrire  le  facteur  206265*.  Désignons, 
d'autre  part,  par  a  et  ^  les  petits  angles  mesurés  micrométriquement 
aux  deux  stations  entre  Mars  et  l'étoile  E,  c'est-à-dire  entre  le 
rayon  visuel  AM  et  la  direction  AE  dans  laquelle  apparaît 
rétoile  E.  Comme  les  deux  directions  AE,  A'E'  sont  parallèles,  on 
aura 

par  conséquent 

a4-p=[psin(^,  —  iî/)-Hp'sin(s;  — f  )J  ~. 

Cette  formule  donnera  D,  distance  de  la  planète  au  centre  de  la 
Terre,  en  parties  de  l'unité  linéaire  qui  sert  à  exprimer  p  et  p', 
c'est-à-dire  du  rayon  équatorial  (p)  de  la  Terre. 

Sans  doute  on  obtiendrait  aussi  M  par  la  relation 

M  -h  180"  —  {z,  —  4/)  -H  180  —  {z\  --  ^')  4-  X'  —  X  —  36o"; 

mais  alors  on  s'exposerait  aux  erreurs  qui  affectent  les  distances 
zénithales,  erreurs  provenant  de  la  graduation  des  cercles,  de  la 
flexion  des  instruments,  de  la  réfraction,  etc.  Ces  erreurs  dispa- 
raissent dans  les  mesures  différentielles  de  a  et  p,  parce  qu'elles 
affectent  également  les  deux  astres. 

Si  lesdeux  stations n'étaientpasexactementsur  le  même  méridien 
(elles  doivent  être  choisies  sur  les  deux  hémisphères),  il  s'écoule- 
rait un  temps  /  entre  la  mesure  de  a  et  celle  de  p.  Dans  cet  inter- 
valle, la  distance  polaire  varierait  de  -7-  /,    quantité    qu'on     tire 

fort  exactement  des  éphémérides  de  la  planète  ;  on  l'ajoute  à  la 
dislance  mesurée  a  pour  la  ramener  à  l'instant  où  jâ  a  été  obtenu 
dans  la  deuxième  station. 

Par  de  nombreuses  observations  faites  simultanément  sur 
les  deux   hémisphères,   on    a  obtenu    la   valeur    numérique   de 

206265*' ^>  c'est-à-dire  la   parallaxe  de  Mars  à  la  distance   D, 

au  moyen  de  triangles  où  l'angle  au  sommet  était  de  40"  à  5o". 
Cette  distance  D  étant  bien  connue  par  les  Tables  de  Mars,  en 
parties  de  a,  on  en  a  conclu 

200265'' ^-^^u^8^85 
a 


aia  LIVRE    V.   —   CHAPITRE    XXII. 

pour  la  parallaxe  horizontale  du  Soleil.  C'est  une  première  déter- 
mination astronomique  de  cet  élément  capital.  La  méthode  est 
due  à  D.  Cassini  et  a  été  appliquée,  en  1671,  par  les  astronomes 
français.  Ce  sont  eux  qui  ont  effectivement  mesuré,  pour  la  pre- 
mière fois,  la  distance  de  la  Terre  au  Soleil.  Leur  résultat,  9^,5,  était 
un  peu  trop  fort;  cela  tient  en  partie  à  l'insuffisance  de  la  base 
Cayenne-Paris  sur  laquelle  ils  ont  opéré. 

Parallaxe  de  Vénus. 

Vénus,  en  conjonction  avec  le  Soleil,  se  projette  parfois  sur  cet 
astre.  Le  rayon  de  son  orbite  presque  circulaire  étant  0,723,  sa 
distance  à  la  Terre  est,  à  l'époque  de  ses  passages  sur  le  Soleil, 
de  I  —  0,723  =  0,277.  ^^  outre,  la  circonstance  que  Vénus  se  pro- 
jette sur  le  Soleil  comme  une  tache  noire  parfaitement  ronde 
semble  être  de  nature  à  faciliter  les  mesures.  Donnons  d'abord 
une  première  idée  de  ces  phénomènes  célèbres,  auxquels  s'intéressent 
en  ce  moment  toutes  les  nations  civilisées. 

A  cause  de  l'inclinaison  du  plan  de  l'orbite  de  Vénus  sur  l'éclip- 
tique,  celte  planète  ne  se  projette  pas  sur  le  Soleil  toutes  les  fois 
qu'elle  est  en  conjonction  interne  avec  lui  :  il  faut  encore  qu'à 
l'époque  d'une  conjonction  la  planète  soit  voisine  de  l'un  de  ses 
nœuds.  Celle  coïncidence  arrive  à  peu  près  deux  fois  par  siècle, 
à  huit  ans  d'intervalle.  Voici  les  dates  de  quelques-uns  de  ces 
phénomènes  : 

i63i     7  déc Passage  prédit  par  Kepler. 

1689     4  déc Non  observé 

1761     5  juin )  rxt  .  , 

^f.       o  '   '  \  Observes  par  des  astronomes  de  tous  les  pavs 

I  y  OQ        <J    Juin.  ...      1  "* 

1874  9  déc Observé  par  des  astronomes  de  tous  les  pays. 

1882  6  déc Sera  observé  incessamment. 

aoo4  8  juin. . . . 

2012  6  juin 

Deux  observateurs,  postés  en  deux  stations  très  éloignées  A  cl  A' 
sur  les  deux  hémisphères,  voient  au  même  instant  la  planète  V 
se  projeter  sur  le  Soleil,  Tun  en  v,  l'autre  en  i/.  Évidemment,  le 
déplacement  vi^  est  un  effet  de  parallaxe,  et  le  Soleil  joue  ici  le  même 
rôle  que  l'étoile  à  laquelle  nous  avons  comparé  Mars.  Seulement, 


DIMENSIONS    ABSOLUES    DU    SYSTÈME    SOLAIRE. 


aiS 


comme  il  n'est  pas  à  Finfini,  il  a  lui-même  une  petite  parallaxe 
qui,  pour  le  point  i^,  sera  Ai^'A'.  En  d'autres  termes,  de  Vénus, 
on  voit  la  base  AA'  sous  l'angle  V,  et  du  Soleil,  en  v^,  on  la  voit 

Fig.  38. 


(r^---i- 


•V^— -^>-,^__^^  \ 


SOUS  l'angle  v*.  La  différence  est  (^'Ar,  distance  angulaire  des 
deux  points  v  et  v^  sur  lesquels  Vénus  se  projette  sur  le  Soleil.  La 
proportion,  dont  les  Tables  donnent  le  second  membre, 


sm(^ 


AV 


?\ïiv' Xv        \v' 


fera  connaître  l'angle  v'  sous  lequel  on  voit,  du  Soleil,  la  base  AA', 
pourvu  qu'on  ait  mesuré  l'angle  i^'Ai^.  Cet  arc  ne  s'obtient  pas 
directement.  Halley  proposa  d'y  appliquer  le  procédé  suivant. 

Fig.  39. 


L'observateur  A  voit  Vénus  se  mouvoir  sur  le  disque  du  Soleil 
et  parcourir,  en  un  certain  nombre  d'heures,  la  corde  ab.  L'ob- 
servateur A'  lui  voit  décrire  la  corde  a' 6'.  Si  l'on  note  en  chaque 


2l4  LIVBB   V.    —    CHAPITBE    XXII. 

stalion  Tinstant  du  contact  du  disque  de  Vénus  avec  celui  du 
Soleil,  on  aura  le  temps  employé  à  décrire  la  corde  correspondanle, 
et  on  en  déduira  aisément  la  longueur  ab  de  celle  corde,  car  le  mou- 
vement angulaire  de  Vénus  par  rapport  au  Soleil,  à  tout  instant, 
est  parfaitement  connu.  Dès  lors  Ja  distance  de  la  corde  au  centre 
sera 


A  étant  le  diamètre  angulaire  du  Soleil. 

En  faisant  le  même  calcul  pour  a'b'^  la  dislance  des  deux 
cordes,  c'est-à-dire  Tare  v'/ou  son  équivalent  rAr',  sera  obtenu. 

Tel  est  à  peu  près  le  procédé  proposé  par  Halley;  il  avait  à  ses 
yeux  le  méfile  de  substituer  la  mesure  du  temps  à  la  mesure  tou- 
jours plus  délicate  des  arcs.  Halley  croyait  surtout  qu'en  obser- 
vant ce  phénomène  comme  une  éclipse  de  Soleil  par  la  Lune,  c'est- 
à-dire  en  notant  les  instants  des  deux  contacts  intérieurs  du  disque 
de  Vénus  et  du  disque  solaire,  on  obtiendrait  une  très  grande 
exactitude. 

Prédiction  d'un  passage  de  Vénus. 

Pour  qu'il  y  ait  conlacl,  il  faut  que  la  dislance  des  centres  de* 
deux  astres  soit  égale  à  la  somme  ou  à  la  diCférence  des  demi- 
dianièlres  apparents.  -R,  o,  *  A  étant  les  coordonnées  géocentriqucs 
du  Soleil  et  son  demi-diamètre  angulaire  à  la  date  /,  Noisine  de 
Finstanl  du  phénomène;  .R',  o',  7  A'  désignant  les  mêmes  donnée^ 
pour  Vénus;  //i,  //  les  variations  horaires  de  -i^ —  .\\\  o  —  0':  la 
distance  variable  d  du  centre  des  deux  astœs  sera  le  troisième 
côti'  du  triangle  sphérique  SPV.  On  aura  donc 

cosd    -  co>o  coso' -^  siiio  sino' cosi  .ft —  --R'^. 

Mettons  pour  cosd 

i  —  1  ûn-\d, 
et  pour  cosuR  —  À\' ) 

I  —  a>in-I(.R  —  .R^, 
il  viendra 

sin-ir/-  :sin'J(o  —  01  —  sino  sino' sin' J  (.R —  .f\'). 


DIMENSIONS    ABSOLUES    DU    SYSTÈME   SOLAIllE.  2l5 

équation  dans  laquelle  on  peut  remplacer,  sans  erreur  sensible, 
les  sinus  par  les  arcs  correspondants.  L^équation  du  problème 
sera  donc,  à  la  date  /  -h  0  (en  ajoutant  à  chaque  quantité  la  varia- 
lion  horaire  multipliée  par  Tindéterminée  6), 

[  ;  (A  —  A') -f-/?0]2  ir:(a  —  o' 4- /iO)2  H-(,^  _  ,ft' 4- „jO)2  sino  sino'. 

Les  deux  racines  de  cette  équation,  0'  et  ¥,  donneront  H  +  0', 
H -h  0"  pour  les  instants  des  contacts  intérieurs  vus  du  centre  de 
la  Terre  en  temps  moyen  de  Paris. 

Gela  posé,  si  Tobservaleur  est  placé,  non  plus  au  centre  de  la 
Terre,  comme  nous  venons  de  le  supposer,  mais  en  un  point  de  la 
surface  ayant  L  et  A  pour  coordonnées  géographiques,  il  faudra 
appliquer  aux  M  et  o  géocentriques  les  effets  de  la  parallaxe  en 
ascension  droite  et  en  distance  polaire  (p.  182),  ce  qui  donne 


[ 


,     sincsinE 

M  — JR' -i- m(i -h  (t:  —  tz')  ^-^ — 

sino 


sin^sino' 


[8  _  S' _^  ,ie -i- (  t:  —  r')  sin2  cosE]2  HZ  •  (  A  —  A' 4- vO)5. 


Ces  termes  ayant  été  calculés  pour  la  date  ty  qui  implique  l'heure 
locale  H  =  Hp-j-  L,  on  prendra  pour  Al,  qui  figure  dans  le  calcul 
de  E,  la  valeur  moyenne 

II  _  ^^^ . 
2 

Les  coefficients  m  et  n  doivent  comprendre  et  exprimer  ici  les 
variations  horaires  des  M  et  des  3  tels  qu'ils  sont  vus  par  l'obser- 
vateur, c'est-à-dire  affectés  de  la  parallaxe.  C'est  par  ces  calculs 
préliminaires  qu'on  se  prépare  à  l'observation  du  phénomène  ;  on 
détermine  même,  à  l'avance,  le  point  du  disque  solaire  sur  lequel 
Vénus  fera  sa  première  impression  (p.  838). 

Calcul  des  observations. 

La  même  équation,  moins  les  termes  en  0,  donnera  la  correc- 
tion (^(71)  de  la  différence  ir  —  tt'  des  parallaxes,  lorsque  le  phéno- 
mène aura  été  observé,  c'est-à-dire  lorsqu'on  aura  déterminé  l'heure 
de  chaque  contact. 


Al6  LIVRB    V.    —     CHAPITRE   XXII. 

Désirons  par  H  l'heure  observée  ;  pour  celle  heure  ou  plut^ 
pour  l'heure  H  -f-  L  de  Paris,  on  lîrera  des  éphémérides  les  coor- 
données des  deux  astres  et  leurs  diamètres  apparents;  puis,  en 
nommant  à(M),  <^(o),  à(Ji)  et  0(7:)  les  corrections  dont  les  diffé- 
rences tabulaires  M  —  JR',  o  —  o',  A  —  A',  tz  — ir'  ont  besoin  pour 
être  mises  d'accord  avec  robser>'ation ,  par  N*  la  quantité 

^  '       smo      J 

^[a_a'4_(^_.^')sinccosE]*  — i(^  —  ^')% 

on  aura  une  équation  de  condition  de  la  forme 

en  négligeant,  bien  entendu,  les  carrés,  les  doubles  produits,  etc., 
de  ces  petites  corrections. 

Chaque  observation  de  contact  intérieur  donne  lieu  à  une 
équation  de  condition  de  cette  forme;  mais,  pour  traiter  leur  en- 
semble par  la  méthode  des  moindres  carrés  et  obtenir  ainsi  les 
valeurs  les  plus  probables  des  inconnues,  il  faut  que  les  obsenrations 
ne  soient  pas  entachées  d'erreurs  systématiques. 

Déformations  optiques  à  l'instant  des  contacts. 

Malheureusement,  ce  genre  d'observation  n'a  pas  du  tont 
répondu  à  l'altente  générale.  Au  lieu  du  contact  géonnétrique  de 
deux  cercles  (le  contour  lumineux  du  Soleil  et  le  contour  noir 
de  la  planète),  on  a  vu  apparaître,  au  moment  décisif,  une  espèce 
de  ligament  noir  qui  s'allongeait  entre  les  bords  voisins,  et  finis- 
sait par  se  rompre  lorsque  les  disques  paraissaient  être  déjà  loin 
du  contact.  Delà  des  incertitudes  singulières  chez  les  observateurs. 
Les  uns  prirent  pour  le  moment  à  observer  celui  où  les  disques 
prolongés  par  la  pensée  à  travers  la  goutte  noire  leur  parurent  se 
toucher;  les  autres  le  moment  où  le  ligament  noir  ou  la  goutte  noire 
se  brisait  et  laissait  apparaître  subitement  un  mince  filet  lumineux. 
Le  calcul  de  pareilles  observations  devait  conduire  à  des  résultats 
fort  diflerenls  selon  qu'on  adoptait  Tune  ou  l'autre  interprétation. 

Lalandc  a  donné   l'explication  fort  simple  de  ces  apparences 


DIMENSIONS  ABSOLUES   DU    STSTÊMB    SOLAIRE. 


117 


par  des  causes  purement  optiques.  Un  point  lumineux,  une 
étoile,  par  exemple,  dont  le  diamètre  angulaire  est  insensible, 
prend  dans  nos  lunettes  des  dimensions  appréciables  et  présente 
un  petit  disque  factice  dont  Téclat  décroît  rapidement  du  centre 
au  bord.  C'est  un  effet  de  diffraction  compliqué  des  effets  de 
Pimperfection  de  l'objectif.  Il  doit  donc  se  former  aussi,  autour  du 
disque  du  Soleil^  une  étroite  auréole  factice  qui  l'amplifie  un  peu, 
tandis  que  le  disque  de  Vénus,  vu  en  projection  sur  le  Soleil,  se 
trouve  rétréci  d'autant  par  la  même  cause. 

Gela  posé,  un  peu  avant  le  contact  intérieur,   le  bord  vrai  du 
Soleil,  celui  qui  est  en  pointillé  sur  la  fig,  4o,  étant  interrompu 


xV  3. 


Fig.  4o. 

N»  2. 


N»  1. 


sur  un  petit  espace  par  le  bord  réel  de  Vénus  (n°  1  ) ,  les  deux  auréoles, 
extérieures  pour  le  Soleil,  intérieures  pour  Vénus,  se  trouvent  sup- 
primées sur  une  largeur  équivalente,  et  les  deux  disques  apparents 
semblent  reliés  par  un  espace  noir.  Celui-ci  va  en  diminuant 
jusqu'au  contact  représenté  au  n®  2.  Alors  l'espace  noir  se  réduit 
à  un  ligament  noir  qui  se  rompt  subitement  lorsque,  entre  les 
bords  vrais,  réapparaît  un  filet  lumineux  du  Soleil  (n*^  3).  Celui-ci 
est  tellement  brillant  qu'un  élément  presque  infiniment  mince  du 
bord,  très  exagéré  sur  le  n*^  3,  suffit  pour  faire  reparaître  les 
auréoles  factices  des  deux  disques  et  dissiper  la  singulière  appa- 
rence que  nous  venons  de  décrire.  L'instant  du  vrai  contact  n'est 
pas,  à  la  vérité,  celui  de  l'apparition  ou  de  la  disparition  de  ce 


ai8  LIVRE    V.    —   CHAPITRE    XXII. 

filet  lumineux,  mais  il  n'en  diffère  que  de  bien  peu,  peut-êlred'aoc 
fraction  de  seconde,  tandis  qu'il  ne  n*pondnullemenl  au  contact 
apparent  des  disques,  tels  qu'une  lunette  nous  les  faJl  voir  (  *  •. 

Parallaxe  conclue  pour  le  Soleil. 

Les  astronomes  du  siècle  dernier  surent  apprécier  ces  circon- 
stances physiques  :  ils  se  décidèrent  à  rejeter  les  observations  d« 
contact  géométrique  dont  Terreur  est  impossible  à  apprécier,  cl 
ne  prirent  que  les  observations  de  Tapparition  ou  de  la  rupture  du 
filet  lumineux.  Leur  résultat,  Ti^S^^Sia,  très  voisin  de  la  vérité 
comme  nous  allons  le  voir,  est  celui  que  Laplace  a  adopté  dans  la 
Mécan ii]iu*  céleste. 

Malheureusement,  un  jeune  astronome  s'imaiîina,en  iSo-i,  quon 
avait  eu  tort  de  trier  les  (>bser\ations.  Il  entreprit  de  déterminer  la 
parallaxe  du  Soleil  sur  rensemble  de  toutes  celles  qu'on  a\ail 
recueillies,  en  les  traitant  par  la  méthode  des  moindres  carrés.  Il 
trouva  ainsi  8^,5-  avec  une  erreur  prol>able  de  o*,o3.  Chose  sin- 
gulière, la  faiblesse  de  cette  erreur  probable  frappa  tout  le  monde: 
on  s'empressa  de  substituer  ce  faux  résultat  à  la  vraie  valeur, 
sans  songt^r  que  la  méthode  des  moindres  carrés  ne  s'applique  pas 
à  des  observations  dont  une  partie  est  visiblement  entachée 
d'erreurs  s\>témati(|ues,  e!  que,  dans  ces  circonslaoces,  l'erreur 
pix^bable  qu'où  en  déduit  n'est  |>as  une  ijarantie  «  t.  I,  p.  0L^^  '. 

L'adoption  de  celle  \aleureut  de  sin;:ulières  conséquences.  Ler- 
rtMir  était  dt*  l^  sur  la  distance:  elle  devenait  j^  nu  —  sur  la  nia>se 
de  la  lerre.  Le  calcul  de>  perturbations  causées  par  la  Terre  sur  les 
planètes  xoisiues,  \  énus  et  Mars,  donna  des  résultats  trop  faibles 
de  ^,  C.Vî.iil  coîume  s'il  axait   maïupié  une   fraction    notable  Je 


<*  Vu  »1  riiuT  pj^vâio.  eu  i"^*».  U  •»  •>S'»-.T\u" 'ors  onl  fu  <  *\i\  «l'«'fiij»l.»\«'r  Jf* 
luarlîo^  i'U.^^iUlc^.  inîM^'>  ju  jvMut  *\  .*  uu  vm  ptrlu*u!:trr.  riu-icurs  ti'rnlir  O» 
•  ouï  |<i*  \u  lo  pu  luriu-ue  du  Iu^iik'hI  n.-ir:  ta  ix'vauohc.  lU  .>ul  u.»tr.  a  i'iut'Uot 
\lu  *'>'nî.i.  ;  ;:  •  'uuîrt'iuo.  ^îos  lr^u^>  :iiaii'u  U'^*^  sur  le  •.li**iu:r  *\\:  Vônu*». 

Les  iv>^ut;j:x  vlc'o  n»Miit»reu>*%  ^ù»^*r\aii>'0'' ijîie^  À  CT't.e  tH'ru>ion  n»*  x»ot  p** 
<'ii.>^rv  o.viuux  i\.inp:c;c:iK*uî.  V  u  ui^.  r  |s4r  ov  .{uî  a  de  publie  jus«)u'i  i.  il*  ^'"^ 
lort  vi.^.- 'î  .i.tït^.  lu  :M.'.h.>vl»'  jh  :  -^t  jj  :ii  ju  ■.  «jue  j  4\ui>  |»r  ,  t«>»-e  iiii»;-iiicuKi 
n\AttrjL:t  jvi^  n  n  pîux  A  .mio  i  »  r  --'.a.^  t.;.:i  ^ix-ûlsanl-.  <.»n  attend  a^oc  o»^ 
VMTte  »i  a:»\,e  c  le  re^uîui  de^  e\p -i. •.....!>  .;ue  i\»a  prépara  en  c«  luonieot  p«>of  ** 
|Mi>^fe  Ue  vKv,ml*ro  (>r\s*b4iii.  ci»  in>'. 


D1MENSX02<ÏS   ABSOLUES    DU    SYSTEME    SOLAIRE.  219 

.a  masse  de  la  Terre.  Après  avoir  cherché  en  vain  à  remplacer 
la  masse  manquante  dans  la  région  de  l'orbite  terrestre  par  des 
anneaux  hypothétiques  de  matière  invisible  circulant  autour  du 
Soleil,  etc.,  on  finit  par  reconnaître  que  ces  discordances  devaient 
être  imputées  à  une  fausse  parallaxe,  et  Ton  chercha  d'autres  mé- 
thodes que  celle  des  passages  de  Vénus,  qui  avait  autrefois  inspiré 
une  confiance  absolue.  On  s'adressa  d'abord  aux  petites  planètes, 
malgré  leur  grand  éloignement,  parce  qu'elles  sont  aussi  faciles  à 
observer  a>'ec  précision  que  les  étoiles,  tandis  que  les  planètes  à 
disques  notables,  comme  Mars  ou  Vénus,  dont  il  faut  observer  les 
l)ords,   donnent  lieu  à  de  singulières  difficultés  optiques.  Il  n'y 
avait  pour  cela  qu'à  utiliser  les  oppositions  favorables  de  Flore  et 
de  Junon.  Le    procédé   est  identique  à  celui  qui   a  été  appliqué 
à  Mars;  on  en  trouvera  les  résultats  un  peu  plus  loin.  Enfin  on  eut 
recours  à  des  méthodes  bien  différentes,  dont  nous  allons  parler. 

Déterminations  fournies  par  la  Mécanique  céleste. 

Les  perturbations  des  planètes  ou  de  leurs  satellites  dépendent 
de  leur  éloignement  mutuel  et  de  leurs  distances  au  Soleil.  Il  est 
<JOnc  naturel  que,  dans  l'expression  analytique  de  ces  inégalités, 
^là  rencontre  parfois  la  parallaxe  du  Soleil. 

Inégalité  par allaclique  de  la  Lune,  —  C'est  ainsi  qu'une  iné- 
S^lilédu  troisième  ordre,  dans  la  théorie  de  la  Lune,  a  pour  expression 


m' 


0,241 23  m    .    ,  _  ^^ 

^  — ;  sinfanom.  moy.  (T  — anom.  moy.Q), 

i  \  n^  \a  ni  "^  '^ 

^         6  n^  '  a  m 

'^  et  a  étant  relatifs  au  Soleil,  n\  a\  m'  à  la  Lune.  La  masse  m'  de 
*^  Lune  s'obtient  de  diverses  manières  ;  elle  est  de  -7-  à  très  peu  près. 
*-es  moyens  mouvements  n  et  /i'  du  Soleil  et  de  la  Lune  sont  con- 
^^s.  Reste  donc  le  rapport  —  >  qui  peut  s'écrire 

(?) 

à  sinir' 


(p)  sïiit:' 

a 


220  LIVRE    V.    —   CHAPITRE    XXII. 

en  désignant  par  i^  et  tz  les  parallaxes  de  la  Lune  et  du  Soleil. 
L'observation  de  la  Lune  au  méridien  permet  de  déterminer  expé- 
rimentalement la  valeur  numérique  du  coefficient  de  cette  inéga- 
galité;  on  a  trouvé  ainsi  laS'',  2.  De  là  la  relation 

.       /         m'\ 
„  sinir    I 

^  ^     =:120'',2. 


I  n 
2 


_jsm.(^i^-j 


Avec  les  éléments  de  Torbile  lunaire  dont  on  trouvera  plus  loin 
la  valeur,  on  en  déduit 

i:  =  8%8i. 

Inégalité  mensuelle  de  la  Terre.  —  Dans  la  théorie  de  la  Lune, 
on  trouvera  l'explication  d'une  inégalité  mensuelle  de  la  Terre 
due  à  l'action  de  la  Lune  ;  l'expression  analytique  est 


m' 
a'      In 


a  tn 

I  H 

m 


-sin(C-O). 


Les  observations  méridiennes  du  Soleil  donnent  6*^,50  pour  le 
maximum  de  cette  inégalité.  On  en  déduit 


m' 


sin  71       m      ^ff  f, 

7  —  ^  »  «^» 


sin  tt'  m 


I  H 

m 

d'où  l'on  tire 

7:=:8\85. 

Perturbations  produites  par  la  Terre.  —  Enfin  un  troi- 
sième moyen  de  déterminer  cette  parallaxe  se  tire  des  p<*r- 
turbations  que  la  Terre  produit  dans  les  mouvements  des  pla- 
nètes les  plus  voisines,  c'est-à  dire  de  Mars  et  de  Vénus.  Comme 
ces  perturbations  sont  proportionnelles  à  la  masse  de  la  Terre,  on 
comprend  qu'elles  offrent  un  moyen  de  déterminer  cet  élément, 

c  est-à-dire  le  rapport  ^  •  Or  ce  rapport  s'exprime  aussi,  comme 


DIMENSIONS    ABSOLUES    DU    SYSTÈME    SOLAIRE.  221 

nous  Pavons  vu,  en  fonction  du  cube  de  sin??.  De  là  un  dernier 
moyen  d'obtenir  cette  parallaxe.  M.  Le  Verrier  a  trouvé  ainsi  (sauf 
une  légère  correction  due  à  M.  Stone) 

iri=:8",83. 

Méthodes  physiques  par  la  vitesse  de  la  lumière. 

Nous  verrons  que  la  vitesse  de  la  lumière,  telle  qu'elle  résulte  de 
l'observation  des  éclipses  des  satellites  de  Jupiter,  ou  plutôt  du  phé- 
nomène de  l'aberration  des  fixes,  est 

W  :i^  -, ?:  par  seconde. 

D'autre  part,  les  physiciens  ont  réussi  à  mesurer  directement  cette 
vitesse  en  mètres. 

M.  Cornu,  en  suivant  la  méthode  de  M.  Fizeau,  a  trouvé 
3oo4oo^"ifi  1000'""  par  seconde.  M.  Michelson  a  obtenu,  par  la 
méthode  de  M.  Foucault  perfectionnée,  299940*^*"  ±  100''™.  On  en 
déduit  immédiatement  a  en  multipliant  ces  nombres  par  497>78; 

(  0  ) 
puis  on  obtient  tc  parsinit^  -^-  Le  premier  donne  tz=z  8'',  799; 

ce 

le  second  8",  81 3.  L'erreur  probable  relative  du  nombre  497% 78  ^^^ 
de  7J57J  d'après  Struve;  celle  de  la  vitesse  obtenue  par  M.  Michelson 
est  30*00»  ^^  ^^  résulte  j^^  ou  o'',oo56  pour  l'erreur  probable  de  la 
seconde  parallaxe.  Ce  qui  ajoute  encore  à  la  valeur  de  cette  détermi- 
nation, c'est  que  M.  Helmert,  ayant  corrigé  légèrement  le  résultat  de 
M.  Cornu,  est  retombé  presque  identiquement  (299 990''™)  sur  celui 
de  M.  Michelson. 

Résumé  et  conclusion. 

Voici  le  Tableau  des  dix  valeurs  les  plus  récentes  de  cet  impor- 
tant élément,  obtenues  par  neuf  méthodes  entièrement  différentes. 


(f 


Par  la  parallaxe  de  Mars 8,85 

Méthodes      \  Par  le  passage  de  Vénus  1769 8,79 

géométriques   {  Par  le  passage  de  Vénus  1874 8,71    :: 

8^,82.  /  Par  la  parallaxe  de  Flore 8,87 

Par  celle  de  Junon 8,79 


222  LITBE    V.    —     CHAPITRE    XXII. 

Méthodes     L  Par  rinégalilé  parallaclique  de  la  Lune 8,8i 

mécaniques    •!  Par  l'inégalité  mensuelle  de  la  Terre 8,85 

8*, 83.  (  Par  les  perturbations  de  Mars  et  de  Vénus 8,83 

,  (  Par  la  méthode  de  M.  Fizeau ^-799 

physiques         ^^^  ^^  méthode  de  M.  Foucault 8,8i3 

8  , 8 1 .         \ 

Les  huit  premiers  nombres  comportent  une  incertitude  qui  va 
de  =i=  o^jio  à  d=  ©",05.  Le  troisième  n'est  même  pas  définitif  et  est 
marqué  douteux.  Leur  moyenne  brute  est  8%825. 

Les  deux  derniers,  qui  se  ramènent  identiquement  à  8'',8i3,onl 
bien  plus  de  précision.  C'est  le  nombre  que  Laplace  avait  adopté 
et  que  nous  adopterons,  après  avoir  constaté  que  les  méthodes  astro- 
nomiques convergent  de  plus  en  plus  vers  cette  valeur  définiti\e. 
Ainsi  Tunité  linéaire  des  astronomes,  c'est-à-dire  la  moyenne  dis- 
tance de  la  Terre  au  Soleil  ou  demi-grand  axe  de  Torbite  ter- 
restre, est  de 

28408 (p  )z:i  i5  ou  iG^p), 

ou,  en  mètres,  de 

149304000^'"  i!r  100000^". 


DÉPLACEMENT    P^.m.AlRK    DE    l' KCLI  PTIQU  K. 


'I'l3 


CHAPITRE  XXIII. 


EFFETS  DU  DÉPLACEMENT  SÉCULAIRE  DE  L'ÉCLIPTIQUE 
SUR  LES  COORDONNÉES  DES  ASTRES. 


L'observation  nous  a  appris  que  l'obliquité  de  récliptique  dimi- 
nue de  48''  par  siècle.  La  Mécanique  céleste  montre  que  cette  va- 
riation est  due  aux  attractions  planétaires,  et  qu'elle  est  accompa- 
gnée d'un  autre  genre  de  déplacement  dont  voici  la  nature.  Si  l'on 
prend  pour  plan  fixe  l'écliptique  de  17JO,  plan  parfaitement  dé- 
terminé par  les  observations  de  l'époque,  on  trouve  qu'outre 
cette  lente  diminution  d'obliquité  l'écliptique  tourne  coniquement 
de  manière  que  sa  trace  sur  ce  plan  fixe  rétrograde  à  raison  de  5" 
par  an.  Si  l'on  veut  comparer  les  coordonnées  d'un  astre  observé  . 
à  des  dates  différentes,  il  faut  donc  tenir  compte  des  changements 
qui  se  sont  opérés  dans  la  position  des  axes  auxquels  ces  observa- 
tions se  rapportent.  La  Mécanique  céleste  de  Laplace  nous  donne 
l'expression  complète  de  ces  variations;  le  reste  n'est  plus  qu'une 
question  de  transformation  de  coordonnées. 

La  figure  ci-jointe  (^g-  40  représente  en  CA  l'écliptique  de 


If..   1 1. 


I  ' 


)       I 

\'  r      ^ 


1750,  et  en  CA'  celle  de  1760  4-  ^  C  est  le  nœud  descendant  de  la 
deuxième  sur  la  première.  L'équateur  v^Q,  qui  échappe  aux  déran- 


3^4  LIVBB  V.    —    CHAPITEE    XXIIl. 

gements  causés  parles  attractions  planétaires,  à  cause  de  la  forme  à 
peu  près  sphérique  de  la  Terre  et  surtout  du  grand  éloignement  des 
planètes,  coupe  ces  deux  éclip tiques  aux  points  y  et  y.  Des  fo^ 
mules  générales  de  la  Mécanique  céleste  on  déduit,  pour  les 
siècles  actuels,  les  éléments  du  triangle  C^y  : 

Cv S''2Z'5o'-^5',2ity 

i o',  48892 1  —  o',ooooo3o7  /*, 

coo 23*28'i8'  donné  par  l'observation  en  1750. 

Ce  triangle  est  donc  déterminé.  On  en  déduit  les  trois  autres 
éléments  dont  voici  les  valeurs  (en  négligeant  les  termes  en  0)  : 

Cy' a~o',i64i3/, 

TT' o',  17926/, 

w (0^      o',48638/, 

Le  plan  fondamental  des  coordonnées,  en  i^5o-}-f,  est  donc 
déterminé  par  rapport  à  celui  de  1750,  et,  pour  passer  de  Tun  à 
l'autre,  il  n'y  aura  qu'à  employer  les  formules  ordinaires  de  trans- 
formation. Mais  quand  il  s'agit  seulement  de  quelques  siècles  (les 
observations  précises  ne  vont  pas  au  delà  de  i65o,  époque  où 
l'abbé  Picard  introduisit  les  lunettes  dans  les  instruments  de  In^ 
sure),  on  peut  se  contenter  de  formules  différentielles  très  simples. 

Par  exemple,  les  coordonnées  d'un   point   B,  en    ijSo,  étant 

L  =1  -^K  -rzi  CA  —  Cv, 

elles  ne  diffèrent  de  celles  de  1750  4-  t 

L'zzty'A'^CV-Cy', 

P'.^9o»-BA', 

que  de  quantités  très  faibles,  faciles  à  déterminer,  puisque  nous 
avons  déjà,  par  ce  qui  précède,  Cy  —  Cy.  Considérons  en  effet  CA. 
CB  comme  les  côtés  d'un  triangle  rectangle  CBA,  dans  lequel  C^ 
est  invariable  et  l'angle  C  varie  de  dC  =  1.  Les  relations  différcD- 
tielles  qui  répondent  à  cette  variation  dans  le  triangle  rectangle  ABC 


DÉPLACEMENT    SÉCULAIRE    DE    l'ÉCLIPTIQUE.  226 

de  la  page  64,  t.  I  (*),  sont 

db  ^=  —  tang  c  cos  bdC^ 
de  •=:.sînbdC. 

lcidb=CA'  —  CA,  de  =  BA'  —  BAet  rfC=i;  on  aura  donc 

L'—  L  t=  —  o^I6443/  —  cotp  cos(L  -+-  Cy)o', 48892  t, 
P'—  ?  —  —  sin(L  -+-  Cy)o%48892/. 

Quant  aux  coordonnées  équaloriaIes(^^.  40»  elles  étaienten  1 760 

JR^^Q,     5=z9o«=iBQ; 

elles  seront  en  lySo  -h  f 

^'~yQ  — YtS     o'  =  9o°— BQ. 

Par  conséquent 

JR'  —  JR  —  —  o'',i  7926 1, 
8'  — 8   —  o. 

Ces  variations  séculaires,  dues  au  déplacement  de  Pécliptique 
sont  donc  très  faibles.  Elles  ont  pour  effet  de  diminuer  progressive- 
ment, de  o",  16443  par  an,  la  longitude  des  étoiles  placées  près 
del'écliptique.  Au  bout  de  vingt  siècles,  cette  diminution  se  réduit 
à  328''=5'28"«  Elle  a  dû  échapper  complètement  aux  anciens 
astronomes. 


(*)  En  différentiant  logarithmiquement  la  formule  tang  6  =  cos  C  tang  a,  on  a 

c?6  —  —  sin  b  cos  b  tang  C  c?C, 

't,  comme  sin  6  =  cotC  tangc,  cette  formule  se  réduit  à  celle  du  texte. 
Ht  même,  en  diflerentiant  sine  —  sin  a  sin  G,  on  a 

de  dC 


tangc       tangC 
comme  sin 6  =  tangc  cotC,  on  obtient  la  relation  ci-dessus. 


II. 


i5 


226  LIVRE    V.    —    CHAPITRE  XXIV. 


CHAPITRE  XXIV. 

EFFETS  DU  LENT  DÉPLACEMENT  DE  LÉQUATEUR. 


»•••■ 


Les  variations  que  nous  venons  d*étudJer  devaient,  par  leur  pe- 
titesse, échapper  aux  anciens  observateurs.  En  revanche,  les  Anciens 
ont  découvert  une  autre  variation  bien  plus  considérable  et  d'ori- 
gine toute  diflérente,  la  précession,  qui,  depuis  les  temps  d'Aristille 
et  de  Timocharis,  a  changé  les  longitudes  des  astres  de  plus  de  3o*. 
Sans  cette  découverte  capitale,  dont  la  Science  est  redevable  au 
génie  d*Hipparque.  rAslronomie  serait  restée  à  l'état  rudimen- 
taire,  comme  chez  les  Chinois  qui  n*ont  pas  connu  la  précessioo, 
bien  qu'ils  aient  eu  sous  les  yeux,  pendant  des  milliers  d*anoée$. 
les  effets  les  plus  saillants  de  ce  grand  phénomène  (*). 

Découverte  de  ces  déplacements  par  Hipparque. 

Pour  en  donner  une  idée,  nous  allons  comparer  les  coordonnées 
d'une  même  étoile,  a  de  la  \  ierge  par  exemple,  observées  à  de> 
époques  très  difierentes. 

Dates.  L.  B. 

Hipparque — i4i  174.   7.30  o     ,      , 

Bracllcy 1755  20o.a3.36  87.57.50 

Piazzi 1800  201.   3.   6  87.57.43 

Obs.  de  Paris i845  201 .40.49  87.57.33 

Ces  énormes  variations  en  longitude  ne  répondent  nullement  à 


(•  )  Cfla  lit*nt  a  ce  que  les  Chinois  employaient  les  coordonnées  êquatorialf*'^'* 
cloilc»  cl  non  le>  toor.!.>nn '•cs  t'clipliques,  comme  le  faisaient  les  Grec*.  On  *frr*, 
p.  2)0,  que  les  elToli  de  la  pr^vessioa,  e\lrèmemjnl  simples  sur  les  scconJcs.  ^''^^ 
très  compii^uis  pjur  les  premières. 


EFFETS  DU  LENT  DEPLACEUENT  DE  L  EQUATEUE.        2*27 

celles  que  nous  venons  d'étudier.  L'effet  de  ces  dernières  serait  de 
diminuer  la  longitude  de  5'  en  dix-neuf  cent  quatre-vingt-six  ans, 
tandis  que  nous  la  voyons  augmenter  de  2 7** 33'.  Il  y  a  donc  une 
cause,  toute  différente  des  lentes  variations  de  Técliptique,  qui  fait 
croître  les  longitudes  dans  ce  laps  de  temps  de  27**33'h-  5',  c'est- 
à-dire  de  5o"  par  an.  Quant  à  l'autre  coordonnée  p,  sa  petite  dimi- 
nution de  10"  environ  s'explique  par  la  cause  précédente;  par  con- 
séquent le  nouveau  phénomène  laisse  celte  coordonnée  intacte. 

Cet  effet,  bien  plus  considérable  que  le  précédent,  puisqu'il  va 
à  10000"  =  2''47'cn  deux  siècles, 'ne  pouvait  échapper  aux  astro- 
nomes grecs.  Effectivement  Hipparque,  en  comparant  les  longi- 
tudes observées  par  lui  avec  celles  des  mêmes  étoiles,  déterminées 
deux  siècles  auparavant  par  Aristille  et  Timocharis,  les  trouva  toutes 
augmentées  de  2**,  5  environ,  tandis  que  les  distances  au  pôle  de 
l'éciiptique  étaient  restées  sensiblement  constantes. 

11  faut  donc,  de  deux  choses  l'une,  ou  que  le  point  y,  origine 
des  longitudes,  rétrograde  de  5o"  par  an,  ou  que  les  étoiles  soient 
toutes  animées  d'un  mouvement  direct,  parallèlement  à  l'éciiptique. 

Dans  le  premier  cas,  le  point  vernal  appartenant  à  l'équateur, 
il  faudrait  que  celui-ci,  entraîné  avec  ce  point,  mais  faisant  toujours 
le  même  angle  avec  l'éciiptique,  roulât  coniquement  autour  de  l'axe 
de  Técliptique.  Il  en  serait  de  même  de  la  ligne  des  pôles. 

Or,  la  Terre  étant  fixe  d'après  la  conviction  de  toute  l'antiquité, 
le  mouvement  conique  de  la  ligne  des  pôles  ferait  varier  continuelle- 
ment la  colatilude géographique  de  chaque  lieu,  tandis  que  l'obser- 
vation nous  montre  que  ces  colatitudes  sont  absolument  invariables. 

Donc  ce  sont  les  étoiles  qui  se  meuvent  lentement  autour  de  l'axe 
de  l'éciiptique,  en  faisant  le  tour  entier  en 


19,06000" 


36o« 

-=—=-  ^=  — V-s •=  20000  ans. 

5o^  5o 


Ce  mouvement  d'ensemble  n'avait  rien  d'étonnant  pour  les  Anciens, 
qui  se  représentaient  les  étoiles  comme  des  points  brillants  incrus- 
tés dans  la  concavité  du  dernier  ciel. 

On  le  réalisait  géométriquement  en  imaginant  une  sphère  exté- 
rieure à  celle  des  étoiles,  tournant  en  vingt-quatre  heures  autour  de 
l'axe  du  monde  PP  et  communiquant  ce  mouvement  diurne  à  toute 
la  machine  céleste.  A  cette  sphère  serait  fixée,  par  deux  tourillons 


aa8  LIVRE  V.  —  chapitre  xxit. 

E  elE',  une  sphère  intérieure  porUntles  étoiles.  Celle-ci  serait  en- 
traînée par  la  première  dans  son  mouvement  diurne  autour  des 
tourillons  P  et  P',  mais  elles  auraient  de  plus  une  rotation  propre 

Fig. 4a 


très  lente  dans  le  sens  direct  autour  des  tourillons  E  et  E',  rotation 
qui  devait  s'accomplir  en  vingt-six  mille  ans(*). 

Quant  à  la  Terre,  immobile  au  centre  du  monde,  elle  serait  con- 
stamment percée  aux  mêmes  points  /?,  p^  par  l'axe  immobile  PP| 
en  sorte  que  les  coordonnées  géographiques  resteraient  invariables, 
tandis  que  l'observateur  terrestre  verrait  les  étoiles  en  niasse 
tourner  lentement  (indépendamment  du  mouvement  diurne) 
autour  du  pôle  E  de  Técliptique. 

Le  point  Y  serait  immobile,  mais  les  longitudes  des  étoiles  aug- 
menteraient peu  à  peu,  parce  qu'elles  s'écarteraient  peu  à  peu  de 
ce  point  dans  le  sens  où  les  longitudes  croissent.  Par  exemple,  les 
étoiles  situées  sur  le  parallèle  de  23^  de  distance  au  pôle  E  de 
Técliptique  délileraient  devant  le  pôle  P  de  Téquateur  ou  de  U 
dernière  sphère,  de  manière  à  devenir  étoiles  polaires.  Tune  après 
l'autre,  dans  la  suite  des  siècles. 


(  '  )  Il  fallait  encore  une  sphère,  intérieure  à  celle  des  étoiles,  qui  fût  animée  d'u 
mouvement  rétrograde  en  vingt-six  mille  ans,  afin  d'annuler  les  eifels  de  la  préccf- 
sion  pour  les  sphères  des  sept  planètes,  plus  une  sphère  extérieure,  immobile  po«r 
porter  les  tourillons  PP'.  Ptolèmce  emploie  en  effet  onze  sphères  ou  cieni  cris- 
tallins, sept  pour  les  planètes  (Lune  y  comprise),  deux  pour  le  mouTement  de  pré- 
cessiun,  une  pour  le  mouvement  diurne  {primum  mobile),  une  dernière  pow 
renfermer  le  tout. 


EFFETS  DU    LENT    DEPLACEMENT    DE    l'ÉQUATEUR.  2^9 


Précession  des  équinozes  d'après  Hipparqne. 

Les  Anciens  déterminaient  la  longueur  de  Tannée  de  deux  ma- 
nières distinctes  qui  auraient  dû  donner  le  même  résultat  :  la 
première  en  observant  le  retour  du  Soleil  aux  mêmes  étoiles 
(lever  ou  coucher  héliaque  de  certaines  belles  étoiles);  la  seconde 
en  observant  comme  nous  Tinstant  de  Téquinoxe,  c'est-à-dire  le 
moment  où  le  Soleil  passe  par  Téquateur  par  TeiTet  de  son  mou- 
vement propre.  La  première  évaluation  est  Tannée  sidérale,  la 
seconde  est  Tannée  tropique. 

D'après  la  première,  la  révolution  annuelle  du  Soleil  devait 
s'accomplir  en  365J,  a56.  Hipparque  avant  déterminé,  par  les  obser- 
vations d'Aristille  et  de  Timocharis,  Tinstant  de  Téquinoxe  deux 
cents  ans  avant  son  époque,  compara  cette  détermination  avec  les 
siennes.  Il  suffisuit  d'ajouter  îoo  fois  365^,  256  à  la  date  de  l'ancien 
équinoxe  déterminée  par  lui-même.  Il  trouva  une  différence  de 
3  jours.  Son  équinoxe  observé  arrivait  3  jours  trop  tôt,  c'est-à-dire 
précédait  de  3  jours  l'époque  ainsi  déduite  des  anciennes  observa- 
tions. C'est  là  le  phénomène  appelé  précession  des  équinoxes.  Il  en 

3j 
résultait  pour  Tannée  tropique  une  durée  trop  courte  de  —  ^=0^,014» 

c'est-à-dire  de  365^,^42. 

Si  la  révolution  du  Soleil  paraît  différente  selon  qu'on  prend 
pour  point  de  départ  une  étoile  ou  le  point  vernal,  c'est  que  l'un 
ou  l'autre  de  ces  points  n'est  pas  fixe.  Il  faut  que  le  point  vernal  se 
meuve  en  sens  rétrograde,  chaque  année,  de  l'espace  parcouru  par 
le  Soleil  en  0^,0 i4i  c'est-à-dire  de 

o,oi4  X  59' S''  —^o" 

à  peu  près,  ou  bien  que  les  étoiles  marchent  en  avant  de  celte 
quantité-là. 

On  retrouve  donc  ici  les  mêmes  conclusions  que  par  l'étude 
directe  des  coordonnées  des  étoiles.  Lorsqu'on  croit  la  Terre  im- 
mobile, on  est  forcé  de  conclure,  comme  Hipparque  Ta  fait,  que 
c'est  la  sphère  des  étoiles  qui  tourne  lentement  en  sens  direct 
autour  de  Taxe  de  Técliptique.  Dès  lors,  la  véritable  valeur  de 


alo  LIVRE    V.    —    CHAPITRE    XXIV. 

rann<*r  serait  i\innéc  tropique,  parce  qu'elle  est  comptée  à  partir 
(Pun  point  fixe,  le  point  y* 


La  précession  d'après  Copernic. 

Quand  on  admot,  au  contraire,  que  la  Terre  se  meut  annuelle- 
ment autour  (lu  Scileil,  en  môme  temps  qu'elle  tourne  en  un  joar 
autour  (le  la  lij;no  des  pôles,  les  étoiles  doivent  être  considérée 
comme  dos  points  distribués  dans  l'espace  à  toute  distance,  et  Don 
comme  dos  points  d'une  même  sphère  reliés  entre  eux  par  cette 
surface  mémo  à  laquelle  ils  seraient  attachés.  Dès  lors  on  ne  com- 
piTud  plus  qu'elles  soient  toutes  animées  d'un  même  mouvemeol 
angulaiiT  autour  do  Taxe  de  l'orbite  terrestre.  C'est  donc  le  point ';^ 
qui  se  déplace  on  sons  rétrograde  sur  Fécliptique  fixe,  de  manière 
À  déoriiY  .'^60*^  on  vingt-six  mille  ans.  El  comme  ce  point  estrune 
dos  intorsootion<  du  confie  de  réoliptique  avec  celui  de  réqoaleur, 
ooivlos  dont  Tanglo  osl  îk  1res  peu  près  constant,  il  fautqueréquateiir 
et  aussi  la  ligne  dos  (Vdes  tournent  coniquemenlen  vingt-six  mille  ans 
nulour  d'une  jvarallolo  à  l'axe  do  l'êcliplîque.  De  la  sorte,  les  lon- 
gitudes do  tous  les  astres  augmenleni  de  5o'  par  an,  parce  que  If 
jH^iut  xonirtl  rtvulo  chaque  annét^  de  celle  quantité.  La  vraie  réTO- 
lutJou  du  Soleil  osl  U  sidérale.  cVsl-à-*lire36!>J,^j*>;  la  révolution 
li>qMquo  n'ox*  que  Ki  [htiv^xIo  dos  n^iours  successifs  du  Soleil  au 
p^^Jut  xonutl  ou  aux  >ol>lîiv<. 

Fu  un  nu^t,  U  prtx>t>^>îon  dos  ésjuinoxes  est  due  à  la  rétrogradi- 
hsM\  dos  |v^iuls  t\pnnovi,tux. 

i^'jiutrx*  jvArt.  **>mmo  K^  o\V^T\lonntVs  gét^graphiques  des  points 
d^  U  IVnv  xvxi^^î-ît  uixjirîâWt'S,  o\^l  le  clobe  lerreslre  tout  entier 

s. 

qx^K  xoxix  r^ctu^'*  à'uvo  ojiu<<*  re<l<>o  înov^nnue  à  llopemio.  lounw 
\vnujuoîï>.'"\5  au:  ^,:r  ^îo  îax:"  ^i-*  lV\**!puq«e.  à  jieii  près  comnie 
\uw  Usu^><\  >>svxî  ,  Ax.'  .io  T\^:jfc:?x^n  o<:  -nxlinosurla  verticale,  tourne 


d|4K^aUj)ai  SMCiaùfiM  i«  lu 


^^^  ^ivx:^.t  ïsV,  ■-*- Nf*K^  -  <,"  rc^r-<>o*:e   *  «^-^vs  so«s  denx   form^   — 


à 


EFFETS    DU    LENT    DEPLACEMENT    DE    L   EQUATEUR.  23 1 

ligne  des  pôles  (et  de  la  Terre  elle-même)  autour  d'une  normale  à 
l'écliptique,  ou  comme  un  mouvement  delà  ligne  des  points  équi- 
noxiaux  sur  récliptique,  l'obliquité  restant  constante. 

Sous  cette  dernière  forme,  la  précession  offre  quelque  analogie 
avec  la  rétrogradation  des  nœuds  des  orbites  planétaires  rapportées 
à  un  plan  fixe,  et  surtout  avec  celle  de  Torbite  de  la  Lune  sur 
récliptique.  Nous  verrons  en  effet,  dans  le  Livre  suivant,  que  les 
noeuds  de  cette  orbite  rétrogradent  rapidement  et  font  le  tour  du 
ciel  en  dix-huit  ans  et  demi,   en   laissant  l'inclinaison  constante. 
El  il  est  facile  de  voir  que  ce  curieux  phénomène  est  dû  à  l'action 
perturbatrice  du  Soleil,  tandis  qu'on  ne  voit  pas  aisément  com- 
ment cet  astre  viendrait  troubler  de  la  même  manière  la  rotation 
de  la  Terre,  et  imprimer  à  la  trace  de  son  équateur  un  mouvement 
rétrograde   sur  l'écliptique.   Newton,  à  qui  nous  devons  la   pre- 
mière explication  de  ce  phénomène,  adopta  celle  interprétation. 
A.près  avoir  constaté  que  la  Terre  devait  être  aplatie  aux  pôles  et 
renflée  à  l'équateur,  il  fit  voir  que  l'action  du  Soleil  ne  pouvait 
être  la  même  sur  les  diverses   parties  de  la  protubérance  équato- 
rîale.  Il  assimila  cette  protubérance  à  un  anneau  de  satellites  circu- 
lant en  un  jour  sidéral  autour  du  globe  terrestre.  Un  pareil  anneau 
^^evait,  ainsi  que  la  Lune,  présenter  le  phénomène  de  la  rétrogra- 
dation   des  nœuds  de   son   plan  mojen  (p.  3o3),  et  comme   il 
adhère  au  globe,  il  lui  fallait  en  entraîner  avec  lui  la  masse  en- 
*'cre.  Cette  dernière  condition  devait  ralentir  singulièrement  les 
^"ets,    et   donner  à  la  période   de  la    précession   une  durée   de 
virigi-six  mille  ans. 

Malgré  la  beauté  de  cette  conception,  on  reconnaîtra  qu'elle  est 
''^directe  et  même  un  peu  forcée.  On  raconte  que  Newton  vit 
^Oïuber  une  pomme  pendant  qu'il  réfléchissait  à  la  force  que  la 
*  ^rre  doit  exercer  sur  la  Lune  pour  la  retenir  dans  son  orbite. 
^^t  accident  ramena  sa  pensée  à  la  chute  des  graves,  et  le  conduisit 
^  chercher  s'il  n'y  aurait  pas  identité  entre  la  première  force  et  la 
Pesanteur.  Si  ce  grand  homme,  pendant  qu'il  réfléchissait  à  la  pré- 
^^ssion,  c'est-à-dire  à  la  rolalion  conique  de  la  ligne  des  pôles 
^^tour  de  l'axe  de  l'écliptique,  avait  vu  un  enfant  faire  tourner  sa 
^Upic,  il  aurait  cerlainement  saisi  l'identité  des  deux  phénomènes 
^^  moment  où  l'axe  incliné  de  la  toupie  se  met  à  tourner  conique- 
'^enl  autour  de  la  verticale;  il  aurait  alors  traité  la   précession 


a3'i 


LIVRE    V.    —    CHAPITBB    XXIV. 


comme  une  afTeclîon  de  la  rotation  terrestre.  C'est  effectivemeot 
ainsi  qu'on  la  considère  depuis  d'Âlembert. 

Les  personnes  les  plus  familiarisées  avec  la  mécanique  des  rou- 
lions prennent  plaisir  à  voir  avec  quelle  facilité  et  quelle  élégance 
on  reproduit  ces  phénomènes  par  un  simple  loton.  L'appareil  se 
com|)ose  d'une  plaque  circulaire  de  fer-blanc,  évidée  au  centrera 
laquelle  on  soude  par  quelques  tiges  une  petite  douille  dans 
la(|uolle  un  axe  de  rotation  glisse  à  frottement  dur.  On  amène 
ainsi,  à  volonté,  la  pointe  de  Taxe  au  centre  de  gravité  du  petit 
appareil,  ou  bien  au-dessus,  ou  au-dessous  de  ce  point. 

La  ligne  autour  duquel  il  tourne  est  évidemment  un  axe  prin- 
cipal d'inertie  si  l'appareil  est  bien  équilibré,  et  la  rotation  autour 
de  cet  axe  esl  parfaitement  stable.  C'est  ce  qu'on  vérifie  aisément: 
quelque  position  qu'on  donne  à  cet  axe,  en  faisant  tourner  le  loton, 
il  conservera  sa  direction  tant  que  la  vitesse  de  rotalion  resien 
grande  par  rapport  au  petit  frottement  de  la  pointe  sur  le  support. 
Uien  de  plus  facile  alors  que  de  vérifier  la  règle  bien  connue  delà 
composition  des  rotations. 


ences  sur  la  composition  des  rotations. 

Pressons  brusquement  sur  le  bord  du  loton  dans  le  sens  FG,  de 
manière  à  lui  imprimer  une  rotation  autour  du  diamètre  équalorial 

Fis.  5î. 


OF.  jvrrjVttJîcttUire  à  FÏv  Or::e  r^Utiv^o 
U^UMx  Iv^an^^r  Jeii  jitttv>«r  de  ^^  axe:  eli* 


sVfleclQcra  pas  si  le 
composera  aTCC  celle 


EFFETS    DV    LENT    DÉPLACEMENT    DE    L^ÉQUATEUR. 


!l33 


du  totOD  en  forçant  l'axe  de  rotation  à  se  déplacer  dans  un  plan  per- 
pendiculaire à  BF.  Portons  sur  BA  et  BD  des  longueurs  propor- 
tionnelles aux  moments  des  deux  couples  et  construisons  sur  ces 
deux  droites  un  parallélogramme.  La  diagonale  sera,  en  grandeur 
et  en  direction,  Taxe  du  couple  résultant.  Et  comme  la  rotation 
doit  s'exécuter  autour  de  Taxe  principal  d'inertie  de  l'appareil, 
celui-ci  s^nclinera  dans  le  sens  AG  et  prendra  la  direction  BC  de 
cette  résultante,  située,  comme  nous  venons  de  le  dire,  dans  un 
plan  perpendiculaire  à  BF. 

L'effet  est  très  frappant;  à  chaque  impulsion  donnée  au  loton 
de  haut  en  bas,  dans  la  direction  FG  par  exemple,  on  voit  son  axe 
s'incliner  aussitôt,  non  pas  vers  FG,  mais  dans  la  direction  perpen- 
diculaire, à  gauche  si  la  rotation  est  rétrograde  comme  sur  la  figure, 
à  droite  si  elle  est  directe.  Il  ne  faut  pas  oublier  que  le  moment  du 
couple  perturbateur  doit  être  porté  sur  BD,  dans  le  premier  cas, 
et  non  sur  BE,  afin  que  les  rotations  qu'il  s'agit  de  composer  aient 
le  même  sens  pour  des  observateurs  couchés  sur  leurs  axes,  les 
pieds  tournés  vers  le  point  B. 

La  seconde  expérience  consiste  à  placer  le  centre  de  gravité  du 
toton  au-dessus  du  point  d'appui  B.  G*est  le  cas  de  la  toupie.  Dès 
que  l'axe  s'écartera  de  la  yerticale,  l'action  de  la  pesanteur  ten- 

Fig.  4V 


dra  à  le  faire  chavirer  autour  de  sa  pointe,  en  lui  imprimant  à 
chaque  instant  une  vitesse  de  rotation  autour  d'un  diamètre  hori- 
zontal de  l'équateur.  Mais  si  l'on  a  communiqué  une  rotation  au 


234  LIVRE    V.    —    CHAPITRE    XXIV. 

toton,  on  verra  se  produire  le  phénomène  sî  connu  de  la  toupie;  au 
Heu  de  chavirer,  Taxe  BA.  se  mettra  à  tourner  coniquemcnt  autour 
de  la  verticale  BC  dans  le  sens  même  de  la  rotation.  L'inclinaison 
CBA  restera  constante,  la  vitesse  angulaire  de  la  rotation  ne  sera 
pas  changée. 

Lorsque  le  point  d'appui  est  au-dessus  du  centre  de  gravité, 
l'axe  BA,  une  fois  incliné,  tendra  à  revenir  à  la  verticale,. en  fai- 
sant exécuter  au  toton  un  mouvement  de  sens  inverse  du  précé- 
dent. Mais  si  le  toton  tourne,  ce  mouvement  ne  s'effectuera  pas; 
l'axe  AB  décrira  un  cône  droit  autour  de  la  verticale,  en  sens  op- 
posé à  celui  de  la  rotation  du  toton.  C'est  ici  Fimage  fidèle  du  mou- 


vemcntde  précession  de  Taxe  de  la  Terre,  à  cela  près  que  la  rota- 
tion (le  la  Terre  est  dirccle  et  non  rétrograde  comme  celle  d<»  la 
figure,  et  que  le  phénomène  de  la  toupie  est  compliqué  de  la  réac- 
tion du   support,  tandis  que  notre  globe  est  entièrement  libre. 

Action  da  Soleil  et  de  la  Lune  sur  le  renflement  équatoriaL 

Appliquons  maintenant  ces  considérations  à  notre  globe.  Sa 
rotation  anlonr  de  son  pins  petit  axe  d'inertie  est  parfaitement 
stable.  Dans  le  mouvement  annuel  de  son  centre  de  gravité, 
quelque  peu  troublé  par  les  attractions  planétaires,  Taxe  de  rota- 
tion se  transporterait  parallèlement  à  lui-même  si  les  actions  exté- 


»  • 


EFFETS  DU  LENT  DEPLACEMENT  DE  L  EQUATBUB. 


a35 


rîeures  se  réduisaient  à  des  forces  dont  la  résultante  passât  con- 
stamment par  ce  centre.  Mais  il  est  facile  de  voir  qu'il  n'en  est  pas 
tout  à  fait  ainsi  pour  les  attractions  du  Soleil  et  de  la  Lune.  Con- 
sidérons d'abord  le  Soleil  seul,  et  supposons-nous  au  solstice  d'été 
dans  la  figure  ci-jointe. 

L'écliptique  étant  représenté  par  un  plan  horizontal  passant  par 
ST,  Vsixc  de  rotation  par  TP  incliné  de  l'angle  m  sur  la  verticale 
TE,  eeTéquateur  coupant  l'écliptique  suivant  la  ligne  Ty  perpen- 
diculaire au  plan  de  la  figure,  le  renflement  équatorial  que  ce 
plan,  passant  par  le  Soleil,  divise  en  deux  parties  symétriques, 
pourra  être  considéré  comme  engendré  par  la  révolution,  autour 
de  TP,  des  lunules  comprises  entre  l'ellipse  méridienne  et  le 
cercle  décrit  sur  le  diamètre  polaire.  La  masse  de  ce  renflement 

Fiç.  46. 


S 


est  une  petite  fraction  de  celle  du  j^lohe,  égale  à  peu  prés  à 
3^7»  du  moins  en  supposant  la  Terre  homogène.  La  résultante 
des  actions  du  Soleil  sur  les  molécules  de  la  sphère  centrale  passe 
par  T,  mais  non  celle  des  attractions  exercées  sur  la  protubérance 
équatoriale.  La  partie  e  étant  plus  voisine  du  Soleil  que  la  région 
e'  de  tout  un  diamètre  de  la  Terre,  la  résultante  passera  un  peu 
au-dessous  de  T,  et  tendra  à  faire  tourner  le  globe  tout  entier  au- 
tour deTy  dans  le  sens  direct.  Si  la  Terre  ne  tournait  pas,  cette 
faible  rotation  autour  de  Ty  s'eflectuerait  avec  lenteur,  l'équateur 
marcherait  vers  Técliplique  et  la  ligne  TP  vers  la  ligne  TE. 

Mais,  en  présence  de  la  rotation  diurne,  le  couple  ainsi  engendré 
autour  de  Ty  ne  peut  que  se  combiner  avec  le  couple  dont  l'axe 
est  TP.  Portons  en  Ty  et  TP  des  droites  proportionnelles  à  leurs 


236  LIVBB    V.   —    CHAPITRE    XXIT. 

moments,  en  considérant  que  les  rotations  sont  ici  de  même  sens('); 
la  diagonale  du  rectangle  construit  sur  ces  deux  droites  sera,  en 
grandeur  et  en  direction,  le  moment  du  couple  résultant.  Ltxe 
principal  TP  sera  dévié  perpendiculairement  au  plan  de  la  figure, 
en  TF;  dans  celle  nouvelle  position  l'équateur  coupera  réclipliqiic 
suivant  une  nouvelle  trace  Xy.  Comme  la  force  perturbatrice  qoi 
tend  à  faire  tourner  Téqualeur  ee'  ne  cesse  pas  d'agir,  à  Finstuit 
suivant  Taxe  polaire  subira  une  nouvelle  déviation  infiniment 
petite  dans  le  plan  FTy',  et  ainsi  de  suite.  Finalement,  il  sert 
animé  d\in  mouvement  conique  autour  de  TE,  dans  un  sensop- 
posé  à  la  rotation  diurne.  Cela  revient  à  dire  que  la  ligne  Tv  S€ 
mouvra  dans  le  sens  rétrograde  sur  Técliptique. 

L'angle  PEF  étant  un  infiniment  petit  du  premier  ordre,  U 
difleronce  EF —  EP  sera  un  infiniment  petit  du  second  ordre; 
jvar  conséquent,  le  ravon  du  cercle  décrit  par  le  point  P  autour da 
|H>inl  E,  sur  une  sphère  quelconque  de  rayon  TE,  sera  constant  et 
égal  à  fo.  Le  moment  TF  du  couple  résultant  ne  différant  da 
moment  TP  que  d'un  infiniment  petit  du  second  ordre,  la  rota- 
tion de  la  Terre  reste  constante.  Enfin  Fangle  PTF,  c'est-à-dire  la 
vitesse  angulain^  du  mouvement  conique  de  l'axe,  ou  celle  du  point 
Y  qui  sVn  déduit,  serait  invariable  si  le  couple  produit  par  l'action 
perturbatrice  du  Soleil  était  constant.  Mais  il  ne  consene  une 
valeur  constante  que  vers  ré|H^que  du  solstice.  Piirtout  ailleurs 
Taxe  de  ce  couple  ne  coïncidera  plus  avec  la  ligne  T^-  Mais  son 
moment  |H^urra  éirt*  décv>nijH^s-^  en  tn^îs  autres,  suivant  les  direc- 
tions rtvlaaî:uUirt*s  r^'  Tc^  et  TP .  Le  premier  continuera  le  phé- 
nomène de  la  prtvessîon  :  le  second  produira  une  petite  varia- 
tion dans  Tanirlo  ETP-  r  t^:Ietrv^isîème  produira  une  imperceptible 
xarutîvMi  dans  la  \itesse  de  rv^tation. 

Eu  vlcsî^nant  jvir  A,  B,  C  les  moments  principaui.  d'inertie,  la 
théorie  des  rvnalums  moulrx*  que  les  moments  de  ces  couples  sont 
l^rv^jv^î-iivnuieU  jiu\  ditTerx^nves  C  —  A.  B  —  C  A  —  B.  Or  nous  avons 
\u.  eu  luNvle>îe,  que  U  rerre  e>l  uq  ellipsoïde  de  révolution;  par 
suite  V        B.  et  le  vienùer  niv^ment,  celui  qui  influerait  sur  la  rota— 


EFFETS    DU    LENT    DÉPLACEMENT    DE    L*ÉQUATEUR.  287 

A  ne  considérer  que  le  Soleil,  la  vitesse  du  mouvement  conique 
de  TP  autour  de  TE  irait  en  diminuant  du  solstice  à  Téquinoxe 
voisin,  où  elle  s'annulerait,  parce  que,  dans  cette  dernière  position, 
le  Soleil  se  trouvant  dans  la  direction  opposée  à  Ty,  le  renflement 
équatorial  se  présenterait  à  lui  d'une  manière  symétrique,  en  sorte 
€\ue  le  couple  considéré  serait  alors  nul.  Mais  Faction  de  la  Lune  (^), 
plus  rapidement  variable  et  plus  énergique  que  celle  du  Soleil, 
d*opère  dans  le  même  sens^  de  manière  à  produire  finalement  un 
mouvement  continu  du  pôle  P,  avec  quelques  inégalités  périodiques 
que  nous  examinerons  plus  tard. 

Les  astronomes  décomposent  en  effet  la  précession  en  deux 
parties,  Tune  proportionnelle  au  temps,  l'autre  périodique.  La 
première  serait  constante  si  l'angle  a>  était  invariable.  Mais  nous 
avons  vu  que  cet  angle  diminue  progressivement  en  vertu  des 
attractions  planétaires  ;  il  en  résulte  que  la  partie  moyenne  de  la 
précession  présentera  elle-même  une  légère  variation  séculaire, 
c'est-à-dire  un  terme  en  /^,  et  il  en  sera  de  même  de  T incli- 
naison de  l'équateur  sur  l'écHptique  fixe  de  1750,  que  nous  repré- 
senterons par  co'j,  à  une  date  quelconque  i  ySo  -h  t. 

Laplace  a  donné,  dans  la  Mécanique  céleste,  l'expression 
analytique  complète  de  ces  déplacements  en  fonction  des  moments 
d'inertie  de  l'ellipsoïde.  Mais,  pour  calculer  ceux-ci,  il  faudrait 
Connaître  la  loi  des  densités  des  couches  dont  se  compose  le  globe 
^^rrestre.  Il  a  donc  fallu  avoir  recours  aux  observations  elles-mêmes, 
*^îtes  à  des  époques  très  distantes,  pour  déterminer  les  coefficients 
des  termes  principaux.  De  là  les  expressions  numériques  sui- 
^stntcs,  bien  suflGsantes  pour  un  laps  de  temps  de  quelques  siècles. 

PEF  --=o^37572^  —  0%  0002436^», 
EP  ~  (ù^  -+-  o%  00000934^', 

*e  temps  ^  étant  compté  en  années  tropiques  à  partir  de  1750. 

M  m' 

(')  La  force  perturbatrice  du  Soleil  cst^:-;;  celle  de  la  Lune -3; ;  D  =  3'|Ooo(p), 

•*  =6o(p),  M  =  33oooo/n, /n'=:  r — .•  Avec  ces  données,  on  trouve  que  l'action  lu- 
*^^tre  est  a,4  fois  plus  énergique  que  celle  du  Soleil. 


438 


LIVEE    V.    —    CHAPITRK    X\V. 


CHAPITRE  XXV. 


PUÉCESSION  LUM-SOLAIRE  ET  PRÉCESSION  GÉNÉRALE. 


—— 


I/éqiialciir  terrcstne  tournant  coniquement  autour  de  Vstxe  dt 
récliptique,  en  vortu  de  l'action  exercée  par  le  Soleil  et  la  Luof 
sur  Iv  nMiilonient  cquatorial  de  notre  globe,  ses  positions  successives 
î*oix>nt  iv|)réscntées  comme  il  suit. 


Nous  «un^ns 

««  «•  ••  ' 

«v»^  j3*jS  iS'    —  o^  0000098/*, 

i>    A  Ole  don«o  plus  huut.  A  Kaîde  de  ces  trois  éléments  du 
Injiuj^lo  i»^  '^  \  ou  oulculonà  les  trvns  autn^  : 


X   ''x 

X  a 


»v 


l\  U  vom\  Îo^  cw'^r.î.^ani'es  du  yoinX  B  etJUEit.  en  i-5o. 


*      x\>*      BV- 


PaÉCESSION    LUKI-SOLAIRK    ET    PBECESSION    GÉNÉBALB.         ^^ 

elles  deviendront,  en  i  j5o  -h  t, 

p'  —  9o«  ^  B A'  î 

c't,  comme  CA' — CA=  —  /cotpcos(L  4-  Cv),  nous  aurons 

L'=^L-4-GY-CY''-icot?cos(L-i-CY), 

p'-_^?-T-/sin(L-hCY). 

Cette  quantité  Gv  —  Cy",  commune  à  toutes  les  étoiles,  est  la 
différence  des  deux,  expressions  déjà  données 

G  Y  -^-C^'"-\-  50",  87672  ^  — o*,  000 12 18^* 
Cf--Cf-]-    0,16443^—  0,0002439^* 


Gy — Gy''^^  5o,2ii29^-i-  0,0001221  f' 

C'est  ce  qu'on  nomme  la  précession  générale;  elle  est  égale, 
comme  on  le  voit,  à  la  précession  luni-solaire  moins  le  petit  dépla- 
cement du  point  vernal  dû  aux  perturbations  planétaires.  On  a 
donné  à  ce  dernier  le  nom  de  précession  par  les  planètes,  mais  à 
tort,  puisqu'il  est  de  sens  contraire  à  la  précession  proprement 
dite. 

Coordonnées  équatoriales. 

Pour  passer  des  coordonnées  de  lySo  à  celles  de  1700  -h  t,  pre- 
nons pour  intermédiaire  les  coordonnées  écliptiques  L  et  P  en  1 750. 
Nous  les  rapporterons  au  point  y  en  ajoutant  à  L  Tare  yy'",  ou  la 
précession  luni-solaire  ;  puis  nous  appliquerons  à  ces  coordonnées 
les  formules  de  transformation 

cos ô  zi=.  cos (Oq  cos  P  -h  sin  (Dq  sin  p  sin  (  L  4-  yy* )» 
sin  0  sin  (  .R  H  -  y*^  T'  )  ^  "^  ^'"^  *^'o  ^^^  ?  "•"  ^^^  w'q  sin  p  sin  (  L  4-  ^^')y 
sin5cos(.fH-Y*Y')—  sinpcos(L  4-  yy*)- 

Comme  les  JR  en  1750  4-  ^  se  comptent  de  y"  et  non  y"',  nous 
xrons  dû  ajouter  l'arc  y"' y"  à  l'arc  yQ,  c'est-à-dire  à  M,  pour 
X'oir  l'arc  yQ  qui  doit  figurer  dans  ces  formules.  Nous  aurons 


24o  LIVRE  ▼.  —   CHÂPITBB   XXV. 

ainsi  les  coordonnées  équatoriales  pour  1750  +  ^  par  un  calcul 
rigoureux. 

Mais  les  astronomes,  ayant  à  chaque  instant  à  transporter  des 
observations  d^une  époque  à  une   autre   peu  éloignée,   trou?eot 

commode  de  calculer  tout  simplement  les  dérivées  —z-  >  -—  »  et  de 

les  multiplier  par  rintervalle  de  temps. 

En  difTérentiant  les  formules  précédentes  par  rapporta  il, 6 et 
aux  autres  quantités  "jY',  ^"7",  il  viendra 

— — .  =(cos(i)o-+-sin(i)aCotosmiR)  —^ î^j-î-  ...    () 

at  ai  ai 

d^  .      ,         „^TÏ^ 

-7:  =  —  sincooCOSiR  -37-  • 
ai  ai 

Une  partie  de  ces  termes   peut  élre  calculée    pour  toutes  les 
étoiles.  En  posant 

®     di  di 

.  drt" 

/i^smco,-^;-, 


on  aura 


m  -—  46% 02824  -+-  o'',ooo3o864^, 
n  =z  20^,0644^^  —  o'', 00009702/ 


et,  par  suite. 


•s      • 


d  ^ 

-^  r=:  m  -h  /icotôsin.R, 

ai 

dZ 

-7-  —  —  /icos.îl. 

di 

11  faudrait  sans  doute  intégrer  ces  expressions  entre  i^DO-r 
et  1 760  -h  /';  mais  on  peut  se  contenter  de  calculer  les  valeurs  numé-^ 

riqucs  de  ces  dérivées  pour  l'époque  intermédiaire  1700  H — 

et  de  les  multiplier  par  /'  —  /.  Le  résultat  sera  exact  aux  tennc^^ 
près  du  troisième  ordre. 


(  *  t  On  peut,  sans  erreur  sensible,  écrire  ici  A  au  lieu  de  A  -h  7' -f*  qu'il  Canditi 
mettre  eu  tuu;e  rigueur. 


PRÉCESSION    LUNI-SOLAIRE    ET    PRÉCESSION    GÉNÉRALE.  ^4 1 

En  effet,  iB|  etOi  étant  des  valeurs  approchées  pour  i^So  H > 

l'ascension  droite  pour  lySo  -+-  /  sera 

c»l  pour  I  j5o  -h  l' 


dt    \      7.      !       9.    dt- 


•      •      •    • 


Par  conséquent,   la  variation  totale  pour  /' — /  s'obtiendra  en 
retranchant  la  première  expression  de  la  deuxième,  ce  qui  donne 

(It 


Exemples  numériques. 

f^ii  1755,  a  de  la  Vierge  avait  pour  coordonnées,  le  i*'  jan\ier, 
J{ i98"4'48''  0 09"  59/28'. 

"**'c:tilcr  les  coordonnées  pour  184^,  même  date. 

L  e^pofjuo  intermédiaire  est  1800.  On  trouve  aisément,  par  un 
catc'ii)  rapide  fait  avec  les  formules  précédentes,  en  emplovant  les 
^•^l<'Urs  hrutes  de  m  et  de  u  (*),  pour  1800  : 

.R îO«"î«>'  'T iOî)'*7'. 

*-os  coefficients  m  et  //  deviennent  donc,  pour  la  même  date, 
m i()', 0437  n '^o^jO  Hj"»;. 


^[^  f    De   17.V)    à    1800,    il    y    a    '|.'>   »"«:     \:^  m    -.  S\':W  \    i()S":,'-  -  .1')' r    m^s-'io'. 
'**»H.Kx  i5  =  J'i'iS"  —  l'j' >^^;  ••.'.'):)"'*•-' -^  »»'    "i">'7'.  Par  cmséciuî'Mt  on  n,  avec 
**  «^"xariiiiKle  sufUsanle, 

"*^f  IVpoque  inlcrmédiaiiv  1800. 


'1^2  LIVRE   V.    —    CHAPITRE    XXV. 

On  aura  ensuilo,  en  calculant  à*  cinq  dccimales  : 


log/l I  ,30'232 

lofçcoio 9,25i'|6/i 


lof;sin.!{ 9,5o523/i 

o,oj9oi 

\oinhrc i  ,  i455 


losr/i 

1 ,  3oi32  n 

lojçcos-R 

9,9765U 

1,2788) 

I'Ȕ;(/'-0 

1,9542* 

3,23^ 

Nombre 

î7io'.6 

**«•••    •    >    • 

/).. 

^w,x,^.,^ 

/'    -/.. 

47,i«<r^. 

■> 

4247,ojt8o 

Préo.on  .U..         1 .  10.  17, o3 

198.   4.48 

.H  ou  iS i  I . .     un),  i  "».  »■>,(> 


l*réc.  «'Il  0 . 


99'.5i.i8 


oi'iiiSi-) 100.  io.SH.i» 


S*il  s*ai;issail  d\:n  laps  de  temps  beaucoup  plus  grand,  oumeoir 
d'une  éloile  \  oi>ine  du  pôle,  il  faudrait  recourir  aux  lorniub 
ii:;oureu<es  de  Iraiistornuilitui  des  coordonnées. 

i^n  deinanile»  par  exemple,  la  distance  polaire  de  rétoile (^n'*p"- 
en  Tan     -  »o.  i>n  IrouNC  dans  le  (-a  laloj;ue  de  rAssocialioiiBnliU- 


nupie 


I  >  »o 


ru'4  0-Ni'»ii.  \jr.  M*c 


!    ellel  do  la  pivVo^>ion  p;»îo  —  1  S-o  ans  ?•  1  .it  ^ros^iéreintnl 


1*  »■ 


5»  ,  ». 


Par  >uilo  vMi  ,=.ur,à*  ^    .-  i  11^7    ji>ur  l\  pi  ijue    indiquée.  ^''" 
\vMdail  p\i^  de  pï\i'i-!x>n,  il    taudta't   pin.dn"   tlans  I»*  (lalal'»?'-' 
î   K  xlo  |\  loin*  ou  îr.énu'  U  au*^  ;);.<   [^  î.  f  l  ranii  r.er  i  es  «  i>or«ionn»<- 
à  ro|'vvj:îe  i^.v^p.ir  !o^  vrt^e^^;^::^    îu  <\ita!oi;ut^.  ee  qui.  «ii"'" 
v.;^,  N^J  >«tVïs,imuu'vt  ;  \..v  l  :  ^r  j&uruU  .i:n>î 


:\ 


=  \^à  .'1  '•' 


L  Cl  z  : 


^  •  % 


;  --    II' .'  ji  .'I  • 


PROCESSION    LUNI-SOLAIRE    ET    PRËCESSION    GÉNÉRALE.         '2  i  i 

Puis  on  aurait,  pour  Tan  — 20,  parla  formule  de  la  précession  gé- 
nérale (p.  23g), 


o 


t  0 


Cv  —  Cy'" 24.52.9.6,4 

L,  en  1750 loi. 3o. 38,1 

L',  en  —  2() 76.38. 19. 

?' iG5.5i .21 

Kiiliii  on  calculerait  o'  par  la  formule 

roso'^:z:  costOy  oos  ^^ -+-  sintu'^siuji  sinL', 

ri\  donnant  à  co„  la  valeur  23**28'49  >  tirée  de   la   formule  de  la 
piij^t;  7.38.  On  obtiendrait  finalement 

Kn  l'an  —  20,  0  de  Canopus i  i^'JS'Sj"  { '  ) 


i')  C'est  par  une  erreur  de  transcription  «(u'on  a  luis  i'i-î^^o'  à  la  paj;c   «^3  «!ii 
'«•inc  ï. 


vii 


LIVRE    V.    —    CHAPITRE    XXVI. 


CHAPITRE  XXVÏ 


NUTATION. 


Dans  cette  exposition  tout  élémentaire  du  phénomène  de  la 
précession,  nous  avons  vu  que  l'action  du  Soleil  sur  le  renflcmenl 
équalorial  atteint  son  maximum  aux  deux  solstices  et  s'annul* 
aux  deux  équinoxes.  II  en  est  exactement  de  même  de  la  Luno: 
son  action  devient  nulle  au  moment  où  cet  astre  lravt»r- 
Téquateur.  Newton  avait  fait  remarquer  que  la  précession,  c  tM- 
à-dire  rintôgrale  des  actions  susdites,  doit  présenter  <leii\ 
petites  inégalités  périodiques  dépendant  du  double  de  la  lon- 
gitude du  Soleil  et  du  double  de  la  longitude  de  la  Lune:  mab 
elles  lui  parurent  trop  petites  pour  qu'il  fVil  nécessaire  de  le> 
calculer.  Chose  sinirulière.  Newton  et  ses  successeurs  immé<lial> 
ne  remarquèrent  pas  qu'une  inéîjalité  analogue,  mais  bien  plu^ 
eousivlt  rahie,  ile\ai*  provenir  de  ce  que  Ja  Lune  >'éearte  l;»n!«'l 
plu<,  lanlol  nioin<  de  réqualeiir,  |  ar  suite  de  la  rélrojjratlaîi»»» 
rapiile  des  lueiids  de  son  orbite.  Nous  verrons  en  enVî,  au  Lv\n- 
sui\anl,  ipie  Tinvlinaison  de  Cflî»^  orbite  sur  récliptitjuf  <'^l 
loujt^nrs  d^  ^\  MKii-*  que  le  rouleuienl  coniijue  de  ce  plan  "f 
celui  de  Tecliptique  lait  \arier  son   inclinaisou   sur  l'équateur  «l»' 

iS    à  >S''     AV.   iS'. 

Fi:.   .-. 


l.*»   liiiuiv   rt^pix'scutc  cc>  trois  plans  aux  moments  où  le  «•»•*' 


NUTATION.  'i4^ 

i^scendant  de  Torbîte  lunaire  coïncide  avec  le  point  v  et,  dix-huit 
ins  et  demi  après,  avec  le  point  y  4-  i8o^. 

Il  doit  résulter  de  là,  dans  le  mouvement  conique  de  Tave  ter- 
restre, une  sorte  de  trépidation  analogue  à  celles  dont  nous  venons 
[le  parler,  mais  beaucoup  plus  marquée,  et  ayant  pour  période 
L-elle  de  la  cause  indiquée,  c'est-à-dire  la  révolution  des  nœuds  de 
l'orbite  lunaire.  L'effet  est  assez  semblable  à  celui  qui  se  produit 
sur  un  toton  incliné,  lorsqu'on  en  détruit  la  symétrie  par  Tadjonc- 
lion  d'une  petite  masse. 

L'axe  poursuit,  comme  auparavant,  son  mouvement  coni([ue 
lutour  de  la  verticale,  mais  en  décrivant  un  très  petit  cône  ellip- 
Lique  (^fig'  49)  autour  de  la  position  qu'il  eût  occupée  avant  la  des- 
truction de  la  symétrie. 

Fig.  49- 


C'est  à  Bradley  que  la  découverte  de  cette  nutation  est  due.  Ce 
[célèbre  astronome  avait  institué,  avec  un  secteur  zénithal  de 
grande  dimension,  une  série  d'observations  sur  les  étoiles  qui 
passaient  près  de  son  zénith,  pour  en  étudier  la  parallaxe.  Il  ne 
Darvint  pas  à  mesurer  les  minimes  effets  dus  au  déplacement 
annuel  de  la  Terre,  mais  il  découvrit  à  leur  place  l'aberration. 
Or,  après  avoir  tenu  compte  de  l'aberration  et  de  la  précession,  il 
restait  encore,  dans  les  distances  polaires  conclues  pour  ces  étoiles, 
Jes  variations  régulières  dont  la  période  était  d'environ  dix- 
huit  ans.  La  cause  qui  les  produisait  devait  donc  avoir  elle-ménie 
une  période  de  dix-huit  ans.  Cette  simple  remarque  amena  Bradley 
à  rattacher  ce  phénomène  au  mouvement  des  nœuds  de  la  Lune,  et 
par  suite  à  une  inégalité  non  encore  aperçue  dans  la  partie  de  la 
précession  qui  provient  de  son  action.  Cette  inégalité  devait  être 

de  la  forme 

sin  to(?L  ^=z  —  V  cos  2  0)  sin  N, 

()u)  ^       vcoswcosN, 


•a|6  livre     V.     —     CHAPITRE    WVI. 

N  étant  la  longitude  moyenne  du  nœud  ascendant  de  rorbîte  lunaire. 
Ainsi  le  pôle  décrit,  en  di\-hultans  et  demi,  une  petite  ellipse donl 
les  axes  sont  v  cos  2  oj  et  v  cos  w,  tandis  que  le  centre  de  cette  ellip*<* 
se  meut  circulairement  autour  du  pôle  de  Técliptique.  L'observalion 
donne  vr^  10",  o5  (d'après  les  calculs  de  M.  Peters>  ;  par  consé- 
quent 

()L  r—  —  17",  24  sinN, 

Oiii  -.=:  9,22  COSN. 

Le  point  y,  origine  commune  des  iît  et  des  L  de  tous  les  astres, 
est  donc  soumis  à  une  fluctuation  périodique  de  17", 24  d'am- 
plitude de  part  et  d'autre  de  la  position  qu'il  occuperait  en  vertu 
de  la  précession  seule.  En  môme  temps  l'obliquité  01  varie,  dans  la 
môme  période  de  dix-huit  ans  et  demi,  de  ±:  9", 22. 

Les  astronomes  comprennent  sous  le  nom  de  nulalion  loiile* 
les  inégalités  précédentes,  dont  voici  les  termes  principaux  : 

c)L= -- 17,24  sinN     4-o'',2i  sin2  N 
—     1 ,27  sin  2©  — o'',20sin2([; 

c)to  9", 22  cos  N    — 0^,09  cos  2  \ 

o ,  55  cos  2  O  -h  o'',o9  cos  2  ([; . 


-1 . 


Désignons  par  L  et  p  les  coordonnées  éclipliques  d'un  aslr- 
rapportées  à  l'équinoxe  moyen,  par  L|  et  B|  l<;s  coordonnét'>  rap- 
portées à  l'équinoxe  vrai,  par  w  l'obliquité  nïONCnnc  de  rérlip- 
tlque  (non  aflcctée  de  la  nutation),  par  cj,  robli<juilé  vraie:  jx»" 
passer  des  premières  aux  secondes,  on  aura  les  formules 

L|  —  L  ~-  -     l7'^24  sin  ^  -^   .... 

?.  -  ?  -■■  o, 

oi,       o>  9  ^^-2  cos  N       .... 

La  (connaissance  des  Temps  donneccs  valeurs  pour  toute  l'anm' 
Quant  aux  coordonnées  équatoriales,  on  aura,  en  diflerenlianl  I»* 
formulesde  transformation  des  coordonnées  par  rapport  à  L.  <•>.  ■'' 
et  0,  et  en  remplarant  ô\^  et  cj  par  les  valeurs  ci-dessus  : 

M\  —  A\z^      i7',24si"N(<'ostu4-siniocotûsiiiiR) — 9',22cosNcol5co'..B. 
^1    —0   -.      i7'',24  siiuN  sinwcos.B  —  9'',22  cosN  siniR. 


NITATION.  24/ 

Lorsqu'on  calcule  pour  la  première  fois  Torbile  d'une  comète 
ou  d'une  petite  planète,  on  néglige  ces  minimes  corrections; 
mais  on  en  tient  compte  plus  lard,  lorsqu'il  s'agit  d*ohtenir  les  élc- 
ments  définitifs  de  l'orbite.  Alors  on  ne  saurait  négliger  les  varia- 
tions dues  aux  déplacements  des  axes  des  coordonnées,  variations 
qui  n'ont  rien  de  commun  avec  les  mouvements  de  l'astre  observé. 
On  aura  donc  soin  de  rapporter  les  L  à  l'équinoxe  moyen  d'une 
même  époque,  en  retrancbant  de  chaque  longitude  la  nutation 
correspondante,  ainsi  f|uc  rcffet  de  la  précession  pour  l'intervalle 
compris  entre  le  jour  do  l'observation  et  celui  qu'on  a  choisi  pour 
époque. 

Exemple.  --  On  demande  la  longitude  du  Soleil  le  lo  dé- 
cembre 1882,  rapportée  au  point  y  moyen  du  i^^  jan\'ier  de  la 
lïiéme  année. 

La  Connaissanee  des  Temps  (p.  5)  donne  4  12", 81  pour  la 
nutation  au  10  décemnre,  et  i-  ^'j'\(iy  pour  relfel  de  la  précession, 
du  1^*"  janvier  au  10  décembre. 

Elle  donne  en -outre  (p.  43)  pour  le  10  décembre  : 

O  rapportée  au  point  7  vrai  du  10  décembre 258.22.34,5 

Retranchez  la  nutation 12,81 

O  rapportée  au  point  ^  moyen  du  10  dt-ccmbrc 258. 22. 21  ,6y 

Retranchez  la  précession 47 ï^' 

O  rapportée  au  point  y  moyen  du  i*^*^  janvier 258. 21.34,1 


>«»^i>-. 


2i8  LIVRE    V.    —    CHAPITRE   XWIl. 


CHAPITRE  XXVII. 


EFFETS  DIVERS  DES  VARIATIONS  SÉCULAIRES. 


Variabilité  de  Tannée  tropique. 

L'année  tropique  de  365^,242217  est  Tînlervalle  de  lerap 
compris  entre  deux  retours  consécutifs  du  Soleil  au  point  •;'. 
Pendant  ce  temps,  le  point  v  a  marché  lui-même  à  rencontre  du 
Soleil  de  5o",2ii  (précession  générale).  Quand  le  Soleil  aura 
atteint  le  point  y,  il  lui  restera  à  parcourir  ces  .">t/',2i  1  pour  rno- 
nir  à  son  vrai  point  de  départ. 

Soient  n  la  vitesse  angulaire  diurne  du  Soleil,  /i'  sa  vitesse 
diurne  tropique  (rapportée  au  point  y),  p  la  vitesse  diurne  de  ce 
dernier;  on  aura  //  =  ii  — />. 

Or 

n  —  -— ; —  ■-■-  3.)  \W,  33 1 ,     p  —  -— j —  —  o\  1 3X. 

3().> , M  I  >//>  30.>,24'2.>. 

Par  conséquent,  la  \ilesse  réelle  n  =  ij/\H" ,  it)3.  On  aura  donc, 
pour  Texcès  de  Tannée  sidérale  sur  Tannée  tropique, 

o.olJ  i^i 

Aiiih'»'  tr<)pi(|iio ]G5,2Î2'2I7 

Somiiio  ou  aiiiiro  siilrrale 3Gj, '256368 

La  première  règle  les  retours  du  Soleil  aux  mêmes  lon,i;iluJe5. 
par  conséquent  au  point  y  où  L  et  A\  =  o,  époque  où  coniiiiencr 
le  printemps;  ou  bien  encore  au  point  de  Técliptique  où  L  =  9«» 
et  .«  =  90",  commencement  de  Tété,  (;tc...  Ces*,  la  période  dos 
saisons  et  du  calendrier. 

La  seconde  est  la  véritable  mesure  de  la  révolution  du  Soleil; 


EFFETS    DIVERS    DES    VARIATIONS    SÉCULAIRES.  '249 

c'est  elle  qui  doit  figurer  dans  les  lois  de  Kepler.  Elle  est  in- 
k'ariable  si  Ton  considère  sa  durée  moyenne  dans  la  suite  des 
siècles,  ainsi  que  la  vitesse  moyenne  diurne  représentée  par  //. 
L'année  tropique,  au  contraire,  est  affectée  d'une  légère  varia- 
lion  séculaire,  due  à  celle  de  la  procession  qui  figure  dans  la  for- 

36o** 
mule  T  := En  effet,  nous  avons  vu  (p.  aSg)  que,  par  suite  des 

i^ariations  séculaires  de  Técliptique,  la  précession  génrrale  est,  au 
l)Out  d'un  temps  /, 

5o" ,  '.H  I  /  -h  o" , ooo I 2?. I  l'. 

Sa  variation  annuelle  esl  donc 

5o'','îl  I  -h  o'',OOOI22I   t  X  2. 

Ainsi,  à  la  valeur  précédente  de/>,  il  faut  ajouter 

T 

Or,  si  au  dénominateur  de  la  fraction  T  =  — '■ on  aioute  (( 

'  n  -i-  p  ** 

petit  terme,  la  durée  de  Tannée  tropique  diminuera  de 

'Mm"*       o'',  00024/1^^  t (/',  000244''^  ^ 

[H   t-  />}-  T  ~         n-hp 

Elle  sera  donc  de  365^,242217  —  oJ, 0000000688  t. 

Il  v  a  2000  ans,  du  temps  d'IIipparque,  Tannée  tropique  était 
donc  plus  longue  de  0^,00001376  ou  de  11*  qu'aujourd'hui,  tandis 
que  Tannée  sidérale  moyenne  avait  exactement  la  même  valeur. 

Influence  de  la  nutation  sur  le  jour  sidéral 

En  vertu  d'une  convention  universellement  adoptée,  le  jour  si- 
déral commence  en  chaque  lieu  au  moment  où  le  point  v  passe  au 
uiéridieu.  II  s'agit  ici  du  point  y  vrai,  point  où  Trqualeur  actuel 
coupe  Técliptique.  Ce  [Xïint  n'est  pas  fixe,  comme  nous  l'avons 
su|)posr  jusqu'ici:  il  est  animé  d'une  vitesse  diurne  de 

—  ;,/.-. 7  -^  •:   >2  :  rosN  J.N, 

obv),24 


•Jl5o  LIVRK     V.    —     CHAPITRE    XXVI  l. 

expression  où  ON  représente  le  mouvement  moyen  diurne  du 
nœud  de  la  Lune,  c'est-à-dire  —  3'io".  Le  petit  terme  pério- 
di(|ue  17",  24cosN  sin3' lo"  est  insensible  d'un  jour  à  l'autre.  11 
n'en  est  pas  tout  à  fait  de  même  du  premier  dont  la  valeur  e^l 
-o",  14.  La  vitesse  de  la  rotation  relative  au  point  v  éuul 
3()o" -r  o",i4 -i-  i7",'-i4coSi\  sin3',  la  durée  du  jour  sidéral  seri 
^celle  de  la  rotation  terrestre  t'ijint  1) 

I  :>96ooo 
I  29G000  -r-  0,1 4  H-  ï7>'-^4  cos\  sin3 

<.)n  voit  donc  que  le  jour  sidéral  serait  tout  à  fait  constant  saih 
la  nutation.  Mais  ce  défaut  d'uniformité  est  parfaitement  n>j;li- 
geahle  d'un  jour  à  Taulre.  On  n'en  lient  pas  com[)te,  bien  «ju;' 
l'effelaccumuléde  jour  en  jour  puisse  aller  de  —  1*  à  -t-i^en  divhuil 
ans,  parce  qu'on  n'évalue  jamais  de  lon«:s  espaces  de  temps  enjoué 
sidéraux,  mais  en  jours  niovens.  Or,  d'après  la  définition  du  jour 
moven,  le  mobile  considéré  étant  un  Soleil  fictif  dont  l'.B  esterait* 
à  la  lon:;itude  moNonne  du  Soleil,  celte  longitude  se  coinpio  a 
partir  du  point  y  moven  alfeot"-  de  la  préces>ion,  mais  ni>n  de  U 
nutation:  celle-ci  ne  figure  tpie  dans  ré(|ualion  du  temps  t  p.  j'" 
dont  Texpivssion  complète  est 

Kq.  du  contre        Perlurb.  —  Nutatîua  —    Hod.  à  réqualeur. 

Masse  de  la  Lune  et  aplatissement  du  globe  terrestre. 


m- 
u\ 


l.'an.dx  se  donne  les  t\i'rx">sioi;>  théoriques  de  la  préCfS>ion  lu 
>ol,iiv  eî  de  \à  nutation.  O.  ns  io> t:\pressions,  les  masses  dc^  de 
a^tîcs»  .iin>i  que  les  nuv.ur.ls  d  in»  r*îo  prïnci|^u\  de  n«»lre  j^lobr. 
tî;;tnvnl  ne  v  v  >v.ii.v 'u.  nt.  V\<  ;i:.»îî;  •':!-  d  inertie  ou  plutôt  leurs raj>- 
po:l^  >oiîl  ■ï;c.  nîu;>:  nu  .-»,  tii  \>Linl  ie>  c\pr-s>ions  d»*  c^'-^  inéga- 
aie^  ,«u\  N.ïUui^  v^.o  .\  i  ^:  lAjt;  \n  -i^sî^ne  a  la  précts>i<'n  luui->i>- 
L:nv  cl  À  Li  uuîÀi*v^;î,  x^-^  ■!•:.;  al  des  f  qu4li«*ns  doT-quellfS  on  |)eiil 
vîi\lu.»e  *».i  ::î  ^^v'  ào  iji  Lur.e  c*l  *e  r,  pp  »r!  vies  deux  nionienl? 
à  iC.vîiîc  via  ^U^.v  :vr:v>::v-  IV  vl  r.-p;-.»rt  •  :i  doiuirail  T.iplali - 
'^cuîï'iît,  >î  I.i  !/;  ^  vxjir.:  i  ru-.l.e  :i  •.ie:i>ilc  xarie  j  l'intérieur  de  la 
lVvt>*  ;  t.i*t  o/'-r.r.iv*  l  v^:;:"^:<*  .^r  e  v- l:1  :*  .«?  i  ce  sujet  quedv- 
■i\iN^;hv  >\\-.  ..   .^,;t    ^,'   v/:i:t::t:r    ie    lirvr  ôr*   iri^  caîciiU   une  li- 


KFFRTS    DIVERS    DES   VARIATIONS    SECULAIRES.  'ÀJl 

mile  supérieure  de  raplalissenient.  Le  calcul  donne  Tfô*  L'apla- 
tissement jj^  que  nous  avons  trouvé  dans  le  Tome  I  est  effecti- 
vement au-dessous  de  cette  limite. 


Température  moyenne  du  globe  et  variation  des  saisons. 

11  semble,  de  prime  abord,  que  les  variations  séculaires  dont 
sont  affectés  les  éléments  de  Torbite  de  la  Terre  et  ceux  de  sa  rota- 
tion doivent  avoir  une  grande  influence  sur  la  température  et 
expliquer  certaines  phases  géologiques.  Voici  ce  que  nous  pou- 
vons dire  à  ce  sujet. 

1°  La  distance  moyenne  a  du  Soleil  est  invariable,  ainsi  que  la 
durée  T  de  la  révolution. 

a"  L'excentricité  e  va  actuellement  en  diminuant,  mais,  à  aucune 
époque,  celle-ci  n'a  pu  et  ne  pourra  drpasser  la  petite  quan- 
tité 0,077. 

3"  Le  périgée  est  animé  d'un  mouvement  progressif  de  11", 6. 
Sa  longitude,  comptée  du  point  y,  croît  donc  de  62"  par  an.  Ce 
point  fait  le  tour  du  ciel  en  vingt  et  un  mille  ans. 

4°  L'inclinaison  de  réclipti(|ue  sur  le  plan  fixe  de  1700  ne  peut 
varier  qu'entre  o"  et  5**.  Et  comme  l'inclinaison  de  réquateur'sur 
ce  même  plan  fixe  est  à  peu  près  constante,  Tobliquité  de  Tédij)- 
tiquc  ne  varie  que  de  18"  à  5î8°. 

5°  L'axe  de  rotation  de  la  Terre  coïncide  avec  le  plus  petit  axe 
d'inertie  de  notre  globe,  et  n'a  jamais  dû  s'en  écarter  sensible- 
ment. 

La  température  du  sol  est  due  à  trois  causes  :  la  radiation  des 
divers  astres  de  l'univers  stellaire,  la  radiation  du  Soleil,  le  flux  de 
chaleur  qui  nous  vient  des  couches  profondes  et  par  lequel  s'opère 
le  lent  refroidissement  de  la  Terre.  Il  en  résulte  actuellement,  pour 
la  surface  de  la  Terre,  une  température  moyenne  de  288"  (absolue). 
On  peut  considérer  les  deux  premières  comme  constantes  pendant 
une  grande  partie  des  périodes  géologiques;  la  quantité  de  chaleur 
reçue  du  Soleil,  à  diverses  époques,  ne  doit  donc  varier  qu'avec 
l'excentricité  e,  et  sa  répartition  entre  les  climats  terrestres  ne  doit 
varier  qu'avec  w,  e  et  w. 

Soit  (f  la  chaleur  reçue  du  Soleil  dans  l'unité  de  temps,  à  la  dis- 


aSa  LIVRE     V.    —  CHAPITRE    XXVII. 


a^ 


tance  a;  ijr  — sera  la  chaleur  reçue  à  la  dislance  /•,  cl 


f 


sera  la  chaleur  reçue  en  un  an.  En  vertu  de  l'équation 


/•-  c/k'  z=:  n-\  I  —  e*  n  dl. 


celle  inlr*;^rale  revient  à 


f 

•   o 


7  =  q   ==  ^  ■,  L 


L'excentricité  e  restant  toujours  comprise  entre  o  et  0,077,  la 
variation  de  celte  quantité  de  chaleur  ne  saurait  dépas-^er yj^j. 
Ainsi,  pendant  tout  le  temps  que  la  chaleur  solaire  aura  élc  con- 
stante, la  température  movennede  la  surface  terrestre  ne  saurait  avoir 
varié  de  1°,  en  admettant  que  toute  la  chaleur  lui  vienne  du  Soleil. 
Il  ne  paraît  donc  pas  que  les  périodes  glaciaires,  même  en  supposant 
qu'elles  se  soient  étendues  à  tout  le  glohe,  puissent  être  attrihuéi»^ 
à  une  cause  astronomique  de  ce  genre  (*  ). 

Quant  aux  saisons,  c'est-à-dire  à  la  distribution  de  la  chaleur 
sur  les  deux  hémisphères,  elles  dépendent  de  «o,  de  e  el  d»*  ^^ 
L'obliquit'*  variant  de  18**  à  28**  dans  la  suite  indéfinie  du  teiiip-. 
les  calottes  polaires  ont  eu  et  auront  une  extension  variable  eiitro 
ces  limites:  de  même  pour  les  zones  tempérées  et  lorrides.  L'autn* 
cause  consiste  en  ce  que  le  mouvement  du  p'-rigée,  par  rapport  au 
[)oii)t  •',  trans[)orte  successivement  le  périgée  dans  les  quatre  sec- 
teurs angulairement  égaux  qui  répondent  aux  diverses  saison*. 
Actuelh^ment  sa  longitude  est  281**:  il  t*mil>«»  dans  le  secl?  ur  2"o"- 
ii6o".  qui  répond  pour  nous  à  l'hiver.  O  secteur  est  donc  parcouru 
par  \r  raxon  \ecteur  en  moins  de  temps  que  c«'lui  de  go**-!»*^*, 
«>ii  >e  trouM*  Tapogéi'  et  qiii  répond  à  notre  él<'*.  (^est  une  dil- 
lereure  <le  «-inq  jours  entre  la  durée  i\r  Thiver  ■  8*j'  »  et  celle  do  VvW 


"«'.••lUiro.  sur  Jc.>4Ufliv>  nou>  n\i\.»n*  au>  uft«'  «i  >iiiuc. 


(y4^).  En  outre,  le  Soleil  est  plus  proctie  de  nous  en  hiver  qu'en 
élé;  la  difTérence  esl  de^j  pour  les  dislances,  de  yr  pour  l'intensité 
de  la  cliaieur  reçue  aux  moinenis  extrêmes  du  périgée  et  de 
l'apogée.  L'hiver  et  l'été  seraient  donc  plus  lempéréî  sur  notre  hé- 
misphère que  sur  l'hémisphère  opposé,  si  les  autres  circonstances 
étaient  pareilles.  Mais  le  premier  est  en  grande  partie  conlinenlal , 


drfirùitcmiu. 


et  le  deuxième  en  grande  partie  océanique.  11  ne  faudrait  donc 
comparer  que  des  pays  analogues,  tels  que  le  nord  cl  le  sud  de 
l'Afrique,  ou  le  nord  de  l'Afrique  avec  l'Austrahe. 

Du  reste,  cet  état  de  choses  est  assez  rapidement  variahle.  Dans 
loooo  ans,  demi-révotulion  du  périgée,  ce  point  tombera  dans  le 
secteur  d'été,  et  les  choses  seront  interverties.  Alors  sans  doute, 
comme  aujourd'hui,  on  ne  constatera  pas  de  différence  bien  sen- 
sible entre  les  températures  moyennes  des  deux  hémisphères. 

Mais  si  les  causes  extérieures,  astronomiques,  ne  paraissent  pas 
avoir  une  grande  influence,  il  n'en  esL  pas  de  même  de  la  chaleui- 
centrale.  Nous  avons  vu  (Tome  I,  p.  3o4)  que  les  grands  mouve- 
ments qui  se  sont  accomplis  peu  à  peu  dans  la  croûte  solidifiée  de 
la  Terre  proviennent  tous  du  refroidissement  qui  a  dil  s'opérer, 
d'abord  avec  moins  d<;  lenteur  qu'aujourd'hui,  mais  toujours  plus 
énerçiquemcnt  sous  les  mers  que  sur  les  continents. 


VRE    V.     —     CHAPITRE    Kxrci- 


ytWSPHERE  BOHEAL 


LIVRB     V.     —    CIIAPITBE     XXVII. 


^llMlSPHtRE  AVSTItAi 


'à56  livre     V.     —    CHAPITRE    XXVII. 

Influence  de  la  précession  sur  Taspect  du  ciel  étoile. 

On  a  marqué,  sur  la  Carte  céleste  ci-joinle,  le  cercle  de  a3*a8 
de  rayon  que  le  pôle  décrit  en  a6ooo  ans  autour  du  pôle  de  Téclip- 
lique,  dans  le  sens  rétrograde.  Ce  pôle  est  actuellemcnl  très  près 
de  a  petite  Ourse,  étoile  de  2*  grandeur  qui  joue,  à  cause  de  ccli, 
le  rcMe  d'étoile  polaire,  rôle  important  à  toute  époque  pour  rorien- 
tation.  Il  continuera  à  s'en  rapprocher  jusqu'à  la  distance  de  a8: 
puis  il  s'en  éloignera  progressivement.  Dans  laooo  ans  ce  sera 
Véga  (a  de  la  Lvre)  qui  sera  l'étoile  polaire.  Il  y  a  4<>oo  ans,  à 
l'époque  qu'on  assigne  vulgairement  pour  la  construction  de  la 
grande  Pyramide,  Tétoile  polaire  était  a  du  Dragon. 

En  un  lieu  donné,  l'aspectdu  ciel  change  donc  peu  à  peu  j>ar  l'effet 
de  la  précession.  Toute  étoile  cesse  d'être  visible  lorsque  sa  dis- 
tance zénithale  méridienne  0  —  A  dépasse  90**, 5.  Sur  l'horixoii  de 
Paris,  les  étoiles  dont  la  distance  polaire  dépasse  i3i**4<>'  ^ 
trouvent  dans  ce  cas.  La  colatitude  X  étant  invariable,  il  est  aisé 
de  voir  sur  la  Carte  que  Sirius,  et  même  une  partie  de  la  constel- 
lation d'Orion,  étaient  invisibles  à  Paris  il  v  a  12000  ans.  Ed 
revanche,  d'autres  étoiles  du  ciel  austral,  que  nous  ne  voyons  plus 
aujourd'hui,  paraissaient  alors  sur  notre  horizon. 

Effets  de  la  précession  sur  les  signes  du  Zodiaque. 

Les  Anciens  avaient  divisé  Treliptique,  route  du  Soleil,  en  ii«pai- 
ties  égales  nommées  siirnrs.  Le  signe  >alail  3o°  et  constituait  un»* 
première  subdivision  de  la  circonférence.  Chaque  signe  portail  «n 
nom  propre  et  un  symbole,  absolument  comme  la  rose  des  vents. 
Encore  au  eoinmeiieemenl  de  ce  siècle,  on  disait  que  telle  planèlf 
se  trouvait  par  sS'*  du  sisjne  du  Scorpion,  "\>  23",  pour  dire  qiK 
sa  li»n^ilude  était  de  233".  Encore  aujourd'hui,  la  Connaissance 
(irs  Trmps  donne  la  nomenclature  de  cette  numération  pour 
laeiliter  la  lecture  des  anciens  documents.  Pour  parler  aux  yeu\. 
les  Anciens  avaient  afleolé  une  constellation  à  chaque  signe,  en 
groupant  sous  la  figure  d'un  animal  les  étoiles  zodiacales  comprise^ 
dans  les  premiers  Zo  degrés,  pui-i  ilans  la  seconde  trentaine  e' 
ainsi  (le  suite.  Le   premier  point   du    IVlier  s'écrivait  ainsi  To'. 


EFFETS    DIVERS    DES    VARIATIONS    SÉCULAIRES.  25y 

et  comme  c'est  encore  aujourd'hui  rorigine  de  nos  longitudes, 
on  a  remplacé  ce  symbole  par  la  lettre  grecque  y,  qui  lui  ressemble 
le  plus.  Mais  lorsque  les  anciens  astronomes  grecs  établirent 
celle  division  et  ces  signes,  ils  ne  se  doutaient  pas  que  la  pré- 
cession  viendrait  déranger  leur  correspondance  avec  les  con- 
stellations. 

Aujourd'hui,  quand  le  Soleil  a  passé  au  point  y  et  se  meut  dans 
le  signe  T  (Bélier),  il  se  trouve  réellement  dans  la  constellation 
des  Poissons  {/ig'  5i).  C'est  que  la  division  du  zodiaque  en  Bélier 
[o**  —  3o®),  Taureau  (3o°  —  60**),  Gémeaux  (60**  —  90°),  etc.,  a  été 
conservée,  bien  que  les  étoiles  qui  s'y  trouvaient  à  l'origine  s'en 
soient  peu  à  peu  écartées  en  passant  d'un  signe  à  l'autre. 

Quant  aux  Chinois,  qui  avaient  divisé  le  ciel  en  28  fuseaux 
compris  entre  les  méridiens  de  certaines  étoiles,  dites  déterniina- 
triceSy  la  confusion  a  été  bien  plus  grande  chez  eux,  parce  que  la 
précession  est  bien  autrement  compliquée  en  M.  qu'en  L.  Ces 
étoiles  déterminatrices  passaient,  avec  le  temps,  d'un  fuseau  dans 
l'autre;  les  méridiens  limites  s'enchevêtraient  d'étrange  façon;  il 
était  impossible  d'y  rien  comprendre,  et  l'on  en  était  réduit  à  re- 
commencer de  temps  à  autre  la  détermination  des  heures,  deve- 
nues fort  inégales,  qui  répondaient  à  chaque  étoile  déterminatrice. 

Application  à  la  Chronologie. 

Si  les  anciens  Egyptiens,  qui  ont  si  souvent  figuré  certaines 
onstellations  et  même  des  zodiaques  entiers  sur  les  parois  de 
surs  temples,  avaient  eu  l'intention  de  représenter  exactement  le 
îel  de  leur  temps  avec  l'indication  nette  des  points  équinoxiaux 
u  solsticiaux,  il  serait  aisé  d'en  conclure  la  date  de  la  construc- 
lon  de  l'édifice,  car  la  précession  fait  rétrograder  de  1°  par  72  ans 
^  position  de  ces  points  par  rapport  aux  étoiles.  Tel  serait  le  cé- 
-bre  zodiaque  de  Dendérah  que  l'armée  d'Egypte  a  fait  con- 
duire au  monde  savant  et  sur  lequel  les  chronologistes  ont  si  long- 
'Oaps  disserté.  Mallieureusement  il  paraît  que  ces  zodiaques  ne 
^Ht  que  des  processions  de  personnages  allégoriques  sans  rapport 
^*^cl  avec  l'état  du  ciel  de  l'époque. 
En  revanche,  l'orientation  des  monuments  égyptiens,  dont  on 
II.  17 


l58  LIVRE    V.   —   CHAPITRE    XXTII. 

a  constaté  Texactitude   actuelle,    montre    que,    si   les    pôles 
déplacent  sur  le  ciel  et  voyagent  de  constellations  en  constel 
tions,  ils  restent  toujours  aux  mêmes  points  sur  la  Terre,  en  so 
que  le  globe  terrestre  a  toujours  fait  corps  pour  ainsi   dire  a^ 
son  axe  de  rotation. 


ABERRATION.  sSq 


CHAPITRE  XXVIII. 


ABERRATION. 


Origine  de  ce  mot. 

Lorsque  Picard  et  Auzout  imaginèrent,  dans  la  seconde  moitié 

du  XVII*  siècle,  d'adapter  des  réticules  aux  lunettes  dont  on  ne  s'était 

5ervi  avant  eux  que  pour  examiner  la  figure  des  astres,  et  de  rem- 

Jacer  les  alidades  à  pinnules  des  instruments  de  mesure  par  des 

m  cottes  à  réticule,  les  observations  astronomiques  acquirent  tout 

c^CDup  une  précision  telle,  que  l'on  conçut  l'espoir  de   vérifier 

r^ctement  la  doctrine  copernicienne,  en  mesurant  sur  le  ciel  les 

ï-î  tes  ellipses  parallactiques des  étoiles.  Les  équations  (i),  (2),  (3) 

Ispage  78  donnent  L|  —  L  pour  une  étoile  dont  les  coordonnées 

—  lies  seraient  L  et  p  ;  en  nommant  D  la  distance   de  l'étoile, 

nation  (4)  se  réduit,  à  cause  de  la  petitesse  de   ce  déplace- 

rit,  à 

R 


sin  p  ( Li  —  L)  =:  j^  sin  (  O  —  L) 


> 


ï^  aurait  de  môme 


Pi-?  =  --^cos(0-L)cos?     (»)• 
Prenons,  dans  un  plan  tangent  à  la  sphère  céleste,  des  axes  rec- 


(•)  En  effet,  l'équation  (4)  se  réduit,  en  remplaçant  cos  (L,  —L)  par  l'unité,  à 

D,  sinp.  =D5in?  -hRcos(0— L). 
En  la  combinant  avec  l'équation  (i)  on  trouve 

=^cos  (0  —  L)  cosp 
UngO, -p)  =  -  - 


1  —  |r  cos  (  O  —  L)  sin  ? 


a6o  LIVRE    V.    —    CHAPITRE    XXVIII. 

tangulaires  se  croisant  au  lieu  vrai  de  Tétoile  et  dirigeons  Taxe 
des  y  vers  le  pôle  de  Técliptique  ;  les  coordonnées  de  la  position 

apparente  de  Tétoile  seront,  en  faisant  y-  =  sinTw, 

j:»  =:  sin  p  (Li  —  L)  =:  ir  sin  (0  —  L), 

J  zr:   p,  —  ?  =  -  ir  ces  (  O  -  L)  ces  p, 

d'où,  en  éliminant  Q  —  L> 


r'  x^ 


(71  CCS  P)*     '      U'  ' 

équation  d^uie  ellipse  dont  le  demi-petit  axe  t:  cos  ^  est  dirigé 
vers  le  p(Me  de  l'écliptique,  et  dont  le  demi-grand  axe  tz  est  paral- 
lèle à  ce  cercle. 

Diaprés  cela,  si  les  étoiles  étaient  toutes  à  la  même  distance  de 
la  Terre,  comme  le  croyaient  les  Anciens  qui  les  fixaient  dans  la 
concavité  du  dernier  ciel,  elles  décriraient  en  un  an  (période  àt 
l'argument  ©  —  L)  des  ellipses  ayant  même  grand  axe  t:,  et  donl 
le  petit  axe  décroîtrait,  d'une  étoile  à  l'autre,  en  raison  de  cos 3. 

Chose  remarquable,  les  astronomes  de  cette  époque  trouvèrent 
bien  que  les  étoiles  décrivaient  ainsi  chaque  année  des  ellipses  de 
ce  genre  (t.  I,  p.  191);  ces  ellipses  avaienttoutes  20'', 4  pourdemi-aie 
parallèle  à  l'écliptique,  et  20",  4  cos  p  pour  demi-axe  perpendicu- 
laire au  premier;  mais  leur  mouvement  sur  celte  ellipse  diffé- 
rait totalement  des  lois  précédentes.  Ainsi,  au  moment  où 
O  —  L  =  ()o°,  on  aurait  dii  avoir  >'  =  0,  x  =1  tz.  Au  lieu  de  celi 
on  trouvait  chacjuc  année 

y=:  —  20"  cos  p,     X  —  o. 

Lorsque  le  Soleil  avait  mémo  longitude  que  Téloile,  au  lieu  do 
trouver  >•-—  — t:  cos  ^,  x  =  o,  les  observations  donnaient 

y  =  0,     x-=i  20', 

absolument  comme  si  les  formules  étaient 

sin  p  (  L,  —  L)  —  —  -n  cos  ( Q  —  L), 
pj—  pi=:'ïrsin(0  —  L)cosp. 


ABERRATION.  a6i 

Cette  contradiction  frappante  entre  la  théorie  et  l'observation 
ne  devait  pas  entamer  la  confiance  qu'on  avait  dès  lors  dans  le 
système  de  Copernic  ;  en  attendant  qu'elle  fût  levée,  on  donna  à  ce 
phénomène  mystérieux  le  nom  à' aberration  des  fixes. 

Vitesse  de  la  lumière  par  robservation  des  éclipses 

des  satellites  de  Jupiter. 

Heureusement  qu'une  autre  difficulté,  en  apparence  de  nature 
toute  différente,    se  présenta  à   la  même   époque.    Galilée   avait 
appelél'attention  des  astronomes  sur  leséclipses  fréquentes  des  satel- 
lites de  Jupiter,  qui  traversent  le  cône  d'ombre  de  la  planète  presque 
à  chacune  de  leurs  révolutions.  Si  l'on  faisait  des  Tables  exactes  des 
mouvements  de  ces  satellites,  de  manière  à  prédire  d'avance  leurs 
éclipses  en  temps  d'un  premier  méridien,  celui  de  Parispar  exemple, 
l'observation   de  ces  phénomènes,  en  un  lieu  quelconque,  faite  à 
l'heure  du  lieu,  résoudrait  immédiatement  et  sans  calcul  le  pro- 
blème de  trouver  la  long^itude,  dont  la  solution  était  de  plus  en  plus 
réclamée  par  les  géographes  et  les  navigateurs.  Cassini  avait  con- 
struit ces  Tables  en  tenant  compte  de  l'équation  du  centre  de  la 
planète,  et  de  quelques  inégalités  dont  une  observation  suivie  lui 
avait  révélé  l'existence  dans  les  mouvements  des  quatre  satellites, 
inégalités  que  Laplace  devait  rattacher,  un  siècle  après,  à  la  théorie 
de  l'attraction. 

En  comparant  ces  Tables  aux  observations  des  éclipses,  Rœmer 

remarqua   une  inégalité   singulière   qui    avait  échappé  à  Cassini. 

-ï^ans  le  cours  d'une  année  à  peu  près,  Jupiter  se  trouve  deux  fois 

^^  quadrature,  à  égale  dislance  de  la  Terre  et  du  Soleil;   alors 

*cs   dates  observées  des  éclipses  s'accordaient  avec  les  Tables  de 

^^Siiini.  Mais  aux  oppositions,  l'observateur  étant  plus  voisin  de 

•'•^pîter  de  près  d'un  rayon    de   l'orbite   terrestre,  c'est-à-dire  de 

**>     millions   de    lieues,  les  éclipses   des  satellites  arrivaient   huit 

"^■riules  avant    l'instant  prédit.   Non  loin  de  la  conjonction,    au 

^^■^  traire,  la  Terre  étant  plus  éloignée  de  Jupiter  de  tout  un  rayon 

^       notre    orbite,     les    éclipses    arrivaient     huit     minutes    trop 

^**<i.  Rœmer  prouva  en  outre  que,  dans  l'intervalle,  l'avance  ou  le 

^t^rd  des  éclipses  sur  le  calcul  variait  proportionnellement  à  la 

*^ tance   de  l'observateur  à  Jupiter.    Comme  il  était   impossible 


a6a  LIVRE  V.  —   chapitre  xxtiii. 

d^admettre  que  la  distance  de  ces  satellites  à  nous  eût  la  moindre 
influence  sur  leurs  mouvements,  Rœmer  chercha  et  trouva  la  caiis^ 
de  cette  inégalité  dans  la  propagation  successive  de  la  lumière,  qui 
devait  mettre,  d'après  cela,  seize  minutes  à  parcourir  le  diamètre 
entier  de  Torbite  de  la  Terre. 

Soient  W  la  vitesse  de  la  lumière,  que  nous  supposerons  parfaite- 
ment uniforme,  D  la  dislance  d'un  astre  ;  tout  phénomène  qui  se 
produira  siir  cet  astre  a  Tins  tant  t  ne  sera  perçu,  par  l'observateur 

terrestre,  qu'à  la  date  ^  4-  ^>  ce  dernier  terme  exprimant  le  temps 

Fig.  Sa. 


que  la  lumière  met  à  franchir  la  distanc^'^  D.  Par  conséquent  si,  à 
la  date  inconnue  /,  un  sntrllite  a-  (/iff»  Sa)  s'éclipse  en  pénétrant 
dans  le  cône  d'ombre  de  Jupiter,  nous  ne  verrons  le  phénomène 
qu'à  l'instant 

Six  mois  après  la  Terre  se  trouvera  en  T',  Jupiter  en  J';  le  relard 

T'  5' 
sera  -Ty->  et  on  aura,  pour  une  nouvelle  éclipse, 


0'  -r:  /'  -4 
Par  ronsiWjuent 

0'    -eiTT/'— ^ 


Tt' 

^— ^  • 

W 

T^  j  —  T 


Or  rinlervalle   t'  —  t  des  dates  inconnues  l  et  /'  comprend  un 
nombre  entier  de  révolutions  s>nodiques  de  ce  satellite,  périodes 


ABERRATION.  l63 

bien  déterminées  par  Cassini.  Cet  intervalle  est  donc  aisé  à  cal-' 
culer  et  Féquation  précédente  donnera  W.  Le  numérateur  étant 
connu  en  parties  de  Tunité  de  distance  a  ,  on  a  tiré  de  cette  équation 

en  sorte  que  la  lumière  met  8™  17%  8  à  franchir  l'intervalle  qui 
nous  sépare  du  Soleil. 

Effets  astronomiques  de  la  propagation  successive 

de  la  lumière. 

Ainsi,  quand  nous  voyons  un  astre  dans  une  certaine  direction, 
c'est  par  un  rayon  de  lumière  qui  en  est  parti  quelque  temps 
auparavant.  Pendant  ce  temps,  si  l'astre  est  ou  semble  animé  d'un 
mouvement  quelconque,  il  a  dû  faire  du  chemin  et  arriver  en  un 
point  d'où  le  rayon  de  lumière  lancé  vers  nous  ne  nous  atteindra 

que  plus  tard.  Si  D  est  la  distance  de  l'astre,  :^  sera  la  valeur  de  ce 

temps,  et,  en  désignant  parnla  vitesse  angulaire  de  l'astre  mobile,  n  -^ 

sera  le  chemin  parcouru  pendant  le  temps  que  la  lumière  aura  mis 
à  venir  jusqu'à  nous. 

Le  Soleil,  par  exemple,  dont  la  vitesse  angulaire  =  3548",  19 
par  jour,    sera    en  avance   de  la   direction    où    nous   le   voyons 

D  /7 

de  3548,''iQ  ;îi7î  en  faisant  D  =  a,  W=  -, ^r?  l'avance  sera  de 

'    ^W^  '  497,8 

g^r^     X  497»  8  =  20%  4j  a  peu  près. 

Ainsi  le  Soleil,  tel  que  nous  le  voyons  de  la  Terre,  est  toujours 
en  arrière  de  20", 45  sur  sa  position  réelle.  II  faut  donc  ajouter 
ces  20",  45  à  la  longitude  observée  pour  avoir  la  vraie  longitude, 
c'est-à-dire  la  direction  suivant  laquelle  s'exerce  leur  attraction 
mutuelle  dont  la  propagation  est  instantanée. 


(')  En  réalité Delambre  a  trouvé  par  ce  procédé  493*;  dans  ces  dernières  années, 
M.  Glasenap  a  trouvé  499**  Nous  adoptons  ici  un  nombre  qui  répond  exactement 
à  la  constante  de  l'aberration  des  étoiles  déterminée  par  W.  Slruve.  On  verra 
plus  loin  la  relation  qui  permet  de  conclure  de  Tun  à  l'autre. 


264  LIVRE    V.    —    CHAPITRE   XXVIII. 

Il  en  sera  de  même  des  planètes  de  notre  système.  Il  convJcot 
désormais  de  distinguer  leur  position  apparente  de  leur  vrai  lieu. 
On  obtiendra  celui-ci  en  ajoutant,  aux  coordonnées  apparentes,  le* 

arcs  décrits  pendant  le  temps  ^  que  la  lumière  met  à  franchir 
leur  distance  D,  c'est-à-dire 

_D  ^        D  ^ 

—j-  et  -j-  représentant  les  vitesses  en  M  et  en  o.  Un  peut  aussi 
considérer  les  coordonnées  apparentes  à  la  date  t  comme  les  coor- 
données réelles,  à  la  condition  de  retrancher  de  l  le  temps  ^  que 

met  la  lumière  à  venir  jusqu'à  nous,  et  de  considérer  /  —  ^  comme 
la  date  à  laquelle  doivent  se  rapporter  lesdites  coordonnées. 

Aberration  des  fixes  expliquée  par  Bradley. 

Mais  quand  il  s'agit  des  fixes,  le  même  raisonnement  semblait 
inapplicable. 

Revenons  maintenant  à  un  phénomène  que  présentent  les  étoiles 
lorsqu'on  les  observe  jour  par  jour  dans  tout  le  cours  d'une  année. 
Nous  avons  vu(t.I,  p.  191)  qu'elles  ont  un  déplacement  réel  ou  appa- 
rent qui  doit  dépendre,  mais  d'une  manière  inexpliquée,  du  mouve- 
ment de  la  Terre;  elles  décrivent  chaque  année,  autour  de  leur 
position  moyenne,  une  petite  ellipse  tout  à  fait  difierente  de 
l'ellipse  parallactique  qui,  définitivement,  échappait  par  sa  petitesse 
aux  efibrts  des  observateurs.  Pour  l'étoile  y  du  Dragon,  par 
exemple,  les  variations  de  la  coordonnée  5  étaient 

0  —  0'  z=  2o''sin(0  ■+-  II"*), 
tandis  que  celles  de  la  parallaxe  auraient  eu  pour  expression 

0  — ô'i^— rocs    0-^ii«). 

En  étudiant  ces  niouvenionïs  avec  le  plus  grand  soin  sur  v  du 
Dragon,  Bradley  avait  été  frappé  de  ce  coefficient  20"  qui  rappelait 


ABERnATION.  265 

un  nombre  bien  connu  des  astronomes  depuis  la  découverte  de 

Rœmer,  à  savoir  l'avance   du    Soleil   sur  sa  position  apparente, 

causée  par  la  propagation    successive  de   la  lumière.  Le  célèbre 

astronome  anglais   remarqua  que   ce  nombre  exprimait  au  fond, 

sous  une  forme  singulière,  le  rapport  des  vitesses  de  la   Terre 

et  de   la   lumière;   car    dire   que,    dans  le  temps  que  la  lumière 

parcourt    le  raj'on  de   l'orbite    terrestre,  le    Soleil,   ou   plutôt  la 

Terre,  décrit  un  arc  de  20", 44^  ou,  en  parties  de  ce  mémo  rayon 

.   ,    20", 445  I  ,         1.  11'^ 

pris    pour   unité,  — Tr-^^.  = >  c  est  dire   que   la   lumière  va 

^         '  200200         10091  ^ 

10091  fois  plus  vite  que  la  Terre.  Mais  comment  la  vitesse  de 
la  Terre  peut-elle  nous  faire  voir  les  fixes  ailleurs  qu'ils  ne  sont? 
On  raconte  que  Bradiey,  préoccupé  de  celte  question,  et  se  prome- 
nant un  jour  sur  les  bords  de  la  Tamise,  fut  frappe  de  voir  que  les 
girouettes  des  navires  en  marche  n'étaient  pas  orientées  sous  l'ac- 
tion  du  vent  comme  celles  des  navires  à  l'ancre.  Il  y  avait  là  une 
combinaison  évidente  de  la  vitesse  des  navires  avec  celle  du  vent. 
La  direction  des  girouettes  en  marche  devait  être  la  résultante  de 
ces  deux  vitesses.  C'était  un  phénomène  semblable  à  celui 
qu'éprouve  une  personne  qui,  pour  s'abriter  d'une  pluie  tombant 
verticalement,  place  son  parapluie  au-dessus  de  sa  tête  si  elle  est 
en  repos,  tandis  que,  si  elle  se  met  à  courir,  elle  doit  obliquer  son 
parapluie  suivant  la  résultante  des  deux  vitesses,  celle  de  la  pluie 
et  celle  de  sa  course. 

Cette  remarque  lui  suggéra  l'idée  de  composer  aussi  la  vitesse  de 
translation  de  l'observateur  terrestre  avec  celle  de  la  lumière  qui 
lui  vient  d'une  étoile. 

SoientËun  point  fixe  quelconque  (Jlff*  53),TlaTerre,ETlerayon 
de  lumièrequi  parvient  en  T,  TT'  =V  la  vitesse  de  la  Terre,  <?T=  W 
celle  de  la  lumière.  La  résultante  sera  la  diagonale  du  parallélo- 
gramme Te'  construit  sur  Te  et  TT'  ;  ce  sera  donc  aussi  la  direction 
suivant  laquelle  le  rayon  de  lumière  produira  sur  l'observateur 
l'impression  lumineuse.  Celui-ci  verra  le  point  E  en  E',  sur  le 
prolongement  de  Te'.  E  paraîtra  donc  dévié  d'un  angle  a  dont  il 
est  facile  d'avoir  l'expression,  en  représentant  par  t  l'angle  e^TT'. 
En  effet, 

TT'       sina  _  y^  _       1 
eT       sina       W  ~  10091 


a66  LIVRE    V.   —    CHAPITRE    XXVIII. 

OU,  en  angle, 

206  205'       .  m      Ê  tt»      ' 

a  =: sin  d  =L  20  ,  445  sin  ». 

loogi 

Ainsi  tous  les  points  de  l'univers,  les  fixes  par  conséquent,  doivcol 
paraître  déviés  d'un  petit  angle  a  =  2o'^,44î>  sî"  ^  ^Is^'ïs  le  sens  vers 
lequel  la  Terre  marche.  Le  point  E,  ou  l'étoile  fixe,  est  vu  en  E',cl 
l'on  construira  graphiquement  la  position  apparente  E'  en  menant 
par  E  (position  vraie)  une  droite  EE'  parallèle  au  mouvement  de 
la  Terre  et  égale   à  ^^^^  de  TE,  c'est-à-dire  de  la  distance  de 


Fi  g.  53. 


/  / 


//' 


:r 


TV   — 


l'étoile  à  la  Terre.  Et  comme  d'un  bout  à  l'aulre  de  l'année  la  vi- 
tesse de  la  Terre  a  pris  toutes  les  directions  dans  l'écliplîque  lon 
peut  ici  la  supposer  constante),  le  point  apparent  E'  décrira  autour 
de  E,  dans  un  plan  parallèh»  à  celui  de  récliplique,  un  cercle  ana- 
logue à  celui  de  l'orbite  de  la  Terre,  sauf  que  le  rayon  EE',  étant 
le  777777  de  la  distance,  ne  sous-tendra,  à  l'œil  de  Fobserxalour. 
qu'un  angle  de  20",  415. 

Ce  cercle,  projeté  sur  la  voûte  céleste  avec  laquelle  son  plin 
fait  un  angle  ^  égal  à  la  distance  angulaire  de  l'étoile  E  au  pôle  de 
l'écliptique,  devient  une  petite  ellipse  dont  le  demi-grand  axe  |u- 
rallèle  au  plan  de  réclipti(jue  est  20", 44^?  ^^  dont  le  demi-[.>etit  aie 
est  2o",44'J>  cos^. 

Après  avoir  calculé  sur  ces  données  la  variation  annuelle  cor- 
respondante en  o  pour  Y  du  Dragon,  Bradlev  eut  la  satisfaction  de 
retrouver  Texpression 

0     -  0'  -    c^o^sin  (0  -f-  II») 


ABERRATION.  367 

que  les  observations  lui  avaient  doanée  (t.  I,p.  191)  par  une  voie 
purement  empirique  ^t  dont  il  possédait  désormais  la  signification. 


Expression  théorique  de  Taberration. 

Soient  ;r,  r,  z  les  coordonnées  écliptiques  vraies  de  Tétoile  E  à 
l'époque  /,  rapportées  à  la  Terre,  Dsa  dislance,  Xi,  j^'i,  Zt  ses  coor- 
données apparentes,  c'est-à-dire  celles  du  point  E';  Ç,  r^  les  coor- 

données  du  Soleil;  t->  -r  les  composantes  de  la  vitesse  du  Soleil 

at    at  ^ 

dans  son  orbite,  ce  qui  donne  —  -^>  —  -1-  pour  celles  de  la  Terre. 
Nous  aurons,  pour  les  projections  de  la  ligne  EE'  sur  les  axes, 

d\  W  ^T)   D 


Par  suite 


on  a  d'ailleurs 
et,  par  la  page  66, 


dt  ly'  dt  W 

Z^     =     Zy 

dri  W 

$  —  Rcos  O,     T,  -  R  sin O, 


dl  an        .  dr.  an 

37;  = -Sin  O,     -r-  = ces  O, 

en  n'écrivant  pas  les  termes  constants  en  e  s'inrs  etecosnr,  qui  se 
confondront  avec  les  constantes  x  et  y.  Posons 


an 

—  zn  a 


\/i  —  e^\V 


> 


et  remplaçons  les  coordonnées  rectilignes  par  les  sphériques;  il 

viendra 

Dj  ces  pi  =  Dcosp, 

Disinpi  cosL,  ^^  Dsin  pcosL  -h  R  cosO  4-  a  D  sin©, 
Disîn^i  sinL,   -  Dsin  ^  sin  L  -h  R  sin0  —  xD  cosO. 


268 


LIVRB    V.     —    CHAPITRE    XXVIII. 


On  en  déduira  tang(L,  —  L)ettang(P,  —  P),  et,  comme  les  lerrocs 
du  second  ordre  en  -  =  y:^  et  en  a  sont  parfaitement  négligeables, 
on  écrira 

(L,  —  L)  sînp  .-=:•«  sîn(0  —  L)  —  a  ces  (3  —  L), 
Pi  —  3  =:7:oos3cos(Q  —  L)  -h  acos3sin(0  —  L». 

Les  termes  en  tz  représentent  Ja  parallaxe  annuelle;  les  termes 
en  a  Taberration.  Ainsi  on  passe  des  premiers  aux  seconds  en  rem- 
plaçant lu  pelile  parallaxe -n.  variable  d'une  étoile  à  Taulre,  pan, 
et  O  par  ©  — i)o*\  Sur  IVllipse  parallactique,  on  voit  l'étoile  Je- 
placét*  dans  la  direction  même  où  se  trouve  le  Soleil  ;  sur  l'ellipse 
d*aberraUon,  on  la  voit  déplacée  dans  une  direction  de  90"  moins 
avancée  que  le  Soleil. 


Aberration  pour  les  coordonnées  équatoriales. 

Si  les  coordonnées  étaient  rapportées  à  l'équaleur,  nous  aurions 

Di  00s 0,  --  Dcoso  -^  Rsin  tusin  3  —  xDsincoros  2^. 

D,  sin  Oj  cos  .U»   -   D  sin  0  00s ,R  —  R  00s  3  -^  a  Dsin  0, 

D|SinO|  sin.R,  :_  Hsincsin.R  —  Rcoswsin0  — aDcoswcoso- 

d'où  l'on  déduira,  en  se  bornant  à  l'aberration. 


t.  .Ri—  .RWiiio 


% 
-^M 


% 
c 


C'est  en  posant 


-  x^^^^^^o'  ^*^*^  '^  00s  oj  —  si  II  O  sin.R  \ 

-  -  2  00s  0  ■  >in  .R  00s  c  cos «w  —  sin  o  siii  w 

—  a  sin  0  cos.R  co?c. 


si  II  .R  00s  0  oosw  —  sine  >in  w  ^  m  sin  M. 

cos  .R  oo-ic  ~.  m  00s  M 

que  nous  avons  retrouvé  o»  —  0  sous  la  forme  de  la  page  ii)i  du 
tome  1  :     • 

2//I  >iii    ^"^  —  M  . 


ABERRATION.  269 

Aberration  diurne. 

Tout  mouvement  de  robservateur  donne  lieu,  pour  un  point 
quelconque  de  l'univers,  à  une  aberration  spéciale.  Le  mouvement 
diurne  n'est  pas  absolument  négligeable  sous  ce  rapport.  Désignons 
celte  fois  par  Ç,  Ç,  yj  les  coordonnées  équatoriales  de  l'observateur 
à  la  surface  du  globe,  à  l'heure  sidérale  II;  nous  aurons 

ÇirrpcosX,     Ç  =1  p  sin  X  ces  II,     r^mipsinH. 
Leurs  variations  avec  le  temps  seront 

d\  •    >    •    ïi  <^1I 

-;-  =:  —  p  sm  A  sin  H  —7-  > 
dt  ^  dt 

dr^  .    >         II  ^'1 

-7-  =:  4-  p  smA  ces  11 —r-» 
dt  dt 

Portez-les  dans  les  équations  précédentes  et  vous  obtiendrez 

sin8(iRi  —  iR)  =  :^  -7--  p  sinXcos(II  —  iR), 

0.  —  01=  —  r^v  — 7-P  sInX  sin  (II  —  M.)  ces 8. 
y\   dt  ^ 

Comme  H  —  IR  =  Mj   on  voit  que  l'aberration   diurne  est  au 
maximum  en  J^  quand  l'étoile  passe  au  méridien;  elle  est  nulle 

alors  en  5.  La  vitesse  angulaire  ~j-  de   la   rotation   terrestre    est 

366,25  fois  plus  grande  que  celle  de  la  circulation  de  la  Terre  au- 
tour du  Soleil,  mais  le  rayon  psinXdu  petit  cercle  décrit  par  l'obser- 
vateur autour  de  l'axe  polaire  est  bien  plus  petit  que  le  rayon  a  de 
l'orbite  terrestre.  On  aura  donc  la  constante  del'aberration  diurne  en 

multipliant  20", 44^  P^r  366,256  et  par  -  ou  sin'n=  sin  8",8i3.  De 

là  la  valeur  o''',32  pour  ce  coefficient. 

On  en  tient  compte  dans  la  réduction  des  observations  méri- 
diennes en  ajoutant  la  constante  o'',32  sin  \  à  l'erreur  de  collima- 

tion  c,  car  toutes  deux  doivent  avoir  le  facteur  -; — ;^  à  la  distance 

sin  6 

polaire  S. 


270  LIVRE    V.    —   CHAPITRE    XXVIII. 


Aberration  en  longitude  du  Soleil. 
La  variation  dQ  de  la  longitude  du  Soleil  a  pour  expression  (p.  46) 

dQ  =  (  I  —  e*;    * (  i  -+-  e  ces i')'  n  dt, 

dans  laquelle 

t»  =  G  —  '"• 


En  remplaçant  dt  par  le  petit  intervalle  de  temps 

W  ~(i  -recosr)W' 
nous  aurons  la  formule  complète  de  Tabcrration 


an 


,         [  I  -!-ecos(0  — m)l. 


Cette  expression  revient  à  :rrv;  la  vitesse  V  de  la  Terre  est  une 


an 


quantité  légèrement  variable  dont  la  partie  constante  est  -;==.  i')- 
En  prenant  la  seconde  pour  unilè  de  temps,  on  a 


a  ^^9o\^9 

^<)7,78  8O400 


d'autre  part,  e=  0,01677.  ^^  ^^>  '^  petit  calcul  suivant  pour  U 


(•)  En  effet,  dans  la  relation  Y*  =  -^ remplacez  ji  par    '^       —  a'/i',  rpir 

a  (!  —  «') 

-  -  ;  vous  trouvez 


1  -r-  t  cos  v 


»  = — T  ^»  -4- e  rosi*  '. 

V  »  — ^ 


ABERRATION.  271 

partie  constante  de  Taberration  du  Soleil  en  longitude  : 

log3548',  19. . .  3,55ooi 

C*  log  86400 5,06349  —  ïo 

CMog /i — e* 0,00006 

log497»78 î», 69703 


V 

1 ,3 1059   =  log  ao',445  =  log  arc  sin  ^ 


Détermination  par  les  étoiles  de  la  constante  de  Taberration. 

Il  suflisait  à  la  rigueur  de  comparer  les  coordonnées  d'une  étoile 
observée  au  méridien  aux  époques  où  Taberration  atteint  ses  efTets 
maxima,  en  sens  contraire,  c'est-à-dire  à  six  mois  d'intervalle. 
Après  avoir  corrigé  ces  observations  des  effets  de  la  précession, 
de  la  nulation  et  du  mouvement  propre,  il  n'y  reste  plus  que  ceux 
de  l'aberration,  qu'il  est  aise  d'en  déduire.  On  choisit  pour  cela 
une  étoile  circumpolaire,  a  de  la  petite  Ourse,  par  exemple. 
Il  vaut  mieux  employer  toutes  les  observations  méridiennes  d'une 
année,  et  former  des  équations  de  condition  où  figurent  comme 
inconnues  la  parallaxe  t:  et  la  petite  correction  à  ajouter  à  une 
valeur  provisoire  de  Taberration.  Les  M  fournissent  une  série 
d'équations  pareilles;  les  o  en  donnent  une  autre  série  indépen- 
dante de  la  première.  Cependant  il  est  préférable  d^instituer  des 
observations  spéciales  pour  cet  objet,  comme  l'ont  fait  autrefois 
Hooke,  Molineux,  Bradley,  à  Taide  de  grands  secteurs  zénithaux. 
M.  W.  Struve,  de  Poulkowa,  a  eu  recours  à  une  méthode  fort  remar- 
quable basée  sur  l'emploi  d'une  lunette  semblable  à  la  lunette 
méridienne,  mais  tournant  dans  un  plan  vertical  perpendiculaire 
au  méridien.  En  observant  les  deux  passages,  par  ce  plan,  d'une 
étoile   dont  le  B  ^  X,  aux  heures  H  et  H',   on  a,   pour  Tangle 

horaire,  à  l'instant  d'un  de  ces  passages,  ^I  = et  l'on  en 

déduit  8  par  la  relation  (triangle  rectangle  PZE) 

tan  g  8  zzi  tangX  ces. il. 

On  suppose  X  connu.  La  réfraction  n'intervient  pas  ici,  non  plus 
que  les  erreurs  de  division  d'un  cercle  ou  d'un  secteur  et  les  dila- 


ara  livrb  v.  —  chapitre  xxviii. 


/ 


talions  des  vis  inicrométriques.  En  diflférentîant,  on  a 

IN 

-r-n :  —  —  dM  tangiH  ; 

sinocoso 

parconséqucnl,  si  Ton  choisit  des  éloiles  dont  le  S  dépasse  peu  le 
)v  local,  tang^H  sera  petit,  et  ce  fadeur  diminuera  rinfluence  des 
erreurs  de  Tobicrvation  de  H  ou  de  H',  c'est-à-dire  de  A\.  G*Ue 
méthode,  due  originairement  à  Rœmer,  a  été  tirée  de  Touhli  par 
Bessel,  qui  Ta  appliquée  à  la  mesure  des  colatitudes  ^  dans  ses 
opérations  géodésiques.  M.  W.  Slruve  a  fait  construire  un  in- 
strument spécial  pour  observer  ainsi,  avec  une  exactitude  remar- 
quable, une  nombreuse  série  d'étoiles  culminant  près  de  son  zénith. 
De  la  discussion  des  8  ainsi  obtenus,  il  a  déduit 

a  r-  20  ,  .|4'>  -    O  ,  01  I . 


Vitesse  de  la  lumière  mesurée  par  les  physiciens. 

Comme  la  lumière  a  une  vitesse  de  3oo  millions  de  mètres  par 
seconde,  elle  met  ^j^ôô  ^^  seconde  à  parcourir  65''™.  C'est  à  peu 
près  la  plus  grande  base  qu'on  puisse  choisir  dans  ces  expériences; 
par  conséquent  la  méthode  doit    permettre  d'apprécier  -^^  de 
seconde  avec  une  grande  exactitude.  Il  y  a  pour  cela  deux  admi- 
rables procédés  :  celui  de  M.  Fizeau  et  celui  de  M.  Foucault.  \a 
procédé  de  M.   Fizeau  a  été  appliqué  avec  un   [)lein  succès   par 
M.   Cornu.  H  consiste  à  envoyer,   [)ar  l'intervalle  de  deux  dents 
d\inc  roue  dentée,  un  faisceau  de  lumière  parallèle  qui  >a  frapper 
normalement  un  miroir  immobile  placé  à  32^*",  et  qui  revient  ainsi  à 
la  roue  dentée  après  avoir  parcouru  65"^"*.  Si  l'on  imprime  à  celte 
roue  une  grande  vitesse  de  rotation,  de  1600  tours  par  seconde, 
par  exemple,  cette  roue  se  sera  déplacée  très  sensiblement  pendant 
ce  trajet  de  la  lumière,  bien  qu'il  ne  dure  que  —^  de  seconde;  le 
rayon,  à  son  retour,  repassera  donc,  non  par  le  premier  intervalle 
des  dents,  mais  par  un  autre,  le  vingtième  ou  le  vingt-unième  par 
exemple,  qui  sera  venu  prendre  la  place  du  premier.  Si  le  ravoa 
tombe  sur  une  dent,  il  y  aura  éclipse;  sur  un  intervalle  il  passera. 
Ln  comptant  les  écbpscset  les  réapparitions  du  faisceau  de  lumière 


ABERRATION.  278 

qui  se  produisent  successivement,  à  mesure  qu'on  augmente  la 
vitesse  de  rotation,  on  se  rend  compte  du  rang  de  l'intervalle  au- 
quel on  s'arrête.  Toute  la  difficulté  se  réduit  à  mesurer  avec  exacti- 
tude la  vitesse  de  rotation  de  la  roue. 
M.  Cornu  a  trouvé  ainsi 

W  =  3oo4oo^'"  ±1 1000''". 
M.  Helmert  a  corrigé  un  peu  ce  résultat  et  l'a  réduit  à 

• 

La  méthode  de  M.  Foucault  consiste   à    appliquer  le   miroir 

tournant  de  Wheatstone  à  la  mesure  du   temps  employé   par  la 

lumière  à  parcourir  un   espace   beaucoup  plus  petit.   Elle  a   été 

singulièrement  perfectionnée  dans  ces  derniers  temps  par  M.  Mi- 

chelson,  des  Etats-Unis.  Un  rayon  de  lumière,  lancé  par  un  miroir 

tournant,  est  réfléchi  normalement  par  un  second  miroir  fixe  qui 

1^  renvoie  sur  le  premier.  Le  double  trajet  était,  dans  les  expé- 

'^cnces  que  nous    mentionnons,  d'environ    1200"*.   Le   rayon   de 

'"Giour,  rencontrant  le  miroir  tournant  dans  une  position  nouvelle, 

^^^  réfléchi  vers  l'observateur  qui  mesure  la  déviation.   Celle-ci 

^  accroît  avec  la  vitesse  de  rotation,  dont  il  faut  connaître  exacte- 

'^^nt  la  valeur  (' > 

Le  résultat  obtenu  par  M.  Michelson  est 

W  =  299940^'"  ±1  loo*^™. 

Nous  adopterons  ce  second  nombre,  si  bien  confirmé  par  le  pré- 
^^dent.  Son  erreur  relative  est  d'environ  âQ^ô* 

En  rapprochant  cette  valeur  de  W  de  celle  qu'on  déduit  de  la 
^^nstante  de  Srruve  par 

an  ff  //" 

:  20  ,  4  P 


^/,_t'^\V 


(*)  On  y  parvient  optiquement  à  l'aide  d'un  diapason  dont  le  nombre  de  vibra- 

*^os  par  seconde  est  connu  exaclcmcnt.  Ce  diapason  porte  à  l'une  de  ses  branches 

'^'^  petit  miroir  qui  réfléchit  une  inia^e  du  miroir  tournalit.   Celle-ci  est   immo- 

"^  lorsque  le  nombre  de  tours  de  celui-ci  est  égal  au  nombre  des  vibrations  du 

^'«pason. 

II.  18 


274  LIVRE    V.    —    CHAPITKE    XXVIII. 

OU  encore 


497%  7» 


On  voit  que  Ton  peut  en  déduire  en  mètres  la  distance  movcDDe 
a  ou,  ce  qui  revient  au  même,  la  parallaxe  du  Soleil.  Nous  avons 
trouvé  ainsi  (p.  221) 

7:  — 8^8I3:ho^oo56. 


CATALOGUES  D^ÉTOILES.     -  2^5 


CHAPITRE  XXIX. 


CATALOGUES  D'ETOILES. 


Réunissons  les  variations  des  coordonnées  éclipliques  dues  à 
la  précession,  à  la  nutalion  et  à  raberration,  en  nommant 

L  et  p  les  coordonnées   rapportées  au   poinf  y  moyen   et  à   Técliptique 
de  i85o; 

Li  et  pi  les  coordonnées  rapportées  au  point  y  vrai  et  à  Técliptiquc  de 
i85o-T-r; 

N  la  longitude  moyenne  du  nœud  ascendant  de  la  Lune; 
et  posons  Cv  =  S^i^'oi"  -{-  5",  '22 1;  on  aura 

=  L-f- 5o', 21 13/ -h  0,000122^* j  Précession,  et  var. 

—  0,489*  cotp  cos(L  -H  G^) \  séc.  de  Técliptique. 

— 17,25  sinN  — 1',27  sin20 Nutalion. 

— 20,44^  sccp  co3(L —  0) Aberration. 

=  P   -  0,489/ sin(L  -h  Gy  ) Var.  séc.  de  l'écl. 

-1-20,445  cospsin(L  —  O) Aberration. 

En  désignant  par  [x  et  v  les  mouvements  propres  de  Tétoile  en  L 
et  P,  il  faut  encore  ajouter  à  L  le  terme  [x/,  el  à  jî  le  terme  v/. 
Voici  les  formules  applicables  aux  coordonnées  équatoriales  : 

iRj  =  iR-H  /n-4-  nsiniîlcotS Précession. 

—  (1 5',  Si  4-  6',  87  sin  iîl  cot  S ) sin  IS j 

—  9', 22  cosiRcot8  cQsN >  Nutation. 

—  (1,16 -h  OjSisin  Jlcot8)sin2  3 / 

-- 20,445  8iDiRséc$sin0 i      , 

,,.        ^  '   -       /-x  Aberration, 

—  20,445 cosiRcosw sec OCOS0 ) 


276  LIVRE    V.   —    COAPITRE    XXIX. 

5|  =  5  —  nt  cosiR Précession. 


) 


—  9',22  sifiiRcosN 

—  0,55  sin^R  COS2O .     , 

^  Nutation... 
-T-  6,87cosiRsinN 

H- o,5i  cosiR  sin2  0 

-f- 20,445  cosiR  cososinQ i      , 

^  {  AberralioD. 

—  2o,4i5(siniR  cosô  cosw  —  sino  sinw)cosQ. . .   1 

Même  remarque  que  ci-dessus  pour  les   mouvemcnls  propres 
en  JR  et  0. 

Catalogues  d'étoiles. 

Suivant  les  usages  consacrés  en  Astronomie  on  considère  le 
mouvement  du  point  y  comme  composé  de  deux  parliçs  :  l'une, 
sensiblement  proportionnelle  au  temps,  est  la  précession  générale; 
Tautre,  périodique,  est  la  nulation.  Le  j)oint  y  niovcn  à  la  dale 
i85u4-^  résulte  donc  d'un  simple  calcul  de  précession;  la  position 
du  point  Y  vrai  résulte  de  la  précession  et  de  la  nutation.  Quant  aux 
coordonnées  apparentes  d'une  étoile,  telles  qu'elles  seraient 
données  par  l'observation,  il  faudrait  encore,  pour  les  obtenir» 
ajouter  aux  coordonnées  rapportées  au  point  y  vrai  reflet  Je 
'aberration. 

Réciproquement,  si  l'on  a  observé  les  coordonnées  d'une  étoile 
en  1 85o  4-  /,  on  n'a  que  les  coordonnées  apparentes  rapportées  ao 
point  Y  vrai.  Si  Ton  en  retranclie  l'aberration,  on  obtient  les  coor- 
données vraies  rapportées  à  l'équinoxe  vrai  du  jour  de  Tobsona- 
tion.  Si  on  retranche  les  effets  de  la  nutation,  on  a  les  coordonnées 
rapportées  au  point  y  ou  à  l'équinoxe  nioven  de  i85o  -+-  i.  Enfin 
si  vous  en  retranchez  la  précession  j)Our  t  années,  vous  aurez  les 
coordonnées  nio venues  de  i85o,  c'est-à-dire  rapj)ortées  à  l'équi- 
noxe moven  du  cette  dale  ('). 

Afin  de  faciliter  les  calculs  relatifs  aux  coordonnées  équatoriales 
dont  on  se  sert  le  plus  souvent,  on  les  a  mis  sous  la  forme  sui- 

(')  >\î  pas  oublier  que  loulci  les  corrcclions,  calculées  par  nus  formules  o« 
prises  dans  les  epli 'iiiLTiLies,  doivenl  être  ajoutées  (algébriquemcot)  uui  coor- 
d(»iiuées  moyennes  pour  pus>er  aux  coordonnées  vraies,  et,  quand  il  s'agil  «te 
l'aberralion,  aux  co.»rd<»nnées  vraies  pour  passer  au:.,  coordonnées  apparentes.  If* 
épli -niérides  donnent  t  >uj  )urs  les  coordonnées  ajiparcntcs  des  planètes  et  de* 
étoiles,  pour  le  centre  de  la  Terre. 


>   • 


CATALOGUES    D   ETOILES. 


•i77 


vante  (Bessel).  Posons 

Asinll 
A  ces  II 
^sinG 
^cosG 

/ 

i 
on  aura 


-i8%76cosO 

—  20,45  sinQ 

—  9,32  ces N 
-+-  20,o5(^—  o'',34sinN) 

46, 09  (  /  —  o",  34  sin  N  ) 
— ^18,76  tangu)  cosOî 


^,  =  ^4-/4-^ sin (if^  hG)coto-f-Asin(J\-hG)coséc5 

—  ^cos(iR-hG)  — /icos(iRH-G)— isinô. 


a,  tr-,a 


La  Connaissance  des  Temps  publie,  de  dix  jours  en  dix  jours, 
les  valeurs  des  quanlitésy,  G,  H,  g^  h  et  i. 

Pour  donner  une  idée  de  ces  catalogues  d'étoiles,  nous  insérons 
ici  le  commencement  de  celui  de  Baily. 

Catalogue  de  8370  étoiles  de  rAssociation  Britannique. 


ROM 

de 

Tètolle. 


4Ccli 

Sculptons.. . . 

3  Ceti 

a  .^ndromeda 

Ceti 

Cephei 

0  Cassiopea*.. 
87  Pegasi . . . . 
K^hœnicis  . . . . 
Sculptons. . . . 
K  Phœnicis.. . 

^'•••••«••«   -   • 

Canopus 


a 


7 
6 

7 
I 

7 
1\ 

K 

6 
6 
6 

4 


3\ 

MOYE^I.^E 

Janvier  i, 


h  m     s 
0.0.    3,06 

0.25,79 

o.3i, I I 

o.Z8,55 

I.  3,01 

I. 10.87 

1 . 1 2 , 07 

I .i8,5i 

1.27,58 

1.41,91 

i.l7»43 


PRLCES- 

SIOX 
anauelle 


6.20.87,^6 


-1-3,071 
3,069 
3,070 
3,078 
3,070 
3, 106 
3 ,  082 
3,078 
3,059 
3,o65 
3,060 


VARIATION 
«éculairtf. 


— 0,0018 
—0,020^ 

—0,0017 
-f-o,oi6i 
— o,ooi5 
-ho, i554 
-ho,o'|88 
-t-0,0095 
—0,0420 
—0,0168 

-  0,03l2 


MOVVE- 
MË.NT 

propre. 


i,3'j8  — 0,0017 


4-0,002 
-HO, 008 
— 0,ûo8 
-1-0,018 
-1-0,006 
-1-0,057 
-1-0,067 

-1-0,013 

-l-o,oo'| 
4-0,018 
+0,029 


8   II0TE!INS 
Jaavlor  r, 
ivSo. 


98.22.57/4 

12'}.  II  .56,9 

98. .6.58,5 

61.11.14,1 
98.  3.2l,6 

II.  7.18,2 

3f. 40.38,1 

72.87. i5,8 

1 I |.5o.22,3 

I 18.49. •7'2 
i36.3l.24,7 


PRÉ- 
CESSION 
annuelle 


-20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 
20,06 


4-0, Oi2;il2. 86. 56, 4  4-   1,80 


VARIA- 
TION 
sâcalaire 


-1-0 ,  00 1 

0,001 
0,001 
0,001 
0,00.^ 
0,002 
0,002 

o,oo3 
o ,  oor* 
o,oj3 
o,oo4 


MOC- 

VEMEIfT 

propre. 


+•0,198 


H 
—0,08 

4-0,16 
-0,06 

4-0,  i3 
— 0,01 
4-0,08 
4-0,17 
—0,02 

-ho,  20 
—0,10 
4-0,02 


0,00 


278  LIVBE    V.    —    CHAPITRE  XXIX. 

Pour  obtenir  la  position  moyenne  d'une  de  ces  étoiles  eni85o-f/, 
il  faut,  conformément  à  une  prescription  de  la  page  240,  calcaler 
la  précession  annuelle  pour  l'époque  intermédiaire  i85o  -H  7/.  Elle 

est  égale  à  la  précession  annuelle  du  catalogue  H — *■ '- '  x-J. 

On  aura  ainsi  M  moyenne,  pour  i85o  -f-  t,  par 

M  moy.  i85o  -f-  (préc.  ann.  -h-  mouv.  prop.  )  t. 

C'est  presque  toujours  de  la  position  vraie,  à  la  date  susdite,  que 
l'on  a  besoin.  Il  faudra  dès  lors  prendre  dans  la  Connaissance  des 
Temps  la  valeur  des  coefficients  F,  G,  H.  ...  pour  la  date  indi- 
quée, et  achever  le  calcul  comme  on  Ta  dit  plus  haut. 


Formation  d'un  Catalogue  d'étoiles. 

C'est  là  un  des  objets  les  plus  importants  de  Tactivilé  des  grands 
Observatoires.  On  y  observe  chaque  année  un  grand  nombre 
d'étoiles  de  toute  grandeur  pour  former  le  Catalogue  des  positions 
moyennes  de  tous  ces  astres,  rapportées  au  point  y  d'une  date  con- 
venue, époque  du  Catalogue.  Pour  cela,  on  retranche  de  chaque  ob- 
servation l'aberration  et  lanulation  ;  puis  on  compare  cette  position 
à  celle  d'un  Catalogue  beaucoup  plus  ancien,  afin  d'en  tirer  la  préces- 
sion +  le  mouvement  propro  pour  le  laps  de  temps  écoulé.  Celle 
comparaison  fait  connaître  le  mouvement  propre.  Enfin,  par  un 
calcul  de  précession  où  Ton  tiendra  compte  de  ce  nouvel  élément, 
on  rapportera  l'étoile  au  y  de  l'époque  adoptée  pour  le  Catalogue. 

C'est  en  comparant  les  positions  ainsi  obtenues  à  celles  que  les 
astronomes  ont  déterminées  antérieurement  qu'on  obtient  la  con- 
stante de  la  précession  et  les  mouvements  propres  en  .-R  et  0. 

La  plupart  des  étoiles  présentent  en  effet  des  mouvements 
propres  soit  réels,  soit  dus  à  des  erreurs  d'observations.  L'erreur 
probable  d'un  >R  ou  d'un  0  étant  de  1"  à  2",  celle  des  différences 
Mi  —  ^^l,  0,  —  0,  pour  deux  étoiles  observées  à  des  époques  diffé- 
rentes, sera  de  i",4  ^  '.>'",8.  Si  l'intervalle  est  d'un  siècle,  l'erreur  pro- 
bable du  mouvement  propre  conclu  sera  de  o",oi  à  o",<>3.  On  trouve 
un  assez  bon  nombre  d'étoiles  dont  les  mouvements  propres  sont 
dix  et  même  cent  fois  plus  grands  que  celte  erreur  probable.  H 


CATALOGUES    D   ETOILES.  279 

n'y  a  donc  pas  à  douter  de  leur  réalité  et  il  importe  de  les  étu- 
dier. 

Outre  les  erreurs  accidentelles  de  Tobservation,  ces  mouvements 
propres  qu'on  est  conduit  à  regarder  comme  uniformes,  du  moins 
dans  le  court  laps  de  temps  qu'embrassent  les  observations,  sont 
nécessairement  afTectés  de  toutes  les  erreurs  constantes  des  Cata- 
logues. Par  exemple,  les  M  d'un  Catalogue  peuvent  être  trop  fortes 
par  suite  d'une  erreur  commise  dans  la  détermination  du  point  y. 
Il  y  a  aussi  l'erreur  propre  à  la  constante  de  la  précession  qu'on 
emploie  pour  transporteries  coordonnées  d'un  Catalogue  à  l'époque 
d'un  autre. 

Nous  ignorons  d'ailleurs  si  les  mouvements  propres  eux-mêmes, 
abstraction  faite  de  ces  causes  d'erreur,  sont  dirigés  au  hasard, 
sans  loi,  ou  bien  s'ils  présentent  quelque  particularité  commune. 
Il  n'est  pas  impossible  en  effet  que  beaucoup  d'étoiles  appartiennent 
à  quelque  système  très  vaste  dont  les  mouvements  intérieurs  seraient 
réguliers. 

En  second  lieu,  si  le  Soleil  se  meut  comme  les  autres  étoiles, 
nous  participons  à  ce  mouvement,  et  nous  le  transportons  en 
sens  inverse  à  tous  les  points  de  l'univers. 

Ce  que  donnent  les  mouvements  propres  des  étoiles. 

Cette  question  est  capitale;  la  détermination  exacte  de  la  con- 
stante de  la  précession  en  dépend.  Malheureusement  sa  solution 
complète  exigerait  la  connaissance  de  la  distance  des  étoiles,  ré- 
sultat auquel  l'Astronomie  actuelle  ne  saurait  prétendre.  Sir  W. 
Herschel  a  déterminé  le  premier  la  direction  du  mouvement  de 
translation  du  système  solaire,  par  un  procédé  graphique  qui 
n'exige  pas  les  distances  (t.  I,  p.  28);  mais  le  seul  astronome  qui 
ait  abordé  ce  problème  en  son  entier  est  M.  O.  Struve.  Voici  un 
aperçu  de  son  travail  et  de  ses  résultats. 

Soit  une  étoile  ayant  L,  p,  r  pour  coordonnées* à  une  époque  t, 
Uf  P',  r'  à  une  époque  /'.  Désignons  par -^^^  et  b  les  coordonnées 
du  point  vers  lequel  marche  le  Soleil  et  e  l'espace  qu'il  a  parcouru 
dans  le  t-emps  t!  —  t.  On  aura  évidemment,  en  passant  par  les  coor- 
données rectangulaires  et  en  nommant  Ç,  i,  yj  les  projections  de 


%So  LIVRE    V.    —   CHAPITRE    X\IX. 

la  petite  droite  e  sur  les  axes, 

x'  =:  j:  -f-  5, 

et  par  suite,  en  coordonnées  polaires 

r'cosp'  mrcosp  -+-  ecosb^ 
r'sinp'cosL'  rrr  rsinpcosL  -+-  esinôcos^, 
/•'sinp'sinL'  nz:  rsinp  sin  L  H-  esin^sin^^ 

r' 
On  éliminera  Tinconnue  —et  on  aura  ainsi  pour  chaque  étoile 

deux  relations  entre  ->  à,  J^  M.  Otto  Struve,  à  l'aide  de  supposi- 
tions très  plausibles  sur  les  distances  r  des  diverses  catégories 
d^étoiles  par  lui  calculées,  a  trouvé,  en  introduisant  dans  ses 
équations  comme  inconnue  la  correction  £  à  appliquer  à  la 
constante  de  la  précession  : 


e  =  4-o'',oi34, 
j.  -  o%339, 
4^~255<»59'    (M, 

b  -—  29°2l'. 


La  distance  r  est  ici  relative  aux  étoiles  de  première  grandeur; 
elle  vaut  à  peu  près  un  million  de  fois  la  distance  a  de  la  Terre  au 
Soleil.  L'espace  e  est  donc 


o,33q 

X  looooooa. 


206265 


Dans  un  an  la  Terre  parcourt  2 ira.  On  trouve  ainsi  que  la  vi- 
tesse de  translation  du  système  solaire  est  le  quart  de  la  vitesse 
de  la  Terre  dans  son  orbite  annuelle. 


(  *  )  M.  Struve  s'est  servi  des  JR  et  6  des  catalogues  sans  passer  par  les  L  et  p.  Ln 
formules  restent  les  mêmes,  sauf  en  ce  qui  concerne  la  précession.  II  a  trouvé  poir 
les  coordonnées  équatoriales  du  point  cherché  :  Si  =  aôi^ar,  5  =  52» 24'. 


LA    LUNE.  281 


LIVRE    VI. 


LA  LUNE, 


<•••> 


L'attraction  du  Soleil,  a  et  T  étant  rapportés  au  mètre  et  à  la  se- 

conde  comme  unités  de  longueur  et  de  temps,  est    ^,     =  ^,  .   ,    .  • 

Désignons  par  jx'  cette  attraction  de  la  masse  solaire  à  i"  de  dis- 

tance,  et  par  ^  sa  valeur  à  la  distance  moyenne  du  Soleil  à  la  Terre. 

Il  est  facile  de  voir  qu'elle  est  i656  fois  plus  faible  que  l'attraction 
terrestre  G  à  la  surface  de  la  Terre,  c'est-à-dire  à  la  distance  (p). 
Si  donc  la  Terre  était  fixée  dans  l'espace,  les  corps  placés  à  sa  sur- 
face, du  côté  du  Soleil,  perdraient  ^-—g  de  leur  poids;  ils  en  gagne- 
raient tout  autant  du  côté  opposé,  et  les  eaux  des  océans  afflue- 
raient violemment  sur  l'hémisphère  tourné  vers  le  Soleil.  Mais  la 
Terre  est  absolument  libre;  elle  obéit  donc  loutentière  à  cette  faible 
attraction  comme  si  sa  masse  était  condensée  en  son  centre 
(p.  112).  Les  poids  des  corps  placés  à  sa  surface  ne  sont  altérés 
qu'en  vertu  de  la  différence  des  attractions  que  le  Soleil  exerce 
sur  le  centre  et  sur  la  surface.  Cette  différence  produit  des  effets 
tout  autres  que  ceux  que  nous  venons  de^  décrire.  Elle  diminue  de 
la  même  quantité  les  poids  des  corps  placés  du  côté  du  Soleil  et 
de  ceux  qui  se  trouvent  sur  la  Terre  à  l'opposé  du  Soleil,  parce 
que  les  premiers  sont  plus  attirés  que  le  centre,  tandis   que  le 

centre  est  plus  attiré  que  les  seconds.  Différentions  "^  par  rapport 

à  a  ;  -~-  da  exprimera  cette  force  perturbatrice  si  l'on  donne  à  da  la 

valeur  (p).  Le  calcul  montre  qu'elle  n'est,  au  maximum^  que 
la  1 9380000*  partie  de  G.  On  a  donc  raison  de  n'en  tenir  aucun 


a8'l  LIVRE    TI. 

compte  dans  les  questions  de  Mécanique  ou  de  Physique  lerreslres. 
Elle  passerait  complètement  inaperçue  si  la  surface  de  niveau  des 
mers  ne  formait  un  vaste  appareil  sensible  aux  moindres  forces, 
et  ne  décelait  celles-ci  par  Timperceptible  phénomène  des  marées. 
On  sait  du  reste  que  les  marées  se  produisent  également  du  côlé 
du  Soleil  et  du  côté  opposé,  montrant  ainsi  que  la  diminution  do 
poids  des  corps  s'opère  eflectivement  de  la  même  manière  sur  ces 
deux  faces. 

Si  on  lançait  horizontalement,  près  delà  surface  de  la  Terre,  an 
projectile  avec  une  vitesse  de  8000"  par  seconde,  ce  corps  cir- 
culerait indéfiniment  autour  de  notre  globe  (abstraction  faite  de 
la  résistance  de  Tair;  il  n'éprouverait  de  la  part  du  Soleil  aucune 
perturbation  bien  sensible. 

Mais,  à  mesure  qu'on  s'éloigne  de  la  Terre,  à  une  distance 
variable  p,  l'attraction  de  ce  globe  diminue  en  raison  du  carré  de 

la  distance  p,  tandis  que  l'action  perturbatrice  du  Soleil  -^  p  aug- 
mente proportionnellement  à  cette  même  distance  p.  Le  rapport 
des  deux  forces  varie  donc  comme  p'.  Un  corps  porté  à  la  dis- 
tance de  60  (p),  (p)  étant  le  rayon  équatorial,  et  participant,  bien 
entendu,  au  mouvement  de  la  Terre,  décrirait,  s'il  était  lancé  avec 
une  vitesse  double  de  celle  d'un  boulet  de  canon,  une  orbile 
identique  à  celle  de  la  Lune.  Mais,  pour  ce  projectile,  Faction  per- 
turbatrice du  Soleil  serait  déjà  -j-^  de  l'attraction  terrestre.  Enfin, 
à  la  distance  de  27o(p)  environ,  ces  deux  forces  seraient  égales, 
et  un  corps  lancé  dans  ces  conditions  finirait  par  circuler  autour 
du  Soleil  et  non  autour  de  la  Terre  (comparez  avec  ce  qui  a  été  dil 
pour  les  comètes,  p.  188). 

Chaque  planète  a  ainsi  une  sorte  de  sphère  d'attraction,  res- 
treinte par  la  présence  du  Soleil,  à  l'intérieur  de  laquelle  elle 
peut  avoir  et  conserver  des  satellites.  Si  le  Soleil  venait  à 
disparaître,  à  être  anéanti,  chaque  planète  poursuivrait  sa  roule 
dans  l'espace,  avec  sa  vitesse  et  dans  sa  direction  actuelles,  empor- 
tant avec  elle  ses  satellites.  Ces  petits  systèmes  seraient  à  peine 
atteints  par  la  catastrophe  ([ui  dissoudrait  le  monde  solaire. 

Si,  au  lieu  de  considérer  le  mouvement  du  satellite  par  rapport 
à  la  planète,  on  veut  en  étudier  le  mouvement  absolu,  on  trouve 
que  le  satellite  décrit  une  épicycloïde  autour  du  Soleil.  La  nature 


LA   LUNE.  a83 

de  celte  courbe  dépend  du  rapport  des  deux  vitesses,  celle  de  la 
circulation  autour  de  la  planète  et  celle  de  la  circulation  du  petit 
système  autour  du  Soleil.  Ce  rapport  est  tel,  pour  la  Lune,  que  son 
épicycloïde  est  allongée,  sans  boucle  ni  point  de  rebroussement, 
en  sorte  que  le  mouvement  delà  Lune,  vu  du  Soleil,  est  toujours 
direct  (  *  )•  H  en  est  de  même  pour  les  deuxième,  troisième  et  quatrième 
satellites  de  Jupiter.  Le  premier,  au  contraire,  décrit  dans  Tespace 
une  épicycloïde  à  boucles;  vu  du  Soleil,  son  mouvement  offre 
des  parties  rétrogrades  et  des  parties  directes;  il  a  des  stations 
el  des  rétrogradations  comme  les  planètes  vues  de  la  Terre.  Mais 
nous  n^aurons  à  étudier  que  le  mouvement  de  la  Lune  relative- 
ment à  la  Terre. 


(')  Il  est  facile  de  montrer  que  cette  épicycloïde  décrite  par  la  Lune  autour  du 
Soleil  n'a  môme  pas  de  points  d'inflexion  et  présente  partout  sa  concavité  au  Soleil. 


—    ■  ■»>  ■ 


aS4  LIVRE   VI.    —    CHAPITRE    XXX. 


CHAPITRE  XXX. 


PHASES  DE  LA  LUNE  ET  OBSERVATIONS  MÉRIDIENNES. 


i*«ai 


Phases,  Lunaison. 

Néanmoins  il  est  impossible  de  ne  pas  tenir  compte  du  Soleil 
dès  les  premiers  pas  que  nous  faisons  dans  cette  étude.  Le  Soleil,  en 
efl'et,  éclaire  la  Luneetlarend  visible  à  nosyeux  par  une  successionde 
phases  semblables  à  celles  des  planètes.  De  plus^  il  agit  comme 
masse  perturbatrice,  et  son  action,  qui  lait  dévier  la  Lune  de  For- 
bite  elliptique  qu'elle  devrait  décrire  autour  de  la  Terre,  varie  sans 
cesse  connue  les  phases  elles-mêmes  auxquelles  ces  perturbations 
se  rattachent  intimement. 

Considérons  la  Lune  dans  la  position  l^{Jig,  54)  lorsque  l'angle 

Fig.  5|. 


i/^- 


%^ 


yo  - — 


T-    \ 


.180 


tr 


sr-*:^ 


S5 


no 


en  Test  do  p"^.  l/hémi>phôre  tourné  vers  la  Terre  a  pour  limiîe  lo 
cerclt'  <f' Joni  lo  plan  est  |)«:T[>on.licii[aire  àTL.  L'hémisphèn-  éclain* 
par  !e  Soleil  a  pour  L  aso  !«'  coivlo  il  dont  le  plan  est  perp'^n»iii*u- 
laire  à  LS.  Dè^  lor:>,  la  seule  partie  visible  pour  nous  sem  le  Itiseau 


PHASES   DE    LA   LUNE    ET    OBSERVATIONS   UERIDIENNES. 


a85 


projeté  en  iL(/  sur  le  plan  de  la  figure.  L'angle  de  ce  fuseau  est 
évidenimenl  égal  à  Tangle  LTS  ou  C  —  O,  dlflerence  des  lon- 
gitudes géocenlrlques  des  deux  astres,  du  moins  quand  on  néglige 
la  petite  inclinaison  de  l'orbite  lunaire  sur  le  plan  de  l'écliptique 
où  Ton  compte  les  longitudes.  La  figure  donne  le  rabattement  du 
disque  lunaire;  la  portion  visible  est  le  mince  croissant  compris 
entre  le  demi-cercle  du  contour  apparent,  toujours  nettement  ter- 
miné, et  la  demi-ellipse  projection  du  cercle  d'illumination  ii\ 
toujours  déchiquetée  par  les  saillies  dont  le  sol  de  la  Lune  est 
hérissé.  Le  reste  du  disque  n'est  pourtant  pas  absolument  invisible  ; 
il  est  éclairé  faiblement  par  la  lumière  que  la  Terre  lui  envoie,  et 
nous  apparaît  (lorsque  le  croissant  est.  très  mince)  d'une  teinte 
bleuâtre,  qu'on  nomme  la  lumière  cendrée. 

Comme  l'action  perturbatrice  du  Soleil  se  réduit  à  la  différence 
des  attractions  qu'il  exerce  sur  la  Terre  et  sur  la  Lune,  celte  action 
dépend  évidemment  de  l'angle  LTS  qui  règle  les  phases.  Les  Anciens 
ont  donné  le  nom  d'aspect  k  certaines  valeurs  de  cet  angle  qui  re- 
viennent continuellement  dans  cette  étude. 


Anf  le  T 

ou  (£;—  0 

Aspect. 

Phase. 

C  .     .  . 

Conjonction 

Nouvelle  Lune 

45...    . 

i*-   orlant 

90.... 

Quadrature 

1*^  quartier 

i35...    . 

'^*  octant 

• 

180 

Opposition 

Pleine  Lune 

2Sl5 

0* octant 

'270... 

Quadrature 

2"  quartier 

3i5.    ... 

4*  octant 

Éclipse  possible  de  3 


Eclipse  possible  de  C 


On  nomme  aussi  syzygies  les  deux  aspects  de  la  conjonction  et 
de  l'opposition  pris  ensemble. 

La  période  de  ces  phases,  c'est-à-dire  la  révolution  synodique 
de  la  Lune,  s'obtient  ainsi.  I^a  révolution  sidérale  étant 
de  2jJ,320i6ô',  le  moyen  mouvement  diurne  de  la  Lune  est  donc 


Celui  du  Soleil 


n  —  1 3. 10.34 ,9 
n!  ~   0.59.   8,2 


Vitesse  relative, 


n  —  n  —12.11 .27,7 


28G  LIVRE    VI.    —    CHAPITRE    XXX. 

36o« 

Par  suite,  révolution  synodique 7  --^  29^,5306. 

C*est  la  durée  d^une  lunaison.  A  chaque  lunaison  les  phases  se 
reproduisent  dans  le  même  ordre,  et  il  en  est  de  même  des  actions 
perturbatrices  que  le  Soleil  exerce  sur  la  Lune. 


Distance,  Parallaxe. 

Nous  adopterons  les  symboles  a,  e,  r,  T,  /?i,  .  . .  pour  désigner 
le  demi-grand  axe,  Texcentricilé,  le  rayon  vecteur,  etc.,  de  la  Lune. 
Les  éléments  analogues  pour  la  Terre  porteront  un  accent.  Nous 
devons  prévenir  de  suite  le  lecteur  qu*ici  l'unité  astronomiqoe 
n'est  plus  a',  mais  (p),  rayon  équatorial  de  la  Terre.  Il  n'y  a  pis 
moyen  de  mesurer  la  distance  r  de  la  Lune  à  la  Terre  en  parties 
de  a',  comme  nous  l'avons  fait  (p.  97^  pour  les  satellites  des  autre:^ 
planètes.  Il  faut  l'obtenir  directement  par  la  méthode  des  parallaxes: 
or,  ce  procédé  donne  la  distance  en  parties  de  la  base  prise  comme 
unité,  et  cette  base  est  (p).  Il  semble  d'abord,  en  se  reportant  àU 
figure  des  phases,  que  Ton  pourrait  déterminer  la  distance  de  la 
Lune  à  la  Terre  par  le  triangle  TLS,  au  moment  où  la  Lune  est  en 
quadrature,  c'est-à-dire  quand  L  =  90**  ou  ajo".  En  effet,  à  ce 
moment,  la  Lune  est  dichotome,  c'est-à-dire  coupée  en  deux  par 
la  ligne  de  séparation  d'ombre  et  de  lumière.  Si  à  cet  instant,  qu'il 
semble  aisé  de  déterminer  avec  quelque  exactitude,  on  niesu  re  Tanglt' 
en  T,  le  triangle  rectangle  SLT  donnera  le  rapport  de  TL  à  ST. 
c'est-à-dire  de  r  ou  de  a  à  a'.  On  a  trouvé  ainsi  ~  pour  ce  rapport, 
et  nous  verrons  plus  loin  qu'effeclivement  la  Lune  est  à  peu  près 
400  fois  plus  près  de  nous  que  le  Soleil.  Mais  ce  procédé  ne  com- 
porte aucune  précision,  parce  que  la  ligne  de  séparation  d'ombre 
et  de  lumière  manque  de  netteté  ;  elle  est  d'ailleurs  trop  affectée 
par  les  irrégularités  du  sol  de  la  Lune. 

Disons  aussi  que  les  astronomes  ne  se  servent  guère  des  nota- 
tions /•  et  a  dans  cette  théorie,  mais  de  leurs  inverses  -  ou  ->  et 

r         a 

comme  le    numérateur    i    représente    le  rayon    équatorial  de  la 
Terre  (p),  -  est  le  sinus  de  la  parallaxe  horizontale  équatoriale  P 


PHASES    DE    LA    LUNE    ET    OBSERVATIONS    MÉRIDIENNES.  '287 

de  la  Lune.  On  remplace  donc  le  rayon  vecteur  par  cette  paral- 
laxe. 

C'est  un  élément  variable  dont  la  constante  -  =  sin  5 n'  2".  66. 

a  ' 

De  là    on    tire   a  =  60,26728  rayons   équatoriaux  de   la   Terre. 

Les  variations  de  la  parallaxe  P  dépendent  de  l'excentricité  e=  ,-*g. 

Elles  vont  de  6i'  à  54'. 


Diamètre  apparent,  diamètre  linéaire. 

Reste  un  dernier  élément,  à  savoir  le  diamètre  angulaire  A  de  la 
Lune  vue  du  centre  de  la  Terre,  c'est-à-dire  à  la  distance  r.  Si  on 
représente  par  v  le  rayon  de  la  Lune,  on  a 

sin|A  3=  -  =vsinP. 
'  r 

A  varie  donc  avec  r,  en  vertu  de  Texcentricité  de  Torbite.  Sa 
valeur,  à  la  distance  moyenne  a,  est  de  3i'6", 24?  ses  valeurs 
extrêmes  sont  29^22"  et  32'5o",  de  sorte  que  la  Lune,  vue  du 
centre  de  la  Terre,  parait  tantôt  plus  grande,  tantôt  plus  petite  que 
le  Soleil,  car  le  diamètre  apparent  de  ce  dernier  est  compris 
cnlre3i'28'^et  32'36".  De  la  valeur  moyenne  on  déduit  t  =0,27264? 
l'unité  élant  toujours  (p).  Ainsi  le  rayon  de  la  Lune  est  à  peu  près 
le  quart  de  celui  de  la  Terre. 

Le  diamètre  apparent,  pour  un  observateur  placé  à  la  surface 
de  la  Terre,  diffère  sensiblement  de  celui-là.  Sur  la  figure  ci-jointe, 


Fi  g.  55. 


L 


LO  =  r,  AL  =  Ti  ;  les  distances  zénithales!^,  Ç|,  rapportées,  non 
pas  à  la  verticale  AZ',  mais  au  rayon  terrestre  prolongé  AZ,  donnent 

r    _  sin  î  A,  _^  sinC, 
/',  sin  J  A  sinï 


288         PHASES    DE    LA    LUNE    ET    OBSERVATIONS    MÉRIDIENNES. 

En  désignant  par  p  la  parallaxe  ALC,  par  ^  l'angle  ZAZ', 
par  Zy  la  dislance  zénithale  ordinaire  Z AL  on  a  les  relations  fort 
simples,  pour  le  méridien, 

C  =  Ci— />,      ^x  —  ^x  —  ^^ 

sinz?  ::=  -  sinÇ,  r=  p  sin  Psîn(w,  —  <J/). 
r 

Si  robservation  se  faisait  hors  du  méridien,  Ç|  ne  serait  plus 
égal,  rigoureusement,  k  z^  —  ^5  le  triangle  sphérique  ZZ'L  don- 
nerait 

cos![,  1=  ces  ^1  ces 'J'  -H  sin-Si  sin  ^  ces  A, 

A  étant  l'azimut  de  la  Lune,  formule  qui  se  réduit,  à  cause  de  b 
petitesse  de  ^  (vol.  I,  p.  292),  à 

Ç,  n:  ^,  —  <j/cosA. 

Ainsi  le  mouvement  diurne,  en  faisant  varier  r^  de  tout  an 
ravon  de  la  Terre,  fait  varier  le  diamètre  angulaire  de  la  Lune 
de  Yjj-  environ  pour  l'observateur  A.  Elle  lui  paraîtra  donc  plus 
grande  de  ~  au  zénith  qu'à  Thorizon  (  '  ). 

Les  coordonnées  .R  et  0  varient  si  vite  qu'on  est  obligé  de  lc$ 
donner,  dans  les  tphémérides,  non  pas  de  jour  en  jour,  comme 
pour  le  Soleil  et  h  s  planètes,  mais  d'heure  en  heure.  Autrement 
rinterpolation  serait  par  trop  pénible.  Voici  un  extrait  de  la  Con- 
naissance des  Tent  us  pour  1S82  : 


G 

/uiHet  1882. 

\  uriatioii 

Variation 

llrurcs. 

A\. 

pour  i" 

0. 

piiur  i". 

1 
> 

A. 

P. 

0..  . 

23 

h       m      s 

.56.   7,58 

il 
2,229 

87 . 34 . 27 , 7 

—  12*88 

16'. 

15*8 

>0 

.35:1 

1  ..  . 

38.21, 3*2 

2,229 

21 .35,7 

12,86 

1 5,5 

34,1 

'2..  . 

4o.35,o3 

2  ,  228 

8.44,7 

12,84 

l5,2 

33,1 

3.    . 

42.48,71 

2 ,  228 

80.55.55,2 

12,81 

'4,9 

32,1 

4... 

45.  2,3G 

2 ,  227 

43.  7,3 

'•^>79 

14,7 

3i,i 

5... 

47. iG,oo 

2,227 

3o . 2 I , 0 

12,76 

74,4 

3o,a 

{*  )  La  Lune,  à  l'horizon,  nous  parait  au  contraire  beaucoup  plus  grande  qu'ao 
zénith;  mais  ce  n'est  qu'un  circt  d'optique  atmosphérique  (voL  I,  p.  11  ),  qui  dis- 
parait dans  les  mesures. 


PHASES    DE   LA   LUNE    ET   OBSERVATIONS   MÉRIDIENNES.         289 

Ces  mouvements  sont  les  plus  rapides  de  tout  le  ciel,  sauf  ceux 
de  certaines  comètes.  Lorsqu'on  dirige  la  lunette  d'un  équatorial 
bien  réglé  sur  une  étoile,  la  lunette  suit  Tastre  dans  son  mouve- 
ment diurne  et  reste  exactement  pointée  sur  lui.  Il  en  est  à  peu 
près  de  même  pour  le  Soleil  et  les  planètes;  mais,  quand  il  s'agit 
de  la  Lune,  quelques  secondes  manifestent  déjà  le  mouvement 
propre  de  notre  satellite.  Pour  le  suivre,  malgré  la  variation  d'^îl 
opposée  au  mouvement  diurne,  il  faut  agir  sur  le  moteur  et  lui 
imprimer  un  retard  d'environ  2*  par  minute  de  temps  sidéral.  Il 
faudrait  aussi  tenir  compte  du  mouvement  de  l'astre  en  distance 
polaire;  on  vient  de  voir  que,  le  6  juillet,  il  était  de  i3'' par  minute. 
Ce  qui  achève  de  compliquer  ces  effets,  c'est  la  variation  inces- 
sante de  la  parallaxe  et  de  la  réfraction  en  JR  et  en  3. 

Observations  méridiennes. 

Lorsqu'on  observe  la  Lune  à  son  passage  parle  méridien,  comme 
ce  plan  contient  à  la  fois  la  station  M  et  le  centre  O  de  la  Terre, 
l'instant  de  ce  passage  est  le  même  en  O  et  en  M,  autrement  dit 
^  VJR.  observée  n'est  point  affectée  par  la  parallaxe.  Seule  la  distance 
zénithale  exige,  de  ce  chef,  une  correction  qui  doit  lui  être  appliquée 
si  l'on  veut  obtenir  la  distance  polaire  géocenlrique  0.  Supposons 
que  la  lunette  méridienne  décrive  exactement  le  méridien,  que 
l'observation  ait  été  faite  régulièrement  à  tous  les  fils  du  réticule, 
enfin  que  H  et  H'  soient  les  moyennes  des  observations  faites  aux 
deux  bords  du  disque  lunaire;  on  aura,  comme  pour  le  Soleil 
(p.  29)  ,  âJR  étant  la  variation  de  iR  en  1% 


Il  ~f-  IV  __        ir-^ii  _         jA 

relations  dont  la  première  donne,  pour  le  centre  de  la  Terre,  l'as- 
cension droite  du  centre  de  la  Lune,  et  la  seconde,  le  demi-diamètre 
angulaire  de  cet  astre. 

Si,  au  même  instant,  on  a  mesuré  au  cercle  mural  les  distances 
zénithales  z^  et  z\  des  deux  bords  supérieur  et  inférieur  (corrigés 
de  la  réfraction),  on  aura 


^i  ^^  ^1 

2 
II.  19 


;î ^l~T""*l  n_J_>  Il li  1\ 

0—  ^ /?H-A,      ^ —k^u 


290  LIVRE    VI.    —  CHAPITRE    XXX. 

p  étanl  calculé  (p.  210)  par 

sinp  =  p  sin  P  sin  (  — ^  —  4'  )  ' 

formule  dans  laquelle  P  est  donné  pour  l'heure  de  l'observalion 
par  la  Connaissance  des  Tçnips.  Enfin  on  obtient  -jA  par 


sin^A  


sini  .lL±Jll_4,__^j 


sinjA,  .    /^i4- 


si„(iii£l_^^ 


Ces  deux  manières  de  déterminer  le  diamètre  apparent  de  la 
Lune,  en  deux  sens  rectangulaires,  donnent  constamment  le  mèiotr 
résultat  ;  parconséquenl,  le  disque  de  cet  astre  est  circulaire.  Comin»* 
la  Lune  tourne  toujours  vers  nous  la  même  face,  cela  ne  prt>u\<» 
pas  qu'elle  soit  sphérique;  elle  pourrait  avoir  la  figure  d'un  ellip- 
soïde de  révolution,  à  peu  près,  autour  du  diamètre  qu'elle  dirij^v 
vers  nous.  La  théorie  montre  qu'il  doit  en  être  ainsi,  mais  lalloD- 
gement  de  cet  ellipsoïde  à  trois  axes  inégaux  est  très  faible  ;  la  Lunf 
peut  être  considérée  ici  comme  sphérique  sans  erreur  appréciable. 

Nous  avons  supposé  que  les  deux  bords  étaient  observés  au 
passage  de  la  Lune  au  méridien.  Cela  n'arrive  que  rarement, 
à  l'époque  de  la  pleine  Lune.  D'ordinaire  on  n'observe  quo  le 
pi*emier  bord,  lorsque  la  Lune  passe  au  méridien  avant  minuit,  ou 
le  second,  lorsque  Tobservalion  a  lieu  après  minuit.  SuppoM»n>- 
nous  dans  le  premier  cas  :  à  Theure  II,  moyenne  des  observati«ni* 
faites  aux  cincj  fils  de  la  lunette,  c'est-à-dire  à  l'heure  du  pas>a|:' 
du  premier  bord,  il  faudra  ajouter  le  temps  employé  par  le  demi- 
diamètre  horizontal  à  passer  au  méridien.  Ce  temps,  c'cst-à-dirr 


ii 


(i.*)"  —  JJ<)sino' 

se  trouve  tout  calculé  dans  la  Connaissance  (tes  Temps,  heure  par 
heure. 

De  même,  au  cercle  mural  ou  au  cercle  méridien,  il  est  bien 
rare  qu'on  observe  à  la  fois  les  deux  bords;  il  n'y  en  a  presque 
jamais  qu'un  qui  soit  bien  terminé.  Supposons  qu'on  ail  obsent 
le  bord  inférieur  :  pour  avoir  la  distance  zénithale  du  centre,  il 


PHASES    DE    LA    LUNE    ET    OBSERVATIONS    MERIDIENNES. 


291 


faudra  retrancher,  de  celle  du  bord,  le  demi-diamètre  apparent  {A| , 
et  c'est  pour  la  distance  zénithale  apparente  z\ — ^A|  qu'on  cal- 
culera la  parallaxe  p.  Mais  ici  se  présente  une  petite  difficulté  :  les 
éphémérides donnent^!  et  non  ^A,.  Or,  pour  calculer^ A,,  il  faut 
recourir,  dans  ce  cas,  à  la  formule  {Z,\  =  z\  —  ^) 

sin^A,  _       sin(;;~iA|) 
sin|A         sin(C,— AA,  —  jy)' 

On  lèverait  cette  difficulté  en  calculant  p  à  l'aide  de  la  distance 
zénithale  approchée  du  centre  C  — ^A;  on  en  conclurait  jA,  et  on 
reprendrait  le  calcul  de  p  avec  cette  nouvelle  approximation. 

Il  vaut  mieux  éviter  le  calcul  de-jAi  et  employer  des  formules 
ensLCtes. 

Soient  ÎJ'j  la  distance  zénithale  Z'AB  du  bord  inférieur  (Jfg.  l'îô), 

Fig.  56. 


k'ùïe 


,-:'^' 


2^  celle  du  ceqtre  L  vu  du  centre  O  de  la  Terre,  et  p'  la  différence 
de  ces  deux  angles.  Menons  par  L  la  droite  LA'  parallèle  à  BA.  Le 
triangle  LOA'  donnera 

sin//       sin  Ç', 

OA  4-  AA'  ~~^* 
Et  comme 


OA  =  p,     AA^  —    .    ^,  ,      -=siny,      -:=sinP, 
^'  siiiÇ,        p  ''       r 


on  aura 


Par  suite, 


sin/?'  =  2psinPsin|(Ç'i  -l-x)coi(Ci  — /.)• 


en  désignant  par  z\  la  distance  zénithale  ordinaire  du  bord  infé- 
rieur. A  Paris  y  =  i5"5i',  logp  =  9,99916,^=  ii'4>"î74- 


iga  LIVRE   VI.   —    CHAPITRE   XXX. 

Corrections  insimmentales. 

Quand  on  obsen'e  le  passage  du  bord  de  la  Lune  à  ud  fil  autre 
(|uc  celui  du  milieu  du  réticule^  Tinslant  de  ce  passage  est  légère- 
ment affecté  de  la  parallaxe,  parce  que  l'observation  est  faite  hors 
du  méridien.  Mais  les  fils  latéraux  étant  répartis  s^-métriquement 
pur  rapport  au  fil  du  milieu,  ces  petits  eflets  disparaissent  de  la 
movonne.  Si  robser\'ation  n'a  pu  être  faite  à  tous  les  fils,  par 
suite  des  ondulations  atmosphériques  ou  du  passage  d*un  petit 
nuage  sur  le  disque  de  la  Lune,  il  faut  réduire  au  fil  du  milieu  les 
observations  faites  à  chacun  des  fils  latéraux,  et  tenir  compte  alors 
do  la  parallaxe. 

Soit,  on  pivjoction  sur  le  plan  deThorizon  {fig.  5 7),  le  méridien 

Fis.  3;. 
I 


>\  '."^^^rrS  t*  .'t  :  i  ,'1  ^  ,it:  i  .1  :;.>,jT':-f  iz^sltiiy  r'dufit  du 
•ti  Si  ,vv.v>,."  ^i-  ,'>  1  *i  ?viji-;  :u.  *t  i»:ri  îf  Ia  Lune  touche 
,v  i  S  /.'f  f»,'rv  ti-*:  r..  c  f'i  :'i  :a  r^Tr-sifEte  par  L|L  le 
,v^  ■  ,î\*-  ,«.  .1  .ai  av.  ,  il  l'XTi  :  1  I_  -»i  !•  --i:  cv-rTe>p-'*ndanl 
•  l  »  »  .  i  ,\»f  '  -•«;  .1  *  ,'-f  :';ii.-  .l:^<•^»'i:fL^.  liocU»  horaire 
4,.">.\i.  \-i     ,>^    1  .X  f!        .'v'tir   1:   .v'jcrv    su  n   Tirre.  il  est  ao 

iiv^iiv   iiv.*u»v»K  i /*.        a.   ^  ,>î.  .^  lunji.T  rw  Jî  è<;o3  d*  la  Lune 


PHASES    DE    LA    LUNE    ET    OBSERVATIONS    MÉRIDIENNES.  agS 

a  réellement  à  franchir  pour  atteindre  le  fil  du  milieu  ou  le  méri- 
dien. Les  triangles  ZPL,  ZPL<  donnent 

sinifl       sinPZL       sin^fli       sinPZL, 


sin:;  sin3  sin^j  sinO} 


Par  conséquent, 


/n  itii  — : — :r   ^ i 

smô   sm:?! 


'■■•l  —  /  .i^n         j  «-»  \  -•_  2»    > 


d'autre  part, 

l 

(i5''— diR)sinoi 
donc 

Al  = l ^  iiîii. 

(i5  —  (^ifl)sino  sinx?! 

Voici  un  exemple  de  ce  genre  de  calculs,  que  je  prends  dans  un 
Mémoire  d'un  lieutenant  de  vaisseau,  M.  de  Bernardières,  observant 
aux  îles  d'Hyères ,  par  o'*i5°*  de  longitude  et  46'' 53' de  colalitude. 
L'observation  de  la  Lune,  i"  bord,  du  17  mars  1878  a  donné  : 

Il       m       8 

i"Til 10.56.28,0 

>.•  fil 56.42,0 

3«  fil 56.56,4 

.;•  fil 57. 10,6 

j«  fil » 

La  distance  de  ces  fils,  non  pas  au  fil  du  milieu,  mais  à  un  fil 
idéal  coVrespondant  à  la  moyenne  était,  en  temps  : 

s 

I*"^  fil -\-  '27,412 

2*   fil -}-    13,781 

3»  fil -!-     o,o38 

4*  fil -  i3,744 


5" 


fil * —  27 ,  5o6 


La  Connaissance  des  Temps  donne 

e)^^il?|2i_^i^:^o%5647(«),     a  =  85"3o',     P  =  6i',4, 

DO, 104 


(*)  La  Connaissance  des  Temps  donne  d]B<  =  2', 2661  pour  1"  de  temps  moyen  1 
c'est-à-dire  pour  00",  164  de  temps  sidéral. 


294  LIVRE    VI.  —  CHAPITEE    XXX. 

Le  cercle  de  la  lunelte  méridienne  donnait  z^  =  39^16'.  Oaen 
déduit  p  =  39',  z  =  38^37'. 

Pour  avoir  en  temps  les  angles  horaires  de  Lune  répondant  aoi 
fils,  il  faut  multiplier  les  nombres  ci-dessus  par  le  facteur 

i5  sin^ 

logiS 1,17609 

C*log  14,4353 8,84o58 

CMogsino o,ooi34 

logsin>5 9,79^36 

CMogsin^i 0,19864 

0,01201  0,01201        0,01201       o.oiaoi 

log distance  des  fils i, 43794  1,13928       8,57978       i,i38ii 

ï, 44995  i,i5i29  8,592  i,i5oi"i 

28', 18  i4*,i7  -+-o%o4  — ii',iJ 

Passages  observés lo*'.  56".  28",  00  42%  o  56',  4  ^7".  10*. <» 

10. 56. 56, 18  56,17  56, 4{  56.S6.4: 

La  moyenne  de  ces  quatre  observations  ramenées  au  fîl  idéal 
moyen  est  io**56"56%32. 

Il  resterait  à  multiplier,  par  le  même  facteur 

I  sinû|    sine 

i5  —  ôM   sinS    sine, 

la  somme  des  corrections  instrumentales  qu'il  faudrait  appliquer 
à  cette  moyenne,*c'est-à-dire 

a  sine,  -f-  / cose,  4-  c 
sino 

Quant  au^  cercle  mural,  aucune  correction  nest  nécessaire  si 
Tobservation  a  été  faite  au  méridien.  Mais  si  Ton  a  pointé  sur  le 
bord  de  la  Lune  t  secondes  après  le  passage  du  centre  au  méridien, 
il  faudra  appliquer  ici  deux  corrections  : 

I®  La  réduction  au  méridien,  d'après  la  formule  de  la  page  1^3 
du  Volume     : 

2o6265'tang*^ifl8in2  8 —  ..., 


PHASES    DE    LA   LUNE    ET    OBSERVATIONS    MÉRIDIENNES.  29^ 

en  ayant  soin  de  calculer  Al  par  la  formule 

a«  La  variation  que  o  a  subie  dans  l'intervalle  ty  par  suite  du  mouve- 
ment de  la  Lune  en  distance  polaire.  Elle  a  pour  expression  tdoy  do 
étant  la  variation  pour  i*  prise  dans  la  Connaissance  des  Temps 
pour  la  date  de  l'observation. 

Nous  avons  cru  devoir  insister  sur  ces  corrections  minutieuses, 
parce  que  les  observations  de  ce  genre  servent  souvent  à  la 
détermination  des  longitudes  géographiques.  Ce  sont,  en  réalité,  les 
observations  les  plus  délicates  et  les  plus  difficiles  de  toute  TAstro- 
nomie  pratique. 


296  LIVRE    VI.  — CHAPITRE    XXXI. 


CHAPITRE  XXXI. 


ÉLÉMENTS  DE  L'ORBITE  LUNAIRE.  LEURS  VARIATIONS. 


Nous  avons  vu  que  les  éléments  des  orbites  planétaires,  sauf  les 
grands  axes,  sont  soumis  à  des  variations  séculaires  extrêmement 
petites,  en  sorte  que  les  planètes  décrivent  autour  du  Soleil  des 
ellipses  lentement  variables  de  forme  et  de  position.  Après  avoir 
calculé  la  position  d^une  planète,  suivant  les  lois  de  Kepler,  en 
employant  les  éléments  actuels  de  son  orbite,  on  ajoute  à  ses  coor- 
données les  perturbations  représentées  par  de  petits  termes  pério- 
diques. Ces  petites  variations  séculaires  et  ces  petites  inégalilés 
périodiques  proviennent  des  attractions  planétaires.  Il  en  est  de 
même  pour  la  Lune.  Son  grand  axe  et  la  durée  de  sa  révolution 
sont  invariables  (  *  )  ;  tous  les  autres  éléments  varient,  mais  avec  une 
rapidité  étonnante.  Les  inégalités  périodiques  elles-mêmes  sonl 
démesurées  en  comparaison  de  celles  des  planètes.  Enfin  il  n\  a 
ici  qu'un  seul  astre  perturbateur,  mais  c'est  le  Soleil,  dont  la 
puissante  atlracliori  explique,  à  elle  seule,  ces  grandes  déviation* 
de  la  marche  purement  elliptique. 

Commençons  par  les  deux  éléments  invariables,  le  demi-grand 
axe  ou  la  distance  movennc  de  la  Lune  à  la  Terre,  et  la  durre  de 
la  révolution  sidérale. 

Durée  de  la  révolution. 

Les  coordonnées  rqualoriales  ayant  clé  transformées  en  coor- 
données éclipliqnes,  on  compare  des  longitudes  séparées  par  l«* 
])his  grand  intervalle  possible,  après  les  avoir  corrigées  des  in'*ga- 
lilés  périodi(|nes,  ou  bien  en  a>ant  soin  de  choisir  des  obsor>a- 

(')  Sauf  une  minime  variation  séculaire  dont  nous  nous  occuperons  plu>  loin. 


ÉLÉilENTS    DE    L'oRBITE    LUNAIRE.  297 

lions  faites  à  deux  époques  où  le  Soleil  avait  la  même  position 
relativement  à  la  Terre,  à  la  Lune  et  au  périgée  de  Torbite  lunaire, 
en  sorte  que  les  inégalités  dues  à  l'action  de  cet  astre  affectent 
les  deux  longitudes  de  la  même  manière.  On  en  déduit  la  durée 
de  la  révolution  tropique  (par  rapport  au  point  y) 

27i,32i5822, 

puis  la  révolution  sidérale 

27i,  32 16608. 

Mesure  directe  de  la  parallaxe. 

La  détermination  du  demi-grand  axe  a  se  confond  avec  celle 

(p) 
de  la  parallaxe  horizontale  équatoriale  dont  le  sinus  est  — —  ou 

simplement  —  >  en  prenant  ici  pour  unité  le  rayon  (p)  deTéqualeur 

terrestre. 

On  y  applique  le  procédé  que  nous  avons  décrit  pour  Mars.  Ici 
le  triangle  AMB  de  la  page  209  n'est  plus  désavantageux,  car,  en 
choisissant  convenablement  les  stations,  on  peut  porter  à  près  de  90' 
l'angle  au  sommet.  L'Académie  chargea,  au  dernier  siècle,  Lalandc 
et  Lacaille  de  cette  mesure.  Le  premier  alla  se  poster  à  Berlin  ;  le 
second,  au  Cap  de  Bonne-Espérance.  Leurs  observations  ont  donné 
pour  la  parallaxe  de  la  Lune,  dans  sa  distance  moyenne  à  la  Terre, 

57'3%2o. 

En  combinant  des  observations  beaucoup  plus  récentes,  faites  en 
Angleterre  et  à  TObservatoire  que  les  Anglais  ont  établi  au  Cap, 
non  loin  de  la  station  choisie  par  Lacaille,  M.  Henderson  a  trouvé 

**     t     n 

07   2   ,20. 

Enfin,  par  des  observations  encore  plus  récentes  aux  deux  mêmes 
stations,  M.  Breen  a  obtenu 

57'3%i6. 


'JtgS  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE   XXXI. 

J'ai  réduit  ces  trois  déterminations  à  la  valeur  actuelle  de  Tapla- 
lissement  jj-^  ;  la  moyenne  est 

57'2%85. 

Détermination  théorique  de  cette  constante. 

Si  la  Terre  avait  un  autre  satellite  dont  les  éléments  fussent  par- 
faitement connus,  on  en  déduirait  le  demi-grand  axe  a  de  rorbile 
lunaire  par  la  troisième  loi  de  Kepler.  Or  tout  corps  qui  tombe  sur 
notre  globe,  tout  pendule  qui  oscille  à  sa  surface  peut  être  considërt 
comme  un  satellite  de  la  Terre  et  conduire  au  résultat  cherché. 

Imaginons  un  satellite  circulant  autour  de  la  Terre  dans  un 
cercle  de  rayon  (  p  )  ;  soit  T'  la  durée  de  sa  révolution  en  secondes 
de  temps  moyen;  nous  aurons,  en  désignant  par  m'  la  masse  deb 
Terre  et  en  prenant  (p)  pour  unité, 

De  même  pour  la  Lune,  en  désignant  par  m  sa  masse,  par  a  et  T 
son  demi-grand  axe  et  la  durée  de  sa  révolution, 


Mais  nous  avons  vu  (p.   i48)  que  la  durée  de  la  révolution  du 
i*"' satellite  a  pour  expression 


2 


v'^="\/5;' 


(G)  rlaut  ratlraclion  terrestre  sur  un  point  extérieur,  à  la  di<- 
tance  (p)  prise  pour  unité,  et  exprimée  en  parties  de  celle  même 
unité. 


(•)  Ce  facteur  Dumérique  a  pour  but  de  tenir  compte  de  la  partie  non  pcnu- 
diquc  de  Taction  perturbatrice  du  Soleil.  Celle-ci  a  pour  effet  d'affaiblir  de  y|:  1**1- 
traction  de  la  Terre  sur  la  Lune.  Voir  le  Tome  III  de  la  Mécanique  céleste,  p.  i**- 
Le  facteur  employé  dans  cette  page  est  un  peu  différent;  en  l'adopUnt,  on  lro«- 
verait  57'2'',  4f  »"  *««"  de  57'2'',6C. 


ÉLÉMENTS    DE    l'ORBITE    LUNAIRE.  '299 

La  première  relation  se  réduit  (Jonc  à 

/(/n')  =  (0). 

En  la  combinant  avec  la  seconde,  on  trouve 


_    s/(G)T»  357 
^~y     47:»     358 


m 

»  +  -,)• 


I 


e 


Nous  verrons  plus  loin  que  la  masse  de  la  Lune  est  -^ de  cell 

^  ^  80,72 

de  la  Terre.  Voici  le  calcul  de  «  ou  de  P  =  arc  sin  -  • 

a 

T 27i,32i66i         logG....      0,9911.(19 

logT 1,4365071        log(p)..       6, 8047113 

log864oo..       4,9365i37        log(G)..       4,i8643o6— lo 

CMogair..       9^2018201         ^i^gL..     ,,,,496818 

•  'p  ait 

'^&J^ 5,5748409  35 

ïogo— ^^^      0,0053472 
80,72 

loga'...       6,3402448 

loga 1,7800816       log  -  ...     8,2199184 

a 60,26728  P 57' 2', 66 

C'est  là  la  constante  de  la  parallaxe  que  nous  adopterons  ;  elle  ne 
diffère  que  de  o",i9  de  la  parallaxe  directement  mesurée.  Elle  est 
certainement  connue  à  moins  d^une  demi-seconde  près,  ce  qui 
porte  son  erreur  relative  à  moins  de  ~yï  ^^  TôVô*  Pour  exprimer 
la  distance  movenne  de  la  Lune  à  la  Terre  en  mètres  ou  en  lieues 
de  4ooo">  il  suffit  de  multiplier  60,  26728  parla  valeur  du  rayon 
équatorial  de  la  Terre  en  mètres  ou  en  lieues.  On  trouve  ainsi 
96102  lieues  avec  une  incertitude  de  di  i4  lieues. 


Position  da  plan  de  Torbite. 

Deux  observations  convenablement  choisies,  dans  le  cours  d'une 
révolution,  donneraient  e  et  N  par  la  formule 

sin(L  —  N)  =  coticot  3; 


3oO  LIVRE    VI.   —  CHAPITRE    XXXI. 

mais,  dès  les  premiers  pas,  on  est  arrêté  par  un  phénomène  bien 
remarquable.  L'inclinaison  i  varie  fort  peu,  tandis  que  la  longitude 
N  du  nœud  change  rapidement,  même  d'un  jour  à  l'autre.  Voici» 
pour  fixer  les  idées,  une  série  de  positions  de  la  Lune,  non  pas  ob- 
servées, mais  calculées  d'après  les  Tables  de  Hansen,  et  tirées  delà 
Connaissance  des  Temps  pour  1882.  Elles  nous  permettront  de 
suivre  ces  phénomènes  avec  tout  autant  de  sûreté  que  si  noos 
opérions  sur  les  obser\ations  elles-mêmes. 

Coordonnées  de  la  Lune  au  commencement  de  i88'ji. 

longitude  latitude  Parallaxe 

Dates.  L.  90" — ?.  arr*iu-« 


o      #  Or  r       • 


Janvier     i 67.2:1  —  o.  8  55.58 

•2 79.54  —   I.  0  55. 28 

3 92.16  —  2.  4  55.  3 

4 104. io  —  3.  2  54. 4^ 

5 116.35  —  3.5i  5|.24 

6 128.35  --4-29  54.10 

7 140.29  -  4-55  5}.  2 

8 i52.2i  —  5.  8  54-  •-* 

9 164.12  —  5.   8  54.  8 

10 176.  7  —  4.54  5{.24 

11 188.  9  —  4.28  5Î.49 

12 200.23  —  3.49  55.24 

i3 212.52  —  2.58  56.  9 

14 225. 1 3  --   1.58  ^7.   > 

I  5 238 .59  —  o .  49  57 .  58 

16 252.  i3  -     0.2 5  58.56 

17 2r>(>  .56  -  -  1 .  40  59 .  5o 

18 281.35  -  -  2.5o  61). 34 

I  *) 29t>  .35  3 . 5 1  61.3 


ELEMENTS    DE    L'oRBITB    LUNAIRE.  3oi 

Coordonnées  de  la  Lune  au  commencement  de  1882. 

(Suite.) 

Longitude  Latitude  Parallaxe 

Dates.  L.  90"  —  p.  arc  sio  - 


r 


Janvier  20 3ii.47  -l-  4*35  61.14 

21 327.  o  -I-  5.  o  Ci.  5 

22 342.  4  -+- 5.  5  60.39 

23 356.49  -f-  4.48  60.0 

2{ II. II  ---4.14  59.12 

25 25.6  -r-    3.26  58.21 

26 38.36  -4-2.27  57.31 

27 5i.4i  4-1.22  56.44 

28 64.27  H-  o.i5  56.  3 

29 76.57  —  0.52  55.28 

3o 89.14  —  1.55  54.59 

3i 101.22  —  2.5i  54.36 

Février     i ii3.24  —  3. 40  54.19 

2 125.22  —  4»i8  54.  6 

3 137.16  —  4*45  53.59 

4 i49-  9  — 4*59  53.56 

5 161.  2  —  5.  o  53.59 

Jn  coup  d'oeil  sufGt  pour  voir  que  l'inclinaison  est  voisine  de 

Elle  ne  varie,  dans  le  courant  de  l'année,  que  de  4°59'  à  5®  18'; 

valeur  moyenne  est  de  5**8'47''»  Q^^^^t  ^"  nœud  ascendant,  on 

trouvera  la  longitude  par  une  simple   interpolation   entre   le 

et  le  16  janvier.  On  aura  celle  du  nœud  descendant  en  opérant 

même  entre  le  i*^'  et  le  2,  ou  entre  le  28  et  le  29.  Si  l'on  ajoute  à 

dernières  180®,  on  obtiendra  deux  nouvelles  déterminations 

N: 

N  =  248<»5o'         1"  janvier 

2/48.  o  i5-i6, 

247.15  28-29. 

^n  calculant  N  à  diverses  époqujs  par  la  formule  précédente,  on 
ra  que  le  nœud  est  tantôt  direct,  tantôt  rétrograde,  mais  qu'en 


3oa  LIVRE    VI.  — CHAPITRE    XXXI. 

somme,  au  bout  de  chaque  mois,  le  mouvement  rétrograde  remporl*» 
toujours.  Il  est  facile  d^en  déterminer  la  vitesse  moyenne  en  compa- 
rant des  valeurs  de  N  à  des  dates  très  éloignées.  On  trouve  ainsi 

Moven  mouvement  diurne  du  Qz=z  —  S'io'.ôS. 

Longitude  moyenne  du  nœud  à  la  date  t. 

No  — i90%63^ 

No  étant  la  longitude  moyenne  à  Tépoque  ^  =  o.  La  durée  de  la 
révolution  rétrograde  du  nœud  est  de  i8*"%6. 

Il  est  utile  d'évaluer  par  rapport  à  ce  point  la  révolution  de  Ij 

Lune.  Son  moyen  mouvement  -=-  est  égal  à 

i3<»io'34%9, 

d*oii  la  vitesse  relative  au  nœud 

i3°i3'45%53. 

La  révolution  synodique  cherchée  ou  révolution  draconitiquc 
est  donc  de  27^ ,  2 1 229.  Ce  nom  singulier  vient  de  ce  que  le  signe  du 
nœud  ascendant,  que  nous  avons  remplacé  sur  nos  figures  par  unÛ, 
était  et  est  encore  pour  les  astronomes  le  symbole  d'un  dragon 
tortueux  Q^,  C'est  le  dragon  céleste  qui,  d'après  de  bien  vieilles  tra- 
ditions, guette  la  Lune  à  son  passage  dans  l'écliptique  et  produit  le^ 
éclipses. 

L'orbite  de  la  Lune,  ou  du  moins  sa  perspective  sur  la  voûte  céleste, 
forme  une  suite  de  spires  enchevêtrées  qui  occupent  un  espace  do  5" 
au  nord  et  de  5°  au  sud  de  l'écliptique,  ce  qui  donne  au  zodiaque 
(zone  parcourue  par  les  planètes,  suivant  les  anciens)  une  lar- 
geur de  10**  (*).  Les  conséquences  de  ce  mouvement  du  plan  de 
l'orbite  lunaire,  dont  l'inclinaison  reste  à  peu  près  constante  pen- 
dant que  sa  trace  fait  le  lour  du  ciel  en  18  ans,  sont  des  plus  re- 
marquables. 


(*)  Les  forlcs  latitudes  gcoccniriques  de  Vénus  ont  même  obligé  les  aociei'^ 
donner  au  zodiaque  une  largeur  de  17  à  18*. 


ÉLÉMENTS    DE    l'oRBITE    LUNAIRE.  3o3 

Action  perturbatrice  du  Soleil. 

La  figure  L  représente  Torbite  lunaire  ÛDLD', . .  et  sa  projection 
sur  le  plan  de  récHplique.  La  et  T  rf  sont,  en  grandeur  et  en  direc- 
tion, les  attractions  du  Soleil  S  sur  la  Lune  et  la  Terre.  Décomposons 
la  force  La  suivant  la  droite  LT,  et  suivant  hb  parallèle  à  TS.  La 
composante  Le  s'ajoute  à  la  force  centrale  qui   sollicite  la  Lune 

Fi  p.  58. 


/^ 


^ 


■'I  C      V    _, .  -  - '"  '    "  -^ 


ti 


dans  son  orbite;  elle  n'a  aucune  action  sur  la  position  de  ce  plan. 
L'autre  composante  La  ne  troublerait  pas  les  mouvements  de  L  par 
rapport  à  T,  si  L 6  et  Trf  étaient  égales.  La  force  perturbatrice  qui 
tend  à  faire  sortir  la  Lune  du  plan  de  son  orbite  actuelle  et,  par 
suite,  à  déplacer  ce  plan  est  donc  Le  —  Trf.  Dans  une  partie  de 
l'orbite  la  force  perturbatrice  est  dirigée  dans  le  sens  ÏS  ;  dans 
l'autre,  elle  est  de  sens  opposé,  parce  que  la  différence  L/>  —  IW 
devient  négative.  Il  y  a  deux  points  morts  D  et  D',  j/oints  où  la 
Lune,  en  quadrature,  est  aussi  éloignée  du  Soleil  que  la  Terre. 
Cette  force  varie  évidemment  comme  le  sinus  de  Tangle  LTD. 

Déplacement  imprimé  à  la  ligne  des  nœuds. 

Considérons  une  région  voisine  du  nœud  et  projetons  l'orb.to» 
lunaire  et  l'écliptique  sur  un  plan  perpendiculaire  à  leur  intersec- 
tion {Jig-  59).  La  Lune  y  est  figurée  à  trois  instants  différents  en  L, 
L',  \J' .  Soit  D  l'un  des  points  morts,  et  admettons  que  le  Soleil  5e 
trouve  à  droite.  A.u-dessus  de  D,  la  force  perturbatrice  sera  dirigée 
vers  la  droite;  au-dessous  de  D,  elle  sera  dirigée  vers  la  gauche.  En 
L',  la  résultante  de  la  vitesse  propre  de  la  Lune  et  de  celle  qui  lui  est 
imprimée  par  cette  force  sera  dirigée  suivant  L'û'.  L't)'  sera  donc  tan- 


3o(  LIVRE    VI.  — CHAPITRE    XXXI. 

gente  à  Torbitc  instantanée  décrite  alors  par  la  Lune,  et  TQ!  sera 
la  trace  de  ce  plan  sur  Fécliptique,  c'est-à-dire  la  nouvelle  ligue 
des  nœuds.  On  voit  que  celle-ci  aura  rétrogradé  de  TÛen  Tff.  Il 

Fig.  59. 


....-jz^^-"^^^ 


en  sera  de  même  en  \J"^  lorsque  la  Lune  aura  franchi  l'arc  ûD. 
Mais  entre  (let  D  en  L'^  ou  bien,  dans  la  région  opposée,  entre  Û 
et  D',  la  même  construction  donne  un  mouvement  direct  pour  la 
ligne  des  nœuds.  Il  est  facile  de  voir  que  la  vitesse  du  nœud,  al- 
ternativement direct  et  rétrograde,  produira,  au  bout  d'une  révolu- 
tion, un  déplacement  rétrograde  dont  nous  avons  évalué  plus  haut  la 
vitesse  moyenne,  c'est-à-dire  la  partie  constante.  Newton  a  fait  voir 
que  la  partie  périodique  était  proportionnelle  au  produit  des  sinus 
des  trois  distances  angulaires  de  la  Lune  au  point  D,  de  la  Lune  au 
nœud,  et  du  point  D  au  Soleil.  En  intégrant  à  sa  manière  l'expres- 
sion  algébrique  de  la  vitesse,  il   a  trouvé,  pour  la  longitude  du 

nœud, 

iN  =  No-i-v/-l-Ksln2[(N)—  ©], 

No  étant  la  longitude  moyenne  du  nœud  à  l'époque  /  =  o,  v  !?on 
moyen  mouvemcnl  diurne,  (N)  sa  longitude  moyenne  à  l'époque/, 
c'est-à-dire  Nq  4- v^.  Ces  coefficients  v  et  K  ont  pour  valeurs,  en 

T 

fonction  du  rapport  =^=  x(*), 

yt  3.  vî  _J ?  -vS  t    S^  6_  ^J      i_ 

'  i  ^    ^^  3  â  •  •  •  »        **■  u  '^  16  "^  .... 

Ce  sont  les  premiers  termes  de  séries  rapidement  convergentes. 

o—  3'ii 
Il  est  facile  de  calculer  ces  coefficients  en  faisant  x  =    "l'  .-2 


(*)  T  cl  T',  rcvolulions  sidérales  de  la  Lune  cl  de  la  Terre. 


ÉLÉMENTS    DE    L'oRBITE    LUNAIRE.  3o5 

(environ  ■—).  On  les  réduira  en  secondes  en  les  multipliant 
par  ao6a65'^,  et  on  aura 

N  =  No--(3'i2'')/  +  (i025'35'')sin2[(N)— O], 

formule  qui  représente  parfaitement  les  observations,  bien  qu^elle 
ne  leur  emprunte  rien  que  la  valeur  de  la  constante  Nq  introduite 
par  rintégration. 


Inclinaison  de  rorbite  lunaire. 

L'inclinaison  de  Torbite  varie  également,  mais  non  d'une  ma- 
nière progressive.  Il  y  a  ici  une  compensation  qui  revient  à  chaque 
révolution.  La  figure  précédente  fait  voir,  en  effet,  que  si  Tincli- 
naison  en  U  tend  à  augmenter  d'un  petit  angle  correspondant 
àÛL'Û',  l'effet  contraire  se  produit  dès  que  la  Lune  a  franchi 
le  point  D,  car  en  L"  l'inclinaison  diminue  d'un  petit  angle  cor- 
respondant à  ÛL'"Û'''.  Ces  deux  effets  contraires  se  produisent  et 
se  compensent  à  chaque  révolution.  Ainsi  l'inclinaison  i  oscille 
simplement  et  fort  peu  autour  d'une  valeur  constante  ({). 

Newton  a  trouvé 

tange  =  tang(i)  +  |îctang(f)cos2[(N)  —  O], 

ce  qui  s'accordait  bien  avec  les  observations  de  Tycho-Brahé.  Ce 
célèbre  astronome,  à  qui  l'on  doit  la  découverte  de  ces  inégalités 
périodiques  du  nœud  et  de  l'inclinaison,  en  donnait  môme  une 
figuration  géométrique  saisissante.  L'argument  a  [(N) —  0]a  pour 
période  la  moitié  de  la  révolution  synodique  du  nœud  dont  voici 
le  calcul  : 

Vitesse  moyenne  du  Q "^  ^9-  ^'»  '9 

Vitesse  moyenne  du  nœud —    3.io,63 

Vitesse  relative i"  2.18,82 

d'où  révolution  synodique  du  nœud  =  346^,6195,  dont  la  moitié  est 
de  173  jours.  La  rétrogradation  moyenne  du  nœud  étant  repré- 
sentée par  un  mouvement  conique  uniforme  de  l'axe  du  plan  de 
II.  20 


3o6  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXI. 

l'orbite  lunaire  autour  de  l'axe  de  récliptique,  sous  un  angle  con- 
stant (  i),  imaginez  que  le  premier  axe  soit  une  ligne  fictive  autourde 
laquelle  Taxe  du  plan  actuel  tourne  coniquement  en  i  ^3  jours,  sous 
un  angle  de  |xtang(«)  ou  de  9'  :  la  combinaison  de  ces  dcoi 
rotations  coniques  représentera,  à  tout  instant,  la  direction  réelle 
de  Taxe  du  plan  de  Torbitc  lunaire,  et  par  suite  les  variations  do 
nœud  et  de  Tinclinaison. 

La  théorie  mécanique  de  ces  mouvements  et  celle  d*une  iné- 
galité lunaire  dont  on  parlera  plus  loin  ont  été  données  parNewtoD, 
et  Ton  a  vu  qu'il  a  déduit  de  la  première,  par  une  analogie  plau- 
sible, la  théorie  de  la  précession  et  des  termes  à  courte  période  de 
la  nutation.  Cet  ensemble  de  recherches,  d'un  genre  aussi  profond 
que  nouveau,  a  jeté  une  vive  lumière  sur  de  grands  problèmes 
dont  on  n'avait  môme  pas  entrevu  la  connexitc  depuis  2000  ans. 
Si  ces  résultats  frappants  de  la  doctrine  de  l'attraction  n'ont  pas 
été  appréciés  par  les  contemporains  de  Newton,  c'est  que  l'analyse 
entièrement  nouvelle  qu'il  y  a  appliquée  était  masquée  par  les 
procédés  d'exposition  synthétique  auxquels  il  se  croyait  tenu  de 
s'astreindre,  par  respect  pour  les  grands  géomètres  de  Tantiquité. 

Hypothèse  géologique  de  la  chaleur  centrale. 

Cependant  son  explication  de  la  précession  n'est  pas  de  naluir 
à  donner  une  idée  complètement  juste  du  phénomène.  Aprc5 
avoir  isolé  par  la  pensée  la  protubérance  équatoriale,  \e\*ton 
montre  que  la  rétrogradation  de  ses  nœuds  s'opérerait  de  la  même 
manière,  que  les  matériaux  fussent  discontinus,  comme  une  série  d<* 
satellites,  ou  à  l'état  fluide,  ou  même  formant  un  tout  solidifié  el 
résistant.  Dès  lors  cet  anneau,  relié  à  la  sphère  interne,  doit  agir 
sur  elle  langenliellcment  et  communiquer  à  sa  masse  énorme  b 
quantité  de  mouvement  dont  Taniment  les  faibles  actions  |)ertttr- 
batrices  de  la  Lune  et  du  Soleil.  En  suivant  cet  ordre  d'idée>. 
quelques  géomètres  se  sont  dit  que  cette  communication  de  mou- 
vements, de  la  masse  rigide  de  l'anneau  à  celle  de  la  sphère  intérieure, 
nese  ferait  pas  sans  frottements  ou  déformations,  si  celle-ci  était 
à  l'état  de  fluidité  incandescente  ;  que,  dans  cette  hypothèse,  la 
précession  observée  devrait  difl'érer  de  la  précession  calculée.  Or, 


ÉLÉMENTS    DE    l'oRBITE    LUNAIRE.  3o7 

3inme  il  y  a  accord  entre  la  théorie  et  l'observation,  il  faut  en 
inclure,  suivant  eux,  que  la  masse  intérieure  possède  une  rigidité 
Dmplète,  que  le  refroidissement  s'y  est  opéré  depuis  longtemps  et, 
nalement,  que  l'hypothèse  des  géologues  sur  la  chaleur  centrale 
si  fausse. 

Mais  il  y  a  là  une  erreur  de  fait.  La  Terre  n'est  pas  homogène, 
omme  le  supposait  Newton.  Elle  se  compose  de  couches  de 
ensités  croissant  vers  l'intérieur,  et  ces  couches  ont  chacune  leur 
platissement  particulier.  L'action  du  Soleil  et  de  la  Lune  ne 
exerce  donc  pas  sur  une  masse  rigide  extérieure  au  noyau  sphé- 
ique,  mais  sur  chacune  des  couches  dont  la  Terre  se  compose. 
•es  matériaux  à  entraîner  ne  se  distinguent  pas  de  ceux  qui  sont 
lUs;  ils  n'en  sont  pas  séparés  par  un  bras  de  levier  considérable; 
lais,  à  cause  de  leur  mélange  et  de  l'énorme  compression  qu'ils 
iibissent,  les  choses  se  passent  comme  si  l'action  perturbatrice 
'exerçait  sur  la  masse  entière,  affaiblie  seulement  dans  un  cer- 
lin  rapport. 

Variation  du  périgée  et  de  rexcentricité. 

Nous  avons  maintenant  tout  ce  qu'il  faut  pour  passer,  des  coor- 
onnées  écliptiques,  aux  coordonnées  dans  l'orbite  par  la  formule 

lang(L— N)=i:cositang(-^—  N), 

u  au  moyen  de  la  série  connue  qui  la  remplace.  En  comparant 
es  longitudes  à  leur  expression  théorique  (pour  le  mouvement 
lliptique) 

4^=  ^  +  71/  -h  Al  sin  (^0  +  'î^  —  w)  -+-  . . . , 

n  déterminerait  les  trois  éléments  4;^o>  ^j  w«  Mais,  dès  les  premiers 
as,  on  rencontre  un  phénomène  bien  remarquable.  La  direction 
u  grand  axe,  donnée  par  la  longitude  u  du  périgée,  change  con- 
nuellement  d'un  jour  à  l'autre,  comme  le  nœud,  mais  plus  vite 
Dcorequelenœud.  Le  tableau  de  la  page  3oo  montre,  sans  calcul, 

ue  l'apogée,  correspondant  au  minimum  de  ->  tombe  le  7  janvier 

►ar  146**  de  longitude.  On  le  retrouve  le  4  février  par  i49°>  tandis 
[ue  le  périgée,  qui  devrait  être  à  180°  de  là,  tombe  le  ao  janvier 


3o8 


LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXI. 


par  3i2°.  Pour  alténuer  reflet  de  ces  inégalités  considérables,  on 
comparera  des  observations  très  distantes  et  on  constatera  qoe  le 
périgée  fait  le  tour  du  ciel,  en  sens  direct,  dans  une  période  de  Dcof 
ans,  et  que  son  moyen  mouvement  diurne  est  de  -i-  6'4<>"',92.Cc$l 
un  eflet  de  la  force  perturbatrice  du  Soleil  estimée,  dans  le  plu 
même  ({e  Torbite,  suivant  la  tangente  à  Torbite  et  le  rayon  vecleor. 
On  se  rend  compte  facilement  de  l' eflet  de  la  composante  tangeo- 
tielle(/î^.  60).  Soient  T  la  Terre  à  l'un  des  foyers  de  Tellipsc 


Fig.  60. 


lunaire,  F'  le  second  foyer,  PTA  la  direction  du  grand  axe.  Lia 
Lune,  L5  la  force  perturbatrice  appliquée  en  L  parallèlement  à 
TS,  r  et  r^  les  rayons  vecteurs.  Si  l'on  désigne  par  aa  le  grand  axe, 
on  aura  r  -f-  /•'=  2  a.  La  composante  tangenlielle  L^  augmente  ici 
la  vitesse  V  de  l'aslre;  elle  ne  modifie  ni  r,  ni  la  force  centrale  ;i. 
et,  comme  on  a  toujours 

/•         a 

en  dlfl'érenliant,  on  aura  i\ d\  =  ^da;  ainsi  a  et,  par  suite,  r 

augmentent  en  même  temps  que  V.  Si  r'  =  LF'  augmente,  le  second 
foyer  F'  ira  se  placer  en/';  par  conséquent,  le  grand  axe  se  dépla- 
cera, dans  le  sens  direct,  de  l'angle  ATa,  et  rexcentricilé  aug- 
mentera. Des  eflets  analogues  se  produiront  sur  la  partie  DAD'  àt 
Torbile;  ils  seront  inverses  sur  l'autre  partie. 

La  composante  radiale  a  un  rôle  non  moins  efficace,  mais  plus 
compliqué.  La  question  ne  saurait  être  traitée  complètement  qur 
parTanalyse.  On  trouve  alors  que  le  mouvement  du  périgée  présente 
une  inégalité   de  la  forme  asina[(Tn) — Q]  et  qu'à  ces  fluctua- 


ÉLÉMENTS    DE    l'oRBITE    LUNAIRE.  Sog 

lions    répond    une    variation   dans    rexcentrîcîté   qui    s'exprime 
par  aecos2[(m) —  ©]. 

Ainsi  on  peut  appliquer  à  l'étude  des  mouvements  de  la  Lune 
les  formules  du  mouvement  elliptique,  à  la  condition  de  prendre 
pour  T7,  à  la  date  t, 

Wo-h  6' 40", 92^  —  asin2[(Tïy)  —  Q]» 

et  pour  excentricité 

e-+-  aecos2[(Tïj) —  Q], 

C'est  ainsi  que  Newton  a  présenté  les  choses,  mais,  lorsqu'il  a 
voulu  calculer  théoriquement  la  principale  constante  de  la  pre- 
mière inégalité,  ou,  ce  qui  revient  au  même,  le  mouvement  du 
périgée  pendant  une  révolution  de  la  Lune,  il  a  trouvé  i°3o'  ^ 
lieu  de  3°3'  (6' par  jour)  que  donnent  les  observations.  Longtemps 
après  lui  les  géomètres  les  plus  éminents,  Euler,  Clairautetd'Alem- 
berl,  essayèrent  en  vain  de  résoudre  ce  point  faible  de  la  théorie  de 
Tattraction.  Clairant  en  vint  même,  en  désespoir  de  cause,  à  pro- 
poser à  TAcadémie  de  modifier  la  loi  de  l'attraction  et  d'y  ajouter 
un  petit  terme  proportionnel  à  l'inverse  de  la  quatrième  puissance 
de  la  distance.  Buffon  protesta  hautement  contre  cette  complication, 
qu'il  jugeait  incompatible  avec  la  simplicité  des  lois  primordiales 
de  la  nature.  Clairaut  vit  enfin  que  l'erreur  de  Newton  provenait 
de  ce  que  le  coefficient  a  se  compose  d'une  série  peu  convergente 
de  termes  qui  ne  peuvent  être  obtenus  que  par  des  intégrations 
successives.  Newton  s'était  arrêté  au  premier,  qui  ne  représenle 
guère  que  la  moitié  de  la  valeur  définitive.  Clairaut  rétablit  l'accord 
entre  la  théorie  et  l'observation,  et  fit  ainsi  disparaître  l'objection 
la  plus  grave  qu'on  pût  faire  à  la  nouvelle  théorie. 

Le  mouvement  moyen  diurne  du  périgée  étant  de  -|-  6'4o'»92 
parjour,  on  en  conclut  la  révolution  de  laLune  par  rapport  à  ce  point 

mobile  : 

Révolution  anomalistique  =  27J,554Goo. 


3lO  LIVRE    VI.  — CHAPITRE    XXXI. 


CHAPITRE  XXXII. 

PRLN  CIPALES  LNÉGALITÉS.  TABLES  DE  LA  LUNE. 


Ëvection. 

Les  anciens  ont  connu  les  singulières  variations  que  nous  venons 
d'indiquer.  Bouillaud  leur  a  donné  le  nom  di  élection  y  pourexprimcr 
qu'elles  faisaient  sortir  la  Lune  de  la  position  que  lui  assignaient  !« 
lois  du  mouvement  excentrique.  Pour  Ptoléraée,  la  longitude  avait 
pour  expression 

long.  nioy.  -h  équation  du  centre  -+-  éverlion, 
ou  bien,  avec  nos  notations, 

long.  moy.  H-  5°i'sin(C  —  w) -h2<»32'sin((C  —  0)cos(ot  —  0). 
A  ujourd'hui  on  écrirait  (Tables  de  Damoiseau,  p.  3i5) 

long.  mo}.  H-G''i7'sin((C  — nj)-i-  l'^iG' sin  [2(C  —  Q)  —  (C  — n]. 

i'ormule  qui  donnerait  le  même  résultat  que  les  prescriptions  de 
^e^vton  (p.  3o()).  Il  est  bien  aisé  de  s'assurer,  en  développant  \t 
second  sinus,  qu'elle  est  identique  à  celle  de  Ptolémée.  1^  con- 
stante f)''!'  que  ce  grand  astronome  assignait  à  réquation  du  cenirr 
répond  effectivement  à  la  somme  de  nos  deux  termes  aux  s\i\' 
gies  observées  à  90^  du  périgée  ou  de  Tapogée.  Ptolémée  ra\aii 
calculée  par  trois  éclipses  de  Lune  observées,  à  Bab\lone. 
700  ans  avant  J.-C.  et  par  trois  autres  éclipses  observées  par  lui- 
même  à  Alexandrie.  Delambre  ayant  voulu  vérifier  ce  calcul  |»ar 
les  formules  modernes  a  retrouvé  le  même  nombre  à  i'  pK'S  ('  • 


(•  )   On  ne  saurait  assez  admirer  rcflbrl  de  génie  qui  a  conduit   IHoIcmcf  *  \* 


PHINCIPALES    INÉGALITÉS.    TABLES    DE    LA    LUNE.  3ll 


Variation,  équation  annuelle. 

Nous  ne  ferons  que  mentionner  Ja  variation,  inégalité  qui  mé- 
rite bien  son  nom,  car  elle  change  tous  les  trois  ou  quatre  jours. 
Nulle  dans  les  syzygies,  c'est-à-dire  quand  la  Lune  est  en  conjonc- 
tion ou  en  opposition,  elle  est  nulle  encore  dans  les  quadratures  et 
atteint  ses  maxima  dans  les  octants.  Ainsi  sa  période  est  la  moitié 
de  la  révolution  synodique  de  la  Lune,  et  cette  inégalité  a  pour 
expression 

39'sin2(C  — O). 

EUle  a  été  découverte  en  1600  par  Tycho-Brahé,  mais  il  parait  que 
les  astronomes  arabes  l'avaient  déjà  notée. 

\^ équation  annuelle^  découverte  aussi  par  Tycho-Brahé,  offre 
plus  d'intérêt.  La  distance  de  la  Terre  au  Soleil  est  variable;  la 
force  perturbatrice  du  Soleil  est  au  maximum  lorsque  la  Terre  est  à 
son  périhélie,  au  minimum  lorsqu'elle  est  aphélie.  Cette  force 
ayant  poureffet  général  d'écarter  un  peu  la  Lune  de  la  Terre  et  d'aug- 
menter le  grand  axe  de  son  orbite,  la  durée  de  la  révolution  doit 
varier,  conformément  à  la  troisième  loi  de  Kepler,  dans  l'inter- 
valle d'un  an  et  repasser  l'année  suivante  par  les  mêmes  valeurs. 
Nous  y  reviendrons  un  peu  plus  loin,  à  l'occasion  de  l'accélération 
séculaire  du  moyen  mouvement  de  la  Lune.  L'argument  de  cette 
inégalité  est  évidemment  l'anomalie  du  Soleil;  sa  formule  est 

1  i'sin(0  —  ^)' 

Équation  séculaire  du  moyen  mouvement. 

Enfin,  pour  terminer  le  chapitre  des  inégalités  dont  la  décou- 
verte est  due  à  l'observation,  indépendamment  de  la  théorie,  men- 


découverte  de  cette  loi  compliquée.  Ptolémée  est  môme  parvenu  à  la  concilier  avec 
la  règle  de  n'admettre  pour  les  astres  que  des  mouvements  circulaires  et  uniformes, 
en  faisant  marcher  la  Lune  sur  un  épicycle  dont  le  centre  se  mouvait  sur  l'excen- 
trique pris  pour  cercle  déférent.  A  la  vérité,  si  les  anciens  avaient  fait  un  peu  at- 
tention aux  diamètres  apparents  de  la  Lune,  ils  auraient  vu  que  cette  hypothèse,  qui 
exige  une  variation  dans  ces  diamètres  du  simple  au  double,  est  inadmissible. 


3l2  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXII. 

tionnons  Taccélération  séculaire  du  moyen  mouvement  de  la  LonCf 
que  Halley  a  découverte  en  comparant  les  observations  de  son  temps 
avec  des  éclipses  très  anciennement  observées  par  les  Arabes  et  les 
Grecs.  Supposons  que  les  anciennes  éclipses  nous  conduisent  à 
assigner  à  la  Lune,  il  y  ajuste  2000  ans,  une  longitude  moyenne  A 
(longitude  dépouillée  de  ses  inégalités),  mille  ans  plus  tard,  une 
longitude  B,  et  aujourd'hui  une  longitude  G.  Pour  en  tirer  le  moyen 
mouvement  annuel,  on  aura  les  équations 

^o=A,     ^-f-iooo/i  =  B,     ^0-4- 2000/1  =  G. 

Halley  remarqua  que  ces  équations  ne  sont  pas  compatibles,  que 

donne  pour  n  une  valeur  plus  faible  que En  introdm- 

1000  *  ri         1000 

sant  un  terme  séculaire  mt-,  les  équations  deviennent 

4^=  A,  ^o-f*  looo/i-h  ioooooo/w=B,  ^0-+-2ooo/i-t-4oooooom=iC; 

on  en  tire 

G  — 3B4-A        - 

m  =: =i  o  ,001. 

2000000 

G'est  l'accélération  annuelle  de  la  Lune.  Elle  se  réduit  à  — Vr  * 

chaque  révolution  mensuelle.  Gette  infinitésimale  accélération  n'en 
produit  pas  moins  o",ooi  x  10000  =  10"  par  siècle,  40*^  au  bout  de 
deux  siècles,  90"  au  bout  de  trois,  et  4000" ou  plus  dei°en  ^îoooanç. 
Or,  quand  il  s'agit  d'éclîpscs  observées,  même  dans  les  temps  le* 
plus  reculés,  il  est  impossible  de  s'y  méprendre,  car  quelque* 
minutes  de  plus  ou  de  moins  sur  la  longitude  de  la  Lune  rendraient 
réclipse  totale  possible  ou  impossible  dans  les  régions  où  les  histo- 
riens en  font  montion  (p.  33 1).  On  ne  saurait  donc  méconnaître 
la  rc'alité  de  cette  accélération  séculaire. 

Laplace  a\ant  établi,  comme  une  conséquence  inévitable  de  la 
loi  d'attraction,  l'invariabilité  des  grands  axes  et  des  moyens  mou- 
vements dans  tout  le  système  solaire,  du  moins  lorsqu'on  ne  tient 
compte  que  des  attractions  mutuelles  des  corps  qui^  le  composent, 
il  semblait  qu'il  fallut  conclure  ici  à  l'intervention  de  forces  élran- 
j;ères  au  système,  telle  que  la  présence  d'un  milieu  très  rare  dont 
la  résistance,  en  diminuant  la  vitesse  linéaire,  rapprocherait  la  Lune 
*lr  la  Terre  et  produirait  l'accélération  du  moven  mouvement. 


PRINCIPALES    INÉGALITÉS.    TABLES    DE    LA    LUNE.  3l3 

Mais  ce  milieu  ne  saurait  agir  sur  la  Lune  sans  faire  sentir 
aussi  son  action  sur  les  planètes  et  leurs  satellites.  Or  on  ne 
trouve  nulle  autre  part  trace  de  la  moindre  accélération.  Le  pro- 
blème devait  donc  recevoir  une  autre  solution.  Laplace  remarqua 
que  la  variation  produit  précisément  une  variation  dans  la  durée 
de  la  révolution,  périodique  à  la  vérité,  due  à  ce  que  la  force  per- 
turbatrice du  Soleil  varie  avec  sa  distance  à  la  Terre,  c'est-à-dire  du 
périhélie  à  Taphélie.  Si  donc  cette  distance  augmentait  peu  à  peu, 
la  Lune,  de  moins  en  moins  écartée  delaTerreparTactiondu  Soleil, 
se  rapprocherait  insensiblement  de  notre  globe,  et  la  révolution 
mensuelle  irait  en  s'accélérant.  La  distance  moyenne  a'  de  la 
Terre  au  Soleil  est  invariable,  mais  Texcentricité  e'  de  son  orbite 
subit  une  diminution  séculaire.  Or  Laplace  a  découvert,  dans 
l'expression  théorique  de  la  longitude  moyenne  de  la  Lune,  un 
terme  séculaire  qui  dépend  précisément  de  cet  élément,  à  savoir 

La  théorie  du  Soleil  donne  (p.  iZi) 

e'=:  e\  —  0,00000042/1  ty 
tétant  exprimé  en  années.  Par  conséquent, 

e'^  —  e^  nz  —  0,0000008/48  e^  t. 

En  intégrant,  on  trouve  qu'il  faut  ajoutera  la  longitude  moyenne 
de  la  Lune 

«   «                     0/0    /      •                      1206000''        ,  «^ 

|x'  X  0,000000848  eQfit^y     avec  n  =:  — cl  c^  — 0,0168, 

ou,  en  prenant  le  siècle  pour  unité,  H-  io'',3/î^-.  C'est  justement  le 
résultat  des  observations. 

Cependant  il  est  arrivé  ici,  comme  pour  la  progression  du  périgée, 
que  le  coefficient  ^  x-  n'est  que  le  premier  terme  d'une  série  fort  peu 
convergente  dont  la  suite  réduit  beaucoup  l'importance  du  premier. 
La  série  complétée  parM.  Adams  ne  donne  plus  que  5'',  7  pour  l'accé- 
lération séculaire  de  la  Lune.  L'excès  ^",6  de  l'effet  observé  sur 
reflet  calculé  n'a  été  rattaché  par  personne  à   la  résistance  d'un 


3l4  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXII. 

milieu,  car  on  n'en  retrouve  nulle  part  ailleurs  la  moindre  tracc{'), 
mais  à  un  ralentissement  excessivement  faible  de  la  rotation  ter- 
restre, que  M.  Delaunay  attribue  aux  marées. 

Tables  de  la  Lune  exclusivement  basées  sur  la  théorie 

de  rattraction. 

Telles  sont  les  inégalités  que  les  astronomes  avaient  démêlées 
dans  une  longue  série  d'obser>'ations  de  la  Lune.  Lorsque  Newton 
eut  réussi  à  les  rattacher  à  sa  théorie,  il  pensa  que  cette  théorie, 
plus  développée,  fournirait  bien  d'autres  inégalités  qui  avaient 
échappé  aux  observateurs.  Laplace  réalisa  complètement  cel 
aperçu  en  donnant  l'expression  analytique  de  toutes  les  inéga- 
lités sensibles,  en  fonction  des  éléments  des  orbites  de  la  Lune  cl 
du  Soleil.  Ces  éléments  sont,  comme  on  l'a  vu,  pour  la  théorie, 
des  constantes  arbitraires  qu'on  ne  saurait  déterminer  autrement 
que  par  l'observation;  mais,  une  fois  ces  valeurs  obtenues,  celles  de 
toutes  les  inégalités  de  la  Lune  en  résultent  sans  qu'il  soit  néces- 
saire de  recourir  aux  observations.  Avant  Laplace,  les  Tables  de 
la  Lune  étaient  entachées  d'empirisme,  en  ce  sons  qu'on  détermi- 
nait, par  les  observations,  les  coefficients  des  inégalités  sans  se 
soucier  de  les  mettre  d'accord  avec  la  théorie.  M.  Damoiseau,  de 
l'Académie  des  Sciences,  est  le  premier  et  jusqu'ici  le  seul  qui  ait 
produit  des  Tables  exclusivement  basées  sur  la  théorie.  Le  succè'i 
le  plus  complet  a  couronné  ce  grand  effort;  voici  un  bref  aperçu 
de  ses  Tables. 

Origine  du  temps,  \"  janvier  1801  à  minuit,  temps  moyen  de  Paris. 

Longitude  moyenne iii.36.4^jB  -4-(3o7".52'.4i'j6)i 

Anomalie  moyenne 205.29.58,4  ( mombre da »ièci« drpiu i«« 

Longitude  moyenne  du  nœud  1 3. 54. 54, 2 

Inclinaison 5.   8.59,8 

Excentricité  en  secv>ndes.. . .         G.  17. 19,7 

(')  Pour  bien  faire  saisir  la  portée  de  cette  remarque,  il  faut  insister  sur  ce  que 
cette  accélération  du  mouvement  moyen  de  la  Lune  est  accompagnée  d'ane  iné- 
galité séculaire  dans  ceux  du  périhélie  et  des  nœuds  dont  Laplace  a  rendu  romplf 
en  les  rattachant  à  la  même  cause,  la  diminution  séculaire  de  rcxccnlricile  de 
l'orbite  terrestre.  Si  l'on  essayait  d'attribuer  la  première  à  toute  autre  cause,  telle 
que  la  résistance  de  l'éthcr  ou  la  propagation  successive  de  la  gravite,  il  serait 
impossible  d'étendre  cette  explication  aux  variations  des  deux  autres  clèinest^. 
car  il  ne  ft'co  produirait  aucune  dans  l'uDC  ou  l'autre  de  ces  hypothèses. 


PRINCIPALES    INÉGALITÉS.    TABLES    DE    LA    LUNE.  3l'J 

Telles  sont  les  valeurs  des  éléments  fournies  par  l'observation.  La 
théorie  donne  : 

Equation  séculaire  delà  longitude  moyenne..     10,87861*  -4-0, 01 6e' 

Equation  de  l'anomalie  moyenne SojoSgai*  -f-o,073ï' 

Equation  du  nœud 6,6690**  ^-0,0101* 

Mouvement  séculaire  de  l'anomalie  moyenne     198*. 49'. 55*, o 
Mouvement  séculaire  du  nœud 1 34  .  9  .  57  , 5 

Avec  ces  données,  on  est  en  état  de  calculer,  pour  une  date 
quelconque  1801  +  ^,  la  longitude  moyenne  «,  l'anomalie 
moyennes,  la  longitude  moyenne  C  —  longitude  moyenne  Q  =  x, 
l'anomalie  moyenne  Q  =  z^  enfin  j^  =  j:  —  longitude  moyenne 
du  nœud  ascendant.  On  a,  pour  la  longitude  vraie  (sans  passer 
par  celle  de  Torbite  et  la  réduction  à  l'écliptique)  (')  : 

Equation  du  centre. ...    w  -4-  6. 17. 19,7  sin  x  -+-  12.48,8  sin  a  a:  -h. . . 

Evection H-  1  .i6.28,2sin  (2*:  —  a?)-t- 3i*,o  sin2(2T  —  x) 

Equation  parallactiquc.       —  2.  2,1  sin  t 

Variation -H  39.29,7  sin  2  t.  . . 

Equation  annuelle —  ii.i3,o  sin  ^ -h. . . 

—  6.5i  ,8  sin  2X 

H-  17,5  sin  (a:  —  t)  —  3'. 3 1', 9  sin 2(0:  — t) 

-h  3.12,2    8111(2X^-0-) 

•+-         3.26,7  sin  (27  —  z  —  x) 


1,1  sin  (  5  —  ô  ) 
0,7  sin(  5  —  V) 


La  parallaxe  dont  la  constante  elle-même  a  été  déterminée  par 
la  théorie  a  pour  valeur 

Constante 57.  0,9 

Équation  du  centre -+-  3.  6,5  cosa:  -1-  io',2  cos  2ar -f- o',6  cos3a: 

-+-  34,4  C0S(2T —  x) 

—  I  ,0  COST 
-î-          28,5  COS2T 

—  0,3  COSZ 

~\-  3,1    C0S(2T  —  x) 

H-  I,4COS(2T  —  Z  —  JT), 


(*)  La  somme   totale   des  quatre-vingts  inégalités  prises   avec  le   signe  +  est 
de  8«57'29',8. 


3l6  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXII. 

La  latitude  go** — ^  a  pour  expression,  en  notant  d'un  accent 
les  symboles  précédents,  pour  avertir  qu'il  faut  leur  ajouter  la 
somme  des  équations  de  longitude,  c'est-à-dire  que  ce  sont  des 
longitudes  ou  des  anomalies  vraies  : 

5**. 8. 59,8  sin  y  -h  12', 6  sin  iy 
-4-        8.|7,8sin(9.  t'— /) 
-h  14, 4  sin  (/  —  y) 

-4-  !25,8  sin  (2j:' — f) 

-4-  i5,6sin  (a:' H-y  —  a-:') 


-f-  1,0  sin  (2t'  h-  y)  -t-  o',8  sin  (3y  —  a-r')—  o'',7  sin  {y'  — t'). 

M.  Delaunay,  poussant  encore  plus  loin  le  développement  ana- 
lytique des  inégalités  lunaires,  en  a  calculé  i4oo.  Le  Bureau  des 
Longitudes  fait  en  ce  moment  construire  de  nouvelles  Tables  delà 
Lune  d'après  cette  théorie,  la  plus  complète  qui  existe.  Elles 
remplaceront  les  Tables  de  Hanscn,  qui  ne  sont  pas  exemptes  d'em- 
pirisme et  qui  commencent  déjà  à  ne  plus  représenter  sufBsam- 
ment  les  observations. 


Parallaxe  du  Soleil  et  aplatissement  du  globe  terrestre  déduits 

des  inégalités  lunaires. 

Il  s'agit  de  celles  dont  les  coefficients  dépendent  de  la  paral- 
laxe du  Soleil  et  do  raplatisscment  du  globe  terrestre.  En  ce  qui 
concerne  la  première,  nous  venons  de  voir  que  la  théorie  en  fait 
connaître  le  coefficient  algébrique  et  l'argument.  Avec  Fargu- 
ment  t  =  (^  —  Q?  ^"^  choisit  les  observations  où  sinT  prend  les 
valeurs  voisines  des  maxima  4-1  et  —  1,  c'est-à-dire  les  syzvgies, 
et  les  époques  où  il  s'annule,  c'est-à-dire  les  quadratures.  De  là  on 
conclut  la  valeur  numérique  du  coefficient.  C'est  en  comparant  ce 
nombre  à  son  expression  théorique  que  nous  avons  obtenu  8', 81 
pour  la  parallaxe  du  Soleil  (p.  219). 

L'inégalité  due  à  Taplalisscment  a  pour  expression,  d'après  la 
Mécanique  céleste, 


—  ( l^  —  lf/)    '  •   f  '  .    ^ 
^-^—  sur-  smtocosw  sm  (^. 


.^'  —  ^ 


Les  observations  de  Groenwich  assignent  8"', 09  à  ce  coefficient, 


PRINCIPALES    INÉGALITÉS.    TABLES    DE    LA    LUNE.  Si; 

dans  lequel  [jl  désigne  Taplatissement,  q  le  rapport  de  la  force  cen- 
trifuge à  la  pesanteur  (à  Téquateur)  et  ^  —  i  le  rapport  du 
moyen  mouvement  du  nœud  au  moyen  mouvement  de  la  Lune. 
Voici  le  calcul  : 

ir'rir  57'  2"',66  logsinÎTi' 6,43984 

w  =  23°28'  log(^  — i)...     7,60411 

en  1801.  8,83573 

log  sin  b)  cos o) .     9 ,  562G3 

8,39836 
log2o6265' 5,3i4{3 

3,71279 
log8',59 0,93399 

Iog([X  —  \  q),     7,22120 

[A  —  \q 0,0016642 

\q 0,0017339 

fA 0 ,0033980  =  ï^T 

Nous  trouvons,  par  cette  singulière  voie,  un  aplatissement  très 
voisin  de  j^  auquel  nous  conduisent  aujourd'hui  les  opérations  géo- 
désiqueset  les  observations  du  pendule.  En  se  reportant  à  ce  qui  a 
étédit(p.  219)  sur  l'inégalité parallactique,  on  trouvera  bienjustifiée 
cette  remarque  de  Laplace  :  «Un  astronome,  sans  sortir  de  son  obser- 
vatoire, en  comparant  ses  observations  de  la  Lune  à  la  théorie,  est 
donc  en  état  de  déterminer  à  lui  seul  la  distance  de  la  Terre  au  Soleil 
et  la  figure  de  notre  globe,  résultats  qu'on  ne  croyait  pouvoir 
atteindre  que  par  de  vastes  triangulations  et  par  des  expéditions 
organisées  à  grands  frais  sur  les  deux  hémisphères.  » 

Calcul  de  Tinégalité  mensuelle  de  la  Terre. 

Le  petit  système  Lune-Terre  se  meut  autour  du  Soleil  comme 
si  sa  masse  entière  était  réunie  en  son  centre  de  gravité.  Les  deux 
astres  décrivent  autour  de  ce  point  des  ellipses  semblables,  mais 
de  dimensions  inversement  proportionnelles  à  leurs  masses.  Pour 
le  faire  comprendre,  considérons,  à  un  instant  donné,  les  trois 
corps  T,  L,  S  avec  leurs  masses  /w,  /n',  M.  Désignons  par  r,  R,  z-' 
les  distances  ST,  SG,  SL,  par  a,  ci  les  distances  GTct  GL  au  centre 


3l8  LIVRE    VI.    —  CHAPITRE    XXXII. 

de  gravité  G,  par  o  l'angle  aigu  en  G,  par  a,  a   les  angles  en  S. 
La  force  qui  meut  la  Terre  vers  le  Soleil  sera*^'  ^    ;  celle  qui 

Fig.   6i. 
8_ 


"*"*"" V 


* 
* 


« 


r 

meut  la  Lune  sera*^  \,^    »  En  les  multipliant  par  ces  a  et  ces  T'y  on 

aura  leurs  composantes  parallèlement  à  SG.  Les  triangles  donnent, 
en  prenant  R  pour  unité, 


I-t-rtCOSO  ,  I  —  rtCOS:^ 

»  ^^^\.r^     mm'      • 


cosa= i,      COSOt^i: 


>      -w^-  —  , 


La  résultante  des  forces  mouvantes,  appliquée  au  centre  de  gra- 
vité G,  sera  donc 


I-h«C0SîP        ^,,     ,1 — rt'cos^' 


fWni      '  ■  -+-/Mm' 


,.3  '    ^  —  p>2 


Les  mêmes  triangles  donnent 

r'=:  I  -h  2acoso  -h  a', 

Développons  (i  H-rtcos'^  +  a*)  ^  et  (i  —  aa'cos'^ -j- a'^)  ^  en 
nous  bornant  aux  deuxièmes  puissances  des  petites  quantités  a 
et  a',  puis  divisons  par  la  somme  des  masses  m  4-  m';  nous  aurons, 
pour  Taccélération  en  G, 


/M 


m  -+-  m 
/M 


7     ni  —  la  m  cos  z  —  à^m  ( ces'  s  | 

-,     m' +  2  aV/i' cos^  —  a'^m'l- -cos'^  j     ; 


m  -\-  m 
mais,  G  étant  le  centre  de  gravité,  on  a 


a 

m' 

7P 

— 

• 

> 

m 

PRINCIPALES    INÉGALITÉS.    TABLES    DE    LA    LUNE.  SlQ 

d'où,  en  désignant  a  H-  a'  par  d, 


dm'  ,  dm 

a  = :     a= 


m  -h  m'  m  -h  m' 

Par  substitution,  les  deux  termes  du  premier  degré  en  d  se  détrui- 
sent, et  il  vient  finalement,  en  rétablissant  Rd'abord  pris  pour  unité, 

Force  accélératrice  en  G •^.^rr      i  —  rrr  ; r-i  \ cos*  c?  |     • 

H*    L  K*  (m -f- m  )*  \ 2       2  ^/J 

Le  second  terme  est  insensible,  car 

iL  —  (—\  —        ' 
H*  ""  \38G;    ""  i5oooo' 


mm'  i 


et  T r-r  =  iT->  comme  nous  le  verrons  tout  à  Theure. 

(/n-t-m)^       82 

On  trouverait  de  même  que  la  force  accélératrice  perpendicu- 
laire à  SG  est  tout  à  fait  insensible.  On  voit  donc  que  la  seule  force 
appréciable  qui  sollicite  le  système  TL  est  dirigée  vers  le  Soleil, 

est  appliquée  au  centre  de  gravité   G  et  a  pour  expression  *~j-« 

Par  conséquent  c'est  le  point  G  qui  décrira  autour  du  Soleil  une 
orbite  elliptique  conformément  aux  lois  de  Kepler.  Seulement  la 
masse  sera  m  H-  m',  et  c'est  aussi  celle  qu'on  donne  ordinaire- 
ment sous  le  nom  de  masse  de  la  Terre, 

La  longitude  du  point  T  sera  égale  à  celle  du  point  G,  calculée 
suivant  les  lois  du  mouvement  elliptique  et  augmentée  de  a,  angle 

qui  se  déduit  de 

a  ,  d      m' 

sin  ot  zz=  -  sin  9  =  t: ;  sin  '>&  > 

/         ^       H  /n  4-  m         ' 

à  très  peu  près. 

Or  cp  =  T  —  a  est  sensiblement  C  —  ©.  Il  résulte  de  là  une 
petite  inégalité  dans  les  mouvements  de  T,  dont  la  période  sera  le 
mois  lunaire,  c'est-à  dire  29^,5.  Elle  aura  pour  expression 

206265"  H       ^''    ;  sin (C  —  O). 
n  m-r-  m' 

En  comparant  des  observations  du  Soleil  faites  aux  époques  où 
C  —  O  cst.de  90°  ou  de  270°,  c'est-à-dire  vers  les  quadratures,  on 


320  LIVRE    VI.    —     CHÀPITBE    XXXII. 

a  trouvé  6",5o  pour  la  valeur  de  ce  coefBcient.  On  aura  dooc,  en 

,  d         simr' 

remplaçant  TT  par  —. —  > 

_   _ --  sin  Ti'        m  ^m  f 

200265  -; 7  =  6  ,5o. 

simr    m  H-  m 


Masse  de  la  Lune. 


On  en  déduit 


logC'.So 0,81291 

C»log  206266'.  4,68557 

logsioTr' 8,21995 

C  logsimr'...  4, 8693 1 

8,08774 

m'  I  j,    ,      /n'  I 

,  =  ô '     d  ou     —  =  3 

m-\-  m!       81,7  m       80 , 7 

L'erreur  probable   de   ^" ^^o   est   au   plus    de    iiio"',o5;    celle 

/7i'  •  *  I  • 

de  —  est  donc  inférieure  à  ih  -rr  environ,  et  celle  du  dénomÎDa- 
m  1 00 

teur  80,7  à  zh  o,G. 

Le  rayon  a  de  la  petite  orbite  décrite  mensuellement  par  la  Terre 

autour  du  point  G  est  ^ >  ou,  comme  rf  =  60, 3  (p)  à  peu  près, 

ol  ,7 
elle  ne  dépasse  pas  les  j  du  ra>on  de  notre  globe.  Le  point  G  esl 
donc  toujours  dans  rintéricur  de  la  Terre.  De  là  une  inégalilé 
mensuelle  du  rayon  vecteur  de  la  Terre.  Après  Tavoir  calculée  pour 
le  point  G,  par  les  formules  du  mouvement  elliptique,  on  doit  lui 
ajouter 

6"^    DO 

Comme  Torbitc  lunaire  est  inclinée  de  5**  sur  récliplîque,  plan 
de  Torblte  décrite  par  le  centre  de  gravité  G,  la  Lune  se  trouvera 
tantôtau-dessus,  tantôt  au-dessous  de  ce  plan,  et  laTcrro,  par  contre, 
tantôt  au-dessous,  tantôtau-dessus.  Ces  petits  écarts  du  centre  de 
la  Terre,  vus  du  Soleil^  sous-lcndront  un  angle  égal  à  moins  d'une 
seconde.  Réciproquement,  le  Soleil,  vu  de  la  Terre,  paraîtra 
s'écarter  de  ce  petit  angle-là  du  plan  de  Técliptiquev  De  là  une 


PRINCIPALES    INÉGALITÉS.    TABLES    DE    LA    LUNE.  3ai 

petite  latitude  du  Soleil  dont  les  variations  dépendront  de  C  —  Q. 
On  en  tient  compte  dans  les  éphémérides  et  dans  les  calculs  qui 
exigent  une  grande  précision. 

Rotation  de  la  Lune. 

La  Lune  nous  présente  toujours  la  même  face.  Elle  tourne  donc 
autour  d'un  axe  à  peu  près  perpendiculaire  au  plan  de  Técliptiquc 
dans  un  temps  égal  à  celui  de  sa  révolution  autour  de  la  Terre,  c'est- 
à-dire  en  27^,321.  Le  jour,  sur  la  Lune,  est  égal  à  sa  révolution 
sjnodique  oude  29J  ^.  En  observant  les  taches  de  la  Lune,  Cassini 
a  reconnu  que  son  équateur  est  incliné  de  2°45'sur  l'écHptique  et  que 
le  nœud  descendant  de  cet  équateur  coïncide  constamment  avec  le 
nœud  ascendant  de  Torbite  lunaire.  Newton,  Lagrange  et  Laplacc 
ont  fait  voir  que  ces  relations  si  précises,  qu'on  ne  retrouve  dans 
aucune  planète,  sont  dues  à  une  seule  et  même  cause,  l'attraction 
que  la  Terre  exerce  sur  le  renflement  ellipsoïdal  de  la  Lune.  La 
théorie  montre  en  effet  que  la  Lune  doit  avoir  la  figure  d'un  ellip- 
soïde à  trois  axes  légèrement  inégaux  dont  le  plus  long  est  tourné 
vers  la  Terre  et  la  suit  constamment,  en  oscillant  un  peu  de  part 
et  d'autre  de  cette  direction. 

Ces  oscillations  mêmes,  nommées  libration,  n'existeraient  pas 
si  le  mouvement  de  translation  autour  de  la  Terre  était  uniforme 
comme  la  rotation.  Laplace  a  prouvé  que,  si  la  rotation  lunaire  ne 
peut  suivre  les  rapides  variations  périodiques  du  mouvement  de 
révolution,  elle  est  forcée  du  moins  de  participer  à  sa  variation  sé- 
culaire, en  sorte  que  la  merveilleuse  égalité  qui  existe  aujourd'hui 
entre  les  deux  périodes  se  maintiendra  toujours. 

Nous  voyons  ici  un  exemple  frappant  de  l'intime  solidarité  de 
tous  les  membres  du  système  solaire.  L'action  perturbatrice  des 
planètes  fait  diminuer*peu  à  peu,  de  siècle  en  siècle,  l'excentricité 
de  l'orbite  terrestre;  cette  diminution  provoque  une  accélération 
séculaire  dans  la  révolution  de  la  Lune  autour  de  la  Terre,  et  la 
rotation  de  la  Lune  est  forcée  à  son  tour,  par  l'attraction  de  la 
Terre,  de  participer  à  cette  accélération. 

Ces  effets  n'iront  pas  en  s'accumulant  indéfiniment.  Ce  n'est 
que  pour  quelques  centaines  de  milliers  d'années  que  l'excentricité 
de  notreorbite  ira  en  diminuant;  dansla  suite  des  âges,  cette  diminu- 
IL  21 


^22  LIVRE    VI.  -'   CHAPITBE    XXXII. 

lion  s'arrêtera  et  sera  remplacée  par  une  augmentation  longtemps 
progressive.  Les  variations  séculaires  des  éléments,  que  nous  avoDs 
représentées  par  at  -h  bf^  -|-  . .  • ,  ne  sont  au  fond  que  des  varia- 
tions  périodiques  à  périodes  immenses;  Lagrange  et  Laplacc  ont 
montré  entre  quelles  limites  elles  seront  maintenues. 

Il  est  bien  peu  probable  que  la  Lune  ait  été  placée  dès  r ori- 
gine dans  de  telles  conditions.  La  rotation  d'un  astre  étant,  en 
général,  absolument  indépendante  de  son  mouvement  de  translation. 
Tégalité  rigoureuse  actuelle  de  ces  deux  durées  n'a  pas  pu  e3âster 
à  Forigine.  La  Lune  a  dû  avoir  une  rotation  très  diflercnle  de  cellf 
qu'elle  possède  aujourd'hui  et  dont  la  lenteur  extrême  est  si  excep- 
tionnelle. Tout  porte  à  croire  que  la  Lune  a  été  à  l'origine  en  pleine 
iusion  d'incandescence,  qu'elle  a  été  recouverte  ensuite  par  umr 
mince  croûte  solidifiée,  et  que  les  fortes  marées  produites  dans  b 
masse  interne  par  l'attraction  de  la  Terre  ont  ralenti  progressive- 
ment sa  rotation,  de  manière  à  l'amener,  vers  l'époque  de  sa  conso- 
lidation définitive,  à  l'état  actuel,  qui  est  celui  d'un  équilibre  lés^è- 
rement  oscillatoire  et  qui  ne  conserve  plus  d'autres  traces  de  FéUl 
primitif  que  l'énorme  marée  lunaire  qui  s'est  figée  dans  la  direc- 
tion de  notre  globe. 


APPLICATIONS    DIVERSES    DE    LA    THÉORIE    DE    LA    LUNE.         32^ 


CHAPITRE  XXXIII. 


APPLICATIONS  DIVERSES  DE  LA  THÉORIE  DE  LA  LUiNE. 


Calendriers  lunaires. 

On  retrouve  ces  calendriers  chez  toutes  les  populations  nomades. 
Les  phases  de  la  Lune  ont  servi  primitivemenrt  de  signal  pour 
indiquer  les  époques  de  réunion  aux  tribus  disséminées  par  la  vie 
errante  des  premiers  âges;  elles  ont  donné  la  première  division  du 
temps.  Les  saisons  n'ayant  pas  alors  le  rôle  important  qu'elles 
ont  pris  chez  les  populations  agricoles  fixées  au  sol,  les  premiers 
calendriers  n'eurent  qu'un  rapport  fort  mal  défini  avec  Tannée. 
En  revanche,  la  période  des  phases  fut  étudiée  et  fixée  avec  exac- 
titude. Nous  avons  vu  qu'elle  est  de  29^,5306  ou  29^^  à  peu  près. 
Le  calendrier  des  Turcs  et  des  Arabes  est  fondé  sur  cette  donnée. 
On  compte  par  lunaisons,  qu'on  fait  alternativement  de  29  et  de 
3o  jours,  et  qu'on  groupe  par  douzaines,  afin  de  tenir  compte  gros- 
sièrement du  mouvement  annuel  du  Soleil,  dont  la  révolution  est 
de  12  lunaisons  et  ^.  Une  année  lunaire  se  compose  donc  de 
29^,5  X  12  =  354"'.  Elle  ne  saurait  suivre  longtemps  la  marche  du 
Soleil;  l'erreur  serait  de  34  jours,  c'est-à-dire  de  plus  d'un  mois 
en  trois  ans.  Elle  est  donc  totalement  impropre  à  guider  les  travaux 
agricoles  ;  aussi  les  populations  fixées  qui,  par  tradition,  ont  conservé 
leur  calendrier  lunaire,  doivent-elles  en  suivre  un  autre,  exclusi- 
vement solaire,  pour  les  besoins  de  tous  les  jours,  à  moins  de  les 
combiner  tous  les  deux,  par  quelque  compromis,  comme  ont  fait 
les  Hébreux. 

Quant  au  calendrier  purement  lunaire,  encore  en  usage  aujour- 
d'hui chez  les  Musulmans  pour  les  usages  civils  et  religieux,  il  a 
été  réglé  avec  une  précision  parfaite.  L'alternative  de  39  et  de 
3o  jours  ne  tenant  compte  que  de  la  fraction  0,5,  il  reste  oJ,o3o6 


324  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXIII. 

t 

d'erreur  sur  chaque  lunaison.  Au  bout  de  trente  années  lunaires 
de  douze  mois  chacune,  cette  erreur  produirait  un  écart  de 
o,o3oC  X  3o  X  12  =  1 1  jours  à  très  peu  près.  On  en  tient  compte 
en  intercalant  1 1  jours  complémentaires  en  trente  années,  c'est- 
à-dire  en  donnant  3o  jours,  au  lieu  de  29,  au  dernier  mois  de  cer- 
taines années.  Celles-ci  se  nomment  abondantes. 

Grâce  à  celte  intcrcalation,  le  calendrier  arabe  suit  les  phases  de 
la  Lune  moyenne  à  moins  d'un  demi-jour  près.  Au  bout  de  la  pre- 
mière année  d'un  cycle  de  3o  ans,  l'erreur  est  de  ^  de  jour,  de  H  au 
bout  de  la  seconde,  et  ainsi  de  suite.  Convenons  de  prendre,  pour 
fixer  le  rang  de  l'année  dans  cette  période,  celle  dont  le  jnillésime 
divisé  par  3o  laisse  pour  reste  i ,  et,  pour  la  trentième,  celle  dont  le 
reste  est  zéro.  Voici  la  règle  instituée  par  les  astronomes  arabes: 
L  ^ année  sera  abondante  quand  le  rang  de  Vannée,  dans  le  cycle 
trentenairCy  multiplié  par  —^  dépassera  un  nombre  entier 
de  ^  ou  de  plus  de  ~. 

L'ère  est  riiégyre,  date  politico-religieuse  qui  répond  au  ven- 
dredi 12  juillet  622  ap.  J.-C.  Les  mois  sont 

Joart 

MohaiTcm 3o 

Safar 29 

Rcbi  1" 3o 

Rébi  2* 29 

Djoiimada   1"^ 3o 

Djouinada  -à* 29 

Redjeb 3o 

Srliaaban 29 

Ramadan 3o 

Schouàl 29 

Dzou'l  Cadeh 3o 

Dzou'l  Iledjeh 29  ou  3o 

354  ou  355 

La  semaine  est  une  très  anlique  subdivision  du  mois  lunaire  en 
sept  jours.  Comme  il  est  impossible  de  la  maintenir  en  harmonie 
avec  la  Lune,  (  lie  sort  simplement  à  compter  les  jours  par  de> 
noms  propres  et  à  ré-ler  les  jours  Itrirs  revenant  à  courte  période. 
Mais  ellcconstiuie,  à  clic  seule,  une  chronologie  indépendante  qui 
permet,  en  beaucoup  de   cas,  de  contrôler  les  dates   ordinaires. 


APPLICATIONS    DIVERSES    DE    LA    THÉORIE    DE    LA    LUNE.  325 

lorsqu'on  y  énonce  à  la  fois  le  quantième  du  mois  et  le  jour  de  la 
semaine.  Voici  les  noms  des  jours  chez  les  musulmans. 

Youm-el-ahad Dimanche. 

Youm-el-thany Lundi. 

Youm-el-thaleh Mardi. 

Youm-el-arbaa Mercredi. 

Youm-el-khanis Jeudi. 

Youm-el-djouma Vendredi  (jour  férié). 

Youm-el-scbt Samedi. 

D'après  la  règle  d'inlercalation  trentenaire,  le  i*^"^  de  chaque 
mois  répond  à  la  nouvelle  Lune,  ou  plutôt  à  la  première  apparition 
de  son  croissant,  le  soir,  à  Touest,  peu  après  le  coucher  du  Soleil, 
et  la  pleine  Lune  au  i4  de  chaque  mois. 

Nombre  d'or. 

Lorsque  des  populations  entières  se  fixèrent  au  sol,  adoptant  la 
vie  agricole,  elles  conservèrent  leur  ancien  calendrier  pour  les 
époques  légales  et  religieuses,  mais  elles  sentirent  bien  vite  le 
besoin  d'un  calendrier  des  saisons,  réglé  sur  la  marche  du  Soleil. 
Il  fallut  établir  entre  les  deux  computs  une  concordance  quel- 
conque, de  manière  à  conclure  aisément  de  l'un  à  Tautrc.  Les 
Athéniens  envoyèrent  dans  ce  butMéton  en  Orient  (433  av.  J.-C); 
il  en  rapporta  le  nombre  d'or.  Voici  en  quoi  consiste  ce  cycle  : 

I  année  solaire  =:  12,368265  lunaisons, 

ou  bien,  en  fraction  continue, 

I  an  =  12  H 


I 


1 


I  -+- 


I 


235  I 

A  la  troisième  réduite,  on  trouve-^— ^,  rapport  approché  à  

19  120000 

près.  Ainsi  les  phases  de  la  Lune  reviennent  en  coïncidence  avec  les 
mêmes  datés  du  calendrier  solaire  tous  les  19  ans.  Il  suffit  donc 


326  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXIII. 

d'avoir  noté,  pendant  la  durée  d'un  pareil  cycle,  les  dates  des  nou- 
velles et  pleines  Lunes  pour  être  en  état  de  rédiger  les  calendriers 
des  années  suivantes,  c'est-à-dire  d'y  marquer  d'avance  les  phases 
principales  de  la  Lune,  car  ces  phénomènes  s'y  reproduiront  juste 
aux  mêmes  dates.  On  trouve  à  la  première  page  de  la  Connaissance 
des  Temps  \enon\hTe  d*or  pour  Tannée  courante 5  c'est  le  rang  de 
cette  année  dans  le  cycle  de  Melon. 

Le  cycle  solaire  est  relatif  aux  calendriers  solaires  et  aux  jours 
de  la  semaine.  Quatre  années  juliennes  contiennent  365^,25  xi 
ou365J  X4+  iJ.  Par  conséquent  28  années  juliennes  contien- 
dront 365  X  4  +  I  semaines.  Au  bout  de  28  ans,  les  jours  de 
même  nom  répondront  aux  mêmes  dates.  Si  le  1 5  avril  i88o,Meux 
style,  est  un  mardi,  le  i5  avril  1908  sera  encore  un  mardi^  et  dans 
aucune  autre  année  intermédiaire  on  ne  retrouvera  la  même  coïo- 
cidence.  C'est  donc  un  moyen  de  vérifier  les  dates. 

Fête  de  Pâques. 

Cette  fête  a  été  fixée,  d'après  l'Exode,  au  quatorzième  jour  du 
premier  mois  lunaire  de  l'année,  le  mois  où  mûrissent  les  épis  (en 
Egypte).  De  là,  pour  les  Hébreux,  la  nécessité  d'un   calendrier 
lunaire  concordant  avec  les  saisons.  Dans  un  tel  calendrier,  le  qua- 
torzième jour  d'un  mois  quelconque  est  le  jour  de  la  pleine  Lune. 
Le  concile  de  Nicée  ayant  adopté  le  calendrier  solaire  des  Romain*, 
et  voulant  suivre  autant  que  possible  la  tradition,  fixa  h»  jour  de 
Pâques  à  la  première  pleine  Lune  du  printemps  ;  plus  cxaclement, 
au  dimanche  qui  suit  la  pleine  Lune  qui  tombe  le  ai  mars  ou  apn"* 
le  21  mars.  On  a  imaginé  pour  ce  calcul  l'artifice  des  l'^pactrs,  basé, 
comme  les  calendriers  précédents,  sur  une  lune  fictive  a>ant  même 
longitude  moyenne  que  la  Lune   réelle,  absolument    comme  les 
jours  solaires  moyens  se  règlent  sur  un  soleil  fictif  ayant    même 
longitude  moyenne  que  le  Soleil  vrai.   Ne  pouvant  exposer  ici  ce 
système,  nous  donnerons,  sans  démonstration,  la  règle  de  Gaussqui 
le  remplace.  Soit  M  le  millésime  de  Tannée  :  désignons  par  c/,  b. 
c,  d,  e  les  restes  des  divisions  suivantes 

■9'   T'    7' — 1^'    -. '-' 


APPLICATIONS    DIVERSES    DE    LA    THÉORIE    DE    LA    LUNE.  327 

La  fête  de  Pâques  sera  le  22 -{- d -{- e  mars  ou,  ce  qui  revient 
au  même,  led-^e  —  9  avril.  S'il  s'agit  du  calendrier  julien, 
X  =:  i5,  j'  =  6,  à  perpétuité.  Pour  le  calendrier  grégorien,  on  a  : 


1383  à  1699. 

Do  1700  a  1709. 

De  1800  à  1R99. 

Pei9ooà  Z099 

J-  =  22 

a- =  23 

X  =  73 

a:  =  24 

r=     2 

r=    3 

y=  4 

y=    5 

Par  exemple,  en  1882,  on  a  jc  =  23,  j^  =  4  î  puis  on  trouve 

aizzr,     ^=z2,     c  =  6,     t/=:  12,     c  =:  6; 

par  conséquent,  le  jour  de  Pâques  tombe  le  12-I-6  —  9  ou  le 
9  avril. 

Cette  fête  ne  saurait  arriver  plus  tôt  que  le  22  mars  ni  plus  tard 
que  le  25  avril. 

Ajoutons  que  les  inégalités  des  mouvements  vrais  de  la  Lune  et 
du  Soleil  s'élèvent  à  une  dizaine  de  degrés  que  la  Lune  ne  parcourt 
qu'en  oJ,8;  les  phases  de  ces  divers  calendriers,  réglés  sur  des 
mouvements  moyens,  peuvent  donc  différer  de  près  d'un  jour  des 
phases  réelles,  sans  compter  les  petites  erreurs  de  l'intercalation. 


3a8  LIVRE   VI.  —  CHAPITRE   XXXIV. 


CHAPITRE  XXXIV. 


ÉCLIPSES  DE  LUNE  ET  DE  SOLEIL, 


Période  chaldéenne. 

Les  Anciens  altachaicnt  une  grande  importance  à  ces  phéno- 
mènes. Ils  avaient  réussi  à  les  prédire  avec  assez  d^exactilodef 
grâce  à  une  période  découverte  par  les  observateurs  de  Babvlone, 
et  ils  trouvaient,  dans  le  succès  de  ces  prédictions,  un  moven  de 
frapper  les  esprits  et  de  démontrer  à  tous  la  puissance  et  la  sûreté 
de  leur  science.  Leurs  observations  ont  même  conservé  de  nos 
jours  une  grande  valeur,  parce  qu'une  éclipse  de  Lune  ou  de  Soleil, 
de  Soleil  surtout,  fixe  les  positions  relatives  des  trois  astres  avec 
une  précision  qu'on  était  loin  d'atteindre  dans  les  autres  genres 
d'observation.  On  se  sert  encore  aujourd'hui,  pour  la  théorie  de 
la  Lune,  des  éclipses  observées  à  Babylone  il  y  a  a5  siècles  el 
conservées  dans  VAlmageste, 

Il  n'était  pas  difficile  de  voir  que  les  éclipses  ne  se  produisent 
qu'aux  syzygies,  lorsque  la  Lune  se  trouve  en  môme  temps  dans 
l'écliptique  ou  très  près  de  ce  plan.  Partout  ailleurs,  aux  opposi- 
tions, la  Lune  pleine  passe  au-dessus  ou  au-dessous  du  cône 
d'ombre  de  la  Terre  ;  aux  conjonctions,  le  cône  d'ombre  que  la  Lune 
nouvelle  projette  passe  au-dessus  ou  au-dessous  de  notre  globe.  En 
tenant  un  registre  de  ces  phénomènes  pendant  des  siècles,  les  an- 
ciens finirent  par  remarquer  que  les  éclipses  (relativement  à  un 
même  nœud)  meltaient  un  temps  déterminé,  environ  i8  ans,  à  par^ 
courir  Técliplique,  et  qu'au  bout  de  ce  temps  (2a3  lunaisons^  elles 
se  reproduisaient  dans  le  même  ordre.  C'était  un  moven  de  prédic- 
tion, car  ayant  formé  pendant  223  lunaisons  consécutives  le  ta- 
bleau de  tous  ces  phénomènes,  comprenant  4'  éclipses  de  Soleil 
el  29  de   Lune,  avec  leurs  caractères  et  leurs  dates,    il   sufljsait 


ÉCLIPSES   DE    LUNE    ET    DE    SOLEIL.  829 

d'ajouter  228  lunaisons,  c'est-à-dire  18  ans  11  jours,  à  la  date  de 
l'un  d'eux  pour  retomber  sur  celle  d'un  phénomène  semblable  et 
placé  exactement  de  la  même  manière  dans  la  période  suivante. 
C'est  ainsi,  du  reste,  qu'on  étudie,  encore  aujourd'hui,  la  plupart 
des  phénomènes  météorologiques  dont  on  ignore  la  cause  ou  la 
loi .  Par  exemple,  on  compulse  les  anciens  registres  d'observation  pour 
y  chercher  la  période  des  grands  hivers,  celle  des  étés  chauds  et 
secs,  etc.,  dans  l'espoir  d'arriver  à  en  prédire  le  retour.  On  n  y  a 
guère  réussi,  parce  que  ces  phénomènes-là  sont  bien  plus  com- 
pliqués que  les  mouvements  célestes. 

Il  est  facile  d'expliquer  le  succès  des  Chaldéens.  Chaque  éclipse 
s'opère  à  la  rencontre  plus  ou  moins  exacte  de  trois  points  circu- 
lant autour  de  la  Terre  indépendamment  l'un  de  l'autre,  le  centre 
du  Soleil,  le  centre  de  la  Lune,  le  nœud  ascendant  de  l'orbite 
lunaire.  La  période  de  rencontre  des  deux  premiers  est  de  29^,53060; 
la  période  de  rencontre  des  deux  derniers  est  de  27J  ,2 1 229  (p.  3o2). 
Si  le  rapport  de  ces  deux  périodes  était  égal  à  celui  de  deux  nombres 
entiers  assez  simples,  m  et  /z,  au  bout  de  m  lunaisons  ou  de  n  révo- 
lutions draconitiques  tout  se  retrouverait  dans  le  même  ordre,  du 
moins  en  supposant  les  mouvements  uniformes,  et  les  relations  de 
position  qui  se  présenteraient  dans  la  seconde  série  seraient  la 
reproduction  exacte  de  celles  de  la  première.  Si  donc,  dans  la 
première,  on  avait  compté  4^  éclipses  de  Soleil  et  29  de  Lune, 
plus  ou  moins  complètes,  on  retrouverait  dans  la  seconde  série  les 
mêmes  éclipses  se  succédant  dans  le  même  ordre,  avec  le  même 
caractère,  à  m  lunaisons  d'intervalle  des  premières. 

Pour  chercher  ces  deux  nombres  entiers,    réduisons   la   frac- 

2Q,53o6o       - 

tion  -^ en  traction  continue. 

27,21229 

On  trouve 

I 


i-f- 


1 
n  H 


I 


2  -f- 


I-f- 


4 


33o  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXIV. 

^  ,  ,     .  .  12       l3       38       5l       2^2 

Les  réduites  successives  sont  — >  — >  ^-j  j-y  — «?  •••• 

II     12     37     47     î*^3 

Arrêtons-nous  à  la  dernière,  parce  qu'il  se  trouve  qu'au  bout  de 
223  lunaisons  le  nœud  a  presque  fait  le  tour  de  récliplique.  Pour 
s'assurer  du  degré  d'approximation,  on  n'a  qu'à  transformer  ces 
deux  termes  en  jours  : 

223  lunaisons  =  6585j,37, 

242  mois  draconitîques  =  6585, 37. 

C'est  18  ans  11 J  (10»  s'il  y  a  eu  5  bissextiles).  Au  bout  de  ce 
temps  les  trois  mobiles  reviennent  sensiblement  aux  mêmes  posi- 
tions. On  compte  dans  cette  période  ^i  éclipses  de  Soleil  et  29  de 
Lune.  Si  une  éclipse  totale  de  Soleil,  par  exemple,  a  été  enregistrée 
à  une  certaine  époque,  il  suffira  d'ajouter  à  celte  date  18  ans  ii^ 
ou  un  multiple  de  cette  période,  pour  retomber  sur  une  autre 
éclipse  totale  (').  C'est  ainsi  que  Thaïes  a  dû  procéder  pour  an- 
noncer l'éclipsé  totale  de  Tan  584  avant  J.-C,  éclipse  dont  les  his- 
toriens ont  fait  mention  parce  qu'elle  a  mis  fin  à  la  guerre  des 
Mèdes  et  des  Perses. 

On  ne  manquera  pas  de  remarquer  que  cette  période  des  éclipses 
est  uniquement  basée  sur  les  mouvements  moyens  du  Soleil,  delà 
Lune  et  du  nœud.  Or  nous  avons  vu  que  les  inégalités  de  la  Lune 
et  du  nœud  peuvent  très  bien  s'élever  à  8°  ou  9**;  celles  du  Soleil 
vont  à  près  de  3**.  Il  semble  donc  que  la  période  chaldéenne  ne 
peut  remettre  ces  trois  mobiles  en  mêmes  positions  relatives  qu  à 
10°  près.  S'il  en  était  réellement  ainsi,  la  régie  qu'on  en  a  déduite 
pour  prédire  les  éclipses  devrait  se  trouver  souvent  en  défaut,  car 
nous  allons  voir  qu'un  pareil  écart  serait  capable  d'empêcher  une 
éclipse  de  se  reproduire,  ou  de  transformer  une  éclipse  totale  en 
une  éclipse  à  peine  perceptible.  Cependant  on  sait  par  expérience 
qu'elle  est  très  exacte.  Ainsi  les  éclipses  totales,  à  durées  excep- 
tionnelles, de  1868  et  de  1886  répondent  parfaitement  à  Téclipse 
de  i85o,  quand  on  ajoute  à  la  date  de  celle-ci  la  période  ou  le 
double  de  la  période  chaldéenne. 

(')  Ou  du  moins  très  considérable.  Au  reste,  si  leclipsc  est  totale  pour  quelque 
région  de  la  Terre,  celle  de  la  période  suivante  ne  le  sera  |>as  nécessairement 
pour  les  mêmes  points. 


ÉCLIPSES    DE    LUNE    ET   DE    SOLEIL.  33l 

C'est  que  ce  cycle  tient  plus  qu'il  ne  promet.  Nous  avons  vu 
déjà  que  la  révolution  anomalistique  de  la  Lune  est  de  27J,5545.  Eh 
bien,  289  de  ces  révolutions  font  encore  6585J,  5,  ce  qui  ne  dif- 
fère de  la  période  chaldéenne  que  de  ~  de  jour.  Ainsi,  à  18  ans  i  H 
d'intervalle,  le  Soleil,  la  Lune,  son  nœud,  son  périgée,  se  retrouvent 
aux  mêmes  points;  le  périgée  du  Soleilrevient  au  sien  aune  dizaine 
de  degrés  près,  ce  qui  est  insignifiant  ici.  C'est  ce  singulier  con- 
cours de  quatre  mobiles,  presque  de  cinq,  qui  fait  le  mérite  de 
cette  curieuse  et  utile  découverte  des  temps  les  plus  anciens. 

Limites  des  éclipses. 

Pour  savoir,  indépendamment  de  cette  période,  si  une  éclipse  se 
produira  ou  non  à  une  syzygie,  il  suffit  de  calculer  pour  cette 
date  la  distance  de  la  Lune  à  son  nœud  le  plus  voisin.  S'il  s'agit 
d'une  éclipse  de  Lune,  l'éclipsé  n'aura  lieu  que  si  L  —  N<[  12**. 
Pour  une  éclipse  de  Soleil,  il  faut  que  L  —  N  soit  <^iy^.  Ces  li- 
mites montrent  même  pourquoi  il  y  a  plus  d'éclipsés  de  Soleil  que 
de  Lune  dans  la  période  précédente.  Le  rapport  des  nombres  ||, 
qui  exprime  leur  fréquence  relative,  est  bien  celui  de  ces  limites 
la  et  17,  qui  expriment  leurs  possibilités. 

On  arrive  fort  simplement  à  ces  nombres  en  considérant  la  fi- 
gure suivante,  relative  à  une  éclipse  de  Lune.  Si  l'on  mène  TB  parai- 

A  Fi  g.  Ga. 


V: 


lèle   à    AC,    l'angle  /  du    cône  d'ombre    terrestre    sera    donné, 
p'  étant  le  rayon  du  Soleil  et  p  celui  de  la  Terre,  par 


'^P'-P  ^ 


I 


sin/=i  =z  sm  -  A'  —  sin?: , 

i3  i  2 

d'où 

La  longueur  A  du  cône  d'ombre  sera 

TC  =  -^  =  h; 
sin/ 


332  LIVRE    IV.  —  CHAPITBB    XXXIV. 

si  /*  est  le  rayon  vecteur  de  la  Lune,  la  section  droite  de  ce  côik, 
dans  Tendroit  où  la  Lune  le  parcourra,  sera 

(A  — r)sin/. 

Pour  qu'il  y  ait  au  moins  contact  entre  la  Lune  et  le  c6w 
d'ombre,  il  faut  que  la  somme  des  demi-diamètres  angulaires  de 
cette  section  et  de  la  Lune,  vues  du  point  C,  soit  égale  à  la  distance 
des  centres.  Si  la  Lune  ne  fait  que  raser  le  cône  d'ombre,  celU 
somme  exprimera  la  distance  du  centre  de  la  Lune  à  l'écliptique. 
En  la  divisant  parle  rayon  vecteur  r,  on  aura  le  sinus  de  la  latitude 
de  la  Lune  ou  de  90°  —  p.  Et  comme 

sin  (  L  —  N  ) m  cet  i col  p, 

on  sera  en  état  de  calculer  L  —  N. 

Faisons  ce  calcul  pour  une  éclipse  de  Lune  dans  les  circonstances 
les  moins  favorables,  celles  où  la  Lune  est  périgée  et  le  Soleil  apo- 
gée. On  prendra  (p)  pour  unité.  La  valeur  la  plus  faible  de  jA'esl 
de  i5'44"î  par  conséquent 


La  plus  petite  valeur  de  /'  est  5y.  Le  rayon  de  la  section  du  cône 

d'ombre  que  la  Lune  traversera  sera =  o,t42.  El  comme 

^  .12  j  ' 

le  rayon  x  de  la  Lune  est  de  o,c>j3,  on  aura  pour  leur  somme 

i,oi5.  Par   conséquent  colJ3  =  — ^z — ^)  et  l'on   trouve   finalemenl 

L  —  N=  1 1°47'>  en  prenant  pour  i  sa  plus  petite  valeur.  Si  donc  la 
Lune  au  moment  de  l'opposition  est  à  12^,  ou  plus,  du  nœud, 
l'éclipsé  est  impossible.  On  trouverait  de  môme  pour  les  éclipses 
du  Soleil  la  limite  17°. 

Calcul  d'une  éclipse  de  Lune. 

Les  phases  d'une  éclipse  de  Lune  se  produisent  au  mémo  in- 
stant pour  tous  les  observateurs;  il  n'y  a  pas  lieu  de  tenir  corapt'- 
de  leur  position  géographique.  On  s'en  servirait  même  fort  avanta- 
geusement pour  déterminer,  sans  calcul,  les  longitudes  terrestres. 


ÉCLIPSES    DE    LUNE    ET    DB    SOLEIL.  333 

comme  par  les  éclipses  des  satellites  de  Jupiter,  si  les  phases  d'une 
éclipse  de  Lune  étaient  susceptibles  d'être  observées  avec  précision. 
Nous  ferons  d'abord  abstraction  de  l'atmosphère. 


Fig.  63 


H>r 


L'éclipsé  partielle  ou  totalecommencera  etfinira(yf^.  63)lorsque 
la  sphère  L  touchera  extérieurement  ou  intérieurement  le  cône 
d'ombre  qu'elle  traverse.  A  ces  deux  instants,  le  demi-diamètre  appa- 
rent^ D  de  L,  vu  du  point  C,  sera  égala  LGT  —  /ou à/ —  LGT.Il 
faut  donc  exprimer  ces  angles  ^  D  et  LCT  en  fonction  du  temps.  Les 
coordonnées  de  la  Lune  étant,  à  la  date  t^  TL=  r,  L  et  p,  celles 
du  Soleil  ST=/-'  et  Oi  celles  du  sommet  C  seront  TC  et 
Ô  =0 — i8o*^.  Gela  posé,  prenons  des  axes  mobiles  :  la  droite 
TC  pour  axe  des  Xy  une  perpendiculaire  à  TC  dans  le  plan  de 
l'écliptique  pour  les  y^  et  une  normale  à  ce  plan  pour  les  z.  Les 
coordonnées  rectilignes  de  la  Lune,  auxquelles  on  joindra  leurs  va- 
riations horaires  a,  6,  c,  seront,  à  la  date  t-\-^, 

5  1=  rcos  p-f- a6,     jc=:r  sin^ ces  L  4- ^6,     /  =  rsinp  sinL  4- c6. 

Transportons  l'origine  en  C  et  changeons  le  sens  de  Taxe  des.r  ; 
les  nouvelles  coordonnées  5',  x'y  y  seront 

Z:^Zy      J7'=zTC  —  Xy     y'^zzy. 


Soit  d  la  distance  variable  CL  ou  s/z''^-^  x''^-\-y'^^  nous  aurons 

sin-Drz:-,,     cosLCT=-7> 
1  a  ci 

d'où  

sm  LL 1  = ~—  • 

ci 

La  relation  susdite  entre  les  angles  LCT,  ^D  et/,  c'est-à-dire 
l'équation  des  éclipses 

LCT— /=±iD 


334  LIVRE    VI.  —CHAPITRE    XXXIV. 

deviendra,  en  prenant  les  sinus. 


v/?^ 


./2  ^/ 


cos/—  -T  sin/=  d:  -. 


ou,  en  élevant  au  carré. 

On  portera  dans  cette  relation  les  valeurs  de  s! ^  ^^  >'',  en  fonction 
du  temps  6,  ce  qui  donnera,  pour  chaque  signe,  une  équation  du 
second  degré  en  6  dont  les  deux  racines  6'  et  Ô''  résoudront  la  ques- 
tion. Avec  le  signe  — ,  par  exemple,  l'heure  du  premier  contacl 
intérieur,  ou  le  commencement  de  l'éclipsé  totale,  sera  /-hV; 
le  deuxième  aura  lieu  à  l'heure  t  -1-6''. 

Si  on  voulait  calculer  l'instant  où  un  cirque  de  la  Lune  pénètre 
dans  le  cône  d'ombre,  il  faudrait  déduire,  d'une  carte  de  la  Lune,  le* 
coordonnées  z"^  x"^  ^'"dece  point  rapportées  au  centre  de  la  Lune, 
et  résoudre  l'équation 

qui  exprime  que  le  point  considéré  se  trouve  sur  le  cône  d'ombre. 
En  réalité,  la  lumière  du  Soleil  n*est  pas  complètement  inter- 
ceptée dans  une  éclipse  totale  de  Lune,  en  sorte  que  cet  astre  ne 
disparaît  pas  tout  à  fait.  L'interposition  de  notre  atmosphère  aug- 
mente l'angle  /  du  double  de  la  réfraction  horizontale  ou  d'en- 
viron i*'.  La  longueur  de  ce  cône  d'ombre  pure,  calculée  par 

sin(/-+-  !«)=:  ^, 

n'est  que  de  4^i  tandis  que  la  plus  courte  distance  de  la  Lune  à 
la  Terre  va  à  57.  Aussi  la  Lune,  même  quand  elle  se  trouve  entière- 
ment plongée  dans  l'ombre  géométrique,  est-elle  encore  leinle 
d'une  lueur  rose,  analogue  aux  couleurs  de  Taurorc.  Cependant 
l'atmosphère,  qui  fait  ici  l'effet  d'une  lentille  convergente,  joue 
aussi  le  rôle  d'un  absorbant  pour  la  lumière,  dans  les  couches  l>asses 
surtout.  L'ombre  incomplète  projetée  sur  la  Lune  est  mal  ter- 
minée; et,  grâce  à  celte  circonstance  sans  doute,  le  cercle  de 
l'ombre  parait  plus  grand  de  ^jy  environ  qu'il  ne  l'est  en  réalité; 


ÉCLIPSES  DE    LUNE    ET    DE    SOLEIL.  335 

par  suite,  dans  Je  calcul  toujours  peu  rigoureux  de  ces  phénomènes, 
les  astronomes  se  croient  obligés  d'ajouter  iS^'  ou  16"  à  l'angle  / 
(^environ). 

Éclipses  totales  de  Soleil. 

Ces  beaux  phénomènes  sont  bien  autrement  précis  que  les 
précédents,  parce  que  la  Lune  n'a  pas  d'atmosphère  et  que  tout  se 
passe,  à  très  peu  près,  comme  s'il  s'agissait  du  contact  géométrique 
de  deux  cercles.  En  même  temps  que  le  cône  d'ombre  projeté  par 
la  Lune  balaye  la  surface  de  la  Terre,  celle-ci  tourne  autour  de 
son  axe  PF  :  (Jig  64)  pour  déterminer  les  instants  où  l'un  de 

Fig.  64. 


ses  points,  Paris  par  exemple,  entre  dans  le  cône  d'ombre  ou  en 
sort,  il  faut  tenir  compte  à  la  fois  de  ces  deux  mouvements. 
Déterminons  d'abord  la  ligne  des  points  où  l'éclipsé  paraît  cen- 
trale, c'est-à-dire  des  points  où  la  droite  SL  perce  l'ellipsoïde 
terrestre, 

A  une  date  donnée,  à  l'heure  sidérale  H^,  temps  de  Paris,  le  globe 
est  rencontre  par  SL  en  un  point  dont  les  coordonnées  géocen- 
triques  seront  p,  ç  etL.  Rapportons  co  point  à  un  système  d'axes 
mobiles,  celui  des  x  étant  dirigé  vers  le  point  y,  celui  des  y 
(dans  Téquateur)  à  90°  du  premier  dans  le  sens  direct,  et  l'axe 
des  z  étant  la  ligne  des  pôles.  On  aura,  par  la  Connaissance  des 
Temps,  à  l'heure  H^,  pour  le  Soleil, 

^' zi=  r' coso',     a?' =:  r'sino'cosiR',     /' =  r'sinô'siniR', 

et  pour  la  Lune 

^mrcoso,     x-=zrsinùcosMy     ^  =  rsino  siniR; 

r  et  r  devront  être  exprimés  au  moyen  du  rayon  équatorial  de  la 
Terre  pris  pour  unité.  Les  équations  de  la  droite  SL  seront,  avec 


336  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE   XXXIY. 

les  coordonnées  courantes  X,  Y,  Z, 


^t 


z'  ^  X  —  x'  ~~  y -—y 


et  celle  de  l'ellipsoïde  terrestre 

Z* 


I  —  e' 


4-X«4-Y»=l 


Ces  dernières  équations  fourniront  les  coordonnées  î^,  ;,  t,  du 
point  de  rencontre.  On  aura  les  coordonnées  géographiques  du 
point  par 

Ç=:pcoso,     $  =  psin©cos(L-4- Hp),     tj  =i  p  sino  sin(L -H  H;,'*. 

car  à  rheure  sidérale  H^,  temps  de  Paris,  le  méridien  de  Paris  fail 
l'angle  H^  avec  celui  du  point  y,  et  le  méridien  du  lieu  fail 
l'angle  L  -f-  H^  avec  ce  mêmcméridien  initial.  Enfin,  de  la  colalilude 
géocentrique  <p,  on  déduira  la  colatitude  géographique  \  par 

langX  =:(i  —  e')tang<p, 

ou  en  retranchant  i^  de  l'angle  o. 

On  recommencera  le  calcul  pour  d'autres  heures  H'^,  H^,,  ...  :  on 
obtiendra  ainsi  les  coordonnées  d'une  série  de  points  situés  sur  la 
courbe  de  centralité  {voir  la  figure  de  la  p.  34o). 

Prédiction  des  contacts  intérieurs  en  un  lieu  donné. 

Lorsqu'on  aura  tracé  la  courbe  de  la  centralité  sur  une  carie, 
on  sera  en  état  de  juger,  à  quelques  minutes  près,  des  instanlâ 
où  se  produiront  les  contacts  intérieurs  en  un  point  quelconque 
M,  assez  voisin  de  cette  trajectoire  pour  que  l'éclipsé  y  soit  lolalc, 
sinon  centrale.  Soit  t  la  moyenne  de  ces  instants;  on  prendra  dans 
les  éphémérides,  aux  instants  t -^  lo™,  t  -h  lo"*,  les  coordonnées 
M  el  0  du  Soleil  et  de  la  Lune  et  leurs  demi-diamètres,  en  a\anl 
soin  de  rapporter  les  o  de  la  Lune  au  pied  N  de  la  grande  nor- 


ÉCLIPSES    DE    LUNE    ET  DE    SOLEIL.  337 

maie  AN  de  robservateur  (*).  On  calculera  ensuite  les  azimuts 
et  les  z  de  ces  astres  aux  mêmes  instants  t  —  lo"*  et  t-\-  lo™,  de 
manière  à  obtenir  les  variations  horaires  a,  6,  c  de  leurs  diffé- 
rences. En  sorte  qu'à  Tinstant  ^  -f-  0  on  aura  pour  les  différences 
d^azimut  des  distances  zénithales  et  des  demi-diamètres  : 

Il  ne  reste  plus  qu'à  exprimer  que  la  distance  angulaire  des  deux 
astres  est  égale  à  la  somme  ou  à  la  différence  de  leurs  demi-diamètres 
apparents  ^Ai,  *  A',  -f-  cO.  C'est  le  problème  dont  nous  avons  déjà 
donné  la  solution  à  propos  du  passage  de  Vénus  (p.  21 5).  On  aura 
donc  la  même  équation 


^^+c6y=(._.'-t-fcey4-(. 


4-  aô  )   sin^sinV 


(*)  Soient  M  le  lieu  de  robservateur,  N  le  pied  de  la  grande  normale,  L  la  Lune 
située  en  dehors  du  plan  PMN  de  la  fig.  65,  6  sa  distance  polaire  géocentriciuCi  6' 


Fig.  65. 


sa  distance  polaire  vue  du  point  N,  -::  la  petite  parallaxe  due  au  déplacement  de  O 
en  N,  d  et  d'  les  distances  OL  et  NL;  on  aura 

d'sinir  =  ON  sinS. 

ON  est  égal  à  NecosX;  d'  ne  diffère  pas  sensiblement  de  d;  par  conséquent, 

-rc  =  PNccosXsinS, 

P  étant  la  parallaxe  horizontale  équatoriale  de  la  Lune.  Dès  lors  la  distance 
polaire  rapportée  au  point  N  sera  6  —  r,  6  étant  la  distance  polaire  de  l'éphé- 
méride. 

Cela  posé,  on  calculera,  par  les  formules  ordinaires,  l'azimut  A  et  la  distance 
zénithale  vue  du  point  N  et,  pour  ramener  celle-ci  au  point  M,  il  sufûra  de  lui 
ajouter  la  parallaxe  p  donnée  par 

__      NsinPsinz 
^^  ~~  I  —  N  sinP  cos-3 

IL  ^2 


338  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXIV. 

Les  deux  racines  de  cette  équation  donneront  les  instants  des 
contacts  intérieurs,  les  seuls  qu'on  observe  avec  exactitude. 

Comme  les  z  et  les  A  ne  varient  pas,  en  général,  proportionnelle- 
ment au  temps,  on  tiendra  compte,  si  cela  est  nécessaire,  des  ternies 
du  second  ordre  en  0  en  calculant  non  plus  deux,  mais  trois  posi- 
tions des  deux  astres  à  des  intervalles  équidistants. 

La  même  équation  sert  pour  les  contacts  extérieurs  en  rempla- 
çant la  différence  par  la  somme  des  rajons. 

En  dehors  des  phénomènes  physiques  si  remarquables  que  pré- 
sentent les  éclipses,  leur  importance  est  bien  diminuée  par  la  facilité 
qu^on  a  aujourd'hui  de  se  procurer  d'excellentes  observations 
méridiennes  de  ces  deux  astres.  Mais,  pour  les  temps  anciens,  les 
éclipses  seules  fournissent  des  données  précises  sur  la  position 
relative  du  Soleil  et  de  la  Lune  et  un  contrôle  précieux  pour  les 
Tables  de  notre  satellite.  Une  très  faible  erreur  sur  la  position  de  ce 
dernier  astre  déplacera  notablement  la  ligne  de  centralité;  si  donc 
l'histoire  rapporte  qu'à  une  certaine  date  une  éclipse  totale  a  été 
observée  en  un  certain  lieu,  il  en  résulte  un  document  très  précieux 
pour  fixer  la  position  de  la  Lune,  à  cette  date,  par  rapport  au 
Soleil,  dont  les  coordonnées  sont  parfaitement  déterminables.  C'est 
ainsi  que  les  éclipses  de  Thaïes  en  —  584,  ^^  Larissa  en  —  55o', 
de  Xerxès  en  —  479»  d'Agalhocles  en  —  809,  etc.,  jouent  un  grand 
rôle  dans  l'étude  de  l'accélération  séculaire  du  moyen  mouvement 
de  la  Lune. 

Il  nous  reste  à  donner  un  détail  qui  est  de  nature  a  faciliter 
l'observation  :  c'est  la  position  des  points  du  disque  solaire  où  le> 
contacts  avec  le  disque  de  la  Lune  doivent  s'effectuer.  L'équation 
des  éclipses  peut  s'écrire,  avec  une  arbitraire  M,  e/ étant  la  distance 
angulaire  des  centres, 

c^sinM=(A  — A')sinl±-i    (»),  ^cosM  =  5  — ;:'. 

M  sera  l'angle  que  fait  l'arc  cl  y  de  centre  à  centre,  avec  le  vertical 
du  Soleil.  Si  on  le  calcule  pour  le  moment  du  premier  contact,  on 

(')  On  peut  en  effet  remplacer,  sans  erreur  sensible,  dans  réquation  des  cclips*?* 
le  facteur  sio^  sin  z'  par  sio'  —      **  . 


ÉCLIPSES    DE    LUNE    ET    DE    SOLEIL.  SSq 

saura  que  le  point  où  le  disque  solaire  sera  touché  par  celui  de  la 
Lune  se  trouve  à  M  degrés  à  droite  du  vertical  du  Soleil,  en  les 
comptant  sur  le  disque  lui-même  autour  du  centre.  Les  mêmes 
formules  s'appliquent,  avec  des  modifications  fort  simples,  aux 
contacts  extérieurs. 

Nous  ne  saurions  insister  davantage  sur  cette  question;  bornons- 
nous  à  mettre  sous  les  yeux  du  lecteur  la  planche  ci- jointe  (Ji g.  66), 
qui  représentait,  dans  la  Connaissance  des  Temps  de  1882,  les 
détails  de  Téclipse  totale  du  17  mai,  calculés,  pour  toute  la  Terre, 
par  l'excellente  méthode  de  Bessel,  qu'il  nous  est  impossible  d'expo- 
ser ici  avec  les  détails  qu'elle  comporte. 

Occultation  d'une  étoile  par  la  Lune. 

C'est  évidemment  le  même  problème,  et  nous  lui  donnerons  la 
même  solution  en  considérant  les  coordonnées  de  l'un  des  astres 
comme  invariables  et  son  demi-diamètre  apparent  comme  nul. 

Quelles  que  soient  les  coordonnées  adoptées,  l'équation  finale 
aura  toujours  la  même  forme  ;  la  difficulté  se  réduit  au  calcul  des 
parallaxes,  calcul  plus  simple  pour  le  système  des  A,  Z  que  pour 
celui  des  iR,  S  ou  desL,  ^.  Voici  une  autre  méthode  dans  laquelle 
nous  emploierons  les  coordonnées  rectilignes. 

Fig.  67. 


On  calculera  pour  l'instant  H,  voisin  du  phénomène,  les  coor- 
données équatoriales  5,  x,  y  de  la  Lune  et  leurs  variations  ho- 
II.  11. 


34a  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE   XXXIY. 

raires.  iR  et  8  étant  les  coordonnées  de  l'étoile,  on  en  déduira  par 
cosazncoso,     cos^  =  sinocosiR,     cosY  =  sino  sin^R, 

les  angles  a,  p,  y  que  la  droite  visuelle  AE  fait  avec  les  axes.  Dési- 
gnons enfin  parL,  îp,  p  les  coordonnées  géocen triques  de  robservalcur 
placé  en  A.  L  étant  compté,  comme  l'heure  sidérale  H,  à  partir  du 
méridien  de  Paris,  on  en  déduit  les  coordonnées  rectangulaires  *,, 
i,  T,.  L'immersion  de  l'étoile  derrière  le  disque  de  la  Lune  aura  lien 
à  l'instant  où  le  bord  de  cet  astre  touchera  la  droite  AE,  c'est-à- 
dire  où  la  distance  du  centre  L  à  AE  sera  égale  à  0,27264  (ici  l'unité 
est  partout  le  rayon  équatorial  terrestre). 
Celle  condition  s'écrit  ainsi  : 


0,27264  =(c-;)«-+-{x-î)«-h(v-T,)« 

—  [(-  — î)cosa-+-(x  — Ç)cos?4-(/— T.)cos7]«. 

Si  l'on  joint  à  ces  termes  la  variation  horaire  de  chacun  d'eux 
multipliée  par  l'inconnue  0,  on  aura  une  équation  du  second  degré 
dont  les  racines  h'  et  V  donneront,  pour  le  lieu  A,  dont  la  longi- 
tude est  L  : 

Immersion à   r  -*-  6' h-  L,     heure  du  lica  A, 

Émersion à  /  -*-  6*  -t-  L. 

On  évitera  rinlroduction  de  grands  nombres  en  retranchant,  des 
coordonnées  de  la  Lune,  les  projections  sur  les  axes  de  la  droite LB 
menée,  parallèlement  à  AE,  jusqu'au  point  B  où  elle  perce  le  plan 
du  parallèle  terrestre  de  l'observateur  A.  LB  sera  connu  par 

Z  —  LB  ces  a  ^  r  z=r  5  CCS  Q, 

et  les  coordonnées  du  point  B,  qui  remplacera  dès  lors  le  centre 
de  la  Lune,  seront 

-' =  ï,       y' ^z  y — LBcOs3,       x' =  x  —  LB  COSY. 

Le  carré  de  la  distance  du  point  B  à  AE  sera  alors 

^r--r,'-r-(v'-T.^î-[v.r'-î)cos3-T-(r'-T.)cosv]«, 


qu'il  faudra  égaler  à  0,27:164  . 


ÉCLIPSE^  DE    LUNE    ET    DE    SOLEIL.  343 

Ces  phénomènes  sont  frappants.  La  disparition  de  Tétoile  ou  sa 
réapparition  sont  instantanées  et  s'observent  à  moins  de  o%i. 
Comme  la  Lune  se  meut  à  raison  de  o",  5  par  seconde  de  temps, 
une  erreur  de  o',  i  produit  ici  une  erreur  de  o",  o5  sur  les  coor- 
données de  la  Lune.  Pour  fixer  les  idées,  supposons  que  la  Lune 
passe  centralement sur  une  étoile;  on  pourra  déduire  son  diamètre 
angulaire  des  instants  des  deux  contacts  avec  une  très  grande 
précision.  Si  la  Lune  avait  une  atmosphère,  cette  durée  serait 
diminuée  du  quadruple  de  TefTet  de  la  réfraction  horizontale. 

Celle-ci  est  de  33'  pour  la  Terre.  Une  telle  atmosphère  produirait 
sur  la  direction  de  l'étoile  une  déviation  de  66'=  8960".  Gomme  il 
n'y  a  pas  plps  de  i"  d'incertitude  sur  le  diamètre  de  la  Lune,  on 
est  en  droit  de  conclure,  des  occultations  si  fréquemment  observées, 
que  l'atmosphère  lunaire,  si  elle  existait,  réfracterait  8000  fois 
moins  la  lumière  que  la  nôtre.  En  la  supposant  constituée  des 
mêmes  gaz,  sa  densité  serait  8000  fois  moindre. 

Détermination  des  longitudes  géographiques 
par  les  observations  lunaires. 

Puisque  la  longitude  d'un  lieu  par  rapport  à  un  autre  est  égale 
à  la  différence  des  heures  que  l'on  compte  au  même  instant  dans 
ces  deux  lieux,  la  question  se  réduit  à  transmettre  l'heure  du  pre- 
mier au  second  et  à  noter  la  différence.  Le  mojen  le  plus  parfait 
pour  cette  transmission  est  d'employer  la  télégraphie  électrique  et 
les  câbles  qui  traversent  aujourd'hui  les  continents  ou  les  mers. 
Désignons  par  B  et  A  ces  deux  lieux,  L  Texcès  de  la  longitude  de 
B  sur  celle  de  A,  x  le  temps  que  l'électricité  emploie  pour  franchir 
cette  distance.  Si  à  l'heure  H3  du  premier  on  envoie  un  signal  en 
A,  où  on  le  reçoit  à  l'heure  H^,  les  deux  heures  locales  H3  et 
Htf  —  X  répondront  au  même  instint,  et  l'on  aura  pour  différence 
des  longitudes 

Pour  éliminer  la  durée  Xj  il  suffît  de  renverser  le  courant  élec- 
trique et  d'envoyer  l'heure  de  A  en  B.  Soient  II',  l'heure  signalée 
In  A,  H'^  rheure  de  B  à  l'instant  où  le  signal  H[^  lui  parvient; 
H'^  et  H'^ — X  seront  contemporaines,  et  l'on  aura 

l^h;-x~ii',. 


34-î  LIVRE    VI.  —  CHAPITRE    XXXIV. 

La  demi-somme  de  ces  deux  déterminations  donne  L  indépen- 
damment de  x;  leur  demi-difTérence  donne  x.  Ainsi  la  comparai- 
son de  deux  pendules  réglées,  Tune  sur  le  temps  moyen  ou  sidéral 
de  A,  l'autre  sur  le  temps  moyen  ou  sidéral  de  B,  donnera  L  à 
quelques  centièmes  de  seconde  près. 

Culminations  lunaires. 

Le  ciel  présente  des  signaux  instantanés  visibles  à  la  fois  sur 
tout  un  hémisphère  et  servant,  au  même  titre,  à  déterminer  les 
longitudes.  La  Lune,  en  effet,  est  comme  Taigullle  d'une  horloge, 
marquant  sur  les  méridiens  célestes  les  heures  d'un  temps  absolu, 
indépendant  du  mouvement  diurne,  le  même  pour  tous  les  lieux 
du  monde.  Si  donc  nous  voulons  comparer  les  heures  (relatives  au 
mouvement  diurne)  que  Ton  compte  au  même  instant  absolu  en 
deux  lieux  de  notre  globe,  il  sufGt  de  prendre  les  heures  où,  en 
ces  deux  points,  on  aura  observé  la  Lune  par  la  même  ascension 
droite. 

La  manière  la  plus  exacte  de  déterminer  Vj^  de  la  Lune  en  un 
lieu  quelconque  est  d'observer  l'heure  sidérale  H  de  son  passage 
au  méridien;  on  a  alors  iR  =  H.  Supposons  donc  qu'en  deux  lieux 
B  et  A  on  ait  observé  les  heures  H^  et  H^  du  passage  de  la  Lune 
au  méridien.  Désignant  toujours  par  L  l'excès  de  la  longitude  de 
B  sur  celle  de  A,  nous  aurons,  pour  l'heure  H^,  ramenée  au  méri- 
dien de  B,  Hfl  —  L,  et  pour  l'intervalle  de  temps  absolu  compté 
entre  les  deux  observations, 

H,-.(n,--L). 

Dans  cet  intervalle  de  temps,  1'-^  de  la  Lune  augmente  (en  dési- 
gnant par  m  sa  variation  pour  i*)de 

m(Ha-IU4-L). 

Or  cette  augmentation  n'est  autre  chose  que  lia  —  H*  (•)• 
puisque  H^  et  Ha  sont  précisément  les  ascensions  droites  déter- 

('  )  Nous  supposons  que  B  est  la  plus  orientale  des  deux  stations. 


ÉCLIPSES    DE  LVNE    ET    DE    SOLEIL.  345 

minées  en  B  et  Â.  Oa  aura  donc  l'équation 

m(H<,  — Hft)  +  TOL  =  Ha  — Hi, 


d'oà 


■■=<"'-"•>  (^) 


Si  l'on  représente  par  e  l'erreur  probable  de  l'observation  du  pas- 
sage de  la  Lune  au  méridien,  on  aura  pour  l'erreur  de  la  longitude 
ainsi  mesurée 


rfL  =  ihev/ 


-  / 1  —  m 

2 


m 


La  variation  moyenne  de  VM  de  la  Lune  est,  à  raison  de  36o° 
ou,  en  temps,  de  864oo"  pour  17^, 3,  de  — 0  par  seconde.  Le 

facteur est  donc  égal  à  a6,3  en  moyenne;  par  suite, 

dhzn  ±z  26,3  Ey/2. 

Or  e,  dans  les  observations  du  passage  de  la  Lune  au  méridien,  est 
de  o%i  à  peu  près.  Ce  genre  d'observation  donnera  donc  la  longi- 
tude à  3*, 7  près,  mais  on  obtient  plus  de  précision  en  réitérant  ces 
observations  un  grand  nombre  de  fois.  C'est  par  ce  procédé  que, 
sur  la  demande  du  Bureau  des  Longitudes,  des  officiers  de  notre 
marine  ont  déterminé,  avec  un  plein  succès,  les  longitudes  d'un 
certain  nombre  de  points  fondamentaux  pour  la  navigation,  dans 
des  régions  fréquentées  où  n'aboutissent  pas  encore  les  câbles  élec- 
triques. Ils  ont  observé  en  chacun  d'eux  un  grand  nombre  de 
passages  méridiens  de  la  Lune  et  ont  trouvé,  dans  les  divers  obser- 
vatoires d'Europe  et  des  États-Unis,  les  observations  correspon- 
dantes dont  ils  avaient  besoin  pour  obtenir   les   différences   de 

longitude. 

dJR 
La  variation    de    iR,  -i--)  que    nous   avons   désignée    par    m, 

n'est  pas  une  constante;  elle  est  donnée  par  la  Connaissance 
des  Temps  d'heure  en  heure.  Il  faut  la  calculer,  pour  une  date 
intermédiaire  entre  les  observations  extrêmes,  et  la  multiplier  par 
l'intervalle  de  temps  compris  entre  les  observations  pour  obtenir 
la  différence  JR'  —  JR.  On  tient  compte  par  là  des  différences  des 


346  LIVRE    VI.   —    CHAPITRE   XXXIV. 

deux  premiers  ordres  seulement.  Quand  rintervalle  est  considé- 
rable, c'est-à-dire  si  la  différence  des  longitudes  est  de  plusieurs 
heures,  il  vaut  mieux  opérer  autrement.  Avec  les  heures  appro- 
chées de  Paris  H^,  H'^,  on  tire  de  la  Connaissance  des  Temps 
les  iR  correspondantes,  et  on  a  une  valeur  très  exacte  de  m  par 

Lorsqu^on  n'a  pas  d'observations  correspondantes  dans  des 
stations  dont  la  longitude  soit  parfaitement  connue  (grands  ob- 
servatoires par  exemple),  la  méthode  ne  cesse  pas  d'être  applicable 
pour  cela.  On  riduit  les  observations  méridiennes  de  la  station  de 
manière  à  en  tirer  Y lf\  du  centre  de  la  Lune,  puis  on  cherche  dans 
les  éphémérides  de  la  Lune  {Connaissance  des  Temps)  l'hearc 
moyenne  de  Paris  correspondante,  c'est-à-dire  H^,,  Celle  du  lieu, 
c'est-à-dire  H,  se  déduit  aisément  des  passages  observés  au  méri- 
dien. On  aura  donc  L  par  la  différence  H  —  H^.  Mais  alors  le 
résultat  est  vicié  par  Terreur  des  Tables  ou  des  éphémérides. 

Détermination  des  longitudes  terrestres  par  les  éclipses. 

L'équation  des  éclipses  contient  les  coordonnées  de  la  Lune  et 
celles  du  lieu  de  l'observateur.  Si  elles  sont  affectées  d'erreurs,  on 
les  introduira  dans  cette  équation  avec  des  indéterminées  repré- 
sentant les  corrections  qu'il  faut  leur  appliquer.  On  écrira 
donc  z'-\-dz'y  x'  -\- dx\  y  -\- ày  y  au  lieu  de  z' ,  x\  >*',  el 
Ç-|-(?;  =  Ç  —  r^dl^j  r,  +  (^r,  =  r, -h  ÇJL,  au  lieu  de  \  et  de  t,. 
Alors  les  deux  phases  d'une  éclipse  de  Soleil  ou  d'étoile  par  la 
Lune  donneront,  entre  ces  diverses  indéterminées,  deux  équations 
de  condition,  et  si  ces  phénomènes  ont  été  observés  en  des  stations 
assez  distantes  les  unes  des  autres  pour  que  les  coefficients  d'une 
même  inconnue  dans  ces  équations  diffèrent  notablement  les  unes 
des  autres,  on  en  déduira  : 

I®  dL,  correction  à  appliquer  aux  longitudes  de  ces  stations 
comptées  à  partir  de  Tune  d'elles  ; 

0?  dz\  dx',  dy\  d'où  dyR,  do,  dV,  c'est-à-dire  les  corrections 
des  Tables  de  la  Lune  à  cet  instant. 


LIVRE  VII.   —   NAVIGATION.  347 


LITRE  VII. 


NAVIGATION. 


La  Science  de  la  navigation  est  très  complexe;  nous  n'en  trai- 
tons ici  que  la  partie  qui  a  pour  objet  de  déterminer,  en  mer,  la  po- 
sition du  navire  et  Tazimutde  la  route  qu'il  doit  suiNTe  pour  arriver 
à  un  point  donné.  Ce  beau  problème  a  deux  solutions  également 
indispensables  :  l'estime  et  les  observations  astronomiques.  Elles 
ne  s'appliquent  pas  seulement  en  mer,  où  l'observateur  n*a  recours 
qu'aux  astres  ou  bien  à  des  points  de  repère  qu'il  se  fait  lui-même  : 
elles  servent  également  au  voyageur  qui  explore  des  terres  in- 
connues, et  c'est  sous  cette  seconde  face  que  nous  envisagerons  ce 
sujet  en  terminant. 

L'estime  a  pour  bul  de  mesurer  directement  et  à  tout  instant  la 
vitesse  et  l'orientation  de  la  route.  Elle  a  pour  instruments  le 
loch,  la  boussole  et  les  cartes  marines.  A  la  rigueur,  on  fait  route 
avec  l'estime  seule,  et  c'est  même  là  la  seule  ressource  du  naviga- 
teur lorsque  le  ciel  est  masqué  par  des  nuages.  Les  observations 
astronomiques  ont  pour  but  d'obtenir  à  certains  moments  la  posi- 
tion du  navire  avec  une  précision  supérieure,  et  de  rectifier  ainsi 
l'accumulation  dangereuse  des  erreurs  inhérentes  à  l'autre  procédé; 
elles  donnent  à  la  navigation  la  sécurité  et  la  célérité  aujourd'hui 
si  nécessaires.  C'est  la  plus  belle  application  qui  ait  jamais  été  faite 
des  sciences  aux  grands  intérêts  des  nations. 


348 


LIVRE    VII.   —    CHAPITRE   XXXV. 


CHAPITRE  XXXV. 


NAVIGATION  PAR  ESTIME. 


Mesure  de  la  vitesse.  —  Loch  et  Ampoulette. 

Le  bateau  de  loch  est  une  planche  de  bois  en  forme  de  secteur 
circulaire,  lestée  en  bas  par  une  bordure  de  plomb,  de  manière  i 
se  tenir  verticalement  dans  l'eau.  Une  corde  d'environ  3oo"  c$l 


h- 


r  »■ 


Fig.  68. 


Fig.  69. 


^. 


f^K 


attachée  en  ^  à  cetle  planche  et  s'enroule  par  l'autre  bout  sur  on 
tour  portatif.  Quand  on  veut  mesurer  la  vitesse  du  navire  (iu 
moins  une  fois  par  heure),  on  jclte.  le  loch  à  la  mer;  on  attend 
qu'il  soit  assez  éloigné  pour  être  à  l'abri  des  remous  de  rarrière; 
alors  le  timonier  chargé  de  l'opération  prend  en  main  la  corde, 
laquelle  porte  des  nœuds  espacés  de  i5"*,43»  et  compte,  pendant 
un  laps  de  temps  de  3o%  les  nœuds  qui  lilent  entre  ses  doigrts. 
Comme  3o'  est  la  cent-vingtième  partie  d'une  heure,  comme  i5".43 
est  la  cent-vingtième  partie  du  mille  marin,  le  nombre  des  nœuds 
donne  celui  des  milles  que  le  navire  parcourt  en  une  heure. 

Pendant  celle  opération,  il  faut  que  le  bateau  de   loch  oppose 
la  plus  grande  résistance  possible  à  la  traction;  par  conséquent  U 


NAVIGATION    PAR    ESTIME.  349 

planche  doit  se  tenir  perpendiculairement  à  la  corde.  Dans  ce  but, 
on  attache  la  ligne  de  loch  non  seulement  au  sommet  a,  mais 
encore  à  deux  points  6  et  c  de  la  base,  au  moyen  de  deux  bouts 
de  corde  réunis  par  une  cheville  qui  entre  à  frottement  dur  dans 
un  petit  cylindre  de  bois  d.  Au  contraire,  quand  on  haie  à  bord 
le  bateau  de  loch,  celui-ci  doit  opposer  le  moins  possible  de 
résistance  ;  c'est  ce  qu'on  obtient  en  imprimant  à  la  corde  de  loch 
une  forte  secousse  qui  dégage  la  cheville  d  et  la  fait  tomber  avec 
les  deux  cordelettes  bd  et  crf.  Alors  le  secteur  est  tiré  par  le  som- 
met seulement  et  se  couche  sur  l'eau. 

Pour  compter  les  3o*  réglementaires,  on  se  sert  tout  simple- 
ment d'un  sablier  qui  a  cette  durée.  Il  est  évident  qu'une  montre 
à  secondes  vaudrait  beaucoup  mieux.  Une  seconde  d'erreur 
dans  cet  antique  système  est  très  admissible.  C'est  déjà,  de  ce  chef, 
une  incertitude  de  j^  sur  le  résultat.  Des  expériences  comparatives 
entre  l'espace  mesuré  au  loch,  près  d'un  rivage,  et  l'espace  déter- 
miné sur  le  rivage  par  des  relèvements  exacts,  ont  engagé  les  na- 
vigateurs à  réduire  de  i5"*,43  à  i4">8  l'espacement  réglementaire 

des  nœuds.  Il  y  a  donc  encore  là  quelque  erreur  de  —j—r  =  -^  6^~ 

viron.  Enfin  le  timonier  exerce  sans  doute  sur  la  corde  du  loch, 
sans  le  vouloir,  une  certaine  traction  qui  raccourcit  la  mesure,  tan- 
dis que  la  courbure  de  la  corde  elle-même  (plus  dense  que  l'eau  de 
mer  quand  elle  est  imbibée)  doit  s'allonger  un  peu.  D'après  cela, 
ce  moyen  un  peu  primitif  de  mesurer  la  vitesse,  capable  de 
donner  de  bons  résultats  quand  on  l'applique  avec  soin,  com- 
porte trop  souvent  des  erreurs  d'environ  -^^  surtout  pendant  la 
Duit  et  par  les  gros  temps. 

A  raison  de  dix  nœuds  par  heure,  un  navire  parcourt  en  vingt- 
quatre  heures  a4o',  ce  qui  donne  i  a'  d'erreur  par  jour  et  i**  d'erreur 
pour  l'estime  au  bout  de  cinq  à  six  jours  de  mauvais  temps.  Aussi 
a-tron  cherché  à  substituer  au  loch  d'autres  appareils  nommés 
sillomètres.  Ce  sont  des  moulinets  à  ailettes  de  diverses  formes 
qui  sont  plongés  dans  l'eau,  à  l'arrière,  et  prennent  une  rotation 
dont  les  tours  s'enregistrent  d'eux-mêmes  par  un  système  d'ai- 
^illes  et  de  cadrans,  dans  la  chambre  même  du  capitaine.  On  n'a 
qu'à  déterminer  par  expérience  la  vitesse  qui  répond  au  nombre 
de  tours  enregistrés  dans  un  temps  donné.  Malheureusement  ces 


35o  LIVAB    VII.   —    CHAPITRE    XXXV. 

appareils  n'ont  pas  donné  jusqu'ici  de  résultats  satisfaisants;  on 
a  conservé,  en  conséquence,  l'ancien  procédé  qu'il  serait  bieo 
facile  d'améliorer. 

On  n'a  pas  remarqué  que  le  loch  ne  donne  pas  seulement  la 
vitesse  :  il  indique  aussi  la  direction  de  la  marche  du  navire,  direc- 
tion qui  ne  coïncide  pas  toujours  avec  celle  de  l'axe  de  celui-ci. 
Lorsqu'on  marche  à  la  voile,  combinée  ou  non  avec  la  vapeur,  l'ac- 
tion du  vent  sur  la  voilure  se  décompose  en  deux  parties  :  l'unCt 
parallèle  à  l'axe  du  navire,  qui  produit  un  mouvement  de  pro- 
gression en  ce  sens;  l'autre,  perpendiculaire  à  cet  axe,  qui  déplace 
peu  à  peu  le  navire  parallèlement  à  lui-même.  La  route  suivie  est 

Fig.  71. 


la  résultante  de  ces  deux  déplacements;  elle  fait  avec  l'axe  du 
navire  un  certain  angle  d^  et  se  dessine  sur  la  mer  par  un  lai^e 
sillon  que  l'œil  suit  à  une  assez  grande  distance.  La  boussole  ne 
donnant  que  la  direction  de  Taxe,  il  faut  mesurer  la  dérive  et  ajouter 
ce  petit  angle  à  l'azimut  du  navire  pour  avoir  la  route  réelle.  Pour 
cela,  on  fixe  à  l'arrière  un  petit  cercle  en  cuivre  avec  une  alidade. 
Le  diamètre  zéro  coïncide  avec  l'axe  du  navire,  tandis  que  Palidade 
mobile  est  dirigée  par  l'observateur  sur  le  milieu  de  la  houache. 
c'est-à-dire  du  sillon  dont  nous  venons  de  parler.  Soient  AS 
{ftg-  71  )  la  direction  du  méridien,  Ac  celle  de  l'axe  du  navire,  AH 
le  prolongement  de  la  houache  AH,  cAII'  sera  la  dérive  r/,  S  AH' 
Tanglc  de  route  V,  SAc  Taziinut  de  Taxe  ou  A.  On  aura,  si  .XJIesl 
à  tribord  comme  dans  la  figure,  V  =  A — d,  et  à  bâbord  V  =  A -h</- 
Évidemment  Tangle  de  route  est  donné  immédiatement  par  la 
ligne  de  loch,  lors(jue  celle-ci  est  fixée  au  navire  et  que  le  loch  csl 
à  la  remorque.  Il  suffit  pour  cela  de  faire  une  modification  très 
simple  à  son  groemcnt.  Supposons  qu'on  ait  noué  à  la  corde  de 
loch  un  des  deux  brins  6  ou  c  {Jîg.  68)  et  que  la  chevillelte  soil 


NAVIGATION    PAR    ESTIME.  35l 

ex^clusivcment  fixée  à  l'autre.  Lorsque,  après  avoir  mesuré  la  vi- 
tesse à  la  manière  ordinaire,  on  imprime  une  secousse  à  la  corde 
pour  dégager  la  cheville,  le  loch,  traîné  par  la  tranche,  continuera 
à  se  tenir  debout  et  se  placera  dans  la  direction  de  la  moindre 
résistance,  c'est-à-dire  dans  le  sens  de  la  marche.  On  le  maintiendra 
ainsi  à  une  distance  de  3oo™  et  l'on  relèvera  sa  direction,  soit  au 
compas,  soit  au  sextant,  ce  qui  vaut  mieux,  en  rendant  visible  son 
sommet  au  moyen  d'une  tige  légère  portant  une  carte  blanche,  comme 
un  jalon.  Si  l'on  emploie  le  sextant,  on  mesurera  la  distance  angulaire 
du  sommet  du  loch  à  un  astre  connu.  On  obtiendra  ainsi  l'angle 
de  route,  dérive  y  comprise.  Rien  n'empêcherait  d'opérer  la 
nuit;  on  rendrait  visible  le  haut  du  loch  en  y  attachant  une  très 
petite  lanterne,  sauf  à  le  mettre  avec  précaution  à  la  mer  au  lieu 
de  l'y  jeter. 

Le  même  procédé  fournirait,  à  la  surface  de  la  mer,  une  direc- 
tion connue  qui  remplacera  assez  bien  la  ligne  d'horizon  si  souvent 
masquée  par  les  brumes.  La  hauteur  du  signal  placé  au  sommet  du 
loch  au-dessus  de  la  mer  étant  A,  et  H  celle  de  l'œil  de  l'observa- 
teur, l'inclinaison  de  cette  ligne  aura  pour  tangente  —x ;  elle 

sera  donc  sensiblement  de  3438'  —5 •  Sans  doute  l'agitation  de 

la  mer  fait  varier  à  la  fois  H  et  /i,  mais,  en  temps  calme,  l'oscillation 
de  la  houle  ne  dépasse  guère  i",  et  ne  produit  qu'une  variation, 
de  1 1'  dans  la  direction  de  cette  ligne  de  visée.  Cet  effet  sera  même 
considérablement  réduit  si  l'on  s'attache  à  observer  la  position 
moyenne  du  point  de  mire  éloigné. 

Nous  avons  montré  ailleurs  qu'on  peut  tirer  un  autre  parti  du 
bateau  de  loch  en  lui  adjoignant  une  boussole  qui,  placée  loin 
de  l'influence  du  fer  du  navire,  donnera  la  direction  de  l'aiguille 
aimantée  et  l'azimut  magnétique  vrai  de  la  route  suivie. 

Boussole. 

S*il  n'y  a  pas  de  fer  à  bord,  la  boussole  obéit  à  la  seule  action 
directrice  du  globe.  L'aiguille  aimantée  est  placée  dans  une  boite 
cylindrique  lestée,  suspendue  à  la  Cardan  et  fixée  à  l'arrière  sous 
Fœil  du  timonier.  Au   moyen  d'une  chape  en  pierre  dure,   elle 


35a  LIVRE    VII.    —   CnAPITRB   XXXV. 

repose  sur  un  pivot  très  aigu  autour  duquel  elle  tourne  librement. 
Elle-même  porte  deux  pièces  :  d'abord  un  disque  mince  en  mica 
sur  lequel  est  tracée  la  rose  des  vents  ;  ensuite  un  petit  contre-poids 
destiné  à  la  faire  tenir  horizontalement.  C'est  un  système  sem- 
blable à  la  boussole  de  l'arpenteur;  seulement  c'est  ici  raîguillect 
non  la  boîte  qui  porte  le  limbe  divisé,  et  l'alidade  est  remplacée 
par  une  ligne  de  foi  tracée  très  visiblement  sur  les  parois  de  la 
boîte,  dans  la  direction  de  l'axe  du  navire.  Comme  cette  boîlcel 
la  ligne  de  foi  font  corps  avec  le  navire,  tandis  que  Taiguille  et  son 
cercle  divisé  sont  entièrement  libres,  si  le  navire  vient  à  tourner 
horizontalement  d'un  certain  angle,  la  ligne  de  foi  tournera  de  cet 
angle,  tandis  que  l'aiguille  et  la  rose  des  vents  resteront  immobiles 
dans  la  direction  que  leur  assigne  la  force  directrice  du  globe.  La 
ligne  de  foi  viendra  se  placer  devant  une  certaine  division  de  la 
rose  des  vents  et  fera  connaître  ainsi  l'azimut  du  navire,  compté  à 
partir  du  méridien  magnétique,  si  l'aiguille  se  tient  réellement  dans 
ce  plan-là. 

Conformément  à  une  vieille  tradition,  les  azimuts  se  comptent 
sur  la  boussole  en  deux  sens  opposés  à  partir  de  quatre  divisions 
cardinales  S,  O,  N,  E.  Les  azimuts  sont  désignés,  non  par  des 
nombres,  mais  par  des  noms  propres,  tels  que  nord-nord-est, 
nord-quart-nord-ouest,  etc.  C'est  ainsi  que  jusqu'à  la  fin  du  siècle 
dernier  les  astronomes  comptaient  les  longitudes  écliptiques  i 
partir  de  douze  origines  distinctes,  portant  chacune  un  nom  propre 
et  comprenant  entre  elles  un  signe  ou  So**.  Cet  antique  système 
était  bon  autrefois,  lorsqu'on  ne  tenait  compte  que  de  quatre  direc- 
tions; il  s'est  appliqué  sans  trop  d'efforts  à  huit,  mais  il  est  devenu 
intolérable  lorsqu'on  a  été  obligé  de  recourir  à  seize  et  surtout  à 
trente-deux  directions.  Les  trente-deux  divisions  actuelles  de  b 
circonférence  portent  le  nom  de  riimbs  et  valent  1 1®  i5'.  Le  rumb 
à  son  tour  se  subdivise  en  huitièmes,  valant  i^i^'it,". 

Voici  la  figure  actuelle  de  la  rose  des  vents  {Jig^  7a). 

On  intercale  ces  huitièmes,  par  exemple  entre  SOqS  et  SO.  en 
disant  :  SOqSJ,  SOqSj,  SOqSf,  la  numération  procédant  alor» 
du  sud,  soit  vers  l'ouest,  soit  vers  Test.  Dans  la  région  opposée, 
elle  procédera  du  nord  pour  les  huitièmes  de  quart.  Lorsqu'on  fait 
un  calcul  d'azimut  astronomique  par  nos  formules,  cet  angle  est 
obtenu  en  degrés  comptés  dans  un  sens  unique  (de  gauche  à  droite). 


NAVt«ATION    PAR   ESTIME. 


à  partir  d'nne  origine  unique  (le  sud).  Grâce  à  ces  simples  conven- 
tions, il  n'y  a  jamais  d'embarras,  d'ambiguïté  ni  de  trouble  pour  le 
calculateur.  Mais,  lorsqu'on  donne  cet  angle  de  route  au   timo- 
Fig.  ;i. 


nier  chargé  de  maintenir  le  cap  du  navire  dans  la  direction  corres- 
pondante, il  faut  opérer  une  véritable  conversion,  à  l'aide  d'une 

Fie  73- 


table  spéciale,  pour  traduire  cet  angle  dans  une  langue  baroque, 
sous  prétexte  que  le  timonier  n'est  pas  capable  d'en  comprendre 
d'autre.  Il  serait  bien  plus  simple  de  graduer  la  rose  des  vents, 


354  LITRE    TH.    —   CHAPITRE    XXXV. 

comme  on  le  fait  pour  tous  les  instruments  divisés,  que  tout  le 
monde,  à  terre,  comprend  et  lit  sans  diilGculté.  Voici  quelle  en 
serait  la  disposition  (^fig^  73).  Les  divisions,  il  est  vrai,  sont  de 
io°,  mais  on  en  appréciera  très  bien  les  dixièmes  par  un  exercicede 
quelques  jours.  Le  timonier  trouvera  plus  facilement  sur  cette  rose  b 
direction  de  3o2°,  par  exemple,  que  sur  la  rose  actuelle  la  direction 
correspondante  dont  voici  le  calcul  : 


o 


% 


H 


36o 
Azimut 3o2 

Angle  compté  du  sud  vers  l'est 58 

Sud-est 4^ 

ï? 
qEst 1 1. 15' 

A  peu  près  \ i .  45 

ce  qui  donne  au  compas  la  direction  SEqE|. 

L'aiguille  aimantée  dévie  ordinairement  du  méridien  astro- 
nomique d'un  angle  o  qu'on  nomme  la  déclinaison.  En  outre,  Tin- 
fluence  des  fers  du  navire  produit  une  autre  déviation  D,  non  plof 
générale  comme  la  première,  mais  toute  spéciale  à  la  direction  ac- 
tuelle du  navire  (').  Ces  deux  angles  étant  pris  positivement  dan 
le  sens  où  croissent  les  azimuts,  on  aura,  entre  l'azimut  astrono- 
mique A  et  l'azimut  apparent  M  qu'on  lit  sur  la  boussole,  la  rela- 
tion 

A  =  M  4-  D  4-  0. 

Les  marins  ont  des  caries  qui  donnent  la  déclinai>on  |>our 
qucl(|ues  lieux  du  globe.  Ils  ont  des  procédés  particuliers  pour  dé- 
terminer la  déviation  D  relative  à  un  cap  donné  M(*).  A  ces  cond- 
tions  les  indications  du  compas  serviront  à  maintenir  le  cap  du 
navire  dans  l'angle  de  route  voulu.  Nous  verrons,  en  outre,  quelt> 
observations  astronomiques  permettent  de  déterminer  fréqueniraeDi 
celte  correction  D4-0,  qu'on  nomme  la  variation, 

La  naviji^alion  par  estime  consiste  donc  à  maintenir,  à  l'aide  d» 
gouvernail  et  de  la  boussole  placée  sous  les  yeux  du  timonier,  1^ 
navire  dans  un  azimut  donné,  en  sorte  que  sa  route  coupe  .s}a^ 

(')  Voyez  pour  Téludc  de  la  dévialion  mon  Astronomie  nautique. 


NAVIGATION    PAR    ESTIME.  355 

cet  angle-là  tous  les  méridiens  qu'il  traverse  successivement;  il 
faut  en  outre  mesurer  d'heure  en  heure  sa  vitesse  à  l'aide  du 
loch. 

Loxodromie  et  problèmes  de  route. 

Courbe  tracée  sur  une  sphère  et  coupant  tous  les  méridiens 
sous  un  angle  constant  que  nous  désignerons  désormais  par  V. 

Toute  courbe  sphérique  passant  par  le  point  X,  L,  et  coupant 
le  méridien  de  ce  point  sous  un  angle  V,  a  pour  équations  diffé- 
rentielles 

(i)  dscos\=zd'kf 

(2)  ds  sin\  :=  —  dhsin'ky 

l'angle  V  étant  compté,  comme  les  azimuts,  de  la  partie  sud  du 
méridien  vers  l'ouest,  et  les  longitudes  vers  l'est. 

Lorsqu'il  s'agit  d'une  loxodromie,  l'angle  V  est  constant  pour 
toute  la  courbe  ;  dès  lors  on  a,  en  intégrant  l'équation  (i)  de  X  à  Vy 

(3)  5cosY=X'  — >. 
Entre  (i)  et  (a),  éliminons  dsy  ce  qui  donne 

(4)  t/L=:-tangV-^, 
^    '  °     sin  A 

d'où,  en  intégrant  (*), 

(5)  U-L  =  --tangV(4:^langîX'-^tangiX), 

Pour  exprimer  en  minutes  de  cercle  le  deuxième  membre  et  se 


(')  Quand  s  est  le  chemin  parcouru  pendant  quelques  heures  ou  môme  une 
journée,  on  peut  intégrer  plus  simplement  cette  équation  en  calculant  sïn'k  pour 
la  région  intermédiaire,  c'est-à-dire  entre  les  limites  X   et  Vy  et  en  considérant 

sin comme  constant.  Il  vient  alors 

(L'— L)sin  r=  — -î  sinV. 

2 

C'est  la  formule  dont  se  servent  les  marins  pour  calculer  le  chemin  de  chaque 
jour  en  longitude. 


6 


LIVRE    VII.    —    CHAPITRE    XXXV. 


servir    de    logarithmes    ordinaires,     il    faut    le    multiplier    par 

O/OQ 

-p! — =  79i5',7,  facteur  dont  le  logarithme  est  3»8g849- 

On  nomme  chemin  en  colatitude  la  quantité  V  —  \=zs  cosV, 
et  chemin  en  longitude  la  quantité 

L'  —  L  =  —  tang  V(^tangiX'  —  ^tang^X). 

On  simplifîera  le  calcul  de  la  deuxième  formule  en  se  ser>'aDt 
de  la  Table  des  latitudes  croissantes  dont  nous  avons  donné  un 

extrait  à  la  page  354  du  Tome  I,  sous  la  forme  791 5',  7  logcot-- 

Les  problèmes  de  route  sont  :  i®  déterminer  Tangle  de  roule 
quUl  faut  suivre  pour  aller  de  A  en  B,  les  coordonnées  de  ces 
points  étant  connues;  2"  connaissant  s  et  V,  c'est-à-dire  la  lon- 
gueur loxodromique  5  parcourue  à  partirdupoint  A  sous  l'angle  V, 
déterminer  les  coordonnées  )/,  L'   du    point   d'arrivée. 

V^oici,  comme  exemple,  le  calcul  de 5  et  Vpour  la  route  de  Brest 
à  New- York  : 


Coordonnée 

Coordonnées 

OeBroU. 

de  Ne V  York. 

X  =   40*37' 

V  =   49-7' 

L  =  353*  10' 

L'  =  a83«4' 

X'  -  X  =  8*4o*  =  5jk>'. 
losjlauiî  5"  À. .     9.66171 

l^»tT 0,CK>>il 


L'  —  L  =  — 69*30'  =  — 4170'. 

logdiff 8,9^>95i 

logconsl 3,8981»» 


lo-,  L— L). 


•>.,8(>8oo 
3,r>joi  i 


loglaogV 0,73214 

1^1  dirtVrence  a  — /.  a\ant  le  si:nie  -i-,  il  en  est  de  même  de 
w>\  ,  l\ir  cv>u>ot|uonl 

\ 

U^^  V\'>  \ 

»       »        » 

u'>:    \  —  K    


79-58' 

9.M110 
j  -1600 


î.^^.< 


^r474^ 


i9^> 


Vuï>..  j  sHir  ,illcr  vU-  l>rv>:   i  Ncu-Yori,  il  faut  sui%-re  rarimut 


PAR    BSTIUB. 


35? 


loxodromique  de  80°.  On  donnera  donc  l'ordre  au  limonier  de 
mettre  le  cap  surl'OqSO,  i°0  de  la  rose  des  vents.  L'arc  de  loxo- 
dromie  à  parcourir  sera  de  agSS  milles  et,  à  raison  de  iH  nœuds 
par  heure,  le  paquebot  fera  cette  traversée  en  9  jours  et  demi. 


Uaage  des  cartes  marines. 

Ces  problèmes  se  résolvent  aussi  graphiquement  à  l'aîde  des 
cartes  marines  dont  nous  avons  donné  ta  théorie  dans  le  Tome  I. 
On  sait  que  les  angles  sont  conservés  sur  ces  cartes,  et  que  les 
arcs  de  loxodromie  y  sont  figurés  par  des  droites.  On  aura  donc 
immédiatement  la  roule  de  Brest  à  New- York  en  tirant  une  droite 
d'un  de  ces  points  à  l'autre,  et  en  mesurant  au  rapporteur  l'angle  V 
sous  lequel  cette  droite  coupe  le  méridien.  Quant  à  la  vraie  lon- 
gueur s  de  l'arc  de  loxodromie  représenté  sur  la  carie  par  la  lon- 
gueur dilatée  ab  {Jig-  74)t  elle  sera  donnée  par  la  construction 
suivante. 


,' 

c 

7 

,J 

Considérez  qu'une  portion  a'b'  de  méridien,  comprise  entre  les 
parallèles  X  et  V,  est  elle-même  une  loxodromie  dilatée  dans  la 
même  proportion  que  toute  autre  loxodromie  ab  tracée  entre  les 
mêmes  parallèles;  seulement,  pour  cette  loxodromie  particulière, 
la  carte  donne  immédiatement  le  rapport  de  dilatation. 

En  elTet,  V  se  lit  sur  la  graduation  du  méridien  central,  ainsi 
que  X;  on  a  donc  par  V  —  X  la  vraie  valeur  de  l'arc  a'b'  en  parties 
de  ia  circonférence.  Prenez  sur  la  graduation  de  l'équateur  une 
longueur  égale  à  l'arc  V  —  \  ainsi  obtenu,  et  portez-la  de  a'  en  d 


358  LIVRE    VII.    —    CnAPITRB    XXXV. 

sur  le  méridien  du  point  al\  puis,  parle  point  d ^  menez  cd  parallèle 
à  bV  \  ac  sera  la  vraie  grandeur  de  l'are  de  loxodromie  représenté 
en  ab.  Vous  l'évaluerez  en  degrés  et  minutes  en  portant  avec  ud 
compas  la  longueur  ac  sur  la  graduation  de  Téquateur. 

Le  problème  inverse,  étant  donné  sur  la  carte  le  point  de  départ 
«,  l'angle  de  route  V  et  l'arc  de  loxodromie  s  que  le  navire  vient 
de  parcourir,  déterminer  le  point  d'arrivée  6,  se  résout  d'une 
manière  analogue.  On  prendra  sur  Téquateur  un  arc  comprenant  le 
nombre  de  milles  ou  de  minutes  contenu  dans  5,  et  on  le  portera  en  «c 
sur  une  droite  indéfinie  tirée  du  point  a  sous  l'azimut  V.  En  la 
projetant  en  aVsur  le  méridien  central  (qui  porte  les  divisions),  on 
aura  a'c'  =  s  cos  V=V — X.  Évaluez  a'c'  en  degrés  et  minutes  en  le 
portant  sur  l'équateur;  si  vous  retranchez  ce  nombre  de  degrt^s  de  V 
vous  aurez  \,  Or,  sur  la  carte  marine,  le  parallèle  de  colatitudeÀ 
se  trouve  marqué  en  b'  \  il  sufiîra  donc  de  mener  b' b  parallèle  à  de 
pour  obtenir  en  ab  la  représentation  de  s  sur  la  carte  et  par  suite 
pour  y  marquer  le  point  d'arrivée  6. 

On  a  chaque  jour  des  constructions  de  ce  genre  à  faire  sur  la 
carte  pour  y  marquer  le  point  d'arrivée,  lequel  devra  scr\ir  de 
point  de  départ  de  la  route  à  suivre  ultérieurement.  On  comprend, 
en  effet,  qu'il  n'est  pas  toujours  possible,  à  cause  du  vent,  de  la 
dérive,  etc.,  de  suivre  exactement  la  route  prescrite.  11  faut  donc 
chaque  jour  faire  le  point,  c'est-à-dire  déterminer  graphiquement 
sur  la  carte  la  position  du  navire  à  une  heure  donnre. 

Ces  opérations  commencent  dès  que  le  pilote  a  conduit  le  navire 
en  pleine  mer  en  se  guidant  sur  des  bouées,  des  balises,  des 
phares,  des  repères  familiers.  La  terre  étant  encore  i*n  vue, 
le  commandant,  qui  a  repris  la  conduite  de  son  navire,  fait  rele\er 
des  points  connus  sur  la  côte  à  Taide  d'une  boussole  eniplo\êe 
comme  théodolite  (compas  de  relèvement).  Soient  A  et  B  deux  de 
ces  points  observés  du  navire  C,  par  les  azimuts  V  et  W  Les 
azimutsdunavire,vudeces points,  seront  respectivement  V  -j-  180*, 
V'-hi8o**.  On  trace  deux  droites  sur  la  carte  sous  ces  azimuts-là: 
leur  intersection  en  C  donnera  sur  la  carte  la  position  du  navire. 
Tel  sera  le  point  de  départ  des  opérations  subséquentes. 

On  peut  ainsi  conduire  par  estime  un  navire  jusqu'à  rallerris- 
sage.  Toutefois  les  erreurs  des  évaluations  des  s  et  des  V  s'ac- 
cumulent et  finissent  par  atteindre  un  total  fort  dangereux.  Si  le 


NAVIGATION    PAR    ESTIME.  SSg 

ciel  reste  couvert,  si  le  navigateur  forcé  de  renoncer  aux  observa- 
tions astronomiques  n'a,  vers  la  fin  de  son  voyage,  que  le  résultat 
de  Testime  journalière,  il  est  tenu  à  beaucoup  de  prudence.  Bien 
avant  le  terme  qu'il  serait  porté  par  l'estime  à  assigner  à  son 
voyage,  il  fera  faire  de  temps  en  temps  des  opérations  de  son- 
dage (*)  et  enverra  des  vigies  dans  les  mâts  pour  signaler  la  terre. 
Lorsque  la  terre  sera  en  vue,  il  se  trouvera  peut-être  bien  loin 
du  port.  A  l'aide  de  vues  panoramiques  des  côtes,  il  tâchera  de  re- 
connaître les  signaux  naturels  qu'elles  peuvent  présenter,  de  manière 
à  déterminer  la  vraie  position  de  son  navire  et  se  mettre  en  état 
d'atterrir. 

Dans  les  conditions  ordinaires,  on  ne  peut  guère  gouverner 
qu'à  2**  ou  3**  près,  et  déterminer  la  vitesse  linéaire  qu'à  j^,.  Au 
bout  d'une  dizaine  de  jours  de  navigation  à  la  nœuds  par  heure, 
on  ne  saura  guère,  par  l'estime  seule,  autre  chose  que  ceci  :  le  navire 
doit  se  trouver  quelque  part  dans  un  cercle  de  4°  de  rayon  ayant 
pour  centre  le  point  marqué  sur  la  carte  comme  étant  la  dernière 
position  estimée. 


(*)  Les  cartes  à  grand  point  que  tout  navire  emporte  pour  les  régions  qu'il  doit 
visiter  donnent  l'hydrographie  des  côtes,  c'est-à-dire  les  profondeurs  de  la  mer 
à  plusieurs  distances  du  rivage. 


3Go  LIVRE    VII.    —  CHAPITRE   XXXVI. 


CHAPITRE  XXXVI. 


INSTRUMENTS  DE  LA  NAVIGATION  ASTRONOMIQUE. 


Elle  a  pour  but  de  déterminer  chaque  jour  la  position  exacte  da 
navire  à  Taide  d'observations  célestes,  de  manière  à  rectiGer  l'es- 
time et  à  éviter  l'accumulation  de  ses  erreurs.  On  navigue  alors  à 
quelques  minutes  et  non  plus  à  quelques  degrés  près.  Les  instru- 
ments qu'elle  emploie  sont  le  sextant,  le  chronomètre  et  la  Co/i- 
naissance  des    Temps  publiée  d'avance,  chaque  année,  par  le 
Bureau  des  Longitudes.  Les  inconnues  à  déterminer  par  robsenra- 
tion  sont  \  et  L  =  H  —  H^,  c'est-à-dire  la  colatitude,  l'heure  du 
lieu  et  celle  de  Paris  au  même  instant.  L'estime  ne  sert  plus  qu*i 
fournir  chaque  jour  des  valeurs  approchées  des  inconnues  A  et  L, 
ou  plutôt  le  chemin  fait  à  partir  de  la  dernière  détermination  as- 
tronomique. Nous  aurons,  par  rapport  à  l'heure  de  Paris  H^,  à 
exposer  deux  méthodes  :  i"  celle  des  chronomètres  ou  montres  ma- 
rines qu'on  règle  sur  l'heure  de  Paris  avant  le  départ,  et  qu'on  sup- 
pose devoir  marquer  ensuite  celle  heure  pendant  tout  le  vovage; 
2®  la  méthode  plus  sûre  des  distances  lunaires  dans  laquelle  les  posi- 
tions observées  de  la  Lune,  comparées  avec  les  positions  calculées 
pour  l'heure  de  Paris  dans  la  Connaissance  des  Temps»  donnent 
toujours  H^  avec  certitude. 

Le  sextant. 

Ix)rsqu'un  rayon  de  lumière  tombe  sur  un  miroir,  il  est  réfléchi 
en  faisant  un  angle  de  réflexion  égal  à  l'angle  d'incidence.  Si  l'on 
fait  tourner  le  miroir  d'un  certain  angle,  le  ravon  réfléchi  change 
de  direction  et  tourne  d'un  angle  double.  On  s'est  ser\'i  de  celte 
propriété  pour  construire  des  instruments  destinés  à  mesurer  les 


INSTRUMENTS    DE    LA    NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  36l 

angles  entre  deux  objets,  Pun  vu  directement  par  la  lunette, 
l'autre  vu  par  la  même  lunette,  mais  par  réflexion  sur  un  miroir 
placé  sur  le  trajet  des  premiers  rayons  et  ne  couvrant  que  la 
moitié  de  Tobjectif.  Ces  instruments  étaient  inapplicables  en  mer, 
car  le  moindre  mouvement  du  navire,' en  déplaçant  le  miroir,  fai- 
sait dévier  d'un  angle  double  les  rayons  réfléchis,  et  empêchait 
ainsi  la  superposition  des  images  des  deux  objets.  Mais,  si  au  lieu 
d'une  seule  réflexion  on  en  emploie  deux,  les  choses  changent 
complètement;  la  direction  d'un  rayon  doublement  réfléchi  devient 
indépendante  de  la  position  des  deux  miroirs;  pourvu  que  Tanglede 
ceux-ci  ne  change  pas,  on  peut  faire  tourner  leur  ensemble  sans 
que  le  rayon  émergent,  après  deux  réflexions,  change  le  moins  du 
monde  de  direction.  Un  instrument  fondé  sur  ce  principe  aura 
donc  l'avantage  de  n'avoir  pas  besoin  d'une  installation  fixe. 

Dans  Xdijig,  yS,  où  il  s'agit  de  la  mesure  de  l'angle  AOB,  le 
rayon  AO  est  doublement  réfléchi  par  les  deux  miroirs  M,  m  et 
se  trouve  ainsi  amené  dans  la  direction  mO,  Menons  les  normales 

Ï^  •       ^ 
ig.  7a. 


MO' et  mO'aux  deux  miroirs;  la  première  sera  la  bissectrice  de 
l'angle  AMm,  la  seconde  celle  de  l'angle  Mm  O.  Le  triangle  MmO' 
donne 

le  triangle  MmO  donne 

2a  =  0  4-2^; 

donc  O  =  2O'.  Si  l'angle  O'  des  deux  miroirs  reste  constant,  de 
quelque  manière  qu'on  présente  leur  système  au  rayon  AO,  la  di- 
rection du  rayon  émergent,  après  deux  réflexions,  sera  BO  ou  une 
parallèle  à  cette  droite. 

Pour  construire  sur  ce  principe  un  instrument  de  mesure  angu- 
laire, il  suffit  de  placer  une  lunette  sur  le  trajet  0/nB,  de  manière 


-    CHAPITBE   XXXTI. 


à  viser  directement  l'objet  B,  vu  par-dessus  le  miroir  m  (')  etâ 
l'aide  d'une  partie  de  l'objectif,  puis  de  faire  varier  l'aogle  des 
deux  miroirs  de  manière  à  amener,  par  deux  réflexions,  les  rayons 
venus  de  l'objet  A  dans  la  direction  B/»0.  L'image  de  cet  objet 
sera  vue  dans  la  lunette  par  l'autre  moitié  de  l'objectif.  LorMjiw 
les  deux  images  se  trouveront  en  coïncidence,  l'angle  des  deux  di- 
rections AO  et  BO  sera  égal  au  double  de  l'angle  des  deux  mi- 

Cela  posé,  montons  les  deux  miroirs  et  la  lunette  sur  un  châssit 
portant  un  arc  de  cercle  divisé  et.  au  centre  de  ce  cercle,  un  pivoi 
autour  duquel  le  miroir  M  puisse  tourner,  entraînant  a\ec  lui  une 
alidade  à  vemier.  tandis  que  le  petit  miroir  reste  invariabtemeot 
fixe  au  cbâssis  :  on  aura  le  sextant,  inventé  d'al'ord  par  Newloa. 
puis  par  GodtWv.  de  Pcnn^vlvanie,  et  enfin  par  lladlev. 


L  jn^lo  actuel  des  deux  mirvïirs  est  donné  par  la  lecture  de  U 
livÎMii»  qui  njv;!,|  i  h  d-reviion  de  l'alidade:  il  se   lit    sur  W 


INSTRUMENTS   DE    LA    NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  363 

limbe  divisé  ;  en  le  doublant,  on  a  Tangle  des  deux  directions  AO 
etBO. 

Cet  admirable  instrument  est  applicable  à  la  mer;  car,  si  le 
roulis  ou  le  tangage  déplace  les  images  des  deux  astres  dans  la  lu- 
nette que  Tobservateur  tient,  il  ne  les  séparera  pas  lorsqu'elles  au- 
ront été  amenées  à  la  coïncidence;  elles  ne  feront  que  se  mouvoir 
ensemble  dans  le  champ  de  la  vision. 

L'origine  de  la  graduation  du  limbe  devrait  êlre  le  point  où  se 
place  l'alidade  quand  les  deux  miroirs  sont  parallèles.  Pour  déter- 
miner ce  point,  on  dirige  l'instrument  sur  un  objet  très  éloigné,  le 
Soleil  par  exemple.  On  en  voit  deux  images,  l'une  directe,  Tautre 
par  double  réflexion.  On  amène  la  seconde  à  coïncider  avec  la  pre- 
mière :  la  division  u  où  s'arrête  alors  le  zéro  de  l'alidade  est  l'ori- 
gine des  angles  formés  par  les  deux  miroirs.  Il  faut  donc  retran- 
cher 'j  de  toute  lecture  du  limbe  correspondant  à  un  angle  mesuré. 
Le  mieux,  quand  on  opère  sur  le  Soleil,  est  de  mettre  les  deux 
images  en  contact  par  leurs  bords  voisins,  puis  par  leurs  bords 
opposés,  et  de  prendre  la  moyenne  des  indications  du  vernier. 
Comme  vérification,  la  demi-difl*érence  des  deux  lectures  doit 
donner  le  diamètre  angulaire  du  Soleil. 

Pour  éviter  de  doubler  les  lectures  du  limbe^  on  divise  celui-ci 
en  demi-degrés  et  on  les  numérote  comme  des  degrés  entiers. 


Rectification  du  sextant. 

Pour  que  le  théorème  d'Optique  mentionné  plus  haut  se  trouve 
réalisé,  il  faut  que  la  double  réflexion  s'opère  dans  un  plan  per- 
pendiculaire aux  deux  miroirs.  De  là  cette  triple  condition  : 
chaque  miroir  doit  être  perpendiculaire  au  plan  de  Tinstrument; 
l'axe  optique  de  la  lunette  doit  être  parallèle  à  ce  plan. 

I**  Perpendicularité  du  grand  miroir.  —  En  regardant  par 
réflexion  dans  le  grand  miroir  le  limbe  de  l'instrument,  l'œil  étant 
placé  très  près  du  plan  de  ce  limbe,  on  verra  en  même  temps  une 
portion  de  ce  limbe  directement,  et  cette  même  partie  par  ré- 
flexion. Si  la  partie  réfléchie  n'est  pas  sur  le  prolongement  de  la 
première,  il  y  a  un  défaut  de  perpendicularité  que  l'on  corrige  à 
l'aide  des  vis  propres  du  grand  miroir. 


364  LIVRE    VII.    —   CHAPITRE   XXXVI. 

Ce  procédé,  fort  rapide,  n'est  pas  rigoureux,  parce  que  Fonl 
doit  se  placer  au-dessus  du  plan  du  limbe  et  ne  le  voit  pas  ainsi, 
par  réflexion,  dans  un  plan  exactement  perpendiculaire  au  grand 
miroir.  Il  faut  donc  élever  le  plan  du  limbe  à  la  hauteur  de  Topil. 
On  y  parvient  à  Taide  de  petites  équerres  égales  nommées  viseurs, 
qu'on  place  sur  le  limbe  de  part  et  d'autre  de  Talidade,  et  d  n 
troisième  viseur  qui  détermine  la  position  de  l'œil.  L'opération  se 
fait  d'ailleurs  comme  précédemment;  il  faut  que  l'arête  supéri^me 
du  viseur  réfléchi  soit  sur  le  prolongement  de  Taréte  de  celui  qn'on 
voit  directement. 

2*  Perpendiculariié  du  petit  miroir.  —  Si  celui-ci  n'est  pas 
perpendiculaire  au  plan  du  limbe,  on  ne  pourra  pas  amener  le 
grand  miroir,  bien  rectifié,  au  paralléUsme  avec  le  premier.  Quand 
on  [>ointera  la  lunette  sur  le  Soleil,  il  nV  aura  pas  moyen  d*cn 
faire  coïncider  les  deux  images.  Il  faudra  toucher  aux  vis  de  rappel 
du  petit  miroir  en  même  temps  qu'à  celle  de  Talidade,  de  manière 
à  obtenir  cette  coïncidence. 

3"*  Les  angles  doivent  être  mesurés  dans  un  plan  perpendici- 
laire  aux  miroirs  et  par  suite  parallèle  au  plan  du  limbe  ;  il  fait 
donc  rendre  Taxe  optique  de  la  lunette  parallèle  à  ce  plan.  L'in- 
strument étast  fixé  horizontalement  sur  une  table,  on  visera,  le  lonç 
du  plan  du  limbe,  Farête  rectiligne  d'un  mur  éloigné,  et  Ton 
re^rdera  ensuite  par  la  lunette  pour  voir  si  cette  arête  se  troou 
entre  les  deux  fils  du  réticule  placé  au  foyer  de  l'objectif  de  la  lu- 
nette. Dans  le  cas  contraire,  on  déplacera  cette  plaque  à  l'aide 
d  une  \is  sj^éciale  jusqu'à  ce  que  celle  arête  soit  au  milieu  des  fik- 

Au  tond«  Taxe  optique  ne  joue  pas  ici  le  même  rôle  que  dans  \t> 
autres  instruments  de  mesure.  La  croisée  des  fils  des  lunettes  or- 
dinaires est  remplacée,  dans  celle  du  sextant,  pair  deux  fils  paral- 
lèles, assex  écartés,  entre  lesquels  doivent  être  maintenues  le* 
imap^s:  nuis  celles-ci  peuvent  occuper  toutes  les  positions  dans 
la  Ivàude  limitée  par  ces  fils. 

Nous  ne  jxiHerons  pas  du  prismatisme  des  miroirs.  Il  est  ladk 
de  s'assurer  que  les  miroirs  ont  leur>  faces  parallèles  en  v  regar- 
dant, a\ec  une  lunette,  un  astre  par  réflexion.  Si  le  miroir  est  prr*- 
mativjue,  on  \erra  deux  images,  et  alors  il  faudra  refuser  le  miroir. 
De  même,  les  \emrs  obscurcissants  qu'oo  interpose  sur  le  trajet  des 
raxons  du  Soleil  p«>ttr  affaiblir  son  éclat  et  le  rendre  comparable  à 


INSTRUMENTS    DE    LA    NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  365 

celui  de  la  Lune  dans  la  mesure  des  distances  lunaires,  ou  à  celui 
de  l'horizon  de  la  mer  quand  on  mesure  une  hauteur,  doivent  être 
rebutés  si  leurs  faces  ne  sont  pas  parallèles. 

Mesure  des  hauteurs  angulaires. 

Le  sextant  sert  à  mesurer  la  distance  angulaire  de  deux  points 
quelconques  ;  mais  son  application  principale  en  mer  est  la  mesure 
des  hauteurs  comptées  à  partir  de  la  ligne  d'horizon.  L'observateur, 
tenant  le  limbe  de  l'instrument  dans  le  vertical  de  l'astre,  pointe  la 
lunette  sur  la  ligne  d'horizon  ;  puis,  en  faisant  tourner  l'alidade,  et 
par  conséquent  le  grand  miroir,  il  amène  l'image  deux  fois  réfléchie 
de  l'astre  dans  le  champ  de  la  lunette.  S'il  s'agit  du  Soleil  ou  de  la 
Lune,  il  établit  le  contact  du  bord  supérieur  ou  du  bord  inférieur 
avec  la  ligne  d'horizon.  La  division  du  limbe  à  laquelle  s'arrête  le 
zéro  de  Talidade  donne,  sauf  correction  pour  le  point  de  parallé- 
lisme des  miroirs,  la  hauteur  angulaire  du  bord  observé  au-dessus 
de  l'horizon  de  la  mer.  Pour  avoir  la  hauteur  vraie,  comptée  à 
partir  du  plan  horizontal  de  l'observateur,  il  faut  retrancher  la  dé- 
pression, élément  réduit  en  Tables  qu'on  trouvera  plus  loin.  Le 
complément  de  cette  hauteur  vraie  est  la  distance  zénithale. 

Hauteurs  observées  à  terre. 

La  mesure  des  hauteurs  angulaires,  à  terre,  exige  l'emploi  d'un 
horizon  artificiel  sur  lequel  on  observe  le  Soleil  par  réflexion  avec 
la  lunette,  tandis  qu'on  amène  l'image  directe  dans  le  champ  par 


M 

double  réflexion.  On  obtient  ainsi  le  double  de  la  hauteur  de  l'astre 
observé,  ainsi  qu'on  le  voit  en  jetant  un  coup  d'œil  sur  la y?^.  77. 


366  LIVEE    vil.    —    CHAPITEE   XXXVI. 

Le  miroir  est,  d^ordinaire,  un  plan  de  verre  noir  qu*on  place  sur  on 
support  et  qu'on  rend  bien  horizontal  à  Taide  d^un  niveau.  Il  vaut 
mieux  recourir  à  un  bain  de  mercure.  On  emploie  ponr  cela  une 
simple  cuvette  sphérique  très  peu  courbe,  en  cuivre  argenté,  dans 
laquelle  on  verse  le  mercure.  Ce  liquide  mouille  les  |>arois  de  celte 
sorte  de  vase,  et,  si  on  lui  donne  tout  juste  la  profondeur  nécessaire 
pour  éviter  les  effets  de  la  capillarité,  sa  surface  sera  peu  sensible 
aux  petits  mouvements  de  l'air.  Lorsqu'on  est  forcé  de  le  recouvrir 
d'une  glace,  il  faut  faire  deux  obser\^ations  de  hauteur  en  donnant 
à  la  glace  deux  positions  symétriques,  c'est-à-dire  en  la  tournant 
dans  son  plan  de  1 80°,  pour  que  la  moyenne  des  deux  hauteurs  soil 
indé|>endante  du  défaut  de  parallélisme  des  faces  de  ladite  glace. 


Degré  de  précision  d'une  mesure  an  sextant. 

Supposons  un  sextant  bien  divisé  et  exempt  d'erreur  d'excen- 
tricité, des  miroirs  bien  plans,  à  faces  bien  parallèles,  des  verres 
obscurcissants  irréprochables.  1®  Il  faudra  le  rectifier  par  une  série 
d'opérations  qui  laisseront  quelques  défauts.  De  là  une  première 
source  d'erreurs  très  petites  dont  les  mesures  seront  affectées  plu> 
ou  moins,  suivant  les  cas.  2^11  faudra  déterminer  le  point  de  parallé- 
lisme des  miroirs,  point  qui  sert  d'origine  aux  divisions  du  limite. 
Cette  opération  comporte  une  nouvelle  erreur  fort  petite,  mais  n«>D 
nulle  en  gZ-nt-ral.  Il  y  aura  encore  :  3*  l'erreur  de  pointé  ;  4"  l  erreur 
due  à  rinclinaison  dont  nous  venons  de  parler;  5°  l'erreur  de  leclure 
du  vernier.  qui  donne  les  n»',  mais  sur  lequel  on  appréci*^  fort  bien 
les  j  ";  6*  rerroiirde  la  d/pression.  Admettons,  pour  fixer  \r>  idée^. 
que  toutes  ces  erreurs  soient  de  j'  et  qu'elles  aient  bien  le  carac- 
tère d'erreurs  aociilonlellos.  Alors  Terreur  probable  d'une  me>ur' 
de  hault'ur  au  sextant,  avoc  un  bon  instrument  et  dans  des  iiro»n- 


slancos  favoraLKs,  sera  ir^  5-XÔ=zi  12". 4  ou  irzo'.a. 

Si  !e>  errours  svstématiaues  sont  réellement  négliireables.  It»> 
obser\alion>  n  ttanl  plus  exposées  qu'à  des  erreurs  accid^nlclli'* 
depoinlô  et  do  lecture,  on  p3r\ientà  réduire  notablement  l'orrear 
susdite  rn  recommençant  la  même  mesure  m  fois  de  suite,  avec  le 
même  soin,  et  en  prenant  la  moyenne  des  résultats.  L'erreur  pro- 


INSTRUMENTS    DE    LA    NAVIGATION   ASTRONOMIQUE.  SGj 

bablc  de  cette  moyenne  sera  ±  -7=*  Avec  quatre  mesures  seule- 

ment,  on  réduirait  l'erreur  à  o',  i  (*). 

A  terre,  on  obtient  naturellement  plus  d'exactitude;  en  outre, 
comme  on  mesure  le  double  de  la  hauteur,  l'erreur  probable  de  la 
hauteur  simple  sera  réduite  de  moitié.  L'erreur  probable  d'une 
mesure  double  étant  de  7''  à  8",  on  parvient  à  réduire  cette  erreur  à 
2."  ou  3''  par  un  nombre  modéré  d'observations. 

Il  faut  pourtant  reconnaître  au  sextant  un  vice  réel  ;  c'est  que 
son  limbe  ne  s'étend  pas  à  une  circonférence  entière.  Il  n'est  pas 
possible  d'éliminer  l'erreur  d'excentricité  et  une  partie  des  erreurs 
de  division  par  l'emploi  de  deux  verniers  opposés  (t.  I,  p.  82).  Les 
dilatations  doivent  en  altérer  plus  ou  moins  la  figure.  Le  cercle  à 
réflexion  de  Borda  lui  est  donc  bien  supérieur  quand  il  s'agit  de 
mesures  délicates.  On  préfère  néanmoins  le  sextant,  parce  que  la  ma- 
nœuvre en  est  plus  simple;  il  est  moins  lourd  et  coûte  moins  cher. 

Dépression  de  l'horizon  de  la  mer. 

Nous  avons  vu  (t.  I,  p.  325)  que  la  dépression  géométrique  a 
pour  valeur  approchée 


c?  =  2o6265' 


/2/i 


en  nommant  /i  l'altitude  de  l'œil  au-dessus  du  niveau  de  la  mer 
et  r  le  rayon  de  la  Terre.  La  réfraction  géodésique  élève  un  peu 
cette  ligne  d'horizon.  Pour  en  tenir  compte,  il  faut  multiplier  l'ex- 
pression précédente  par  i  / j  m  étant  égal  à  8,2. 

On  obtient  ainsi  le  tableau  suivant,  où  Ton  peut  prendre,  à 
vue,  la  dépression  qui  convient  i\  la  hauteur  de  Tœil  de  l'observa- 
teur. 


(')  Pour  peu  que  la  mer  soit  agitée  et  l'horizon  mal  Icrmint',  cette  erreur  pro- 
bablc  devient  beaucoup  plus  grande.  La  distance  angulaire  de  deux  astres  s'obtient, 
dans  tous  les  cas,  avec  plus  d'exactitude  que  les  hauteurs  :  le  pointé  est  bien  plus 
précis,  parce  que  la  ligne  d'horizon  n'intervient  plus. 


368  LIVRE    VII.  —    CHAPITEB   XXXVI. 

Ifantenr  DéproMloD  MpreMloa 

de  rœil.  'géomélrlqna.  ré«ll«. 

1 1.56  1.48 

2 2.44  2.33 

3 3.20  3.  8 

4 3.5i  3.37 

5 4.19  4.  2 

6.. 4-43  4*3^ 

7 5.  6  4.47 

8 5.27  5.  6 

9 5.47  5.25 

10 6.  6  5.43 

20 8.37  8.  4 

3o 10.33  9.53 

40 12. II  11.25 

5o i3.38  12.46 

100 19.16  18.  3 


Chronomètres. 

Les  chronomètres  ont  même  rouage  que  les  montres  ordinaires; 
ils  n'en  diffèrent  que  par  les  dimensions  et  réchappemenl.  Les 
dimensions  sont  beaucoup  plus  grandes;  destinés  à  être  toujours 
maintenus  à  plat,  leur  boîte  en  cuivre  cylindrique  est  lestée  de 
plomb  et  reliée  à  une  boîte  extérieure  carrée,  en  acajou,  par  une 
suspension  à  la  Cardan,  comme  celle  des  boussoles.  Elles  échap- 
pent ainsi  aux  grands  mouvements  du  roulis  ou  du  langage,  et  par 
suite  aux  inégalités  de  marche  que  les  horlogers  connaissent  sous 
le  nom  de  variation  du  plat  au  pendu.  Au  lieu  de  Téchappe- 
ment  à  cylindre  des  montres  vulgaires  ou  de  l'échappement  à  ancre 
des  bonnes  montres,  ils  ont  un  système  qui  laisse  presque  con- 
stamment libre  rosclllation  du  régulateur.  Celui-ci  se  compote  d'un 
balancier  et  d'un  ressort,  comme  dans  les  montres;  mais  le  balan- 
cier est  compensé  par  les  variations  de  température,  et  le  ressort 
réglant  est,  non  un  spiral  plat,  mais  un  ressort  en  forme  d'hélice. 
Quant  à  la  force  motrice,  c'est  toujours  un  ressort  $|>iral  en- 
fermé dans  un  barillet;  celui-ci  communique  avec  le  rouage  par 
l'intermédiaire  d\inc  chaîne  d'acier  et  d'une  fusée  destinée  à  com- 
penser la  variation  continuelle  de  force  d'un  ressort  qui  se 
détend. 


INSTRUMENTS   DE    LA    NAVIGATION   ASTRONOMIQUE.  869 

Échappement  libre  à  ressort. 

En  supposant  que  les  oscillations  du  balancier  autour  de  son 
axe  soient  bien  isochrones  lorsqu'il  est  libre,  réchappement  doit 
être  conçu  de  manière  que  le  balancier,  passant  par  sa  position 
d'équilibre  avec  son  maximum  de  vitesse,  dégage  une  dent  de  la 
roue  d'échappement,  en  levant  un  petit  arrêt  qui  reviendra  de  lui- 
même  à  sa  place.  La  roue  d'échappement  devenue  libre  tournera, 
sous  l'action  du  moteur  transmise  parle  rouage,  de  l'angle  compris 
entre  deux  dents,  et,  la  dent  suivante  rencontrant  le  petit  arrêt,  le 
rouage  s'arrêtera  de  nouveau. 

ha  Jiff,  78  représente  le  moment  où  la  dent  rf,  qui  bute  contre 

Fig.  78. 


^0^ 


l'arrêt  flr,  va  être  dégagée  par  l'action  du  régulateur,  dont  l'oscil- 
lation s'accomplit  actuellement  dans  le  sens  de  la  flèche.  L'arrêt  a 
est  une  petite  pierre  fine  enchâssée  dans  un  long  ressort  cf.  Ce 
ressort  est  poussé  vers  le  bas  par  un  doigt  b  fixé  à  l'arbre  du  balan- 
cier; il  entraîne  l'arrêt  a  et  dégage  ainsi  la  dent  d  de  la  roue 
d'échappement,  qui  commence  à  tourner.  Mais,  lorsque  le  doigt  b 
s'est  éloigné,  le  ressort  revient  aussitôt  en  place  et  l'arrêt  a  est 
choqué  par  la  dent  suivante  d\  qui  se  trouve  arrêtée  à  son  tour. 

Il  ne  faut  pas  "que,  dans  la  seconde  période  de  l'oscillation  (de 
sens  contraire  à  la  flèche),  le  doigt  b  du  balancier  rencontre  la 
résistance  du  ressort  cf  buté  en  a.  Pour  cela,  on  recourbe  celui- 
ci  vers  son  extrémité  c  et  on  le  recouvre  d'un  ressort  beaucoup 
plus  faible  (//',  qui  dépasse  un  peu  le  premier.  Quand  6  vient  dans 
le  sens  de  la  flèche,  il  agit  sur  ce  petit  ressort,  qui  appuie  sur  le  grand 
et  l'entraîne;  quand  b  agit  dans  le  sens  inverse,  il  ne  rencontre 
II.  24 


370  LITRE    VII.   —    GHAPITa'B   XXXT1. 

que  la  très  faible  résistance  du  petit  ressort  d f  ;  il  le  soulève  sans 
déranger  Tarrét. 

Ainsi  une  dent  de  la  roue  d'échappement  passe  à  chaque  oscil- 
lation complète  du  balancier,  et  presque  aussitôt  la  dent  suivante 
vient  buter,  avec  un  petit  bruit  sec,  contre  l'arrêt  a. 

L'échappement  doit  remplir  une  seconde  fonction,  celle  de  res- 
tituer au  balancier  la  force  vive  qu'il  perd  à  chaque  instant  par  les 
diverses  résistances  qu'il  éprouve,  de  manière  à  entretenir  son 
mouvement  oscillatoire.  Pour  cela,  on  fixe,  sur  un  disque  porté  par 
'axe  du  balancier  {^fig>  79)  dans  le  plan  même  de  la  roue  d'échap- 
pement, un  petit  taquet  e  en  pierre  dure  destiné  à  recevoir  le  choc 
de  la  troisième  dent  d"  au  moment  où,  la  dent  d  étant  dégagée,  la 
roue  d'échappement  se  met  à  tourner. 


Lorsque  6,  qui  commence  à  agir  sur  la  détente,  aura  tourné  du 
petit  angle  nécessaire  pour  rendre  libre  la  dent  rf,  le  petit  taquet  e 
aura  dépassé  la  dent  d'  et  recevra  un  choc  de  cette  dent  au  mo- 
ment où,  la  roue  d'échappement  étant  devenue  libre,  la  dent  <f 
se  trouvera  animée  d'une  \itesse  linéaire  plus  grande  que  celle 
de  e.  A  tout  autre  moment,  la  roue  d'échappement  étant  fixée  dans 
la  position  même  de  la  figure,  le  taquet  e,  dont  l'extrémité  décrit 
une  circonférence  qui  mord  sur  celle  de  l'extrémité  des  dents, 
passera  librement  entre  les  dents  placées  en  d!  et  df , 

On  voit  que,  si  le  chronomètre  vient  à  s'arrêter,  dans  le  cas, 
par  cxoniple,  où  Ton  aurait  oublié  de  le  remonter,  il  ne  se  remettra 
pas  do  lui-même  en  marche,  comme  les  montres  ordinaires,  après 
avoir  été  remonté.  Il  faut,  pour  mettre  le  balancier  en  mouvement, 


INSTRUMENTS  DE    LA   NAVIGATION    ASTRONOMIQUE. 


3?I 


obtenir  un  premier  départ  de  l'arrêt  a.  Pour  cela,  on  prend  la 
boîte  du  chronomètre  entre  les  mains  et  on  lui  imprime,  avec  pré- 
caution toutefois,  un  mouvement  brusque  de  rotation,  suflisant 
pour  dégager  la  dent  rf. 

Évidemment  la  régularité  de  la  marche  exige  Pisochronisnie  des 
oscillations  du  balancier.  Comme  ces  oscillations  varient  d'ampli- 
tude, par  suite  des  résistances  variables  avec  le  temps  du  rouage  et 
des  pivots  qui  diminuent  peu  à  peu  l'action  de  la  force  motrice, 
il  faut  que  cet  isochronisme  ait  lieu  quelle  que  soit  Tarn  pli  tude 
des  oscillations.  Heureusement  il  y  a  deux  manières  de  réaliser  cet 


Fi  g.  80. 


isochronisme.  La  première  a  été  découverte  par  Pierre  Leroy, 
célèbre  horloger  français.  Il  a  constalé  qu'avec  un  ressort  donné, 
en  forme  d'hélice  cylindrique,  on  peut  toujours,  en  le  diminuant 
peu  à  peu  de  longueur,  rencontrer  à  chaque  spire  une  longueur 
telle  que  les  grandes  oscillations  aient  même  durée  que  les  petites. 
La  seconde  manière  de  réaliser  l'isochronismc  sans  toucher  à 
la  longueur  du  ressort  est  due  à  M.  Phillips,  professeur  de  Méca- 
nique à  l'École  Polytechnique.  Elle  consiste  à  donner  au  ressort, 
dans  les  deux  parties  où  il  dévie  de  la  forme  hélicoïdale  pour  aller 
s'encastrer  en  haut  dans  le  pont  du  balancier,  en  bas  dans  le  corps 
du  balancier  lui-même,  certaines  formes  géométriques  que  l'ana- 
lyse fait  connaître  et  que  l'art  réalise  avec  une  grande  perfection. 
Quand  ces  courbes  terminales  sont  bien  exécutées,  les  réactions 
que  les  parties  encastrées  exercent  sur  la  lame  se  réduisent  à  un 
couple,  et  la  figure  du  ressort,  hélicoïdale  à  l'état  de  repos,  reste 
encore  hélicoïdale  dans  ses  contractions  et  dilatations  successives 
à  l'état  du  mouvement.  Le  centre  de  gravité  du  spiral  oscillant  ne 
cesse  pas  de  coïncider  avec  son  axe.  Enfin  les  réactions  latérales 
des  pivots  sont  nulles;  en  d'autres  termes,  les  pivots  n'ont  aucune 


3jl  LITEB    Tll.    —    CBAPITEB   XXXTI. 

tendance  à  exercer  une  pression  latérale  contre  lears  supports. 
Tous  les  chronomètres  construits  diaprés  ces  principes  ont  une 
marche  régulière. 


Réglage  des  chronomètres. 

Un  chronomèire  doit  battre  à  très  peu  près  864oo*  par  jour 
solaire  moyen.  S'il  en  bat  86400  —  niy  m  est  le  retard  diurne  ou 
la  marche  diurne  du  chronomètre.  Cette  marche  m,  positive  ou 
uégalive,  doit  toujours  être  réduite  à  un  petit  nombre  de  secondes. 
Pour  obtenir  ce  résultat  dans  une  horloge,  on  fait  varier  peu  à 
peu  la  longueur  /  du  pendule.  En  eflety  la  durée  t  d'une  oscillation 
d'un  pendule  de  longueur  /  est,  en  secondes  de  temps  moven, 


Vy 


g  étant  rintensité  de  la  pesanteur  au  lieu  considéré.  Or  7t  est  un 
nombre  constant;  g  ne  varie  pas  tant  que  le  pendule  reste  au 
même  lieu  :  il  suffît  donc  d'agir  sur  /,  de  le  raccourcir  si  l'horloge 
retarde,  de  l'allonger  un  peu  si  elle  avance,  jusqu'à  ce  qu'enfin  m 
soit  réduit  au  point  jugé  convenable.  Cette  opération  est  si  simple, 
qu'il  n'est  pas  besoin  d'un  horloger  pour  l'exécuter. 
Quant  aux  chronomètres,  la  durée  d'une  oscillation  est 


''V  Ë' 


formule  où  /représente  la  longueur  du  spiral,  E  son  moment  d'élas- 
ticité, I  le  moment  d'inertie  du  balancier.  Dans  les  montres  ordi- 
naires se  trouve  une  raquette  qui  permet  d'allonger  ou  de  raccourcir 
quelque  peu  le  spiral,  et  par  suite  de  faire  varier  /  de  manière  à 
produire  le  même  effet  que  sur  le  pendule.  On  parvient  ainsi  à 
régler  une  montre  ordinaire  et  à  réduire  sa  marche  diurne  au  taux 
convenable.  Mais,  en  agissant  de  même  sur  le  spiral  hélicoïdal  d'un 
clironoinèlrc,  on  altérerait,  comme  on  l'a  vu  plus  haut,  Tisochro- 
nismc  de  ses  oscillations;  c'est  donc  sur  le  facteur  I,  moraenl 
d'inei'lie  du  balancier,  qu'il  faut  opérer  pour  en  faire  varier  quelque 
peu  la  durée.  A  cet  effet,  la  barrette  du  balancier  porte  à  ses  deux 


INSTRUMENTS    DE    LA   NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  373 

bouts  des  vis  C  et  D  à  têtes  très  massives  {Jig*  80).  En  les  faisant 
tourner  délicatement  à  la  fois  (pour  ne  pas  troubler  l'équilibre  du 
balancier),  de  manière  aies  rapprocher,  par  exemple,  du  centre  des 
oscillations,  I  diminue  et  par  suite  la  durée  de  Toscillation  devient 
moindre.  On  réussit  par  là,  au  moyen  de  tâtonnements  d'une  grande 
délicatesse  qui  ne  peuvent  être  confiés  qu'à  un  homme  de  l'art,  à  an- 
nuler ou  du  moins  à  réduire  la  marche  d'un  chronomètre.  Un  astro- 
nome règle  sa  pendule  quand  il  lui  plaît;  un  marin  ne  doit  jamais 
toucher  à  son  chronomètre,  excepté  pour  le  remonter. 

Influence  de  la  température.  —  Compensation. 

Mais  ce  réglage  des  pendules  ou  des  montres  ne  compte  que 
pour  la  température  à  laquelle  on  a  opéré.  A  d'autres  températures, 
les  chronomètres  changent  de  marche  comme  les  pendules,  mais  en 
vertu  de  causes  bien  différentes.  Pour  une  horloge,  lorsque  la  tem- 
pérature augmente,  /augmente  aussi  ;  coniine  c'est  la  seule  quantité 
influencée,  il  suffit  d'annuler  l'effet  de  la  température  par  l'artifice 
bien  connu  de  la  grille  compensatrice.  On  rend  ainsi  /  invariable 
à  toute  température.  Dès  lors  une  liorloge  dont  le  pendule  est  muni 
de  cet  appareil  correcteur  conserve  la  même  marche  l'hiver  comme 
Tété,  ou  du  moins  ne  varie  plus  qu'en  vertu  de  causes  tout  à  fait 
étrangères  à  la  température.  Il  en  est  tout  autrement  des  chrono- 
mètres: les  trois  facteurs  /,  I,  E  varient  à  la  fois  avec  la  tempéra- 
ture; /  s'allonge  quand  celle-ci  augmente;  I  augmente  aussi, 
puisque  les  masses  qui  composent  le  balancier  s'écartent  du  centre 
d'oscillation,  et  E,  qui  représente  ici  la  force  réglante  et  joue  le 
même  rôle  que  g  dans  les  horloges,  diminue.  Il  n'y  a  donc  plus 
aucune  analogie  entre  les  montres  et  les  horloges  lorsqu'il  s'agit  de 
la  compensation. 

L'effet  le  plus  considérable  vient  de  l'élasticité  du  ressort,  c'est- 
à-dire  de  la> force  régulatrice;  son  moment  diminue  à  peu  près 
de  ^^  pour  1°  d'élévation  de  température.  Comme  E  figure  au 
dénominateur  sous  un  radical  dans  l'expression  précédente,  l'aug- 
mentation de  durée  d'une  oscillation  sera,  de  ce  chef,  de  j^  ;  et 
comme  il  y  a  86400  oscillations  par  jour  exécutées  sous  l'action  de 
cette  force*  le  retard  diurne  dû  à  un  seul  degré  d'augmentation  de 


374  LITEB  VII.  —  CHAPITJiB  XXXTI. 

température  sera  d^iine  dizaine  de  secondes.  Il  s'en  faat  de  beaa- 
coup  que  la  variation  correspondante  de  7  ou  de  I  produise  an  effet 
pareil.  C'est  donc  la  diminution  de  E  qu'il  faut  compenser  avint 
tout,  en  diminuant  le  moment  d'inertie  dans  une  proportion  bien 
plus  grande  que  TeOet  directement  exercé  sur  le  balancier  par  la 
dilatation  de  son  anneau.  On  nV  parviendrait  pas  en  opposant 
dilatation  à  dilatation  comme  dans  la  grille  compensatrice  des 
pendules  :  il  faut  recourir  à  une  combinaison  encore  plus  sensible 
à  Faction  de  la  chaleur.  On  Ta  trouvée  dans  les  lames  formées  de 
deux  métaux  soudes  et  inégalement  dilatables;  ces  lames  se  coar- 
bent  iortement  sous  la  moindre  impression  de  chaleur,  au  point 
qu'on  en  a  fait  des  thermomètres  d^une  sensibilité  extrême. 

L'anneau  du  balancier  est  coupé  en  deux  points  opposés  A  et  B, 
près  de  la  barrette  à  laquelle  sont  fixées  les  extrémités  des  deux 
demi-anneaux  (///r-  79)-  H  est  formé  de  deux  lames  courbes  soudées, 
l'une  extérieure  en  laiton,  l'autre  intérieure  en  acier,  cl  portant 
vers  les  extrémités  libres  deux  petites  masses  m  et  ut'.  Lorsque  h 
température  croit,  la  courbure  de  ces  lames  augmente  et  les  masses 
/w,  m'  se  rapprochent  très  sensiblement  du  centre.  Le  moment 
d'inertie  diminue  ainsi  bien  plus  qu'il  ne  le  faudrait  pour  compenser 
la  dilatation  de  la  barrette.  Comme  ces  masses  peuvent  pisser  cka* 
cune  le  long  du  demi-anneau  qui  la  porte,  l'horloger  cherche,  par 
un  tâtonnement  excessivement  délicat,  la  position  où  il  doit  fixer 
ces  masses  pour  compenser  les  variations  des  facteurs  /  et  I,  el 
surtout  celle  doE.  Il  opère  successivement  à  deux  températures  très 
diirt'Tcnles,  o"  et  3o"  par  exemple,  et  déplace  les  masses  compensa- 
trices jusqu'à  ce  qu'il  ail  obtenu  la  même  marche  dans  les  denx 
cas. 

Si  Ton  connaissait  exactement  la  loi  suivant  laquelle  E  varie 
avec  la  température,  on  chercherait  la  forme  qu'il  faudrait  donner 
au  balancier  pour  compenser  exactement  les  variations  de  E.  Il 
sudirait,  en  effet,  que  les  petits  changements  Al  el  AE  prodoits 
par  un  même  accroissement  de  température  fussent  proportionnels 
à  I  et  à  E.  Le  chronomètre,  une  fois  compensé  à  deux  tempéra- 
tures extrêmes,  le  serait  aussi  pour  toutes  les  températures  inter- 
médiaires. Malheureusement  celte  proportionnalité  n'exi<lc  pas 
ou  ne  se  réalise  qu'accidentellement;  il  en  résulte  qu^entre  o**  elîo* 
le  chronomètre  prendra  en  général  du  retard;  au  delà  de  o*  o« 


INSTRUMENTA    DE    LA   NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  875 

de  3o^  il  prendra  de  ravance,  ou  réciproquement.  La  compensa- 
tion la  mieux  exécutée  de  cette  manière  laisse  donc  subsister  une 
partie  de  Tinfluence  de  la  chaleur  que  les  horlogers  appellent 
l'errewr^econe/aere^erreurdontles  marins  doivent  tenircompte  avec 
le  plus  grand  soin  s41s  veulent  tirer  bon  parti  de  leurs  chrono- 
mètres. Par  ce  qui  précède,  on  voit  clairement  que  cette  erreur 
secondaire  offre  un  caractère  régulier;  c'est  une  fonction  plus  ou 
moins  simple  de  grandeurs  physiques  susceptibles  de  mesure.  Il 
est  vrai  que  la  Mécanique  et  l'Analyse  ne  sont  pas  en  état  aujour- 
d'hui d'en  déterminer  la  forme  a  priori,  en  considérant  la  figure 
des  pièces,  leurs  dilatations,  les  variations  de  leur  élasticité  ;  mais 
nous  étudierons  cette  loi  par  la  voie  de  l'expérience,  méthode 
dont  ce  Cours  présente  plusieurs  exemples. 

Le  chronomètre  doit  être  débarrassé  de  son  enveloppe  et  placé 
dans  une  étuve  dont  on  fait  varier  à  volonté  la  température. 
Lorsque  la  température  de  la  première  épreuve,  o"  par  exemple, 
est  bien  établie  et  maintenue  constante  pendant  un  temps  suffi- 
sant, on  détermine  la  marche  diurne  du  chronomètre  en  le  com- 
parant à  une  pendule  astronomique  à  plusieurs  heures  d'intervalle. 
On  porte  ensuite  l'étuve  à  une  température  plus  élevée,  mais 
très  graduellement,  car  une  variation  brusque  aurait  pour  effet 
d'altérer  la  trempe  ou  l'élasticité  du  spiral.  On  détermine  encore 
la  marche  à  cette  température  par  de  nouvelles  comparaisons 
avec  la  pendule  de  l'observatoire.  En  opérant  ainsi  successivement 
à  des  températures  bien  connues,  de  o*'  à  3o"  par  exemple,  on 
parcourt  toute  l'échelle  des  températures  auxquelles  l'instrument 
sera  exposé  dans  le  cours  d'une  campagne  ordinaire.  On  s'assure 
d'ailleurs,  en  revenant  aux  températures  initiales,  que  le  chrono- 
mètre reprend  bien  les  marches  déjà  observées,  en  sorte  que  le 
phénomène  qu'on  étudie  n'est  pas  troublé  par  des  influences  étran- 
gères. 

Cela  posé,  pour  découvrir  la  loi  de  ces  variations,  il  suffit  de 
construire  la  courbe  des  marches,  en  prenant  pour  abscisses  les 
températures  0  et  les  marches  m  pour  ordonnées.  On  obtient  ainsi 
un  certain  nombre  de  points  par  lesquels  on  fera  passer  une  ligne 
courbe,  en  s'attachant,  non  pas  seulement  à  la  continuité  du  trait, 
mais  aussi  à  celle  de  la  courbure.  La  figure  de  cette  courbe  sera  la 
traduction  géométrique  de  la  loi  cherchée.  L'équation  de  cette 


376  LITEB   TH.   —  CHAPITEE   XXXVI* 

courbe,  si  l'on  parvient  à  en  découvrir  l'espèce,  sera  rexpressîon 
analytique  de  la  loi. 

On  trouvera  dans  mon  Astronomie  nautique  des  tracés  empiri- 
ques de  ces  courbes  pour  des  chronomètres  différents.  Ce  sont  de 
véritables  paraboles  ayant  leur  axe  perpendiculaire  à  la  ligne  des 
abscisses.  M.  Lieussou,  ingénieur  hydrographe,  à  qui  nous  devons 
cette  importante  découverte,  a  trouvé  effectivement  cette  figure 
parabolique  dans  les  courbes  de  marche  de  tous  les  chronomètres 
qu'il  a  étudiés.  Or  Téquation  des  paraboles,  ainsi  placées  par 
rapport  aux  coordonnées  m  et  6,  est  de  la  forme 

ou  bien 

iii  =  a4-c(d  — -)*, 

équation  qui  se  confond  avec  la  première  si  Ton  pose 

a  ^  2  -h  CT*,     b^=  —  2  CT. 

La  loi  de  l'erreur  peut  donc  être  énoncée  ainsi  :  Tinfluence  de  11 
chaleur  sur  la  marche  d'un  chronomètre  est  proportionnelle  ta 
carré  de  sa  tem|>érature,  comptée  à  partir  d'un  certain  degré  do 
thermomètre.  M.  Lieussou  a  donné  à  ce  degré  le  nom,  peu  usité 
aujourd'hui,  de  température  de  réglage.  Depuis  lors,  celte  loi  a 
été  vérifiée  en  tous  pavs  pour  tous  les  chronomètres  convenable- 
ment étudiés;  elle  est  universellement  adoptée  dans    la  pratique. 

Outre  l'influence  de  la  température,  les  chronomètres  sont 
soumis  à  des  causes  diverses  d'irrégularités  dont  les  effets  très  com- 
pliqués se  développent  avec  le  temps.  Telles  sont  l'épaississemeot 
des  huiles,  l'usure  des  pivots,  les  secousses,  les  mouvements  gvTi- 
toires  imprimés  au  navire  par  le  choc  des  lames,  les  trépidations 
du  propulseur,  etc.  Ces  causes  échappent  à  toute  analyse;  c'est  à 
elles  que  sont  dues  les  anomalies  que  présentent  souvent  la  marche 
des  meilleurs  chronomètres  et  même  leur  arrêt. 

Condnita  des  chronomètres  i  la  mer. 
Us  doivent  être  enfermés  dans  une  armoire  à  Tabri  des  Tariationi 


INSTRUMENTS    DE   LA   NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  3yj 

notables  de  température.  L'ofllicier  chargé  des  montres  les  remonte 
chaque  jour  à  9^,  lit  le  thermomètre  de  l'armoire  et  calcule,  pour 
chaque  chronomètre,  la  marche  diurne  parla  formule 

Avant  le  départ,  on  a  déterminé,  par  des  observations  astronomi- 
ques ou  par  le  télégraphe,  le  retard  e  du  chronomètre  sur  Theure 
de  Paris  à  une  certaine  date.  Chaque  jour  on  ajoute  à  ce  retard  la 
marche  diurne  m,  en  sorte  que,  au  bout  de  t  jours  après  la  date 
susdite,  le  retard  du  chronomètre  sera  e  +  m  4-  /w'  +  m"-4-  . . . .  On 
sera  donc  en  état  de  calculer  ce  retard  pour  une  heure  quelconque 
d'un  jour  donné. 

Sur  les  navires  de  l'État  on  embarque  plusieurs  chronomètres, 
afin  d'obtenir  par  leur  accord  ou  leur  désaccord  un  certain  con- 
trôle de  leur  marche  et  parer  ainsi,  jusqu'à  un  certain  point,  aux 
chances  de  dérangement.  Cependant  ce  procédé,  bien  préférable 
à  l'emploi  d'un  seul  chronomètre,  ne  donne  pas  une  garantie  suf- 
fisante pour  peu  que  la  traversée  se  prolonge  au  delà  d'une  certaine 
limite.  Il  faut  que  le  navigateur  soit  en  état  de  se  passer  de  ses 
chronomètres  et  de  déterminer  l'heure  de  Paris  par  des  observations 
astronomiques. 

La  Connaissance  des  Temps. 

Les  Tables  astronomiques  du  Soleil,  des  Planètes  et  de  la  Lune, 
dues  principalement  aux  travaux  des  astronomes  et  des  géomètres 
français,  permettent  de  calculer,  pour  un  instant  quelconque,  dans 
les  siècles  passés  ou  dans  les  siècles  à  venir,  les  coordonnées  de 
ces  astres.  Mais  ces  calculs  sont  si  longs,  surtout  quand  il  s'agit 
de  la  Lune,  que  l'usage  habituel  de  ces  Tables  serait  absolument 
impraticable  pour  les  marins.  Depuis  deux  siècles,  époque  où  la 
grande  navigation  a  pris  son  essor,  l'État  a  compris  qu'il  fallait  faire 
calculer  d'aVance,  pour  les  marins,  les  voyageurs  et  les  astronomes, 
des  éphémérides  donnant  les  positions  du  Soleil,  de  la  Lune  et  des 
principales  planètes,  de  jour  en  jour,  à  une  certaine  heure  (midi) 
en  temps  moyen  de  Paris,  de  manière  qu'on  en  pût  tirer  à  vue,  ou 
par  une  simple  partie  proportionnelle,  les  coordonnées  de  ces 
astres  à  une  heure  et  pour  un  méridien  quelconques.  C'est  dans  ce 


^jt  LITEB   Tri.  —   CSAPITftB  XXXTI. 

bai  que  le  Bureau  des  Loagîtodes  a  été  chargé  de  publier  chaque 
aunée.  au  moins  deux  ans  d^avanee,  la  Connaissance  iies  Temps. 

Elle  donne  pour  chaque  midi,  temps  moTen  de  Paris,  les  coor- 
données éclîpliques  el  éqnalorîales  du  Soleil  et  des  planètes. 

Quant  à  la  Lane.  la  rapidité  et  les  inégalités  de  ses  mouvements 
sont  telles  qu'il  a  fallu  resserrer  beaucoup  cet  iptervalle.  La  Co/i- 
naissance  des  Temps  donne  les  coordonnées  de  la  Lune  d'heure 
en  heure,  d*nn  bout  à  Tautre  de  rannée,  et  de  trois  heures  en 
trois  heures  ses  distances  angulaires  au  Soleil,  aux  planètes  \'isibles 
et  aux  plus  beUes  étoiles.  Einfin  les  coordonnées,  les  positions  de 
trois  cents  étoiles  fondamentales  sont  calculées  de  dix  en  dix 
jours. 

La  Connaissance  des  Temps  publie  en  oulre  les  éclipses  de 
Lune  et  de  Soleil^  les  occultations  des  étoiles  par  la  Lune  et  les 
éclipses  des  satellites  de  Jupiter.  On  t  trouve  des  Tables  de  réfrac- 
tion, de  parallaxe,  et  les  positions  géographiques  les  plus  exactes 
des  principales  villes  et  ports  des  deux  hémisphères.  On  y  ajoute 
une  instruction  détaillée,  pour  les  calculs  d*ailieurs  fort  simples 
qu'il  faut  exécuter  lorsqu*on  doit  faire  emploi  de  cette  éphéméride. 

Les  navigateurs  emportent  avec  eux  le  volume  de  la  Connais- 
sance des  Temps  dont  ils  auront  besoin.  Ils  y  puisent  les  coor- 
données des  astres  qu'ils  observent  joumelleraent  pour  déterminer 
leur  position.  Celles  du  Soleil  sont  exactes^  à  la  seconde  près.  Celles 
des  planètes  n'ont  pas  tout  à  fait  la  même  précision,  mais  les 
erreurs  des  Tables  ou  des  éphémérides  ne  dépassent  guère  5^  ou  6*. 

Quant  à  la  Lune,  les  Tables  de  Hansen,  qui  ont  remplacé  celles  de 
Damoiseau,  sont  actuellement  en  erreur  d'un  quart  de  minute,  el 
cette  erreur  ira  en  croissant  ;  mais  on  leur  applique  une  correction 
empirique  en  attendant  qu'elles  soient  remplacées  par  les  Tables 
purement  théoriques  de  Delauna-. .  Les  données  de  la  Connaissance 
des  Temps  ré[>ondent  ainsi  à  toutes  les  exigences  de  la  pratique. 

Finalement  il  faut  considérer  les  coordonnées  des  astres,  telles 
qu'on  les  déduit,  à  vue  ou  par  interpolation,  de  la  Connaissance 
des  Temps,  comme  des  données  exactes;  il  n'y  a  donc  lieu  de  se 
préoccuper  que  des  erreurs  beaucoup  plus  fortes  qui  peuvent 
affecter  les  observations. 


>•••• 


PROBLÈMES    DE    LA   NAVIGATION   ASTRONOMIQUE.  879 


CHAPITRE  XXXVII. 

PROBLÈMES  DE  LA  NAVIGATION  ASTRONOMIQUE. 


Ils  se  réduisent  à  ces  termes  :  déterminer,  à  un  instant  donné,  par 
les  astres,  la  colatitude  X,  la  longitude  L,  Tazimut  A. 

Comme  L  :=  H  —  H^,  si  l'heure  de  Paris  est  donnée  par  les 
chronomètres  avec  une  précision  suffisante,  le  problème  se  ramène, 
pour  la  longitude,  à  déterminer  Theure  du  bord  H. 

Dans  les  formules  de  transformation  (t.  I,  p.  5g), 

(a)  cos3=:cosXcos5  4- sinX  sinocos.fl, 

(5)  sin^  cosA  i=sinX  coso  —  cosX  sin8  cos AI, 

(c)  sin^  sinA  =  sin8  sin^ïî, 

on  voit  figurer  les  trois  inconnues  X,  H  et  A  avec  la  donnée  o 
qu'on  prend  dans  la  Connaissance  des  Temps  pour  la  date  de 
l'observation,  et  la  distance  zénithale  z  que  l'on  mesure.  En 
effet,  s'il  s'agit  d'une  étoile.  Al  =  Hj  -H  iR;  et  s'il  s'agit  du  So- 
leil, M]=  H^  =  h  -f-  e.  Or  iR,  ascension  droite  de  l'étoile,  ou  e, 
équation  du  temps,  se  trouvent  dans  la  Connaissance  des  Temps, 
et,  si  l'on  doit  passer  par  l'heure  sidérale  H,,  le  même  recueil 
donne  le  moyen  bien  simple  d'en  conclure  l'heure  H  de  temps 
moyen. 

Le  problème  se  trouvera  donc  pleinement  résolu  par  de  simples 
mesures  de  distances  zénithales  pour  l'heure  et  la  colatitude.  Quant 
à  l'azimut  d'un  objet  terrestre  quelconque,  il  suffira  de  mesurer 
la  distance  angulaire  du  Soleil  à  l'objet,  à  un  instant  donné,  et  de 
déduire  des  formules  (b)  et  (c)  l'azimut  du  Soleil  à  cet  instant. 

On  a  vu  (t.  P*',p.  i25)que,pourobtenir  la  colatitude  indépendam- 
ment de  l'heure,  et  avec  toute  l'exactitude  que  comportent  les 
observations  de  distance  zénithale,  il  iaut  observer  le  Soleil  tcès 


380  LIVBB    YII.    —    CHAPITBB    XXXTII. 

près  du  méridien,  et  que,  pour  obtenir  l'heure  indépendamment  de 
l'erreur  à  craindre  sur  la  colatitude,  il  faut  observer  Taslre  choisi 
très  près  de  Tazimut  de  90°  ou  de  270**.  De  là  la  pratique  adoptée  par 
les  navigateurs  :  elle  consiste  à  mesurer  la  distance  zénithale  do 
Soleil  à  rinstant  de  sa  culmination  pour  en  déduire  X,  et  à  Tob 
serrer  le  même  jour,  le  matin  ou  le  soir,  aussi  loin  que  possible 
du  méridien,  pour  obtenir  l'heure. 


Culmination. 

C'est  le  point  le  plus  élevé  du  parallèle  diurne  décrit  par  le 
Soleil.  Ce  point  serait  dans  le  méridien  du  lieu  si  le  o  du  Soleil 
était  invariable  et  si  le  navire  ne  faisait  pas  de  route  en  colatitude; 
mais  ces  deux  circonstances  ne  donnent  lieu  qu'à  des  correctioos 
très  faibles,  que  nous  négligerons  d'abord.  Voici  en  quoi  consiste 
Tobser^ation  de  midi.  On  commence  robser\'ation  avec  le  sextant 
un  peu  avant  midi:  en  d'autres  termes,  onamèneFimage  doublement 
réfléchie  du  Soleil  en  contact  avec  Thorizouparson  bord  inférieur; 
puis,  comme  le  Soleil  continue  à  monter  quelque  peu,  les  deux 
images  se  séparent.  On  rétablit  le  contact  à  Faide  de  la  vis  micro- 
métrique,  et  on  saisit  bien  aisément  le  moment  où  il  se  maintient 
de   lui-même  sans  qu*il  soit  besoin  d*agir  sur  la  vis  :  cVst    celui 
où  la  hauteur  angulaire  de  Fastre  atteint  son  maximum.  On  lit  alors 
sur  Finstrument  la  hauteur  h  du  bord  observé.  En  désignant  par 
p,/>,  ^  A  la  réfraction,  la  parallaxe  et  le  demi-diamètre  du  SoleiK 
on  a,  pour  la  distance  zénithale  méridienne, 

CH>*  —  /*  -r-  p  —p  -r-  i  A  =  J«, 

et  on  en  conclut  a  par 


m' 


Cette  formule  répond  à  tous  les  cas,  c*est-à-dire  à  toutes  les 
positions  où  Fobservateur  peut  se  trouver  sur  le  globe  terrestre, 
pourvu  qu*on  donne  à  z^  le  signe  +  si  Fon  a  observé  au  sud  et  le 
signe  —  si  Fon  a  observé  au  nord  (t.  I,  p.  ia5). 

Inutile  d'ajouter  que,  si  un  obstacle  quelconque  faisait  manquer 


PROBLEMES   DE   LA,   NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  38l 

l'observation  de  midi,  on  la  remplacerait  par  des  observations  cir- 
cumméridiennes  (t.  I,  p.  i33). 


Détermination  de  Thenre  et  de  la  longitude. 

Le  soir  on  mesure  la  dislance  zénithale  du  Soleil  à  l'heure  H^ 
du  chronomètre.  Soient  z  cette  distance  zénithale  corrigée  de  la 
réfraction  et  de  la  parallaxe,  \  la  colatitude  obtenue  en  ajoutant,  à 
celle  qu'on  a  observée  à  midi,  le  chemin  parcouru  dans  le  sens  du 
méridien.  La  même  relation  (a),  résolue  par  rapport  à  iR,  donnera 
l'angle  horaire  du  Soleil,  c'est-à-dire  l'heure  solaire  vraie.  On 
aura  ainsi 

sin  J  (-3  —  0  -hX)  sin^(w  H-  o  —  X)  =  sinXsino  sin'iiïï. 

DciH  =  H„on  conclut  l'heure  moyenne  H  par  H  =  H^  —  e,  e  étant 
l'équation  du  temps  fournie  par  l'éphéméride,  et  de  H  on  conclut 
la  longitude  par  L  =  H  —  H^,  H^  étant  l'heure  marquée  par  le 
chronomètre. 

Ona  vu  (t.I,  p.  1 26)  que  l'erreur  àcraindresurXaurad'autantmoins 
d'influence  sur  ÏM  conclu  que  l'observation  aura  été  faite  plus  près 
de  l'azimut  de  90**  ou  de  270°.  On  appréciera  cette  influence  et  celle 
de  l'erreur  commise  dans  la  mesure  de  z  par  la  relation  différentielle 

,     .      ,  _-  ClZ  cl  A 


~  sinA        tangA 

Cette  relation  montre  que,  pour  les  mêmes  erreurs  dz  et  d\  et 
les  mêmes  circonstances  d'observation,  c'est-à-dire  à  égalité  d'azi- 
mut, la  précision  de  l'heure  ainsi  obtenue  décroît  avec  la  cola- 
titude. 

Azimut.  Orientation. 

Soient  V  l'angle  de  route,  c'est-à-dire  l'azimut  où  se  trouve  le  cap 
du  navire,  (A)  la  diflcrcnce  d'azimut  entre  celte  direcllonet  celledu 
Soleil,  et  A  l'azimut  du  Soleil  au  même  instant.  On  aura  V  =  (A)  -\~  A. 
Si  donc  à  un  instant  donné,  II  heure  du  lieu,  on  mesure  Tangle  (A) 
à  l'aide  de  la  boussole  de  relèvement,  fonctionnant  comme  théo- 


38s  LITKB    Tir.   —    CBAPITRB    XXXTII. 

dolite,  îl  suffira,  pour  avoir  V,  d'ajouter  à  (A)  Tazimut  actuel  du 
Soleil.  De  H  on  conclut  Tangle  horaire  M  =  H.,,  puis  on  calcule  A 
par  la  formule  résultant  de  la  division  de  (6)  par  (c) 

colAsiniH=  — sinXcoto  H-cosXcos^H. 

Tariation  du  compas. 

Si  au  même  instant  on  lit,  sur  la  boussole  de  Thabitacle,  Tazimut 
magnétique  M'  de  la  route  sui\îe,  et  que  Ton  désigne  par  S  la 
déclinaison  de  Taiguille  aimantée  et  par  D  la  déviation  due  aux  fers 
du  navire,  on  aura 

M'4-D-h-S  =  V=Ah-(A), 

relation  qui  fera  connaître  la  variation  D  -f-  3,  et  même  la  déviation  D 
si  S  est  connu  pour  le  lieu  de  Tobservation. 

Discussion  de  cette  méthode. 

Elle  ne  portera  que  sur  Tobservation  de  la  culmination  du  Soleil 
ou  de  la  Lune.  Ce  moyen  de  déterminer  la  colatitude  est  précieux 
en  voyage,  parce  qu'il  n'exige  même  pas  de  montre.  Si  l'astre 
obser\'é  était  une  étoile,  l'instant  de  la  culmination  coïnciderait 
avec  celui  du  passage  au  méridien.  Il  en  est  autrement  lorsque  la 
distance  polaire  o  varie  avec  le  temps  et  quand  l'observateur  est 
place  sur  un  navire  en  pleine  marche.  Différentions  l'équation  (a) 
par  rapport  à  toutes  les  quantités  qu'elle  renferme  en  les  considé- 
rant comme  des  fonctions  du  temps  : 

siïïz  -7-  =(sin  coso  —  CCS  A  sinocos.fl)  -7- 
cit  ^  dt 

do 
4-(cosXsino  —  sinXcosScoSiH)  -7- 

-h  sm  A  sin  0  sm  Ai  —7-  • 

at 

A  l'instant  de  la  culmination,  z  atteint  sa  valeur  maximum  :  par 

conséquent  -7^  =  o.  D'autre  part,iH  étant  très  petit,  on  remplacera 


PROBLEMES    DE   LA   NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  383 

cosM  par  i  et  siniH  par  ôtôq)'  ^^  exprimant  Tangle  M  en  minutes 

d'arc.  On  a  ainsi 

d\       dZ 

sinosinX        a  M 

Il  faudra  perler  celle  expression  dans  celle  de  la  réduction  au 
méridien  (t.  I,  p.  128  et  i33),  ce  qui  donne,  en  remarquant  que 

sin(8  —  X)=  sin^;,»  est  bien  peu  différent  de  sin^^ ^)  el  en 

représentant  par  R  le  dernier  facteur  de  la  précédente  formule, 

3438'  sînX  sin8,,j 

2  sm^ 

Le  calcul  de  K  ne  présente  aucune  difficulté.  Les  variations  qu'il 
comprend  étant  sensiblement  constantes  pour  une  heure  entière, 

on  remplacera— )  par  exemple,  par  —  >  en  faisant  A^  =  i^  ou  i5° 

ou  900',  et  en  mettant  pour  A5  la  variation  horaire  de  8.  De  même 

-jT  sera  égal  au  quotient  du  nombre  de  milles  parcourus  en  une 

heure  par  le  vaisseau,  dans  le  sens  du  méridien,  divisé  par  900'. 

Quant  à  -rr-^  on  a,  s'il  s'agit  du  Soleil, 

iH  =  II/,H-L  — e,     d'où     A^=i:AlIp4- AL  —  Ae, 

expression  où  l'on  remplacera  AH^  par  900'. 
S'il  s'agissait  de  la  Lune,  on  aurait 

par  suite 

A^  =  Mhp  -H  AL  —  A^. 

Il  est  aisé  de  s'assurer  que  la  correction  qui  en  résulterait  ne  s'élè- 
vera pas  à  2',  dans  les  circonstances  les  plus  défavorables.  On  a 
donc  raison  de  la  négliger  à  la  mer.  Pour  des  observations  soi- 

gnéesy  faites  à  terre,  il  faudrait  tenir  compte  de  -7- 


S84  LIVRE   TII.    —     CHAPITRE   XXXTII. 

Détermination  simnltanée  de  Theure  et  de  la  colatitnde. 
Problème  de  Donves.  Solution  de  Lalande. 

La  pratique  précédente  suppose  un  cîel  découvert  juste  à  Tin- 
stant  favorable.  S'il  en  était  autrement,  on  obtiendrait  encore  rheure 
et  la  colatitude  à  Taide  de  deux  distances  zénithales  mesurées  k 
des  instants  quelconques  de  la  journée.  C'est  un  problème  fort 
simple,  dont  un  navigateur  hollandais,  nommé  Douwes,  a  donné 
autrefois  une  solution  satisfaisante. 

Soient  z  et  z  les  distances  zénithales  du  Soleil  mesurées  aux 
heures  H;,  et  H^  du  chronomètre  (H^  —  e  et  H),  —  e'  seront  les 
heures  vraies  en  temps  de  Paris),  o  et  o'  les  distances  polaires, 
Xi  et  L|  les  coordonnées  estimées  du  navire  à  l'instant  de  la  pre- 
mière observation,  enfin  Aa  et  AL  les  changements  en  colatitude 
et  en  longitude  qui  se  sont  opérés  dans  rinter\alle  des  deux  obser- 
vations. Si  M  représente  Tangle  horaire  inconnu  du  Soleil  au 
premier  instant.  Tangle  horaire  au  deuxième  sera 

JI-^i5iH;  — e'-r-AL)  — i5(Hp  — e>, 

ou  .^^  -r-  a,  en  désignant  par  a  une  quantité  immédiatement  calcu- 
lable, et  on  aura  les  deux  équations 

oo> z' i^  co<  1  À  —  aV ^ co< w'  —  sin ^ À  —  A). ) siii o' cos {Al  -r-  2 ), 

entre  les  inconnues  \  et  M. 

rS\ni>  verrons  plus  loin  «]ue  la  première  équation  représente,  sur 
la  sphère,  un  cerele  de  ra\on  r.  que  la  deuxième  est  un  second 
cercle  île  ravon  ^  l«':;èremenl  d-  formé.  Ces  deux  courlu*>  se  cou- 
perv^nl  on  deux  poinl<,  ce  qui  conslilue  doux  solutions.  Mais  il  o'v 
aura  pvîs  à  lusilor  entre  K  s  deux  valeurs  qu'on  en  pourrait  tiror 
pour  Jl,  puisque  nous  a\ons  déjà,  par  Testime,  une  solution  ap- 
pn.>ch  e  y,  et  l.,.  d'où  Von  déviuit  JI,  1=  H.,  —  e  -^  L, . 

Le  plus  simple  esî  de  resoudrt*  ces  équations  par  les  méthodes 
d*appn  ximaliou  qu'on  enseigne  en  Algèbre.  Nous  sui\Tons  en  cela 
la  voie  tracée  par  Lalande.   Des  deux   coordonnées  que  fournil 


PROBLèMES    DE    LA    NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  385 

Tcslime,  la  plus  sûre  est  ordinairement  X|.  Portons-en  la  valeur 
dans  les  deux  équations  et  désignons  par  M2,  M'^  les  valeurs  qu'on 
en  déduira  pour  Tangle  horaire.  Si  Xi  se  trouvait  être  juste,  ces 
deux  valeurs  du  premier  angle  horaire  seraient  égales,  c'est-à-dire 
qu'on  trouverait 

mais,  en  général,  ces  deux  équations  donneront,  par  ce  premier 
essai,  deux  valeurs  différentes.  Désignons  par  â\  la  petite  correction 
qu'il  faut  appliquer  à  )w|.  Si  Ton  augmente  "ki  de  dX,  M2  augmentera 

de  -7— T r  (t.  I,  p.  126),  et  M'2  de  -:— 7;^ -T-n r,'  O^  aura 

sinXtangA^  ^  ^'  sin(A  h- AX)langA' 

donc,  pour  déterminer  la  correction  inconnue  dX,  l'équation  de 
condition 


sinXtangA  sin(X -+- AX)langA' 

La  correction  d\  étant  obtenue,  les  éléments  relatifs  à  la  première 

observation  seront  X  =  Xi  -f-  dX,  M  =  M2  H — :— r r  ^  d'où  ré- 

sinXlangA 

suite  immédiatement  la  longitude  L. 

La  formation  de  cette  équation  de  condition  exige  le  calcul  des 
deux  azimuts  par  les  formules  rappelées  plus  haut.  On  y  emploie 
des  tables  à  trois  décimales. 

Si  l'on  trouvait  ainsi  pour  (?Aune  valeur  un  peu  forte,  il  y  aurait 
iieude  craindre  queles  termes  du  deuxième  ordre,  omis  dans  le  déve- 
loppement de  iîf,  ne  fussent  pas  négligeables  (*).  On  regarderait  alors 
le  calcul  effectué  comme  une  première  approximation.  En  le  recom- 
mençant avec  la  valeur  beaucoup  plus  exacte  X^i  -f-  d\  on  obtien- 
drait, cette  fois,  une  approximation  bien  suffisante. 


(')  La  variation  de^,  correspondant  à  une  variation  dX  de  X,  peutôtre  en  effet 
développée  en  série  suivant  les  puissances  croissantes  de  dX.  Le  premier  terme  est 

-r-T r  ^X  ;  on  admet  ici  que  c^X  est  assez  petit  pour  que  les  termes  suivants 

smXungA  ^  r         r  1 

en  (^X)',  (dX)^...  soient  négligeables.  Dans  le  cas  contraire,  on  opère,  comme 
il  est  dit  plus  haut,  par  approximations  successives. 

il.  25 


386  LIVRE    VII.    ~    CBAPITRB   XXXTIl. 

Influence  des  erreurs  d'obserration. 

Dans  l'équation  finale 

Lsid(a -i- AA)langA        smAtaDgAJ  ' 

le  second  membre  est  affecté  des  erreurs  commises  sur  les  mesures 
de  z  et  de  y.  Pour  que  ces  erreurs  inQuent  le  moins  possible  sur 
la  correction  conclue  d\^  il  faut  agencer  les  observations  de  mi- 
nière à  rendre  son  coefficient  aussi  grand  que  possible.  De  là  la 
règle  qui  prescrit  d*obser>'er  dans  deux  directions  azimutales  fu- 
sant entre  elles  un  angle  bien  ouvert,  et  aussi  près  que  possible 
de  90^  {*y 

On  a  retourné  ce  problème  de  toutes  les  façons  sans  réussir  à 
trouver  de  solution  meilleure  que  celle  de  Lalande. 

Droites  et  cercles  de  hauteur. 

Nous  avons  vu  qu*à  Taide  des  cartes  marines  on  substitue,  as 
calcul,  des  constructions  graphiques  fort  simples  pour  résoudre  les 
divers  problèmes  de  routes.  On  a  cherché  à  en  faire  autant  pour 
les  problèmes  astronomiques.  Cest  à  quoi  l'on  parvient  aisémeot 
en  recourant  à  des  cartes  sl-^réographîques  qui  permettent  de  con- 
struire avec  la  règle  et  le  compas  tous  les  problèmes  de  la  Trigo- 
nométrie sphêrique.  Mais,  comme  ces  projections  ne  sont  guèrr 
en  usage  à  bord,  on  désirait  utiliser  les  cartes  de  route  ordi- 
naires. Voici  ce  qui  a  mis  les  chercheurs  sur  la  voie,  il  v  a  une 
quarantaine  d'années. 

Le  capitaine  Sumner  se  trouvait,  en  iSSj.  près  de  la  côte  dlr- 
lande  .à  destinalîon  de  G^ennock^•  sans  avoir  pu  faire  d'observa- 
tion astronomique  depuis  qu'il  avait  dépassé  le  méridien  de  3  i8*3o . 

Dans  la  nuit  du  ij*  décembre,  le  vent  avant  passé  au  sud-est 
et  Testime  donnant  4^>o  milles  du  phare  de  Tuscan«  avec  la  terre 


*    Ea  <ff<(.  en  m<^U(«4At  ÙÀ,  k  f^ctccr  «Se  OÀ  rxrriemt  à 


%ukK  stnAsiaA' 


PROBLÈMES   DE   LA    NAVIGATION   ASTRONOMIQUE. 


387 


sous  le  vent,  il  gouverna  est-nord-est,  serrant  le  vent  le  plus  pos- 
sible. Quand  le  jour  parut,  rien  n'était  encore  en  vue.  Vers  io^3o™ 
seulement,  le  commandant  put  prendre  une  hauteur  du  Soleil. 
Avec  le  chronomètre  (un  bon  instrument),  il  calcula  sa  longitude 
et  trouva  339^4^' 9  mais,  comme  il  avait  fait  près  de  700  milles 
sans  une  seule  observation,  la  colatitude  employée  dans  le 
calcul  de  l'heure  ne  méritait  aucune  confiance.  Pour  apprécier 
l'effet  d'une  erreur  possible  en  colatitude,  il  calcula  encore  deux 
autres  longitudes,  en  partant  chaque  fois  d'une  colatitude  de  10' 
moins  grande.  Les  trois  points  ainsi  obtenus  ayant  été  marqués 
sur  la  Carte,  Sumner  remarqua  qu'ils  se  trouvaient  sur  une  même 
droite  dirigée  est-nord-est  et  aboutissant  au  bateau-phare  de  Small, 
et  comme  son  vaisseau  devait  se  trouver  sur  cette  droite  (bien  en- 
tendu dans  la  supposition  d'une  erreur  nulle  pour  le  chronomètre), 
la  route  est-nord-est  fut  maintenue,  et  le  capitaine  Sumner  eut  la 
satisfaction  de  se  voir  bientôt  en  vue  du  phare  de  Small. 

La  ligne  à  laquelle  appartenaient  ces  trois  points  n'était  pas  ri- 
goureusement une  droite,  mais  l'élément  à  peu  près  linéaire  d'un 
cercle  de  tous  les  points  duquel  des  observateurs  auraient  vu  le 
Soleil,  au  même  instant,   par  la  même  distance  zénithale  que  le 


Fig.  81, 


capitaine  américain.  En  effet,  considérons  l'observateur  situé  en  A 
et  mesurant,  à  l'heure  moyenne  H^,  la  distance  zénithale  ZAS  =  z 
du  Soleil.  Menons  la  droite  SC  qui  joint  le  Soleil  au  centre  de  la 
Terre  et  qui  rencontre  le  globe  en  s.  L'angle  ZCS  sera  la  distance 


388  LITRE   TH.    —     CHAFITRB    XXXTIl. 

zénithale  géocentriqne  ou  z.  Cela  posé,  faisons  toamer  la  figure 
autour  de  la  droite  CS.  Le  point  A  décrira  sur  le  globe  un  petit 
cercle  dont  le  pAle  sera  s,  et  dont  le  rajon  s  A  aéra  Tare  qui  mesure 
l 'angle  z. 

Il  est  aisé  de  déterminer  les  coordonnées  du  point  5,  point  où 
le  rayon  vecteur  CS  du  Soleil  perce  la  surface  terrestre  à  l'heure  H^. 
D'abord  sa  colatitude  Ps  est  é\'idemment  égale  à  la  distance 
polaire  8  de  Tastre.  Ensuite  l'angle  horaire  du  Soleil  à  Paris 
étant  H^  —  e,  cet  angle  est  égal  à  l'angle  compris,  sur  le  globe 
terrestre,  entre  le  méridien  de  Paris  et  celui  du  point  5.  Comme 
les  longitudes  géographiques  se  comptent,  à  partir  du  méridien  de 
Paris,  en  sens  inverse  des  iH,  36o®  — (H^  —  e)  sera  celle  du  points. 
Vous  voyez  qu'il  est  facile  de  marquer  ce  point  sur  une  carte,  et, 
si  elle  est  stéréographique,  de  construire  le  cercle  de  rayon  z  dont 
le  centre  (sur  la  sphère)  est  en  5.  Dire  qu'à  Theure  H^  de  Paris, 
ou  H^H-L  d'un  certain  lieu,  le  Soleil  avait  pour  distance  zéni- 
thale Zy  c'est  dire  que  l'observateur  se  trouvait  quelque  part  sur 
ce  cercle.  Une  seule  observation  ne  donne  rien  de  plus. 

On  ne  saurait  tracer  ce  cercle  sur  une  projection  de  Mercator; 
sa  transformée  est  bien  trop  compliquée.  On  peut  du  moins  le 
construire  par  points  à  l'aide  de  son  équation. 

Soient  X  et  L  les  coordonnées  inconnues  Je  l'observateur  A; 
l'angle  horaire  du  Soleil  à  l'instant  H^  sera  Hp —  e  +  L.  On  aura 
donc  l'équation 

ces  z  =  ces  X  CCS  0  H-  sin  X  sin  0  ces  (  H^  -  -  e  -+-  L  ). 

Elle  s'appliquera  à  tous  les  points  de  la  ciix^onférence  susdite, 
pourvu  qu'on  y  regarde  X  et  L  comme  des  coordonnées  courantes. 
Cela  posé,  donnez  à  ).  une  série  de  valeurs  arbitraires,  distantes  de 
10'  en  10',  à  commencer  par  la  colatitude  approchée  que  fournil 
l'eslime,  et  calculez  les  L  correspondants  à  l'aide  de  celte  équation. 
Les  points  ainsi  déterminés  et  portés  sur  la  carte  marine  seront 
sur  la  courbe  qui  y  représente  le  cercle  susdit,  et,  comme  il  s'agit 
cTune  courbe  à  grand  rayon,  de  3o,  4o,  5o,  . . .  degrés,  cette 
petite  portion  de  courbe  se  confondra  sensiblement  avec  la  tan- 
j;enleAB  (^/t£^'  82). 

Pour  tracer  cette  tangente  sur  la  carte,  deux  points,  calculés 


PROBLÈMES    DB    LA    NAVIGATION    ASTRONOMIQUE.  SSq 

comme  nous  venons  de  le  dire,  suffiront.  Elle  porte  le  nom  de 
droite  de  hauteur.  Le  navire  doit  se  trouver  quelque  part  sur  cette 
portion  de  droite  un  peu  prolongée  des  deux  bouts. 

Il  est  facile  de  voir  qu'elle  sera  perpendiculaire  à  la  direction 

Fif;.  Sî. 


azimutale  où  l'on  a  observé  le  Soleil.  Cette  direction  est  en  effet  A5 
{fig*  8i)>  trace  horizontale  du  vertical  du  Soleil  et  rayon  du  cercle  de 
hauteur.  Par  conséquent,  si  on  a  déterminé  Pazimut  du  Soleil  (au 
compas  de  relèvement  fonctionnant,  non  plus  comme  théodolite, 
mais  comme  une  boussole  dont  on  connaîtrait  bien  la  variation),  on 
pourra  se  contenter  de  calculer  un  point  de  la  droite  de  hauteur  et 
de  mener,  par  ce  point,  une  droite  perpendiculaire  à  cette  direction 
azimutale. 

Si,  quelque  temps  après,  à  l'heure  H'  ,  le  navire  ayant  fait  le 
chemin  bX  en  colatitude  et  AL  en  longitude,  on  observe  de  nou- 
veau le  Soleil  par  la  distance  zénithale  :;',  on  aura  pareillement 

ces;;'  ^  cosXcosû'  -\-  sin  Xsin8'cos(H^  —  e'  H-  L), 

X  et  L  étant  encore,  sur  la  carte,  les  coordonnées  courantes  d'un 
second  cercle  de  hauteur.  Remplaçons-le  pareillement  par  une 
droite  de  hauteur  CD.  Dès  lors,  à  l'heure  H^,  le  navire  a  dû 
se  trouver  quelque  part  sur  AB;  à  l'heure  H'  sur  CD,  et  dans  l'in- 
tervalle il  a  décrit  à  la  surface  du  globe  une  petite  droite  5,  sous 
l'angle  de  route  V,  éléments  qu'on  déduit  de  A).,  AL  et  de  la  colati- 
tude de  l'estime  X,  par  les  formules  (p.  SSy) 

5cosV  =  AX, 

5  sin  V  m  —  aL  sin  X. 

La  question  est  donc  ramenée  à  ce  petit  problème  de  Géométrie  : 


3go  LIVRE  TH.  —  chapitre  xxxvii. 

mener  entre  les  deux  droites  AB,  CD,  sous  un  angle  donné  V  (avec 
les  méridiens  de  la  carte),  une  droite  EF  de  longueur  s.  Les  points 
E,  F  seront  les  positions  du  navire  aux  heures  H^,  H'p  ('). 

On  a  varié  ces  constructions  de  toutes  les  manières  ;  mais  comme, 
après  tout,  elles  exigent  presque  autant  de  calculs  que  la  méthode 
de  Lalande,  outre  des  constructions  graphiques  plus  ou  moins 
embarrassantes  y  nous  ne  comprenons  pas  que  les  marins  attachent 
tant  d'importance  à  ce  qu'ils  appellent  les  nouvelles  méthodes. 
Au  fond,  les  droites  de  hauteur  ne  sauraient  avoir  d'utilité  que  dans 
le  cas  particulier  où  s'est  trouvé  le  capitaine  Sumner,  celui  où  Ton 
doit  atterrir  avec  des  observations  astronomiques  incomplètes. 


(^)  Il  esta  remarquer  que  la  seconde  équation  de  la  p.  384»  relative  à  la  méthode 
de  Lalande,  ne  se  confond  pas  avec  celle  de  la  p.  889  et  ne  représente  pas  un  cerck 
sur  la  sphère  quand  l'observateur  s'est  déplacé. 


■•••■ 


DÉTERMINATION    DES    LONGITUDES    EN    MER.  SqI 


CHAPITRE  XXXVIII. 


DÉTERMINATION  DES  LONGITUDES  EN  MER 


Heure  de  Paris  par  le  relèvement  de  points  terrestres  connus. 

Lorsqu'on  fait  relâche  dans  un  port  dont  la  situation  géogra- 
phique est  bien  connue,  le  navigateur  s'empresse  d'en  profiter 
pour  rectifier  ses  chronomètres.  Par  des  observations  de  hauteur 
du  Soleil  pribcs  à  terre,  à  l'aide  d'un  horizon  artificiel,  il  détermine 
l'heure  locale  avec  précision  et  par  suite  l'heure  de  Paris.  En  la 
comparant  avec  celle  que  donnent  ses  chronomètres,  il  obtient  la 
correction  qu'il  faut  leur  appliquer  dans  le  reste  du  voj^age. 

Lors  même  qu'on  ne  fait  que  passer  à  proximité  d'un  point 
connu,  il  est  facile  de  déterminer,  par  des  relèvements  au  compas, 
la  position  exacte  du  navire  et  sa  longitude.  Des  hauteurs  du  Soleil 
prises  immédiatement  après,  à  bord,  donnent  le  même  résultat  que 
si  l'on  avait  opéré  à  Terre. 

On  voit  combien  il  est  utile  de  fixer  très  exactement,  surtout  en 
longitude,  la  position  de  ces  points  qui  se  trouvent  en  vue  sur 
les  trajets  les  plus  fréquentés.  Le  Bureau  des  Longitudes  a  fait  dé- 
terminer avec  précision,  par  des  observations  astronomiques,  la 
longitude  de  certains  points  principaux.  Le  transport  des  chrono- 
liiètres,  à  partir  de  ces  points,  le  long  d'une  côte  étendue,  donne 
ensuite  leur  différence  de  longitude  avec  une  foule  de  points  moins 
importants.  On  parvient  ainsi  à  multiplier  les  données  géographiques 
qui  peuvent  être  utiles  aux  navigateurs. 

Aujourd'hui  l'on  possède,  dans  les  câbles  sous-marins  qui  unis- 
sent les  uns  aux  autres  les  centres  commerciaux,  un  moyen  de  dé- 
terminer les  longitudes  avec  une  précision  bien  supérieure  à  ce  que 
donnent  les  meilleures  observations  de  la  Lune.  Dans  peu  d'années, 
le  réseau  des  stations  utiles  sera  ainsi  complété,  au  grand  bénéfice 
de  la  Navigation  et  de  la  Géographie. 


392  LIVBB    VII.    —    CHAPITBB    XXXTIII. 


Heure  de  Paris  par  les  distances  lunaires. 

L^élément  géographique  le  plus  difficile  à  obtenir,  loin  des  côtes, 
c^estla  longitude,  parce  qu'elle  implique  la  connaissance  de  Theure 
de  Paris.  Les  deux  seuls  moyens  applicables  en  ce  cas  sont  les 
chronomètres  et  les  distances  lunaires.  Celles-ci  sont  la  ressource 
dernière  du  marin ,  la  seule  sur  laquelle  il  puisse  compter  abso- 
lument. 

La  Connaissance  des  Temps  donne,  pour  tous  les  jours  de 
Tannée,  de  3  heures  en  3  heures  du  méridien  de  Paris,  la  distance 
de  la  Lune  au  Soleil,  aux  planètes  et  aux  étoiles  visibles  en  même 
temps  qu'elle.  11  suffît  de  jeter  les  yeux  sur  l'un  de  ces  tableaux 
pour  comprendre  la  méthode  dont  il  s'agit.  Ainsi,  le  12  mai  1880, 
on  a  : 

Heure  Distance 

de  Paris.  de  la  C  a^u  O- 

h  o       ,      g 

o 35 . 1 1 . 36 

3 36.32.3o 

6 37.53.Î17 

9 39.14.^7 

I  >. 40.35. 3 1 

lî 41. 56. 38 

18 43.17.48 

21 4  4 • ^9 .    3 

Si,  le  même  jour,  on  mesure  en  un  lieu  quelconque,  au  sextant, 
la  dislance  de  la  Lune  au  Soleil  à  ô^'o^o*  heure  locale,  et  qu*OD 
trouve  39°  14' 27",  on  en  conclura  que  Theure  correspondante  de 
Paris  était  9**o"o'.  La  longitude  de  la  station  était  donc  ai*'o"o*. 
L'exactitude  de  ce  procédé  est  fondée  sur  la  rapidité  des  mouve- 
ments de  la  Lune.  Le  tabicau-ci-dessus  montre  que,  de  6^  à  9^,1* 
distance  des  deux  astres  varie  de  i^ai^o",  ce  qui  fait  ^  seconde 
d'arc  par  seconde  de  temps.  Si  donc  la  distance  mesurée  est  en 
erreur  de  0^,5^  Thcure  de  Paris  conclue  sera  en  erreur  de  i*.  En 
mer,  dans  des  circonstances  favorables,  on  mesure  ces  distances  à 
o',i  ou  à  6"  près  :  riieure  de  Paris  peut  donc  être  obtenue  parce 
procédé  a  1  a'  près. 


DÉTERMINATION    DES    LONGITUDES    EN    MER.  '6^'S 

I* 

Si   Ton  évalue  la  longitude  conclue  en  arc,  le  rapport  -^-^  de- 

0)0 

vient — ^=3o  à  peu   près.   Ainsi   toute  erreur   sur  la  distance 

observée  produit  une  erreur  trente  fois  plus  forte  sur  la   longi- 
tude. 

Observation  des  distances  lunaires. 

L'observateur,  maintenant  le  sextant  dans  le  plan  des  deux  astres, 
pointe  sur  Tun  d'eux  avec  la  lunette  et  amène  dans  le  champ  l'image 
doublement  réfléchie  de  l'autre.  Les  deux  images  étant  placées  entre 
les  fils  parallèles  au  limbe,  on  met  les  deux  disques  en  contact  par 
leurs  bords  et  Ton  note  l'heure.  Il  y  a  là  une  condition  essentielle  : 
c'est  d'affaiblir  Timage  la  plus  brillante  par  l'interposition  de  verres 
obscurcissants,  de  manière  à  les  ramener  toutes  deux  à  la  même  in- 
tensité. Alors  le  contact  des  deux  bords  du  Soleil  et  de  la  Lune 
s'effectue  avec  une  véritable  précision.  Si  au  lieu  du  sextant  on 
emploie  le  cercle  de  Borda,  la  mesure  de  la  distance  sera  indépen- 
dante de  toute  excentricité;  par  des  observations  croisées,  on  éli- 
mine l'erreur  d'origine  des  divisions,  c'est-à-dire  du  point  de  pa- 
rallélisme des  miroirs;  par  la  répétition,  on  supprime  les  erreurs 
de  division  et  l'on  atténue  celle  du  pointé.  Néanmoins,  c'est  là  la 
plus  diflicile  de  toutes  les  observations  astronomiques  ;  il  faut  une 
adresse  particulière  et  une  grande  habitude  pour  maintenir  les 
deux  astres  dans  le  champ  de  la  lunette,  malgré  les  oscillations  du 
navire. 

Théoriquement,  la  seule  difficulté  de  cette  méthode  consiste  en 
ce  que  les  distances  lunaires,  observées  à  la  surface  de  la  Terre,  ne 
sont  pas  directement  comparables  à  celles  de  la  Connaissance  des 
Temps  qui  sont  calculées  pour  le  centre  de  notre  globe.  Il  faut 
donc  les  ramener  à  ce  point  par  un  chaugement  d'origine  dans  les 
coordonnées,  et  en  tenant  compte  de  la  réfraction.  En  outre,  l'ob- 
servation donne  la  distance  des  bords,  tandis  que  la  Connaissance 
des  Temps  donne  celle  des  centres.  De  là  une  nouvelle  réduction, 
qui  consiste  à  ajouter,  à  la  distance  des  bords,  les  demi-diamètres 
apparents  des  deux  astres,  en  tenant  compte  de  l'effet  particulier 
de  la  réfraction. 

Soient  donc  Df  cette  distance  des  centres  observée  d'un  point  M 


394  LITBE    VII.    —    CHAPITBB    XXXTIII. 

de  la  surface  du  globe,  5,  elz\  les  disUnces  zénilhales  apparentes 
des  deux  aslres  S,  el  L,  telles  qu'on  les  observerait  du  même  poinl 
M,  (A)  leur  différence  d'azimut,  Z  le  zénith  en  M,  el  construisons  le 
triangle  sphérique  Z  S|  L,,  dont  les  sommets  seront  les  projections 


Fig.  83. 


UoriaÀ>n^ 


des  deux  astres  et  du  zénith  sur  la  sphère  céleste.  Si  l'on  passe  du 
point  M  au  point  O,  situé  (en  supposant  la  Terre  sphérique)  sur  la 
verticale  MZ,  les  aslres  ne  sortiront  pas  de  leurs  verticaux  primi- 
tifs ZML|,  ZMS|,  et  se  projetteront  seulement  en  d'autres  points  L 
et  S  sur  les  côtés  ZL{,  ZS|  de  ce  triangle.  Leur  distance  L|  Si,  vue 
du  point  M,  que  nous  désignerons  par  D^  deviendra  la  distance  LS 
vue  du  centre  de  la  Terre,  distance  que  nous  désignerons  par  D. 
Dans  le  premier  cas,  les  côtés  ZL|,  ZS|  du  premier  triangle  seront 
les  distances  zénithales  apparentes  des  deux  astres,  affectées  de  la 
réfraction;  dans  le  second  triangle,  les  côtés  ZL,  ZS  en  seront  les 
distances  vraies  et  géocen triques.  Ces  deux  triangles,  qui  ont 
l'angle  (A)  commun,  nous  donnent 

(i)  cosDi  =1  cosc,cos3',  -+-  sin  j,  sinc'j  cos(A), 

(2)  cos  D  =  cosc  cosc'   -T-sin-3  sin3'cos(A). 

Les  distances  zénithales  w,  d^  z^^  z\  sont  connues;  il  suffira 
donc  d'éliminer  cos(A)  entre  ces  deux  équations  pour  avoir  D, 
c'est-à-dire  la  distance  géocentrique  dès  deux  astres,  celle  qu*OD 
doit  comparer  aux  distances  calculées  d'avance  dans  la  Connais- 
sance des  Temps  pour  obtenir  l'heure  de  Paris. 

Evidemment  la  difficulté  de  ces  calculs  ne  git  pas  dans  la  combi- 
naison des  équations  (i)  et  (2),  encore  plus  faciles  à  résoudre  que 


DÉTERMINATION    DES    LONGITUDES    EN    MER.  3g5 

celles  du  problème  de  Douces,  mais  dans  le  détail  des  correetions 
de  réfraction  et  de  parallaxe  qu'il  faut  appliquer  ici.  Nous  allons 
voir,  en  effet,  que  ces  corrections  doivent  être  obtenues  avec  plus 
de  précision  qu'on  n'en  apporte  d'ordinaire  dans  les  calculs 
d'Astronomie  nautique,  et  qu'on  ne  saurait  se  dispenser  d'y 
tenir  compte  de  l'aplatissement  du  globe  terrestre. 


Conditions  d'exactitude. 

Notre  attention  doit  se  porter  en  premier  lieu  sur  Terreur  com- 
mise dans  la  mesure  de  D< .  En  différentiant  (i)  et  (2)  par  rapport  à 
D,  D<  et  (A),  puis,  en  divisant  les  résultats  membre  à  membre,  on 
trouve 

,-^        sînxTsin:;'    sinDi    „, 

dDzzz  -. : — -     .      '  t/D,. 

sini^jSin^f    sinD 

Pour  le  Soleil,  dont  la  parallaxe  est  très  faible,  la  réfraction  l'em- 
porte sur  la  parallaxe;  aussi  avons-nous  placé  S  au-dessous  de  S| 
dans  la  figure  précédente  ( c'est  l'inverse  pour  la  Lune).  Le   rap- 

port-T — -  est  donc  >•  i,  mais  à  peine  différent  de  l'unité. De  10** 

d  70°  de  distance  zénithale,  il  varie  de  1, 000254  à  1,000257. 
Le  rapport  analogue  pour  la  Lune  est  plus  petit  que  i,  et  varie  de 

i  à  0,082.  Il  en  est  de  même  de    .    ^:  sa  variation  est  encore  plus 

faible.  Concluons  de  là  qu'une  petite  erreur  <iD<,  commise  dans  la 
mesure  de  la  distance  apparente,  se  reportera  avec  son  signe  et 
presque  sans  altération  (^tout  au  plus  de  un  ou  deux  centièmes) 
sur  la  distance  conclue  D.  Si  donc  on  négligeait,  au  commencement 
du  calcul,  d'apporter  quelque  petite  correction  à  D| ,  il  serait  per- 
mis de  l'appliquer  après  coup  à  D. 

Considérons  en  second  lieu  les  erreurs  des  distances  zénithales  ; 
pour  cela,  exprimons  D  —  D<  en  fonction  des  différences  z  —  5|, 
y  —  zf^,  et,  pour  abréger,  désignons-les  par  les  lettres  j:,  a,  a'. 
Remplaçons,  dans  l'équalion  (2),  D,  5,  5'parD<-+-j:,5|-ha,;;^-f-a'; 
développons  les  sinus  et  cosinus  en  traitant  j:,  a,  a!  comme  de 
petites  quantités  dont  les  cosinus  peuvent  être  remplacés  par  i  et 


396  LIVRE    VII.   —    CHAPITRE    XXXVIII. 

les  sinus  par  les  arcs  correspondants.  Il  viendra  ainsi 

cosDi  — j;sinDi=(cos-5| —  o[sin^i)(cosy,  —  a'sin^i) 

(sin5|  -h  acos2|)(sin3'^  -+-  a'cos5j)co5(A). 


Eflectuons  les  multiplications  en  omettant  les  carrés  et  les  produits 
deux  à  deux  de  x,  a,  et!.  Après  avoir  supprimé  les  termes  qui  se 
détruisent  en  vertu  «le  l'équation  (1),  on  aura 

a7sinDj  =  a[sin5|COS-5j  —  cos^tsin^'i  cos(  A)] 
4-a'[sins'j  cos5|  —  cosCj  sin5|Cos(A)]. 

Or  le  triangle  ZS<  L|  donne 

sinD,cosS|  r=  sin^,cos>s',  — cos-Sisin<5',  cos(A), 
sinD]SinLi  -=2  sinz\  cos^i  — coâ>Sj  sin^|COs(A). 

La  relation  précédente  se  réduit  donc  à 

x-=ioL  cosS|  -h  a'  cosLi- 

Ainsi  la  réduction  x  de  la  distance  apparente  à  la  distance  géo- 
centrique  dépend  uniquement  de  a  et  de  a',  c'est-à-dire  des  correc- 
tions de  réfraction  et  de  parallaxe  z  —  2|,  2'  —  z\y  et  elle  est 
moindre  que  leur  somme.  Toute  erreur  sur  z  et  Zt  à  la  fois, 
ou  sur  z'  et  z\ ,  sera  sans  influence,  à  moins  qu'elle  ne  soit  asseï 
grande  pour  fausser  notablement  les  angles  L|  et  S|,  ce  qui  esl 
inadmissible.  Il  faut  donc  calculer  avec  soin  les  corrections  susdites 
de  réfraction  et  de  parallaxe,  et  ne  pas  oublier  que  toute  erreur 
finale  commise  sur  D  se  reportera  sur  la  longitude  conclue  avec  le 
facteur  ^7,  s'il  s'agit  d'une  distance  de  la  Lune  à  une  étoile,  et  le 
facteur  29  ou  3o,  s'il  s'agit  d'une  distance  luni-solaire. 

Cette  même  relation  conduit  à  deux  autres  conséquences  impor- 
tantes. La  première  est  qu'il  n'est  pas  nécessaire  de  mesurer  les  di- 
stances zénithales  apparentes  z^  et  z\  des  deux  astres  :  il  sufiil  de  les 
calculer  avec  les  éléments  de  l'estime  (  à  moins  que  le  Soleil  ne  soil 
bien  placé  pour  donner  l'heure  du  bord).  Lorsqu'on  se  décide  à  les 
observer,  il  faut  qu'elles  répondent  à  l'instant  où  l'on  mesure  U 
distance  D,,^  Trois  observateurs  sont  alors  nécessaires  pour  délcr- 


DÉTERMINATION    DES    LONGITUDES    EN    MER.  897 

minery  en  même  temps,  la  distance  et  les  hauteurs.  S'il  n'y  a 
qu'un  seul  observateur,  il  devra  mesurer  les  hauteurs  une  première 
fois,  puis  la  distance,  enfin  les  deux  hauteurs  une  seconde  fois,  afin 
que  la  moyenne  des  hauteurs  soit  sensiblement  contemporaine  de 
la  distance. 

Effet  de  la  réfraction  sur  les  disques  du  Soleil  et  de  la  Lune. 

La  réfraction  élève  Tastre  dans  l'angle  dièdre  formé  par  les  deux 
verticaux  qui  le  comprennent.  Elle  diminue  ainsi  le  diamètre  hori- 
zontal d'une  très  petite  quantité  que  nous  négligerons.  Mais,  par 
la  différence  des  réfractions  qui  répondent  au  centre  et  aux  bords, 
elle  aplatit  un  peu  le  disque  dans  le  sens  vertical  et  lui  donne  une 
figure  elliptique.  11  est  facile  de  tirer  des  tables  de  réfraction  la 
quantité  e  dont  le  demi-diamètre  vertical  est  ainsi  diminué,  et  l'on 
aura,  à  très  peu  près,  pour  le  demi-diamètre  situé  dans  la  direction 
de  la  ligne  des  centres  S|L|,  sur  laquelle  nous  admettrons  que  le 
contact  des  disques  apparents  s'opère, 

J  A|  —  e  cos'Si. 

S|  est  l'angle  du  triangle  ZS|L|,  qu'on  obtiendra  par  la  formule 

cosz\  =:cos5ic6sA| -h  sîn^|  sin  A|  cosSi^ 

en  calculant  à  trois  décimales. 
Dans  l'exemple  suivant  : 

iîi  =  77042',    y»  =  45025',     A,  =  380  42'. 

On  a  de  plus 

iA,z=i5'5i%4,     e=6%i, 

|A;=I4'54^8,     e'  =  o%5. 

D'après  cela,  le  calcul  des  rayons  réfractés  se  réduit  à 

loge 0,736  loge'... 9,726 

logcos*Si 9,886  log  cos*  L| 9,555 

0,672  9,281 

Nombre 4',  7  Nombre o',2 

JAi i5\5i,4  iA; 1^54%  8 

I  A' réfracté  ...     0.46,7  |  a;  réfracté  .. .  i4'54',6 


398  LIVRE   VII.   —    CHAPITEB    XXXVIII. 

Ce  sont  là  les  demi-diamètres  qu^il  faut  ajouter  à  la  distance 
observée  des  bords  pour  avoir  celle  des  centres. 


Résolution  des  équations  du  problème. 

En  premier  lieu,  il  est  bien  aisé  de  traiter  directement  ces  équa- 
tions en  passant  des  logarithmes  aux  nombres  et  réciproquement. 
De  (i)  on  tire  la  valeur  de  log  cos(A)  qu^on  porte  dans  (2),  et  Ton 
obtient  ainsi  log  cos  D  et  par  suite  D.  En  calculant  à  sept  déci- 
males, on  aura  D  à  la  seconde  près,  à  moins  que  D  ne  soit  très  pelit, 
cas  exclu  d^ avance. 

En  second  lieu,  on  peut  rendre  (i)  et  (2)  calculables  par  loga- 
rithmes en  posant ^1  —  z\  =  ^i,  z  —  ^  =:  p ;  elles  prennent  alors 
la  forme 

sin  J(D,  —  p,)sinJ(D,  H-  Pi)=  sine,  sin^,  sin*  (  —  )  > 
sin }  (D  -  ?)  sin  »  (D4-  p)  =  sin  z  sine'  sin»  {^\  . 

Divisons  membre  à  membre;  il  vient 

sin|(D  —  P)  sini(D  -h  p)=  sin^^D  —  sin'lp 


sine  sine' 


=  .in  -  .in  -'  sini(D.  -?.)sin  i(D.  +  ,3,>. 


On  introduit  un  angle  auxiliaire  ^  ^n  posant 


sine  sine' 


sin' 1  ?  tang' <?  = -j— -j— ^  sin  i(D, -  ?, )  sin  1  ( D, -f- ?, ), 

alll  ^j  3111  .M  I 

et  Ton  a  finalement 

sin  J  D  =r  sin  J  p  sec  7. 

C'est  la  formule  de  Borda.  En  voici  l'application  à  l'exemple 
suivant  : 

1880,  mai  12,  par  L  =  21**,  X  ==  45**,  à  6**  temps  moyen  du 
navire,  la  distance  des  bords  du  Soleil  et  de  la  Lune  était  de 
SS'^ii'Sj''.  La  mesure  des  distances  zénithales  apparentes  a  donné 


DÉTERMIXATION  DES  LONGITUDES  EN  MER.  899 

S,  =  77«4l'37^z;  =  45*^25' 29^  (bar.  0^,76;  therm.  4-  io«).  Cal- 
culer la  longitude. 

Pour  l'heure  de  Paris  approchée,  Hp  =  9^,  la  Connaissance  des 
Temps  donne 

iA'=  14^45%  1,     P=54'2%9 
On  en  déduit  les  distances  zénithales  géocentriqucs  : 


Soleil. 


Lune. 


^t 77-41.37 

P -  8,6 

p H-      ^.11  ,5 


z 77.45.50 


z\  45 '25. 29 

p' —  38.34,5    (») 

p' ■+■        59,2 


^' 44.47.54 


Calcul  de  la  distance  apparente  des  centres. 

Dist.  des  bords 38.11,3- 

{  A|  réfracté '5.47 

^  A' réfracté 14. 55 

D]  distance  des  centres 38 .  4^ .  1 9 

Formule  de  Borda. 


^i 77.41.37 

z\ 45.25.?9 


p, 32. iG.   8 

D| 38.42.19 


D|  —  Pi 6. 26. II 

Dj-f-P' 70.58.27 


i(Dj— pi) 3.i3.  5,5 

î(Pi-+-P,) 35.29.13,5 


z 77.45.50 

^' 44.47.54 


p 32.57.56 

ÎP 16.28. 58 

logsinjp 9)4529009 

logsin'lP 8, 9058018 


(')  C'est  pour  le  calcul  exact  de  cette   parallaxe  qu*il  faut  tenir  compte  de 


l'aplatissement  du  globe  terrestre  (p.  288). 


400  LIVRE    VII.    —    CUAPITEB   XXXTIII. 

Formule  de  Borda, 

logsin^ 9,9900201 

logsin;;' 9,84795io 

CMogsinzi 0,0100957 

CMogsin^'j o,  i473>94 

9,9953862 

log  sini(D,  —  ?,) 8,749^613      logséc5> o,o73i5oi 

logsin|(Di-+-?0 9, 7638168       logsinl? 9,4529009 

CMogsin^? «  ,0951982      logsinj  D 9,526o5io 

loglangîo 9,6026625      |D i9*.37'.  ii'.î 

loglango. 9,8oi33i2       D 39*.  U'.m',  \ 

o * 32*i9'46',i 

Interpolation. 

Diff —  4,6  ^diCr  '   ^ 

h     ■    »  o  6628 

Hp 8.59.49,8  log4',6 


H 6.  o.  o 

L 20 .  0.10 


1,0093 
Nombre 10^,2 


Voyages  d'exploration  terrestre. 

Les  procédés  sont  ici  les  mêmes  qu'en  mer,  ainsi  que  les  instru- 
ments. A  la  rigueur  il  suflîrail  d'emporter  un  petit  sextant  avec 
une  petite  coupe  presque  plate  de  cuivre  argenté  et  une  petite 
Gole  de  mercure,  une  boussole  de  poche,  un  chronomètre  de  |>oclie, 
un  baromètre  de  poche,  un  ruban  métrique  et  un  carnet. 

On  vovage  aussi  par  estime  :  le  loch  est  remplacé  par  le  temps 
employé  à  parcourir  les  distances  avec  une  vitesse  supposée  con- 
stante et  connue,  celle  de  la  marche  au  pas  ou  Tallure  ordinaire 
des  montures.  La  boussole  donne  les  directions  et  permet  de  re- 
lever, de  diverses  stations,  les  points  les  plus  remarquables  en  vue 

Le  vovageur  terrestre,  comme  le  navigateur,  détermine  de  temps 
en  temps  la  colalitude  en  observant  le  Soleil  à  midi,  ou  quelque 
étoile  à  sa  culmination  pendant  la  nuit.  Il  détermine  l'heure  par 
une  dislance  zénithale,  et  la  longitude  par  une  distance  lunaîrr 


TOTAGBS   d'explorations    TERRESTRES  4oi 

OU,  si  la  lunette  de  voyage  est  assez  puissante,  par  les  éclipses  des 
satellites  de  Jupiter  ou  les  occultations  d'étoiles  par  la  Lune. 

On  rectifiera  de  temps  en  temps  la  boussole  en  comparant 
Tazimut  magnétique  d'un  point  de  Thorizon  avec  son  azimut 
astronomique.  Pour  cela  il  suffira,  si  l'heure  et  la  colatitude  sont 
connues,  de  mesurer  au  sextant  Tangle  compris  entre  l'objet  et  le 
centre  du  Soleil,  et  de  réduire  cet  angle  à  l'horizon. 

Le  baromètre  donnera  un  nivellement,  bien  imparfait  sans  doute, 
faute  d'observations  correspondantes  en  un  point  connu  ;  mais,  si 
l'on  voyage  dans  les  pays  chauds,  où  les  variations  de  la  pression 
atmosphérique  ne  sont  pas  aussi  marquées  que  chez  nous,  l'erreur 
ne  sera  pas  considérable,  surtout  si  l'on  a  soin  d'éviter  les  mo- 
ments de  perturbation  brusque  de  l'atmosphère  et  de  noter  les 
heures  pour  être  en  état  de  tenir  compte  de  la  variation  diurne. 

Enfin  on  consignera  sur  le  journal  de  voyage,  à  côté  des  obser- 
vations astronomiques,  des  directions  suivies,  etc.,  on  notera, 
dis-je,  les  accidents  de  terrain  et  on  y  tracera  autant  que  possibhr 
des  croquis  panoramiques  de  l'horizon. 

Le  mieux  serait  sans  doute  de  calculer  immédiatement  les  obser- 
vations, à  l'aide  de  feuilles  détachées  de  la  Connaissance  des 
Temps  pour  l'année  courante  et  d'une  petite  Table  de  logarithmes. 
Cela  n'est  pas  toujours  possible;  mais  alors  on  s'astreindra  à  con- 
signer sur  le  registre  toutes  les  circonstances  qui  seront  de  nature 
à  aider  plus  tard  le  calculateur. 

Dans  certains  cas,  lorsqu'on  tient  à  bien  déterminer  certains 
points,  on  effectue  au  sextant  une  sorte  de  triangulation  qu'il  faut 
appuyer  sur  une  base.  On  mesure  la  base  avec  des  règles  qu'on 
étalonne  au  moyen  du  ruban  métrique.  On  a  même  réussi  à  s'en 
procurer  d'assez  longues,  de  3ooo"^  par  exemple,  par  la  vitesse  du 
son.  On  fait  tirer  un  coup  de  fusil  à  l'une  des  extrémités;  à  l'autre 
l'observateur  note,  sur  sa  montre  à  secondes,  l'instant  où  il  voit  la 
flamme  et  l'instant  où  le  son  lui  parvient. 

Dans  une  excursion  rapide,  les  points  déterminés  astronomique- 
ment  ne  se  présenteront  sans  doute  qu'à  de  grandes  distances.  C'est 
par  l'estime  seulement,  c'est-à-dire  par  des  journées  de  marche 
et  des  directions  observées  à  la  boussole,  que  l'on  devra  remplir  les 
intervalles.  Chaque  itinéraire  partiel,  partant  d'un  point  connu  A 
ifiS'  84)»<^o"ipoi'^6^6s  erreurs  assez  fortes  qui  se  décèlent  lorsqu'on 
II.'  aG 


402  LIVRE    VII.    —    CHAPITRE    XXXVIII. 

le  reporte  sur  le  papier,  par  Pimpossibilîté  de  cadrer  avec  le  poioi 
d'arrivée  B,  que  je  supposerai  aussi  bien  déterminé  que  le  premier. 
Il  faut  opérer  là  une  sorte  de  compensation  des  erreurs.  Le  pla* 
simple  procédé  consiste  à  diviser  l'itinéraire  AB  en  deux  partie- 
équivalentes  comme  exactitude,  et  à  reporter  chaque  tronçon  sur 


IVWWV.  k'.\\VV>' vvvv^v» 


la  carte,  en  partant  des  deux  extrémités  bien  détciminées.  On  ob- 
tiendra ainsi,  pour  le  milieu  de  la  route,  deux  déterminations  dis- 
cordantes C,  D,  entre  lesquelles  on  prendra  un  milieu.  Il  ne  restera 
plus  qu'à  dessiner  de  nouveau  les  deux  trajets  de  manière  à  les 
faire  passer  par  ce  troisième  point,  en  altérant  le  moins  possible  les 
distances  et  les  directions. 

Si  l'expédition  dispose  de  plus  de  temps  et  de  ressources,  je 
conseillerai  de  substituer  au  sextant  le  petit  théodolite  de  vovage  de 
M.  d'Abbadie  (voir  la  /?g^.  85). 

Avec  un  pareil  instrument  on  peut  entreprendre  des  opérations 
de  Géodésie  expédilive  en  tout  semblables  à  celles  qui  ont  permis 
à  notre  célèbre  Vovageur  de  faire,  à  lui  seul,  en  quelques  années,  une 
(>arte  remarquablement  exacte  de  Tempire  abyssinien.  Au  lieo 
d'un  simple  itinéraire  dont  les  directions  ne  se  relient  que  par  des 
azimuts  observés  à  la  boussole,  le  théodolite  permet  de  procéder 
par  une  véritable  triangulation,  accompagnée  de  la  détermination 
des  azimuts  des  cotés  principaux  et  d'un  nivellement  géodésique. 
Les  dimensions  de  l'ellipsoïde  terrestre  étant  parfaitement  connues, 
toute  mesure  de  base,  sauf  pour  les  détails,  serait   superflue.  H 


voTAOEg  D 'exploration  terbbbtue.  ^oi 

suffît  d'avoir  un  certain  nombre  de  points  bien  déterminés  par 
leurs  deux  coordonnées  géographiques. 

Tig.  85. 


L'emploi  du  théodolite  est  infiniment  plus  commode  que  celui  du 
sextant.  Les  angles  sont  tout  réduits  à  l'horizon;  la  direction  du 
méridien  et  l'heure  peuvent  être  obtenues  par  la  méthode  si  avan- 
tageuse des  hauteurs  correspondantes;  l'opérateur  est  autant  que 
possible  à  l'abri  des  accidents  de  son  chronomètre. 

M.  d'Abbadie  fait  même  remarquer  avec  raison  qu'il  est  très 
facile  de  se  passer  de  la  montre,  qu'un  accident  de  route  peut 
mettre  hors  d'état  de  servir,  et  d'obtenir  néanmoins  une  colatitude 
exacte  par  des  observations  circu  m  méridien  nés,  pourvu  qu'à 
chaque  mesure  de  distance  zénithale  de  l'astre  observé  on  lise 
l'azimut  correspondant  sur  le  limbe  horizontal.  Supposons  que 
l'origine  des  azimuts  ait  été  déterminée  d'avance  par  la  méthode 
des  hauteurs  correspondantes.  L'équation 

cosS  =  cosXcosj  — sinXsin^cosA 

donnera  la  réduction  au  méridien  par  la  formule  exacte 

sini(=-=,„}^ 


4o4  LIVRE    VII.    —   CHAPITRE    XXXVIII. 

oUi  quand  A  est  petit  et  exprimé  en  minutes  d'arc,  par  la  formule 

approchée 

I  sînX  sîn^     A' 


'm 


1       sinS       3438' 


J'ajouterai  que,  même  sans  montre,  il  n'est  pas  impossible  d'ob- 
tenir la  longitude  par  l'azimut  de  la  Lune  ou  par  une  éclipse  de 
satellite  de  Jupiter.  Considérons  ces  deux  cas  et  supposons  que 
l'observateur,  après  avoir  disposé  son  théodolite,  observe  à  l'aide 
d'une  autre  lunette  portative  plus  puissante  que  celle  de  cet  in- 
strument une  éclipse  de  ce  genre,  ou  même  une  occultation 
d'étoile.  Au  moment  où  l'astre  observé  disparaît,  il  compte  zéro: 
puis,  mentalement  ou  à  haute  voix,  il  continue  à  compter  en  cadence 
1 ,  a,  3,  .  • . ,  jusqu'à  ce  qu'il  ait  pointé  la  lunette  du  théodolite  sur 
l'étoile  choisie  pour  donner  l'heure  par  sa  distance  zénithale.  Il 
sufBra  de  retrancher  de  cette  heure  le  nombre  de  secondes 
écoulées  entre  les  deux  observations.  Un  observateur  exercé 
parviendrait  ainsi  à  compter  assez  régulièrement  pour  ne  pas  se 
tromper  d'une  demi-seconde  sur  une  minute  entière.  L'instrument 
le  plus  commode  dans  un  voyage  terrestre  est  donc  le  petit  théo- 
dolite. Nous  recommanderons  seulement  à  l'observateur  d'abriter 
l'instrument,  le  niveau  surtout,  au  moyen  d'une  boîte  en  carton 
blanc  lorsqu'il  opère  sous  les  rayons  du  Soleil. 

Le  seul  désavantage,  celui  de  ne  pouvoir  mesurer  les  distances 
lunaires  pour  la  détermination  des  longitudes,  sera  amplement 
compensé  par  l'emploi  d'une  autre  méthode,  celle  des  ascensioD<» 
droites  absolues  qu'on  obtiendra  par  l'observation  des  hauteurs 
correspondantes  de  la  Lune,  alternant  avec  celles  de  quelque^ 
étoiles  voisines. 

Le  seul  défaut  de  l'instrument  de  M.  d'Abbadie  consiste  dan» 
la  suppression  qu*il  a  cru  devoir  y  faire  des  vis  de  rectiGcation  des 
niveaux.  Il  serait  bon  de  les  replacer,  d'autant  que  ces  vis-là,  re- 
tenues par  des  ressorts  antagonistes,  ne  risquent  pas,  comme 
les  autres,  de  se  desserrer  et  de  se  perdre  en  voyage. 


TABLEAU  DU  SYSTÈME  SOLAIRE 


ET 


TABLES  NUMÉRIQUES. 


TAB  LEAU  DES  PRINCIPAUX  ÉLÉMENTS  DU  SYSTÈME  SOLAIRE. 

I.  —  Grandet  planètet. 
Époque  :  i"  janvier  i85o  (*). 


ROM. 

HOTE!! 

mouTein«nt 
diarae. 

DURÉE 

de  la  réToInlloQ 

stdérale. 

DISTAJICB 
moyenne 
•u  Soleil 

EXCERTBI- 
CITÉ. 

Mercure 

Vénus 

La  Terre 

14732,4194 

5767,6698 

3548,1927 

i886,5i84 

299,1284 

120,4547 

42,23lO 

2i,535o 

87,9^258 
224,700787 

365,256374  ('; 

686,979646 
4332,588171 
10759,236360 
3o688, 39036 
60181, ii3i6 

0,3870987 
0,7233322 
I ,0000000 
1,5236913 
5,202800 
9, 538861 

19,18329 

3o,o55o8 

0 , 2o56o48 
0,0068433 
0,0167701 
0,0932611 
0,0482519 
0,056071 3 
0,0463402 
0,0089646 

Mars 

Jupiter 

Saturne 

Uranus 

Neptune  

NOII. 

LO!tGITl'DE 

du 
périhélie. 

LOXGITODB 

moyeane 

•a  i*'JanTle   i8so 

à  Btdl  moyen. 

LOïlGITUDE 
nœnd 
atcendanl. 

ISCLlMAISOIf. 

Mercure 

Vénus 

75.    7.14 
129.27.15 
100.21.22 
333.17.54 

11.54.58 

90.  6.38 
170.50.  7 

45.59.43 

327.15.20 
245.33.15 

100.46.44 
83.4o.3i 

160.    I.IO 

14.52.28 

29.17.51 

334.33.29 

y     1     H 
46.33.  9 

75.19.52 

0.  0.  0 

.  48.23.53 

98.56.17 
112.20.53 

73.13.54 

l3o.    6.23 

7.  0.  8 
3.23.35 

La  Terre 

0.  0.  0 

Mars 

Jupiter 

Saturne 

Uranus 

Neptune 

i.5i.  2 

1.18.41 
2.29.40 
0.46.20 
1.47.  2 

HOll   (*). 


Soleil 

Mercure . 
Vénus — 
La  Terre. 
Mars.  .. . 
Jupiter . . 
Saturne  . 


Uranus . . 
Neptune . 


8E!(S 

de  la 
roUtloD. 


Direct. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 
Id. 


Rétrograde. 
Id. 


DURÉE 

delà 

rolatloo. 


h     m    • 
25.   0.   o 

0.24.  I 
0.23.25 

0.23.56 
0.24.37 
o.  9.5i 
o. 10. i4 


? 
? 


DIAMÈTRE. 


108, 56 
0,37 
1,00 
I 

0,53 

11,06 

9,3o 


3,86 
3,80 


MASSE. 


3240000 
0,06 

Ow9 
I 

0,11 

3o8,99 

9»'9^ 


i3,52 

22,53 


DF.!(81TÉ. 


0,25 

0,81 

1 

0,71 
0,24 

o,i3 


0,23 

o,4i 


pbsà:<tbcii 

«la 

•ur(ace. 


27,63 

0,44 
0,80 

1 

0,38 

2,25 

0,89 


0,91 

1,56 


(I)  Durée  de  l'année  tropique  .  365j,24aai66.  —  (a)  Les  nombres       ce  Tableau  répondent  à  la  parallasr 
du  Soleil  €',86,  adoptée  dans  V Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes. 


\*)  t'après  Ic3  Tables  de  M.  leVrrrlrr. 


4o8 


PAINCIPÀUX   ÉLÉMENTS    DU    ST8TÈ1IB    80LAIAB. 


n.  —  Extrait  éa  Catalogne  dat  patitat  plasétaa  drcolaat  astra  laa  arfeittt 

da  Mars  at  da  Ji^îtar. 


1  Céres 

2  PalIasC;.. 

3  JanoB 

4  VesU 

8  Flore (»)... 

80  Sapho 

86  Sémélé | 

96  Églé I 

1S3  Hilda(')... 

183  Istrîa  (•)•••: 

217  Eadore 

250        >      I 


■OTCS 
VCMMl 

tflWM. 


77>»78oo 
:«8,9H58 
814,0766 

977.6698 
1086, 33io 
1019,7815 

647.964» 
666,3189 

43i,38o3 

756,38 

665.^ 

9^2.89 


4»ta 

rcf*l«tiMi 

sMènl*. 

i68i4«4 
1685,337 

1591,988 

i335,6oi 

1193,006 

1*70,861 

3000,111 

1945,306 

2869,933 

«7i3.43 
1946,63 
i36o,o8 


wrtÂTUX 
S«l«il. 

3,767365 

3,77i568 
3. 66^356 
3, 361618 
3,301 387 

a»^«47 
3,1067^3 

3,049718 

3,953381 

3,80337 

3,o5iii 

3,40339 


E1kGC!iTmlCnt. 


0,0763067 

0,3384718 

0,3578570 

0,0884191 

0,1567041 

0,3001047 

o, 3163683 

0.1404769 

o, 1721306 

o,353oii 

0,340769 

0,394513 


til  La  ptm»  iiaaéi  iadiraiioa    ~  •*>  La  plu  pefii«  distaare  as  S«lc<l   —  a  La  H** 
as  S«l«il  —  <i)  La  H«*  fTa34«  «imiriril*   —  j  La  p^m  cMrt*  4ista»c«  a  la  Tem. 


I 


?»oa. 


1  Ore>-. 
?  Pallas. 

3  Junon . 

4  Vr>u.. 
8  FloiT..' 

80  Sapho. 

86  S^mêlè. 

96  Ê?lé... 
153  Hilda.. 
183  l5tria.. 
•  17  Eudorc. 
^20      . 


ÉroocL 


>7,.QV, 

87J.>i33 

s  Ô.910 
8-3.1-3 

é       '       » 

8-S.iio 

â 


LO^crrTBC 
périkHw 


>  19-  ^7-4v* 

5  J .  >3 . 1  s 
>>o.y>.5i 

355. 18.16 

16J.    9.59 

i85. 46.39 

41.59.36 

307.  9.58 

^22.^.39 


L03IClTr»C 


I 


l«>3     23.     3 

6-. 35. 18 
17  "-27 
67.it    55 

t».^9.    D 

61. 38. 54 
109.59. 17 
i:». 14.47 
334.30.48 

99  »»  4» 
3i-.  5-   o 

370.31.33  I 


L03IClir»C 


No.  4*^. 
1-2.'/». 
1-0. S3. 
io3.  >»>. 
110  17. 
1,8. ni. 

.*•!'*■ 

323. 49. 

228. IM 
I4î.  jf». 

«'^i.   7- 
260 . 3Ô . 


3., 

•  *» 

3  > 

21 
i3 

\\* 
9 
I 

4  t 
42 

3 

«9 
^7 


ixcuxAisoa. 


10.37   10 

.•î'i.;!.3i 

1 3 .     I  .  23 


7-  7-^* 
5.33,  8 

s.  Vj.46 

4-17" 
16.  6.47 

7  >i.43 
26.  to.io 
II.   6.22 

6.45.  8 


SATELLITES. 


409 


m.  -  SatelUtes  ('). 


SATELLITE  DE  LA  TERRE. 
Ëquinoxe  et  écliptique  moyens  da  o  janvier  i85o. 


N. 

t.. 

e,. 
a . 
T. 


122.50.55 
i'|6.ij.4o 

99.5i.52 
5.  8.48 

0,054908 
60,273 
27,321661 


Rotation.. 
Diamètre . 
Masse .... 
Densité.. . 
Pesanteur 


27,321661 
0,273 
o,oi3 
o,6i5 

0,174 


SATELLITES  DE   MARS. 

Équinoxe  et  écliptique  moyens  de  1878,0.*  Époque  1877,  août  28,0. 


PHOBOS. 

DEIMOS. 

î, 

0        1 
319.41,6 

82.5t,6 

4.13,9 
26.17,2 
o,o32o8 

2,771 

0,318924 

0       t 

38. 18,7 

N 

85.34,4 
357.58,4 

25.^7.2 
0,00074 

6,021 

0 

• 

1 

e 

a 

T 

1.26243 

SATELLITES  DE  JUPITER. 

Équinoxe  et  écliptique  moyens  de  i85o,o.  Époque  i85o,  janvier  0,0. 


L 

N 

CJ 

I 

e 

a 

T 

m   en  parties  de   la 
masse  de  Jupiter. . 


I. 

54 

o 


148.43. 

335.45. 


// 


2.  8.  3 

5,933 
1,7691378 

0,000016877 


II. 

.    14.20.  6 
336.55. 16 
// 

1.38.57 
ff 

J»43q 
3,55ii8ii 

0,000023227 


III. 

o  I        g 

37.  7.33 

3^1 .3o.23 

235. 18.32 

I .59.53 

o,uoi3i6 

I 5,057 
7,i54553i 

0,000088437 


IV. 

164.12.59 

344.56.46 

202.40. 56 

1.57.  o 

0,007243 

26,486 

16,6890185 

0,00004  2 '175 


SATELLITES   DE   SATUR.NE. 


Equinoxe  moyen. . . . 
Époque 


L. 

N. 

a. 

i. 

e. 

a. 

T. 


MIMAS. 


1857,0 

1857 janv.  0,0 

o 

208 

if 

ff 

ff 

if 

3,11 

0,942424 


E!(CCLADE. 
1807,0 

1857  janv.  0,0 
3oo.i3 

N 

// 

» 

3,99 
1,370217 


TUÉTIS. 


1857,0 

1857 janv.  0,0 

o      / 

280.28,5 
167.37,3 

30l  •29.'7 

28.10.4 
0,01086 

4»93 
1,887804 


D10:«ÉB. 


1857,0 
1857 janv. 0,0 

114. 39. 3 
167.37,3 
33t. 20, T 

20.10,4 

o,oo3io 
6,35 
2,736916 


\t)a  Ml  ««priDié  en  rayons  équatoriaux  de  la  planèle,  T  an  Joura. 


4io 


PRINCIPAUX  ÉLÉMENTS  DU   STSTÈMB  SOLAIRE. 


SATELLITES  DE  SATURNE. 


BOÉA. 

TITAX. 

BYPÉRIOX. 

txruKT. 

Équinoxe  moyen 

ÉDoaue 

1857,0 

1807 jaov.  0,6 

1857,0 

1857 janv.  0,0 

1875,0 

1875  août  34,0 

1807,0 

1867  janv.  0,0 

M^^V\^\M\, 

L 

0    / 
288.12,5 

167.19,5 

17.40,5 

28.  8,1 

0 , 00080 

8,82 

4,517493 

0    / 
299.34,0 

167.58,6 
89.  8,3 
27.36,6 

0,027937 

20,49 

1 5, 945403 

0    1 
161. 10,3 

167.51,6 

357.  5,9 

38.10,3 

0,135 

34,81 

31 ,3ii3 

0    , 

78.  7.» 
143.   1,3 

N 

o 

306.18.*: 

1 

18.37,9 
0,028443 

59,64 
79,33936 

e 

a 

T 

ANNEAUX  DE  SATURNE. 
Époque  1880,0. 

N  ^  i67'>55'6',     i  -  38«io'i7',    T  r-.  io''33-i5'. 

RayoQ  iotérieur  dut*'  anoeau 1 ,  482 

Rayon  extérieur  »  1,916 

Hayon  intérieur  du  3*  anneau 1 ,962 

Rayon  extérieur  •  2,339 


SATELLITES   d'uRANUS  (RÉTROGRADES). 
Équinoxe  et  écliplique  moyens  de  i85o,o.  Époque  1871,  décembre  3i,o. 


L.. 

N. 
CI  . . 
!..  . 

e.. . 
a  . . 
T. 


▲  RIEL. 


i53.   I 

167.20 

196.26 

97.58 

0,020 

;»  y* 
3,52o383 


t'MBRIEL. 


o       / 
275.    9 

164.  6 

158.33 

98.21 

0,010 

10,76 

4, .4418. 


TITAMA. 


20.26 

i6j.32 

93.33 

97-47 
0,00106 

17,65 

8,706897 


OBEJU>5. 


3o8.3i 
165.17 

149.46 

97M 

o,oo383 

33,60 

13/463269 


SATELLITE  DE  NEPTUNE  (RÉTROGRADE). 
Équinoxe  moyen  de  1874,0.  Époque  1874,  janvier  0,0. 


COUéTES  PÉRIODIQUES  DONT  LE  RETOUR  A  ÉTÉ  ORSBRVÉ.     4' > 

IV.  —  Comètes  périodiques  dont  le  retonr  a  été  observé. 


1 
2 
3 
4 
5 
6 


8 
9 


NOMS 
des  comètes. 


Encke 

Tempel . . 
BrorseD  . 
Winneckc 
Tempel. . . 
D'Arrest . . 
\Biéla  (»)  . 
Biéla  (')  . 

Faye 

Tuttle 


10  iHallej 


JHalley  (  ;.. 


ÉPOQUB 

p 

du  passage  au  périhélie. 

1878. 

Mai  30..   , 

h     m 
10.33 

1878. 
1879. 

Sept.  7 . . . 
Mars  3". . 

5.54 
2.   0 

1880. 

Dec.  4.... 

8.i5 

1879. 

Mai  6 . . . 

33.45 

1877. 

Mai  10 . . 

8.  8 

1852. 
1852. 
1881. 

Sept.  33.. 
Sept.  32.. 
Janv.  3>. 

17.14 
33. 5i 
16.  7 

1871. 

Nov.  3o . 

33.30 

1835. 

Nov.  i5.. 

o.i5 

1910. 

Mai  a4  . . 

.       8.53 

DISTAMCE 

périhélie. 


0,33344^ 
1,339549 

0,589892 

o,83o569 

1,769381 

i,3i8o88 

0,860161 

0,860592 

1 ,738140 

i.o3oii 

0,58895 

0,587098 


DISTANCE 

aphélie. 


4,087937 

4)663725 

5,612868 

5,573387 

4,820993 

5,764689 

6,167319 

6,19687', 

5,970090 

10,4829', 

35,4ii2i 

35,223817 


EXCEIfTRr 
CITÉ. 


0,8491669 

0,5537271 

0,8097968 

0,7406075 

0,^4630/107 

0,6278048 

0,7552007 

0,7551187 

0,5490171 

0,8210540 
0,9672807 
0,9617332 


îl^. 


1 

2 
3 
4 
5 
6 


8 
9 

10 


LO^tClTCDB 

du 
périhélie. 


158.19.41 
3o6.  7.. ^2 
116. i5.  3 
276.43.22 
238.ii.3o 
319.  9.15 
109.  5.20 (') 
io8.58.i7(') 

50.48.47 
116.  4*36 
3o4. 31.42 
3o5.33. i4 


I 


LONGITUDE 

du  nœud 
ascendant. 


334.39.10 

121.   0.47 

101.19.16 

11 i.3i.   5 

78.45.37 

146.   9.28 

245.49.34 

245.58.29 

209.35.25 

269.17.12 

55.io.i5 

58.10.33 


INCLI.NAISOR. 


i3.  6.40 
12.46.  2 
29.23. 10 
11.16.45 
9.46.32 
15.43.  9 
12.33.28 
i2.33.5o 
1 1.19.40 
54 . 1 7 .  o 
17. 44*53 
17.46.51 


DORÉE 

ÉQl^lNOXB 

de  la 

moyen. 

révolution 

sidérale. 

ans 

1878,1 

3,287 

1878,2 

5,200 

1878,2 

5,462 

1880,9 

5,730 

1879,0 

5,982 

ï877>7 

6,644 

i853,7 

6,587 

6,629 

1881,0 

7,566 

1871,9 

i3,8ii 

i835,9 

76,37 

1910,4 

74,5 

(0  g 

*         9 

o 

a 


D. 
D. 
D. 
D. 
D. 
D. 
D. 
D. 
D. 
D. 
R. 
R. 


(I)  t*'  noyau,  plus  horéal. 
(  a  )  a*  noyau,  plus  austral . 
(3) D'après  les  calculs  de  II.  de  Pontécoulant. 


4ia 


PEINCIPAUX  éLéMBNTS  DU  STSTàMB  80LÂIBB. 


V.  —  Catalogne  des  orbites  des  comHes  obsexrées  jusqu'en  iSSi. 


vr 


1 
2 
3 
4 

5 
6 

7 
8 


de  l'apparition. 


371  ar.  J.-C. 

.37 

13 

66  ap.  J.C. 
14. 
.78 
ai8 


FASSACB 

ai 
périMIla. 


9 

340 

10 

295 

11 

45i 

12 

539 

13 

565 

U 

568 

15 

^75 

10 

760 

17 

770 

18 

837 

19 

96. 

20 

989 

21 

1006 

22 

1066 

23 

1092 

24 

1097  I 

25 

1145 

26 

I23l 

2:  1.64 

Î8  1299 

29  i3oi  I 

30  i337  1 

31  ji35i 

3^ii36j  1 

33  i366 

341378 

35  i385 

Hiver 

29  aTTÎl  . . 
Juillet.... 
9  octobre, 


:4  jaoTier 


LO!ICIT. 
d« 

pérlhélia. 


o       o 

i5o-3io 
23o 

3oo-33o 
280 


325.  o 
25i.55 
290 


271 


m 

3i3.3o 
84 

3i8.35 
143.39 

m 

289.  3 
268.  3 
264 

3o4-3o5 
26^55' 
I 56 . 20 
332 . 3o 


29  mars 

Corom.  de  sept.. 

6  avril 

10  novembre 

Vvril  I  ±: 

>  juillet 

!i  octobre 

12  juillet 

19  aoûL 

7  avril 

12  juin 

7  Jain 

I  mars 

30  décembre 

12  septembre 

!2  mars 

I  avril 

i5  février 

il  septembre  . . . 

19  avril '       m 

io  janvier 13^.48 

•o  juillet »oo.29 

»i   mars 3. 20 

»4  octobre ;i2 

i5  juin 2.10 

»6  novembre. ...     69 

1 1  mars M9 

i3  octobre 66 

y\  novembre 299. 3i 

16  octobre 'oi.'i-  1268. 3i 

I  ' 


L03ICIT. 

IXCU- 

do  nœvd 
aacaad. 

VAKO!l. 

0      • 
270-330 

0 

>3o 

220 

30 

i5o-i8o 

70 

28 

10 

t 

32.40 

r 

40. 3o 

12. 5o 

17.  0 

190 

18 

0 

m 

189 

1 1 
44 

rt 

m 

rt 

m 

58-238 

10 

ID9 

61 

194.15 

4.  8 

128.17 

46.3i 

m 

m 

90.59 

61.49 

Î06.35 

IO-I3 

33o.35 

79-33 

84 

'7 

38 

17.30 

25. 5o 

17.  0 

i'>5.  fO 

28.55 

>07 . 3o 

73.50 

rt 

m 

i3.3o 

6.   5 

140.55 

16.29 

107.  8 

68.57 

i38 

i3 

93.    . 

40.28 

iad'tera 

•  3j*tera 

^49 

21 

112 

6 

47 


MfTAI 
pêrikéUa. 


17.56 
52  - 1 5 


:rès  petite 
1 ,01 
Oy8o 
0,57 

0,445 
0,730 
0,5 

m 
0,373 


0,341 

0.77 
0,907 

0,963 

m 

0,643 

o,S8o 
o,553 
o,568 
o,>83 
0,730 
0,928 
0.738 
f* 

0,9^8 

0,S25 

o,3i8 

0,64 

0.S28 

1 ,0 

o,4>6 

o.ç^S 

o,S33 


0.774 


R 
R 
R 
R 
R 
R 
D 
D 
» 
D 
D 
R 
R 
R 
D 
R 
D 
R 
R 


I,  peut-^tre  identique  avec  comète  1843  1.  —  4,  5,  6,  8,  10,  11,  16.  20,  2j, 
35,  39,  probablement  des  appariUons  de  la  comète  de  Halley.  —  34,  appan- 
tion  de  la  comète  de  Hallej. 


I 


CATALOODK  GÉNÉKAI.  DUS  COMÈTES.  4l3 

-  CaUlogs*  dsi  orbitas  dai  eomètai  obierréei  jniqn'an  iSSa.  (Siiii«.) 


LO..,t. 

LO,.,T. 

M 

u- 

ptrJbélll 

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Pé.w«.. 

161"    .' 

1.0.   9 

T7°"'.' 

0.3,0 

60 

.43 

75.30 

0,l5 

3ai.   0 

48. 3o 

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D,586 

q.-So 

lis.  à 

10.30 

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.^ 

a5 

ï5 

o,3i 

356.  3 

61. iS 

4i.io 

0.853 

4H.  J 

a07.j2 

1.55 

0.565 

58.40 

388.43 

5i.3; 

0,738 

..3 

16S 

75 

0,755 

3j6.3o 

0,954 

ago 

3io 

7à 

'.'. 

.bo.Ji 

i3].Jo 

4j    . 

o,38S 

3o,.3q 

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o,567u 

3,7.40 

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199.19 

43 
38 

37 
'1 

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0.4S8, 

.04..J 

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0.1038 

"74. iS 

■75. î6 

3o 

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331.3G 

73 

0,5773 

..-,.4. 

l5.30 

ib 

o.,77i 

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19.  7 

ei4 

3i 

0,6033 

lâG.ij 

3,9. ■» 

60 

4- 

0,1 683 

q.li 

37.44 

ti 

5 

.,0954 

2,7.il 

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39 

3(1 

0,56,7 

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■64. .5 

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o.oSg, 

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333. ïi 

âi 

S8 

0,5673 

300-47 

3>8.>o 

3.  5 

48..', 
Î9Î.15 
75.4', 

•7 
37 

38 

0,5843 
0,5. 3o 
o,389r. 

38.  iq 

88.10 

79 

2» 

o,Sl75 

..S  .S 

8..S4 

0,443: 

■30.43 

ni. y, 

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338.    1 

76 

18 
5 

.,0355 
O..065 

40.  c, 

.q3.3G 

37 

7 

0,35ll 

177.  a 

3i,.,7 

3:1 

58 

0,0047 

4ti.SK, 

3,7. Jo 

8i 

0,6974 

.37.37 

33a. 49 

79 

3 

o,38o<i 

9  dâcenibrr. . , 

9  juin 

4  septembre . 

e  août 

.468  II  7  octobre 

1473  38  riivrier 

i4  décembre. . 

i4gi  5  janvier 

'499  7  Kplcmbre  . . 

n  ma' 

Mptembrc  . . 


8  octobre. . 
8  février., 
.g  juillet.. 
35  j 

37  0 

.7  a 

8  novembre 

i3  novembre. 

4  dicembro.. 

î5  Kvricr. . 
19  février.. 
:  .673 

I  .677 

43,  44,  les  éléments  pcment  se  rapporter  à  la  mime  comile.  —  48.  60,  co- 
mité de  Hilley,  —  5o,  orbite  fort  inccrtaioe.  —  67,  orbite  fort  ioccrlaine  ; 
pourrait  itre  ideolique  svec  iBSi  H  ou  avec  .843  I,  1880  II. 


l4  PKINCIPADl    AlÉKBKTS    OC    STSTBME    SOLAIBK. 

V.  —  CaUlftgve  dai  orbiUi  dn  comètM  ototarréM  josqi'aa  iS8i.  (Saite.) 


umc* 

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Loicn. 

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D 

71 

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i4  décembre.. 

,   .61.49 

175.  9 

60.  io 

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D 

72 

i63i 

13  seplembre  . 

.  10I.S6 

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R 

73 

■  6«3 

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.     S6.3i 

.73.18 

83. 4<* 

0.55 Ij 

R 

71 

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.    ,38.Si 

168. >5 
35Q.35 

3,.» 

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D 

75 

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D 

76 

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59.  5 

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R 

77 

-Sgi 

III  noTcmbre. . 

60 

]i6 

II 

o,8;i3 

D 

78 

.698 

ig  octobre.,.. 

.    ,-0.-31 

167.44 

...46 

0.69.1 

R 

79 

■699  1 

■  3  janvier.... 

.  .u.3i 

31..46 

69.10 

-.7  M» 

R 

80 

.70. 

17  oclobre 

.   .33.4, 

Vi' 

4-39 

«,5916 

n 

Ht 

.  ,38.47 

■  'W.Sg 

4.15 

o.fiJrtS 

D 

8Î 

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Jo  janvier.... 

■     7ï-»9 

.3.11 

55..  i 

0.1 i5« 

II 

B3 

■  707 

.1  d.^mbrc.. 

79-55 

51.47 

88.36 

-.8597 

h 

81 

171S 

.5  janvier  .... 

.,..îo 

■17.5Ô 

3..  « 

i.oiî; 

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83 

T'' 

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.4.14 

5o.  0 

0.998a 

R 

86 

'7»9 

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3io.3e 

77-  5 

1.0(3. 

D 

87 

1737  1 

Jo  janvier.... 

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88 

.737  II 

8j»in 

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39-'i 

0.867a 

D 

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55.SJ 

0.67J6 

R 

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8  février 

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66.S9 

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8  janvier 

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1719  III 

17  décembre.. 

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79.5- 

i.5i 

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31«.33 

85.3» 

1.0090 

!• 

aj 

.-r.i 

.     «i.V, 

,56., i 

71. 3î 

".-..iSÎ 

n 

70.  ïilentiii^ie  avec  comète  d( 
ideDliqoe  aver  rom/'le  i$\i  I, 
di«Uoc«  périhélie  «oait«(.  — 
6,73  an*.  —  98.  nrbile  fo. 
de  Hallev.  -  -,.  -î.  ,0,.  nrbites 


'■ — 71,  coméle  de  Halter.  —  7-,  prai-étR 

>  II  M  avec  iSSi  tl.  —  fui.  U  ptu<  çnnit 

peut-être  identique  avei-  1819  .1.  prn<^ 

101,  ■'rrlonrpréJit  de  U  comilt 

'Ilipiîi'inM. 


CATALOGUE  CÉNÉRAL  DES  COMÈTES.  4lS 

V.  —  Catalogne  dsi  orl)itsi  des  comAtas  obiarrées  jniqu'en  1SS3.  (Suite.) 


1783 
,784  I 
178',  II 


178(1  II 
'7S7 


■797 


i  aoûl :tr7.i8 

F-vicr ,   87. ,4 

octobre /l'fi.SG 

M)  novembre....   t'fi.bi 

7  juillet .'!3i).ii 

;lo  novembre..    .1   lis.  3 


I  janvier... 

7  janvier... 

II  janvier... 
:  juillet 

0  novembre. 

■8  janvier... 

17  décembre. 

5  novembre.. 

novembre. 

décembre. 


■  M. 45 
Ï73.43 

36. 3o 
rSS.Sg 
118.43 

71.54 
■56.4i 
193.44 

49. S7 


lOTir.IT. 

•.»nd. 

"*"""• 

110°.  5' 

55°  55' 

0,555: 

.44,.. 
7'.-" 

4o,5o 
8.  1 

o,5oS3 
O.309O 

.,5.  4 

4o.4'i 

o,.ii8 

.31.59 

..34 

0,67 13 

.08.4» 
=7.51 
157. t6 

3i.îfi 

M.lS 

n.  3 

0,5381 
0,9034 
o,9n6o 

i-ji.  5 

(il. .4 

.,.169 

1S0.45 

35.  4 

,jï.4i 

83.50 
35, 3i 
5',.s3 
71.  3 

>,'|339 
0,71,35 
0,0963 
o.5i53 

83,  1 
77.  îî 

81.43 
17.13 

o,77i8 
0,9610 

55.40 

45.  7 

1,4593 

5fi.49 

5..  0 

0,7079 

35 

Si 

0.637 

6i.34 

87.3= 

0,4^73 

334.  8 

■  3.36 

o.3.3',8 

.91. ï3 

ao.5', 

0.4.01 

ro6,53 

48. .6 

„,3189 

11.58 

1  ,o63o 

355. j4 

6i,3o 

0,7573 

.76. lî 

3i,51 

0.7581 

367-  <. 

56,58 

i,o633 

34. M 

63.55 

0,7980 

.90.46 

3c,.  47 

..3930 

183..5 

49.  1 

«.9R63 

108,59 

Oo.î. 
5. .3. 

o,W4 
■.'■95. 

334.39 

.3.41 
6i.55 

0.3344 
T. 578. 

339.16 

5o.^. 

0.5566 

108,  période  5,o3  ans.  —  l'cut-étre  identique  avec  comète  de  Winneckc 
de  5,5  ans,  —  1  in,  la  cclèbre  comète  de  ].cxelt.  —  ii3,  i*"  apparition  con- 
nue de  la  comiiie  de  Biéla.  —  nr,  pr-riode  5.9  an».  —  m-j,  117,  orbites 
elliptiques.  —  .13,  l'p.  1-irbiies  peut-être  liyperUolique»,  ij'I,  runiLli!  de 
d'Angos,  très  inrtrliim^.  56,  1     apparition  de  la  cûniùtc<l'l£ockc,  3i, 

i"  apparition  de  la  comète  de  Tutlle.  —  i3<>,  période  ^n  ans.  —  i38,  appa- 


PBIXCIPACX    ÉLBMKKTS   PD    BTSTÉIIK   BOLAISB 

-  CaUlogn»  in  «rUtM  dM  cobMm  abMTTéM  jntqB'n  i88a.  (S«itc  ) 


-798  I 
1796  11 


■  8t8  I 
».9  II 
i8Hl  III 
1819  I 
■819  II 
S19  III 
■819  IV 

I   I 


U  «iril io(.59 

Il  jaarier  17511..  îi-i; 

7  septembre  . .    .  ï-io 

16  d^embrc 190-ïo 

9  août i»i.4i 

liD  scplrinlirt .    .  H^.  9 

.(  féTricr <i9-â'i 

I»  j"'i" «^■»* 

ig  décembre...  97-  ^ 
19  ïeptcnibrr  . , .  ï7«.J3 

■|3  mii 69,1! 

.1  Juilkl i".39 

■6  oclobrc 63-  9 

Il  septembre   ..    'S.   1 

1 15  septembrr  . . .    91.19 

i3  mars 69.36 

[19  "•»> ,'9:-4i 

16  iTril itg.  > 

Il  m*r> |>«7-M 

.î  lëmer 76. 1 S 

36  fêTrier iSi.^S 

5  décembre 101. âS 

.56.59 


J7  JM 


uillei.. 


mbre.. 


.187.  t 


■>""■ -9ï-ii 

7  juillet jiS.ÎJ 

i  oclobrc 171 'io 

1  juillel i6o.  17 


l'ig.Jo 
99-" 

Jio  16 


J».i9 
î',... 

i5.ÎJ 
Î9--0 

Ï06.53 

61.40 

.io->i 

73.  1 

93.  , 

31.17  ; 

ïiî.  . 

73.i- 

60. 18 

ï...i 

83..<, 

J1.3o 

il3.,3 

43.  à 

Si... 

■70.16 

89.  r. 

33',. 33  I   ,3.Î7   ' 


90. ij  : 
3o3.  3  ; 
ÎÎ4.19  , 


o.ioi4 
o,3i»)o 
o,SÎ67 


1)8.  iC5.  ippanlionjde  la  fromè 
piMile.  —  .49.  appsHlioDde  laeoi 
bite  elliptique.  —  i3'>.  période  87^ 
Période.  7>)  «j  aoi-  —  .61.  pourra 
■' apparilion  de  la  comète  de  \\  mai 
an%.        iS>.  173.  orbim  elliptiqn» 


(i'E«eke  71,  *a  première  appanti 
tede  BieLa.  —  iSj.  célèbre  comète,  i 
M.  ■  JT  période  70,68  ant.  -  i'. 
tire  idcDliqnc  aïec  187J  VII.  —  11 
e .  période  S,6i  ans.  —  ■  6$,  période  i , 


CATALOGL'If  (iÉNKRAt   DES  C0UÈTB9.  4>7 

-  Catalogua  du  orbital  das  comitsi  tîbstntn  jniqn'en  iSSi.  (Suite.) 


iVih  Jll 
18  w  IV 
iSjli  I 

■tJib  III 
iSj6  IV 
iBiS  V 


i8î- 


;  " 


iM35  1 
iHSS  ir 

iM33  m 

il^îo  I 
itlV>  Il 


17Ï.5 

,67. ,5 

.  3,8.i7 

■«9-49 

i[6.5g 

!  35.4» 

9  octobre S7-4t) 


mhi-c... 


5  févr 


i.3o 
.!  33. 3o 
■  '97 '3» 


6  nincnibrc..... 
0  scpliriiibre... 


.  îoi.îi 


■  6  dfcumlirc... 
^Td^ner 


LOS-IT. 

—  ^ 

:.mo:<. 

a79-'7 

55!  36 

10.  <> 

5G.4. 

■qi.5G 

89-41 

334.37 

■  3.1. 

S5...7 

33.33 
.3.3', 

197.37 
40.19 

4».  0 

44-  b 

i3J.  0 

89." 

.8i..8 

77.3ti 

3iS.iu 

43.39 

>i<,.3q 

54.  5 

33:(.3<. 

îo6.aa 

ji.iG 

337.53 

',4.45 

33',.  3. 

■  3.3i 

71.37 

43.19 

3^3.  9 

7.10 

..b.Vi 

5,57 

58.  lu 

9-  S 

334.35 

■  3.1. 

55.10 

.7.45 

334.37 

.3. a, 

1.9-58 

53.  G 

îï6,4u 

59..3 

j^8.56 

57.5; 

334-3'. 

■  3.'ji> 

101. io 

73.34 

■  .■5 

35.  Il 

■l^^So 

.1.13 

(i3.io 

1.55 

c.,8834 
0.344» 


0,3455 
0.9114 


0,3444 
o,586(i 
0,3440 


u,345o 
o.So',', 

■  ,tii61 
.,69" 


4l8  PBINClPAtlI    ÉLÉMENTS    DD   STSTBMB    SOLAIBE. 

V.  —  OUlogue  iai  oriiiUi  An  oométu  al>urt4«t  juqn'tB  iSSi.  <Sai(e.) 


w»   ' 

S" 

■lltUCI 

311 

U  L'tpHtllii». 

pirtMIH. 

DtnMIle 

tÈcnn* 

xaiao-i. 

""■""■ 

T*T  ' 

•8',i   II 

.7  oclobre 

180%  i' 

3. "39' 

4s".î(i' 

0,8553 

R 

212 

i8ii  m 

■  1  décembre 

î9«-  ' 

■■8.31 

45.3; 

0.15.3 

**      1 

313 

.815  1 

H  jadïier 

91.10 

Î36.44 

46.50 

o.9o5i 

U      ' 

314 

i8',5  11 

1.  jaaiicr 

■gl.33 

347-7 

56.  il 

'.ï5i7 

0      1 

3ia 

i8i5  11! 
18^5  IV 
■8',6  1 

(i  juin 

]6'i.  3 

337.49 
334.  :.i. 

!■■.    8 

I8.41 
■3.  8 

o,4oi'< 

R     1 

316 

10  août 

.57.44 
89.  6 

o,33H^ 

D      i 

217 

"i'n'icr 

47- >6 

,,4«o7 

l> 

318 

i8',e  II 

.  ■  février.   

.09.  3 

143.54 

.1.35 

0.8565 

U       . 

219 

■846  111 

35  février. 

■  16.18 

,01.4.       Ï0.56 

0.650. 

1> 

220 

■  8)6  IV 
i816  V 
i84S  VI 
■646  VII 

90.17 
81.33 

77.31  1  85.  6 

U.6637 

U 

331 

jg  mai 

.6.. ■g 
160. 19 
i6<.5. 

57-36 

1  ,Î7ti3 

n 

332 

î4o.  8 
■61.   1 

3o.i4 

i,3i8h 

223 

S  juin.!!!!!!!!! 

39- '9 

o,6334 

R 

224 

■846  VIII 

3ooctobn: 

98.36 

4.4. 

l9-l' 

n,83oi. 

t) 

325 

.847  I 

3a  mars 

>76.  1 

Ï..41      '.8.io 

o.,.iifi 

D 

326 

■84;  n 

5  juin 

..il. 34 

.73.56 

79-34 

>,><6. 

227 

.817  I» 

9  août 

ï^.i7 

76.43 

3i.3g 

..Wt 

228 

184:  IV 

9  août. 

i',6.4î 

338.17 

83. 16 

1.7^1 

320 

.B47  V 

■  0  »eplembre... 

79-" 

î-g-ig 

.9.  8 

o.\9-39 

330 

'8(7  VI 

■  i  novembre  ... 

>7i-.i 

,90.5o 

7.-33 

o.3»9i 

231 

.848  I 

8  seplembre.... 

3.0. 35 

1...31 

84-15 

0.3.99 

332 

.848  n 

a6  novembre.... 

■i7-47 

334.1. 

,3.9 

0,3370 

233 

.84^  1 

>9i"vier 

63.  il 

1.5. .3 

85.  3 

o.aV 

n 

234 

.819  It 
.819  1" 

j35. 14 

Ï01.33 

■■■Vil 

D 

s'juin. !!!!!!!!! 

167.  6 

3o.3i 

ii6.33 

P      ■ 

336 

iSSo 

'ijoill't 

J73.15 

91.53 

i;8..i 

■  ..j^.i 

D 

237 

.S.în  II 

i(|  octobn: 

89.. 3 

106.  0 

lo.  5 

o.56.Vi 

D 

238 

.83i   1 

1  avril 

49.4» 

109.3. 

■.700U 

D 

239 

9  j"'"'^' 

311.55 

,4«.ïl 

■  3.35 

'.1731 

n 

2» 
241 

.83 1  [II 

j8  août 

3.0.59 

338.  J6 

113.4. 

38.9 
74.    ■ 

o.9«43 
o,.4.o 

D 

■  8i<  IV 

,  «riobre 

41- »9 

II 

212 

.831  1 

Il  mars 

■57.51 

331.13 

■  3.   8 

{1,3.17-. 

11 

213 

.gSi  II 

ao  avril 

iSo.    ■ 

3.7.  8 

48.5i 

o.tiojo 

R 

241 

■83 <  111 

,î  septembre,. . 

.09 .  8 

iii.5^ 

o.Sûofi 

II 

•m 

.s:..  IV 

i3  uelobre 

43..  1 

346.. 0 

40.55 

.,a5«i 

II 

mi,  pcul-*tre 

denliijue  avec  ■5< 

96.  -  1.6,  î3î,  i4^FClo 

urs  <l«  1.  r 

mêle 

d'Encke.  -  a  ë 

retour  de  la   co 

mèie  de  Uiéla;   144,   so 

n   dernier 

camèle  de  Brorse 

n.  -  îîo,  pi^riode  73  an 

.  —  111,  p. 

nude 

11,8  ans.  —  aï3 

(HÏriode  3ao  an;. 

—  ÎI9,  période  71  ani. 

prédit  de  la  ror 

nèlc  de  Fave.  — 

iSg,  romèle  de  d  Xrreit 

—   »(5,  p. 

riude 

lin  an*.  -  m. 

■  7,  jîl,  ÎÏ7,  ii8. 

33,  i:i6,  îlo,  orbites  ell 

ptiqurs. 

CATALOOVB  GG:(ÉilAL  DES  COMKTBB.  4l9 

V.  -  Catalogne  dea  orbitei  dsi  com»t«a  obierréat  jnaqu'sn  iSSi.  (Suite.) 


„CL.- 

SES. 

AUXtt 

■ÎVi 

J>  L'UVUIUOII. 

vinbtiu,. 

l-ri^.... 

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îi  KvricT 

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It 

an 

248 

■833  11 
>S53  111 

101.45 

57"  i9 

«..30 

o,.joS6 

K 

1  septembre  — 

310.57 

.io.î. 

0,3070 

[) 

249 

iB53  IV 

17  octobre 

Ini.io 

mo.  3 

60.59 

a,.73<i 

It 

^50 

.834  I 

U-vier 

56.  7 

J'J7.  3 

66.  7 

■.,o4l7 

1) 

251 

iB54  II 

«i  m»" 

Q.3.4H 

3.3.,7 

8ï.33 

0.3770 

R 

îsa 

mi  111 

,73.  5 

347.40 

7'-«9 

o,6'(8, 

R 

253 

■8^4  IV 

iS  octobre 

9',-^i 

3.i.ï9 

40.55 

".7U87 

D 

234 

.834  V 

.B.U'ceml.re.... 

.(15.  9 

.38.  8 

.1-  9 

.,3575 

U 

255 

i855  I 

'.  Kvricr 

lïfi.38 

•89.45 

5..3Î 

a,,  9.15 

R 

25(1 
257 

137.41 
.5,.33 

160. .9 

ï3.  7 

0,5668 

R 

1^15  m 

.  juillet 

33^.3li 

.3.  8 

0,3371 

D 

258 

iB55  IV 

ib  novembre 

86.  1 

5.-3.1 

10.11 

,,t3ii 

R 

259 

185-  I 

3,  niurs 

7'. -44 

3,3-  9 

87.56 

0,77,5 

D 

2i» 

■857  11 

Jfl  '""" 

1.5.46 

, 0,-15 

■'9.4. 

,,,6.06 

D 

261 

1837  m 

.8  juillet 

■iig.îS 

ï3.4. 

58.58 

0,3675- 

R 

262 

1837  IV 

n't  aoùl 

^'■47 

,00.4... 

33.46 

o,7l68 

D 

263 

,857  V 

1  octobre  

.5o.  4 

.4-57 

56.3 

0,561.6 

n 

■ÎGl 

1857  Vi 

■9  novembre.... 

44.. 3 

.39.  "J 

■t7-4!l 

,,ooyo 

R 

■265 

.857  Vil 

j<l  novembre... 

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ellip- 

ilS  PBIXCIPADI    ÊLÉUENTS    DU    SïaTGHE    SOLAIRE. 

V.  —  Catalogua  dai  orliitas  daa  oomttai  abMiréei  Joiqu'en  1883.  (Suiie.) 


Î45 


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i3  octobre 


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0,3199 

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3.7.  B 

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0,8606 

4Ï..4 

346.10 

40.  5j 

.,l5oa 

îi5,  peut-dire  ijenliiiuc  avec  iSge.  —  3,6,  lîa,  i^i,  retours  de  la  com 
d'Encke.  —  3  ft,  retour  de  la  comâte  (te  Iliéla;  i44,  son  dernier  rcti 
observé.  —  3  9,  coinètede  Brnrsen.  310,  période  73  ans.  ^i,  [wri, 
.3,8  ans.  —  3i3,  période  .joo  itii,  —  339,  période  75  ans.  —  3 3 8,  ■"'  rct^ 
prédit  de  la  comité  de  Faye.  —  iSg,  coméic  de  d'Arresl.  —  il5,  période 
«o  an».  -  311,  117,  ll'i,  117,  338,  335,  336,  3'|0,  orbiics  elliptiques. 


GATALOOUE  GÉNÉRAL  DBS  COVATIS-  {ai 

V.  —  CaUlogns  dei  oiftiUi  dei  comitei  obierréei  jnsqa'en  i88î.  (Suite.) 


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1.8.41 


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1S7.15 


1871  IV 

1873  I 
1873  II 
1873  III 
1873  IV 
1873  V 
1873  VI 

1873  VII 

18741 

1874  II 

1874  III 

i«74  IV 

,874  V 
is-i  VI 

1875  I 
187S  II 

,8771 

1877  11 

,877  III 

1877  IV 

,877  V 

,877  VI 

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,879  1 
,879  II 
,879  m 

,879  IV 

,879  V 

t88o  I 
,880  II 


3i7,  33},  34.1,  retours  de  l>  comète  d'EDCke.  —  3iH,  344.  retours  de  la  1 
mète  de  Tempe]  1867.  —  3, 9^  3ii,  i*  comète  périodique  de  Tcmpel.  —  3 
retour  de  la  ^comète  de  Faje.  ~-^  3ï3,  34i,  retours  de  la  comète 
I.  ■..!•,.■  n  «  .         j^g^  période 


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iao  I-RINCIPAIH    ÉLiMBNTB    DU    BTSTàMB   SOLAtHS. 

V.  —  CaUlogne  dsi  orbital  dM  egmitei  otMarréet  luqa'sa  iS8i.  <Saite.) 


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1N7.  III 

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D 

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2!»i,  retour  Jl 
meiits  rcsscni 

la  roHiilc  dEa 
Icnl  i  ccui.  de 

ke.    —   afll,   pi-riuJi:  iij 
810.  —  ï.jH,  retour  de  la 

^d^ 

f 

-  ■  ïçH».  péri"  le  3 

3  ans.  —  3<>u,  pu' 

■i>de33.lians.  -  3d..  eo 

-  3o3,  retour  d 

U  comète  de 

Iruricii.   —  3o6,  retour 

de  Ja  CAD). 

WinoecU  (.«M, 

II).  -  3o-t.com 

te  périodiiiue  Tempel-S 
de  J-.\.rcit.     -   3.J,  corn 

«ift.  p^rlcrl 

cS,i 

iir  de  la  comctc 

Hc  du  Tutl 

.,,..  -f).î.  3,3.  .,r 

litfs  rlli|.li(niM. 

CATALOfilJE  GISNiRAL  DES  COHAtBS.  {ai 

V.  —  Catalogne  d«i  oititai  det  comitei  obiervéai  juqii'aii  iSSi.  (  Suiie.  ) 


I  iS^J  II 
t  i«73  III 
1873  IV 

:  1873  V 
i  1873  VI 

■  1873  VII 

'  '^74  i 

■>  .87!  Il 

■874  m 

'  187}  IV 
I  .87',  V 
'  187'+  VI 

.875  I 
:  1875  II 

:  ,877  I 

■  18-7  II 

'  .877  III 
'  1877  IV 

■  -877  V 

i  1877  VI 

I  1378  I 
>  1878  II 
■878  III 
'  'Bt?  i 

■•  .879  II 

1879  III 

I  1879  IV 
i  .87g  V 

'  1880  I 
;  18N0  II 
I  188a  m 


334.3', 

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18  juillei 


8;i.3o 

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■I  juiiici... 

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335.54 


0,6945 

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.,3437 
■,6836 

0,3849 

",77Ji 

0,0446 

o,8857 
.1,6758 


i,3i8i 
■,0718 
1,57») 
<.,333i 
.,39QO 
1.3395 
1..809S 
,,.87.0 
■.7694 
0,99.6 


3i7,  îîi,  14'>i  retours  de  la  comcle  d'Eocke.  - 
_i._  j_  .,- ■    n,-  ■>      1.     .,  ç„m^(j  p^ 

■   3ï3,   34î, 
i3i8  I.  —  3«8,  piriode  ig8,ti  aus.  —  33i, 
le.  —  336,  retour  de  la  comètr  de  d'Arresl. 
347,  grande  comète,  orbile  ellipUquc.  —  3îi,  3^7,  Sii,  339, 349  orbites ellipt. 


4*22 


PRINCIPAUX    ÉLÉMENTS  DU    SYSTÈME    SOLAIRE. 


V.  —  Catalogue  des  orbites  des  comètes  observées  iusqu'en  i88a.  (Suite.) 


350 
351 
352 
353 
354 
355 
356 
357 
358 
359 
3G0 
361 
362 
363 
364 


ANNÉE 

de  rapparltlon 


88o  It 
88o  V 
88o  VI 
88i  1 
88i  II 
88i  III 


88 1 

88 1 


IV 
V 


88i  VI 
88i  VII 

88 1  VIII 
8Ha  1 
88a  II 
88i  III 

882  IV 


PASSAGE 

an 
pérIhHie. 


•*  novembre 
()  novembre . . 
lo  novembre. 
•.<3  janvier  . . . 

(o  mai 

i6  juin  

■12  août 


i3  septembre 
l'j  septembre 
i3  novembre 

10  novembre. 

1 1  juin 

17  septembre 
>.]  septembre 
i3  novembre 


L0?(C1T. 

dtt 


u       t 
:|3.    5 

.<3i.  9 
163.30 

50.49 
Î00.14 
vi()5.  i3 
:Ui.  1 

.8.34 
?G7.5i 
i58.3o 

<)3.28 

53.55 
«76.35 
-j36.35 
354.45 


LONCIT. 
dn  ncruii 
«scend. 

o  ^   t 
•-«96. 5 1 

u57.36 

i49.36 

•Ï09.35 

126.31 

.170.58 

97-  7 
65.54 

274.12 

334 .  34 

181.20 

204 . 55 

3',5.54 

344.25 

^'49-  7 


l.*CCLl- 


OISTAHCE 


MAISON.  !    périhélie 


o       t 
5.23 

50.48 

60.41 

11  .20 

62.26 

39.44 

6.5i 
67.12 
12.53 
35. 1 1 
73.47 
38.  5 
28. 5o 

83.49 


1,0669 
0,3867 
0,6741 
1,7331 
0,5905 
0,7345 
0,6337 
0,7256 
0,4492 
0,3430 
1,9260 
0,0608 
0,0078 
0,0093 
0.9548 


SENS 

da 

moire- 

ment. 

D 
R 
I) 
D 
D 
D 
R 
D 
R 
D 
R 
D 
R 
R 
R 


35o,  retour  de  la  comète  de  Tempel-Swift.  —  353,  retour  de  la  comète 
de  Faye.  —  357,  période  8,8  ans.  —  359,  retour  de  la  comète  d'Encke.  — 
362,  grande  comète,  orbite  peut-être  elliptique;  363,  compagnonde  la  grande 
comète  1882,  orbite  très  incertaine.  —  355,  orbite  elliptique. 


ETOILES    PILANTES. 


4a3 


VI.  —  Principaux  essaims  d'étoiles  filantes  (*)  provenant  de  la  décomposition 

de  comètes  périodiques. 


DATE 

do  rtppaiition. 

COOBDON11ÉE8 
du  point  radiant. 

COMÈTE   PÉRIODIQUE 

oorrespondanto. 

Janvier  a-3 

0                     0 
JR  =  a38        6  =    45 

Avril  ia-i3 

273                  65 

Avril  i9-a3 

Id 

a67                 55 
a38                 93 
aa5                 38 
ao4                108 

I  de  1861. 

Id 

Id 

Juillet  aG-ag 

34a                ia4 

Août  9-14  (Perséidcs) 

Id 

43                 33 
345                 40 

agi              38 

9                '"9 

m  de  186a. 

Id 

Id 

Octobre  i9-a5 

Id 

74                 65 

95                 75 

lia                 61 

Id.            

Novembre  i3-i4  (Léon ides). 
Id.               

i48                 66 

53                 58 

279                 3} 

I  de  1866. 

Id.               

Novembre  a7-a9 

aS                  45 

Comète  de  Biéla. 

Décembre  6-i3 

io5   .              60 
»49                 49 

Id.            

(I)  D'aprto  V annuaire  du  Bureau  des  Longitudes. 


M 


CALCUL    DBS    0RBITB8   DES    COMETES. 


Tables  pour  le  calcnl  des  orbites  des  comètes. 


Table  1 

pour  transformer  les  heures,  minutes  et  secondes 
en  parties  décimales  du  jour. 


HEURF.9. 


I 

2 

3 


:> 
6 

7 
8 


PARTIES   DÉCIMALES. 

DECBES. 

o,oii66 
o,o8333 
o, i25oo 
o , I 6666 

9 
10 

1  I 

12 

o,2o833 
o,25ooo 
0,29166 
0,33333 

i3 

14 

i5 
16 

PABTirS  DÉaXALES. 


0,37600 
0.41666 

O, 45833 
o,5oooo 


0,54166 
o, 58333 
o , 62500 
0,66666 


HCCBKS. 


«7 
18 

"9 
20 


21 
22 
23 

^4 


PAtTIES  BLaHALTS. 


o,7c>«33 
0,7^000 

0,79166 

o, 83333 


il ,  87  >o<> 
0,91666 
o.9>833 
I ,00000 


MI  DICTES. 


I 
2 
3 

I 

î 

6 

7 
8 


PARTIES   DÉaMALES. 


O , 000694 
o,ooi388 
0,00208 3 

0,009.777 


MINCTES. 


PAITIES   DÉQMALES. 


9 
10 

I  1 

19. 

i3 

II 

i5 
16 


o,oo3  172 
0,004 166 
0,004861 
o,oor)55 


17 
18 

19 
20 


0,006^50 
o,oo69H 
0,007638 
o, 008333 


21 
22 

23 
25 

26 

27 
28 


o,oi4583 
o, 015277 
0,015972 
0,01 6666 


MIXCTES. 


29 
3o 

3i 

32 


0,009027 
o ,009722 
o,oioii6 
0,01 i i i i 


0,01 180 3 
o,oi25oo 
o,oi3i9i 
o,oi3888 


33 

34 
35 

36 


0,017361 
o,oi8o53 
0,018750 
0,019444 

u,  09.01  i8 
o,o2o833 
0,021527 
0,022222 

o , 0229 I 6 
o,o236i I 
o,o243o5 
o , o25ooo 


37 
38 

39 
|o 


0,025694 
0,0263 88 
0,027083 
0,027777 


41 

4^ 
43 

4î 


45 
46 

47 
48 


49 
5o 

5i 

52 


53 

54 
55 

56 


^7 
58 

59 
60 


PAftTIES   IMËCIMALIS 


o, 028172 

0,029166 
0,029861 

o,<»3o5>5 


c>,o3i2  5o 
o,o3i9ii 
o,o326i8 
o,o33333 

o,o340»7 
o,o3|7Ji2 
o,o3 >ii6 
o.o36iii 


u  ,t»368<»> 
o,o37îoo 
o,o38i9i 
o,o38888 

0.039583 
0.0 10277 
0,0409-2 
0.0 J1666 


TABLES    NUMERIQUES. 


,2J 


SECONDES 

PARTIES   DÉCIMALES. 

SECONDES 

21 
22 
23 

^4 

25 
26 
27 
28 

PARTIES  DÉaMALES. 

SECONDES 

i' 

43 
14 

PARTIES   DÉCIMALES. 

0,0004745370 
0,000486111  1 
0,0004976851 
0,0005092592 

0,000 5 208333 
0,0005324074 
0,0005439814 

o,ooo5555555 

I 
2 

3 

4 

0,00001 15740 
0,000023l48l 
0,0000347222 
0,0000462962 

0,0000578703 

0,0000694444 
0,0000810185 

0,000092599.5 

0,0001041666 
0,0001157407 
0,0001273148 

0,0001 388888 

0, 00024 3o55) 
0,0002546296 
0,0002662037 

0,0002777777 

5 
6 

8 

0,0002893518 
0,0003009259 
o,ooo3i25ooo 
0,0003240740 

45 

i« 

47 
48 

i9 
5o 

5i 

52 

9 

lO 

II 

12 

^9 
3o 

3i 

32 

33 

34 
35 

36 

o,ooo335648i 
0,000347^222 
0,0003587962 
0,0003703703 

0,0005671296   ■ 
0 ,ooa5787o37 
0 ,0005902777 
0,000601 85 18 

i3 

i4 
i5 
i6 

0,0001 504629 
0,0001620370 
0,0001736111 
o,oooi85i85i 

o,ooo3S 19444 
0,00039351 85 

0,0004050925 

0,0004166666 

53 

î4 

55 
56 

58 

^^9 
60 

0,0006134259 
0 ,0006250000 
o,ooo636574o 
0,0006481481 

0 ,0006597222 
0,0006712962 
0 ,0006828703 
0,0006944444 

17 
i8 

19 
20 

0.0001967592 
0,0002083333 
0,0002199074 
o,ooo23i48i4 

37 
38 

39 
40 

0,0004282407 
0,0004398148 
0, 000451 3888 
0,0004629629 

Nota.  Ces  fractions  décimales  sont  périodiques  :  le  dernier  chiffre  constitue 
seul  la  période  pour  les  heures  et  minutes;  les  trois  derniers  pour  les  secondes. 


4^6      CONVERSION    DES    HEURES    EN    PARTIES    DÉCIMALES    DU    JOUR. 


Table  II 

pour  transformer  les  parties  décimales  da  jour  en  heures, 

minutes  et  secondes. 


DÉCIM. 

II.   M. 

DÉCIM. 

0,1 

2 .  24 

0,01 

2 

4.48 

02 

3 

7.12 

o3 

4 

9.36 

04 

5 

12.00 

oS 

6 

14.24 

06 

7 

16.48 

07 

8 

•9.12 

08 

9 

•j  1 .  36 

09 

.1.    M.   S. 


0.14*24 
0.28.48 
0.43.  l'i 


o  5t. 36 

« 

I . 12.00 
I .26.24 


I .40.48 
1 .  55 . 1  '.< 

».o9.3() 


DÉaM. 


0,001 
002 
oo3 


004 
oo5 
006 


007 
008 
009 


M.    8. 

utcm. 

M.    8. 

d£cim. 

ssc 

1.26,4 

2.52,8 

1i9»2 

0,0001 
0002 
ooo3 

0.  SM 

0. 17,28 

...25,92 

0,00001 
00002 
oooo3 

o,86i 
1,728 
2,592 

5.45,6 

7.12,0 

8.38, '1 

0004 
ooo5 
0006 

0 . 34 , 56 

0.'|3,2O 

0 . 5 1 ,  84 

0000{ 

oooo3 
00006 

3,456 
'4.320 

5,184 

10.  4,8 

11.3l,2 

12.57,6 

0007 
0008 
0009 

1.  0,48 
I.  9,12 
1    17,76 

00007 
00008 
00009 

6,0^8 
6,912 

7»77^ 

Table  III. 

Nombre  de  jours  écoulés  depuis  le  commencement  de  l'année  jusqu'au 

commencement  de  chaque  mois. 


Comm. 
Bisscxt 


CD 


•>9 
Jio 


• 

• 

H 

s 

• 

1< 

• 

r. 

U 

mi 

H 
0 

> 
< 

a 

0 

< 

90 

120 

i5i 

181 

212 

9» 

121 

l52 

182 

2l3 

U 


s: 


o 


2i3 


273 


i-.\ 


3o! 


3o5  I    Ï35 


TABLE    D'eNCKB. 


i^7 


T.. 

o 

,00 

o 

,01 

o 

,02 

o 

,o3 

o 

M 

o 

,o5 

o, 

,06 

o 

.07 

o 

,08 

o 

.09 

o. 

>IO 

0 

,11 

Oj 

,12 

o 

,i3 

o, 

14 

o 

,i5 

o 

.16 

o 

,17 

O] 

,18 

o. 

.'9 

Oj 

,20 

o, 

,21 

o, 

,22 

o. 

,23 

Oj 

^i 

o, 

25 

Table  IV,  d*£ncke, 
pour  résoudre  l'équation  de  Lambert. 


log  e. 


0,00000  00 
00  18 

00  72 

01  62 

02  89 

o4  52 

06  52 
08  88 
II  61 
14  70 

o,ouoi8  16 

^i  99 
26  18 
3o  74 
35  68 

40  99 
46  68 
52  75 
59  20 
66  o3 

0,00073  25 
080  86 
088  86 
097  25 

106  o4 
ii5  23 


1- 

dirré- 

rences 

0   18 

0  54 

0  90 

I   27 

I  63 

a  00 

2  36 

273 

3  09 

3  46 

3  83 

\  «9 

4  56 

4  94 

5  3i 

569 

6  07 

6  45 

6  83 

7    22 

76, 

8  00 

8  39 

8  79 

9  >9 

2- 
dirré- 

rencM. 


o  36 
o  36 
o  36 
o  37 
o  36 
o  37 
o  36 
o  37 
o  36 
o  37 

o  37 
o  36 
o3: 
o  38 
o  37 
o  38 
o  38 
o  38 
o  38 
o  39 

o  39 
o  39 
o  39 
o  4o 
o  40 

o  4i 


T.. 


O 

o 
o 
o 
o 

o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 

o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 
o 


25 

26 
27 
28 

3o 
3i 

32 

33 

34 
35 

36 

37 

38 

39 

40 

41 
42 

43 

44 
45 
46 

47 
48 

49 


1- 

loge. 

dirr«- 

reocM. 

0,0011 5  23 

124  83 

9  60 

i34  8i 

10  01 

145  25 

10  4i 

10  83 

i56  08 

II    25 

0,00167  33 

II  68 

179  01 

12  II 

191    12 

2o3  67 

12  55 

216  66 

»2  99 

23o  10 

'3  44 

a43  99 

i3  89 

258  34 

i4  35 

i4  81 

273  i5 

i5  28 

288  43 

i5  77 

(>,oo3o4  20 

16  25 

320  45 

337  20 

16  75 

17  25 

354  45 

»7  77 

372  22 

18  28 

390  5o 

18  81 

409  3i 

1936 

428  67 

448  58 

»9  9» 

20  48 

469  06 

diffé- 
ranoes. 


o  4l 
o  4l 
O  4o 
o  43 
O  43 

o  43 
o  43 

044 

044 
o  45 

o  45 
o  46 
o  46 
o  47 
o  49 

o  48 
o  5o 
o  5o 

o  52 

o  5i 
o  53 
o  55 
o  55 
o  57 
o  57 


4^8 


CALCUL    DES    ORBITES   PARABOLIQUES. 


1«. 

2- 

l'- 

2- 

^. 

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0,011 33  33 

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1 

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0  T); 

1 

I    18 

31   00 

3o  8<» 

o,5o 
o,5i 

0,00490  1 I 
5ii  75 

•il  64 

23    3.3 
33   83 

0  59 
0  59 

0,73 
0,74 

1173    10 
1214   19 

4i  04 
43  33 
43  70 

45  14 

46  66 

1   29 

0,59. 
0,53 

533  98 
556  83 

0  63 
0  62 

0,75 
0,76 

1256  52 
i3oo  2v 

«37 

«  44 

0,54 

58o  3o 

33  4: 

0  64 

0,77 

1345  36 

1    52 

0,55 
o,56 

604  41 
629  19 

3  1    II 

34    78 

25  46 

0  67 
0  68 

0,78 
0,79 

1392  02 
1440  3i 

48  29 
5o  01 

I  « 

«  V 

0,57 
o,58 

654  65 
680  80 

26  i5 
36  86 

0  69 
0  71 

o,8<) 
0,81 

0.01490  3/ 
1542  18 

3i  86 
53  85 

I  85 
«  99 

0,59 

707  66 

0  74 

0,82 

■596  o3 

2  II 

0,60 

Oy6l 

0,00735  26 
763  61 

27  60 

38  35 
29  i3 

29  9'» 

0  75 
0  78 

0,33 
0,84 

i652  02 
1710  33 

^^  99 
58  3i 

60  86 

2  3i 
a  53 

0,62 

o,63 

79a  74 
8^2  68 

0  81 
0  83 

o,85 
0,86 

1771   "9 
i834  86 

63  67 

2  81 

3  12 

0,64 

853  45 

3o  77 

0  86 

0,87 

1901  63 

66  79 
70  3o 

#      ^  # 

3  5i 

o,65 

885  08 

3i  63 

0  88 

0,88 

»97»  9' 

4o4 

0,66 

9'7  59 

33  Si 

0  93 

0,89 

2046  29 

:4  34 

466 

0,67 

951  o3 

33  4'i 
3439 

0  95 

0,90 

0.021 25  29 

79  00 

3  61 

0,68 

985  41A 

I  on 

84  63 

35  39 

36  42 

^î9> 

2209  97. 

7  01 

0,69 

1020  81 

I  o3 

0,92 

23oi  60 

91  68 
loi    16 

9  4^ 

0,70 

0,01057  2^ 

I  08 

(>i9'^ 

2402  76 

1 13  2- 

0,71 

1094  73 

37  5o 

38  62 

I    12 

0,94 

25i9  19 

116  43 

0,72 

ii33  35 

I    18 

—  — 

TABLE     DK    BARKER. 


4î»9 


Table  Y,  de  Barker 
pour  le  calcul  des  orbites  paraboliques. 


\\ 


0.  5 
lo 
i5 
20 

•25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

1 .  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

2.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 

3.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 


m 


0.0545 i 
0.10908 
o. i6363 
0.21817 
o . 2727 I 
0.32725 
o.38i8o 

0.43634 
o . 49089 
0.54543 
o . 59998 


0.65453 
o . 70908 
0.76363 
0.8I8I9 

0.87274 
0.92730 

). 98186 

.03642 

.09098 
.14555 

. 200 I 2 
. 25469 


. 30926 

.36384 
.41842 
.47300 
.52759 
.58217 
.63677 
.69136 
.74596 
.8oo56 
.85517 

•  9097^ 


1.96439 

2.0I()0I 

2.07363 

2. 12826 
2 . I 8289 
2.23753 


DIFPÉR. 


^454 
5455 

5454 
5454 

545i 
5455 
5^54 
5455 

5454 
5455 
5455 

5455 
5455 
5456 
5455 
5456 
5456 
5456 
5456 
5457 
5457 
5457 
5457 

5458 
5458 
5458 
5459 
5458 
5460 
5459 
5460 
5460 
5461 
5461 
5461 

5462 
5462 
5463 
5463 
5464 
5464 


V. 


3.3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


4. 


o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

4:> 
5o 

55 

o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


6.  o 


m. 


5. 


0 
10 

i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


2.29217 
2.34682 
2.401 47 
2.45612 
2.51078 
2.56545 

2.62012 
2.67480 
2.72948 
2.78417 
2.83887 
2.89357 
2.94827 
3 . 00299 
3.05771 
3.11243 
3. 16717 
3.22191 

3.27665 
3. 33 140 
3.386i6 
3.44093 
3.49571 
3 . 55o49 
3.60528 
3.66008 
3.71488 
3 . 76969 
3.82452 
3.87934 

3.93418 
3 . 98903 
4.04388 
4.09874 
^ 15362 
4.2o85o 
4.26339 
4.31828 
4.37319 

4.42S11 

4.483o4 

î • 53797 


Dl¥ft%, 


5465 
5465 
5465 
5466 
5467 
5467 

5468 
5468 
5469 
5470 
5470 
5470 
5472 
5472 
5472 

5474 
5474 
5474 

5475 
5476 

5477 
5478 

5478 

5479 
5480 

5480 

5481 

5483 

5482 

5484 

5485 
5485 
5486 
5488 
5488 

5489 
5489 

5491 
5492 
5493 
5493 
5495 


43o 


CALCUL    DIS  ORBITES    PABABOLIQCBS. 


V. 

A. 

•  1 

7.  0 

4.5929a 

5 

4.64787 

10 

î.70î»84 

i5 

{.7578» 

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4.81280 

a5 

1.86779 

3o 

4.92280 

35 

f.9778:» 

40 

5.03284 

45 

5.08788 

5o 

5.14293 

55 

5-19799 

8.  0 

5.253o6 

5 

j.3o8i4 

10 

5.36323 

i5 

5.41834 

20 

5.47345 

2S 

5.52858 

3o 

5.58372 

35 

5.63887 

40 

5.69404 

45 

5.749^» 

bo 

5.8044^ 

9.    « 

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10 
i5 
20 

2  3 

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55 

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5 
10 
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20 
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35 

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45 

5  5 


5.85960 


5.91481 
5.9700I 
6.02528 
6.o8o53 
6. 13579 

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519^ 

5497 

5497 

5499 

5499 
55oi 

55o2 

55o2 

55o4 
55o5 
55o6 
5507 

55o8 
5509 
55ii 
55ii 
55i3 

55i4 
55i5 
5517 

3517 
5519 
5520 
5521 

5523 
5524 

5>2> 
5526 
5528 

55i<i 

55ri 

55Si 

5534 

5534 
5536 

55>7 

5539 
5540 
55ii 

■>34  3 
5546 

•    •    • 

5549 

5  5  >o 
5  5  5  » 
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5555 


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i5 
20 
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3o 
35 
40 
45 
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55 


12 


i3. 


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10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
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5o 
55 

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10 

i5 

20 

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55 

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5 

10 

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25 

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35 

4«^ 
45 


7.2n«M» 

7-^99^ 
7.35514 
7-41074 
7.46635 
7.52198 
7.57763 
7.63329 
7.68897 
7.7i466 
7.80037 
7.856io 

7.91184 

7-96761 
8.02339 
8.07918 
8 . 1 3  5oo 
8.19083 
8.24668 
8.3o2  54 
8.35843 
8.41 f33 
8.47025 
8.5-2619 

8.58215 
8.63812 
8.69412 
8.75013 
8.84»6i6 
^ .  8»i  ik  I 
8.<|i8>i| 

8.97iiî* 
9.0^0 19 

9 .  086*5 1 

9.n>7*'» 

9-ïl*^J> 

9.25512 
9.31 ii3 
9 . 367  56 
9.4  »38i 
9.  |8oi>8 
«"|.  5365- 
9.  59268 
9.6i9<»i 
*i."*«>536 

9 .  71  »  I  7  i 
9.S1813 
9.87455 


•■  •  •  -^ 

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5558 
556o 
556i 
5563 
5565 
5566 
5568 
5569 

ÏÏ71 

ÎÎ7Î 

DD74 

^^77 
5578 

^^79 
5582 

5583 

5585 

5586 

5589 

55<jo 

5  5<j2 

5596 

5597 
56«H» 
56oi 
56o3 

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5<o  5 
54i57 
5i»io 

5*'»  I  M! 

>♦  »  I  > 


TABLE  DE  BARKBR. 


i3l 


V. 


i5.  o 
5 

lo 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 

i().  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
5o 


m. 


17.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


18. 


o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


9 • 93098 

9-98744 
0.04392 

o. 10043 

o . I 5695 

o.2i35o 

o . 27007 

o . 32666 

o. 38328 

0.4399» 
o . 49657 

o. 55325 

o . 60996 
o . 66669 

0.72344 
0.78022 

0.83702 
0.89384 
0.95069 
.00756 
.06445 
.12137 
. 17832 
.23528 

. 29228 
.34929 
. 40634 
.46340 
. 52o5o 
. 57762 
.63476 
•69193 

•749»^' 
.80634 

.86359 

. 92086 

1.97816 
2.03549 
2 . 09284 

2 . I 5o22 
2 . 20762 

2.265o6 

2.32252 

2 . 38ooo 
2.43752 
2.49506 
2.55263 
2.61023 


DIPFÉR. 


5646 
5648 
565 1 
5652 
5655 
5657 
5659 
5662 
5663 
5666 
5668 
5671 

5673 
5675 
5678 
568o 
5682 
5685 
5687 
5689 
5692 
5695 
5696 
5700 

5701 
5705 
5706 
5710 
5712 
5714 
5717 

5719 
5722 

5725 

5727 

5730 

5733 
5735 
5738 
5740 

5744 
5746 

5748 
5752 

5754 
5757 

5760 
5762 


V. 


«9 


20. 


o 

10 

i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


22.  o 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


21 


m. 


2.6678) 
2.72550 
2.78318 
2.84089 
2.89863 
2 . 95640 

3.01419 
3.07202 
3 . I 2987 
3. 18775 
3.24567 

3.3o36i 

3.36i58 
3.41958 
3.47761 
3.53567 
3 . 59376 
3.65i88 
3.71003 
3,76822 
3.82643 
3.88467 
3.94295 
4.00125 

4.05959 
4.1 1796 
4. 17636 

4.23479 
4.29326 

4.35175 

4.41028 

4 . 46884 

4.52743 

4 . 586o6 

4.64472 
4.70341 

4 . 762 I 3 

4 . 82089 
4.87968 

4.93851 
4.99736 
5.05626 
5.ii5i8 

5.17414 
5.233 14 
5.29217 
5. 35 123 
5.41033 


DIFFÉR. 


5763 
5768 
5771 

5774 
^777 

5779 
5783 

5785 

5788 

5792 

5794 
5797 

58oo 
58o3 
58o6 
5809 
58i2 
58i5 
5819 
5821 

5824 
5828 
583o 
5834 

5837 
5840 
2843 

5847 
58Î9 

5853 

5856 

5859 

5863 

5866 

5869 

5872 

5876 

5879 
5883 

5885 

5890 

5892 

5896 

5900 

5903 

5906 

5910 

5913 


ii'J. 


CALCUL    DBS    ORBITES    PABABOLIQUBS. 


y. 


O  I 

'a3.  o 

5 

lo 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

24.   o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


25.    o 


10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


u() . 


5 

10 
i5 
20 

2J 

3o 
35 

4«» 
4  5 
■)(> 
55 


m. 


5.46946 

5 . 52863 
5.58783 
5.64707 
5.70634 
5.76565 
5.82500 
5.88438 

5  94379 
6.oo325 

6.06274 
6 . I 2226 

6.18183 
6.24143 
6.3oio6 
6.36074 
6.420P 
6.^8020 
6 . 53998 
6 . 5998 1 
6.65967 
6.71957 
6.77951 
6.839J8 

6.89950 
6.95955 
7.01965 

7-0797« 
7.13995 

7 . 200 I 6 
7 . 2604 1 
7 . 32070 
7.38io3 
7-44i4o 
7 . 5o I 8 I 
7 . 56226 

7,62175 

7.683'i8 
7-74385 
7.80^40 
7.86512 
7.92581 
7.9865* 
8.0,-733 
8.io8i5 
8. 16901 

8 .  lijoSCt 


dipf£r. 


59»7 
5920 

5924 

5927 

5931 

5935 

5938 

5941 
5946 

5949 
5952 

5957 

5960 
5963 
5968 

597" 
^975 
^78 
3983 
5986 

^990 
%94 

^997 
6002 

6oo5 
6010 
6oi3 
6017 
6021 
6025 
60-29 
6i>33 
6037 
6041 
6045 
6049 

6o53 
(>o57 
6061 
6066 
6o6q 

607*4 

6078 

(h)8ji 
(io86 
(k)<)o 
(hx)5 

<'h>99 


V. 


m. 


2- 


28. 


,    O 

5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 

o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 

55 

,   o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


3o.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


^ 


8.35i85 
8.41288 
8.47395 
8.53507 
8.59623 
8.65743 
8.71868 

8-77997 
8.84i3i 

8.90268 

8.96411 

9.02557 

9.08708 
9. '4864 
9.21024 
9.27189 
9.33358 
9.39531 
9  45709 
9.51892 
9.58079 
9.64271 
9.7«I68 
9.76669 

9.82875 
9.89085 
9.95300 

20.01 520 

20.07745 

20.13974 

•io .  20208 

20.26447 
20.32691 
20 . 38939 
20.45193 
20.5i45i 


20.57714 
20.63981 
20.70254 
20.76532 
•10.82814 
20.89102 
20.95395 
21 .01693 
21.07995 
21.143Ô3 
'2 1 .  206 1  5 

2I.2rM)33 


DIFFÉa. 


6io3 
6107 
6II2 

61 16 

6120 
6125 

6129 

6i34 
6137 
6143 
6146 
6i5i 

6i56 
6160 
6i65 
6169 
6173 
6178 
6i83 
6187 
6192 

6197 
6201 

6206 

6210 
6215 
6220 
6225 
6229 
6234 
6239 

6244 
6248 

6254 
6258 
6263 

6267 
6273 
6278 
6282 
6288 
6293 
6298 
63o2 
63o8 
63i2 
63i8 
6323 


TABLE  DE  BARKER. 


433 


V. 


m. 


o 

3i. 


o 
5 

10 
i5 
10 
a5 
3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


32.  o 

5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 

55 

33.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

34*  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


21.33256 

21.39584 
21.45917 

21.52255 

21.58598 

2I.G4947 
21.71301 

21 .77660 

21 .84024 

21 .90393 

2 I . 96767 

22.o3l »7 

22.09533 

22 . I 5923 
22.22319 
22.28721 
22. 35 [27 

22.41540 

22.47957 

22.54380 

22 . 60809 

22.6721 3 

22.73681 
22.80127 

22.86577 
22.93033 

a'^'.  99^95 
23.05962 

23. 12435 
23. 18914 
23.25398 
23.3i888 
23.38383 
23.4488'» 
23 . 5 I 39 I 
23.57904 

23.644^^2 
23. 709^1 6 
23.77Î77 
23. 8^01 3 
23.90555 
23.97102 
24.03656 
'Jl\.  10216 
2j.  16781 
2 {. 23 3 52 
24 .29930 
2f.365i4 


DIFPÉB. 


6328 

6333 
6338 
6343 
63^9 
6354 
6359 
6364 
6369 
637  i 
63  80 
6386 

6390 
6396 
6402 
6406 
6ii3 

6ii7 
6i23 

6429 

r>434 

6438 
6446 
645o 

6^56 
6462 
6^67 
64-3 

6^79 
6484 
6I90 

6i95 
65oi 
65o7 
65i3 
65i8 

6524 
653 1 
6536 
65^2 

6'>»7 
655  i 

6'j6o 

6)65 

6  571 

6578 

658  \ 

6589 


V. 

m: 

0   » 

35.  0 

24.43to3 

5 

^'1- 49699 

10 

24.56300 

i5 

2  i . 62908 

20 

2 j. 69522 

25 

24.76142 

3o 

24.82768 

35 

24.89400 

40 

2  i . 96038 

45 

25.02682 

5o 

25.09333 

55 

25.1*5991 

36.  0 

25.22655 

5 

25.29324 

10 

25.36ooo 

i5 

'25.42682 

20 

25.49371 

25 

25.56o66 

3o 

25 . 62768 

35 

25.69476 

40 

25.76191 

45 

25.82912 

5o 

25.89639 

55 

25.96372 

37.  0 

26.o3i 12 

5 

26 . 09860 

10 

26.16614 

i5 

26.23374 

20 

26 . 3o 1 f I 

25 

26 . 369 1 4 

3o 

26.43694 

35 

26.50478 

40 

26.57275 

45 

26.64075 

5o 

26.70882 

55 

26.77696 

38.  0 

26.84517 

5 

26.91345 

10 

26.98179 

i5 

27.05020 

20 

27.11868 

25 

27. 18724 

3o 

27.25586 

35 

27.32^54 

40 

27.39331 

45 

27.46214 

5o 

27.53104 

55 

27 . 6000 I 

niFFÉn. 


6596 
6601 
6608 
6614 
6620 
6626 
6632 
6638 
6644 
665 1 
6658 
6664 

6669 
6676 
6682 
6689 
6695 
6702 
6708 
6715 
6721 
6727 
6733 
6740 

6748 

6754 
6760 

6767 

6773 

6780 

6784 

6797 
680U 

6807 

6814 

G821 

6828 
6834 
6841 
6848 
6856 
6862 
6868 

6877 
6883 
6890 
6897 
6905 


11. 


28 


434 


CALCUL    DBS    OBBITES    PARABOLIQUES. 


V, 


39, 


O 

10 
i5 
20 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


40.  o 

5 

10 

i5 

20 

2) 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


4i. 


o 
5 

10 
i5 
20 

2) 

3o 

35 

40 

4^ 
5o 

55 


42.   o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 

35 

40 

4> 
5o 

55 


27.66905 

27.73817 
27 . 80736 
27.87661 

^7-94594 
28.01534 
28.08481 
28.15436 
28.22399 
28.29367 
28.36343 
28.43327 

28.5o3i9 
28.57318 
28.64323 
28.71336 
28.78358 
28.85387 
28.92422 
28.99'|66 
29.06517 
29. 13576 
29.20642 
29.27716 

29.34798 
29.41888 

29.48985 

29.56090 

29.63202 

29.70323 

29-77i^i 
29.84J88 
2«).9i732 
29.i>8883 
3o .  o<H>4  3 
3o . I 32 I 1 

3o.2o387 
30.27 )7i 
30.34761 
3o . 4 I 963 
3o . 49 I 72 
3o. 56388 
3o.636i2 
3o. 708*5 
30.780S6 
30.85335 
30.9-;!  >9Tl 
3o .  998  58 


DIFFÉI. 


6912 

6919 
6925 

6933 

6940 

6947 
69^5 

6963 

6968 

6976 

6984 

6992 

6999 
7005 

7013 

7022 

7029 

7035 

70  u 

705 1 

7059 

7066 

7074 
7082 

7090 

7<>97 
7105 

7112 
7121 

7128 

7'37 
7«44 
71 5i 
7160 
7169 
7176 

7184 

7193 

71^)9 
7209 

7216 

7224 

7233 

7241 

7'^  Î9 
7257 

726<; 
7^74 


V. 


43.  o 
5 

10 
i5 
ao 
a5 
3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

44.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


45. 


o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


46.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
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45 
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8607 
8607 

8607 
8606 
8607 
8()o6 
8607 
8606 
8606 
8607 
8606 
8606 
8607 
8607 

8606 
8607 
8608 
8607 
8608 
8608 
8608 
8608 
8609 
8610 
8610 
8610 

8610 
8612 
861 1 
86i3 
8612 
8614 
4 

4 
8616 

8616 

8617 

8617 


86 1 4 
861^ 


438 


CALCUL  DES  0EBITB8  PAEABOLIQUES. 


V. 


LOG 


m. 


7^ 


o 
5 

lO 

i5 

25 

3o 
35 
4o 

45 
5o 
55 

o 
5 

lo 
i5 

20 
9.5 

3o 
35 
4o 
45 
5o 
55 


73. 


74 


o 
5 
lo 
i5 

20 

25 
3o 
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45 
5o 
55 

.  o 
5 

lO 

i5 

20 
25 

3o 
35 
4o 
45 
5o 
55 


.7963650 
.7972268 
.7980888 
.7989508 
.7998128 
.8oi)f)75o 
.8015373 
. 8023996 
.8032621 
.80'»  1246 
.80^9873 
.8o585oo 

.8067129 
.8075759 
.8o8'j389 
. 809302 I 
.8101655 
.81 10289 
.8118921 
.8127561 
.8136199 
.8144839 

.8153479 
.8162121 

.8170765 
.8i79iio 
.8i88o56 
.8196704 
.82Ô5353 
.8214^03 
.8222656 
. 823 I 309 
.8239965 
.82 '18622 
.8257280 
.82659^0 

.8274602 
.8283266 
.8291931 
.83oo599 
. 8309267 
.8317938 
.832661 I 
.8335285 
.8343961 
.8352640 
.836i32o 
.8370002 


DIFFÉB. 


8618 
8620 
8620 
8620 
8622 
8623 
8623 
8625 
8625 
8627 
8627 
8629 

863o 
863o 
8632 
8634 
8631 
8635 
8637 
8638 
8640 
8640 
8642 
8644 

86  {5 
8646 
8648 
8649 
865o 
8653 
8653 
8654 
8657 
8658 
366o 
3662 

8664 
8665 
8668 
8668 
8671 
8673 
8674 
8676 

8679 
8680 

8682 

8684 


y. 


75.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

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35 
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76.  o 
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78.  o 

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20 

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35 
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45 
5o 
55 


LOO 


ja. 


.8378686 
.8387872 
.8396060 
.8404751 
.8413443 

.8422138 
.8430834 
.8439533 
.8448234 
.8456937 
.8465643 
.8474350 

.8483060 
.8491773 
.8500487 

.8^)09204 
.8517924 
.8526646 
.8535370 

.8544097 
.8552826 

.8561558 

. 8570293 

.8579030 

.8587769 
.8596512 
.86o5256 
.8614004 
. 8622754 
. 863 I 507 
.8640263 
.8619022 
.8657783 
.8666547 
.8675314 
.8684084 

.8692857 
.8701633 
.8710412 
.8719194 

. 87^7979 
.8736766 

.8745557 

.8754351 

.8763148 

.87719*9 
.8780752 

.8789559 


DIFFÉS. 


8686 
8688 
8691 
8692 
8695 
8696 
8699 
8701 
8703 
8706 
8707 
8710 

8713 

8714 
8717 

8720 

8722 

87M 
8727 

8729 

8732 

8735 

8737 

8739 

8743 

8744 
8748 
8750 
8753 
8756 

8759 
8761 

8764 

8767 

8770 

8773 

8776 

8779 
8782 

8785 

8787 

8791 

8794 

8797 
880! 

88o3 

8807 

8810 


TABLE  DE  BARKER. 


439 


79-  o 
5 

10 

i5 

ao 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 

80.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


LOG 


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81. 


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5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
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55 

o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


8798369 
8807182 
8815998 
882(818 
8833641 
8842468 
8851297 
886oi3i 
8868967 
8877807 
8886651 
8895498 

890^349 
8913203 
8922061 
8930922 
8939787 
8948656 
8957528 
8966404 
8975284 
898^168 
8993055 
9001946 

9010841 

90 '9740 
9028643 

9037550 

9046461 

9055376 

9064294 

9073217 

9082144 
9091075 
9100010 
9'o8949 

9117893 
9126840 
9135792 

914 1748 
9153708 
9162673 
9171642 
9180615 
9189593 
9198575 
9207561 
9216552 


DirPÉB. 


88i3 
8816 
8820 
8823 

8827 
8829 

8834 
8836 
8840 
8843 

8847 
885o 

8854 
8858 
8861 
8865 
8869 
8872 
8876 
8880 
8884 
8887 
8891 
8895 

8899 
8903 
8907 

891 1 
8915 
8918 
8923 
8927 
8931 
8935 

8939 
8944 

8947 
895a 

8956 

8960 

8965 

8969 
8973 
8978 
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8986 

899» 
899<> 


V. 


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10 
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25 

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5 

10 
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85. 


86. 


o 
5 

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55 

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5 

10 

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25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


LOG 


M. 


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.9234548 
.9243552 
.9252562 
.9261575 
.9270593 
.9279616 
. 92886 U 

•9297676 
.9306713 

.9315755 

.9324802 

.9333853 
.9342910 
.935197! 
.9361037 
.9370108 

.9379184 
.9388264 
.9397350 
.94064^1 
.9^15537 
.9i2|638 

.9433744 

.9442856 
.9^51972 
.9461094 
.9470221 
.9479353 
.9488490 
.9497633 
.9506781 

.9515934 
.9525093 
.9534257 
.9543427 

.9552602 
.9561783 
.9570969 
.9580160 
.9589358 
.9598561 
.9607760 
.9616983 
.9626203 
.9635429 
.9644660 
.9653897 


DIPFÉB. 


9000 
9004 
9010 
9013 
9018 
9023 
9028 

9o3a 
9037 
904a 

9047 
905 1 

9057 
9061 
9066 

9071 
9076 

9080 

9086 

9091 
9096 
9101 

9106 
911a 

91 16 
912a 
9127 
9i3a 

9137 
9143 

9148 

9153 

9159 

9164 

9'70 
9175 

9181 
9186 

9191 
9^98 
9203 

9208 

92  ï4 
9220 

9226 

9^31 
9237 
9243 


440 


CALCUL    DES   ORBITES    PARABOLIQUES. 


V. 


o       , 

87.  O 
5 

10 
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20 

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5 


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1.9663140 
1.9672389 

1.9681644 
1.9690905 
1.9700171 

1.9709443 
1.97 18722 
1.9728006 

1.9737297 
1.9746593 

1.9755896 

1.9765205 

1.9774520 
1.97838  il 
I .9793168 
I .g8o25o2 
1.9811812 
I. 9821 188 
I .9830540 
1.9^39899 

i.9849i6i 
1.9858636 

1.Q868014 
i.^7739« 


1.0886789 
1.9^187 
1 .9905591 
1 .9*>i  >ooi 
1 .9^)34119 

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DIFFÉR. 


9249 
9255 

9261 

9266 

9272 

9279 

9^84 

9291 
9296 
93o3 

9309 
93i5 

9321 

93^7 
9334 
9340 
9346 
9352 

9359 
9365 

9372 
9378 

938| 

939" 

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94«« 
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943 1 
CM  37 

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LOG 


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2.0133337 
2.0I429I5 
2.oi525oo 
2.0162093 
2.0I7I693 
2.oi8i3oo 
2.0I909I5 
2.o2oo538 
2.02IOI68 
2.0219805 

2.0229450 
2.0239103 

2.024876^ 

2.0258432 
2.0268108 

2.0277791 
2.0287483 

2.0297182 

2.0306889 

2.o3i66o4 
2.0326327 
2.o336o58 

2.0345797 
2.o3555|3 
2.o365298  I 
2.0375061 
2.o38483>.  I 
2.039 (61 I 
2.040^399 
2.04I ii94 
2.0423998 
2.043ÎS10 

2.04436î*> 

2.o45it>9 

2.0163296 
2. 04-3141 
2.04829i>5 

J.0492î<>7 

2.0502728 
2.o5i26»>8 
2.0522496 
2.o532>9i 
2.05^2297 

l.o5S22II      I 

2.o56ii33 
2-o>rio65   i 


DIPTÉB. 


9563 

9571 
9^78 
9>î^5 

9>93 

9600 

9607 
9615 
9623 
96  3o 

9637 
9645 

9^53 
9661 
9668 
9676 
9683 
9%2 

9^ 

9707 
9715 

9723 
9731 
9739 

9746 
9755 
9763 
97-» 

97*9 
97S8 

979^ 
980  i 

98 1 .1 

9820 

14829 

9^37 
084  > 

980  2 
98-1 
98S0 
ç^^^8 

991  »5 

99»i 
9H1IJ 

9931 

9940 


TABLE    DE    BARKER. 


44i 


V. 


LOG 


in. 


95.  o 
5 

10 
i5 
20 
5i5 
3o 
33 
40 

45 
5o 
55 

96.  o 
5 

10 
i5 
510 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


97 


,  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


98.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


2.058200 > 
2.0591953 
2.060191 I 
2.061 1878 

2.0(i2l853 

2.o63i837 
2.0641 83 I 
2.o65i833 
2.066184 i 
2 . 067 I 865 

2.o68i8()4 
2.0691933 

2.0701980 
2.0712038 

2.0722104 
2.0732179 

2.0742264 
2.0752358 
2.0762462 
2.0772575 
2.0782697 
2.0792829 
2.0802971 

2.o8l3l22 

2.0823282 
2.o833i53 
2. 084 363 3 
2.0853822 
2.0864021 
2.087 Î23l 

2.0884449 
2.089^678 
■••090I9I7 

2.0915165 
2.0925424 
2.0935692 

2.0945971 

2.0956260 
2.0966558 
2.0976867 
2.0987186 

2.0997515 

2. 1007855 
2. 10 18204 

2. I028564 

2. 1038935 
2. 10^9316 
2.1059707 


DIFFÉB. 


9948 
9958 

9967 

9975 

9984 

999i 
0002 

001 1 

0021 

0029 

0039 

0047 

oo58 
0066 
0075 
008  5 

0094 
0104 
01 13 
0122 

Ol32 

0142 
oi5i 
0160 

0171 
0180 
0189 

0199 
0210 

0218 

0229 

0239 

0248 

0259 

0268 

0279 

0289 
0298 
o3o9 
o3i9 
0329 
o34o 
0349 
o36o 
0371 
o38i 
0391 
0402 


V. 


99 


o 
5 

i5 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


100.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


loi .  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 

102.  o 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


LOG 


m. 


2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 

2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2 

2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 

2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 


070109 
080 5 2 I 

090941 
101377 
II 1821 
122275 
132741 
143217 
153704 
16 4201 
174710 
185229 

195759 

2o63o 1 
216853 
227416 
237990 
248576 
259173 
269780 
280^00 
29 I o3o 
301672 
3 12325 

322989 
333665 
344352 
355o5i 
365762 

376484 
387217 
397963 
408720 

419489 
430269 

14 


^^1062 


451866 
462682 
473510 

484351 
495203 
506067 

516944 
527833 
538734 
549647 
560572 
571510 


DIFFEB. 


0|I2 
0423 

ori3 

OUI 
0454 
0466 
OÎ76 
0487 

0^97 
o5o9 

o5i9 

o53o 

0542 
o552 
o563 
0574 
o586 
0597 
0607 
0620 
o63o 
0642 
06  53 
0664 

0676 
0687 
0699 
07 II 
0722 
0733 
0746 
0757 
0769 
0780 
0793 
0804 

0816 
0828 
o8fi 
o852 
0864 
0877 
0889 

0901 
0913 
0925 
CM)38 
0950 


44a 


CALCUL    DBS   0EBITB8    FABÂBOLIQUBS. 


Ç. 


o 

io3. 


o 
5 
lo 
i5 
20 
a5 
3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


104.  o 
5 

10 
i5 
20 

!l5 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

io5.  o 
5 
10 
i5 
ao 
^5 
3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

106.  o 
5 
10 
i5 
30 
a5 
3o 
3S 
40 
45 
5o 


LOG 


ja. 


a. 

a. 

2. 

2. 

2. 

2. 

2 

2. 

2. 

2. 

2. 

2. 

2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 

2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 
2. 


582460 
593423 
604398 
6i5385 
626386 
637398 

6484^4 
659462 

670513 
681576 
692652 
703742 

7148U 
725959 

737087 
748228 
759382 
770  55o 
781730 

79^9^  » 
804 i3i 

8i535i 

826584 

837831 

8Î9092 
86o366 
871653 

882954 
894269 
903597 
916939 
9^8295 
9)9664 
9S1048 
962145 
973856 


2.198V182 
2.  ic>q6-2i 
2 . 2008 1 7  î 
2.2019642 
2.203lI23 
2.20J2619 

2 . 20  5  i 1 29 

2.2065654 
2 . 2077 I 93 

2.2oS87*,6 

2.2|Oo3l i 

2.2III896 


I 


0963 
0975 

09«7 
001 

012 

026 

o38 

o5i 

o63 

076 

090 

102 

ii5 
128 

141 
i54 
168 
180 

«94 
207 

220 

233 

2|7 

261 

^74 

287 
3oi 
3i5 
328 
3|2 
356 
369 
384 
397 

411 
426 

439 
453 

468 

481 

496 
5io 

D2D 
539 

553 
568 
582 

597 


p. 


107.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

108.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


109. 


o 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


110.  o 

D 
10 
l5 
20 
25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


LOC 


JR. 


2.2123493 
2.2i35io4 
a. 2146730 
2.2158371 
2.2170027 
2.2181697 
2.2193382 
2. 220 5082 
2.2216797 
2.2228528 
2.2240273 

2.2252033 

2. 2263808 
2.2275599 
2.2287405 
2.2299226 

2.23iio63 
2.2322915 

2.2334782 

2.2346665 
2.2358563 
2.2370478 
a. 2382 $07 
a. 2394353 


2  24063li  * 

2.2418291 

2.2430284  I 

2.2I42293 

2.2454318 

2.2466359 

2. 2478116 

2.2190489 

2.2502578 

2.2514684 

2.2526806 

2.2538944 

2. 2551099 
2.2563270 
2.2575458 
2.2587662 
2.2599883  . 
2.2612120  , 

2.260437 i  ; 

2.2636645  I 

2.2648933  j 

2.2661238  j 

2.2673560  1 

2.a685899   1 


161 1 
1626 

1641 
i656 
1670 
i685 
1700 
1715 
I73i 

I7i5 
1760 

'775 

1791 
1806 
i8ati 
i837 
i852 
1867 
i883 
1898 
19*5 

«9^9 
1946 
1961 

«977 

«993 
2009 

20  2  S 

204! 

2057 

20-3 

2089 

2106 

2122 

21 38 
2i55 

21-1 
7i88 
2204 
2221 
2237 

225i 
22-1 
2288 

23o5 

2322 

a339 
2356 


TABLE   DE    BABKEE. 


443 


V. 

LOG-^* 

DIFPte. 

V. 

LOG'Ht- 

DIFFta. 

o    / 
III.  O 

2.269^255 

12373 
12390 
12407 

0  1 
ii5.  0 

2.3312564 

13266 

5 

10 

i5 

2.2710628 
2.2723018 
2.2735425 

5 
10 
i5 

2.3325830 
2.3339115 

2.3352^21 

13285 
i33o6 
13326 

ao 

25 

2.2747850 
2.27G0292 

1  ^_|  AJ 

1244^ 
1  1  160 

20 

25 

2.3365747 
2.3379093 

13346 

13367 
13387 
13408 
i3{28 

3o 

2.2772752 

1  A  \\J\f 
12477 

iî»494 
f  0  ^  1 1 

3o 

2 . 3392460 

35 
4o 

2.2785229 

2.27977^-3 

35 
40 

2. 3405847 
2.3419255 

45 

2.2810235 

1  ^j  1  ji 
I2530 

12547 
12566 

45 

2.3432683 

1  >j^  jt^j 

13449 
13469 
13491 

5o 

2.2822765 

5o 

2.3446132 

55 

2.2835312 

55 

2.3^59601 

112.  O 

5 

2.2847878 
2.2860461 

12583 

I  onn  I 

116.  0 
5 

2.3473092 
2.3486603 

i35ii 
i3533 

lO 

2.2873062 

1  i\M\J  I 

10618 

10 

2.35ooi36 

13553 

i5 

20 

2.2885680 
2.2898317 

1  ji\i  1  <j 
12637 

12655 

i5 
20 

2. 35 13689 
2.3527263 

13574 
13596 

i36i7 
i3638 

25 

2.2910972 

25 

2. 3540859 

3o 

2.2923645 

1  M\J  j  yf 
I269I 
12710 

3o 

2.3554476 

35 
4o 

2.2936336 
2.2949046 

35 
40 

2.35681 li 
2.3581773 

1  \M\^\M^M 

13659 
i368i 

45 

2.2961774 

1  Mt ^  AO 
12746 

12764 
12783 

45 

2.3595454 

i37o3 

5o 

2.2974520 

5o 

2.3609157 

137*4 
13745 

55 

2.2987284 

55 

2.3622881 

ii3.  o 

2 . 3000067 

1  oAno 

117.  0 

2.3636626 

13768 
13789 
i38ii 

5 

2.3012869 

5 

2.365o39i 

lO 

2.3025689 

I  Ji\J  AVf 
12839 
12857 

f  •ifi'vA 

10 

2.366^183 

i5 

20 

2.3o38528 
2.3o5i385 

i5 
20 

2. 367799 i 
2.3691827 

1  \^  \^  ■  a 

13833 
i3855 

25 

2.3064261 

1  ^Oy  u 

12896 
12914 
12933 

12952 

I297I 

12990 

i3oio 

35 

a. 3705682 

1  \^\j^*^ 

13877 
13900 

13921 

13944 
13966 
13989 
14011 

3o 

2 . 3077 I 57 

3o 

2.3719559 

35 

2.3090071 

35 

2.3733459 

4o 

2.3io3oo4 

40 

2.3747380 

45 

2.3ii5956 

45 

2.3761324 

5o 
55 

2 . 3 I 28927 
2.3i4i9'7 

5o 
55 

2.3775290 
2.3789279 

ii4«  o 
5 

lO 

i5 

20 

2.3154927 
2.3167956 
2.3i8ioo4 
2.3194072 
2.3207159 

i3o29 
i3o48 
i3o68 
13087 
i3in6 

118.  0 

5 

10 

i5 

20 

2.3803290 
2.3817324 
2.383i38o 
2.3845460 
2.3859562 

i4o34 
i4o56 
14080 
14102 
i4«25 
14148 

14171 
14194 
H217 

14241 
14264 
14288 

25 

2 . 3220265 

1  «#  1  \j\j 
i3i26 
i3i46 
i3i66 
1^186 

25 

2.3873687 

3o 

2.32333c)i 

3o 

2.3887835 

35 

2.3746537 

35 

2.3902006 

4o 

2.3259703 

40 

2.3916200 

45 

2.3272889 

1  «j  1  ou 

45 

2.3930417 

5o 

2.3286094 

1  ^Ji\U 

1  ^ii'i 

5o 

2.3944658 

55 

2.3299319 

i3245 

55 

2.395892a 

444 


CALCUL    DES    ORBITES    PARABOLIQUES. 


V. 


LCC 


m. 


DirrcR. 


119 


G 

5 

10 
i5 
20 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


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2 . 4293632 
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2.4338257 
2.4353182 
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2. 1892408 
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2.4924232 
2-4940218 
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2 . 5o3663 I 
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445 


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2. 5552398 
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2. 5 î 867 3 5 
2.  56t»3953 
2 .  5()2 1 206 
2.  5r)38492 
2.5655812 

2 . 5G73 I 66 
2. 569055 î 
2.5707977 


2.5725  |3| 
2. 57 {2925 
2.5760451 
2. 577801 I 
2.5795607 
2. 58 I 3237 
2. 5 8 30903 
2. 5848604 
2. 586634© 

2. 5884 112 
2.5901919 
2.5919762 

2.5955556 
2. 5973507 

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2 . 60095 I 8 

2.6027578 

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2.61 367 I 5 
2.6i55o35 
2.6173392 
2.6191787 
2.6210220 
2.6228691 
2. 62 î 7201 
2.6265748 
2.6284334 
2.6302959 


6987 
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7085 

7i»9 
7i5i 

7186 

7218 

7253 

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7354 

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7457 

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2.6377846 
2 . 6396666 
2.6  |i 5525 

2. 6 {53363 
2.6^723  |i 
2.6491360 
2. 65 104 18 
2.6529518 

2.6548657 
2.6)67837 
2.6587058 
2.66063 20 
2.6625623 
2. 66 i {968 
2.666^354 
2.6683781 
2.6703250 
2.6722761 

2.67  123 1 4 
2.C761909 

2.6781547 
2 . 680 I 227 
2.6820950 
2.68^0716 
2 . 686o52  î 
2.6880376 
2.6900272 
2.6920210 
2.6940193 
2 . 69602 I 9 
2.6980289 
2.7000404 

2.7020562 
2 .  70  ^076(1 
2.7061014 
2 . 708 I 307 
2.7101645 
2.7122028 
2.71  ^24  56 
2.7162930 
2.7183450 
2.7204016 
2.7224628 
2.72J5286 


DIFFËB. 


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9723 
9766 
9808 
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20026 
20070 
20 1 1 .5 
201 58 

2020 1 
202 ',8 
20293 
2o338 
2o383 
20428 
20474 

20520 

2o566 
20612 
2o658 
2070  \ 


446 


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2.7307539 
2.7328385 

a -7349^77 
2.7370216 

2.7391203 

2.7412238 

a. 74 33321 

2.7454452 

2. 7475631 

2.7496859 

2.7518135 
2.7539461 
2.7560835 
2.7582259 
2.7603732 
2.7625-155 
2.7646827 
2.7668450 
2.7690123 
2.7711846 
2.7733621 
2.7755446 

^•7777322 

^.7799^49 
2.7821228 

2.7843258 

2. -865341 

2.7887^76 

2 .  7ç»<>9CG2 

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2.8<>(ki454 
2 .  8i>89«>68 
2.81 I 1-35 
2.8iii'i57 
2.8157234 
2.8180066 
2.8J02953 
2 . ^12 589  5 
2. 8148891 
2. 8171917 
2 .  819  >o58 


I 


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20798 
20846 
20892 
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20987 
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21179 
21228 
21276 

21326 
21374 
21424 

21473 

21  523 

21572 
21623 
21673 
21723 

21775 

21825 

21876 


22^59 

21614 
22667 
21722 

22777 

22832 

22887 
22942 
22999 

23o58 

23  11  I 

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p. 


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10 

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3o 
35 
40 
45 
5o 

»  » 


2.8318224 

2.8341447 
2.8364727 

2.8388o64 
2.8411458 

2.8434909 
2.8458419 
2.8481986 

2.85o56i2 
2.8529297 
2.8553o4o 
2.8576842 

2  8600703 
2.8624624 

2.8648604 
2.8672645 
2.8696746 
2.8710907 
2.87i5ii9 
2.8769413 
2.8793757 
2.88i8i6i 
2.8841631 
2.8867162 

2.8891754 
2.8916Î09 
2.89Î1127 
2.8965909 

2.899*>7^4 
2 .  90 1 56^»  » 

2.ç|0|o635 

2.9065671 

2.90*1077  » 

2.91159^0 

2.9iiii7« 
2.9166468 

2.9191831 

2.9-^1726*» 

2.9242755 

2.9168317 

2.9293<)i5 

2.9319641 
2-93i540> 
2.9371236 
2.9397135 

2.9423lo3 

2.94i9»4*' 
2.947^245 


23223 
23280 
23337 
23394 

23451 
235io 
23567 
236 16 
23685 

23743 

23802 

23861 

23921 

23980 
24041 

2ÎIOI 
24161 
24222 

24284 

24344 
24406 
24168 
24531 
24592 

24655 

247»  8 

24782 
24845 
249«>8 

2i973 

2   M»  37 

2  5  I O  I 

2  5 1 67 
2  5 1 3 1 
25i97 
2  5363 

25i29 

25i95 
2  5  562 
2  56 18 
2  56<i6 

25764 

25831 

25899 

25968 

26037 

26105 

261-5 


TABLE  DE  BAEKEE. 


447 


V. 


LOG 


m. 


143. 


144. 


145. 


i46. 


o 
5 

10 
i5 
ao 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

o 
5 

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i5 
20 

25 

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35 
40 
45 
5() 
55 

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10 

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25 

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35 
40 
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5o 
55 

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5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 

55 


2.9501420 
2 . 9527665 
2.9553980 
2.o58o365 
2.9606821 
2.9633347 
2.9659945 
2.9686615 
2.971335G 
2.9740170 
2 .  9767o5(î 
2.9794015 

2.9821048 
2.984815; 
2.9875334 
2.990258t) 

2.99'>99»*^ 
2.995732/ 

2.9984807 
3.ooi235r) 
3.0039988 
3.0067696 
3.0095480 
3.0^2334*^ 

3.oi5i28i 
3.0179298 
3.0207393 
3.0235567 
3. 0263820 
3.0292157. 

3 .0320564 
3.o349o5G 
3.0377629 
3.0406282 
3.0435017 
3.0463834 

3.0492733 
3 . o52 1714 
3.0550778 
3.0579925 
3.0609157 
3.0638472 
3.0667872 
3.0697357 
3.0726927 
3.0756583 
3.078632') 
3.0816154 


DIFFÉI. 


26245 

263 1 5 
26385 
26456 
26526 
26598 
26670 
26741 
26814 
26886 
26959 
27033 

27106 
27180 
27255 
27329 
27404 
27480 
27554 
27632 
27708 
27784 
27862 

27939 

28017 
28095 

28174 
28253 
28332 
28412 
28492 
28573 
28653 
28735 
28817 
28899 

28981 
29064 

29147 
29232 

29315 
29400 
29485 
29570 
29656 
29742 
29829 
29916 


V. 


LOG 


m. 


i47- 


148. 


i49- 


i5o. 


o 
5 
10 
i5 
20 

25 

3o 
35 

40 
45 
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55 

o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 

40 
45 
5o 
55 

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10 
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20 

25 

3o 
35 
40 
45 
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55 

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5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


3.0846070 
3.0876073 
3.0906165 
3.0936345 

3.0966614 
3.0996972 


3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 

3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 

3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 
3. 


027420 
057958 
088587 
119306 
I 5o 1 1 8 
181022 

212018 
243107 
274289 
3o5566 
336937 
3684o3 
399965 
431622 
463376 
495227 
527176 
559222 

591367 
6236 I I 
655955 
688398 
720942 
753588 
786335 
819184 
852136 
885192 
9i835i 
95161 5 


3.19849^4 
3.2018459 

3.2o52o4<> 
3.2085727 
3.2119522 
3.2153425 
3.2187437 
3.2221557 
3.2255788 
3 . 2290 I 29 
3.2324581 
3.2359144 


DIFFÉB. 


3ooo3 

30092 

3oi8o 
30269 
3o358 
3o448 
3o538 
30629 
30719 
3o8i2 
30904 
30996 

31089 
31182 
31277 
31371 
3 1466 
3i562 
3 1657 

31754 
3i85i 

31949 
32046 

32145 

322  |4 

32344 

32443 

32544 
32646 
32747 

32849 
32952 

33o56 

33 159 

33264 

33369 


33475 
33581 
33687 
33795 
33903 
34012 
34120 
34231 
34341 
34452 
34563 
34676 


448 


CALCUL    DBS    ORBITES    PAR AtOLIQUES. 


V. 


o 

i5i. 


o 
5 

lO 

i5 

'20 
2  5 

3o 
35 
4o 

45 
5o 

55 


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45 
5o 
55 

i53.  o 

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35 
4o 

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55 


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5 

lo 

i5 

20 
25 

3o 
35 

4o 
i3 
5<) 
55 


LOG 


m. 


3.2893820 

3.2428608 

3. 24635 I 1 
3.2498527 
3.2533658 
3.2568ç)o5 
3.2604268 

3.2639747 
3.2675345 
3.271 '060 

3.27i6894 
3.2782848 

3.2818921 
3.2855ii6 
3.2891433 
3.2927872 
3.2964  P3 
3 . 3oo I I I 9 
3.3037929 
3.3074865 
3.3ii 1926 
3.31491 «5 
3.3i8643o 
3.3223874 

3.3261448 
3 . 3299 I 5 I 
3.3336984 
3.337^949 
3.3ii3o47 
3.34517.77 
3.3|89()4i 

3.3578i4f> 
3.35O6774 

3.3(*)<)5  54  5 

3.36i4i53 

3.3683499 

3. 3729.68  i 
3.3767.009 
3.3Hoi474 
3.38ii<)8i 
3.38«o83o 
3 .397077.3 
3 .  39(>o76o 
3. 1000947 
3.404 1970 
3. 40817 i6 
3. I 177369 
3.4163142 


DirVÉR. 


34798 

34903 
35oi6 
35i3i 

35247 
35363 

35479 
35598 

35715 

35834 

35954 

36073 

36 1 95 
36327 
36439 
36561 
36686 
368 10 
36936 
37061 

37189 
37315 

374  i4 
37574 

37703 
37833 
37965 
38098 

3823o 

3836  î 

3Hi99 
38634 

38771 
38908 
390  iT) 
39185 

39375 
39405 
39607 

39749 
39893 
40037 

40182 
40378 
40476 
40673 
40773 
{0972 


V. 


155! 


o 
5 

lO 

i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


i56. 


157. 


i58. 


o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

o 
5 

10 
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20 

25 

3o 
35 
40 
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5o 

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5 
10 
1 5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


LOC 


âx 


DirrEK. 


3.4204064 
3.42^5137 
3.4286362 

3.4327740 
3.43ti9277 

3.4410959 
3.4452802 

3.4494802 
3.45iCHp9 
3.4579276 
3.4621753 
3.4664392 

3.470719^ 
3.47501 56 

3.4793285 

3.4836579 

3.4880040 

3.4923670 

3.4967468 

3 . 5o 1 1 4  36 

3.5055576 

3 . 5099889 

3.5144375 

3.5189037 

3.5233875 
3.5278890 
3. 532408 j 
3. 5369459 
3.54i5oi5 
3. 546075 î 
3.  5  5of)677 
3.5557785 
3. 5599080 
3 .  5()4  556>. 
3..5(k)7735 
3.5739098 

3.5786154 
3.58334o3 
3.588o847 
3.5928488 
3.5976327 
3.6024365 
3 .6077(505 
3.61 21047 
3.6i()96<)3 
3.6218545 
3.6267604 
3.63i68-3   ' 


41073 

4  I  72  5 
41378 

41 532 

41687 
41843 

42000 

42157 

42317 

42639 
42800 

42961 
43179 
43794 
43461 

436  ^> 

4379'i 
4394»^ 

44140 
443i3 

4i486 
4  ir»6i 
44838 

45oi5 

4:>i9> 
45374 

4  >  3  >»> 

I  '7  '9 
4  59  >  i 

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...      »■ 

|()79> 

46iS-2 

46t'7i 
46><r;î 

47o'>6 
47249 

*  mm     '       *      ^ 

4.  I  1 1 
l7*Mi 

47-^59 
4Soi8 

4^  MO 

48i4i 
48«m6 

488  5  J 

«9*^59 

4«i2eV) 
49478 


TABLE    DE  BABKER. 


4l9 


V. 


LOC 


iîl. 


169. 


o 
5 
10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


lOo. 


o 
5 

10 
i5 
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■25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


161.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


162. 


o 
5 

lO 

i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


3.6366351 
3.6'»i6o42 
3.6465946 
3. 65 16066 
3.65664o3 
3.6616959 
3.6667735 
3.6718734 
3.6769957 
3.6821406 
3.6873082 
3.6924988 

3.6977126 
3.7029496 
3.7082102 
3.7134946 
3.7188028 
3.7241352 
3.7^91918 
3.7348730 
3.7402789 
3.7457097 
3.751 1657 
3.7566470 

3 . 762 I 539 
3 . 7676867 
3.7732454 
3.77883o3 

3.7844418 

3 . 7900799 
3.7957i5o 

3.8014372 

3 . 807 I 569 

3.8129042 

3.81 86795 

3.8244829 

3.83o3i47 
3.8361752 
3. 84 206 |6 
3.8479833 
3.8539314 
3.859909*;t 
3 . 8659 I 7 I 
3.8719552 
3.8780240 
3.8841236 
3.8902544 
3.8964167 


UIFPZH. 


49691 
49904 

5o  1 20 
5o337 
5o556 
50776 

50999 

5 1223 

5 1449 
51676 

51906 

52i38 

52370 
52606 

52841 
53082 

53324 
53566 
53812 
34059 
54308 
54560 
54813 
55069 

55328 
55587 
55849 
56ii5 
56381 
56651 
56922 

57»97 
57473 
57753 

58o34 
583 18 

586o5 
58894 
59187 
59481 

59778 
60079 
6o38i 
60688 
60996 
6i3o8 
G 1623 
61940 


V. 


i63.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


i64 


i65. 


,  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


166.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


LOO 


m. 


3 
3 
3 
3 
3 
3 
3 
3 
3 
3 
3 
3 

3 
3 
3 
3 

4 

4 

4 

4 
/ 
4 


4 
4 


4 
4 
4 

■I 

4 

4 

4 

4 
/ 

4 
4 
4 


4 
4 
4 

4 

/ 

4 

4 

4 

4 


I 

f 

4 

4 


9026107 
9088368 
9150953 
9213865 
9277107 
9340682 
9404595 

9468847 
9533443 
9598385 
9663678 
9729326 

9795330 
9861696 
9928427 
9995527 
0062999 
oi3o848 
0199077 
026769 I 
0336693 
0406088 
0475880 
0546074 


0616673 

0687682 

0759106 

o83o948 

0903215 

097591 I 

049040 

I 22607 

1966 18 

271077 

345990 

421362 


497*98 

573504 

65o285 

727547 

805296 

883538 

962278 

204 1 523 

2121278 

2201 55 1 

2282347 
2363674 


D'FFEH. 


62261 

62585 
62912 
6324^ 
63575 
63913 
64252 
64596 

6494a 
65293 
65648 
66004 

66366 
66731 
67100 

67472 
67849 
68229 

68614 
69002 
69395 
69792 

70194 
70599 

71009 

71414 
7184a 
72267 
72696 
73129 
73567 
7401 1 

74459 
74913 
75372 
75836 

76306 
76781 
77262 

77749 
78242 

78740 

79^45 

79755 

80273 

80796 

81327 

8i863 


11. 


29 


45o 


CALCIL    DES    ORBITES    PA  RAtOLIQrES. 


167.  O 
5 

10 

i5 
20 
i5 
3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

168.  o 

3 

10 

i5 
20 
i5 
3o 
35 

40 
45 
5o 
55 


LOG 


M. 


169. 


170 


o 
5 
10 
i5 
20 

25 

3o 
35 

40 
45 
5o 
55 

o 

5 

10 

i5 

2C 
25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


4.2445537 
4.2527944 
4.2610902 
4.2694417 
4.2778497 
4 . 2863 I 49 
4.2948381 
4.3o3420i 
4. 3 I 20616 
4.3207633 
4 . 3295263 
4.338351 I 

4.3472388 
4.3561902 
4.3652o6i 
4.374^875 
4.3834352 

4 . 3926503 
4.4019337 
4.4112863 
4.4207091 
4.43o2o33 
4.4397698 

4.4494097 

4.4^91^4^ 
4.4689142 

4.478781 I 

4.4887258 

4 . 4987 I98 
4.5o8854i 

4.5190400 

4 . 5293089 

4 . 539G620 

4 .5501007 

4 . 5606264 
4. 5712^05 

4.5819445 
4.5927398 
4.6036280 
4 . 6 I 46 I 06 
4.62.56892 
4.6368656 
4.6481413 
4.6595182 

4 . 6709980 
j. 6825825 
4.6942736 
4.7060733 


DlFPte. 


82407 
82958 

835 1 5 
84080 
84652 
85232 
85820 
8641 5 
87017 
87630 
88248 
88877 

89514 
90159 

90814 

91477 
921 5i 

9^834 
93526 
94^28 

9494a 
95665 

9Ô399 

97145 

97900 
98669 

99447 
00240 

01043 

01859 

02689 

o353i 

04387 

o5257 

06141 
07040 


07953 

08882 

09826 

0786 

1764 
2757 

3769 

479« 
5845 

6911 

7997 
9102 


V. 


171.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

172.  o 
%  5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


173. 


o 
5 
10 
i5 
20 

25 

39 
35 

40 
45 
5o 
55 


174.  o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


LOG 


âx. 


4.7179835 
j. 7300063 

i. 74a I 438 

4.7543981 
4.7667715 
4 . 7792662 
^ 79 18846 
4 . 804629 I 
4.8175022 
^83o5o65 
^ 84 364  {6 
i. 8569193 

i. 8703333 
4 . 8838896 
i. 8975912 

4.9114411 
|. 9254125 

i. 9395987 
^95391 32 

1.9683894 

i.983o3ii 

i. 9978 i 18 

5.0128256 

5.0279861 

5.0433285 
5.0588562 
5.0745738 
5.0904862 
5. 1065980 
5. 1229143 
5.i39i4oi 
') .  1 56 1 8  i  3 
5. 1731431 
>. 1903312 
5.2077520 
5 . 2254 I I 6 

5.2433163 
5.2614738 
5.2798904 
5.2985738 
5.3175319 
5 . 3367726 
5.3563o',5 
5.3761364 
5.3962777 
5.4167379 

5.4375274 
5.^586568 


wwriM. 


[20228 
21375 
22543 
^3734 

a4947 
126184 
^7445 
28731 
3ooi3 
3i38i 

327  i7 
34 1 10 

35563 

37016 

38499 

40014 

41)62 

43145 

44762 

46ii7 
48107 

19838 

5i6o8 

53421 

55277 
57176 

'>9<3i 
i6iii8 

63i63 
165260 
67iio 
169618 
71881 
7iM>s 

76596 
7*>>il> 

181573 
184166 
i8683i 
189581 
19^107 
195319 
198319 
201 4l3 

20460 A 
20789) 
21 1291 

21  |8*»3 


TABLE  DE  BARKER. 


<5l 


V, 


175. 


176. 


«77 


o 
5 
10 
i5 
ao 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

o 
5 
10 
i5 
20 
a5 
3o 
35 
40 
45 
5o 
55 

.  o 

5 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


L(M 


Ht. 


5.4801373 
5.5019800 
5.524 199'>. 
5.54()8o(k) 
5.5698148 
5 . 593240 : 
5.61 70970 
5.6414017 
5 . 666 I 7 I 3 
5. 691 4230 

5.7«7i77y 
5.7434544 

5.7702745 
5.7976612 
). 8256386 
5. 8542321) 
5.8834717 
5.913384') 
5.944oo3o 
5.9753613 
6.0074958 
6.0404457 
6.0742535 
6.1089647 

6.1446289 
6.1812097 

6.2190354 
6.2578997 
6.2979617 
6.3392977 
6.381991U 
6.4261337 
6.4718275 
«').  5 191850 
6.5683320 
6.6194086 


diff£r. 


218433 
222186 
226068 

23oo88 
234253 
238569 
243047 
247696 

252523 

257543 

262765 
268201 

273867 

•^79774 
285943 

292388 

299128 

3o6i85 

3i3583 

32134 î 

3îi949D 
338078 

347112 

356642 

366708 
377357 
388643 
400620 
4i336o 
426933 

4414^7 
456938 

473575 

49M70 
510766 

53 I 638 


V. 


178.   o 
5 

10 
i5 
20 

25 

3o 
35 
40 

45 
5o 
55 


«79 


,  o 

2 

10 

i5 

20 

25 

3o 
35 
40 
45 
5o 
55 


180.  o 


LOti 


^1. 


6.6725724 
6.7280010 
6.7858958 

6.8464863 
6.9100353 
6.9768466 
7.0472729 
7.1217276 
7.2006993 
7.2847712 

7.3740475 
7.4711892 

7.5754640 
7.6888192 
7.8129876 
7.950251 3 
8. 103701 I 
8 . 2776700 
8.4785044 
8.7i6oi3i 
9 . 0067690 
9.38i582o 
9.9098535 
10.8129421 


DIFFÉn. 


554286 
5789^8 
605905 
635490 
668113 
704263 

744547 

7897  »  7 
840719 

898763 

965417 

1042748 

Il 33552 
1241684 
1372637 
1534498 
I 739689 
2008344 
2375387 
2907259 
3748 i3o 
5282715 
9o3o886 


i5i 


REDUCTION    DE    LA    PARABOLE    A    L   ELLIPSE. 


Table  VI. 
Réduction  de  la  parabole  à  l'ellipse  d'après  la  formule  de  Laplace,  p.  453. 


ANOMALIK 

Traie 

dans 

la 

parabole 


I 

3 


17 

]8 

>9 
ao 

ai 

^4 


25 

26 
27 


28 

29 
3o 


,      sin  X 
log » 


I  —  e 
valeurs  néfatires 
de  X. 


7 
8 


4 

8 

5 

8 

6 

8 

7 

8 

8 

8 

9 

8 

10 

8 

1 1 

8 

12 

8 

i3 

8 

14 

8 

i5 

8 

16 

8 

8 

S 

8 
8 
8 

8 
8 
8 


8 
8 

9 


6398284 
9404943 

1161447 


24o465| 
3366793 
4149865 


48o58o5 
5373353 
5868788 


63094 1 I 
6704556 
7061803 


7386930 

7684344 
79^7742 


82098 I 6 
8442947 
«6690^4 

8859717 
9046310 
9219961 


9J82630 
9532309 
9672395 


9802803 
9923982 
00 36^ 10 


9,0140499 
9, 02 366 5 o 

9.0325071 


li|FFÉRE!<CES. 


3006659 
1756604 
1243207 

961 I 39 
784072 
655940 

567548 
495435 
440623 

395 I 45 
357247 

325 I 27 

a974i4 
273398 

252074 

233i3i 
2 1 6097 
200673 

186693 
i7365i 
I 62669 

1Î9679 
140086 

i3o4o8 

121179 
I 12428 
104089 

96161 
88421 
81069 


A!(OMALIE 

traie. 

dans 

la 

parabole. 

,       sinx 

râleurs  néfatlTe$ 
de  X. 

0 

3i 
3a 
33 

9,04061 3o 
9,o48oo32 

9,0547045 

34 
35 

36 

9,0607142 

9,o66o663 
9,0707652 

37 
38 

39 

9,0749434 
9,0782381 
9,0810216 

40 

4i 
4a 

9,0831755 
9,0846976 
9,0866867 

43 

44 
45 

9,o85835o 
9,0864387 
9,o843852 

46 

47 
48 

49 
5o 

5i 

9,0826786 
9,0802689 
9,0771639 

9,0733243 
9,0687466     i 
9,o63388i 

5a 
53 
54 

9,0672189 
9,0601968 
9,0422773 

55 
56 

57 

9, 0334066 
9,0235262 
9,oi2663i 

58 

59 
60 

9, 0004 38 5 

8,9870494 
8,9722926 

DIFrÉEC5CE>. 


73902 
67013 
60097 

535ai 
46989 
41782 

32947 
27835 

21639 

16220 
88ga 
2483 

3963 
io535 
17067 

24196 
3io5o 
38296 

45788 
53574 
61692 

70221 

79195 
88707 

9«8ii 
10962 I 

121216 

1 33891 

«17^69 
1 62ru>6 


FORMULE    DE    LAPLACE. 


453 


ANOMALIE 

Traie 

dans 

la 

parabole. 


SiD  J7 

log -, 

I  —  e 

râleurs  nr^gallTea 

de  X. 


o 

6i 
62 
63 

8, 9560319 
8,9381089 
8,9i8334>. 

64 
65 
66 

8,8964784 
8,8722718 
8,8453243 

67 
68 

69 

«,8i523o7 
8,7814045 
8,7430915 

70 

72 

8,6992637 
8,648586o 
8 ,  58865(>  f 

73 
74 

75 

«,5164892 
8,4265248 
8,3o85oi5 

76 

77 
78 


8,1393994 
7 , 853 I 5o6 
5,5557522 

valeurs  positires 

de  X. 


79 
80 

81 


82 
83 
84 


85 
86 

87 

88 

89 
90 

9» 
9J 


7,8545992 
8,1627423 
8,3453635 


8,4765616 
8,5795804 
8,6647511 


8,7375928 
8,8013950 
8,8582807 


8,9^9^978 
8,9562141 
9,0000000 


94 

96 


9,o4o23o8 
9,0778275 
9 , Il  3 1 5o2 

9,1464844 
9 , I 780800 

9,2081237 


DIFFÉRENCES. 


179230 
197747 

218558 

242066 

269475 
300936 

338262 
383 i3o 
438278 

506877 

599359 
721609 

899644 
1180233 

1691021 

2862488 
22973984 


3o8i43i 
I 8262 I 2 
1311981 

io3oi88 
851707 
7284 I 7 

638022 
568857 
514171 

465 i63 
437859 
4o23o8 

375967 
353227 
333342 

3 I 5956 
300437 
286604 


ANOMALE 

Traie. 

dans 

la 

parabole. 


o 


,         S10J7 

log -, 

1  —  e 

valeurs  posttlTes. 
de  X. 


97 
98 
99 


100 
101 
102 

io3 
104 
io5 


106 

107 
108 

109 

110 

Il  I 

112 

ii3 

114 

ii5 

116 

117 

118 

i'9 

\'XO 

121 

122 

123 

124 

125 

126 

127 
128 

129 

9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


9 
9 
9 


i3o 
i3i 

l32 


9 
9 
9 


236784 1 
2639337 
2905020 


3157827 
3401401 
36365o4 


3863846 
4084068 
4298261 


45o3o66 
4705309 
4904881 


5096004 
52835 18 
5466856 


5646287 

5822147 
5994662 


6163911 
6330598 

6494474 


6655851 
68 1 4862 
6971983 


7127074 
7280393 
7432136 


7582430 
7731455 
7879336 


8026250 
8172284 
83176^0 


846244  3 
8606825 
875096'! 


DIFPÉBENCES. 


271496 
265683 
252807 

243574 

235 io3 
227342 

220222 
214193 
2o48o5 


202243 

99^7^^ 
91123 

8751  { 
83338 
79^31 

75860 
725 1 5 

69249 

66687 
63876 
6x377 

5901 1 
57121 
55091 

53319 
51743 
50294 

49025 
47881 
46914 

46034 
45356 
448o3 

4  {382 

44139 
44017 


454 


RÉDUCTION    DE    LA    PARABOLE    A    l'eLLIPSE. 


ANOMALIE 

Traie . 

dan* 
la 

parabole. 


i33 

i34 
i35 


i36 
i37 
i38 


i39 
i4o 


142 
143 
144 


145 
i46 
147 


i48 

149 
i5o 

I  il 

i53 


i5i 
1)6 


log 


smx 


I  —  e 
Taleor*  positires 

de  X. 


9,8894981 

9» 90^8999 
9, 9183216 


9,9327738 

9,9472754 
9,9fi'844i 


9» 9764879 
9,9912327 

0,0060936 


0,0210892 
o,o3625o8 
o,o5i5636 


0,0670866 
0,0828292 
0,0988173 

o , il  60776 
o,i3i58i8 
0,1486729 


0,1667915 
0,1833433 
0,2016718 


0,^,201 562 
0,2392874 
0,2690123 


DIFFÉIEXCES. 


144018 
144216 
144523 

146016 
146687 

146438 

147448 
148609 
149966 

i5i6i6 
i63i28 
166230 

167426 
1 6988 I 
162603 

166042 
169911 
172186 

176618 
182285 
185834 

l 'J  I  322 

197249 
203796 


AlfOHALIE 

^rale. 

dans 

la 

parabole. 


.Vnomalic  vraie  dans  rellip.^^c  =  anomal 
sinj7  =-Jj^tang^ç'[  4  —  3  ces' 


57 
68 

59 


60 
61 
62 


63 

64 
65 


66 

67 

68 


69 
70 

7< 


72 
73 
74 


7^ 
76 

77 

78 

79 
80 


,       sin  X 
logj— ^, 

Taleors  po«ltivn. 
de  X. 


DirPÉBE!CCCS. 


0,2793918 
0,3004961 
0,3224016 

0,3462001 
0,3689948 
0,3938963 


0,4200698 
0,4476541 

O, 47685^1 

0,6068601 
0,6400001 
0,5767686 


0,6164261 
0,6676891 
o,7o3o4i2 


0,7668129 

0,814349» 
0,8817661 

0,9613443 
I ,0686773 
1,1837679 

I ,3G 10391 
I ,661 1767 


-I 


2iio33 
219064 
227986 

237947 
24901) 

261735 

276843 
292000 
3ooo6o 

33i4oo 
367684 
386666 

4^ I 640 

464  >2I 

627717 

585362 
i»74i7o 
79^7^2 

972330 
126190^» 
17727» 2 

3oo 1 3"6 


le 


vraie  dans  la  parabole  -r-  jr. 
V  —  6  cos*  J  f]  ^i  -    e). 


PIN    DE    LA    DEUXIÈME    PARTIR. 


TABLE  DES  MATIÈRES 


DE  LA  DEUXIEME  PARTIE. 


Paffet. 

Avertissement v 

Symboles  et  Conventions vu 

Introduction ix 

Livre  premier.  —  Théorie  du  Soleil i 

Cdapitre  I.  —  Première  idée  du  mouvement  annuel  du  Soleil 4 

Orbite  annuelle  du  Soleil 4 

Vicissitudes  locales  des  saisons  et  des  jours 6 

Période  des  saisons;  année  tropique.  Institution  du  calendrier 8 

CuAPiTRE  IL  —  Astronomie  solaire  des  Anciens 1 1 

Calendriers i4 

Cadrans  solaires i5 

Cadran  équalorial i6 

Cadran  polaire i6 

Cadran  vertical 17 

Cadran  vertical  déclinant 18 

Montre  des  bergers 19 

Projection  gnomonique ao 

Mouvement  du  Soleil  dans  son  orbite 3i 

Hypothèse  de  l'excentrique 23 

Détermination  de  l'excentricité  et  de  la  longitude  du  périgée a5 

Chapitre  lll.  —  Étude  du  mouvement  annuel  du  Soleil  par  les  Modernes.  a8 

Diamètre  apparent  du  Soleil 38 

Parallaxe  du   Soleil 3o 

Coordonnées  écliptiques Sa 

Détermination  de  l'obliquité  co 34 

Détermination  du  point  y 35 

Détermination  simultanée  de  l'obliquité  et  du  point  vcrnal 37 

Détermination  d'un  équinoxe 38 

Année  tropique Sg 

Jours  solaires  vrais  et  moyens 4<> 

Année  sidérale 4  > 


456  TABLE    DES  MATIERES. 

Cbapitrb  IV.  —  Les  deux  premières  lois  de  Kepler 4^ 

Étude  du  mouvement  du  Soleil  dans  son  orbite 4^ 

Problème  de  Kepler 47 

Développement  en  série  de  la  longitude  et  du  rayon  vecteur So 

Correction  des  éléments  de  l'orbite  solaire S3 

Chapitrb  V.  —  Institution  du  temps  moyen.  Tables  du  Soleil â3 

Passage  de  Theure  moyenne  à  l'heure  sidérale 58 

Tracé  d'une  méridienne  de  temps  moyen  sur  un  cadran Sg 

Première  idée  des  Tables  du  Soleil 6o 

Coordonnées  rectilignes ^i 

Coordonnées  héliocentriqucs  de  la  Terre 66 

Livre  deuxième.  —  Les  planètes ■  •  67 

Chapitre  VI.  —  Mouvement  des  planètes  autour  du  Soleil 68 

Oppositions  et  conjonctions 69 

Révolutions  synodiques 71 

Révolutions  sidérales 71 

Etude  du  mouvement  héliocentrique 7> 

Position  du  plan  de  l'orbite 7S 

Chapitre  VII.  —  Les  planètes  vues  de  la  Terre 77 

Parallaxe  annuelle  en  tenant  compte  de  l'inclinaison 77 

Phases  des  planètes 71^ 

Distance  des  planètes  au  Soleil 81 

Sur  les  stations  et  rétrogradations  des  planètes 84 

Chapitre  VIII.  —  Théorie  et  Tables  du  mouvement  elliptique 87 

Véritable  marche  suivie  par  Kepler 87 

Troisième  loi  de  Kepler ^\i 

Tables  et  éphcmérides  des  planètes ci 

Correction  des  cléments  elliptiques t»3 

Variations  séculaires  des  orbites  des  planètes 9^ 

Satellites q/ij 

Chapitre  IX.  —  Dernier  mot  sur  le  système  du  monde  des  Anciens u»»» 

Livre  troisième.  —  Introduction  de  la  Mécanique  dans  rAstronomie .  107 

Chapitre   X.    —  Interprétation  mécanique  des   lois  expérimentales  de 

Kepler,  —  Partie  synthétique i^i} 

l^i  de  la   force  attractive  du  Soleil 109 

Signification  mérani<iue  des  constantes  de  Kepler 110 

L'attraction  aj;it  sur  toutes  les  parties  du  corps  attiré no 

L'attraction  est  proportionnelle  à  la  masse  du  corps  attirant...    m 

Attraction  des  sphères  homogènes 1 1  a 

Knoncé  nouveau  de  la  troisième  loi  de  Kepler 11^ 

Loi  de  la  force  déduite  de  la  nature  géométrique  de  Torbite 114 


TABLE    DES  MATIÈRES.  4^7 

Page 
Étant  données  la  vitesse  et  la  direction  du  mobile,  déterminer  sa   tra- 
jectoire   117 

Autres  orbiies y 1  iH 

Chapitre  XI.  —  Intégration  des  équations  différentielles  du  mouvement,  121 

Chapitre  XII.  —  Perturbations  du  mouvement  elliptique 1 27 

Équations  diflférentielles  du  mouvement  troublé 182 

Influence  d'un  milieu  résistant i3o 

Variations  séculaires  des  éléments i3i 

Inégalités  périodiques 1 33 

Chapitre  XIII.  —  Cmractères  de  l'attraction  newtonienne i35 

La  loi  de  l'attraction  n*est  pas  susceptible  de  modification i3j 

L'attraction  est  indépendante  de  Tétat  physique  ou  chimique  des  corps.  137 

La  propagation  de  l'attraction  est  instantanée 137 

L'attraction  des  corps  célestes  est  identique  avec  la  pesanteur 137 

Critique  du  mot  attraction 1.^0 

Calcul  définitif  de  la  masse  de  la  Terre l 'l  i 

Chapitre  XIV.  —  Pesanteur  à  la  surface  des  astres;  origine  de  leur 

chaleur  et  de  leur  lumière i43 

Pesanteur  à  la  surface  du  Soleil  et  des  planètes i43 

Limites  de  Taplatissement i43 

Chute  des  corps  sur  le  Soleil i\t\ 

Origine  de  la  chaleur  et  de  la  lumière  du  Soleil i45 

Origine  de  la  chaleur  centrale  de  la  Terre 147 

# 

Etoiles  filantes  et  aérolithes. 148 

Livre  quatrième.  --  Calcul  de  Torbite  d*ane  planète  on  d'une  comète 

nouvellement  découverte r5i 

Chapitre  XV.  —  Méthode  de  Laplace i53 

Calculs  préparatoires i55 

Formation  de  l'équation  en  p i56 

Calcul  des  éléments  de  l'orbite . .  i58 

Chapitre  XVI.  —  Du  mouvement  dans  la  parabole 160 

Problème  de  Kepler  dans  la  parabole 160 

Table  de  Barker 161 

Etant  donnés  deux  points  et  le  foyer  d'une  parabole,  calculer  les  éléments 

de  cette  trajectoire 161 

Formule  de  Lambert 162 

Table  de  Encke 164 

Chapitre  XVII.  —  Méthode  d'Olbers  i65 

Équations  relatives  au  plan  de  l'orbite ....  i65 

Substitution  du  rapport  des  temps  à  celui  des  aires  triangulaires. 167 

Formules  finales  et  tâtonnements 168 


4^3  TABLE    DES  MATIÈRES. 

Calcul  des  élémenls  de  l'orbite i-;© 

Portée  des  résultats i-i 

Kmploi  du  catalogue  des  comètes 171 

l'exemple  numérique 17} 

Chapitre  XVIII.  —  Calcul  de  l'orbite  de  la  comète  de  1769 171 

Observations . .    .....  174 

Lieux  de  la  Terre  (  Connaissance  des  Temps) ....  174 

Calcul  de  M. • 174 

Calcul  des  rayons  vecteurs 175 

Calcul  de  la  corde t 176 

Approximations  successives  .    .    17^ 

Calcul  des  éléments ....         ....  179 

i"  Coordonnées  hélioccntriques 179 

2«  Calcul  de  N 179 

Calcul  de  i  et  de  o 180 

Utilité  des  éphémérides  des  comètes  nouvelles ". ibo 

Chapitre  XIX.  —  Correction  des  premiers  éléments ...  182 

Corrections  de  parallaxe  et  d'aberration 1^1 

Correction  des  premiers  éléments  de  l'orbite 1% 

Chapitre  XX.  —  Figure  des  comètes.  Force  répulsive i^- 

Examen  des  effets  dus  à  la  seule  attraction 1^ 

Impossibilité  d'expliquer  les  queues  par  la  seule  attraction 190 

Caractères  de  la  force  répulsive «91 

Explication  proposée  par  Ncwlou 19^ 

Introduction  de  la  force  répulsive  dans  les  équations  différentielles  du 

mouvement ir/j 

La  répulsion  parall  être  due  à  l'incandescence  du  Soleil 196 

Chapitre  XXI.  —  Recherche  d'astres  inconnus 19^ 

Procédés  de  recherche  pour  les  comètes «y» 

Petites  planètes  entre  Mars  et  Jupiter i9> 

Planètes  intra-mercurielle.H 199 

Satellite  de  Sirius >o«> 

Découverte  de  Neptune "^"^ 

Première  idée  du  problème »i«i 

Travaux  de  M.  Adams 7««j 

Travaux  de  Le  Verrier >04 

Conséquences  de  cette  découverte «o-S 

Livre  cinquième.   —  Parallaxe  du   Soleil,  précession,  natation  et 

aberration jo; 

Chapitre  XXII.  —  Dimensions  absolues  du  système  solaire.   Parailajcr 

du  Soleil ^>^ 

Mesure  directe  de  la  parallaxe  du  Soleil ^oq 

Parallaxe  de  Mars 110 


TABLE    DES   MATIÈRES.  4^9 

Parallaxe  de  Vénus .  aia 

Prédiction  d'un  passage  de  Vénus ai4 

Calcul  des  observations aiS 

Déformations  optiques  à  l'instant  des  contacts ai6 

Parallaxe  conclue  pour  le  Soleil 218 

Déterminations  fournies  par  la  Mécanique  céleste 319 

Méthodes  physiques  par  la  vitesse  de  la  lumière 221 

Résumé  et  conclusion ...  221 

Chapitre  XXIII.  —  Effets  du  déplacement  séculaire  de  Vécliptique  sur  les 

coordonnées  des  astres 223 

Chapitie  XXIV.  —  Effets  du  lent  déplacement  de  Véquateur 226 

Découverte  de  CCS  déplacements  par  Hipparque 226 

Précession  des  é(|uinoxes  d'après  Hipparque 229 

La  précession  d'après  Copernic 23o 

Explication  mécani(]ue  de  la  précession 280 

Expériences  sur  la  composition  des  rotations 282 

Action  du  Soleil  et  delà  Lune  sur  le  renflement  équatorial 234 

Chapitre  XXV.  —  Précession  l uni-solaire  et  précession  générale 288 

Coordonnées  équatoriales 289 

Exemples  numériques. 241 

Chapitre  XXVI.  —  Natation 244 

Chapitre  XXVII.  —  Effets  divers  des  variations  séculaires 248 

Variabilité  de  l'année  tropique 248 

Influence  de  la  nutation  sur  le  jour  sidéral 249 

Masse  de  la  Lune  et  aplatissement  du  globe  terrestre 260 

Température  moyenne  du  globe  et  variation  des  saisons 261 

Influence  de  la  précession  sur  l'aspect  du  ciel  étoile 256 

Efl'ets  de  la  précession  sur  les  signes  du  Zodiaque 256 

Application  à  la  Chronologie 267 

Chapitre  XXVIIL  —  Aberration 269 

Origine  de  ce  mot 259 

Vitesse  de  la   lumière   par  l'observation  des   éclipses  des  satellites   de 

Jupiter 'àf)i 

Effets  astronomiques  de  la  propagation  successive  de  la  lumière 2'>8 

Aberration  des  fixes  expliquée  par  Bradiey 264 

Expression  théorique  de  l'aberration 267 

Aberration  pour  les  coordonnées  équatoriales 268 

Aberration  diurne •.»69 

Aberration  en  longitude  du  Soleil 270 

Détermination  par  les  étoiles  de  la  constante  de  raberration 271 

Vitesse  de  la  lumière  mesurée  par  les  Physiciens 272 

Chapitre  XXIX.  —  Catalogues  d'étoiles 276 


46o  TABLE    DES  MATIÈRES. 

Catalogues  d'étoiles '^ 

CaUlogne  de  8870  étoiles  de  rAssociation  Briunnîque ^7 

Formation  d*an  catalogue  d*étoilcs ^T* 

Ce  que  donnent  les  mouvements  propres  des  étoiles ^79 


Litre  sixième.  —  La  Lnne *** 

Chafitee  XXX.  —  Phases  de  la  Lune  et  observation  méridiennes -  a8| 

Phases,  lunaison ^-l 

Distance,  parallaxe ^^ 

Diamètre  apparent,  diamètre  iiiicaiio -  ^7 

Observations  méridiennes ^^ 

Corrections  instrumentales ^^ 

CoAPiTiB  XXXI.  —  Éléments  de  Vorbite  lunaire.  Leurs  variations ^9^ 

Durée  de  la  révolution ^9^ 

Mesure  directe  de  la  parallaxe     ^7 

Détermination  théorique  de  cette  ronslaïuc *9* 

Position  du  plan  de  l'orbite ^99 

Coordonnées  de  la  Lune  au  commencement  de  iî«>i ^<*^ 

Action  perturbatrice  du  Soleil ^^ 

Déplacements  imprimés  à  la  ligne  des  nœuds         ^^ 

Inclinaison  de  l'orbile  lunaire ^^*^ 

Hypothèse  géologique  de  la  chaleur  centrale     ^** 

Variation  du  périgée  et  de  l'excentricité ^*7 

Cbafitbb  XXXII.  —  Principales  inégalités.  Tables  de  la  Lune         3io 

Eveclion 3io 

Variation,  é(iuation  annuelle ~^» • 

Equation  séculaire  du  moyen  mouvement '>•» 

Tables  de  la  Lune  exclusivement  basées  sur  la  théorie  de  l'attraction.  . .  3ii 
Parallaxe  du   Soleil  et  aplatissement  du    glol)e    terrestre  déduits     dc^ 

inégalités  lunaires ^>«'j 

Calcul  de  l'inêgalit'.'  mensuelle  de  la  Terre ^17 

Masse  de  la   Lune 5j«» 

Rotation  ilc  la  Lunt ^^i 

f-iiAPiTBE  XXXIII.  —  Applications  dis,^rses  de  la  théorie  de  la  Lit  ne 3i3 

Calenilricrs  lunaires 32^ 

Nombre  d'or 333 

Fête  de  Pâques 3y> 

Cdapitrk  XXXIV.  —  Éclipses  de  Lune  et  de  Soleil 3jS 


3->S 


Période  rhaldéennc 

Limites  des  éclipses ,\3i 

Calcul  d'une  éclipse  de  Lune 31? 

Éclipses  totales  du  Soleil 53S 

Prédiction  des  contacts  intérieurs  en  un  lieu  donné 336 


TAULE    DBS   MATIÈRES.  46l 

Patet. 

Occultation  d'une  étoile  par  la  Lune 339 

Détermination  des  longitudes  géographiques  par  les  observations  lunaires.    3/|3 

Culminations  lunaires 344 

Détermination  des  longitudes  terrestres  par  les  éclipses 346 

Livre  septième.  —  Navigation 347 

Chapitrb  XXXV.  —  Navigation  par  estime 348 

Mesure  de  la  vitesse.  —  Loch  et  ampouictte 348 

Boussole 35i 

Loxodromie  et  problèmes  de  roule 355 

Usage  des  cartes  marines 357 

Chapitre  XXXVL  —  Instruments  de  la  navigation  astronomique 36o 

Le  sextant 36a 

Rectification  du  sextant 363 

Mesure  des  hauteurs  angulaires 365 

Hauteurs  observées  à  terre 365 

Degré  de  précision  d'une  mesure  au  sextant 366 

Dépression  de  l'horizon  de  la  mer 367 

Chronomètres 368 

Echappement  libre  à  ressort 369 

Réglage  des  chronomètres 37a 

Influence  de  la  température.  —  Compensation 378 

Conduite  des  chronomètres  à  la  mer 376 

La  Connaissance  des  Temps 377 

Chapitre  XXXVH.  —  Problèmes  de  la  navigation  astronomique 379 

Culmination 38o 

Détermination  de  l'heure  et  de  la  longitude 38i 

Azimut.  Orientation 38i 

Variation  du  compas 38a 

Discussion  de  cette  méthode 38a 

Détermination   simultanée  de  l'heure  et  de  la  colatitude.  Problème  de 

Douwes.  Solution  de  Lalande 38'| 

Influence  des  erreurs  d'observation 386 

Droites  et  cercles  de  hauteur 386 

Chapitre  XXXVIH.  —  Détermination  des  longitudes  en  mer 391 

Heure  de  Paris  par  le  relèvement  de  points  terrestres  connus 391 

Heure  de  Paris  par  les  distances  lunaires 39a 

Observation  des  distances  lunaires 393 

Conditions  d'exactitude 395 

Effet  de  la  réfraction  sur  les  disques  du  Soleil  et  de  la  Lune 397 

Résolution  des  équations  du  problème 398 

Calcul  de  la  distance  apparente  des  centres ^199 

Formule  de  Borda 499 

Voyages  d'exploration  terrestre 4**o 


462  ERBATA. 

T4BLEAD  DES  PRINCIPAUX  ÉLÉMENTS  DU  STSTÀMB  SOLAIRE 4<» 

I.  —  Grandes  planètes 4<»7 

II.  —  Extrait  du  catalogue  des  petites  planètes  circulant  entre  les  orbites 

de  Mars  et  de  Jupiter ^oS 

in.  —  Satellites Joy 

IV.  —  Comètes  périodiques  dont  le  retour  a  été  observv* 41 1 

V.  —  Catalogue  des  orbites  des  comètes  observées  jusqu'en  188a ^u 

VI.  —  Principaux  essaims  d'étoiles  filantes  provenant  de  la  décomposition 

des  comètes  périodiques 4 -''^ 

Tables  pour  le  calcul  des  orbites  des  comètes \i\ 

Table  I  pour  transformer  les  heures,  minutes  et  secondes  en  parties  déci- 
males du  jour ^34 

Tablb  II  pour  transformer  les  parties  décimales  du  jour  en  heures,  minutes 

et  secondes \-i*i 

TvBLE  III.  Nombre  de  jours  écoulés  depuis  le  commencement  de  Tannée 

jusqu'au  commencement  de  chaque  mois 4^^ 

Table  IV,  d'Encke,  pour  résoudre  Téquation  de  Lambert 4-»7 

Table  V,  de  Barker,  pour  le  calcul  des  orbites  paraboliques 'i*«j 

Table  VI.  Réduction  de  la  parabole  à  l'ellipse,  d'après  la  formule  de  Laplace.  4^' 

Table  des  matières i  >> 

Errata 4^^- 


ERRATA  DU  PREMIER  VOLUME. 

PAK^ft.  LlgllCi. 

5G  19,  Qo  et  21 Divisez  les  trois  sinus  respectivement  par  sin 6,  sin^'.^ii.t 

63  dernières Au  lieu  de  cotC  et  cotH,  écrire  cote'  et  cot^'. 

69  i3  et  28 Supprimez  le  signe —. 

90  2  eu  rcmontaul..  {note)  Au  lieu  de  ?,  lisez  2  p. 

108  4  en  remonlani..  Au  lieu  de  n  verniers,  lisez  m  vernicrs. 

ii5  7  en  remontant..  Au  lieu  de  /  =  1  et  /  = /,,  lisez  /  — /,  et  /  =  i. 

'ï7    ^ Au  lieu  de  e~     ,  lisez  e    . 

'  »8    5 Au  lieu  de  i  —  a,  lisez  j  —  a. 

191     II,  22  et  24 Au  lieu  de  39',  lisez  29'. 

'9^    ^ Au  lieu  de  (p.  202),  lisez  (p.  2«  8). 

^'^     ^ Supprimer  le  signe  —  à  la  limite  inférieure  de  rintcgr^h- 

224  8  en  remontant.  Vu  lieu  de  yT,  lisez  \/t,. 

^^9     '" ^"  lieu  de  21 ,5,  lisez  99 ,8,  et  supprimez  et  au-dessus. 

2 '43     7  en  remontant..     Au  lieu  de  3o,  lisez  3'|'. 

^^*^     " ^u  lieu  de  o,oooo8G,  lisez  o,ooooo8^i. 

271     dernière Mettre  le  sijjnc  ^  entre  -,  et  ^-'  • 

a'        siii  A' 


ERRATA.  (63 

PafM.  Lignes. 

296    23 Remplacez  o  ,0  par  un  tiret. 

3i2     II  en  remontant.  Au  lieu  de  5i4i743^,  lisez  5i3i758. 

328    5 Mettez  a  =  6378393";  c»  =  0,0068395. 

328    i5 L'exposant  est • 

328    17 L'exposant  est  —  I. 


ERRATA  DU  DEUXIÈME  VOLUME. 


Pages.  Lignes. 

7  i3 Au  lieu  de  I,  lisez  —  1. 

8  2 Au  lieu  de  6,  lisez  90». 

37  3  en  remontant..  Remplacez  cosL  et  sinL  par  sinL  et  cosL. 

38  9  et  8  en  remont.  Au  lieu  de  21  et  22  mars,  lisez  22  et  23  mars. 

46     9 Au  lieu  de  —  >  lisez  —7  • 

/•  r^ 

53    6  en  remontant..  Au  lieu  de  2esinmde,  lisez  2sinmde. 

78    20 Au  lieu  de  r,  lisez  r,. 

88     18 Au  lieu  de  sin  p,  lisez  coséc  p. 

92     3  en  remontant..  Au  lieu  de  sinN(4'  —  N),  lisez  sin^(.(^  —  N). 

9'i     2 Au  lieu  de  -h  coiiàif  lisez  —  colidi- 

II 5    figure Au  lieu  de  V,  lisez  9. 

117    20,21,22 Au  heu  de  -^ï  lisez  —-• 

a  r 

i53    4  en  remontant..  Au  lieu  de d'^t*  lisez  -r~r  d^.. 

^  p        •^'  sin'p,     "^^ 

162     10 Mettre  au  dénominateur  le  signe  +  iiu  lieu  du  signe  — . 

162    dernière. Au  lieu  du  facteur  -J,  lisez  |. 

168     18 Le  signe  du  dernier  ternie  doit  être  — . 

168     21 Au  premier  terme,  au  lieu  de  p,,  lisez  ^1. 

168    21 Au  deuxième  terme,  au  lieu  de  L„  lisez  L\. 

168     23 Au  lieu  de  $  —  Ô  ',  lisez  $' —  $  . 

174     i3 Deuxième  colonne,  au  lieu  de  p'i,  lisez  p,. 

174     i4 Première  colonne,  au  lieu  de  L'i  —  5  ,  lisez  L,  —  5  *. 

i83    5 Remplacer  sin  Ë  par  cosE  et/?  sin X  sin iil  par 

/?(sin6cos    — cos8sinXcosifI). 

i83    6 Remplacer  cosE    par  sinE    et   le   dernier  membre   pur 

— /?  sinXsinifl. 

214    7 Au  lieu  de  (aft'),  lisez  (iflô)*. 

21^    6  en  remontant...     Au  lieu  de  p.  838,  lisez  p.  338. 

223    figure Au  lieu  de  it,  lisez  i. 

233,  234  figures Changer  de  sens  les  flèches  inférieures. 

237    2  et  4  en  remont...    Au  lieu  de  22*  et  de  o*,37,  lisez  23»  et  jo",  37. 


i()4  K  H  RATA. 

I>air«t8.  Lignes 

23<)    G Au  lieu  de  ^ -T- ...,  li^z  ?  ~  ••• 

•ihij  19  et  260,  ligne  5.  Supprimez  le  signe  —  au  second  membre. 

W  D 

267     10,  i3,  i4 Au  lieu  de -=-»  lisez  ^« 

271  3  en  remontant...  LiseztangX  =  tang  Scosifl. 

272  2 Supprimez  le  signe  —  au  second  membre. 

274  i4»  34,  25 Remplacez  sécp  et  sécS  par  rosée  fi  et  cosécô. 

275  16 Au  lieu  de -h  20', 'jj5,  lisez  —  20',  4 'i^' 

275    20 Au  lieu  de  m  H- /isin.il  cotS,  lisez  (m  +  ^  sin^4lcoto)£< 

277     10  et  II Dans/isin(.il +  G)  et  Acos(^fl -f- G)  rcmplacezG  par  H. 

333     16 Au  lieu  de  L,  lisez  L  —  ô  • 

379     10 Changer  les  signes  du  deuxième  membre. 

38i     8 Au  lieu  de -il,  lisez  AL 

384  ii  2  en  remontant.  Mettez  cos8'  au  lieu  de  cos^'  dans  le  second  membre. 


FIN    DE    LA    TABLE    DES    MATIÈRES. 


C574    PAHIS.   —  IMPIiniLRlE    DE  OALTIIIKH-VILLARS,   OtMl   UKâ  Al'GL'STINS,   55. 


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